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  • il y a 5 heures
Avec Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, et Edouard Philippe, président d'Horizons. Animé par Julia Hamlaoui cheffe de service de L'Humatinale et Maud Vergnol co-directrice de la rédaction à l'Humanité.

La Fête de l’Humanité sera, cette année encore, le lieu pour débattre librement et en toute franchise. Et parce que le peuple de gauche a besoin de perspectives mobilisatrices.

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Transcription
00:00:04Edouard Philippe a sévi durant le mouvement des gilets jaunes, il a fait couler le sang,
00:00:08il n'a rien à faire ici, c'est un épargneur !
00:00:10C'est un épargneur !
00:00:15Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Lâchez-moi !
00:00:22Lâchez-moi ! Lâchez-moi !
00:00:29On va avoir un vrai débat contradictoire, un vrai débat calme.
00:00:39Allô !
00:00:41Nos deux invités ont accepté de débattre ensemble de manière contradictoire.
00:00:45C'est intéressant pour nous tous d'écouter ce qu'ils ont à nous dire.
00:00:49On écoute Edouard Philippe et Fabien Roussel.
00:00:53Bon, allez, allez ! C'est pas l'esprit de la fête de l'humain ça ! On se détend
00:00:57!
00:00:58Allez ! Allez ! C'est pas l'esprit de la fête de l'humain ça !
00:01:02Bon, on va s'écouter parler. Allez !
00:01:04Merci ! Nous on vous remercie d'être là pour ce débat, pour cette rencontre qui est exceptionnelle.
00:01:09Puisque Edouard Philippe, il a accepté notre invitation à venir débattre.
00:01:15Exceptionnelle ! Parce que c'est pas tous les jours, les amis, qu'un ancien Premier ministre a le courage
00:01:20de venir débattre à la fête de l'humanité.
00:01:22D'autant qu'il est le seul... Voilà ! Merci !
00:01:32Donc, soyez-en encore remerciés !
00:01:36On vous a invités ici à la fête de l'humanité parce que nous, on aime le débat politique pluraliste.
00:01:43Vous incarnez à tous les deux le clivage gauche-droite de la vie politique française et on préfère avoir un
00:01:50vrai débat de fond, argument contre argument, sur les grands enjeux sociopolitiques de cette rentrée, plutôt que les petites phrases
00:01:57superficielles et la violence.
00:01:59Donc, je vous remercie de bien vouloir respecter tous les intervenants de ce débat. Merci !
00:02:05Car ici, comme dans les colonnes du journal, on combat les idées, on combat pas les personnes, et c'est
00:02:12comme ça qu'on fait vivre la démocratie ! Merci !
00:02:21Et je crois que Fabien Roussel avait quelques mots à nous dire préliminaires.
00:02:29Merci ! D'abord, je voulais vous dire que j'ai souhaité, moi ici, j'ai souhaité, j'ai souhaité
00:02:38avoir ce débat avec Édouard Philippe, qui a été Premier ministre pendant le premier quinquennat de Macron,
00:02:46parce que je souhaite avoir le débat devant les Français, devant vous, entre deux projets de société différents, un projet
00:02:56de société de droite et un projet de société de gauche que je porte.
00:03:02Et c'est ce débat-là que nous devons avoir avec les Français pour montrer qu'il y a le
00:03:07choix en France entre la droite et la gauche, et que ce débat, c'est le plus beau débat que
00:03:14nous devons avoir dans le respect des uns et des autres.
00:03:20Retrouvons ce goût du débat, retrouvons ce goût du débat entre la gauche et la droite, et montrons que la
00:03:28seule issue dans ce pays, c'est que les Français décident, et la gauche, oui, je veux la représenter ici
00:03:35avec vous, et avec d'autres.
00:03:37C'est pour ça qu'avec Édouard Philippe, je le dis ici pour commencer, nous avons eu à affronter une
00:03:45période de l'histoire de notre pays difficile, pendant la pandémie, justement.
00:03:51Il était Premier ministre, j'étais député et secrétaire national du Parti communiste français.
00:03:58Ce que nous avons vécu tous ensemble, avec cette pandémie, est quelque chose d'extrêmement grave, et que jamais l
00:04:06'humanité n'avait connu avant.
00:04:08Et je veux reconnaître une chose, c'est qu'Édouard Philippe, Premier ministre, a dû prendre des décisions difficiles, comme
00:04:15nous, députés, sénateurs, au Parlement, nous avons dû prendre des décisions difficiles.
00:04:22Et nous avons, et nous l'avons fait, dans le débat, dans le débat, dans des nuits interminables, à l
00:04:32'Assemblée nationale, comme au Sénat, nous n'étions pas toujours d'accord, nous étions même parfois opposés.
00:04:40Nous avons vu comment nos services publics étaient en souffrance, mais les décisions qu'il a fallu prendre, à ce
00:04:46moment-là, étaient extrêmement difficiles,
00:04:48et je veux bien reconnaître une chose à Édouard Philippe, c'est d'avoir toujours concerté le Parlement, d'avoir
00:04:55toujours concerté les chefs de parti, et ça, oui, je lui reconnais.
00:05:01Alors, merci Fabien Roussel pour ces quelques mots préliminaires. On reviendra sur la question démocratique en fin de débat.
00:05:10Mais pour commencer à rentrer dans le vif du sujet de cette confrontation de projet contre projet, on voulait aborder
00:05:17un thème qui a beaucoup nourri cette fête de l'humanité,
00:05:22les débats, mais aussi dans les allées et pour cause. Cette rentrée est particulièrement difficile financièrement pour une grande partie
00:05:32des Français.
00:05:32Les associations, vous l'avez tous entendu ici, comme le Secours Populaire ou les Restos du Coeur, ont alerté encore
00:05:42très récemment sur l'explosion du nombre de familles
00:05:45qui ont recours à l'aide alimentaire, qu'elles n'arrivent tout simplement plus à se nourrir.
00:05:51Du côté du gouvernement, on a annoncé la négociation avec les distributeurs pour bloquer les prix, voire les baisser sur
00:05:595 000 produits, pour maintenir le prix du carburant sous les 2 euros.
00:06:03Il y a aussi cette conférence sociale, on y reviendra aussi après, sur les bas salaires qui ont été annoncées.
00:06:09Notre première question, Edouard Philippe, est-ce que ces mesures vous paraissent à la hauteur de la situation ?
00:06:17D'abord, je voudrais vous remercier de m'accueillir et vous dire que je suis extrêmement heureux d'être à
00:06:31la fête de l'UMA.
00:06:32C'est pour moi la première, mais je sais que c'est une institution et je veux vous remercier de
00:06:36cette invitation.
00:06:36C'est la première chose. La deuxième chose, c'est que vous avez raison de commencer sur la question de
00:06:47l'inflation et de la rentrée.
00:06:49Merci. Je pense que vous avez raison. Et au-delà de la question que vous posez, j'ai été très
00:06:56frappé par ce que j'entends depuis la rentrée,
00:06:59et depuis d'ailleurs plusieurs mois. Moi, j'ai l'impression que tout se passe et tout ça est très
00:07:04inquiétant,
00:07:05comme si on arrivait à une espèce de fin de la société du travail. Parce que ce que j'entends
00:07:10au Havre,
00:07:12ce que me disent les gens que je croise au Havre et ailleurs, c'est quand on travaille,
00:07:19quand on fait ce qu'on doit faire dans son boulot, eh bien même en travaillant, on n'y arrive
00:07:27plus.
00:07:28Ça veut dire que les Français qui nous disent souvent qu'il n'y a pas assez de différence entre
00:07:33le travail et le non-travail,
00:07:35les Français qui me disent souvent qu'on ne comprend pas l'échelle des salaires dans le monde du travail.
00:07:40Il y a des gens qui gagnent tellement d'argent par rapport à des gens qui font des choses tellement
00:07:44utiles.
00:07:44Ils disent maintenant, en travaillant normalement, en faisant ce qui est digne,
00:07:50on n'arrive plus à évoluer dans son niveau de vie, on n'arrive plus à s'en sortir.
00:07:54Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'un des fondements, et franchement le dire devant
00:08:00des communistes,
00:08:01je suis parfaitement à l'aise de le dire, un des fondements de notre organisation sociale.
00:08:07C'est-à-dire que par un travail sérieux et digne, on arrive à vivre.
00:08:11Ce fondement-là, il est en train d'être grignoté et il est en train de tomber.
00:08:15C'est une très mauvaise nouvelle. Alors qu'est-ce qu'on fait ?
00:08:19D'abord, il y a des choses qu'on ne fait pas. Je suis personnellement, et je suis parfaitement sûr
00:08:30que je ne vais pas convaincre en disant cela, mais je suis certain qu'il y a des mauvaises solutions.
00:08:38Et une des mauvaises solutions, c'est toujours le blocage des prix.
00:08:44Et je sais que c'est très populaire parfois de se dire, en bloquant un prix, on va éviter quelque
00:08:49chose,
00:08:49on va éviter l'augmentation de ce prix. On va bloquer les loyers et on va éviter la dérive des
00:08:54loyers.
00:08:54On va bloquer les prix de l'essence. En général, quand on bloque les prix, à moyen terme, la solution
00:09:01est pire.
00:09:01Moi, je pense que la solution, elle est dans une transformation du lien entre le salarié et l'entreprise.
00:09:08Il y a des choses auxquelles je crois. Je pense que le salarié aujourd'hui, les salariés dans les entreprises,
00:09:13ils ne sont pas, et loin s'en faut, suffisamment associés au fonctionnement de l'entreprise
00:09:18et suffisamment associés aux bénéfices de l'entreprise.
00:09:21Donc je suis convaincu que si on veut sauver la société du travail,
00:09:25ça passe par une transformation entre le salarié et l'entreprise.
00:09:30Alors, continuons sur cette question. Vous dites, Edouard Philippe, même un travaillant n'y arrive plus.
00:09:35Vous, Fabien Roussel, lors de la rencontre avec Emmanuel Macron,
00:09:40qu'ont eu les responsables de parti à la fin de l'été,
00:09:43vous avez plaidé pour l'indexation des salaires sur l'inflation.
00:09:47Pourquoi cette solution passe-t-elle, la solution, pardon, passe-t-elle à vos yeux,
00:09:52notamment par l'augmentation des salaires ?
00:09:56D'abord parce que, contrairement à Edouard Philippe, je pense que l'inflation aujourd'hui,
00:10:04c'est véritablement le fléau qui mine le plus le pouvoir d'achat de nos concitoyens.
00:10:10S'attaquer à la vie chère, c'est d'abord par bloquer les prix que les Français aujourd'hui voient
00:10:16augmenter
00:10:17alors que les salaires et les retraites stagnent.
00:10:21Oui, je suis partisan d'une politique où l'État intervient pour bloquer les prix,
00:10:29baisser la TVA sur les produits de première nécessité, là où elle est encore à 20%,
00:10:33baisser les taxes sur l'essence et bloquer les marges de ces grandes entreprises
00:10:39qui aujourd'hui se gavent sur notre dos.
00:10:47Ça, bloquer les prix, bloquer les marges, c'est agir sur l'inflation.
00:10:53Deuxième chose.
00:10:55Pardon Fabien, j'entends ce que tu dis.
00:11:02En Espagne, on a baissé la TVA sur les produits de première nécessité, on l'a mise à zéro.
00:11:08Pardon, mais l'évolution des prix alimentaires, notamment quand on a baissé la TVA en Espagne à zéro,
00:11:14ça a été 10 à 15% d'inflation, tout pareil.
00:11:17La vérité, c'est que quand tu mets la TVA à zéro, tu laisses des industriels,
00:11:21tu laisses des distributeurs, tu laisses des entreprises réaugmenter et refaire leur marge.
00:11:26Ça n'arrête pas l'inflation, ça n'a pas marché en Espagne.
00:11:29Et c'est bien pour ça qu'il y a d'autres mesures à mettre en œuvre.
00:11:33C'est bien pour ça qu'il y a d'autres mesures à mettre en œuvre.
