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  • il y a 13 heures
Le syndicaliste secrétaire général de la CGT et le directeur de l’Humanité et député au Parlement européen se sont adressés aux militants et aux visiteurs du Forum social de la Fête de l'Humanité 2015 samedi soir à La Courneuve. Jean-Paul Huchon, Président de la région Ile de France, et Patrick Appel-Muller, directeur de la rédaction de l'Humanité, étaient aussi présents lors de cette inauguration.

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Transcription
00:09Chers amis, chers camarades, chers Philippe, c'est toujours un plaisir de se retrouver
00:15chaque année à ce moment-ci de la fête pour, avec vous, inaugurer ce vaste espace
00:23qui, comme cela vient d'être dit, a été considérablement amélioré, élargi, pour que vous puissiez vous sentir mieux, plus
00:34à l'aise,
00:34pour débattre, pour vous détendre, pour vous rencontrer, pour discuter et pour préparer des actions futures, car il y en
00:42a bien besoin.
00:44Nous sommes dans cette fête, dans un contexte particulier, comme cela vient d'être dit, avec l'accueil des réfugiés.
00:55Je crois qu'il faut tirer un grand coup de chapeau, une nouvelle fois, à la CGT, qui a toujours
01:03eu dans ses traditions,
01:05depuis extrêmement longtemps, quand elle accueillait les mineurs italiens, polonais, quand elle accueillait les travailleurs algériens
01:15dans les usines automobiles de la région parisienne et du Nord. C'est une belle tradition, et ce qui vient
01:21d'être annoncé,
01:22c'est-à-dire l'accueil de réfugiés migrants est tout à votre honneur, ce que fait la CGT, là,
01:29comme acte internationaliste
01:33pour souder les travailleurs ici, et ceux qui viennent nous rejoindre et qui ne font que réclamer un droit,
01:40c'est-à-dire le droit d'asile, doit être mis à votre crédit, et loin de ces petits politiciens
01:47qui occupent les pages de certains journaux de droit depuis quelques heures, et de cette déclaration
01:56nauséabonde, nauséabonde, d'un élu qui se prétend élu de la République, d'un parti qui a usurpé
02:02ce nom des Républicains, M. Devetjan, qui vient de dire, en insultant l'Allemagne, en disant
02:09qu'elle, après nous avoir pris nos juifs, elle nous renvoie à nos Arabes. Voilà une déclaration
02:15abcette. Et vous, et vous, ce que vous faites ici, et dans le droit fil de l'histoire, de l
02:25'identité,
02:26de l'action générale de la classe ouvrière pour l'émancipation de notre universelle humanité,
02:34et je vous en félicite.
02:43Cette fête se tient aussi dans ce contexte, vous l'avez sans doute observé ces derniers jours,
02:51et ce n'est pas une bonne nouvelle pour les salariés, les travailleurs, la jeunesse, les
02:57traitées de notre pays, elle se tient dans un contexte où on vient ces dernières semaines
03:05d'apercevoir et de subir un nouvel accaparement des médias par les puissances industrielles
03:16et financières. Et donc, c'est encore un bout du pluralisme de notre pays qui va mourir,
03:22car chacun sait, vous le savez, et j'ai observé ces dernières semaines, la manière dont la
03:31CGT est traitée, dont la manière dont vos premiers responsables, à commencer par
03:36Philippe Martinez, qui fait des rassemblements dans toutes les régions, bizarrement, bizarrement,
03:45alors que vous êtes la première organisation syndicale de France. On dirait que les machines
03:51à écrire de certains journalistes, les micros de radio, les caméras de certaines télévisions
03:59ne captent pas ce que dit la CGT. Par contre, on vient de nous enfiler, comme par hasard,
04:08coup sur coup, dans la même semaine, une multitude de rapports, de prédictions et de discours
04:16avec des spécialistes qui viennent nous expliquer, en long, en large, en travers, que le net plus
04:22ultra de la modernité, après avoir donné des milliards et des milliards aux MEDEF et aux grands
04:28patronats soi-disant pour faire de l'emploi, il faudrait passer à une phase supérieure, c'est-à-dire
04:34qu'il faudrait attaquer le code du travail. Et ils se mettent à beaucoup de monde, d'ailleurs
04:45de couleurs bien différentes, comme les caméléons. Et pour nous expliquer qu'il faut simplifier,
04:53d'autres disent qu'il faudrait révolutionner. En vérité, il n'y a là pas de réforme, il y a
05:01une contre-réforme, il n'y a pas de révolution, il y a une contre-révolution à l'œuvre.
