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  • il y a 1 semaine
Mardi 21 septembre des responsables associatifs et syndicaux s’étaient donné rendez-vous à la bourse du travail, à Paris, pour le lancement du livre « en finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite », de Vincent Edin, dont l’édition augmentée vient de paraitre aux éditions de l’atelier. Reportage

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00:00...
00:02Mardi 21 septembre, des responsables associatifs et syndicaux
00:06s'étaient donné rendez-vous à la Bourse du Travail à Paris
00:09pour le lancement du livre
00:10En finir avec les idées fausses propagées par l'extrême droite
00:14dont l'édition augmentée vire de paraître aux éditions de l'atelier.
00:19Vincent Hédin, son auteur, est professeur de rhétorique politique à Sciences Po.
00:24Il nous explique comment il a conçu cet ouvrage
00:26qui réfute point par point 78 arguments simplistes
00:30couramment employés par ceux qui prônent l'exclusion et la haine de l'autre.
00:34Vous n'êtes pas sans savoir que l'an prochain on aura une élection présidentielle
00:36et que pour l'instant tout le monde s'aligne sur l'extrême droite.
00:39C'est-à-dire que l'extrême droite est l'aimant du débat politique français
00:42et drague largement au-delà des terres du FN.
00:45Tous ces gens qui sont détenants de la thèse du grand remplacement
00:48qui nous disent « on n'est plus chez nous, il y a trop d'étrangers »,
00:51qu'est-ce que vous leur répondez ?
00:52Il y a 78 idées reçues là-dessus.
00:54Le grand remplacement c'est malheureusement quelque chose qui revient beaucoup en ce moment.
00:58Ça s'est égrené de Nadine Morano jusqu'à Nicolas Sarkozy.
01:00Dans les meetings de Nicolas Sarkozy on entend « on n'est plus chez nous ».
01:04Et d'ailleurs je vois que dimanche dernier dans un titre de presse concurrent
01:08il y a eu une grande enquête sur les musulmans
01:09et que tout de suite on a extrapolé sur les chiffres
01:11pour dire qu'il y avait une invasion avec des millions de non-blancs
01:15qui déferleraient sur nos terres.
01:17A mon avis ça vient de chez Trump
01:18où c'est l'ultime sursaut des white trash
01:21qui veulent faire un ultime pied de nez aux Latinos.
01:24Et ça a été importé en Europe avec quelques propagateurs de haine
01:27comme Christopher Caldwell, Oriana Falaci
01:29ou plus proche de nous Éric Zemmour.
01:31Et ils avancent des thèses qui sont sans que ni tête
01:33et en tout cas certainement pas chiffrées.
01:35Ce livre essaye de le montrer.
01:36On a accueilli des tonnes de non-français depuis des siècles et des siècles,
01:39des non-gaulois comme dirait notre président.
01:41On a accueilli des polonais, des italiens.
01:43Là c'est un peu plus visible parce qu'ils sont non-blancs
01:45mais tout se passe bien et ça reste extrêmement marginal.
01:47Il n'y a pas plus de 200 000 entrées par an sur le territoire pour un pays de 70
01:50millions.
01:51On peut largement absorber ça.
01:52Il faut dire à Nadine tout va bien.
01:53Et on entend beaucoup, alors à droite pour le coup comme à gauche,
01:57que les travailleurs immigrés sont une concurrence voire déloyale
02:03pour les travailleurs français.
02:05Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
02:06Alors ça c'est une thèse assez vomitive
02:08qui est alimentée justement par des gens comme Éric Zemmour
02:11où égalité et réconciliation
02:12ce serait de dire qu'en fait il n'y a plus de clivage droite-gauche
02:15mais qu'il n'y a que des libéraux qui auraient un consensus
02:17pour attirer beaucoup de main-d'oeuvre de l'étranger
02:19pour tirer les salaires vers le bas.
02:21Ce n'est pas du tout vrai.
02:22Je veux dire, on voit bien depuis 30 ans que quand il y a des choix économiques
02:25qui sont différents, il y a de l'emploi qui se crée.
02:27La France n'est pas condamnée à avoir un taux de chômage endémique à 11%.
02:30Je ne fais pas de la pub pour les 35 heures
02:32mais pendant qu'il y avait 35 heures on était redéçu en dessous de 8%.
