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  • il y a 14 minutes
Patron de médias et banquier d'affaires, Matthieu Pigasse ne cache pas ses opinions de gauche. Depuis quelques mois il multiplie les déclarations sur une potentielle entrée en politique. Sera-t-il candidat en 2027 ? Quelle est sa vision de la gauche ? On en discute avec lui dans le premier "Ça ira !" de la saison, sur l'Agora de la Fête de l'Humanité.

Un entretien animé par Théo Bourrieau, Mejdaline Mhiri, Cyprien Caddeo et Lumi !

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00:00 C'est quoi le "Pigassisme" ?
09:52 Nationalisations, salaires et redistribution
16:00 La restructuration de la dette du Venezuela
24:11 Pigasse candidat en 2027 ?
39:00 Bataille culturelle, CNews et concentration des médias
44:55 Indépendance du Monde, Radio Nova et audiovisuel public

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Transcription
00:00Mathieu Pigas, bonsoir.
00:01Bonsoir.
00:03Mathieu Pigas, vous êtes donc un banquier d'affaires,
00:05vous êtes propriétaire du groupe Combat,
00:08qui détient notamment Nova et les Arocs.
00:11Vous avez des parts également dans le groupe Le Monde.
00:17Vous êtes à la tête de plusieurs médias et sociétés culturelles.
00:20Vous avez été un temps engagé en politique de manière très claire,
00:23puisque vous étiez au cabinet de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius.
00:28Et donc, on est ravis de vous recevoir ce soir
00:31pour réussir à comprendre aujourd'hui
00:33ce qui motive vos différentes prises de parole.
00:37Et je te laisse poser la première question, mon cher Cybrien.
00:40Oui, Mathieu Pigas, cet été, on vous a vu vous afficher
00:42avec les différentes formations de gauche, insoumis, écolo.
00:45On ne sait pas trop où vous habitez à Saïra.
00:47On voudrait en savoir plus.
00:48Alors, Mathieu Pigas, c'est quoi le pigacisme, si ça existe ?
00:52Bonsoir à tous.
00:54Et à nouveau, je suis très heureux d'être là
00:55et de pouvoir échanger avec vous.
00:57Alors, le pigacisme, c'est la première fois, d'ailleurs,
01:00que j'entends cette expression.
01:01Donc, je vais essayer de résumer ce que je pense, au fond, en un mot.
01:08Je pourrais le faire en deux mots, mais qui vont de pair.
01:11Le premier mot, c'est volontarisme.
01:15La gauche qui est la mienne, c'est une gauche de rupture.
01:17C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, je suis allé
01:20aux journées d'été des écologistes.
01:22C'est la raison pour laquelle j'étais aux Amphys, en effet, chez LFI.
01:26Et cette rupture, je vais essayer d'expliquer pourquoi,
01:29mais très rapidement, parce qu'on a beaucoup de sujets.
01:33Mais moi, je vais dire la chose suivante.
01:35C'est qu'on vit, évidemment...
01:38Enfin, je dis évidemment, certains ne le réalisent pas,
01:40mais on vit une rupture qui est historique,
01:42c'est-à-dire un changement de monde, un nouveau monde.
01:45On est entré dans un nouveau monde.
01:46Je n'ai pas besoin d'écrire.
01:47Vous savez tous, c'est le chaos géopolitique
01:51avec le retour de la guerre en Europe.
01:55C'est le chaos climatique.
01:56Et on a vu les ravages du réchauffement de la planète cet été.
02:00Je trouve ça fou, d'ailleurs, de voir que l'air brûle.
02:05On le voit aujourd'hui encore.
02:07Que la terre et les forêts brûlent, que l'océan brûle,
02:10et qu'il y a un silence absolu et total
02:13de certains politiques, en tout cas, et de ceux qui nous dirigent.
02:16Il y a un chaos technologique,
02:19qui est l'irruption de l'intelligence artificielle
02:21et de ce que ça veut dire dans la transformation de nos emplois
02:25et de l'éducation, d'ailleurs.
02:26Et puis, il y a surtout un chaos économique et social,
02:30l'explosion des inégalités.