00:11:36Parce qu'on peut baisser la TVA et avoir des groupes qui continuent d'appliquer des plis élevés
00:11:42et qui, quelque part, la récupèrent, cette baisse de TVA.
00:11:46Et donc, nous demandons à ce que l'État intervienne dans la répartition des marges
00:11:52depuis le paysan jusqu'au consommateur.
00:11:56De la fourche à la fourchette, chacun doit être rémunéré correctement, filière par filière.
00:12:04Aujourd'hui, ce sont les grandes boîtes de l'industrie alimentaire, les grandes surfaces
00:12:14qui dictent le jeu, imposent les prix, imposent les marges, des marges énormes.
00:12:22Et ce sont les paysans qui en souffrent et ce sont les consommateurs qui payent ces marges.
00:12:27Donc je demande l'intervention de l'État pour mettre en place un prix rémunérateur entre chacun
00:12:34et faire en sorte que le paysan ait droit à un bon salaire et que le consommateur ne soit pas
00:12:40taxé à la fin.
00:12:41Mais j'ajoute autre chose. Ça ne suffira pas.
00:12:44Dans les prix de l'inflation aujourd'hui, il y a les marges que se font les industriels.
00:12:5046% de l'inflation est provoquée par les marges de l'industrie.
00:12:55C'est le FMI qui le dit. Ce n'est pas l'humanité, l'humanité de la relayer, mais c
00:13:00'est le FMI qui le dit.
00:13:01Mais il faudra agir sur d'autres leviers.
00:13:04Il y a d'abord l'inflation provoquée par les prix de l'énergie.
00:13:08Baissons les prix de l'électricité et du gaz.
00:13:11Retrouvons notre souveraineté énergétique et nous aiderons toute l'économie française
00:13:17à baisser les prix qui reviennent dans nos assiettes.
00:13:21Et enfin, enfin, il ne faut pas agir que sur les prix.
00:13:26Il faut agir sur les salaires, sur les retraites.
00:13:29C'est par là qu'il faut commencer.
00:13:32Indexons les salaires et les retraites sur l'inflation.
00:13:35Ça se fait dans d'autres pays de l'Union européenne.
00:13:38Et ça marche.
00:13:40Et ça ne fait pas que l'inflation est plus importante en Belgique, où ça se pratique.
00:13:45Et donc aujourd'hui, ce ne sont pas les salaires qui sont responsables de l'inflation.
00:13:50Augmentez les salaires, augmentez les retraites, indexez-les sur l'inflation.
00:13:55Et là, nous réparerons beaucoup du pouvoir d'achat perdu par les salariés et pas les retraités.
00:14:01Edouard Philippe, si vous permettez, une question justement sur les salaires.
00:14:04Parce que je crois que vous l'avez affirmé lors des universités d'été de votre formation politique,
00:14:08que le travail ne paie plus.
00:14:10Est-ce que vous partagez cette idée de Fabien Roussel d'une augmentation des salaires ?
00:14:14Est-ce que vous jugez qu'elle est nécessaire ?
00:14:15Et si oui, quel rôle peut jouer l'Etat ?
00:14:17Je veux dire trois choses rapides en réponse à ce que vient de dire Fabien Roussel.
00:14:21La première, quand il évoque la question des marges dans l'industrie,
00:14:24et essentiellement dans l'industrie agroalimentaire.
00:14:28La question du prix de production, la question du prix de la production,
00:14:32qui est une vraie question pour les agriculteurs, merci.
00:14:35La question du prix de production et la question du prix aux distributeurs.
00:14:37On a essayé de la régler dans une loi qui a été discutée en 2017,
00:14:41en 2018 en l'occurrence, qui était la loi EGalim.
00:14:43C'était d'ailleurs changer le mécanisme de formation du prix.
00:14:46On a essayé de faire ça.
00:14:47Et on a essayé de faire à peu près le mécanisme qui vient d'être descrit.
00:14:51Et je pense qu'on n'est pas très loin, en vérité,
00:14:58d'inverser la façon dont on constitue le prix.
00:15:00Je ne suis pas sûr que ce soit à l'Etat de faire la répartition de la marge.
00:15:03Mais je suis certain qu'il faut construire le prix à partir du prix proposé par l'agriculteur.
00:15:10Première chose.
00:15:11Deuxième chose sur l'énergie.
00:15:14On ne va pas être d'accord souvent,
00:15:16mais je pense qu'on n'est pas très loin d'être d'accord sur l'énergie.
00:15:19Je pense qu'on n'est pas très loin d'être d'accord sur l'énergie
00:15:25quand on pense qu'on doit avoir une souveraineté de production
00:15:31fondée en grande partie sur l'énergie nucléaire
00:15:34qui permet de produire une électricité à bas prix et de façon constante,
00:15:39mais aussi sur le développement des énergies renouvelables.
00:15:41Je sais qu'il y a des gens qui pensent qu'il ne faut rien de nucléaire, tout en renouvelable.
00:15:46Ce n'est pas ce que je crois.
00:15:47Je pense même que c'est une vue de l'esprit.
00:15:48Mais je sais qu'il y a aussi des gens qui pensent qu'il ne faut que du nucléaire.
00:15:51Il y en a de mon côté.
00:15:53Qui pensent qu'il ne faut que du nucléaire et pas d'énergie renouvelable.
00:15:57Et je pense que ce n'est pas non plus la bonne solution.
00:15:58On a intérêt à plutôt équilibrer, si j'ose dire, les facteurs de production.
00:16:02Là-dessus, on peut se retrouver, ou plus exactement,
00:16:04là-dessus, on peut, non pas se retrouver,
00:16:08mais on peut faire valoir vis-à-vis des autres pays européens
00:16:10la spécificité du modèle français.
00:16:12Et on n'a sans doute pas assez fait valoir cette spécificité du modèle français,
00:16:16et je veux bien en prendre ma part.
00:16:17Mais on n'a pas assez fait valoir cette spécificité du modèle français.
00:16:21La troisième chose, sur les salaires,
00:16:23on peut se dire,
00:16:24on peut se dire,
00:16:26on peut se dire, Fabien,
00:16:27il faut augmenter les salaires.
00:16:29Ok, il faut augmenter les salaires.
00:16:30Il faut augmenter les pensions.
00:16:31Ok, il faut augmenter les pensions.
00:16:33Il faut augmenter d'ailleurs tout, autant que l'inflation.
00:16:35Le risque qu'on a, à la fin,
00:16:38c'est que,
00:16:40à force d'augmenter
00:16:41à chaque fois qu'il y a inflation,
00:16:43on auto-alimente l'inflation.
00:16:44Et on ne sait pas arrêter ça.
00:16:46Et à la fin, tout le monde le paye.
00:16:47On ne sait pas arrêter ça.
00:16:49Et à la fin, tout le monde le paye.
00:16:51Et donc, je ne dis pas qu'il ne faut pas augmenter.
00:16:54Je ne dis pas qu'il ne faut pas les augmenter.
00:16:56Je dis qu'à la fin,
00:16:57ceux qui paieront la boucle inflation-salaire,
00:17:00c'est toujours les plus modestes.
00:17:01À la fin,
00:17:02c'est toujours eux qui paieront plus.
00:17:03Alors, merci beaucoup.
00:17:05On l'a dit au début,
00:17:06on s'écoute, c'est coupé.
00:17:08Justement, c'est intéressant.
00:17:10C'est intéressant parce que c'est un vrai débat de fond
00:17:13qu'il faut avoir.
00:17:14Et du coup, on voulait aussi entendre Fabien Roussel là-dessus
00:17:17puisqu'Édouard Philippe pointe le risque
00:17:20d'une spirale prix-salaire.
00:17:24Vous le disiez, il y a quelques minutes,
00:17:26le FMI dit que l'inflation vient quand même en particulier
00:17:29pour ce qui est de l'inflation en ce moment
00:17:32du côté des profits.
00:17:35En France, le tableau est identique.
00:17:38Même des économistes le confirment
00:17:43et pas forcément des économistes hétérodoxes.
00:17:46Donc, face à les arguments qu'avance Édouard Philippe,
00:17:51que préconisez-vous de faire?
00:17:53C'est simple, en 2027, il y aura deux projets.
00:17:56J'anticipe.
00:17:59Il y aura le...
00:18:00N'excluons pas qu'il y en ait plus que deux.
00:18:02Oui.
00:18:03Il y aura au moins deux très différents.
00:18:07Le vôtre, où vous annoncerez donc aux Français
00:18:11pas d'augmentation de salaire,
00:18:13pas d'augmentation de retraite.
00:18:14Et le nôtre à gauche, où nous dirons tous ensemble
00:18:17les salaires vont tous augmenter.
00:18:1910% d'augmentation du point d'indice
00:18:22pour les fonctionnaires et les agents de la fonction publique,
00:18:25indexation des salaires sur l'inflation
00:18:28pour tous les salariés du privé.
00:18:30Voilà les deux projets que les Français devront choisir.
00:18:34Et ça, c'est un vrai débat de fond.
00:18:37Parce qu'à partir de là, on discutera.
00:18:41Vous, vous discuterez comment les Français vont vivre de leur travail
00:18:45sans augmenter les salaires.
00:18:48Comment les Français vont vivre avec de si maigres retraites
00:18:51quand ils voient l'électricité augmenter.
00:18:53Les mutuelles, c'est 100 à 150 euros par mois pour les retraités.
00:18:58Comment ils vont faire pour vivre ?
00:18:59Et vous allez devoir expliquer.
00:19:01Et moi, je vais expliquer comment on va les augmenter,
00:19:04les salaires des fonctionnaires dans le privé.
00:19:07Comment on va aider les petites entreprises
00:19:09à ce que ces hausses de salaires ne participent pas
00:19:13à la boucle inflationniste.
00:19:14Comment l'argent public va aider les petites entreprises
00:19:18mais n'ira plus vers les grosses entreprises
00:19:21qui se gavent et distribuent des dividendes.
00:19:24Nous allons reprendre la main sur l'argent public
00:19:29pour qu'ils servent d'abord ceux qui en ont besoin,
00:19:34les petites boîtes, les services publics, les fonctionnaires,
00:19:38mais qu'ils ne servent plus à alimenter les grands groupes du CAC 40
00:19:42qui n'ont jamais gagné autant de dividendes.
00:19:46C'est une autre logique.
00:19:49Quand nous faisons des propositions pour la hausse des salaires,
00:19:53pour la hausse des retraites, elles sont chiffrées.
00:19:56Notre pays n'a jamais été aussi riche.
00:19:59Il n'a jamais produit autant de richesses.
00:20:02Nous demandons tout simplement dans notre projet de gauche
00:20:05que ces richesses reviennent à celles et ceux qui les produisent.
00:20:09Que nous puissions décider à quoi servent ces richesses
00:20:12et à ce que le travail nous permette de vivre,
00:20:17de sortir, d'aller au cinéma, au théâtre, au resto, au bistro et d'en profiter.
00:20:23C'est ça la vie.
00:20:26Et cet argent, nous voulons même que les salariés décident dans les entreprises
00:20:32comment le fruit de leur richesse doit être mieux utilisé.
00:20:37Et ça, c'est une révolution démocratique importante que nous voulons faire.
00:20:42Mais vous voyez, ces deux projets de société,
00:20:45ils sont radicalement différents.
00:20:47Et j'entends déjà Édouard Philippe nous dire
00:20:50« Bon, les salaires, ils peuvent encore augmenter,
00:20:53mais on va toujours baisser les cotisations, les charges. »
00:20:59Et ce projet d'augmenter les salaires en baissant les cotisations,
00:21:04ce que défend d'ailleurs Marine Le Pen aussi,
00:21:07est un projet qui tue la sécurité sociale.
00:21:10Et nous, nous défendons la sécurité sociale,
00:21:13nous défendons des salaires avec des cotisations,
00:21:16parce que ces cotisations, c'est notre protection sociale.
00:21:24Alors Édouard Philippe, sans surprise,
00:21:27vous allez répondre quoi à Fabien Roussel ?
