- il y a 8 heures
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a débattu face à Patrick Martin, président du MEDEF, en direct de l'Agora de la Fête de l'Humanité le vendredi 11 septembre 2026.
Un échange animé par Julia Hamlaoui et Naim Sakhi, journalistes à l'Humanité.
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00:00 – Présentation
01:49 – Canicule, "violence de classe" et hausse des prix
08:17 – Logement et compétitivité
19:16 – Réindustrialisation, nationalisations et dette publique
28:36 – Aides publiques et capital étranger dans les entreprises
40:36 – Le cas de Total
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00:01Fabien Roussel, Patrick Martin, bienvenue à vous deux. L'été a été marqué par de nombreuses crises, le retour des
00:07mégas incendies, des vagues caniculeurs, le retour de l'inflation.
00:11En cette rentrée, si vous aviez une mesure à mettre en place, quelle serait-elle, Patrick Martin, pour commencer ?
00:19Je vais commencer par vous remercier de votre invitation. C'est la troisième année consécutive où je viens ici. J
00:26'y attache beaucoup d'importance parce qu'on a des points de désaccord profonds.
00:30Mais je pense que le pays, dans la situation dans laquelle il est, mérite des débats, des débats respectueux, des
00:36débats argumentés, puis conclusifs ou pas.
00:38Je m'exprime devant vous, je le précise, au titre d'une organisation, le MEDEF, qui réunit 240 000 entreprises,
00:47ça veut dire beaucoup de petites entreprises, de moyennes entreprises, aussi les grandes entreprises.
00:51Et je suis moi-même entrepreneur en province, dans une entreprise familiale. J'en viens à la question. Moi, je
00:58pense qu'il faut que notre pays, dès la rentrée, déclenche une forme de plan hors sec pour sa jeunesse.
01:05Moi, je suis profondément choqué de voir qu'on a un taux de chômage qui se rapproche de 22%, deux
01:12fois plus que la moyenne européenne, un taux d'emploi des jeunes qui n'est que de 35%.
01:17Il est de 51% en Allemagne, il est de 75% aux Pays-Bas, sur un plan humain, sur
01:22un plan social, sur un plan sociétal, mais aussi, sur un plan économique, la croissance de notre pays, le financement
01:29de notre régime sociaux.
01:30On ne peut plus tolérer cette situation. En tout cas, sachez que moi, j'en fais. Ce n'est pas
01:35un scoop. Si mes scoops vous intéressent, d'ailleurs, ça fait deux ans que je suis sur ce sujet-là.
01:40Et c'est la priorité absolue pour le MEDEF dès la rentrée. Et je viens d'écrire un livre qui
01:44va sortir le 17 septembre sur ce sujet.
01:48Ça tombe bien. Fabien Roussel, à vous la parole. Quelle priorité voulez-vous mettre en oeuvre en cette rentrée ?
01:54Merci pour l'organisation de ce débat, pour votre présence nombreuse et qui montre que vous y marquez de l
02:01'intérêt.
02:02Je suis content de pouvoir répondre à Patrick Martin et répondre à l'invitation qu'il m'a faite, puisque
02:09j'avais été invité aux universités d'été du MEDEF.
02:12Et j'ai eu l'occasion de plancher aussi, de présenter mes propositions aux entreprises, au MEDEF.
02:21Et on ne peut pas dire que ça ait forcément fait l'unanimité en face, mais le dialogue fut respectueux.
02:28Et dans cet état d'esprit, j'avais dit qu'il faudra venir ici, mon cher Patrick, pour qu'on
02:33puisse en débattre aussi devant le public de l'humanité.
02:35Et alors, vous m'interrogez sur la canicule et les premières mesures à mettre en oeuvre en cette rentrée.
02:42D'abord, concernant la canicule, je dirais que quand nous avons vu en cette rentrée que 8000 de nos concitoyens,
02:51de nos concitoyennes, étaient morts de cette canicule,
02:56je dis que ces 8000 morts, ce sont toujours les mêmes, ceux qui souffrent de la canicule, ce sont les
03:04plus vulnérables,
03:05ce sont ceux qui sont éloignés des services publics, ce sont ceux qui vivent dans les tours, qui ne sont
03:10pas isolés,
03:12où là où il n'y a pas de climatisation, c'est toujours les mêmes qui meurent, c'est jamais
03:16les riches qui meurent de la canicule.
03:18Il y a une violence de classe qui est terrible et qui fait que les Français n'en peuvent plus,
03:25n'en peuvent plus que ce soit toujours les mêmes,
03:27qui souffrent, qui meurent et à qui on demande de payer et de toujours payer.
03:33Et quand je vois cette rentrée, et que quand je vois dans cette rentrée, comme tous les Français,
03:40c'est quand je dois faire la queue pour aller faire de l'essence, quand je vois le prix du
03:46gasoil à 2,20 euros,
03:48quand je vois le prix des fruits et légumes, j'étais à Rungis, où ça devient un produit de luxe
03:56que de manger de la ratatouille,
03:57quand le prix de la tomate, quand le prix des poivrons, quand le prix des courgettes, ils prennent 30 à
04:0240%.
04:03Quand je vois tout ça, mais je me dis quand est-ce qu'on va mettre fin à ce racket
04:08dans les poches des Français,
04:10des travailleurs, des retraités, des familles qui ne peuvent plus se nourrir, qui ne peuvent plus aller travailler avec leur
04:15voiture,
04:16qui se retrouvent dans des situations les plus difficiles pour boucler leur budget.
04:22Je reçois dans mes permanences des dames, des retraités avec 900 euros, 1000 euros de pensions,
04:29et qui voient leur loyer augmenter de 20-30%, non pas le loyer en tant que tel,
04:34mais en fait c'est les charges, les prix de l'énergie encore qui augmentent.
04:38Parce que l'électricité augmente, parce que le gaz augmente encore, et on nous promet une nouvelle augmentation,
04:44je dis stop.
04:45S'il y a une mesure que je prendrai en cette rentrée immédiate, c'est de faire baisser tout de
04:51suite les taxes sur le prix de l'essence,
04:54sur le prix du gaz, sur le prix de l'électricité, et de rendre tout de suite du pouvoir d
04:59'achat nos concitoyens,
05:00aux familles, aux travailleurs et aux entreprises, pour nous permettre de vivre, et de vivre de notre travail,
05:07de vivre de notre salaire.
05:09La question de l'énergie est une question centrale dans cette rentrée, on aura encore l'occasion d'en parler,
05:14mais je veux mettre fin à ce racket, pointer les responsabilités, mais surtout rendre aux Français du pouvoir d'achat,
05:21parce que la vie chère, elle pèse de trop sur nos porte-monnaies.
05:24Ça semble très bien Fabien Roussel, parce que, effectivement, c'est aussi l'une des priorités des Français en cesse
05:32rentrée,
05:32on l'a vu, l'inflation qui repart à la hausse, vous en parliez, le prix de l'essence qui
05:36s'en va à nouveau,
05:36vous évoquiez les salaires, les salaires qui stagnent, on voit même des projets comme la désindexation des pensions de retraite
05:45refaire surface. Concrètement, vous évoquiez la baisse des taxes, qu'est-ce qu'on fait demain pour les salaires ?
05:55Eh bien, il y a deux leviers pour le pouvoir d'achat. Il y a d'abord ces impôts injustes
06:01qui pèsent sur les factures.
06:04Et je parle de la TVA, et je parle de l'énergie parce qu'il y a l'essence d
06:08'un côté, mais de l'autre, il y a l'électricité que nous produisons
06:12et que nous avons la possibilité de facturer au coût de production.
06:16Et c'est parce que la France s'est mise entre les mains du marché européen spéculatif que le prix
06:22de l'électricité s'envole
06:24parce qu'il est indexé sur le gaz, et c'est un scandale qu'il nous faut dénoncer.
06:29Et donc je parle d'abord des taxes que nous devons baisser. Et je parle des salaires et des pensions
06:35qu'il est nécessaire d'augmenter,
06:38mais pas en fonction de l'inflation. C'est fait pour le SMIC. Mais c'est plus que l'inflation,
06:45pour rattraper ce que nous avons perdu, mais c'est aussi pour tous les salaires au-dessus du SMIC
06:51qui n'augmentent pas, n'augmentent plus et qui se font rattraper par le SMIC.
06:56Il est obligatoire aujourd'hui d'avoir une augmentation pour l'ensemble des salariés.
07:02Et c'est pour ça que nous demandons, nous, un SMIC à 1 700 euros net, 2 200 euros brut,
07:11et je tiens au brut,
07:12et que l'ensemble des salaires soient indexés sur l'inflation avec l'échelle mobile des salaires,
07:19pour que tous les salaires augmentent en même temps que le SMIC augmente.
