00:09Chers amis, chers camarades, chers Philippe, c'est toujours un plaisir de se retrouver
00:15chaque année à ce moment-ci de la fête pour, avec vous, inaugurer ce vaste espace
00:23qui, comme cela vient d'être dit, a été considérablement amélioré, élargi, pour que vous puissiez vous sentir mieux, plus
00:34à l'aise,
00:34pour débattre, pour vous détendre, pour vous rencontrer, pour discuter et pour préparer des actions futures, car il y en
00:42a bien besoin.
00:44Nous sommes dans cette fête, dans un contexte particulier, comme cela vient d'être dit, avec l'accueil des réfugiés.
00:55Je crois qu'il faut tirer un grand coup de chapeau, une nouvelle fois, à la CGT, qui a toujours
01:03eu dans ses traditions,
01:05depuis extrêmement longtemps, quand elle accueillait les mineurs italiens, polonais, quand elle accueillait les travailleurs algériens
01:15dans les usines automobiles de la région parisienne et du Nord. C'est une belle tradition, et ce qui vient
01:21d'être annoncé,
01:22c'est-à-dire l'accueil de réfugiés migrants est tout à votre honneur, ce que fait la CGT, là,
01:29comme acte internationaliste
01:33pour souder les travailleurs ici, et ceux qui viennent nous rejoindre et qui ne font que réclamer un droit,
01:40c'est-à-dire le droit d'asile, doit être mis à votre crédit, et loin de ces petits politiciens
01:47qui occupent les pages de certains journaux de droit depuis quelques heures, et de cette déclaration
01:56nauséabonde, nauséabonde, d'un élu qui se prétend élu de la République, d'un parti qui a usurpé
02:02ce nom des Républicains, M. Devetjan, qui vient de dire, en insultant l'Allemagne, en disant
02:09qu'elle, après nous avoir pris nos juifs, elle nous renvoie à nos Arabes. Voilà une déclaration
02:15abcette. Et vous, et vous, ce que vous faites ici, et dans le droit fil de l'histoire, de l
02:25'identité,
02:26de l'action générale de la classe ouvrière pour l'émancipation de notre universelle humanité,
02:34et je vous en félicite.
02:43Cette fête se tient aussi dans ce contexte, vous l'avez sans doute observé ces derniers jours,
02:51et ce n'est pas une bonne nouvelle pour les salariés, les travailleurs, la jeunesse, les
02:57traitées de notre pays, elle se tient dans un contexte où on vient ces dernières semaines
03:05d'apercevoir et de subir un nouvel accaparement des médias par les puissances industrielles
03:16et financières. Et donc, c'est encore un bout du pluralisme de notre pays qui va mourir,
03:22car chacun sait, vous le savez, et j'ai observé ces dernières semaines, la manière dont la
03:31CGT est traitée, dont la manière dont vos premiers responsables, à commencer par
03:36Philippe Martinez, qui fait des rassemblements dans toutes les régions, bizarrement, bizarrement,
03:45alors que vous êtes la première organisation syndicale de France. On dirait que les machines
03:51à écrire de certains journalistes, les micros de radio, les caméras de certaines télévisions
03:59ne captent pas ce que dit la CGT. Par contre, on vient de nous enfiler, comme par hasard,
04:08coup sur coup, dans la même semaine, une multitude de rapports, de prédictions et de discours
04:16avec des spécialistes qui viennent nous expliquer, en long, en large, en travers, que le net plus
04:22ultra de la modernité, après avoir donné des milliards et des milliards aux MEDEF et aux grands
04:28patronats soi-disant pour faire de l'emploi, il faudrait passer à une phase supérieure, c'est-à-dire
04:34qu'il faudrait attaquer le code du travail. Et ils se mettent à beaucoup de monde, d'ailleurs
04:45de couleurs bien différentes, comme les caméléons. Et pour nous expliquer qu'il faut simplifier,
04:53d'autres disent qu'il faudrait révolutionner. En vérité, il n'y a là pas de réforme, il y a
05:01une contre-réforme, il n'y a pas de révolution, il y a une contre-révolution à l'œuvre.