02:32Face à ce chaos, vous avez un certain nombre de politiques,
02:36ceux qui nous gouvernent, ou ceux qui veulent nous gouverner,
02:39ou en tout cas, une partie de ceux qui veulent nous gouverner,
02:41qui veulent appliquer les solutions d'hier,
02:46les politiques d'hier, les analyses d'hier,
02:49au monde d'aujourd'hui,
02:50sans comprendre que ce n'est plus possible.
02:52Et la rupture, c'est la suivante.
02:54C'est que, de ce moment de rupture historique qu'on connaît,
02:57il faut en conclure une rupture politique profonde.
03:01C'est-à-dire qu'on ne peut pas continuer
03:03comme si de rien n'était.
03:05On ne peut pas continuer comme avant.
03:08Tout doit changer.
03:09Une rupture de politique profonde,
03:12ça veut tout et rien dire.
03:13Je vous ai aussi entendu beaucoup parler de, par exemple,
03:15que le capitalisme est à bout de souffle, des choses comme ça.
03:18Donc, c'est des mots, on est tous d'accord ici, OK,
03:20mais en fait, jusqu'à quel point la gauche,
03:22elle doit être radicale pour vous ?
03:23Parce qu'on a l'impression que, parfois,
03:24quand on vous entend parler,
03:26vous proposez d'adoucir le capitalisme
03:27plutôt que de le faire tomber.
03:29Donc, l'idée, est-ce que c'est de réduire les inégalités,
03:31par exemple, en achetant la paix sociale ?
03:32C'est quoi, justement, pour vous ?
03:34Je dirais que vous m'avez interrompu trop tôt
03:35parce que j'allais dire un système qui détruit,
03:40c'est-à-dire un système qui produit de l'exclusion,
03:44de la misère, de la pauvreté,
03:46un système qui fait que le travail ne permet pas
03:48de vivre dignement,
03:49un système qui fait que c'est toujours les mêmes
03:51qui s'enrichissent à l'infini
03:53et qui accumulent comme des ogres ou des prédateurs,
03:56ce système-là, il faut rompre avec.
03:58Et je dis pour vous répondre,
04:00je dis pour vous répondre,
04:02on ne répare pas un système qui détruit,
04:06on le remplace.
04:11Par quoi, justement ?
04:13Par quoi, s'il vous plaît ?
04:15Alors, par quoi ?
04:15Non, parce que vous dites des mots.
04:17Moi, en fait, je suis désolé
04:18parce que j'ai fait beaucoup de mots,
04:19mais je fais aussi des chiffres et des politiques.
04:24Et la rupture, il faut la mettre en oeuvre
04:26dans la vie de tous les jours.
04:28Alors, je vous donne quelques exemples,
04:31puisque c'est là...
04:31Mais juste qu'on comprenne bien,
04:32Mathieu Pigasse,
04:33vous êtes clairement anticapitaliste.
04:34C'est ce que vous affirmez aujourd'hui.
04:36Regardez, moi, ce que je dis,
04:37c'est que c'est plus possible
04:40d'avoir des politiques, à nouveau,
04:42qui ne comprennent pas que le monde a changé
04:44et qui, en fait, nous mentent.
04:45C'est-à-dire que c'est plus possible
04:46de faire comme si rien n'était possible.
04:50Moi, la gauche qui est la mienne,
04:51pour vous répondre,
04:53c'est la gauche qui considère
04:54que tout est possible,
04:56c'est-à-dire qui refuse le renoncement,
04:57la fatalité,
04:58et qui dit, le réel,
05:00on peut le changer,
05:01on peut agir dessus,
05:02on peut changer la vie.
05:02Est-ce que c'est une gauche
05:03qui croit en la lutte des classes ?
05:05Bien sûr, je vous donne quelques exemples.
05:06Et qui se rend bien compte
05:06que, du coup, d'un point de vue de marxiste,
05:08on n'est pas du même côté de la lutte.
05:09Je vous donne quelques exemples.
05:10On va parler des salaires,
05:11mais je vais démarrer...
05:18Je vais démarrer par la dette.
05:21La dette, moi, j'ai été un des premiers à dire
05:24qu'il fallait l'annuler.