07:23Rendre une vie digne aux salariés pour qu'ils puissent vivre de leur travail,
07:29c'est que l'on ait enfin un travail qui permette de vivre, élever ses enfants, mettre de côté pour
07:36payer sa maison,
07:36faire des économies, investir, un salaire qui nous permette d'avoir accès à la culture, au sport, s'épanouir dans
07:45la vie.
07:46Le salaire aujourd'hui, il a été rogné par les marges des entreprises.
07:51C'est simple, s'il y avait la même répartition de la valeur ajoutée aujourd'hui que dans les années
07:5970,
07:59la même répartition de la valeur ajoutée que dans les années 70.
08:03Chaque salarié devrait toucher 3 000 euros de plus par an.
08:09Ces 3 000 euros de plus, c'est ce que le capital nous a volé, et ce que nous devons
08:14reprendre.
08:17Alors, Patrick Martin, on le voit, Fabien Roussel propose d'augmenter les salaires bruts.
08:22Vous, qu'en est-il au MEDEF ?
08:25C'est une taquinerie, on connaît déjà la réponse.
08:31Selon le dernier baromètre du Secours populaire, 4 Français sur 10,
08:36les revenus des Français ne suffisent pas à couvrir leurs dépenses pour 4 Français sur 10.
08:40Qu'est-ce que vous proposez en matière de pouvoir d'achat pour ceux qui nous écoutent ?
08:45Si vous me permettez, je reviens d'un mot quand même sur la canicule
08:47pour dire qu'on doit associer les pompiers, qu'ils soient professionnels ou volontaires.
08:51Et à la manifestation du MEDEF, à laquelle Fabien Roussel a bien voulu participer,
08:56on a rendu un hommage vibrant, 10 minutes de standing ovation aux représentants des pompiers qui étaient là.
09:01Moi, j'ai dans ma propre entreprise un salarié au Porsche, dont la maison a été détruite,
09:05donc je vois assez précisément ce que ça peut être.
09:08Ça me renvoie au deuxième point, qui fera la transition.
09:11Le coût du logement et l'accès au logement.
09:14Quand je parlais des jeunes, je rappelle, mais certains d'entre vous le vivent malheureusement,
09:18qu'on a 40% de nos jeunes qui refusent une opportunité d'emploi parce qu'ils ne peuvent pas
09:23se loger.
09:24On a 20% de nos étudiants, plutôt issus de milieux modestes, bien sûr,
09:28qui abandonnent leurs études parce qu'il n'y a pas suffisamment de logement, en l'occurrence pour les étudiants.
09:32C'est un scandale français, peut-être qu'on convergera là-dessus.
09:36C'est un scandale français que d'avoir ignoré la politique du logement depuis des années.
09:40Je peux vous affirmer que le MEDEF a été très en flèche pour essayer d'infléchir la tendance
09:45et je ne perds jamais de vue que le premier poste de dépense des ménages, dorénavant, c'est le logement.
09:51On gère, avec les syndicats, on gère Action Logement, la première foncière d'Europe,
09:541,2 millions de logements sociaux et intermédiaires.
09:58C'est le plus gros producteur de logements sociaux en France.
10:00Si chacun s'y met, et je m'adresse à un maire également en disant ça, y compris les maires,
10:05il faut qu'on fouette, qu'on relance très puissamment le logement.
10:08C'est intéressant pour l'économie et pour l'emploi.
10:10C'est surtout intéressant pour le pouvoir d'achat et singulièrement pour les jeunes.
10:14Je reviens sur mon sujet.
10:15Et sur les salaires ?
10:17Après, en amont, il faut que le pays produise plus.
10:22Il faut que le pays produise plus.
10:24C'est effrayant, on le voit dans les derniers chiffres qui ont été publiés il y a deux jours par
10:28l'INSEE,
10:28de voir combien en termes de croissance la France décroche, y compris par rapport à ses voisins européens.
10:35Quelle qu'en soit d'ailleurs la coloration politique, ça peut être l'Espagne, ça peut être l'Allemagne, ça
10:39peut être les Pays-Bas, ça peut être la Pologne.
10:41On va avoir sur 2026 une croissance qui sera le cinquième de la croissance de l'Espagne.
10:48L'Espagne, qui soit dit en passant, n'est pas non plus dans un panorama politique très stable.
10:53Et donc, c'est ça en amont...
10:56S'il vous plaît, s'il vous plaît, on écoute les intervenants.
11:01C'est ça en amont, me semble-t-il, sur lequel on doit travailler.
11:05Créer plus d'emplois, produire plus de richesses, ensuite la partager mieux.
11:10Mais je me permets...
11:14Oui, bien sûr.
11:16Deux dernières réflexions.
11:17Je ne suis pas d'accord, et d'ailleurs on a signé un diagnostic partagé avec les syndicats,
11:22sur la déformation, ce qu'on appelle la déformation du partage de la valeur.
11:26Les chiffres sont là, ça n'est pas vrai.
11:28Le partage de la valeur ne s'est pas déformé au profit des actionnaires, au détriment des salariés.
11:34Alors, on voit quand même...
11:35S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît.
11:37On a dit au départ, on a dit au départ que la fête de l'humanité, c'est un débat
11:42argument contre argument.
11:44Pour contre-argumenter, il faut entendre les arguments.
11:46Donc, on va écouter Patrick Martin, mais sur cette question-là, notamment...
11:51Donc, en amont, le vrai sujet, c'est de créer plus de valeurs.
11:55Ensuite, il faut investir plus, il faut travailler plus.
11:59Tous ces gens qui sont à l'écart du marché du travail, je le redis,
12:02les jeunes en particulier, tout ça sont des gens qui tirent le diable par la queue
12:06et qui, malgré eux, ne contribuent pas à la création de richesses.
12:10Après, pour ceux qui sont en poste, je ne parle pas de la fonction publique,
12:14ce n'est pas mon registre, il y aurait des choses à dire, mais je ne suis pas habilité à
12:17le faire.
12:18S'agissant du privé, nous, on a fait des propositions pour que le net augmente
12:25en même temps que la compétitivité des entreprises se redresse.
12:28Parce que si on a une balance commerciale qui se casse la gueule,
12:30si on n'a pas de croissance, si on perd en compétitivité,
12:33et si on veut, malgré tout, dans la durée, entretenir, développer des emplois de qualité
12:38en conditions de travail et en rémunération, il faut, j'insiste lourdement, générer de la croissance.
12:44Donc, la proposition qu'on a faite, elle coche un certain nombre de cases,
12:48et je ne sais pas si Fabien Gaëlle est là,
12:50elle permettrait en particulier à l'État de récupérer plus de 30 milliards d'euros.
12:54Donc, chacun serait servi.
12:56Alors, vous avez mis aussi en cette rentrée dans le débat la question de la TVA sociale,
13:03pour certains qui permettraient, en exonerant de nouvelles cotisations sociales,
13:09d'augmenter le salaire net, pour être plus concret.
13:14Vous parliez de la répartition des richesses.
13:16On voit quand même, d'année en année,
13:20les versements, que ce soit en rachat d'actions ou en dividendes,
13:23faits aux actionnaires battre record sur record.
13:26Comment est-ce que vous justifiez le fait que les entreprises,
13:29même les plus grandes, n'auraient pas les moyens d'augmenter les salaires ?
13:38Je veux dire, je suis assez décontracté pour vous répondre,
13:40parce que dans ma propre entreprise, c'est mon entreprise,
13:423 000 salariés, pas de dividendes l'année dernière,
13:44pas de dividendes cette année,
13:46donc je suis d'accord avec moi-même.
13:50Ensuite, je pourrais vous le dire.
13:54On ne peut pas faire de quelques cas des généralités.
13:57C'est quoi le rendement moyen d'un investissement dans une entreprise ?
14:00C'est 3 %, brut.
14:03Vous mettez votre argent en risque,
14:05ça peut vous rapporter 3 %, en moyenne.
14:08Vous mettez cet argent sur un livret de caisse d'épargne,
14:11zéro risque, garantie de l'Etat,
14:13et vous gagnez net 1,8 %.
14:16Il faut quand même se mettre en tête que les actionnaires
14:18ne sont pas des gens, des vampires.
14:21Premier point.
14:23S'il vous plaît, s'il vous plaît.
14:24Je n'ai pas encore vu une entreprise sans actionnaire,
14:28à part toutes les nationalisées,
14:29ce qui est une option.
14:30Je ne sais pas d'où viendraient l'argent.
14:34Alors, Fabien Roussel, un mot ?
14:42Je finis là-dessus.
14:42On a beaucoup de thèmes à aborder.