00:21:29La dette, la dette, la dette ?
00:21:36Ben, je vais vous dire...
00:21:39Je vais vous dire...
00:21:42Si je pense que c'est un sujet, je vais le dire.
00:21:45Et la vérité, c'est que je pense que c'est un énorme sujet.
00:21:48Je pense que c'est un énorme sujet.
00:21:51Je pense que nos amis grecs,
00:21:55six mois avant la faillite,
00:21:59ils ne l'ont pas vue venir.
00:22:01Et une fois qu'elle était là,
00:22:03ils ont bien compris ce qu'elle leur coûtait à tous.
00:22:06Donc bien sûr que oui, c'est un sujet.
00:22:08Je ne dis pas que c'est le seul sujet,
00:22:09je ne dis pas que c'est le plus important.
00:22:10Je dis que ne pas le voir, la question de la dette,
00:22:13c'est littéralement se tirer des balles dans le pied.
00:22:16Et avec enthousiasme même.
00:22:18Donc, bien sûr qu'il faut faire attention.
00:22:20Et bien sûr qu'il faut faire attention
00:22:21à la compétitivité de l'économie française.
00:22:23Et bien sûr qu'il faut faire attention
00:22:25à ce que la petite boîte dont parle Fabien,
00:22:27qui parfois fait une bonne partie
00:22:28de son chiffre d'affaires à l'étranger,
00:22:30qui sert une grande boîte,
00:22:32qui, elle, gagne pour l'essentiel sa vie à l'étranger,
00:22:34elle soit simplement compétitive.
00:22:36Et on peut dire que ce n'est pas le vrai monde,
00:22:37mais tous ceux qui bossent ici,
00:22:39ils savent très bien qu'il faut quand même
00:22:41faire attention à ça.
00:22:42Et donc, il faut qu'on arrive à trouver une solution
00:22:43qui préserve notre modèle.
00:22:45Il ne s'agit pas de le faire tomber,
00:22:46mais enfin, il s'agit de le faire durer.
00:22:48Quand, à la fin de son intervention, Fabien dit,
00:22:51il faut donc qu'à l'intérieur de l'entreprise,
00:22:53on puisse trouver des façons
00:22:54de s'associer sur la décision.
00:22:56Pardon, mais j'ai terminé par ça aussi.
00:22:58Alors, ce n'est peut-être pas la même façon,
00:22:59mais faire en sorte que par l'intéressement,
00:23:02par la participation,
00:23:03en allant beaucoup plus loin
00:23:04sur la distribution du capital dans les entreprises,
00:23:06on arrive à associer le fonctionnement,
00:23:09la stratégie, la création de richesses aux salariés,
00:23:12ça me paraît une bonne solution pour répondre à ça.
00:23:15Et par ailleurs, je confirme à Fabien,
00:23:17au cas où il en douterait,
00:23:18mais je sais qu'il n'en doute pas,
00:23:19que moi aussi, mon objectif,
00:23:21c'est de faire en sorte
00:23:21que les Français puissent profiter de la vie.
00:23:24Moi aussi, mon objectif,
00:23:25c'est de faire en sorte
00:23:25qu'ils puissent aller au resto.
00:23:28Le resto, il n'est pas de gauche,
00:23:29il n'est pas de droite.
00:23:29Et quand j'entends des gens de gauche
00:23:31qui disent à Fabien Roussel,
00:23:32le resto, ce n'est pas un objectif de vie,
00:23:34c'est peut-être pas un objectif de vie,
00:23:35mais c'est un plaisir de l'existence.
00:23:36Donc on a le droit aussi
00:23:37d'essayer de faire en sorte
00:23:38de créer une France
00:23:39qui soit prospère de ce point de vue-là.
00:23:42Voilà.
00:23:46Donc, effectivement,
00:23:47pas forcément de la même façon,
00:23:48peut-être que vous en direz un mot,
00:23:50mais surtout, je vous ai entendu dire
00:23:51un aparté, la dette.
00:23:53La dette, la dette ?
00:23:53Vous vous posez la question.
00:23:54Du coup, quel...
00:23:55Ah oui ?
00:23:55Ce que vous opposez aussi
00:23:57à ce discours libéral
00:23:58qui dit l'Etat ne peut pas tout
00:24:00à cause de la dette,
00:24:01mais comment on fait concrètement, du coup ?
00:24:02Mais moi, je ne veux pas
00:24:04dire aux Français
00:24:06que demain,
00:24:07si je suis président de la République,
00:24:10que la dette,
00:24:11ce n'est pas un problème
00:24:12et qu'on ne va pas la payer,
00:24:14ce ne serait pas responsable,
00:24:16y compris auprès de ceux
00:24:17auprès de qui on s'endette.
00:24:19La question,
00:24:20c'est tout seul...
00:24:22La seule chose que j'ai envie de dire,
00:24:23c'est que quand il y a
00:24:243 015 milliards d'euros de dette,
00:24:27qu'on nous agite
00:24:28comme une clochette devant nous
00:24:30pour nous dire
00:24:31qu'il faudra la payer,
00:24:32il faut accepter des efforts,
00:24:33moi, je dis ça,
00:24:35c'est terminé.
00:24:35Moi, président de la République,
00:24:37la dette,
00:24:38je vais la sortir,
00:24:39je vais l'agiter
00:24:40comme une clochette,
00:24:41mais devant les 500
00:24:42plus grandes fortunes de France,
00:24:44devant les entreprises du CAC 40,
00:24:46devant celles et ceux
00:24:47qui n'ont jamais gagné
00:24:48autant d'argent.
00:24:49Et je vais leur dire,
00:24:50à vous de la payer un peu,
00:24:52la dette,
00:24:53contribuez,
00:24:54participez,
00:24:55quelle est votre part
00:24:56dans l'effort
00:24:57de redressement
00:24:58de la nation ?
00:24:59Pourquoi c'est toujours
00:25:00les petits
00:25:01qui payent
00:25:02et jamais les gros
00:25:03qui la payent la dette ?
00:25:04Quand j'entends
00:25:05le président de la République,
00:25:07M. Macron,
00:25:08nous dire
00:25:08que dans le budget
00:25:09qu'il va nous présenter
00:25:10à la fin de l'année,
00:25:12qu'il va falloir trouver
00:25:1215 milliards d'euros
00:25:13pour réduire la dette,
00:25:1515 milliards d'euros,
00:25:17et il nous dit
00:25:18qu'on va augmenter
00:25:19les ordonnances médicales,
00:25:21on va augmenter
00:25:22les franchises
00:25:22sur les médicaments,
00:25:23et ils envisagent même
00:25:25d'augmenter les taxes
00:25:26sur l'alcool.
00:25:27Pourquoi pas ?
00:25:28Et pourquoi pas ?
00:25:29Pourquoi ils n'augmentent pas
00:25:30les taxes sur le caviar,
00:25:32sur les yachts,
00:25:33sur les jets ?
00:25:34Pourquoi ils ne rétablissent pas
00:25:35l'ISF ?
00:25:36Pourquoi ils n'augmentent pas ?
00:25:37Enfin,
00:25:39c'est toujours
00:25:40les ouvriers,
00:25:41les enseignants,
00:25:42les aides-soignants,
00:25:43c'est toujours nous
00:25:44qui payons.
00:25:45Que les gros
00:25:46payent gros,
00:25:47que les petits
00:25:48payent petit.
00:25:49Voilà la leçon
00:25:51que nous avons retenue.
00:25:53Alors,
00:25:54on parlait à l'instant
00:25:56des difficultés
00:25:57de la rentrée
00:25:58sur la question
00:25:59du pouvoir d'achat.
00:26:00Vous vous êtes exprimés
00:26:01l'un et l'autre dessus.
00:26:02Leur avance,
00:26:03on voulait aussi avancer
00:26:05dans ce débat
00:26:05parce qu'il y a
00:26:06un autre enjeu fondamental
00:26:09qu'on a rencontré
00:26:10ici à la fête
00:26:11de l'Humanité
00:26:11également ce week-end.
00:26:13De nombreux salariés
00:26:14sont également touchés
00:26:15de plein fouet
00:26:16par la désindustrialisation.
00:26:18Ici,
00:26:19on pense aux Val-d'une
00:26:20qui sont les derniers
00:26:21à fabriquer
00:26:21des roues pour les trains
00:26:22en France,
00:26:23à ceux des papeteries
00:26:25Condat
00:26:25qui se battent
00:26:26pour sauver
00:26:26leurs lignes de production,
00:26:27à ceux qui étaient
00:26:28encore avec nous
00:26:29hier sur la grande scène
00:26:31de la fête
00:26:31de l'Humanité,
00:26:32les Clestras.
00:26:36Excusez-moi.
00:26:37Alors,
00:26:38garantir la souveraineté
00:26:40industrielle
00:26:41de la France
00:26:41est un discours en vogue.
00:26:43On l'entend
00:26:43très régulièrement,
00:26:44parfois sans traduction
00:26:46très concrète.
00:26:47Donc,
00:26:48on voulait vous entendre
00:26:49là-dessus.
00:26:49Edouard Philippe,
00:26:50d'abord,
00:26:50quel regard vous portez
00:26:51sur le bilan
00:26:53industriel de la France
00:26:54lorsque vous étiez
00:26:54aux commandes
00:26:55et qu'est-ce que
00:26:55vous préconisez
00:26:56aujourd'hui ?
00:26:58Je suis maire du Havre
00:26:59et je suis maire
00:27:00d'une ville
00:27:00qui a été frappée
00:27:01dans les années 70
00:27:02et surtout dans les années 80
00:27:04par la désindustrialisation.
00:27:06Une désindustrialisation
00:27:08massive
00:27:08et qui a été
00:27:09évidemment
00:27:09à l'origine
00:27:10d'une paupérisation
00:27:12et d'un appauvrissement
00:27:13collectif.
00:27:17Je suis convaincu
00:27:18qu'une des voies
00:27:19du succès de la France
00:27:20c'est de se réindustrialiser.
00:27:23Et ce n'est pas
00:27:23une conviction
00:27:24que je mets simplement
00:27:25dans le débat
00:27:25en disant
00:27:26ce serait bien.
00:27:27C'est la raison
00:27:28pour laquelle
00:27:28quand j'étais Premier ministre
00:27:30et après que je suis parti
00:27:32toute une série de mesures
00:27:33ont été faites
00:27:33pour faire en sorte
00:27:34qu'il y ait plus
00:27:35d'investissement industriel
00:27:36en France.
00:27:36De l'investissement industriel
00:27:37de boîtes françaises
00:27:39de l'investissement industriel
00:27:40de boîtes étrangères
00:27:41mais de l'investissement industriel
00:27:43en France.
00:27:44Il se trouve
00:27:45je ne vous demande pas
00:27:46de donner un blanc-seing
00:27:47sur tout ce qu'on a fait
00:27:48mais il se trouve
00:27:49que depuis 2018
00:27:50on a ouvert
00:27:51plus de boîtes industrielles
00:27:52qu'ils ne s'en sont fermées.
00:27:54Il se trouve
00:27:54que depuis 2018
00:27:57nous sommes
00:27:58le pays d'Europe
00:27:59le plus attractif
00:28:00pour les investissements
00:28:01industriels.
00:28:02Il se trouve
00:28:02que ce que je vois
00:28:03au Havre
00:28:04c'est le développement
00:28:05important
00:28:06d'investissements industriels
00:28:07et d'emplois industriels.
00:28:09J'ai plus d'emplois industriels
00:28:10aujourd'hui au Havre
00:28:11que j'en avais
00:28:11il y a 5 ans.
00:28:12Donc ça veut dire
00:28:13que cette reconquête
00:28:14industrielle
00:28:14elle est possible
00:28:15et elle est difficile.
00:28:17Elle est difficile
00:28:17pourquoi ?
00:28:18Parce qu'on a des sujets
00:28:19de formation
00:28:20de formation
00:28:22de techniciens
00:28:22de formation
00:28:23de femmes et d'hommes
00:28:24qui sont capables
00:28:25de travailler
00:28:26dans l'industrie.