05:25Ça fait maintenant des années que je le dis
05:28et je le redis ici.
05:30Et vous voyez, je suis frappé
05:31parce que c'est ça, le débat politique
05:32qui est le nôtre
05:33et c'est ça, l'enjeu de la présidentielle.
05:35Vous avez des politiques aujourd'hui au pouvoir
05:38ou des personnalités qui vous disent...
05:40En fait, d'ailleurs,
05:40c'est ce que j'ai appelé les trois-is.
05:41C'est-à-dire que dès que vous proposez
05:42une réforme un peu radicale, innovante,
05:44quelque chose comme ça de profond,
05:46ils vous disent que c'est irréaliste,
05:48c'est illégal, c'est inutile.
05:50Alors prenons la dette.
05:51Après, je viens sur les salaires.
05:52La dette hier...
05:53Je ne vais pas revenir sur le débat technique.
05:55Moi, je dis depuis toujours
05:56et je vous le redis là,
05:58oui, on peut soit mettre les titres
05:59de la dette publique au feu,
06:00c'est-à-dire les annuler.
06:01Je parle de la dette détenue
06:02par la Banque centrale européenne
06:04ou les banques centrales nationales,
06:05soit la congeler,
06:06c'est-à-dire la rente perpétuelle.
06:07Ça n'aura aucun effet économique négatif.
06:09Mais, et c'est ça que je veux vous dire,
06:14j'entends hier, sur une radio,
06:18je crois que c'était RTL,
06:18le gouverneur de la Banque de France,
06:21Emmanuel Moulin,
06:22venir dire, avec beaucoup de morgue,
06:24comme toujours,
06:25une forme de mépris aussi,
06:27cette proposition d'annulation de la dette
06:30qui vise à transformer la dette
06:32de manière perpétuelle,
06:33en rente perpétuelle,
06:34elle est, et je vais citer ces mots,
06:35juste pour que vous compreniez
06:37l'enjeu qui est le nôtre,
06:38elle est illégale,
06:41dangereuse, inutile.
06:42Voilà quelqu'un
06:43qui nous ment trois fois,
06:45nous tous,
06:46et qui nous prend pour des idiots.
06:48Elle est illégale ?
06:49Non.
06:50Aucune disposition des traités européens
06:52dit explicitement,
06:53aucune,
06:54que l'annulation de la dette est illégale.
06:56Il y a un article,
06:57on ne va pas faire de technique ici,
06:58c'est l'article 123.
06:59Vous ne répondez pas du tout à ma question.
07:01Pardon ?
07:01Vous ne répondez pas du tout à ma question.
07:07Je suis en train de vous dire,
07:09on peut changer la vie des gens,
07:12on peut agir sur le réel,
07:14en annulant une partie de la dette,
07:15en annulant une partie de la dette,
07:17et en libérant des marges de manœuvre.
07:19C'est ça la politique.
07:20C'est de dire,
07:21là où la quasi-totalité des politiques
07:23vous disent,
07:23ce n'est pas possible,
07:26y compris d'ailleurs
07:28jusqu'à une frange du Parti Socialiste,
07:30là vous pouvez siffler,
07:31moi je vous dis,
07:31c'est possible.
07:33Je continue.
07:34Maintenant,
07:34prenons un autre exemple,
07:36parce que vous parlez de la vie des gens.
07:37Prenons les prix, par exemple.
07:39Excusez-moi,
07:40vous parlez de la vie des gens,
07:41moi je vous pose une question
07:42justement par rapport à la lutte des classes.
07:44Parce que la vie des gens,
07:45tout ça c'est un peu abstrait.
07:46Non, j'allais parler des prix de l'essence.
07:48On aimerait bien vous demander justement,
07:49par rapport à vos idées politiques,
07:51à vous,
07:52et par rapport à ces questions très concrètes
07:54de politiques,
07:54qui ne sont pas juste par rapport à des mots
07:56et tout ça.
07:57Et justement,
07:57quel niveau de radicalité,
07:59quelle idéologie,
08:00quelle idée,
08:01quelle stratégie ?
08:02Je le répète,
08:03ou alors,
08:04c'est une gauche de rupture
08:05qui considère que la situation
08:06dans laquelle on est
08:07est une situation d'indécence.