05:06Et une contre-révolution qui attaque la civilisation, car dès lors que dans un pays, on attaque
05:14de cette façon, en ce moment, après les dispositions qui ont été prises, ceci revient à demander
05:24à un recul de civilisation, en mettant les travailleurs à nouveau en situation d'infériorité
05:30par rapport au grand patronat dont on voit qu'il est servi chaque jour de mieux en mieux.
05:37Eh bien, dans ce combat, camarades, vous avez l'humanité à vos côtés, vous aurez l'humanité
05:44à vos côtés, et comme nous l'avons fait cette semaine avec votre secrétaire général
05:49dans l'humanité dimanche, vous aurez page ouverte pour pouvoir vous exprimer et mettre
05:56à bas cette contre-révolution à l'œuvre. Parce que cette contre-révolution, elle se
06:07fait avec et en même temps que cette concentration des médias à l'œuvre. D'ailleurs, vous savez
06:15qu'aujourd'hui, il y a de grandes agences de presse publiques, ils n'ont même plus
06:20de départements pour traiter la question sociale. La plupart des journaux ont des pages économiques,
06:27ils ont même des suppléments économiques, mais de suppléments sociaux, point. Autrement
06:33dit, ils veulent effacer la question sociale de nos consciences. Eh bien, nous, l'humanité,
06:40avec vous, nous allons relever ce défi et nous allons placer la question des souffrances
06:46et des urgences sociales sur le devant de la scène. Dans l'humanité, dans l'humanité,
06:58dimanche, on ne va pas se féliciter demain qu'un patron qui participait hier à une orgie
07:06financière et à qui on vient subitement par une opération du Saint-Esprit de diviser
07:13par deux ces petites opérations chapeau, comme on appelle ça, les petits dividendes qu'ils
07:19reçoivent. Parce que ces messieurs, quand ils partent dans une entreprise, ils ont un billet
07:26et ce sont des billets de 10 000, 100 000, 200 000, 2 millions d'euros. Mais le lendemain,
07:35quand ils embauchent dans l'autre entreprise, ils ont le même billet, c'est-à-dire, ils
07:40passent deux fois la caisse, double récompense, ils ont la prime pour partir et la prime pour
07:47arriver. Mais nous, quand nous sommes licenciés d'une entreprise, on a la double peine, on est
07:52licenciés et on n'a rien après. C'est contre cela que nous nous levons.
07:59Donc, chers amis, vous pouvez continuer à compter sur l'humanité. L'humanité dimanche
08:08et notre plateforme numérique. Nous allons être à vos comptés parce que, quelque part,
08:17depuis quelques mois après sa création par Jean Jaurès et l'équipe qu'il y avait autour
08:23de lui, qu'on appelait l'équipe des agrégés, eh bien, très vite, ils ont fait alliance avec
08:31le mouvement syndical coopératique et mutualiste. Eh bien, c'est ce combat-là que nous poursuivons.
08:36C'est là-dessus que vous pouvez nous faire confiance. L'humanité est votre journal. C'est
08:44un bien public comme la CGT elle-même, votre syndicat qu'il faut défendre, sur lequel il
08:54faut veiller comme à la prunelle de nos yeux. Pas pour nous-mêmes, pas pour vous-mêmes,
09:00pour les travailleurs de notre pays, pour ces jeunes en quête d'avenir, vous aussi,
09:06la CGT, vous êtes un bien public, un bien public à défendre, et nous allons défendre
09:12avec vous.
09:19On est bien là, on est bien. On y est, quoi. Allez, on va enchaîner et on va maintenant
09:31accueillir le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.
09:45Bonjour à toutes et à tous. J'avais remarqué Patrick Le Yarrick pourrait être délégué
09:49de la CGT. J'ai croisé depuis tout à l'heure quelques camarades qui m'ont posé une question.
09:58Alors, ça te fait quoi ta première fête de l'humanité ? Alors, j'ai bien compris la
10:02subtilité de la question, mais évidemment, ce n'est pas ma première fête de l'humanité.