14:44Et puis, il y a un élément dont on n'a pas parlé,
14:47mais je crois qu'on va en parler,
14:48qu'il faut qu'on prenne en compte, me semble-t-il.
14:51C'est que nos finances publiques et nos régimes sociaux,
14:56financièrement, sont à bout de souffle.
14:57Donc, il faut qu'on navigue au milieu de tout ça.
15:01Enfin, écoutez, je suis désolé,
15:02mais quand on est le pays le plus endetté d'Europe,
15:05qu'on paye les taux d'intérêt les plus élevés d'Europe,
15:07qu'on a une dette publique qui est majoritairement détenue
15:10par des créanciers, on a une dette publique
15:13majoritairement détenue par des étrangers,
15:15moi, je suis un patriote.
15:17Je l'assume, je le revendique.
15:18Alors, s'il vous plaît.
15:19Alors, Fabien Roussel, Patrick Martin évoque la question
15:22de la compétitivité.
15:24Est-ce que vous, vous diriez que la cotisation sociale,
15:26aujourd'hui, est un frein pour nos entreprises ?
15:29Est-ce que la cotisation sociale, aujourd'hui,
15:31est un frein pour la compétitivité de nos entreprises ?
15:34Ah, mais pas du tout.
15:35Je pense même au contraire
15:37que grâce à la cotisation sociale,
15:40qui est un salaire différé,
15:42on garantit une forme de sécurité sociale
15:45pour chaque salarié,
15:47on lui garantit une bonne retraite,
15:50on lui garantit une retraite,
15:52on lui garantit l'accès à la santé
15:53et à la prise en charge des maladies,
15:56notamment des maladies graves,
15:57on lui garantit la prise en charge
16:00des accidents du travail,
16:01la politique familiale.
16:02C'est tout ça que ça finance la cotisation sociale.
16:04C'est un salaire socialisé,
16:06c'est un salaire différé.
16:08Alors aujourd'hui, à force de taper sur la cotisation sociale,
16:12à force de taper sur la sécurité sociale,
16:16les Français s'interrogent
16:18parce que la sécurité,
16:20elle rembourse moins,
16:21parce que la retraite,
16:22elle est de plus en plus basse.
16:24Et on se demande,
16:25ma mince, à quoi servent nos cotisations
16:27si derrière, on est moins bien remboursés,
16:29moins bien soignés.
16:30Et c'est pour ça que nous voulons nous mettre
16:33les pieds dans le plat
16:34concernant le financement
16:35de notre modèle social
16:37et de notre protection sociale.
16:39Là, l'exemple de l'Espagne
16:41est un très bon exemple
16:43parce que la ministre du Travail en Espagne,
16:46Yolanda Diaz,
16:47ministre communiste,
16:49arrive justement à avoir une croissance
16:51supérieure à celle de la France
16:53en ayant augmenté les salaires
16:54de 60% en moyenne.
16:56Et donc, c'est possible.
16:59Ce qui fait du mal à la France,
17:03c'est que depuis des décennies,
17:06je dirais,
17:07mais il y a eu une accélération
17:08sous la présidence d'Emmanuel Macron,
17:10c'est que la France libérale
17:13s'est engagée dans la politique
17:15de l'offre des premiers de corvée
17:18à qui nous avons fait ce gouvernement,
17:20ces gouvernements ont fait
17:21tous les cadeaux fiscaux
17:22en disant,
17:23vous allez gagner beaucoup d'argent,
17:25ça va ruisseler,
17:26mais qu'il n'y a rien qui a ruisselé
17:28et que nos entreprises ont continué
17:30de déménager à l'extérieur
17:31et que la pauvreté a grandi dans notre pays.
17:34Il y a des travailleurs pauvres
17:36dans notre pays.
17:37Nous sommes passés de 12% de salariés
17:40payés au SMIC
17:42à 17% de salariés payés au SMIC
17:45avec un SMIC
17:46à 1430 euros net par mois.
17:50Mais comment on vit
17:51avec un tel salaire
17:53quand on voit comment les factures ont explosé.
17:56Donc, nous avons besoin aujourd'hui
17:59d'avoir un salaire brut
18:01qui permette véritablement
18:03de financer la protection sociale.
18:05Il y a une chose
18:06sur laquelle je suis entièrement d'accord
18:09avec le discours que disent,
18:11que tiennent les chefs d'entreprise.
18:13Et quand je serai président de la République,
18:15nous devrons travailler ensemble.
18:16Donc, on devra bien se mettre autour de la table
18:19pour répondre
18:21à la nécessité
18:24de reconstruire la France.
18:27De reconstruire une France
18:29qui redeviendra
18:30une grande nation industrielle dans le monde.
18:33Reconstruire une France
18:34qui redeviendra
18:35une grande nation agricole
18:37capable de nourrir sa population
18:39et d'exporter aux autres pays.
18:41De redevenir une grande nation
18:43en matière d'éducation
18:45et d'accès au savoir
18:46au lieu d'être en bas de tableau
18:47comme on vient de le voir aujourd'hui.
18:49De redevenir une grande nation
18:51qui sait soigner
18:52toutes celles et ceux
18:53qui en ont besoin aujourd'hui.
18:54Ce qui n'est plus le cas
18:55parce qu'on n'a plus accès
18:56aux médecins ou aux spécialistes.
18:58Ce déclassement,
18:59il existe aujourd'hui.
19:00Et pour parvenir à ça,
19:03nous avons besoin
19:04de produire plus de richesses.
19:06Je suis mille fois d'accord
19:08de produire plus de richesses,
19:10mais une richesse socialement utile
19:12et respectueuse de l'être humain
19:14comme de la planète.
19:16Et c'est le cœur du débat.
19:18Je finis là-dessus.
19:19Et c'est pour ça
19:22qu'on va utiliser les mêmes mots
19:25produire plus de richesses.
19:27Mais nous,
19:27nous voulons participer
19:29aux décisions
19:30sur comment on produit,
19:32pourquoi on produit,
19:34pour qui on produit.
19:35On veut siéger
19:37dans les conseils d'administration.
19:39Et je revendique
19:40la parité sociale
19:41dans les conseils d'administration,
19:43que les salariés
19:44puissent partager
19:45à parité
19:46avec les actionnaires
19:47toutes les décisions
19:48les concernant
19:49dans l'entreprise.
19:50Pourquoi on produit ?
19:51Qu'est-ce qu'on produit ?
19:52Où vont les richesses ?
19:53À qui on les distribue ?
19:55Comment on investit
19:56dans l'entreprise ?
19:57Comment on investit
19:57en France
19:58pour l'économie française,
20:00pour le monde du travail,
20:01pour nos enfants ?
20:02C'est ça l'enjeu,
20:03c'est la démocratie,
20:04c'est reprendre le pouvoir
20:05sur notre outil de travail.
20:07Tout ça nécessite
20:10évidemment des moyens.
20:13Patrick Martin,
20:14vous avez commencé
20:15à l'évoquer.
20:17On vous donnera la parole
20:17sur ce sujet
20:18juste après Fabien Roussel.
20:20Mais après 10 années
20:20de macronisme,
20:22effectivement,
20:23le déficit dépasse
20:24les 5%.
20:24La dette a augmenté
20:26de 1 255 milliards
20:29depuis 2017.
20:31Il y a un débat
20:33entre vous
20:34sur qui doit payer
20:36l'addition.
20:37En quelques mots,
20:38Patrick Martin,
20:39pour vous ?
20:40Non, enfin,
20:41moi, je partage,
20:42je le dis à mon tour,
20:44cher Fabien Roussel,
20:45je partage l'objectif,
20:46je partage le diagnostic,
20:48je ne partage pas
20:49les solutions.
20:51Et je voudrais,
20:53juste là aussi...
20:54Mais s'il n'y a plus
20:54que le chemin,
20:56on va réussir
20:57à trouver des chemins
20:59qui font que la France
21:00va s'en sortir quand même.
21:02Bien sûr.
21:03Parce que c'est le débat
21:04que nous pouvons avoir,
21:05excusez-moi,
21:05de cet échange,
21:06mais il nous arrive
21:07d'échanger avec Patrick Martin
21:09justement sur les projets
21:11que nous avons,
21:12les projets de société.
21:13Ce n'est plus possible
21:14pour financer tout ça
21:15qu'il y ait des marges
21:16à deux chiffres
21:17dans des grands groupes.
21:18Il va falloir que chacun
21:19mette la main à la poche,
21:21que ce soit
21:22les grandes entreprises
21:23comme l'Etat.
21:24L'Etat ne pourra pas
21:25tout payer
21:26et les entreprises
21:27vont devoir participer.
