00:00Toutes choses vécues méritent analyse et en particulier celles-ci.
00:16On a bien compris que notre diversité, c'était ça notre force.
00:20Et on se dit qu'ici on va avoir sauvé 1650 hectares du béton,
00:25on va avoir sauvé aussi une zone naturelle fragile
00:30et que si on veut continuer à être fort, on a intérêt à rester avec cette diversité-là.
00:34Sur le plan personnel, enfin moi je signe ça complètement, c'est un enrichissement.
00:38Je veux dire, au fil de 5 à 10 ans de côtoiement entre des gens très différents,
00:42on a un infini plaisir à se rencontrer qu'on n'avait pas avant
00:45et chacun a bougé sur ses lignes, il a au moins compris les autres.
00:48Et même quand on n'est pas d'accord, on a d'abord le souci de comprendre l'autre.
00:56Ça reste un territoire ouvert et d'expérimentation dans lequel l'agriculture aura une place importante,
01:04parfaitement normée et monétarisée comme nous,
01:07mais aussi des beaucoup plus petites dimensions,
01:09des gens qui demanderont des aides ou qui ne demanderont pas des aides
01:12et puis des gens qui feront un jardin ou peut-être un grand jardin pour un collectif
01:15ou peut-être deux hectares de pommes de terre pour l'ensemble des gens ici,
01:18comme c'est fait, garder ces libertés-là.
01:21Ici, si vous n'avez pas d'argent, vous arrivez à manger quand même.
01:24Je veux dire, c'est pris libre à différents endroits, vous pouvez trouver des légumes, du pain, etc.
01:27Et donc peut-être qu'il y a des expériences où on ne va pas avoir d'argent au début.
01:31S'il y a du soutien collectif à côté, ça le fera.
01:40Aujourd'hui, quand même, vous avez 75% des gens qui ont leur baccalauréat, etc.,
01:44qui font sur Internet.
01:44Donc, ils sont capables de se renseigner, de peser des contradictions, des expertises et des choses comme ça.
01:50Quand vous avez un baron local, fut-il de droite ou de gauche, en fait,
01:53il tient les rênes, il prend des décisions et au fil des ans, ses chevilles enflent
01:57et il n'accepte plus la moindre contradiction.
02:01Combien de fois les responsables socialistes ici nous ont-ils dit
02:03« Vous nous avez élus, laissez-nous décider ».
02:05Eh bien non, monsieur, c'est justement pas ça.
02:07On ne vous laisse pas décider.
02:08On participe et on continue à participer à la décision, même si on a voté pour vous.
02:18On a changé de posture vis-à-vis de l'État et on s'y est préparé avant sa décision.
02:22On ne fera pas exactement la même chose que l'Arzac,
02:24mais l'Arzac, c'est bien un endroit où les gens qui se sont battus pour sauver les terres
02:27les ont pris en main, on leur a délégué la propriété.
02:30Ils ont géré leur zone et on s'aperçoit que c'est beaucoup plus riche aujourd'hui,
02:34beaucoup plus diversifié, qu'il y a plus de monde dans l'agriculture là-bas,
02:37ce qui est quand même assez rare en France,
02:40que l'activité touristique, artistique s'est développée
02:42et que tout le monde est infiniment content du résultat.
02:45Ça devrait faire peur à personne, c'est du domaine du possible.
02:47Et c'est sans doute, si on réfléchit un peu,
02:49une des voies les plus économes et les plus sensées pour aller vers de l'apaisement.
02:59Je ne sais pas quel sera le résultat.
03:00Aujourd'hui, on entend le Premier ministre qui dit choses extrêmement précises,
03:04extrêmement sensées, qui ne met pas une pression extraordinaire.
03:07Et puis on entend le ministre de l'Intérieur qui parlait du 1500 CRS qui allait arriver.
03:11Ce midi, il parle de la zone qui est bouclée, personne ne peut venir.
03:15C'est surréaliste, mais en même temps, c'est une très forte surenchère
03:19pour essayer que ça empire ici.
03:21Donc voilà, entre les deux, quel interlocuteur on aura, on verra.
03:26Ce n'est pas l'affinité politique qui va prévaloir,
03:29c'est juste l'intelligence pour gérer la situation au mieux des intérêts de chacun
03:33et trouver de la sérénité pour tout le monde.