05:06Et une contre-révolution qui attaque la civilisation, car dès lors que dans un pays, on attaque
05:14de cette façon, en ce moment, après les dispositions qui ont été prises, ceci revient à demander
05:24à un recul de civilisation, en mettant les travailleurs à nouveau en situation d'infériorité
05:30par rapport au grand patronat dont on voit qu'il est servi chaque jour de mieux en mieux.
05:37Eh bien, dans ce combat, camarades, vous avez l'humanité à vos côtés, vous aurez l'humanité
05:44à vos côtés, et comme nous l'avons fait cette semaine avec votre secrétaire général
05:49dans l'humanité dimanche, vous aurez page ouverte pour pouvoir vous exprimer et mettre
05:56à bas cette contre-révolution à l'œuvre. Parce que cette contre-révolution, elle se
06:07fait avec et en même temps que cette concentration des médias à l'œuvre. D'ailleurs, vous savez
06:15qu'aujourd'hui, il y a de grandes agences de presse publiques, ils n'ont même plus
06:20de départements pour traiter la question sociale. La plupart des journaux ont des pages économiques,
06:27ils ont même des suppléments économiques, mais de suppléments sociaux, point. Autrement
06:33dit, ils veulent effacer la question sociale de nos consciences. Eh bien, nous, l'humanité,
06:40avec vous, nous allons relever ce défi et nous allons placer la question des souffrances
06:46et des urgences sociales sur le devant de la scène. Dans l'humanité, dans l'humanité,
06:58dimanche, on ne va pas se féliciter demain qu'un patron qui participait hier à une orgie
07:06financière et à qui on vient subitement par une opération du Saint-Esprit de diviser
07:13par deux ces petites opérations chapeau, comme on appelle ça, les petits dividendes qu'ils
07:19reçoivent. Parce que ces messieurs, quand ils partent dans une entreprise, ils ont un billet
07:26et ce sont des billets de 10 000, 100 000, 200 000, 2 millions d'euros. Mais le lendemain,
07:35quand ils embauchent dans l'autre entreprise, ils ont le même billet, c'est-à-dire, ils
07:40passent deux fois la caisse, double récompense, ils ont la prime pour partir et la prime pour
07:47arriver. Mais nous, quand nous sommes licenciés d'une entreprise, on a la double peine, on est
07:52licenciés et on n'a rien après. C'est contre cela que nous nous levons.
07:59Donc, chers amis, vous pouvez continuer à compter sur l'humanité. L'humanité dimanche
08:08et notre plateforme numérique. Nous allons être à vos comptés parce que, quelque part,
08:17depuis quelques mois après sa création par Jean Jaurès et l'équipe qu'il y avait autour
08:23de lui, qu'on appelait l'équipe des agrégés, eh bien, très vite, ils ont fait alliance avec
08:31le mouvement syndical coopératique et mutualiste. Eh bien, c'est ce combat-là que nous poursuivons.
08:36C'est là-dessus que vous pouvez nous faire confiance. L'humanité est votre journal. C'est
08:44un bien public comme la CGT elle-même, votre syndicat qu'il faut défendre, sur lequel il
08:54faut veiller comme à la prunelle de nos yeux. Pas pour nous-mêmes, pas pour vous-mêmes,
09:00pour les travailleurs de notre pays, pour ces jeunes en quête d'avenir, vous aussi,
09:06la CGT, vous êtes un bien public, un bien public à défendre, et nous allons défendre
09:12avec vous.
09:19On est bien là, on est bien. On y est, quoi. Allez, on va enchaîner et on va maintenant
09:31accueillir le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.
09:45Bonjour à toutes et à tous. J'avais remarqué Patrick Le Yarrick pourrait être délégué
09:49de la CGT. J'ai croisé depuis tout à l'heure quelques camarades qui m'ont posé une question.
09:58Alors, ça te fait quoi ta première fête de l'humanité ? Alors, j'ai bien compris la
10:02subtilité de la question, mais évidemment, ce n'est pas ma première fête de l'humanité.