21:29Et c'est bien pour ça
21:29qu'il va falloir
21:30qu'on fasse un bout de chemin
21:31quand même
21:31pour reconstruire la France
21:32et ne pas se regarder
21:34en chien de faïence.
21:35D'abord,
21:36on ne se regarde pas
21:36en chien de faïence.
21:37En tout cas,
21:38nous deux.
21:38Il y en a d'autres
21:39qui sont plus compliqués,
21:40on va dire.
21:44Petite précision.
21:45Les retraites,
21:46ce n'est pas un salaire différé.
21:48Les actifs payent
21:49les retraites
21:49des retraités
21:50par définition.
21:52Et quand on regarde
21:52les enquêtes d'opinion,
21:54nos jeunes en particulier,
21:55moi, je parle beaucoup
21:56des jeunes,
21:56nos jeunes en particulier,
21:57mais c'est vrai,
21:58en moyenne de la population,
21:59ne croient plus
22:00en l'avenir
22:01de nos régimes
22:01de retraite.
22:02Et ça...
22:03S'il vous plaît,
22:04s'il vous plaît,
22:05s'il vous plaît.
22:05Pas ici.
22:06S'il vous plaît.
22:07Et donc,
22:07c'est de notre responsabilité,
22:09d'autant que,
22:09là, je m'exprime
22:10en tant que partenaire social,
22:12on est,
22:12malgré les interférences
22:13permanentes de l'État,
22:14en charge
22:15d'un certain nombre
22:16de ces régimes sociaux.
22:17Je suis parfaitement conscient
22:18des responsabilités
22:19qu'on doit assumer.
22:20Ça n'enlève rien au fait
22:22qu'il ne faut pas inverser
22:23l'ordre des facteurs.
22:24On en est où ?
22:25L'ambiance en témoigne.
22:26On en est à se créper le chignon,
22:28à se chercher des poux
22:29dans la tête.
22:29Pourquoi ?
22:30Pour gérer la pénurie.
22:32Donc,
22:32quand je dis
22:32qu'il ne faut pas inverser
22:33l'ordre des facteurs,
22:34je reviens toujours à ça.
22:35En redonnant de la puissance,
22:36je serais même tenté de dire
22:37de la fierté à la France.
22:39En luttant contre
22:40la fracture territoriale,
22:41en luttant contre la pauvreté,
22:43il faut qu'on recrée
22:44de la richesse dans ce pays.
22:45Comment peut-on créer
22:46de la richesse ?
22:48Ça ne se...
22:49Ça ne se décrète pas.
22:52Il faut qu'on réunisse
22:54les moyens
22:54de la prospérité.
22:56Alors,
22:57vous m'interpellez
22:57sur le bilan
22:59des deux quinquennats,
23:00parce qu'on est quasiment
23:01au terme du deuxième,
23:02de M. Emmanuel Macron.
23:04Les choses se sont
23:06catastrophiquement aggravées
23:07depuis 2024.
23:09Parce qu'il n'y a plus
23:10de fil conducteur,
23:11on ne sait pas où on va,
23:12c'est des coups de godis,
23:13ça tire à eux et à dire
23:14ça crée du stress chez vous,
23:16ça crée du stress chez nous.
23:17Enfin,
23:17je rappelle quand même
23:18qu'on a battu
23:19le record historique
23:21de faillite d'entreprises.
23:23Je vous signale le chiffre...
23:25Non, s'il vous plaît,
23:26s'il vous plaît,
23:26on écoute.
23:27Le chiffre a été donné hier.
23:28On gère,
23:29moi je m'en honore
23:30et je vous le dis,
23:31intégralement financé
23:32par le patronat,
23:33le régime AGS.
23:34Qu'est-ce que c'est
23:34le régime AGS ?
23:35C'est le régime
23:36qui prend en charge
23:37les salaires
23:38dans les entreprises
23:39en procédure collective.
23:40C'était déjà
23:41en forte progression
23:42à date l'année dernière.
23:43C'est à 28%
23:44de plus cette année.
23:45Donc on est un peu placé,
23:47nous aussi,
23:47pour savoir que la période
23:48est très difficile.
23:50Et à l'occasion
23:51de notre REF,
23:51notre université d'été
23:52d'il y a 10 jours,
23:54on a publié une enquête
23:55qui a 66 000 réponses
23:57de chefs d'entreprise.
23:5866 000 réponses.
24:00À 82%,
24:01ils expriment leur inquiétude
24:03pour leur avenir personnel
24:04et pour l'avenir
24:05de leur entreprise.
24:06Donc je pense
24:06qu'il y a une forme d'urgence
24:07à, non pas à effacer,
24:09mais à dépasser
24:10un certain nombre
24:11de postures,
24:13peut-être les miennes,
24:13y compris,
24:14pour qu'on réunisse
24:15les voies et moyens
24:16de la manière
24:16la plus consensuelle possible
24:18en laissant de côté
24:19des gens qui ne cherchent
24:20qu'une chose,
24:20c'est la pagaille,
24:21la violence et la fracturation
24:23pour essayer,
24:24comme ça s'est fait
24:24à certaines époques,
24:25de dessiner un avenir
24:27pour nos jeunes
24:27et pour nous tous.
24:28Mais vous êtes d'accord,
24:30Patrick Martin,
24:31vous êtes d'accord
24:32que si on lance
24:33un grand plan
24:34de réindustrialisation
24:35de notre pays,
24:36si on double
24:37la production
24:38manufacturière en France
24:39pour créer en France
24:40ce dont nous avons besoin
24:40en France,
24:41ne plus être dépendant
24:42des masques
24:43comme on l'a vu
24:44pendant le Covid,
24:45ne plus être dépendant
24:46de certains médicaments,
24:47ne plus être dépendant
24:48dans la chimie,
24:49dans la sidérurgie
24:50de certaines puissances,
24:51si nous doublons
24:52la production manufacturière,
24:54nous allons créer
24:542 millions d'emplois
24:55dans notre pays.
24:56Ce sont les 2 millions
24:57d'emplois qui ont disparu
24:59dans l'industrie.
25:00C'est 2 millions
25:01de salariés,
25:01d'ingénieurs,
25:02d'ouvriers qualifiés
25:03qui vont cotiser
25:04pour le système
25:05de retraite
25:06par répartition.
25:07C'est donc de la richesse
25:08qui va rentrer
25:09pour financer
25:10la sécurité sociale.
25:11Et donc,
25:11la solution,
25:12ce n'est pas
25:13la capitalisation,
25:14la solution,
25:15c'est de créer
25:15des emplois
25:16qui cotisent
25:17et qui vont financer
25:18les retraites
25:19d'aujourd'hui.
25:20Et c'est pour ça
25:21qu'il faut mettre
25:21au cœur
25:22de la reconstruction
25:23de la France
25:24le travail,
25:25la création d'emplois,
25:26l'industrie,
25:27la relocalisation
25:27de l'activité.
25:29Et moi,
25:29je suis pour donner
25:31des marges de manœuvre
25:33aux entreprises.
25:34Pour cela,
25:35nous ne disons pas
25:36plus d'aide publique,
25:37nous disons
25:38que les aides publiques,
25:39l'impôt des Français
25:41versé aux entreprises
25:42doit être versé
25:43sur des critères
25:45qui conditionnent
25:46cet argent
25:47à la création
25:48d'emplois,
25:48à l'investissement
25:49en France,
25:50au respect
25:50de normes sociales,
25:51écologiques,
25:52à la parité salariale,
25:53femmes,
25:54hommes.
25:55On ne peut plus verser
25:56de l'argent public
25:57à des entreprises
25:58qui délocalisent,
25:59à des entreprises
26:00qui versent des dividendes.
26:01C'est comme si l'État
26:02faisait un chèque
26:03aux actionnaires.
26:04Ce n'est plus possible,
26:05on n'a plus
26:06les moyens de ça.
26:06C'est pour cela
26:07que l'argent public
26:08doit permettre
26:09aux entreprises
26:10d'investir en France
26:11sous critères
26:12et deuxième volet.
26:13Moi, je suis,
26:14vous vous proposez
26:15de supprimer
26:16les cotisations sociales
26:17mais, au contraire,
26:20je ne veux pas ça.
26:22On rapproche
26:23le brut du net,
26:24il n'y a plus
26:25de cotisations,
26:26peu au prou.
26:27En revanche,
26:28nous pouvons donner
26:29des marges de manœuvre
26:30nouvelles aux entreprises
26:31et c'est comme cela
26:32que je m'adresse
26:32aux chefs d'entreprise.
26:34Baisser le prix
26:35de l'électricité,
26:36leur garantir
26:37de l'électricité
26:38décarbonée,
26:39stable,
26:40pilotable.