02:35Aujourd'hui on a un problème de formation avant tout en France.
02:39Les personnes qui ont une bonne qualification ont un boulot
02:41et après on a un problème de répartition du temps de travail.
02:43On n'a pas un problème d'étrangers.
02:45Et sur notamment l'euro, cette fameuse promesse de sortir de l'euro.
02:49Alors avant l'euro c'était mieux, tout était moins cher ?
02:52On l'a bien vu avec le Brexit, les gens se sont défoulés.
02:54Ils voudraient sortir de l'euro mais en fait personne n'a de plan de recours.
02:58C'est très facile de taper sur l'Europe, évidemment l'Europe aujourd'hui
03:02n'est pas celle qu'on voudrait.
03:03Ce n'est évidemment pas une Europe sociale et beaucoup trop une Europe des marchés.
03:06Mais je crois quand même que l'euro a des aspects protecteurs
03:08et là aussi on prend le problème par le mauvais côté.
03:10Pour l'occasion, le comédien Rachid Boily a interprété un extrait de l'un de ses spectacles
03:15dans lequel il évoque avec humour et tendresse son enfance au milieu d'un coron près de Roubaix.
03:21Un peu nostalgique d'une époque où le mélange des cultures n'exacerbait pas les tensions,
03:25il témoigne d'un exemple concret de discrimination dont sa compagnie a été victime
03:30de la part d'une mairie d'extrême droite.
03:32J'avais quasi signé une date de spectacle à la ville qui s'appelle Le Praday à côté de Toulon
03:40et en fait il y a eu les municipales entre deux.
03:42Donc ils s'étaient engagés.
03:45Nous, en tant que comédien, on est obligé de travailler un an à l'avance.
03:47Donc les dates étaient posées, on avait mis tout le monde d'accord.
03:50En concret, ça veut dire que nous, on embauche des gens.
03:53Mon régisseur, ma régisseuse, Claire Lortivoire, Manu Pozzani, c'est des gens qu'on embauche.
03:58Les municipales passent en 15 jours, ils ont éradiqué tout ce qui était à consonance arabe.
04:02Je suis désolé, je ne changerai pas de nom.
04:03Je m'appelle Rachid Boily, j'en suis fier.
04:05Mes parents m'ont appelé comme ça.
04:07Alors du coup, j'ai rappelé.
04:09J'ai dit, mais non, je ne comprends pas.
04:11Qu'est-ce qui se passe ? On avait bloqué la date.
04:12Ah oui, mais non, mais en fait, finalement, on va se recentrer sur une culture régionale, qu'ils ont dit.
04:17Et moi, j'ai eu les deux sous de l'affaire
04:19parce que la dame qui travaillait en tant que relation publique,
04:22elle savait ce qui a été dit dans les bureaux.
04:23Et ce qui a été dit dans les bureaux, c'est
04:25on ne veut plus entendre parler de noms à consonance africaine,
04:29de musique du monde.
04:30Ils ont éradiqué, et pire encore, je ne sais pas si c'est pire,
04:34tous les spectacles qui parlent de la différence.
04:37La théorie du genre, les homosexuels.
04:40Au-delà de la promotion de ce livre dont elles ont signé la préface,
04:43les organisations syndicales entendent en faire un outil
04:46pour définir les contours de la pensée d'extrême droite,
04:49en montrer les errements et démasquer ces mensonges pour mieux la combattre.
04:54De la CGT à la FSU, en passant par les organisations étudiantes et de jeunesse,
04:59chacun prend sa part dans cette lutte contre le racisme et toutes les discriminations.
05:03comme nous l'expliquent Lila Lebas de l'UNEF et Benoît Desverly de la FIDEL.
05:08À l'UNEF, on a un vrai travail dessus pour que chacun dans l'organisation,
05:12quelle que soit son origine sociale, son origine géographique,
05:15quelles que soient ses envies, il puisse s'engager de l'UNEF.
05:19Et ça, je pense que c'est une bataille de tous les jours.
05:20Effectivement, ça l'est sur les questions féministes,
05:23ça l'est sur le sexisme, ça l'est aussi contre toutes les formes de discrimination.
05:25Tout le monde peut s'exprimer à la FIDEL, tout le monde peut donner son avis,
05:29tous les lycéens sont les bienvenus.