08:09L'indécence,
08:10c'est le fait de ne plus pouvoir vivre
08:11dignement de son travail,
08:12c'est l'explosion des inégalités.
08:14Et je dis,
08:14face à cette indécence
08:16qui n'est plus tenable,
08:18il y a trois choses à faire
08:19pour vous répondre,
08:20politiquement.
08:21Il y a un,
08:22partager.
08:23Il faut partager plus.
08:25Partager tout ?
08:26Partager les dettes,
08:30c'est-à-dire annuler la dette.
08:31Partager les revenus,
08:33c'est-à-dire augmenter les salaires.
08:35J'étais le premier, moi,
08:37à dire qu'il fallait augmenter
08:38le SMIC d'au moins 20%
08:40et mettre en place,
08:41c'était il y a pas mal de temps,
08:42une échelle mobile des salaires
08:44pour que tous les salaires augmentent.
08:45ça, c'est la vie des gens.
08:47Il faut partager le capital.
08:49C'est des miettes.
08:50Il faut par ailleurs émanciper,
08:51c'est-à-dire agir sur...
08:52Il faut partager d'une part,
08:54émanciper,
08:54puisque vous voulez des politiques,
08:55c'est-à-dire agir sur la culture,
08:58l'éducation,
08:59permettre à chacun
08:59de pouvoir agir sur sa vie.
09:02Et enfin,
09:02il faut aussi protéger.
09:03Et donc,
09:04si je résume
09:04la vision de la gauche
09:06qui est la mienne
09:06et la vision de la société
09:07qui est la mienne,
09:08c'est...
09:09Oui, il faut partager.
09:11Il n'y a aucune alternative
09:13au partage.
09:13Il faut permettre
09:15l'émancipation.
09:16Ça passe par la culture.
09:17On va peut-être y revenir
09:18les médias, l'éducation.
09:19Et il faut protéger.
09:21Mais je trouve dommage
09:22qu'on n'ait pas parlé
09:23des salaires ou de...
09:24Parce que c'est ça,
09:24l'avis des gens.
09:24On va y revenir.
09:26On va y revenir.
09:27Je vais vous prendre
09:27un autre exemple.
09:28Je vais vous donner
09:29votre avis sur un autre exemple.
09:30Mais je pense que
09:31ce que là,
09:31Lumier cherchait à vous faire dire
09:33et ce que tout le monde
09:34a envie de savoir,
09:35c'est qu'elle vous a parlé
09:36de lutte des classes.
09:37On a parlé d'anticapitalisme.
09:39Il y a des marqueurs forts
09:40à gauche
09:40et qu'on a besoin de savoir
09:42si oui ou non,
09:42vous les employez vous-même.
09:44Elle est là,
09:45la question derrière.
09:45Mais l'une des autres questions
09:47qu'on avait envie de vous poser,
09:49c'était sur cette question
09:49des nationalisations.
09:51Parce que ça aussi,
09:51c'est un marqueur fort.
09:53On parle beaucoup
09:53de planification,
09:54notamment sur les enjeux climatiques.
09:56À quel point est-ce que,
09:58selon vous,
09:58l'État doit intervenir
09:59dans l'économie ?
10:01Et donc,
10:02est-ce que vous êtes favorable,
10:03par exemple,
10:03à des nationalisations stratégiques
10:05chez ArcelorMittal
10:06ou Total,
10:07par exemple ?
10:08Je suis même étonné
10:09de la question
10:09parce que,
10:11là aussi,
10:11c'est un élément
10:12de la bataille culturelle.
10:13C'est-à-dire que,
10:14pendant des décennies,
10:16on a considéré,
10:17et particulièrement en France,
10:18que les nationalisations,
10:20c'était l'horreur,
10:21c'était idéologique
10:22et que les privatisations,
10:24c'était être pragmatique
10:25et le sens de l'histoire.
10:26On s'est rendu compte,
10:27après les différentes crises
10:28qu'on a connues,
10:29la crise des subprimes
10:31ou la crise du Covid,
10:32que l'État,
10:32ce n'est pas qu'il a un rôle central
10:34à jouer dans l'économie,
10:35il doit jouer un rôle central
10:37dans l'économie.