26:40C'est le projet
26:41que nous avons.
26:42Faire en sorte
26:43de baisser
26:43les prix des assurances
26:45qui se gavent
26:46comme jamais.
26:47Je propose
26:47de nationaliser
26:48le groupe AXA.
26:50Oui,
26:50il y a des nationalisations
26:51qui sont utiles
26:54et vous verrez
26:56qu'avec une assurance
26:56publique,
26:57vous allez gagner
26:58de l'argent.
26:59Je suis pour que,
27:00même,
27:01nous puissions agir
27:02sur les loyers
27:03que payent
27:03les entreprises
27:04parfois et qui sont
27:05eux-mêmes exorbitants.
27:07Il y a des marges
27:08de manœuvre
27:09à donner aux entreprises.
27:11Et alors,
27:11enfin,
27:12les intérêts bancaires.
27:14Les intérêts bancaires.
27:16Les banques.
27:17On parlait de la dette
27:19depuis 1979
27:22que la France
27:23est obligée
27:23d'emprunter
27:24auprès
27:25des marchés financiers
27:26des banques.
27:27La France
27:28a versé
27:301350 milliards
27:31d'euros
27:31d'intérêts bancaires
27:33aux banques.
27:34C'est la moitié
27:34de notre dette,
27:35justement.
27:36On se fait plumer
27:37par les banques.
27:39Et les banques,
27:40je vais vous donner
27:40les noms,
27:41il y a les banques
27:42américaines,
27:43JP Morgan,
27:46Goldman Sachs,
27:47mais il y a aussi
27:48les banques françaises,
27:49BNP,
27:50Société Générale,
27:52Crédit Agricole.
27:53Alors,
27:53les mêmes
27:54qui nous disent
27:55faut payer la dette
27:56sont les mêmes
27:57qu'ils soient
27:57contre les billets.
27:59C'est des voleurs.
28:00Ceux-là aussi,
28:01on nationalise
28:02et on reprend
28:03le pouvoir
28:03sur l'argent.
28:04On va prendre
28:05les sujets
28:06les uns
28:06après les autres.
28:08On évoquait
28:10la question
28:11des aides publiques
28:12aux entreprises.
28:13Il y a
28:14un rapport
28:15sénatorial
28:16qui a été
28:16publié
28:17par Fabien Guet,
28:18par ailleurs
28:18directeur
28:19de l'Humanité,
28:21211 milliards
28:22d'aides publiques
28:23aux entreprises.
28:25Fabien Roussel
28:25parlait
28:26de conditionner
28:27ses aides
28:27à des critères
28:28sociaux,
28:29environnementaux.
28:30Est-ce que vous pensez
28:31que c'est
28:32une contribution
28:33qu'il doit falloir
28:33envisager
28:34dans le contexte actuel ?
28:36Je ne peux pas
28:37laisser
28:37Fabien Roussel
28:39dire ce qu'il a dit.
28:41C'est normal.
28:42Les banques
28:43et les assurances
28:45prêtent l'argent
28:46de qui ?
28:46De leurs déposants.
28:49Et,
28:49parmi les déposants,
28:52majoritairement
28:53des déposants
28:53étrangers.
28:54La dette française
28:55est détenue
28:56majoritairement
28:57par des étrangers.
28:58Donc,
28:59moi je veux bien,
28:59c'est comme le capital
29:02de Total
29:02est détenu
29:03à combien
29:04par des étrangers ?
29:05Fabien ?
29:07Plus de la moitié.
29:0985%.
29:1185%.
29:11Et ça ne vous choque pas ?
29:12Si, ça me choque.
29:13Et je dis...
29:15Reprenons la main.
29:16Mais bien sûr
29:16que ça me choque.
29:17Et pourquoi
29:17notre dette publique
29:19est-elle détenue
29:19majoritairement
29:20par des étrangers ?
29:21Vous ne pouvez pas
29:21demander à un épargnant
29:22japonais
29:23d'être un patriote français.
29:24Il est patriote japonais.
29:26Vous ne pouvez pas
29:26demander à un investisseur
29:28particulier américain
29:29d'être un patriote français.
29:30Il peut être francophile,
29:31ce n'est pas le sujet.
29:32Il défend son argent
29:33plutôt qu'il défend la France.
29:34Et il défendra
29:35les Etats-Unis
29:35ou le Japon
29:36avant de défendre la France.
29:37Bien.
29:37Donc,
29:38le problème de fond,
29:39et ça a été dit
29:40au détour d'une phrase,
29:41c'est qu'on n'a pas
29:42réuni les moyens
29:43de constituer
29:44une épargne française
29:46fléchée vers l'investissement.
29:48C'est ça le vrai problème.
29:50Donc,
29:50quand la majorité
29:51des entreprises,
29:52la majorité en moyenne
29:53des entreprises du CAC 40
29:54est détenue
29:54par des actionnaires étrangers,
29:56on est pieds et poings liés.
29:58Ces gens-là demandent
29:59des rendements,
30:00alors on va leur dire
30:00non, il faut baisser
30:01vos rendements.
30:02Mais ils vont prendre
30:02leur clic et leur claque.
30:04Ils vont prendre
30:05leur clic et leur claque.
30:06Et personne ne pourra
30:07leur reprocher
30:07de ne pas être
30:08des patriotes français.
30:09Moi, tout mon argent
30:10est dans ma boîte.
30:11Alors, je suis là aussi
30:11très décontracté,
30:12pour vous dire ça.
30:13Mais c'est une bonne question
30:15sur la propriété
30:17des entreprises
30:17aujourd'hui
30:18et des grands groupes
30:19et des banques
30:20et des grandes filières
30:22stratégiques
30:23comme Total,
30:24comme ArcelorMittal,
30:25parce que ces grands groupes
30:27dont nous avons besoin,
30:29il n'y a pas
30:29de voitures,
30:31de boîtes de conserve
30:32sans acier
30:33venant de Mittal.
30:35Or, Mittal,
30:36aujourd'hui,
30:37appartient à un actionnaire
30:38qui peut partir
30:39du jour au lendemain
30:40et décider de fermer la boîte
30:41et que l'on ne produise
30:42plus d'acier
30:43dans notre pays.
30:44Donc, la question
30:45de la réappropriation
30:46de l'outil de travail
30:47de nos filières stratégiques,
30:49elle se pose en grand.
30:50Et c'est pour ça
30:51que nous parlons
30:52de nationalisation
30:53ou de nationalisation
30:54temporaire.
30:56De nationalisation temporaire,
30:57quand c'est nécessaire.
30:59Il y a des boîtes
30:59aujourd'hui
31:00qui sont menacées.
31:01Je vois les forges
31:02de Bretagne.
31:03Je vois
31:04Fibre Excellence
31:05en Occitanie.
31:06Je vois Val-d'une
31:07qui produit des aciers,
31:09des essieux
31:10dans le nord
31:10pour le ferroviaire.
31:12Des entreprises
31:12uniques,
31:14stratégiques,
31:14les seules
31:15à faire ça en France.
31:16Demain,
31:16on fait quoi ?
31:17On les laisse partir
31:18à l'étranger,
31:19on les laisse fermer,
31:20on les met entre les mains
31:21de capitaux extérieurs
31:23où on dit
31:24c'est essentiel
31:25au pays,
31:26c'est essentiel
31:27pour nos territoires.
31:28Eh bien,
31:29on fait tout
31:30pour conserver
31:30des savoir-faire
31:31et la France,
31:32la BPI,
31:33la Caisse des dépôts,
31:34elles rentrent
31:35temporairement
31:36dans le capital
31:36de ces groupes
31:37pour pouvoir les conserver
31:39parce que nous considérons
31:40que c'est stratégique.
31:41Moi,
31:42je ne combats
31:42pas l'étranger
31:43mais les capitaux étrangers.
31:45Ceux-là,
31:46s'ils veulent continuer
31:47à nous exploiter,
31:48ils peuvent partir.
31:49Ils peuvent partir.
31:51Et l'argent
31:51qu'il y a dans les banques,
31:52c'est le nôtre.
31:54C'est celui
31:55que l'on dépose
31:55tous les mois.
31:57Et on le fait
31:59parce que nous n'avons
32:00pas le choix,
32:00parce que la loi
32:02dit que c'est comme ça.
32:03On doit leur donner
32:04notre argent
32:05tous les mois.
32:05On ne peut plus.
32:06Ce n'est plus en liquide.
32:07Ce n'est plus
32:08tous les 15 jours
32:09comme ça se faisait avant
32:11il y a longtemps.
32:12Et je ne demande pas
32:12ce que ça revienne comme ça.
