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Maurice Ulrich, éditorialiste de l’Humanité, analyse les événement politiques de la rentrée et revient sur le mépris affiché d’Emmanuel Macron envers le peuple et surtout le monde de travail. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:01Bien, c'est vraiment la rentrée avec deux événements au plan social cette semaine.
00:07Évidemment la manifestation, l'appel de la CGT, mais aussi d'autres,
00:12parfois des unions départementales et faux dans les départements,
00:16parfois la CFTC elle-même, donc cette manifestation.
00:20Et puis bien sûr, à la fin de la semaine, la fête de l'humanité
00:23qui sera un autre temps fort social et politique de cette rentrée.
00:29Mais avant ça, il faut quand même parler un petit peu,
00:32au moins adresser notre sympathie et l'expression de notre solidarité
00:36à nos compatriotes des Antilles, durement frappés, comme on le sait,
00:39par cet ouragan ravageur et dévastateur.
00:44Un petit mot de solidarité bien sûr, mais aussi cette idée
00:48qu'il nous faudra rester près d'eux dans les mois qui viennent.
00:52Pourquoi ? Parce qu'on le sait, les promesses de reconstruction,
00:54les engagements pris pour dire aux gens, nous allons vous aider à tout faire, etc.
00:58En général, ils ne sont pas vraiment suivis des faits.
01:01Donc je dirais que les habitants des Antilles auront besoin
01:05de notre solidarité active dans toute la période à venir.
01:09Mais pour revenir à la situation en France, au plan politique et social,
01:14peut-être qu'on peut rappeler, bien que tout le monde en parle
01:18et ça couvre tous les réseaux sociaux, les mots d'Emmanuel Macron à Athènes,
01:24le chef de l'État français, le président de la République,
01:26a choisi non seulement un pays étranger, mais aussi,
01:29qui furent le berceau de la démocratie au sens moderne,
01:33en tout cas là où est apparu ce concept, avec à l'époque ses limites qu'on connaît,
01:37c'est donc dans ces lieux qu'il a tout simplement choisi,
01:39eh bien, quoi ? D'insulter le peuple.
01:42Traité, alors bien entendu, maintenant, autour de lui, on dit,
01:44mais non, il ne voulait pas dire ça, mais bien sûr que si, il l'a dit.
01:47Les fainéants, les fainéants, donc nous sommes des fainéants,
01:50et je pense qu'il y aura dans la rue, ces jours-ci, et à la fête de l'humanité,
01:55beaucoup de fainéants qui le revendiqueront, je dirais,
01:57comme une réponse cinglante à Emmanuel Macron.
02:00Mais une question se pose, au fond, pourquoi fait-il ça ?
02:05Est-ce qu'il ne fait pas exprès ? Est-ce que c'est le naturel chez lui
02:10qui parle un peu trop vite ? Ou est-ce qu'au fond, c'est parfaitement conscient ?
02:14Bien entendu, nous ne sommes pas dans la tête d'Emmanuel Macron.
02:17Mais une chose est sûre, c'est qu'en fait, Emmanuel Macron,
02:20il parle à une partie de la France.
02:23À qui parle-t-il ? Eh bien, il parle à ceux dont il pense
02:27qu'ils sont les gagnants de la mondialisation.
02:29Il pense à ceux qui ont cette mentalité start-up dont il se réclame.
02:33Autrement dit, il parle à ceux qui, selon lui, et comme il l'a déjà dit,
02:37ceux qui réussissent alors qu'il y a ceux qui ne sont rien.
02:40Voilà la vision d'Emmanuel Macron.
02:43Et on le sait, de ce point de vue-là, c'est un récidiviste.
02:46Rappelons-nous les femmes illettrées de l'usine Gade.
02:49Rappelons-nous les chômeurs invités à travailler pour s'acheter un costard.
02:53Rappelons-nous, je dirais, cette expression quand même terrible
02:58quand il a parlé de Mayotte, où les pêcheurs de Mayotte
03:03transportaient non pas du poisson, mais du Comorien.
03:06Bien, il y a chez Macron, je dirais, un véritable mépris, sans doute, pour le peuple.
03:11Mais aussi, il faut le dire, Emmanuel Macron, quoi qu'il en dise, n'est pas un humaniste.
03:15C'est-à-dire que ce n'est pas quelqu'un qui est ouvert aux autres,
03:18qui est ouvert, je dirais, aux hommes en général et à la sympathie humaine.
03:22Il en joue, il en abuse, il essaie de faire illusion, mais ce n'est pas le cas.
03:28Et on le voit bien, finalement, avec des ordonnances et avec la loi travail,
03:31dont il est fortement question cette semaine.
03:33Parce que de quoi il s'agit ?
03:35On a bien compris, et on ne va pas assister dessus,
03:37et c'est pourquoi nous serons dans la rue cette semaine,
03:40et nous serons à la fête de l'humanité.
03:42Cette loi est profondément injuste.
03:44Pourquoi ? Parce que tout simplement,
03:47à la fois, en donnant l'illusion qu'il pourrait y avoir égalité
03:51entre les salariés et les patrons,
03:56c'est une fausse illusion, tout le monde le sait.
03:58Marx avait cette expression assez cocasse, mais en réalité très vraie,
04:04en disant que le travailleur libre qui se rend sur le marché libre
04:08pour y vendre sa peau doit s'attendre à être tanné.
04:11Eh bien, la liberté, selon Macron, la liberté de négociation,
04:14c'est évidemment celle-là.
04:16C'est-à-dire qu'il donne tout pouvoir au patronat,
04:18dans les entreprises, et au bénéfice, bien entendu, des actionnaires.
04:21Donc c'est contre tout ça qu'il va falloir se mobiliser.
04:24Et alors, bien sûr, il se réclame de la loi,
04:27mais je voudrais finir par une citation de Montesquieu.
04:31Une chose n'est pas juste parce qu'elle est loi,
04:35mais elle doit être loi parce qu'elle est juste.

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