00:28:27Pourquoi est-ce qu'on a fait
00:28:28une réforme de l'apprentissage ?
00:28:29Et pourquoi est-ce que
00:28:30je défends cette réforme
00:28:31de l'apprentissage ?
00:28:32Et pourquoi est-ce que
00:28:33cette réforme de l'apprentissage
00:28:34elle a permis
00:28:35de faire passer
00:28:35le nombre d'apprentis
00:28:36à plus de 700 000
00:28:38là où ils étaient
00:28:39à 350 000
00:28:39quand je suis devenu
00:28:40Premier ministre ?
00:28:41Parce que c'est la voie royale
00:28:42pour entrer dans l'industrie.
00:28:43C'est la voie royale
00:28:44pour trouver un emploi.
00:28:46C'est la voie royale
00:28:46pour être formé.
00:28:48Donc plus d'investissement
00:28:49industriel en France,
00:28:51plus d'attractivité
00:28:52des investissements,
00:28:53plus de formation
00:28:54et de capacité
00:28:55à arriver rapidement
00:28:57et dans de bonnes conditions
00:28:58pour réussir sa vie professionnelle
00:28:59dans l'entreprise.
00:29:00Ça me paraît
00:29:01indispensable.
00:29:02Et honnêtement
00:29:03sur ce sujet,
00:29:04on a des résultats.
00:29:06Est-ce qu'il faut
00:29:07les poursuivre ?
00:29:08Est-ce qu'ils devraient
00:29:08être meilleurs ?
00:29:08On a tout à fait le droit.
00:29:09Mais on a des résultats.
00:29:10Je prétends,
00:29:11chiffre à la pluie,
00:29:12que la situation industrielle
00:29:13du pays aujourd'hui
00:29:14est meilleure qu'il y a 5 ans.
00:29:16Alors du coup,
00:29:17sur cette question
00:29:19de la réindustrialisation,
00:29:20d'abord sur le constat,
00:29:21j'imagine qu'il y a sans doute
00:29:22des nuances
00:29:24avec ce que dit
00:29:25Edouard Philippe.
00:29:25Et puis on a entendu
00:29:26l'attractivité de la France,
00:29:28c'est un élément clé
00:29:29du discours libéral
00:29:29auquel vous vous opposez,
00:29:31Fabien Roussel.
00:29:32La France doit pourtant
00:29:33composer avec le dumping
00:29:36fiscal et social
00:29:37dans lequel elle évolue.
00:29:39Comment dès lors
00:29:40concilier réindustrialisation
00:29:42et au niveau de droits
00:29:45sociaux et environnementaux ?
00:29:46D'abord,
00:29:48s'il y a aujourd'hui
00:29:50plus d'usines et d'industries
00:29:52qui se relocalisent
00:29:53et c'est une réalité,
00:29:55c'est qu'il ne faut pas oublier
00:29:57qu'il y a une crise
00:29:58pandémique énorme
00:30:00qui a secoué l'humanité
00:30:01et qui a fait un choc,
00:30:03y compris chez les capitalistes
00:30:04et les libéraux,
00:30:05qui se sont dit
00:30:06« Merde,
00:30:07on a tout envoyé
00:30:08à l'étranger,
00:30:09en Asie,
00:30:10en Amérique latine. »
00:30:12Ça a commencé en 18-19 ?
00:30:14Non.
00:30:14Ah si,
00:30:15ça a commencé en 18-19.
00:30:1640 000 emplois industriels
00:30:18sous le mandat
00:30:20du Premier ministre
00:30:21Edouard Philippe.
00:30:2240 000 emplois industriels
00:30:24supprimés.
00:30:25Je l'ai vécu
00:30:27dans ma chaire
00:30:28avec les Bridgestones,
00:30:29je l'ai vécu
00:30:30avec toutes ces boîtes
00:30:33que j'ai rencontrées
00:30:33et je vais vous dire pourquoi.
00:30:35Mais je vais vous dire pourquoi.
00:30:38Ce que j'ai vécu
00:30:39et qu'on risque encore
00:30:40de vivre,
00:30:41justement.
00:30:42Il y a des entreprises
00:30:43qui sont venues
00:30:43relocaliser ici
00:30:44une partie de l'industrie
00:30:46parce qu'on avait vu,
00:30:47vous avez vu,
00:30:48qu'il y avait une perte
00:30:49de souveraineté économique
00:30:50importante
00:30:51dans les médicaments,
00:30:53dans les masques,
00:30:54dans des produits
00:30:55de première nécessité.
00:30:56Il fallait le relocaliser
00:30:57et donc il y a eu un choc.
00:30:59Tant mieux.
00:30:59Nous, nous le disions
00:31:00depuis longtemps.
00:31:01C'est Georges Marché
00:31:02qui disait
00:31:03« Produisons en France,
00:31:05c'est la solution
00:31:05pour la France ».
00:31:06Donc ça, nous,
00:31:07ça fait 40 ans
00:31:07qu'on le dit.
00:31:09Mais ce qui se passe
00:31:10aujourd'hui,
00:31:11ce qui se passe aujourd'hui,
00:31:13c'est que nous avons
00:31:14toujours,
00:31:15toujours,
00:31:16au sein de l'Union européenne,
00:31:18au sein des 27,
00:31:19à cause du traité
00:31:20de Maastricht,
00:31:21à cause du traité
00:31:22de Constitution européenne,
00:31:23la concurrence libre
00:31:25et non faussée,
00:31:26un dumping fiscal
00:31:27et social organisé.
00:31:29Et donc,
00:31:29nous avons toujours
00:31:30des groupes
00:31:31qui sont tentés
00:31:31d'aller s'installer
00:31:32là où les salariés
00:31:33ne coûtent moins cher
00:31:34et là où ils peuvent
00:31:35gagner beaucoup plus d'argent.
00:31:37Et ça,
00:31:38ça existe toujours aujourd'hui.
00:31:40Et enfin...
00:31:41Fabien, Fabien,
00:31:42juste un mot.
00:31:43Nos plus gros concurrents
00:31:44sur la partie industrielle
00:31:46sur laquelle on est bonne,
00:31:47c'est l'Allemagne
00:31:48et l'Italie du Nord,
00:31:49sur la partie industrielle
00:31:51où on est bon.
00:31:52C'est l'Allemagne.
00:31:53C'est pas l'Allemagne...
00:31:54Les gens vont pas travailler
00:31:55et faire des investissements
00:31:56en Allemagne
00:31:56parce que le coût du travail
00:31:57est moins élevé.
00:31:58C'est pas vrai.
00:31:59Pourtant,
00:32:00Bridgestone Béthune
00:32:00est allée délocaliser
00:32:02en Hongrie
00:32:02parce que le site
00:32:04de Bridgestone
00:32:04en Hongrie
00:32:05a été financé
00:32:06par l'argent de la Commission,
00:32:07l'argent de la Commission européenne
00:32:09et ils ont tué
00:32:10l'usine
00:32:10dans le Pas-de-Calais
00:32:11avec 800 emplois derrière.
00:32:13Et ça,
00:32:14c'est une trahison.
00:32:15C'est une honte.
00:32:18Ces hommes et ces femmes
00:32:19étaient fiers
00:32:20de leur boulot.
00:32:21Ils ont pleuré.
00:32:24La deuxième chose
00:32:25que je voulais dire,
00:32:26c'est que les entreprises
00:32:27qui viennent ici
00:32:28avec des capitaux étrangers
00:32:31et qui sont accueillies
00:32:32à bras ouverts,
00:32:34et demain,
00:32:35Président de la République,
00:32:36je les accueillerai
00:32:36à bras ouverts.
00:32:38Mais je ne leur dirai pas
00:32:40venez, investissez
00:32:42et faites ce que vous voulez.
00:32:43Non.
00:32:44Parce que ça,
00:32:45on a trop payé, ça.
00:32:46Ils viennent,
00:32:48ils produisent,
00:32:49ils exploitent,
00:32:51ils gagnent
00:32:52et ils s'en vont après.
00:32:53C'est terminé.
00:32:55Quand ils viendront
00:32:55en France investir,
00:32:57il y aura,
00:32:58et je le souhaite,
00:32:59une participation de l'État
00:33:00pour que les salariés
00:33:02et l'État
00:33:03participent au choix
00:33:04de l'entreprise
00:33:06et pour garantir
00:33:07que les savoir-faire,
00:33:08les brevets,
00:33:09les machines
00:33:10ne quittent pas le pays.
00:33:12Quand on réindustrialise,
00:33:14la France,
00:33:15c'est au service
00:33:16de la France.
00:33:17Ce n'est pas au service
00:33:18de capitaux étrangers
00:33:20qui font ce qu'ils veulent.
00:33:22Je vois, moi,
00:33:23les investissements
00:33:24qui se font
00:33:24dans ma région
00:33:25sur le Dunkerquois
00:33:27pour les usines
00:33:28de batteries.
00:33:29Mais ces capitaux
00:33:31taïwanais,
00:33:32chinois
00:33:33et d'autres.
00:33:34Et d'ailleurs,
00:33:35ça doit être des Chinois.
00:33:38C'est des capitalistes,
00:33:39ceux qui viennent.
00:33:41C'est des capitalistes.
00:33:43Ils viennent pour gagner
00:33:44de l'argent
00:33:45sur notre dos.
00:33:48Ils vont toucher
00:33:49des aides publiques.
00:33:50Ils vont avoir
00:33:51des prix à taux zéro.
00:33:52Et demain,
00:33:53tous Chinois qui sont,
00:33:54s'ils décident
00:33:55de partir
00:33:55comme ils le font
00:33:56à Val-d'une,
00:33:57ils partent.
00:33:58Et le chômage,
00:33:59c'est nous qui le payons.
00:34:00Eh bien, ça a terminé.
00:34:01Nia, terminé.
00:34:03Fini.
00:34:04On veut aussi
00:34:07avoir
00:34:07une part d'action
00:34:09et de contrôle
00:34:11salarié-État
00:34:12dans la construction
00:34:14de ces entreprises,
00:34:16dans la gestion,
00:34:16dans les choix industriels
00:34:17de ces groupes.
00:34:18Il faut intéresser
00:34:19les régions.
00:34:21Les régions,
00:34:21il faut les intéresser.
00:34:22Les régions payées avant
00:34:23les impôts de production,
00:34:25la CVAE.
00:34:26Et on est en train
00:34:27de leur supprimer aussi
00:34:28cette part-là.
00:34:28Et donc,
00:34:29il faut intéresser
00:34:30les élus locaux.
00:34:31Il faut intéresser
00:34:32l'État.
00:34:33Il faut intéresser
00:34:33les salariés
00:34:34dans les choix industriels
00:34:35qui se font,
00:34:36dans la réindustrialisation
00:34:37de notre pays.
00:34:40Je peux te dire un truc ?
00:34:42Juste un mot
00:34:43à propos
00:34:44de l'association
00:34:45des collectivités locales
00:34:46aux choix
00:34:46et à l'accompagnement
00:34:47industriel.
00:34:51En 2010,
00:34:53le président
00:34:53de la République
00:34:54de l'époque
00:34:54a pris la décision
00:34:56de supprimer
00:34:58la taxe professionnelle.
00:35:00Tous les élus
00:35:01des territoires
00:35:02industriels,
00:35:03franchement,
00:35:04qu'ils soient
00:35:04de droite ou de gauche,
00:35:05tous les élus
00:35:06de droite et de gauche
00:35:08de territoire industriel
00:35:09savent que la suppression
00:35:11de la taxe professionnelle,
00:35:12elle a impliqué,
00:35:14pour des territoires
00:35:15qui accueillent
00:35:16de l'industrie
00:35:16et qui sont organisés
00:35:17pour accueillir
00:35:18de l'industrie,
00:35:19une baisse de rémunération.