32:14Mais le fait
32:14que les banques
32:15aient notre argent
32:16dans leurs dépôts,
32:19ça veut dire
32:19que quand même
32:19on est intéressé
32:20quand même
32:21de ce qu'ils font
32:21de notre argent.
32:22Or,
32:22ces banques,
32:23avec notre argent,
32:25décident de prêter
32:26à l'État
32:27à des taux d'intérêt
32:29faramineux.
32:30ils nous tiennent
32:31par la dette
32:32et ils nous disent
32:33avec notre argent
32:34on veut bien
32:34continuer à vous prêter
32:35mais il faut faire
32:36une réforme des retraites
32:37et que les Français
32:38travaillent jusqu'à 70 ans.
32:39Mais jamais.
32:41C'est notre argent
32:42et je veux que les banques
32:43prêtent à qui on le dira
32:45et au taux que nous
32:46on décidera
32:46avec notre argent.
32:49on voit quand même
32:51que même si vous avez
32:51des chemins différents
32:52vous plaidez tous les deux
32:53pour une réindustrialisation
32:56du pays.
32:57On sort de 10 années
32:57de politique de l'offre
32:59avec pour bilan
33:00un chômage qui repart
33:01à la hausse
33:01et qui dépasse les 8%.
33:02La CGT recensait
33:04au printemps
33:04quelques 550 plans
33:05de suppression d'emplois.
33:07Quel bilan
33:07vous tirez
33:08les uns et les autres
33:10de cette relance industrielle
33:12et de cette politique
33:13de l'offre ?
33:14Patrick Martin
33:15Je vais répondre
33:16en rebondissant
33:17sur la perche
33:18qui m'a été tendue
33:19s'agissant des aides
33:21aux entreprises.
33:22Je suis intervenu ici même
33:23avec Fabien Guel
33:24l'année dernière
33:25pour parler de son rapport.
33:26Il vient de me remettre
33:27son livre
33:27que je lirai avec grand intérêt.
33:29Mais il ne peut pas
33:29y avoir de poids de mesure.
33:31Curieusement,
33:32on parle moins
33:32d'un autre rapport sénatorial
33:34qui est sorti il y a 10 jours
33:35et qui lui rappelle
33:37que déduction faite
33:38de ces aides
33:39qui franchement
33:40si on les analyse précisément
33:41ne vont pas majoritairement
33:43vers les entreprises
33:44à proprement parler.
33:45Le deuxième rapport
33:46établit que malgré tout
33:48les entreprises françaises
33:49restent les plus taxées
33:50au monde.
33:51C'est ce que j'appelle
33:52Fabien Roussel
33:52ne pas inverser
33:53l'ordre des facteurs.
33:54Évidemment que je rêve
33:56qu'on réindustrialise.
33:57Moi je suis industriel
33:59et mes clients
34:00sont industriels.
34:02Donc à tous égards
34:04je suis motivé
34:05par ce sujet là.
34:06Mais pour faire venir
34:07de l'argent
34:08pour sédentariser
34:11de l'épargne française
34:12au bénéfice
34:13de notre industrie
34:14et de nos territoires
34:15il faut qu'on ait
34:16des conditions
34:17d'équité
34:18et de compétitivité.
34:19Je continue
34:20en disant quoi ?
34:21En disant que le MEDEF
34:22en 2018
34:23a installé
34:24un comité
34:25souveraineté
34:26et sécurité économique.
34:28Donc on ne découvre pas ça
34:29aujourd'hui
34:29parce que malheureusement
34:30chaque jour
34:31chaque jour
34:32l'Europe est déficitaire
34:33d'un milliard d'euros
34:34à l'égard de la Chine
34:35qui nous agresse
34:37littéralement
34:37sur tous les secteurs
34:38d'activité stratégique
34:40au détriment
34:41de notre souveraineté.
34:42Le sujet
34:42on l'a donc
34:43précisément en tête.
34:45Il faut en amont
34:45que
34:47pardon d'insister
34:47lourdement là-dessus
34:48on redresse
34:49le niveau
34:50de qualification
34:51de compétence
34:52de formation
34:53de nos jeunes.
34:54Le classement PISA
34:55est tombé.
34:55Alors ça s'effondre
34:56dans tous les pays occidentaux
34:57mais en France encore plus.
34:59Ça progresse
34:59dans tous les pays asiatiques.
35:01C'est ça la mer
35:02de toutes les batailles.
35:02On est dans une économie
35:03qui mute à toute vitesse.
35:05Il va y avoir
35:05l'intelligence artificielle.
35:07Il y a tout ce qui tourne
35:08autour du digital.
35:09Il y a les biotech, etc.
35:11Si on ne traite pas
35:12d'urgence
35:12ce sujet
35:13qui est en amont
35:14de tout
35:14et moi je vais vous dire
35:15un truc qui va peut-être
35:16vous surprendre
35:16et qui sera retenu
35:18contre moi.
35:18Les pays les plus performants
35:20au monde
35:20y compris en termes
35:21de salaire
35:22les pays les plus performants
35:23au monde
35:24ce ne sont pas nécessairement
35:25les pays qui ont
35:26le régime fiscal
35:26le plus favorable.
35:27Ce sont les pays
35:28qui ont le plus investi
35:29sur les compétences
35:31la formation
35:32et la jeunesse.
35:33Qu'est-ce que fait
35:34le Maroc actuellement ?
35:35Le Maroc.
35:35Au Maroc
35:36vous avez 49% de femmes
35:38dans les écoles d'ingénieurs.
35:39En France
35:40on est à 23%
35:41et ça baisse
35:43pour les intéressés
35:44pour ces femmes
35:44pour le pays lui-même
35:46c'est un scandale
35:47et tout le monde
35:48se voile la face
35:49en disant
35:49c'est une fatalité.
35:50Et bien non
35:50moi je ne me résigne pas
35:52à ça
35:52ça ne répond pas
35:53à toutes les questions
35:54soulevées par le sujet
35:55qu'on évoque
35:56mais je pense
35:57que c'est la pierre angulaire
35:58c'est la mer
35:58de toutes les batailles
35:59le pouvoir d'achat
36:00les compétences
36:01la productivité
36:02le logement
36:04et tout y quanti.
