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  • il y a 20 heures
Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, réagit aux discours du président de la République au Congrès et d’Edouard Philippe à l’Assemblée Nationale.

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Transcription
00:05Nous savons tous que quelque chose de très profond nous réunit, nous anime et nous engage.
00:14Oui, le simple amour de la patrie.
00:23Moi, mon interprétation, c'est qu'on utilise à dessein ce mot patrie depuis maintenant plusieurs mois pour tenter de
00:32rassurer, de calmer ou de récupérer des électrices et des électeurs qui se reconnaissent dans le discours de l'extrême
00:38droite aujourd'hui.
00:40Secondement, il y a sans doute aussi une autre volonté, c'est qu'il y a un projet politique derrière
00:46cela, c'est créer une sorte d'union du pays, une union sacrée de toutes les forces politiques, puisqu'il
00:55parle au Congrès,
00:56dans lequel d'ailleurs il n'y a pas toutes les forces politiques, puisque les députés du Parti communiste et
01:02les députés du groupe de Jean-Luc Mélenchon n'y sont pas.
01:05Et donc, il essaye avec cette majorité de faire cette union sacrée, mais une union sacrée au service du capital,
01:12au service des forces de l'argent.
01:14Parce qu'on n'emploie pas ce mot impunément et innocemment.
01:19D'ailleurs, on ne peut pas se revendiquer de la patrie quand on ouvre le pays à tous les vents
01:26du large, quand on est en train de signer des accords de libre-échange qui, au fond, affaiblissent la patrie.
01:32On est loin de ce qu'a dit Jean Jaurès, un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup nous
01:40en rapprochent avec M. Macron, on est complètement à l'opposé de ça.
01:50Je proposerai une réduction d'un tiers du nombre des membres des trois assemblées constitutionnelles.
01:56Je suis convaincu que cette mesure aura des effets favorables pour la qualité générale du travail parlementaire.
02:05En apparence, moi, je peux comprendre que beaucoup de gens qui ont vu ça et entendu ça trouvent ça sympathique.
02:13Puisque maintenant, il y a une espèce de vogue comme quoi il y aurait trop de parlementaires, il y a
02:18trop d'élus qui s'en mettent plein les poches, etc.
02:21Mais la vérité, c'est qu'en combinant un système proportionnel dont on ne connaît pas la nature à cette
02:27heure et la réduction du nombre de parlementaires,
02:29c'est qu'on est dans la lignée de ce qu'il a entamé, un gouvernement d'experts, parce que
02:37prétendument, il n'y aurait plus de politique dans la vie.
02:40Il n'y aurait qu'une politique unique, celle des comptables.
02:43Et une assemblée nationale à l'image de ces candidats, dont on a regardé les CV avant de les présenter
02:50d'ailleurs,
02:51qui serait aussi une assemblée nationale totalement croupion.
02:56Mais ils auraient plus d'experts autour d'eux et surtout, il y aurait une emprise plus grande de l
03:01'administration.
03:02Autrement dit, on aura un gouvernement d'experts, une assemblée croupion,
03:06qui n'aura plus que pour vocation que de vérifier si on met bien en œuvre les mauvaises lois qu
03:13'ils auront votées.
03:14Et comme d'ailleurs ce qui nous est proposé dans les institutions européennes,
03:19des experts qui nous diront ce qu'il faut bien penser et ce qu'il faut bien faire.
03:24Et donc ça, c'est le contraire de la démocratie.
03:27Même si en apparence, ça apparaît comme sympathique, je mets bien en garde chacune et chacun.
03:32Il faut bien réfléchir avant d'accepter ça.
03:35On est en train de renverser aujourd'hui notre système démocratique.
03:46Effectivement, on a eu Dieu qui un jour a donné les grandes orientations.
03:51Et puis le directeur exécutif qui est venu le lendemain devant le Parlement, devant l'Assemblée nationale,
03:58pour dire à peu près ce qu'il fallait faire.
04:02Et toujours à partir de la même méthode, c'est-à-dire on fait un discours de politique générale
04:07après un rapport de la Cour des comptes qui est catastrophique.
04:10Et ce rapport de la Cour des comptes conclut bien évidemment, comme d'habitude,
04:15au fait qu'il faut réduire ce qu'ils appellent la dépense publique,
04:19qu'il faut réduire les moyens qui sont donnés aux gens,
04:21que le Code du travail n'est plus adapté au monde qui nous entoure.
04:25Et ainsi de suite, on aboutit au fait qu'on aura à nouveau plus de sang, plus de larmes,
04:34plus de restrictions pour celles et ceux qui n'ont que leur travail ou leur retraite pour vivre,
04:39tandis que le gotha des oligarques, lui, palpera, continuera de palper.
04:45Par exemple, on va baisser l'impôt sur les sociétés, mais on va augmenter la CSG.
04:49On va diminuer l'impôt sur les grandes fortunes, mais on va augmenter la fiscalité
04:55pour les couches populaires et les couches les plus moyennes.
04:58On est en train de plier la France aux lois de la concurrence libre
05:03et de cette guerre économique qui fait tant de mal aujourd'hui,
05:06et dont les fantassins, évidemment, sont les travailleurs, sont les jeunes,
05:11sont les retraités, sont les chômeurs qui voient leur avenir boucher.
05:16Mais j'ai bien conscience que, de la part de celles et ceux qui regardent ça,
05:24il n'y en a pas forcément la conscience aujourd'hui.
05:26Beaucoup de gens considèrent que peut-être que c'est un mal nécessaire.
05:30Mais le mal nécessaire, ça fait depuis les années de M. Giscard d'Estaing
05:34qu'on nous dit de nous serrer la ceinture, et qu'on nous dit que c'est un mal nécessaire,
05:38et que, d'année en année, on déploie des choix qui détruisent nos conquis sociaux
05:45et nos conquis démocratiques.
05:47C'est à cette inversion-là qu'il faudrait aujourd'hui s'attaquer,
05:51en créant un mouvement unitaire extrêmement large pour une autre cohérence,
05:56la cohérence du progrès social, du progrès démocratique et du progrès écologique.
06:08Sous-titrage Société Radio-Canada

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