00:35:20Parce que la taxe professionnelle,
00:35:22elle a augmenté
00:35:23à la vitesse
00:35:23des investissements
00:35:24industriels
00:35:24et donc,
00:35:25elle permettait
00:35:26à des territoires
00:35:26qui sont spécialisés
00:35:27dans l'industrie,
00:35:28avec les contraintes
00:35:29d'une spécialisation industrielle.
00:35:31J'ai 17 sites
00:35:32Céveso-Seuil-Haut
00:35:33au Havre
00:35:34et dans la communauté urbaine.
00:35:3517 sites Céveso-Seuil-Haut.
00:35:37Si,
00:35:37quand il y a
00:35:38des investissements,
00:35:39il n'y a pas
00:35:39une augmentation
00:35:40de la recette
00:35:41qui permet ensuite
00:35:42de redistribuer,
00:35:43d'équiper,
00:35:44de protéger même parfois,
00:35:45l'accueil de l'industrie
00:35:47y baisse.
00:35:48Donc,
00:35:48sur ce que dit
00:35:49Fabien Roussel,
00:35:50je veux bien le retrouver
00:35:51sur,
00:35:52attention,
00:35:52un territoire industriel,
00:35:53il doit profiter
00:35:54de la richesse
00:35:55de l'investissement industriel.
00:35:56Je suis parfaitement d'accord
00:35:57avec ça.
00:35:58Je signe tous les jours.
00:35:59Mais je dis aussi,
00:36:00c'est formidable
00:36:01de faire la grande tirade
00:36:03qu'il vient de faire.
00:36:04Il est convaincu.
00:36:05Vous aussi,
00:36:05c'est super.
00:36:06Mais attirer des entreprises,
00:36:08attirer des capitaux industriels,
00:36:10c'est ce que nous faisons aujourd'hui,
00:36:11c'est ce qui marche aujourd'hui
00:36:13et ça ne marchera pas,
00:36:14Fabien,
00:36:15ça ne marchera pas
00:36:16si on dit aux boîtes
00:36:17vous allez investir
00:36:18des capitaux
00:36:19que vous empruntez
00:36:20et on va vous dire
00:36:21comment les investir
00:36:22et on va vous dire
00:36:23donc on peut mettre
00:36:24des garde-fous,
00:36:24je n'ai pas de problème,
00:36:25le droit français,
00:36:26il est plein de garde-fous.
00:36:27Mais si on veut être attractif
00:36:28et si on veut que l'industrie
00:36:29se développe en France,
00:36:30il faut donner envie
00:36:31à des gens
00:36:32de venir produire,
00:36:34construire,
00:36:34créer en France.
00:36:36Voilà.
00:36:37Édouard Philippe,
00:36:38juste là-dessus,
00:36:38on parle d'industrie
00:36:39donc il faut aussi
00:36:40qu'on parle d'écologie.
00:36:42Édouard Philippe,
00:36:44comment on rend
00:36:45cette réindustrialisation
00:36:46que vous appelez
00:36:47de vos voeux tous les deux,
00:36:48je crois que vous êtes d'accord
00:36:48là-dessus,
00:36:49comment on la rend compatible
00:36:50avec la transition écologique
00:36:52avec l'urgence
00:36:53qu'on a constatée dramatiquement
00:36:55ces dernières semaines,
00:36:55on pense notamment
00:36:56aux victimes en Libye.
00:37:01J'aimerais pouvoir vous dire
00:37:02en trois mots
00:37:03comment est-ce qu'on va faire
00:37:03mais le sujet me paraît
00:37:04assez compliqué.
00:37:06Quelques éléments.
00:37:06D'abord,
00:37:07une bonne partie
00:37:08des investissements industriels
00:37:09qu'on constate aujourd'hui,
00:37:10ils sont déjà orientés
00:37:11vers la transition.
00:37:13Peut-être qu'on peut dire
00:37:13que ça ne va pas assez vite,
00:37:14probablement.
00:37:15Mais enfin,
00:37:16ils sont déjà orientés.
00:37:17Je parle de ce que je connais,
00:37:18au Havre,
00:37:19on a supprimé
00:37:20une centrale thermique.
00:37:21On n'a pas fait
00:37:22de guetée de cœur.
00:37:22On a fermé,
00:37:23la centrale thermique.
00:37:24A la place,
00:37:25on a créé une entreprise
00:37:26qui fabrique
00:37:27des éos.
00:37:29On est passé
00:37:29d'une centrale thermique
00:37:30qui avait 200 salariés
00:37:32à une usine
00:37:34de production
00:37:34d'éoliennes offshore
00:37:35qui a aujourd'hui
00:37:37un peu plus de 1 000 salariés
00:37:38et qui est en train
00:37:39de regarder les conditions
00:37:40dans lesquelles
00:37:40elle peut s'étendre
00:37:41pour arriver jusqu'à
00:37:422 000 salariés.
00:37:43Je considère que là,
00:37:45on montre un investissement
00:37:46qui va dans le bon sens.
00:37:47De la même façon,
00:37:48s'agissant des e-carburants,
00:37:49s'agissant de la production
00:37:50d'hydrogène
00:37:51qui ne fonctionnera bien
00:37:52que si on a une production
00:37:53d'électricité décarbonée,
00:37:54donc nucléaire.
00:37:55On est dans les investissements
00:37:56aujourd'hui
00:37:57qui préparent
00:37:58cette transition.
00:37:59Donc, en termes de...
00:38:00La vérité,
00:38:01c'est que les grosses
00:38:04boîtes industrielles,
00:38:06parce qu'il y a
00:38:06une contrainte législative
00:38:08considérable,
00:38:09parce qu'il y a
00:38:10une demande
00:38:10des clients considérable,
00:38:13elles sont en train
00:38:13de se transformer.
00:38:14Et il faut continuer
00:38:15à mettre de la pression.
00:38:16Mais elles sont en train
00:38:16de se transformer.
00:38:17tu vois...
00:38:18Pardon,
00:38:19vous voyez,
00:38:19on va se tutoyer.
00:38:21Tu vois des tonnes de boîtes
00:38:25qui sont en train
00:38:26de mobiliser
00:38:28ces investissements.
00:38:29Elles sont en train
00:38:29de se transformer.
00:38:30Non, mais disons-le,
00:38:32reconnaissons-le,
00:38:33la meilleure façon
00:38:33de tuer le truc,
00:38:34c'est de dire
00:38:34qu'elles ne font rien.
00:38:35C'est pas vrai,
00:38:36elles font des trucs.
00:38:37Et elles avancent.
00:38:37Ensuite,
00:38:39il faut qu'on arrive
00:38:40à trouver une façon
00:38:41de consommer
00:38:42et de produire
00:38:43qui soit plus respectueuse
00:38:44de l'environnement.
00:38:46Pour moi,
00:38:48la priorité des priorités,
00:38:50c'est décarbonation,
00:38:51production d'électricité,
00:38:52décarboner.
00:38:53C'est la priorité des priorités.
00:38:55Et ensuite,
00:38:55et peut-être même avant,
00:38:56c'est l'économie d'énergie.
00:38:57C'est tout con,
00:38:59mais c'est difficile,
00:39:00et c'est ce qui nous permet
00:39:01d'avancer.
00:39:02La moins chère,
00:39:03la moins polluante,
00:39:03c'est quand même
00:39:03celle dont on n'a pas besoin.
00:39:04Donc de toute façon,
00:39:06d'abord et avant tout,
00:39:07consommation,
00:39:07d'énergie réduite.
00:39:09Sobriété énergétique,
00:39:11je n'ai aucun sujet avec ça,
00:39:12ça doit être notre direction.
00:39:13Décarbonation de l'électricité,
00:39:15décarbonation de l'énergie,
00:39:16ça doit être notre deuxième priorité.
00:39:18Et notre troisième priorité,
00:39:19ça doit être respect,
00:39:21et respect extrêmement vigilant
00:39:26des terrains,
00:39:27des zones agricoles,
00:39:28de la biodiversité.
00:39:29Et là aussi,
00:39:31là aussi,
00:39:32élus locaux de droite,
00:39:34élus locaux de gauche,
00:39:35gouvernement de droite,
00:39:36gouvernement de gauche,
00:39:37qui peut dire que dans les 50 dernières années,
00:39:39on ne s'est pas complètement planté
00:39:41sur la consommation de terrains agricoles,
00:39:44sur la consommation d'espaces naturels,
00:39:46sur l'étalement urbain en périphérie.
00:39:49On le sait tous.
00:39:50Donc comment est-ce qu'on revient là-dessus ?
00:39:51Ça veut dire,
00:39:51comment est-ce qu'on réinvente nos villes ?
00:39:53Comment est-ce qu'on réinvente
00:39:54les transports,
00:39:55la mobilité,
00:39:56le travail,
00:39:57la sociabilité,
00:39:58l'accès à la culture
00:39:59dans des villes qui se sont trop étendues
00:40:02et qui sont totalement contre-productives
00:40:04du point de vue du respect de la biodiversité ?
00:40:06Eh bien, moi, sur ces sujets,
00:40:08et c'est là où c'est passionnant
00:40:10d'avoir ce débat à deux,
00:40:13c'est que je voulais développer deux idées
00:40:16et tu les as abordées.
00:40:18Première idée,
00:40:19comment on fait la transition écologique
00:40:21tout en réindustrialisant le pays ?
00:40:24Comment on implique les entreprises ?
00:40:27Eh bien, tu parles des élus
00:40:30qu'il faut associer,
00:40:31les terrains,
00:40:32la protection de la biodiversité,
00:40:34faire attention à l'environnement.
00:40:37Moi, je dis que la confiance
00:40:41pour faire en sorte qu'on ne porte pas atteinte
00:40:43à la nature,
00:40:44aux vivants,
00:40:45à la planète,
00:40:46aux ressources naturelles,
00:40:47c'est de faire confiance aux salariés
00:40:49dans les entreprises
00:40:50et plutôt que de supprimer
00:40:52les instances du personnel
00:40:54qui existaient avant
00:40:55et qui ont été supprimées par toi
00:40:57à travers les ordonnances travail.
00:41:00Moi, je les rétablis.
00:41:02Je rétablis les CHSCT.
00:41:03Je rétablis les instances du personnel
00:41:07parce que ce sont vous,
00:41:08les lanceurs d'alerte,
00:41:10ce sont eux qui nous diront
00:41:12comment il faut faire.
00:41:13Il faut faire confiance aux salariés,
00:41:17qu'on faire confiance aux syndicats,
00:41:19qu'on faire confiance aux collaborateurs,
00:41:21comme on les appelle
00:41:22dans les conseils d'administration.
00:41:24Il ne faut pas avoir peur
00:41:25de leur donner du pouvoir
00:41:27et de faire en sorte
00:41:28qu'ils puissent nous alerter,
00:41:30nous, responsables politiques,
00:41:32ministres,
00:41:33représentants de région,
00:41:34parce que souvent,
00:41:35ce sont eux qui voient,
00:41:36qui savent,
00:41:37mais ils n'ont pas la parole.
00:41:39Donc moi,
00:41:39je rétablis les instances du personnel
00:41:42et j'abroge la loi
00:41:43que tu as fait passer là-dessus.
00:41:44Ça, c'est clair.
00:41:47Mais non, mais c'est nos différences.
00:41:50On peut...
00:41:51C'est nos différences.
00:41:53On se respecte.
00:41:54La deuxième chose...
00:41:55Il y avait une deuxième chose.
00:41:56La deuxième chose, c'est l'électricité.
00:41:59Le gaz, l'électricité, l'énergie.
00:42:01C'est passionnant.
00:42:03Et alors, c'est passionnant
00:42:04parce que, autant j'ai des divergences
00:42:06avec les autres forces de gauche
00:42:08qui sont écologistes,
00:42:10qui sont antinucléaires,
00:42:10et je pense que c'est une bêtise sans nom
00:42:13parce que nous n'atteindrons pas
00:42:15nos défis climatiques
00:42:17sans investir dans la production
00:42:19d'énergie nucléaire.
00:42:21C'est obligatoire.
00:42:23Obligatoire.
00:42:25Sinon, on ne s'en sortira pas.