10:38Et donc,
10:39il faut aborder la question
10:40et de la planification
10:41et des nationalisations
10:43sans aucun tabou,
10:44j'allais dire,
10:45ni totem ni tabou.
10:46Alors,
10:46je vais vous répondre.
10:47Oui,
10:48évidemment,
10:49moi,
10:49je n'ai aucun état d'âme.
10:50Je dis,
10:51il faut nationaliser
10:51lorsque ce sont nos intérêts stratégiques
10:54qui sont en cause
10:55ou menacés.
10:56Intérêts stratégiques,
10:57c'est les sujets
10:58tels que la santé,
11:00la défense,
11:01l'énergie.
11:02Il faut nationaliser
11:04à chaque fois
11:04qu'il y a une situation financière,
11:07des entreprises sensibles
11:09en situation financière périlleuse,
11:12il faut le faire
11:12sans aucun état d'âme.
11:13J'observe une chose,
11:15c'est qu'en fait,
11:16aujourd'hui,
11:16quasiment tout le monde
11:17le fait dans le monde,
11:17y compris les Anglais,
11:18qui est un grand pays libéral.
11:20Ils viennent de nationaliser
11:22British Steel,
11:24c'était en juillet,
11:25si ma mémoire est bonne.
11:26Ils ont nationalisé une partie
11:28du système ferroviaire
11:29et des trains,
11:30ils ont nationalisé
11:30des sociétés d'énergie,
11:32ils ont nationalisé
11:32des entreprises de défense
11:33et les seuls à s'interroger sur,
11:35je ne dis pas ça pour vous,
11:37ni pour moi,
11:37ni pour nous,
11:38mais les seuls à s'interroger
11:39sur est-ce qu'il faut le faire,
11:40non mais ce n'est pas bien,
11:41c'est la France.
11:42Donc oui,
11:42moi je n'ai aucun état d'âme.
11:43Je vais même aller plus loin.
11:44Je dis que
11:45lorsqu'une entreprise bénéficie
11:47d'aides publiques
11:48substantielles ou significatives,
11:49la contrepartie de cette aide publique,
11:51c'est évidemment
11:52qu'on contrôle ce qu'elle fait
11:56c'est que l'Etat devienne actionnaire
11:57de la société en question.
11:58Donc je vais même plus loin encore.
12:07Je n'ai pas fini sur la dette,
12:08je le regrette parce que...
12:09Non, on va y revenir.
12:11Il y a une image
12:12qui nous a beaucoup marqués
12:13il y a quelques semaines,
12:14c'est les patrons du Medef
12:15qui ricanent
12:16quand on leur parle
12:17d'augmenter le SMIC,
12:18d'augmenter le salaire.
12:19On a commencé à parler du salaire
12:20mais du coup,
12:20on aurait bien aimé savoir.
12:21Est-ce que vous,
12:22vous êtes favorable
12:22à une baisse des revenus du capital
12:24pour financer les hausses de salaire ?
12:25J'ai entendu que vous parliez
12:26d'une hausse de 20% du SMIC.
12:2720% du SMIC,
12:28ce n'est pas grand-chose quand même.
12:31Moi, je suis de manière très simple
12:33pour une augmentation significative
12:36du SMIC et des salaires.
12:38Alors on peut dire 20%,
12:39ce n'est pas assez,
12:40on peut faire plus
12:41mais le discours que moi je porte
12:43et je le dis en tant que aussi
12:45chef d'entreprise
12:46et je l'ai dit au Medef,
12:47moi il ne m'a pas ri,
12:49il m'a vomi dessus parfois,
12:51c'est que c'est possible.
12:52Et quand on m'explique,
12:53ouais, mais c'est toujours pareil,
12:54c'est toujours les politiques de l'impossible,
12:56c'est pas possible,
12:57c'est irréaliste, machin, etc.
12:58Juste un mot sur l'augmentation du SMIC,
13:00je ne vais pas être pénible,
13:02mais vous avez plein de pays,
13:03notamment des pays grands,
13:04enfin autour de la France,
13:05nos grands partenaires qui l'ont fait.