10:07Je crois que ce lieu de rendez-vous, d'action, de lutte, mais en même temps de convivialité,
10:15de fraternité, c'est ce qui symbolise les militants et les syndiqués de la CGT. Oui,
10:21il faut de la lutte, il faut de l'action, mais quand il y a la fête et la convivialité,
10:26c'est d'autant mieux. La lutte, elle est symbolisée par le témoignage d'Olivier.
10:32Voilà. Ceux qui sont attachés à leur entreprise, ce ne sont pas ceux qui les pillent. Ceux qui
10:39touchent les dividendes et qui nous expliquent après qu'il faut faire le tour du monde pour
10:43être efficace, pour livrer un produit. Dans une période où on parle beaucoup d'agriculture
10:47et de circuits courts, ceux qui sont attachés à leur entreprise, ce sont les salariés
10:53et uniquement les salariés. Et l'exemple des freins libres, il doit être porté plus haut,
10:59plus fort par l'ensemble des militaires de la CGT, car non seulement nous avons sauvé
11:05une partie de l'industrie, mais en même temps on a démontré que quand on lutte, on peut
11:10gagner. Il n'y a que ceux qui ne luttent pas qui sont sûrs de perdre. Cet exemple des freins
11:15libres, il y en a d'autres. Il y en a d'autres. Eh bien notre responsabilité vis-à-vis
11:20des
11:20salariés, c'est de montrer que la lutte, elle est toujours importante et elle peut
11:27être synonyme de victoire. Il y a plusieurs camarades qui sont présents sur le forum et
11:32qui peuvent en témoigner. La lutte, c'est aussi montrer que face à ceux qui ne cessent
11:39de nous dire qu'on n'a rien compris, que le monde a changé, qu'on est à contre-courant,
11:45et bien de leur dire, oui on est fier d'être à contre-courant quand c'est pour sauver
11:51des emplois, quand c'est pour le progrès social, parce que le monde qu'il nous présente
11:57comme l'avenir, c'est des millions de chômeurs, c'est des migrants, c'est des salariés
12:02qui dorment dans leur voiture. Eh bien ce monde-là, on n'en veut pas et oui, on est à
12:07contre-courant de ces idées-là, et on en est fiers.
12:17La deuxième chose, c'est la fête de l'humanité, c'est aussi des débats, des débats contradictoires,
12:23il y en a eu un tout à l'heure, où on échange des idées. La fête de l'humanité,
12:28c'est
12:28la démocratie comme on aimerait la voir partout. Des salariés, des citoyens qui discutent,
12:36qui échangent et puis qui décident, et dont on respecte les décisions. Et je pense que
12:42cette année, je pense à ce qui s'est passé en Grèce, mais ce qui se passe tous les jours
12:47dans les entreprises, où on dit aux citoyens, vous pouvez faire ce que vous voulez, vous
12:54pouvez voter ce que vous voulez, dans les entreprises, vous pouvez râler. La démocratie,
12:59c'est la finance qui la décide, et c'est sa loi qui commande. Eh bien, avoir des espaces
13:04de débat, de prise de décision, de prise de décision d'action, eh bien oui, c'est
13:10important, et donc pour la lutte, pour la démocratie, je pense qu'il y a besoin que ces deux
13:17jours, ces trois jours, eh bien s'élargissent et que cette forme de lutte, ces formes d'action,
13:24ces formes de démocratie, on puisse les faire vivre au-delà de ces trois jours, partout
13:29dans le pays, et partout en Europe et dans le monde. Patrick l'a rappelé, la CGT, elle
13:38dit des choses, elle commente, mais elle agit. J'ai parlé des luttes, et je voudrais
13:45insister, moi aussi, sur la question des migrants. Oui, on peut être fier, et d'autres
13:51initiatives sont en cours, que non seulement nous dénonçons la cause de ces populations
13:58qui sont obligées de se déplacer. Évidemment, quand des populations civiles reçoivent des
14:05bombes sur la tête, on n'a pas envie de rester en dessous. Quand des gouvernements
14:10européens contestent la volonté des peuples, notamment au Maghreb, de faire plus de démocratie,
14:18je vous renvoie à quelques déclarations d'une ministre de l'Intérieur de Sarkozy
14:23qui voulait envoyer des troupes et des gendarmes mobiles pour expliquer comment on réprime les
14:30manifestations. Eh bien, quand on est dans cette attitude et qu'on ne favorise pas la démocratie,
14:35oui, on a une responsabilité. C'est scandaleux, le rôle des États européens dans cette histoire
14:43des migrants. Il aura fallu ces images effroyables pour que, d'un seul coup, des dirigeants,
14:53par tweet interposés, ça ressemble plus à de la com' qu'à une volonté de régler
14:57le problème, eh bien, s'occupent de la question des migrants. C'est pas nouveau pourtant.