00:42:27Et investir aussi
00:42:28dans les énergies renouvelables
00:42:30parce que si nous réindustrialisons la France,
00:42:33si nous voulons, comme je le souhaite,
00:42:35produire en France
00:42:36les voitures, les métros, les rails,
00:42:39les roues de Val-d'une,
00:42:41pour pouvoir produire tout ça,
00:42:43il va nous falloir
00:42:44beaucoup plus d'électricité.
00:42:46Si nous voulons nous passer
00:42:47de l'essence, du fioul
00:42:49et des énergies fossiles,
00:42:50ce qu'il faut faire d'ici 2050,
00:42:52il va falloir produire
00:42:54beaucoup plus d'énergie,
00:42:56d'électricité.
00:42:57Et je souhaite que nous ayons
00:42:58l'électricité 100% décarbonée
00:43:01le plus rapidement possible.
00:43:03Ça veut dire du renouvelable
00:43:04et du nucléaire.
00:43:06Et ça, c'est incontournable.
00:43:07Mais on a quand même
00:43:11un gros sujet, tous les deux.
00:43:13On a quand même un gros sujet.
00:43:15Parce que, t'as beau être d'accord,
00:43:17comme moi,
00:43:19pour l'énergie nucléaire,
00:43:21mais moi, la première chose
00:43:23que je ferai
00:43:23et que je regrette
00:43:25que tu n'aies pas fait,
00:43:26c'est de sortir du marché spéculatif
00:43:29européen de l'énergie
00:43:31pour que nous retrouvions
00:43:33la maîtrise de nos tarifs.
00:43:36Aujourd'hui, c'est l'Allemagne
00:43:39qui nous fait payer
00:43:40le choix qu'ils ont fait
00:43:42de sortir du nucléaire.
00:43:44Et ils nous ont inventé,
00:43:46entre libéraux des pays
00:43:47de l'Union européenne,
00:43:49ce marché européen
00:43:50de l'électricité,
00:43:51qui n'est pas seulement le fait
00:43:54qu'il y ait des interconnexions
00:43:55entre nous
00:43:56et que nous partagions
00:43:58l'électricité et le gaz
00:43:59que nous produisons.
00:44:01Et c'est une bonne chose
00:44:02de le partager.
00:44:04Et je ne dis pas
00:44:05qu'il faut fermer les frontières
00:44:06et ne plus partager
00:44:08l'électricité que nous produisons.
00:44:10Moi, je suis pour qu'avec
00:44:11le peuple espagnol,
00:44:13le peuple allemand,
00:44:14le peuple belge,
00:44:15nous puissions leur faire
00:44:17profiter de l'énergie décarbonée
00:44:19que nous produisons
00:44:20à bas prix
00:44:21pour qu'ils en profitent aussi.
00:44:23Mais vous, les libéraux,
00:44:26vous ne voulez pas ça.
00:44:27Vous voulez que ce soit
00:44:28les marchés
00:44:29qui continuent de dicter
00:44:30les prix sur ce bien commun.
00:44:33Et c'est à cause de cela
00:44:34qu'aujourd'hui,
00:44:35on paye l'électricité nucléaire
00:44:3710 fois, 20 fois, 100 fois
00:44:39le prix qu'on devrait facturer
00:44:41aux Français.
00:44:42C'est le libéralisme
00:44:44qui nous tue.
00:44:46Et c'est la grande différence
00:44:47que l'on a tous les deux là-dessus.
00:44:49Oui au nucléaire,
00:44:50mais oui à une entreprise publique
00:44:52de l'énergie.
00:44:53Alors la question de l'énergie
00:44:54aurait mérité un débat en soi.
00:44:58Une partie de la réponse
00:45:00de Fabien Roussel
00:45:01concernant l'intervention
00:45:02des salariés dans l'entreprise
00:45:03nous permet de faire
00:45:04une transition vers le dernier thème
00:45:06qu'on voulait absolument aborder
00:45:08parce que la crise est sociale
00:45:10et climatique,
00:45:11mais elle est aussi démocratique.
00:45:13Et c'est un enjeu majeur
00:45:16aussi en cette rentrée
00:45:18puisqu'on a là encore,
00:45:20comme je le disais tout à l'heure,
00:45:22beaucoup parlé ici
00:45:23dans la fête
00:45:25d'un événement
00:45:26au long de l'année écoulée.
00:45:27C'est la séquence
00:45:28des retraites,
00:45:29la séquence des retraites
00:45:30qui a laissé des traces.
00:45:32Des lois adoptées,
00:45:33enfin une loi en l'occurrence
00:45:34adoptée sans l'avis de l'Assemblée,
00:45:36des manifestations pacifistes
00:45:37réprimées,
00:45:38des syndicalistes
00:45:40convoqués à la gendarmerie
00:45:42et il y a eu aussi
00:45:43des initiatives tout au long
00:45:45de cette fête
00:45:45de solidarité avec eux.
00:45:48On aurait envie de savoir,
00:45:49Edouard Phillips,
00:45:50le regard que vous portez
00:45:51sur cette séquence
00:45:53et si vous auriez agi
00:45:55de la même manière
00:45:56si vous aviez été
00:45:57encore aux commandes
00:45:58au gouvernement.
00:46:00Je ne vais pas me mettre
00:46:02à la place de ceux
00:46:02qui y sont aujourd'hui.
00:46:03Je peux assumer ce que j'ai fait
00:46:04et ça ne plaira pas plus.
00:46:06Ce que j'ai fait,
00:46:07s'agissant d'une réforme
00:46:08des retraites
00:46:08qui n'était pas celle
00:46:10qui était différente,
00:46:12fondamentalement différente,
00:46:15j'ai fait passer le texte
00:46:17au 49.3 à l'Assemblée nationale.
00:46:19Donc je ne vais pas vous dire
00:46:20que j'aurais fait différemment.
00:46:22Je vous dis ce que j'ai fait.
00:46:23J'ai considéré
00:46:24que cette réforme des retraites,
00:46:25celle qu'on défendait en 2020,
00:46:28était une bonne réforme,
00:46:29qu'on s'y était engagé,
00:46:31qu'il fallait la conduire
00:46:32et je suis toujours convaincu
00:46:34qu'elle était une bonne réforme
00:46:35et qu'il fallait la conduire
00:46:37et j'ai considéré
00:46:38que compte tenu
00:46:39des conditions
00:46:40qui étaient les conditions
00:46:42de discussion
00:46:42à l'Assemblée nationale
00:46:43à ce moment-là,
00:46:44je pouvais utiliser
00:46:45un article de la Constitution,
00:46:47le 49.3,
00:46:48extrêmement impopulaire,
00:46:50extrêmement impopulaire,
00:46:51la preuve,
00:46:52mais que j'assume parfaitement
00:46:53d'avoir utilisé.
00:46:55Et je vais vous dire autre chose.
00:46:57Je vais vous dire autre chose.
00:46:59Le 49.3,
00:47:00il a servi à ce projet de loi
00:47:02qui finalement n'a pas été au bout.
00:47:03Il a servi à plein d'autres choses
00:47:05dans l'histoire de notre pays.
00:47:06Il a servi au moins 35 fois,
00:47:09peut-être même un peu plus,
00:47:11entre 1988 et 1993,
00:47:13ou en tout cas entre 1988 et 1991,
00:47:16quand Michel Rocard était Premier ministre,
00:47:17à faire passer des dispositifs
00:47:19CSG, RMI,
00:47:20qui sinon ne seraient pas bassés.
00:47:21Le 49.3,
00:47:23c'est un élément de la Constitution.
00:47:24On peut se dire
00:47:27qu'il ne faut pas l'utiliser,
00:47:28mais ce n'est pas ma position.
00:47:30Un mot, si vous le voulez bien,
00:47:32pour dire que le débat
00:47:34sur la vitalité démocratique,
00:47:36je ne veux pas le réduire
00:47:37à ce qu'il faut utiliser ou non
00:47:38cet article de la Constitution,
00:47:40qui est maintenant réservé
00:47:41une seule fois par session,
00:47:42hors texte budgétaire.
00:47:47La requalification de la vie démocratique,
00:47:50je ne crois pas qu'elle passe
00:47:52par des mesures institutionnelles.
00:47:53Je vois que tout le monde cherche
00:47:55l'initiative qui permettrait
00:47:57par une mesure institutionnelle
00:47:59de redonner de l'élan
00:48:00et de la vitalité
00:48:01au débat démocratique.
00:48:02Je pense que tout ça
00:48:04peut être intéressant.
00:48:06Je pense que la seule vraie condition
00:48:08pour remettre du débat démocratique
00:48:10et de la polarisation démocratique,
00:48:12c'est de remettre des idées
00:48:13dans le débat démocratique.
00:48:14C'est de remettre du débat
00:48:15exactement comme on le fait ici.
00:48:17C'est d'être capable de dire
00:48:18non, on n'est pas d'accord.
00:48:19Et voilà les alternatives qu'on propose.
00:48:21Et on n'est pas d'accord sur tout.
00:48:22Et voilà ce sur quoi
00:48:23on peut se retrouver.
00:48:23Et la vitalité du débat démocratique,
00:48:26elle est infiniment supérieure,
00:48:27infiniment plus favorable
00:48:28à la vitalité de la démocratie
00:48:30quand elle s'exprime dans un débat
00:48:32que quand elle prend la forme
00:48:33de telle ou telle initiative institutionnelle.
00:48:36Institutionnalisez une procédure
00:48:38de débat public
00:48:38et vous verrez que personne
00:48:40ne s'y intéresse.
00:48:41C'est ça la vérité.
00:48:42Quand vous faites des procédures
00:48:43de débat public
00:48:44pour des projets industriels,
00:48:46la participation, l'intérêt est faible.
00:48:49Quand vous faites des débats politiques,
00:48:51projet contre projet,
00:48:52avant les élections,
00:48:53après les élections,
00:48:54vous passionnez les Français.
00:48:56Alors, c'est intéressant
00:48:57parce qu'Emmanuel Macron
00:48:58a justement remis en cette rentrée
00:49:00sur la table
00:49:01une possible réforme
00:49:02des institutions
00:49:03avec, en évoquant aussi
00:49:05la possibilité de référendum,
00:49:07de préférendum.
00:49:09Est-ce que, à vos yeux,
00:49:10Fabien Roussel,
00:49:12ces solutions sont à la hauteur
00:49:14ou est-ce que vous pensez
00:49:15que, comme Édouard Philippe,
00:49:16que ça ne passera pas essentiellement par là ?
00:49:18D'abord, je voudrais rendre hommage
00:49:20à Édouard Philippe
00:49:22qui, ici, devant vous,
00:49:23vient assumer un 49-3,
00:49:25une réforme de retraite,
00:49:26sachant qu'il est largement minoritaire.
00:49:29Et je voudrais que vous imaginiez
00:49:31que demain,
00:49:31j'aille faire la même chose
00:49:33devant une assemblée du MEDEF
00:49:34où j'irai leur expliquer
00:49:35pourquoi je suis pour la retraite
00:49:37à 60 ans,
00:49:38avec des salaires
00:49:39et des cotisations sociales.
00:49:41Donc, je te rends hommage,
00:49:43Édouard,
00:49:44d'assumer,
00:49:44avec tes explications,
00:49:48ce 49-3.
00:49:49Et pour ma part,
00:49:51pour ma part,
00:49:52et c'est là aussi
00:49:53une grande différence
00:49:54que nous avons,
00:49:55mais c'est pour ça
00:49:55que j'apprécie beaucoup
00:49:57la qualité de ce débat
00:49:58très respectueux entre nous
00:50:00qui montre que nous avons
00:50:02deux visions différentes
00:50:04de la société,
00:50:06mais aussi de la démocratie.
00:50:09Le 49-3 existe
00:50:10dans la Constitution.
00:50:12Et nous sommes, nous,
00:50:14pour faire retirer,
00:50:16pour retirer cet article
00:50:17de la Constitution
00:50:19parce que nous ne le considérons
00:50:20pas démocratique.
