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  • il y a 13 heures
Il ne faut pas se raconter d'histoires, ce qu'il se passe maintenant est une bataille d'envergure qui touche la SNCF mais poursuit un objectif bien plus large. Maurice Ulrich, éditorialiste de l'Humanité, attire notre attention avec son analyse des événements de la semaine. L'objectif d'Emmanuel Macron est un objectif libéral, c'est à dire faire passer certains établissements du service public au privé. Cette bataille est la "la mère de toutes les batailles "nous disent-ils, pour faire passer d'autres reformes à venir : retraite, formation professionnelle, chômage.... Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:02Bien, après quelques temps d'hibernation, et alors que commence un printemps dont on espère des fleurs,
00:10et pas seulement dans les jardins, bon, il est peut-être temps de reprendre la parole,
00:14d'autant, on le sait bien, et on le devine bien, que l'actualité s'y prête.
00:17Alors l'actualité, elle est parfois amusante quand on entend, comme hier soir, sur une de nos chaînes d'Information
00:24Continue,
00:24un de ses commentateurs qui ont des avis sur tout, même quand ils ne savent rien,
00:28nous expliquaient que, franchement, la grévitude en France, le réflexe de la grève,
00:35comme le dit François de Rugy, président de l'Assemblée Nationale, ancien écolo, devenu macroniste en échange d'un perchoir,
00:43eh bien, en Allemagne, non, ça ne se passe pas du tout comme ça.
00:46En Allemagne, les syndicats, le patronat travaillent ensemble, ils coélaborent les lois, les acquis sociaux, etc.,
00:55ou même les régressions sociales, mais ils font tout ensemble en bonne entente.
00:59Eh bien, dommage, parce que ce commentateur très informé, il n'avait sans doute pas vu,
01:03il n'avait pas eu le temps de prendre connaissance de la dépêche AFP qui était tombée dans l'après
01:07-midi,
01:08que d'ailleurs, on pouvait attendre si on était un petit peu, je veux dire, au courant des choses,
01:12où on nous annonçait, en Allemagne, une grève massive dans la fonction publique,
01:17qui allait toucher plus de 2 millions de salariés, avec des arrêts de travail dans les transports en commun,
01:25les crèches, le ramassage des ordures, les hôpitaux de plusieurs villes et régions,
01:28et surtout, une grève massive à la Lufthansa, la grande compagnie aérienne allemande,
01:33avec la moitié des vols annulés pendant plusieurs jours.
01:37Donc, voilà, et puis les syndicats allemands et les salariés allemands,
01:41ils réclament tout simplement 6% d'augmentation.
01:43Bon, alors, on n'est pas tout seul, hein,
01:46et la France, la gravitude, elle est aussi, la gréviculture, pardon,
01:50elle est aussi allemande, semble-t-il, mais ça, on fait semblant de l'ignorer,
01:54parce qu'effectivement, le modèle allemand qu'on nous vante tout le temps,
01:58j'irais, a bien des, rempli bien des fonctions idéologiques.
02:01Alors, bon, il faut être sérieux, ce qui se passe actuellement, c'est quoi ?
02:04C'est une bataille, c'est une bataille d'envergure qui touche à la question du service public à la
02:09SNCF et ailleurs.
02:11Il ne faut pas raconter d'histoire, l'objectif du gouvernement, l'objectif d'Emmanuel Macron,
02:15c'est un objectif libéral, c'est-à-dire de faire passer au privé un certain nombre de choses
02:21assumées actuellement par le service public, et c'est bien de cela qu'il s'agit.
02:25Avec une dimension, je dirais, idéologique, celle-là, c'est-à-dire une volonté libérale,
02:31et aussi une dimension politique.
02:32Il est bien clair que dans cette affaire, Emmanuel Macron veut mettre, je dirais,
02:37veut gagner contre les syndicats.
02:39Il veut gagner contre les syndicats, tous, y compris et essentiellement la CGT.
02:44Pourquoi ? Eh bien parce qu'on nous l'a expliqué à plusieurs reprises,
02:48du côté justement du pouvoir, mais aussi de commentateurs de droite, etc.
02:54Parce qu'au fond, cette bataille-là, c'est la mère de toutes les batailles,
02:59a-t-on dit.
02:59La mère de toutes les batailles, ça veut dire qu'il faut la gagner pour mettre à terre
03:03le mouvement syndical, ou tout au moins le marginaliser, et pouvoir faire passer les
03:07autres réformes à venir, s'agissant des retraites, de la formation professionnelle,
03:11de chômage, etc.
03:12Donc ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est pas seulement la SNCF, c'est très important,
03:17mais c'est aussi, je dirais, l'avenir de ce quinquennat, avec des réformes, entre guillemets,
03:26en train, qui vont être tout simplement des régressions sociales majeures.
03:29Et c'est de ça dont il est question.
03:31En même temps, ça passe pas, justement, comme une lettre à la poste.
03:34Pourquoi ? Parce que pour le moment, les syndicats à la SNCF restent unis, parce qu'ils
03:40mènent ensemble une bataille d'envergure, parce que dans le pays, ça bouge, ce qui inquiète
03:46d'ailleurs un certain nombre, encore là, de commentateurs ou d'éditorialistes.
03:52Alors, ce qui est amusant, c'est qu'au fond, ils font un peu le même diagnostic que nous,
03:56même s'ils n'en tirent pas les mêmes conclusions.
03:58Par exemple, dans l'Opinion, c'est Nicolas Béthoud, le directeur de l'Opinion, qui écrit
04:02« Le chef de l'État semble avoir brusquement pris conscience du danger que représente
04:07ce changement de climat.
04:08Alors, il communique plutôt deux fois qu'une, et son gouvernement avec lui. »
04:12Dans Les Echos, c'est Cécile Cornudet, éditorialiste, qui dit
04:17« Emmanuel Macron voulait être un président en retrait.
04:21Hélas, lui seul s'est expliqué le macronisme.
04:24Dès qu'il s'efface, c'est comme si on avait les paroles sans la musique. »
04:27Donc, on voit bien qu'on sent bien à droite, et auprès de ceux qui soutiennent bien évidemment
04:35la politique d'Emmanuel Macron, on sent bien quand même une véritable inquiétude.
04:39Et ils ont raison, parce que dans le pays, il y a évidemment un malaise profond,
04:44et je dirais que les réponses du macronisme ne suffisent pas.
04:48Au fond, on sait bien ce que va nous dire Emmanuel Macron jeudi soir, et ce qu'il va répéter
04:54dimanche soir.
04:55Alors, jeudi soir, ce sera dans une ambiance rurale, nous dit-on.
04:59Dimanche soir, ce sera avec BFM, RMC et Mediapart, donc ça fera un peu plus sérieux, un peu plus athélo.
05:05Mais tout ça, on sait bien ce qu'il va dire, c'est que les réformes sont nécessaires,
05:09que la SNCF, elle ne peut pas continuer comme ça, etc.
05:11Donc, tout ça est attendu, mais bien entendu, ce que joue Emmanuel Macron, c'est la bataille de l'opinion.
05:18Il veut convaincre les indécis, les Français qui s'interrogent, du bien fondé de sa politique.
05:23Donc, c'est le rouleau compresseur, c'est un rouleau compresseur de communication,
05:27c'est un rouleau compresseur politique et idéologique, et au fond, c'est de la vieille politique.
05:34On attend autre chose, et on attend surtout de ce printemps social,
05:37qu'il nous apporte un peu d'air frais, qu'il ouvre des portes.
05:41Musique
05:43Musique

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