10:07Je crois que ce lieu de rendez-vous, d'action, de lutte, mais en même temps de convivialité,
10:15de fraternité, c'est ce qui symbolise les militants et les syndiqués de la CGT. Oui,
10:21il faut de la lutte, il faut de l'action, mais quand il y a la fête et la convivialité,
10:26c'est d'autant mieux. La lutte, elle est symbolisée par le témoignage d'Olivier.
10:32Voilà. Ceux qui sont attachés à leur entreprise, ce ne sont pas ceux qui les pillent. Ceux qui
10:39touchent les dividendes et qui nous expliquent après qu'il faut faire le tour du monde pour
10:43être efficace, pour livrer un produit. Dans une période où on parle beaucoup d'agriculture
10:47et de circuits courts, ceux qui sont attachés à leur entreprise, ce sont les salariés
10:53et uniquement les salariés. Et l'exemple des freins libres, il doit être porté plus haut,
10:59plus fort par l'ensemble des militaires de la CGT, car non seulement nous avons sauvé
11:05une partie de l'industrie, mais en même temps on a démontré que quand on lutte, on peut
11:10gagner. Il n'y a que ceux qui ne luttent pas qui sont sûrs de perdre. Cet exemple des freins
11:15libres, il y en a d'autres. Il y en a d'autres. Eh bien notre responsabilité vis-à-vis
11:20des
11:20salariés, c'est de montrer que la lutte, elle est toujours importante et elle peut
11:27être synonyme de victoire. Il y a plusieurs camarades qui sont présents sur le forum et
11:32qui peuvent en témoigner. La lutte, c'est aussi montrer que face à ceux qui ne cessent
11:39de nous dire qu'on n'a rien compris, que le monde a changé, qu'on est à contre-courant,
11:45et bien de leur dire, oui on est fier d'être à contre-courant quand c'est pour sauver
11:51des emplois, quand c'est pour le progrès social, parce que le monde qu'il nous présente
11:57comme l'avenir, c'est des millions de chômeurs, c'est des migrants, c'est des salariés
12:02qui dorment dans leur voiture. Eh bien ce monde-là, on n'en veut pas et oui, on est à
12:07contre-courant de ces idées-là, et on en est fiers.
12:17La deuxième chose, c'est la fête de l'humanité, c'est aussi des débats, des débats contradictoires,
12:23il y en a eu un tout à l'heure, où on échange des idées. La fête de l'humanité,
12:28c'est
12:28la démocratie comme on aimerait la voir partout. Des salariés, des citoyens qui discutent,
12:36qui échangent et puis qui décident, et dont on respecte les décisions. Et je pense que
12:42cette année, je pense à ce qui s'est passé en Grèce, mais ce qui se passe tous les jours
12:47dans les entreprises, où on dit aux citoyens, vous pouvez faire ce que vous voulez, vous
12:54pouvez voter ce que vous voulez, dans les entreprises, vous pouvez râler. La démocratie,
12:59c'est la finance qui la décide, et c'est sa loi qui commande. Eh bien, avoir des espaces
13:04de débat, de prise de décision, de prise de décision d'action, eh bien oui, c'est
13:10important, et donc pour la lutte, pour la démocratie, je pense qu'il y a besoin que ces deux
13:17jours, ces trois jours, eh bien s'élargissent et que cette forme de lutte, ces formes d'action,
13:24ces formes de démocratie, on puisse les faire vivre au-delà de ces trois jours, partout
13:29dans le pays, et partout en Europe et dans le monde. Patrick l'a rappelé, la CGT, elle
13:38dit des choses, elle commente, mais elle agit. J'ai parlé des luttes, et je voudrais
13:45insister, moi aussi, sur la question des migrants. Oui, on peut être fier, et d'autres
13:51initiatives sont en cours, que non seulement nous dénonçons la cause de ces populations
13:58qui sont obligées de se déplacer. Évidemment, quand des populations civiles reçoivent des
14:05bombes sur la tête, on n'a pas envie de rester en dessous. Quand des gouvernements
14:10européens contestent la volonté des peuples, notamment au Maghreb, de faire plus de démocratie,
14:18je vous renvoie à quelques déclarations d'une ministre de l'Intérieur de Sarkozy
14:23qui voulait envoyer des troupes et des gendarmes mobiles pour expliquer comment on réprime les
14:30manifestations. Eh bien, quand on est dans cette attitude et qu'on ne favorise pas la démocratie,
14:35oui, on a une responsabilité. C'est scandaleux, le rôle des États européens dans cette histoire
14:43des migrants. Il aura fallu ces images effroyables pour que, d'un seul coup, des dirigeants,
14:53par tweet interposés, ça ressemble plus à de la com' qu'à une volonté de régler
14:57le problème, eh bien, s'occupent de la question des migrants. C'est pas nouveau pourtant.