00:50:28Mais, aujourd'hui,
00:50:30il existe.
00:50:31Et le président de la République
00:50:33nous a encore dit
00:50:34qu'il était prêt à l'utiliser.
00:50:37Il nous invite à discuter
00:50:39du budget
00:50:39et du budget
00:50:40et du budget
00:50:40de la sécurité sociale
00:50:42en nous disant
00:50:43« Venez,
00:50:44on va construire ensemble »,
00:50:46mais en nous disant
00:50:47qu'aussi,
00:50:48à la fin,
00:50:49il y aura un 49-3
00:50:50si on ne se met pas d'accord.
00:50:52Ça, ce n'est pas
00:50:52de la discussion,
00:50:54ce n'est pas du dialogue.
00:50:55Et donc,
00:50:56ce que je dis,
00:50:57moi,
00:50:58et c'est ce que j'ai demandé
00:51:00solennellement
00:51:00au président de la République
00:51:02et à la Première Ministre,
00:51:07osez construire un budget,
00:51:09osez construire un budget
00:51:10pour la sécurité sociale
00:51:12en discutant avec tout le monde,
00:51:15mais sans utiliser le 49-3.
00:51:18Ce sera plus difficile pour vous,
00:51:19mais ce sera tellement meilleur
00:51:21pour nous tous
00:51:21et pour la démocratie.
00:51:23Ayez ce courage.
00:51:25Bien sûr que c'est difficile,
00:51:27mais c'est comme ça
00:51:28qu'on les construit,
00:51:29les compromis.
00:51:30Et moi,
00:51:30je suis prêt à cela.
00:51:32100-49-3,
00:51:34osons le faire.
00:51:35Ça ferait tellement du bien
00:51:36à notre pays
00:51:38qui, franchement,
00:51:39est traumatisé
00:51:40par ces 11-49-3
00:51:43qui sont tombés comme ça,
00:51:45comme des guillotines
00:51:46sur le Parlement.
00:51:47Moi, en tant que député,
00:51:50enfin,
00:51:52il faut se rendre compte
00:51:53de ce qu'on a vécu.
00:51:54Et je suis certain
00:51:55que des députés
00:51:56de ton parti
00:51:57ont vécu la même chose.
00:51:58Ils rentraient
00:51:59dans leur circonscription
00:52:00et on se faisait engueuler.
00:52:02Même moi,
00:52:03député communiste,
00:52:04je suis tombé
00:52:05sur un ouvrier
00:52:07dans ma rue
00:52:08à la fête des voisins
00:52:09qui m'a dit
00:52:09« Mais Fabien,
00:52:10de toute façon,
00:52:11tu sers à quoi ?
00:52:12Tu ne peux même pas voter.
00:52:13Il y a les 49-3. »
00:52:15On a mis dans la tête des gens
00:52:16que le Parlement
00:52:18et les députés
00:52:18ne servaient plus à rien
00:52:19parce qu'au final,
00:52:20c'est le président
00:52:21qui décide.
00:52:22C'est dévastateur.
00:52:25C'est dévastateur.
00:52:26Et demain,
00:52:28il va y avoir
00:52:28des élections européennes,
00:52:31il va y avoir
00:52:31un taux d'abstention énorme
00:52:33et puis on va se retrouver
00:52:34sur les plateaux télé
00:52:36et puis on va dire
00:52:36« Oh là là,
00:52:37qu'est-ce qu'il y a
00:52:37comme abstention ?
00:52:38C'est terrible,
00:52:39mais qu'est-ce qui se passe
00:52:39en France ? »
00:52:40Mais moi,
00:52:40je le dis déjà maintenant.
00:52:42Ce qui se passe en France,
00:52:43c'est qu'on tue
00:52:44tout débat parlementaire
00:52:45avec ce 49-3.
00:52:47Oser ne plus l'utiliser.
00:52:50Respecter les parlementaires,
00:52:51respecter le Parlement.
00:52:53Édouard Philippe,
00:52:54je me permets.
00:52:56Juste un mot.
00:52:58Juste un mot.
00:53:00Juste un mot.
00:53:02Je ne crois pas du tout
00:53:04qu'il faille se réjouir
00:53:05d'avoir à utiliser
00:53:06le 49-3.
00:53:07Je dis juste
00:53:08qu'on doit pouvoir le faire
00:53:09lorsque c'est nécessaire.
00:53:11Mais pourquoi est-ce qu'on se retrouve
00:53:12dans la situation actuelle ?
00:53:14On se retrouve dans la situation actuelle
00:53:16parce que, évidemment,
00:53:18l'Assemblée nationale
00:53:19dispose d'une majorité relative.
00:53:22En majorité absolue,
00:53:23le 49-3,
00:53:24on ne l'utilise jamais.
00:53:25Quasiment jamais.
00:53:26Quasiment jamais.
00:53:27En majorité relative,
00:53:29on l'utilise plus souvent,
00:53:30me semble-t-il.
00:53:31Mais j'observe une chose.
00:53:33Le gouvernement,
00:53:34avec sa majorité relative,
00:53:36aujourd'hui,
00:53:36il a fait passer
00:53:37combien ?
00:53:3850 textes ?
00:53:39Un peu plus.
00:53:40Il l'a fait
00:53:41avec une majorité relative.
00:53:43Parfois,
00:53:43il l'a fait
00:53:43avec le soutien
00:53:44d'un certain nombre
00:53:45de forces politiques
00:53:46à gauche
00:53:47sur certains textes
00:53:49où, justement,
00:53:50la discussion avait permis
00:53:50de montrer
00:53:51qu'il y avait quelque chose
00:53:52sur lequel les parlementaires
00:53:53pouvaient se retrouver.
00:53:54Parfois,
00:53:54il l'a fait à droite
00:53:55parce qu'il considérait
00:53:56que, là aussi,
00:53:57on pouvait se retrouver.
00:53:58Donc,
00:53:58le nombre de cas,
00:53:59aujourd'hui,
00:54:01y compris avec une majorité relative
00:54:02qu'on n'a jamais connue
00:54:03aussi faible,
00:54:04y compris aujourd'hui,
00:54:06le nombre de cas
00:54:06dans lesquels
00:54:07on arrive
00:54:07à créer cette discussion
00:54:09et à créer
00:54:10les conditions d'un accord
00:54:11et à créer un vote
00:54:12149-3
00:54:13sont infiniment supérieurs.
00:54:14Alors,
00:54:15on a, effectivement,
00:54:15la procédure budgétaire
00:54:16et c'est vrai
00:54:17que la multiplication
00:54:17de ces 149-3,
00:54:19elle n'est pas satisfaisante.
00:54:22Mais enfin,
00:54:22à la fin de la fin,
00:54:24à la fin de la fin,
00:54:25il faut quand même
00:54:25faire passer un budget.
00:54:26à la fin de la fin,
00:54:27on doit passer à la caisse.
00:54:29Et à la fin de la fin,
00:54:30avec le 49-3,
00:54:31on nous dit de payer plus.
00:54:33Et donc,
00:54:33c'est ça qui ne va pas.
00:54:35Et moi,
00:54:35je veux forcer
00:54:36le gouvernement
00:54:36à véritablement
00:54:38rentrer dans un dialogue
00:54:39avec toutes ses oppositions.
00:54:41Et tu vois,
00:54:42je ne suis même pas d'accord
00:54:43avec toi
00:54:43sur le fait
00:54:44qu'il faudrait
00:54:45qu'au Parlement,
00:54:46il y ait une majorité absolue
00:54:48pour un parti.
00:54:49Mais je ne dis pas
00:54:50qu'il en faut.
00:54:50Je dis que quand il y en a,
00:54:51c'est comme ça.
00:54:52Parce que même là,
00:54:52je ne serais pas d'accord.
00:54:53Mais si moi,
00:54:55je veux un Parlement...
00:54:56Si tu es élu président,
00:54:57tu voudrais une majorité.
00:54:58Trois-moi.
00:54:59Non.
00:54:59Je vais te dire
00:54:59comment je ferai.
00:55:00Je ferai comme on fait
00:55:01par exemple
00:55:02au conseil municipal
00:55:03de Saint-Amant-les-Eaux
00:55:04ou dans l'agglomération...
00:55:05Tu l'as forcément
00:55:06ta majorité
00:55:07au conseil municipal.
00:55:08Mais bien sûr que si.
00:55:09Tu as une prime majoritaire
00:55:10qui fait que tu as
00:55:11de toute façon
00:55:12ta majorité.
00:55:13C'est totalement différent.
00:55:15La différence,
00:55:16c'est que nous,
00:55:17dans les majorités
00:55:18que nous dirigeons,
00:55:20dans les communes
00:55:21que nous dirigeons,
00:55:21je pense aux maires communistes
00:55:23et il y en a certainement
00:55:24dans la salle.
00:55:25Je vois Eliane Assassi,
00:55:26la présidente du groupe
00:55:27au Sénat ici.
00:55:28Je peux vous dire une chose.
00:55:31C'est qu'il nous arrive,
00:55:32nous,
00:55:34de retirer
00:55:34une délibération
00:55:35qui fait débat
00:55:36pour la retravailler
00:55:38et trouver le moyen
00:55:40de la faire voter
00:55:41à la majorité.
00:55:42Et Fabien,
00:55:42moi aussi.
00:55:43A l'unanimité.
00:55:44Localement,
00:55:45c'est extrêmement facile.
00:55:46J'ai des vice-présidents communistes
00:55:47dans ma communauté urbaine
00:55:48qui votent mon budget.
00:55:50Des vice-présidents communistes
00:55:51parce qu'on arrive
00:55:51à l'ensemble.
00:55:52Parce qu'on arrive justement,
00:55:53mais bien sûr.
00:55:54Ce que j'observe, Fabien,
00:55:56c'est que ces conditions-là,
00:55:57on arrive quand on le souhaite.
00:55:59Tout le monde ne le souhaite pas.
00:56:01Mais quand on le souhaite,
00:56:02on arrive à les faire prévaloir
00:56:03dans la démocratie locale,
00:56:05y compris la vitalité démocratique,
00:56:06y compris les consultations.
00:56:08Et que dans le débat public national,
00:56:10quoi qu'on dise,
00:56:11cette capacité à assumer
00:56:13des accords,
00:56:14elle est plus faible.
00:56:15Je le déplore,
00:56:16probablement toi aussi,
00:56:17mais c'est un fait.
00:56:18Ce sera plus difficile
00:56:20de diriger
00:56:21et de prendre des décisions
00:56:23149.3.
00:56:25Ce sera plus difficile,
00:56:26ce sera plus long,
00:56:27mais ce sera plus juste.
00:56:29Et ça permettra
00:56:30de rendre confiance
00:56:31aux Français,
00:56:32aux citoyens,
00:56:33dans leurs élus
00:56:33et dans la démocratie.
00:56:35OK.
00:56:37Cette rencontre
00:56:38va toucher à sa fin.
00:56:40Et on ne veut pas la terminer
00:56:42sans vous poser
00:56:43une dernière question
00:56:43à tous les deux
00:56:44qui touche à l'ampleur
00:56:46de la crise démocratique
00:56:48qu'on connaît.
00:56:49Dans le livre
00:56:49que vous venez de publier,
00:56:50Édouard Philippe,
00:56:51vous évoquez longuement
00:56:52la crise démocratique,
00:56:54vous écrivez
00:56:54les démocraties
00:56:55ne s'effondrent jamais
00:56:56brutellement,
00:56:57elles renoncent,
00:56:58elles glissent doucement
00:56:59jusqu'à ne plus tenir debout.
00:57:01Le risque de l'extrême droite
00:57:02au pouvoir,
00:57:03c'est plus une hypothèse farfelue.
00:57:05Les frontières
00:57:06entre une partie de la droite,
00:57:07entre une partie
00:57:08de vos collègues
00:57:09et le Rassemblement national
00:57:11sont poreuses.
00:57:12La gauche estime
00:57:13que le pouvoir macroniste
00:57:14est en train de faire
00:57:15la courte échelle
00:57:16à Marine Le Pen.