36:05Sur le bilan
36:06de la politique de l'offre
36:06Patrick Martin
36:07sur le bilan
36:08de la politique de l'offre
36:09la politique de l'offre
36:11écoutez
36:12elle a généré
36:14peut-être pas
36:15elle seule
36:162 millions d'emplois
36:17on est loin
36:18de l'objectif
36:19que le président Macron
36:20s'était fixé
36:21d'arriver à 5%
36:22de taux de chômage
36:23qui est d'ailleurs
36:23le taux de chômage
36:24d'un certain nombre
36:25de pays
36:26libéraux
36:28mais enfin
36:29on a créé
36:292 millions d'emplois
36:31la trajectoire
36:31s'est inversée
36:32pourquoi la trajectoire
36:33s'est-elle inversée
36:34elle s'est inversée
36:34pour des raisons
36:36extérieures
36:37cette concurrence
36:38chinoise
36:38cette concurrence
36:39américaine
36:39qui est également
36:40extrêmement brutale
36:42la guerre en Ukraine
36:43qui a fait exploser
36:45avant que ce soit
36:46le détroit d'Ormus
36:47le prix de l'énergie
36:48mais enfin
36:49tout ça vaut
36:50pour tous les autres
36:51pays européens
36:52pour tous les autres
36:53pays européens
36:53le vrai problème
36:55en tout cas
36:56le facteur aggravant
36:57pour la France
36:57c'est qu'on n'a plus
36:59de fils conducteurs
37:00on n'a plus de récits
37:01on n'a plus de projets communs
37:02et on n'arrive pas
37:03à part quelques bonnes volontés
37:05à se réunir
37:05sur une ambition
37:06qui passe par la
37:08réindustrialisation
37:08mais j'en adote
37:10et je l'assume
37:11d'abord par la jeunesse
37:12juste du coup
37:13sur réindustrialisation
37:15vous vous l'évoquiez
37:15quelques quelques minutes
37:17auparavant
37:17Fabien Roussel
37:19on entend là
37:20Patrick Marquin
37:21évoquer aussi
37:22les questions d'éducation
37:23qui dit éducation
37:25dits services publics
37:26en tout cas
37:27dans votre projet
37:28ce qui nécessite
37:29aussi
37:30des financements
37:33du coup
37:34ça rebondit
37:36avec ce que vous disiez
37:36sur la fiscalité
37:38est-ce que
37:38la France a aujourd'hui
37:40les moyens
37:41de financer
37:42ces services publics
37:43on se dirige
37:43vers un budget
37:44d'austérité
37:45présenté par
37:46Sébastien Lecornu
37:48avec des coupes
37:50dans les dépenses
37:51publiques
37:52est-ce que là
37:52c'est le coeur
37:54de l'enjeu
37:55des prochains mois
37:56pour vous
37:57dans la bataille budgétaire
37:59qui s'annonce
37:59sur la reconquête
38:01industrielle
38:02est-ce que ça passe
38:02aussi
38:03par ces financements
38:05publics
38:05y compris
38:06dans notre système
38:07éducatif
38:08bien sûr
38:09on va mener
38:09cette bataille
38:10budgétaire
38:11mais je ne veux pas
38:12laisser passer
38:13ce qu'a dit
38:14Patrick Martin
38:15et pouvoir donner
38:16des arguments
38:17à celles et ceux
38:18qui nous écoutent
38:19parce que
38:21tous les jours
38:22ils nous disent
38:23que la France
38:24est le pays
38:25le plus taxé
38:26c'est faux
38:27c'est archi faux
38:29parce que
38:30quand ils disent ça
38:31ils additionnent
38:33en France
38:34les impôts
38:35que payent
38:36les entreprises
38:36et les cotisations
38:37qu'elles payent
38:38sur les salaires
38:40ce n'est pas
38:41la même chose
38:42les cotisations
38:43permettent de financer
38:44la santé
38:45et la retraite
38:46il faut les enlever
38:47ce ne sont pas
38:48des taxes
38:48ce ne sont pas
38:49des impôts
38:50ce sont des cotisations
38:51et si on devait
38:52se comparer
38:53avec les Etats-Unis
38:55il faudrait ajouter
38:56aux Etats-Unis
38:57ce qu'un salarié
38:59américain doit payer
39:00quand il a le cancer
39:01il est obligé
39:02de vendre sa maison
39:03or quand on compare
39:04la France
39:04avec les Etats-Unis
39:05on ne compte pas
39:07ce que les Américains
39:08doivent payer
39:08en termes d'assurance
39:09pour pouvoir
39:10la santé
39:12pour pouvoir
39:12avoir droit
39:13à la retraite
39:14et c'est comme ça
39:15qu'ils disent
39:16que nous sommes
39:17nous ici
39:17plus taxés
39:18ce n'est pas vrai
39:20et c'est pour ça
39:21qu'il faut
39:21mettre de côté
39:22le financement
39:24de l'accès
39:25à la santé
39:26et à la retraite
39:26et ne compter
39:28que sur les impôts
39:28la réalité
39:29la réalité
39:30c'est qu'avec
39:31Emmanuel Macron
39:32il a tellement
39:32baissé la fiscalité
39:34sur le capital
39:35et sur les grandes entreprises
39:37même pas les petites
39:38un peu sur les petites
39:40qu'aujourd'hui
39:41ces grandes entreprises
39:42elles payent
39:44moins d'impôts
39:45que les petites
39:46ces grandes entreprises
39:48en plus
39:49sont beaucoup à faire
39:50de la fraude fiscale
39:51de l'optimisation fiscale
39:53ils sont bardés
39:54d'avocats fiscalistes
39:57quand ils réalisent
39:58des bénéfices
39:59une partie
40:00de ces bénéfices
40:01s'en vont
40:01dans des holdings
40:02situés en Belgique
40:04au Luxembourg
40:05une partie
40:06de ces dividendes
40:08partent ensuite
40:09au Panama
40:09dans des paradis fiscaux
40:11on se fait voler
40:12tous les jours
40:13c'est un coup de poignard
40:14dans le dos
40:15de la république
40:16et c'est pour ça
40:17que ce combat
40:18pour la justice fiscale
40:20nous devrons le mener
40:21ensemble
40:22et c'est pour ça
40:23que je veux des salariés
40:24dans les entreprises
40:25pour avoir
40:26l'oeil
40:27et le regard
40:27sur la gestion
40:28de l'entreprise
40:29la gestion
40:30des richesses
40:31on ne peut plus
40:32se faire voler
40:33on ne peut plus
40:34se faire exploiter
40:35comme on le fait
40:36aujourd'hui
40:36juste en deux mots
40:37on va vous laisser
40:38réagir Patrick Martin
40:39mais pour être
40:40dans le concret
40:41prenons l'exemple
40:43de Total
40:43qui a enregistré
40:44des bénéfices
40:46records
40:47notamment liés
40:47à la guerre
40:48à la guerre
40:49en Iran
40:49concrètement
40:50comment on les fait
40:51on les fait
40:52contribuer plus
40:53mais
40:55c'est simple
40:57monsieur Pouyanné
40:58aujourd'hui
40:59est en train
41:01d'engranger
41:02avec son groupe
41:03des bénéfices
41:04en profitant
41:06de la guerre
41:07il se comporte
41:08comme le groupe
41:10Renault
41:10qui a fait des bénéfices
41:12pendant la seconde
41:13guerre mondiale
41:14c'est la même peine
41:15qui doit être
41:16exécutée
41:17c'est à dire
41:18la nationalisation
41:20sanction
41:21à l'encontre
41:22d'un groupe
41:22qui réalise
41:23qui va réaliser
41:2520 milliards d'euros
41:26de bénéfices
41:27et nous fait payer
41:28aujourd'hui
41:28l'essence
41:29à plus de
41:302,20 euros
41:31monsieur Pouyanné
41:32se paye
41:3410 millions
41:35d'euros
41:35par an
41:361 million
41:37d'euros
41:38par mois
41:39cela doit cesser
41:41ce n'est plus possible
41:42nous ne sommes pas
41:43des moutons
41:44nous allons arrêter
41:45de nous faire tondre
41:46je dirais même
41:47que la tonte
41:48doit changer de camp
41:49et c'est à eux
41:51que nous allons prendre
41:52l'argent
41:53les bénéfices
41:54pour qu'ils retournent
41:55dans la poche
41:56de nos concitoyens
41:57nous devons
41:58baisser
41:59immédiatement
42:00le prix
42:01de l'essence
42:02baisser
42:03la TVA
42:04sur l'essence
42:04la faire passer
42:05de 20 à 5,5
42:08ça fait baisser
42:09de 26 centimes
42:10le prix de l'essence
42:11nous demandons
42:12de supprimer
42:13la contribution énergique
42:14que l'Etat a mise
42:15sur l'essence
42:16c'est 15 centimes
42:17par litre d'essence
42:19quand on fait les deux
42:20ça fait 40 centimes
42:22en moins
42:22sur le prix
42:23du litre d'essence
42:23mais enfin
42:24c'est une mesure
42:25de bon sens
42:26qu'une nation
42:27un pays
42:28protège
42:28son peuple
42:29ses concitoyens
42:30et protège
42:31ses entreprises
42:32ce prix de l'énergie
42:33ça nous tue à petit feu
42:34mais ça tue les entreprises
42:36à petit feu
42:37réveillez-vous
42:38vous devriez être avec nous
42:39à manifester
42:39sur les ronds-points
42:40dans les jours
42:41et les semaines qui viennent
42:43Patrick Martin
42:44est-ce que vous comprenez
42:45que les profits
42:47engrangés
42:47sur la crise
42:49et notamment
42:49la crise provoquée
42:50par la guerre en Iran
42:51ça puisse nourrir
42:52une colère sociale
42:53dans le pays
42:55d'abord je voudrais rappeler
42:57que c'est la France
42:58et le Medef
42:59très en soutien
42:59qui a poussé
43:00pour qu'il y ait
43:00un impôt mondial
43:0115% minimum
43:03vrai ou faux
43:04bon
43:06ensuite
43:07c'est la France
43:08et le Medef
43:08est très en soutien
43:09qui pousse
43:10pour que l'Europe
43:11instaure la préférence
43:12européenne
43:13pour qu'on se prémunisse
43:14autant que possible
43:15de pratiques
43:17agressives
43:18déloyales
43:18de certains concurrents
43:20extra-européens
43:21mon troisième point
43:22c'est que moi
43:23jamais
43:24je ne me livrerai
43:25à des attaques personnelles
43:26c'est trop facile
43:27d'attaquer des gens
43:28surtout quand ils ne sont pas là
43:30est-ce que c'est monsieur
43:31alors je suis prêt
43:33à faire un débat
43:33avec monsieur Pouyanné
43:34quand il veut
43:35devant les français
43:37et que chacun
43:38rende des comptes
43:39mais qu'il vienne le faire
43:41alors
43:42c'est une mauvaise boutade
43:44mais je suggérais
43:45avant qu'on monte sur scène
43:47à Fabien Roussel
43:48qu'on appelle
43:48monsieur Trump
43:49pour lui dire
43:50de se calmer un petit peu
43:51sur le détroit d'Hormuz
43:51c'est quand même pas
43:52monsieur Pouyanné
43:53ni Total Energy
43:54d'ailleurs
43:54qui a déclenché
43:55ni la guerre en Ukraine
43:57ni les hostilités
43:58dans le détroit d'Hormuz
43:59enfin au Moyen-Orient
44:00bon
44:02mais je reviens
44:03je reviens
44:04enfin
44:04s'il vous plaît
44:05s'il vous plaît
44:05je reviens sur ce point là
44:09et pardon
44:09je n'ai pas parlé du nucléaire
44:11sujet sur lequel
44:12on est parfaitement d'accord
44:13et sur lequel
44:13on n'aura pas le temps
44:14de revenir aujourd'hui
44:15parce qu'il nous reste
44:16seulement quelques minutes
44:17il y a d'autres débats derrière
44:18donc on vous aide
44:18c'est pas tout à fait
44:19innocemment
44:20que j'ai rappelé tout à l'heure
44:21qu'à 85%
44:22le capital de Total
44:23était détenu par des étrangers
44:24est-ce que Total
44:26fait des bénéfices en France ?