15:01Il aura fallu ces drames et ce camion de la honte pour que, d'un seul coup, on dise
15:08« Ah ben oui, il faut s'en occuper ». Mais aujourd'hui, s'en occuper, ça veut dire
15:12pour certains combien, de quelle nationalité, et même pire, de quelle religion, de quel
15:19droit on veut faire le tri dans ces migrants. Le droit d'asile est d'un droit qui doit être
15:25reconnu et c'est tous les migrants qui doivent être reconnus. Et la CGT, eh bien oui, on
15:34condamne. On explique, mais quand il faut agir, on est là. Et je félicite donc les camarades
15:41de l'énergie et de la CCS et les autres qui sont en train de construire de dire « Nous,
15:46on parle et on fait et on accueille les migrants ».
15:56Mes chers camarades, donc, je pense que nous allons avoir l'occasion durant toute la fête
16:03au forum social, puis comme on est partageurs ailleurs aussi, d'avoir, de discuter, d'agir.
16:09Vous le savez, nous avons des rendez-vous, on y reviendra le 23 septembre sur les libertés
16:14syndicales. On est quand même dans un pays où se syndiquer, c'est risquer de perdre
16:21son travail, c'est risquer de passer devant les tribunaux. Quand on explique ça sans nommer
16:27un pays, on dit « Mais ça, ça se passe dans une dictature, pas dans un pays démocratique ».
16:32Or, la première cause de non-syndicalisation en France, c'est la peur de la répression.
16:37En France, eh bien, le 23 septembre, nous voulons dire « Le syndicat, l'action syndicale,
16:45ça a une mission d'utilité publique et ça doit être reconnu comme tel ». Arrêtez
16:50de fermer les bourses du travail. Arrêtez de vouloir nous expulser des lieux d'accueil
16:54et des lieux où la CGT est présente et les autres syndicats. Arrêtez d'y censier des délégués
17:00quand ils veulent s'investir. Voilà, notre conception du dialogue social, c'est pas la répression.
17:06Nous avons rendez-vous le 8 octobre, vous le savez, un rendez-vous important, première
17:11journée d'action en cette rentrée. Nous avons pris nos responsabilités, il y a besoin
17:15de l'élargir et nous sommes déterminés à ce que ce 8 octobre soit le début et non
17:21la fin d'un processus. Donc il y a besoin d'en discuter. Enfin, je voudrais remercier évidemment
17:27la fête de l'humanité, le directeur de l'humanité pour permettre que cette fête soit ce lieu de débat
17:36et puis remercier l'humanité, même si des fois il y a des problèmes de comptage dans les meetings.
17:43On était bien 1600 à Paris et pas 800. Eh bien, on a besoin d'un journal qui porte la
17:52voix
17:52des salariés en lutte. Parce que comme tu l'as dit, quand les journaux appartiennent aux patrons,
17:57de quoi on parle dans les journaux des patrons et pas des salariés qui se battent. Et évidemment,
18:03permettez-moi, après ce remerciement chaleur à l'humanité, de vous inviter à aller à côté
18:11le stand de la NVO parce qu'à la CGT, évidemment, on a notre journal, la NVO, un très bon
18:19dossier.
18:20Je fais de la pub, hein. Vous pouvez voir buter en lisant la NVO, par exemple. La NVO, un très
18:27bon dossier
18:28sur nos axes revendicatifs de cette rentrée, les salaires, la réduction du temps de travail,
18:33les 32 heures. Donc n'hésitez pas, achetez le numéro et abonnez-vous. Merci.
18:58Merci.