00:00Je voulais simplement vous demander de réagir par rapport à la situation qui concerne l'avocat Salah Amouri
00:11qui est toujours emprisonné à l'heure où nous parlons.
00:16Je souhaitais que je demandais votre réaction et que ce qu'on peut faire d'ici.
00:24Salah Amouri est coupable d'une chose affreuse. Il est palestinien.
00:42C'est quelqu'un qu'on connaît bien, qu'on a croisé, qui est un ami et avec qui on
00:47a partagé un moment,
00:48notamment sur scène au moment de sa première libération, quand on chantait avec lui, on lâche rien.
00:53Évidemment, qu'on veut continuer à ne rien lâcher, pour lui, face à l'arbitraire, face à l'arbitraire.
00:59Les mots me manquent tellement c'est atroce.
01:04Le sort qui lui est réservé, le sort de ses co-détenus, il y a 200 prisonniers palestiniens qui sont
01:09retenus sans aucun motif, plus qu'ils descendent.
01:13C'est vrai qu'à un moment donné, il y a des endroits sur terre où tout est permis.
01:17Et il y a des pauvres gens sur terre, malheureusement, qui sont nés du mauvais côté, du mur, de la
01:22honte.
01:23Donc voilà, quand on parle de la Palestine, on parle de droit de l'homme, on parle de solidarité internationale,
01:28on parle de dignité humaine.
01:30On parle vraiment de choses.
01:32Si on oublie ces mots, parce que quand on en parle en France, alors tout de suite, dès qu'on
01:37prononce le mot Palestine, Israël, tout de suite,
01:40les passions s'en mêlent, si on oublie ces mots, il y a une vraie question qu'on doit se
01:45poser chacun,
01:46et qu'on doit poser aux gens à qui on parle, et si on est tous convaincus, c'est, est
01:50-ce que vous êtes pour la colonisation ?
01:52L'acte de colonisation, c'est quelque chose, c'est une chose à laquelle vous adhérez ?
01:55Est-ce que vous, dirigeant politique, président, premier ministre, député,
02:00quand vous dites que vous soutenez de manière indéfectible un État d'extrême droite,
02:05et que vous vous dites, par exemple, de gauche, comme se disent les gens de gauche en France ici,
02:08voilà, est-ce que vous arrivez à assumer ça ?
02:11Est-ce que vous arrivez à assumer, dites-moi, comment vous pouvez combattre Marine Le Pen en France,
02:15et soutenir Benjamin Netanyahou en Israël ?
02:17Comment est-ce que ce sont des vraies questions que l'on doit pouvoir poser de cette manière-là ?
02:24C'est de cette manière-là qu'elle se pose.
02:26Donc, si je comprends bien, c'est une question que vous posez à Emmanuel Macron, le président de la République
02:30?
02:30Non, c'est une question qu'on pose à l'ensemble de la classe politique.
02:34Il n'y a pas de soutien indéfectible à un État.
02:37Voilà, il y a la foi en ce qui est, je pense, l'histoire de la France, les droits de
02:42l'homme, le droit international.
02:44Est-ce que des gens seront coupables de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ?
02:48Oui, non. Est-ce qu'on accepte cela ou non ?
02:50Est-ce qu'on enferme 3 millions de personnes ?
02:52Est-ce qu'à un moment donné, quand on est né palestinien, on peut être privé d'eau, de gaz,
02:56d'électricité ?
02:57Ce sont des choses qu'on a vues.
02:58Quand on a écrit cette chanson pour Stéphane Essel, Indignez-vous, ça lui a été reproché.
03:04Parce que lui, quand il est allé à Gaza, il a vu des choses qu'il n'aurait jamais imaginé
03:08voir.
03:09Il dit, quand je suis allé là, c'était un choc.
03:11Lui, avec toute son histoire de résistant et ses origines, il dit, voilà, j'ai vu ça, ce n'est
03:17pas possible, ce n'est pas acceptable.
03:19Donc, c'est une question qu'on doit se poser en travers cette époque où il y a ça qui
03:23se passe, voilà, c'est loin de la France.
03:25Mais c'est quelque chose, voilà, c'est un problème qui nous est posé, c'est un problème auquel on
03:29doit pouvoir répondre en ces termes-là aussi simplement que ça.