44:27Non
44:30attendez
44:30alors là
44:31s'il vous plaît
44:33si vous avez 3 heures
44:34je suis encore vivant
44:35si vous avez 3 heures
44:37moi mon entreprise
44:38travaille au Nigeria
44:39en Angola
44:40au Congo
44:41au Gabon
44:41je peux vous dire
44:42que ces états
44:43taxent
44:44et c'est normal
44:44d'une certaine manière
44:45c'est même parfaitement normal
44:47taxent les producteurs
44:48de pétrole
44:49alors si on doit taxer
44:50deux fois les mêmes
44:51bon
44:51c'est un sujet
44:52on peut en débattre
44:53mais voilà
44:54moi je veux pas rentrer
44:55dans ce genre d'attaque personnelle
44:57j'en fais parfois l'objet
44:58au-delà de l'attaque personnelle
45:00juste en quelques mots
45:00parce que vraiment
45:01on a plus beaucoup de temps
45:02et on voudrait vous laisser
45:03un petit mot de conclusion
45:05à chacun
45:06mais du coup
45:07au-delà de la question
45:09de Patrick Pouyanné
45:10en personne
45:11la question de la contribution
45:12de ces grandes entreprises
45:14qui font des profits
45:16des profits records
45:18c'est une règle
45:19on peut la remettre en question
45:20c'est pour ça que j'évoquais
45:21l'impôt mondial
45:23on est taxé dans le pays
45:24où on fait des profits
45:26et donc je pensais avoir été clair
45:28si Total est taxé au Qatar
45:32sur sa production de gaz
45:34on peut imaginer
45:35taxer Total une deuxième fois
45:37en France
45:37je connecte avec les actionnaires
45:40et diront
45:40les français sont des timbrés
45:42les français sont des timbrés
45:43donc Total
45:45qui quand même fait vivre
45:46des dizaines de milliers
45:47d'emplois en France
45:49et monsieur Pouyanné
45:50est un patriote
45:51je le dis
45:53partira avec armes de bagages
45:54non, non, non
45:57écoutez
45:57on se porterait
46:00on se porterait
46:00mais vraiment
46:01beaucoup mieux
46:02si on avait affaire
46:03qu'à Exxon
46:04à Mobile
46:06etc
46:06alors là
46:07ça serait royal
46:08ça serait
46:09la fête
46:11ce sont quand même
46:12des entreprises françaises
46:16non
46:17évidemment
46:17je ne parlais pas
46:18de celles là
46:19mais bon
46:20on voit bien
46:20qu'on ne réglera pas
46:21ce débat là
46:22qui sera aimé
46:22à se poursuivre
46:24tout au long de la fête
46:25de l'humanité
46:26juste
46:27en quelques mots
46:28pour conclure
46:29justement
46:29puisque ce débat
46:30a été
46:33largement traversé
46:33par l'opposition
46:34Capital Travail
46:35est-ce que vous
46:36dans les mois à venir
46:37alors que s'ouvre
46:37la campagne présidentielle
46:39c'est sur ces enjeux là
46:41ces enjeux là
46:41est-ce que c'est ceux
46:42qui doivent être prioritaires
46:44pour les mois à venir
46:46oui
46:48moi je vois bien ça
46:49je le comprends
46:50le sujet numéro 1
46:51c'est le pouvoir d'achat
46:52est-ce qu'on va répondre
46:53au pouvoir d'achat
46:54en lançant des débats
46:55souvent polémiques
46:56souvent instrumentalisés
46:57qui n'ont rien à voir
46:59avec l'économie
47:00avec l'entreprise
47:00avec le pouvoir d'achat
47:01et nous c'est ce qu'on s'emploie
47:03à faire
47:03d'abord parce que le MEDEF
47:05a une vocation économique
47:06et sociale
47:06on veut constamment
47:08ramener le sujet
47:09sur les faits
47:10sur les réalités
47:11et éviter
47:13de tomber dans le panneau
47:14de ceux qui ne cherchent
47:16que la pagaille
47:19Fabien Roussel
47:20pour conclure
47:20est-ce que
47:21le ton de l'élection présidentielle
47:23qui s'annonce
47:23doit justement
47:24porter sur les questions
47:25économiques, sociales
47:27bon d'abord
47:28je remercie
47:30Patrick Martin
47:31parce que
47:32aux universités
47:33d'été du MEDEF
47:34il a pu
47:35mettre
47:36ces questions
47:36économiques
47:37de dette
47:38de travail
47:39et de salaire
47:39à l'ordre du jour
47:40bien sûr
47:40je ne peux pas reprocher
47:42au MEDEF
47:43d'avoir une vision libérale
47:44mais c'est le débat
47:46que nous allons avoir
47:47à l'occasion
47:47de cette élection présidentielle
47:49et il y a effectivement
47:49deux choix de société
47:51qui vont s'affronter
47:52sur cette question
47:53du travail
47:54il y a la vision libérale
47:56avec cette volonté
47:57de mettre à mal
47:58notre modèle social
47:59de mettre la main
47:59sur les 600 milliards
48:01de la sécurité sociale
48:02et puis de demander
48:03toujours plus aux travailleurs
48:04et puis il y a la vision
48:06que nous
48:06nous allons défendre
48:07à gauche
48:07et que moi
48:08je vais défendre
48:08et moi
48:09il y a deux sujets
48:09que je souhaite mettre
48:10au coeur
48:11de cette campagne
48:12deux grands défis
48:13que nous devons relever
48:14sans lesquels
48:15rien ne sera possible
48:17y compris en matière
48:18de financement
48:19ces deux défis
48:20c'est la question
48:21de la paix
48:22parce qu'il n'y a pas
48:23de progrès social
48:24sans paix
48:25parce que l'économie
48:26de guerre
48:26elle pèse sur la France
48:27parce que nous voulons
48:29plus de sécu
48:29et moins d'obus
48:31et nous voulons retrouver
48:32une France
48:33qui se bat pour la paix
48:34dans le monde
48:34et pour la paix
48:35en Ukraine
48:35et la deuxième bataille
48:37c'est celle de l'énergie
48:38parce que nous avons
48:39les moyens
48:40de pouvoir répondre
48:41aux besoins
48:41de notre pays
48:42d'engager la transition
48:44écologique
48:44qui est nécessaire
48:45et nous pouvons le faire
48:46si nous investissons
48:48fortement
48:49dans cette bataille
48:50de l'énergie
48:50avec des énergies
48:51renouvelables
48:52hydrauliques
48:53et nucléaires
48:54elle est essentielle
48:55pour répondre
48:56aux besoins du peuple
48:57pour baisser
48:58les factures
48:59mais aussi pour planifier
49:00la transition écologique
49:01certains font la guerre
49:03comme Trump
49:04pour le pétrole
49:06pour l'énergie
49:07et bien nous
49:08nous voulons la paix
49:09et se servir
49:10de l'énergie
49:11comme un bien commun
49:12l'énergie ne sera
49:13jamais une marchandise
49:15ne sera là jamais
49:16l'objet d'une guerre
49:17impérialiste
49:17l'énergie doit être
49:19accessible à tous
49:20et pas cher
49:23alors on le voit
49:24c'est un débat
49:25qui aurait pu durer
49:28largement plusieurs heures
49:30évidemment il va être
49:31je le disais à l'instant
49:32appelé à se poursuivre
49:35non seulement
49:35tout au long
49:36de cette fête
49:36de l'humanité
49:37mais évidemment
49:38dans les mois à venir
49:39dans la perspective
49:40de la campagne
49:41on vous remercie
49:42très jaloureusement
49:43l'un et l'autre