05:31Et donc, bien entendu, les personnes victimes de racisme peuvent venir s'exprimer
05:34et les MIE aussi, bien entendu, sont les bienvenus, peuvent venir s'exprimer
05:37et font notamment partie de nos militants.
05:39Quant à la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Croison,
05:43elle insiste sur la nécessité pour le mouvement syndical
05:45de faire front commun contre ces idées nauséabondes, délétères pour le progrès social.
05:50Que peut le syndicalisme contre ces idées racistes, ces idées de division ?
05:54Le syndicalisme, il a la responsabilité de mener la bataille
05:58contre la progression des idées d'extrême droite dans le monde du travail.
06:02Parce que, évidemment, le monde du travail n'est pas en dehors de la société.
06:05Et quand on a un vote Front National autour de 30% aux dernières élections,
06:09quand on a des hommes politiques au-delà du Front National,
06:12dans des partis plus traditionnels,
06:14qui se laissent aller à des propos quasiment identiques à ceux du Front National,
06:18on voit bien qu'on a une société qui est en train de glisser vers cette idéologie.
06:21Et évidemment, on retrouve ce glissement aussi dans le monde du travail,
06:25que ce soit dans le secteur privé comme dans le secteur public.
06:28Donc nous, comme mouvement syndical, nous prenons notre part de responsabilité
06:32et nous allons mener, nous aussi, cette bataille contre la montée des idées d'extrême droite.
06:37On le fait depuis longtemps. On n'a pas attendu aujourd'hui.
06:39On avait déjà publié un livre il y a quelques années.
06:41Là, on le réédite. Ce livre, c'est un outil.
06:44On essaye de démonter les idées fausses, les clichés, d'apporter des arguments
06:48de façon à permettre des débats dans le monde du travail entre les salariés
06:52et d'essayer de démonter justement toute cette idéologie
06:56et toutes ces idées simplistes qui arrivent à rentrer aussi dans la tête des travailleurs.
07:01Mais il y a aussi un autre type d'initiative que nous voulons faire et que nous faisons déjà.
07:08Ce livre en sera aussi un outil. C'est bien sûr d'aller sur le terrain.
07:12Il ne s'agit pas simplement de faire le plus beau livre du monde et d'avoir les meilleures intentions.
07:16Il faut bien sûr aller débattre avec les salariés sur le terrain, dans les entreprises, dans les services
07:22pour qu'effectivement, tout d'abord, il y ait, je dirais, quelque part, le couvercle qui soit levé
07:28et que les choses soient dites, qu'il y ait des échanges, des débats.
07:31Et bien sûr, essayer de les convaincre.
07:33C'est pour ça aussi que nous avons monté un collectif qui s'appelle
07:36Unis contre l'extrême droite.
07:38Nous sommes d'ailleurs les mêmes que ceux qui avons écrit ce livre.
07:42Et nous allons sur le terrain.
07:43Nous serons prochainement dans Vaucluse et dans le Pas-de-Calais.
07:46Et c'est concrètement comme ça qu'il faut effectivement,
07:49et que nous espérons bien sûr, jouer tout notre rôle.
07:52Le seul regret, c'est qu'il n'y ait pas tout le mouvement syndical avec nous.
07:56Mais nous ne désespérons pas.
07:57Nous l'avons redit d'ailleurs aujourd'hui.
07:59Nous relançons un appel.
08:01Je crois qu'en plus, il n'y a pas grand-chose qui sépare les organisations syndicales sur ce terrain.
08:05On peut se battre ou se discuter ou être en désaccord sur la loi travail
08:09ou sur le pacte de responsabilité.
08:11Mais franchement, dans cette bataille-là, je crois qu'on dit à peu près,
08:14pour un certain nombre d'entre nous, tous la même chose.
08:16On a besoin de toutes les forces sur le terrain.
08:18Donc, espérons que nous arriverons à élargir le cercle syndical.
08:21Merci.
08:23Merci.
08:23Merci.
08:24Applaudissements.
08:26Applaudissements.
08:27Applaudissements.
08:27Applaudissements.
08:29Applaudissements.
08:30Applaudissements.
08:32Applaudissements.
08:32Applaudissements.
08:33Applaudissements.
08:33Applaudissements.

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