00:57:17On avait envie
00:57:17de vous entendre
00:57:18là-dessus,
00:57:18Édouard Philippe,
00:57:19sur la responsabilité
00:57:20de chacun
00:57:20pour éviter le pire.
00:57:31Je vais commencer
00:57:32par vous répondre
00:57:33en vous disant
00:57:33ce que j'ai fait.
00:57:35Plusieurs fois au Havre,
00:57:37dans des élections cantonales,
00:57:40il y a eu des 2e tours
00:57:41entre des candidats communistes,
00:57:43mes opposants à la mairie
00:57:45et des candidats
00:57:46du Front National.
00:57:47A chaque fois,
00:57:49à chaque fois,
00:57:50j'ai dit clairement
00:57:51qu'il fallait battre
00:57:52le Front National
00:57:53et qu'il fallait voter
00:57:54pour le candidat communiste.
00:57:55A chaque fois.
00:57:56Je ne l'ai pas fait
00:57:57de gaieté de coeur
00:57:59et je ne l'ai pas fait
00:58:00en disant que j'étais d'accord
00:58:01avec le candidat communiste
00:58:02parce que je suis rarement
00:58:03d'accord avec lui.
00:58:05Mais je l'ai fait à chaque fois
00:58:06parce que je pensais
00:58:06que c'était la bonne chose
00:58:07à faire
00:58:07et parce que j'avais
00:58:08l'expérience locale
00:58:09qui faisait que
00:58:10dans ma communauté urbaine,
00:58:12avec les élus communistes,
00:58:13j'étais capable
00:58:13de m'engueuler.
00:58:14Je le pense sincèrement
00:58:16et donc je le dis,
00:58:17si on veut battre
00:58:20les gens
00:58:21avec lesquels
00:58:22on est en désaccord
00:58:23sur tout,
00:58:25il faut être extrêmement clair
00:58:26sur ce qu'on pense
00:58:26mais il faut être capable
00:58:28aussi
00:58:28de respecter
00:58:29des règles minimales
00:58:30du débat public
00:58:31sinon ça part en sucette.
00:58:33Voilà.
00:58:34Merci.
00:58:36Du coup,
00:58:37juste,
00:58:38pardon,
00:58:39face à la défiance
00:58:40à l'égard de la politique,
00:58:41on a compris
00:58:42que vous disiez
00:58:42changeons la constitution,
00:58:44Fabien Roussel,
00:58:45mais avec le sentiment
00:58:46d'impuissance
00:58:48qu'on rencontre
00:58:48de plus en plus régulièrement,
00:58:50de gens qui se mobilisent,
00:58:51que ça n'aboutit pas
00:58:52face à la montée
00:58:54d'extrême droite
00:58:54qu'on évoquait
00:58:56à l'instant,
00:58:58vous avez dit
00:58:59dans nos colonnes
00:59:00cette semaine,
00:59:00mon ennemi
00:59:01c'est la désespérance.
00:59:04Donc on voulait vous demander
00:59:05pour finir
00:59:06comment mener ce combat
00:59:08contre la désespérance
00:59:09et est-ce que ça commence
00:59:11devant les préfectures ?
00:59:17Fabien,
00:59:18devant ou dedans ?
00:59:19Devant.
00:59:20Devant.
00:59:28D'abord,
00:59:29ce que je souhaite
00:59:31à la différence
00:59:32de l'extrême droite
00:59:36qui cherche
00:59:37à se notabiliser,
00:59:40c'est
00:59:41de ne pas reporter
00:59:42le changement
00:59:43à 2027
00:59:45comme eux le disent.
00:59:47Moi, je veux que ça change
00:59:49pour les Français,
00:59:50pour leur pouvoir d'achat,
00:59:52pour leur salaire
00:59:52et leur retraite
00:59:53maintenant.
00:59:54Et c'est pour ça
00:59:55que j'appelle
00:59:56à l'action
00:59:56maintenant
00:59:57et pas dans trois ans.
01:00:00Ça, c'est la différence
01:00:01avec l'extrême droite
01:00:02qui, eux,
01:00:03se la joue
01:00:05perpénard
01:00:06à l'Assemblée
01:00:07à faire des émissions
01:00:09de télé,
01:00:10à faire des textes
01:00:10de loi,
01:00:11à faire des déclarations,
01:00:13à devenir des notables
01:00:14de la politique,
01:00:15à être propre sur eux,
01:00:16mais appeler jamais,
01:00:18vous ne les voyez
01:00:19dans les manifs,
01:00:20jamais vous ne les voyez
01:00:21appeler à se mobiliser,
01:00:23à être avec les ouvriers
01:00:24dans les luttes,
01:00:25dans les services publics.
01:00:27Non.
01:00:28Non.
01:00:30Ça,
01:00:32ils se notabilisent.
01:00:34Ils deviennent
01:00:35des notables.
01:00:36La petite bourgeoisie
01:00:37de la politique,
01:00:38c'est l'extrême droite.
01:00:40C'est pas moi.
01:00:41C'est pas nous.
01:00:42C'est pas le parti
01:00:43communiste français.
01:00:44On est le parti
01:00:45qui défend
01:00:46les intérêts
01:00:47du monde ouvrier.
01:00:48On est le parti
01:00:49qui a toujours lutté,
01:00:50qui n'a jamais raté
01:00:52les rendez-vous démocratiques
01:00:53et les élections
01:00:54et nous serons présents
01:00:55en 2027.
01:00:57Mais moi,
01:00:57je veux lutter maintenant,
01:00:59je veux que ça change
01:01:00maintenant
01:01:01et j'étais très clair
01:01:02avec la première ministre.
01:01:03Je lui ai dit,
01:01:05je lui ai dit,
01:01:05madame Borne,
01:01:06ou tout de suite,
01:01:08dans les jours,
01:01:08les semaines qui viennent,
01:01:09vous agissez sur les prix,
01:01:11vous agissez sur l'essence,
01:01:13vous agissez sur l'élection,
01:01:14l'électricité,
01:01:14les salaires et les retraites,
01:01:16où vous agissez,
01:01:17où nous passons à l'action,
01:01:19que les choses soient claires,
01:01:20mais on ne se laissera pas faire.
01:01:22On va se battre.
01:01:24Alors,
01:01:25comment on fait ?
01:01:28Comment on fait ?
01:01:29Comment ?
01:01:31Edouard,
01:01:32comment on fait
01:01:32pour se faire entendre
01:01:33dans ce pays ?
01:01:34Comment on fait ?
01:01:35On manifeste
01:01:36pendant 8 semaines
01:01:37contre la réforme des retraites ?
01:01:39Bing !
01:01:43On veut voter
01:01:44contre le projet de retraite
01:01:47à l'Assemblée nationale.
01:01:48Crac !
01:01:51Comment on fait
01:01:52pour se faire entendre ?
01:01:53Mais le président de la République
01:01:55nous réunit pendant 12 heures
01:01:58et il nous dit
01:01:59qu'il y aura un 49-3.
01:02:00La première ministre
01:02:01nous réunit encore
01:02:02lundi
01:02:03pendant combien d'heures ?
01:02:04Je ne sais pas
01:02:05si elle veut battre le record.
01:02:06Je n'espère pas.
01:02:08Mais moi,
01:02:09je ne vais pas me laisser
01:02:09endormir comme ça
01:02:10pendant des semaines.
01:02:12Donc,
01:02:13je vous pose la question,
01:02:14je te pose la question.
01:02:15Comment on fait ?
01:02:16Eh bien moi,
01:02:17à un moment donné,
01:02:18je dis stop.
01:02:19Donc,
01:02:20oui,
01:02:20nous allons appeler
01:02:21à des mobilisations
01:02:23pacifiques,
01:02:23non violentes.
01:02:24Ça va bien se passer,
01:02:25comme disait l'autre.
01:02:26Ça va bien se passer.
01:02:29Je veux rassurer
01:02:31solennellement ici
01:02:33tous les préfets de France.
01:02:36Je veux rassurer
01:02:37tous les hauts fonctionnaires
01:02:38de notre pays.
01:02:39Il ne s'agit pas pour nous
01:02:41de venir défoncer les grilles
01:02:42des préfectures,
01:02:44de les envahir
01:02:45avec des fourches,
01:02:46avec des faucilles
01:02:47et des marteaux,
01:02:48avec des paysans
01:02:49et des ouvriers,
01:02:50mais d'être bien devant
01:02:53ces grilles
01:02:53et de les faire vivre
01:02:55et le drapeau bleu-blanc-rouge
01:02:57et le drapeau rouge
01:02:58du mouvement ouvrier
01:02:59pour faire respecter
01:03:00la dignité
01:03:01du monde du travail.
01:03:03On va se battre.
01:03:05On va se battre.
01:03:07Oui.
01:03:12Il ne faut pas avoir peur.
01:03:14Il ne faut pas avoir peur.
01:03:17Il ne faut pas avoir peur
01:03:19d'un peuple
01:03:20qui aujourd'hui
01:03:21réclame seulement
01:03:22de pouvoir vivre
01:03:24et payer ses factures.
01:03:26Moi, j'appelle ça
01:03:27ce que l'on vit en ce moment.
01:03:30C'est un tremblement
01:03:31de terre sociale.
01:03:33Les Français sont écrasés
01:03:35sous le poids des factures,
01:03:37écrasés par les dettes
01:03:38qui s'accumulent.
01:03:40et nous ne serions pas
01:03:41à leur côté.
01:03:43Nous ne serions pas
01:03:44avec eux
01:03:45pour leur dire
01:03:46qu'on va être solidaires
01:03:47et se battre ensemble
01:03:48pour que ça change.
01:03:50Moi, j'aime les Français.
01:03:52Je suis à leur côté.
01:03:54Le président de la République,
01:03:55son gouvernement,
01:03:56il n'aime pas les Français
01:03:58parce qu'ils ne sont pas
01:03:59à leur côté.
01:04:00Si je le dis...
01:04:01D'abord, tu ne le penses pas.
01:04:02Si, je le dis.
01:04:02Ce n'est pas possible
01:04:03de penser que ça.
01:04:03Il n'aime pas les Français
01:04:04parce que s'il les aimait,
01:04:06s'il les aimait,
01:04:08il agirait tout de suite.
01:04:09Il ferait quelque chose
01:04:11parce que ce qui se passe
01:04:13dans le pays
01:04:13et d'ailleurs...
01:04:14Mais je le dis clairement
01:04:15quand je dis...
01:04:16Quand j'ai lancé cet appel
01:04:18à envahir les préfectures,
01:04:19mais je sais bien
01:04:20la réaction que ça va générer
01:04:22derrière.
01:04:24Oh, mon Dieu,
01:04:24mais qu'est-ce qui va se passer ?
01:04:25Moi, je fais ça
01:04:26pour alerter.
01:04:28Pas forcément...
01:04:28Je veux que ça monte là-haut
01:04:30et qu'ils entendent
01:04:31que la cocotte
01:04:31est en train de bouillir,
01:04:33qu'elle va péter.
01:04:34Et je ne veux pas
01:04:35que ça explose
01:04:36de manière désordonnée
01:04:38et violente.
01:04:39Je souhaite que ça change.
01:04:41Voilà.
01:04:42Merci beaucoup.
01:04:43Je suis désolée.
01:04:45Merci à vous deux
01:04:47parce qu'on a déjà pris
01:04:48beaucoup de retard.
01:04:49Merci, Edouard Philippe,
01:04:50vraiment, de votre venue.
01:04:51Vous revenez quand vous voulez
01:04:53à la fête de l'Humanita.
01:04:54Merci, Fabien Roussel.
01:05:10Merci, Maud.
01:05:11Merci, Julien.
01:05:12Et merci à Edouard Philippe
01:05:14et Fabien Roussel
01:05:15pour ce moment de débat
01:05:17contradictoire,
01:05:19argument contre argument.
01:05:20C'est ça aussi,
01:05:21la fête de l'Humanité.
01:05:24Merci, Maud.
01:05:24Merci, Maud.

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