15:01Il aura fallu ces drames et ce camion de la honte pour que, d'un seul coup, on dise
15:08« Ah ben oui, il faut s'en occuper ». Mais aujourd'hui, s'en occuper, ça veut dire
15:12pour certains combien, de quelle nationalité, et même pire, de quelle religion, de quel
15:19droit on veut faire le tri dans ces migrants. Le droit d'asile est d'un droit qui doit être
15:25reconnu et c'est tous les migrants qui doivent être reconnus. Et la CGT, eh bien oui, on
15:34condamne. On explique, mais quand il faut agir, on est là. Et je félicite donc les camarades
15:41de l'énergie et de la CCS et les autres qui sont en train de construire de dire « Nous,
15:46on parle et on fait et on accueille les migrants ».
15:56Mes chers camarades, donc, je pense que nous allons avoir l'occasion durant toute la fête
16:03au forum social, puis comme on est partageurs ailleurs aussi, d'avoir, de discuter, d'agir.
16:09Vous le savez, nous avons des rendez-vous, on y reviendra le 23 septembre sur les libertés
16:14syndicales. On est quand même dans un pays où se syndiquer, c'est risquer de perdre
16:21son travail, c'est risquer de passer devant les tribunaux. Quand on explique ça sans nommer
16:27un pays, on dit « Mais ça, ça se passe dans une dictature, pas dans un pays démocratique ».
16:32Or, la première cause de non-syndicalisation en France, c'est la peur de la répression.
16:37En France, eh bien, le 23 septembre, nous voulons dire « Le syndicat, l'action syndicale,
16:45ça a une mission d'utilité publique et ça doit être reconnu comme tel ». Arrêtez
16:50de fermer les bourses du travail. Arrêtez de vouloir nous expulser des lieux d'accueil
16:54et des lieux où la CGT est présente et les autres syndicats. Arrêtez d'y censier des délégués
17:00quand ils veulent s'investir. Voilà, notre conception du dialogue social, c'est pas la répression.
17:06Nous avons rendez-vous le 8 octobre, vous le savez, un rendez-vous important, première
17:11journée d'action en cette rentrée. Nous avons pris nos responsabilités, il y a besoin
17:15de l'élargir et nous sommes déterminés à ce que ce 8 octobre soit le début et non
17:21la fin d'un processus. Donc il y a besoin d'en discuter. Enfin, je voudrais remercier évidemment
17:27la fête de l'humanité, le directeur de l'humanité pour permettre que cette fête soit ce lieu de débat
17:36et puis remercier l'humanité, même si des fois il y a des problèmes de comptage dans les meetings.
17:43On était bien 1600 à Paris et pas 800. Eh bien, on a besoin d'un journal qui porte la
17:52voix
17:52des salariés en lutte. Parce que comme tu l'as dit, quand les journaux appartiennent aux patrons,
17:57de quoi on parle dans les journaux des patrons et pas des salariés qui se battent. Et évidemment,
18:03permettez-moi, après ce remerciement chaleur à l'humanité, de vous inviter à aller à côté
18:11le stand de la NVO parce qu'à la CGT, évidemment, on a notre journal, la NVO, un très bon
18:19dossier.
18:20Je fais de la pub, hein. Vous pouvez voir buter en lisant la NVO, par exemple. La NVO, un très
18:27bon dossier
18:28sur nos axes revendicatifs de cette rentrée, les salaires, la réduction du temps de travail,
18:33les 32 heures. Donc n'hésitez pas, achetez le numéro et abonnez-vous. Merci.
18:58Merci.

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