13:06L'Espagne, l'Allemagne,
13:08sans aucun problème.
13:09Et d'ailleurs l'Espagne est devenue,
13:10c'est l'Espagne qui a provoqué la hausse,
13:14qui a augmenté le SMIC
13:15de la manière la plus significative possible.
13:16Je rappelle,
13:17plus 60% en 7 ans,
13:1920% sur une seule année,
13:21donc vous voyez bien que ça peut être progressif,
13:23et l'Espagne est aujourd'hui le pays
13:24le plus en croissance possible en Europe.
13:30La France,
13:32contrairement à ce que vous dit le MEDEF,
13:33qui là encore,
13:34comme sur la dette et comme sur les autres sujets,
13:36vous ment,
13:36la France a le SMIC
13:37le moins élevé possible.
13:39En réalité,
13:39si vous comparez par exemple à l'Allemagne,
13:41SMIC horaire,
13:41brut ou net,
13:42peu importe,
13:43à l'Allemagne ou à l'Espagne,
13:44et pas de chance pour le MEDEF,
13:47c'est la France qui est en panne de croissance.
13:49Donc moi,
13:50j'en conclue une chose simple,
13:51simple,
13:53et je vais,
13:53les politiques de l'offre,
13:55qui consistent à dire,
13:56ça va ruisseler si on aide les plus riches,
13:58ça a été un échec total.
14:00Je l'ai déjà dit,
14:00je le répète,
14:01500 milliards de dettes en plus,
14:03zéro croissance,
14:051 million de pauvres en plus,
14:07d'accord ?
14:071 million de pauvres en plus.
14:09Et donc,
14:09il faut changer de politique,
14:11et le changement de politique,
14:12c'est notamment,
14:13mais pas que,
14:14augmenter les salaires de manière significative.
14:16Et je dis,
14:17ça ne crée aucun problème de productivité,
14:20aucun problème de compétitivité,
14:21aucun problème d'inflation,
14:23et c'est la seule technique que nous avons
14:25pour relancer la machine économique.
14:28Alors,
14:29je rejoins ce que dit,
14:30du coup,
14:30mon camarade Théo,
14:31vous parlez d'une augmentation de 20% du SMIC,
14:33je vous ai vu sur d'autres plateaux,
14:34par exemple,
14:35défendre la taxe Zuckman et tout ça,
14:36pour nous,
14:37ce n'est pas suffisant,
14:38je considère que ce n'est probablement pas suffisant,
14:39et vous,
14:40vous êtes millionnaire,
14:41et vous défendez,
14:42comme ça,
14:43des idées qui iraient potentiellement
14:44à l'encontre de vos intérêts,
14:45etc.,
14:46mais du coup,
14:46jusqu'à quel point vous êtes d'accord
14:48pour que la richesse soit redistribuée ?
14:50Parce qu'apparemment,
14:50il y a des limites,
14:51finalement.
14:52Et ça revient aussi à ma question du début,
14:54est-ce que finalement,
14:54c'est aussi peut-être donner des miettes
14:56pour acheter la paix sociale ?
14:58Je n'ai pas compris,
14:58pardon.
15:01À quel point est-ce que vous accepteriez
15:03que votre richesse,
15:04à vous,
15:04soit redistribuée ?
15:06Jusqu'où,
15:07la redistribution des richesses ?
15:08Parce que là,
15:09c'est des miettes.
15:10Si vous voulez,
15:12là aussi,
15:12j'ai du mal,
15:13comment ça,
15:14c'est des miettes ?
15:14Moi,
15:14j'ai dit la taxe Zuckman,
15:15par exemple,
15:16et je pense à...
15:172% ?
15:18Oui.
15:19Dans ce cas-là,
15:19dites à Zuckman que ce n'est pas assez.
15:21C'est un début déjà.
15:22C'est comme l'augmentation du SMIC.
15:23Moi,
15:24j'ai dit,
15:24la taxe Zuckman,
15:25je la subirai
15:26et j'espère que je le dis au futur
15:28et pas au conditionnel
15:30et je suis prêt à la payer.
15:32Non seulement je suis prêt,
15:33mais je le souhaite.
15:34Je pense être un des rares
15:36à le dire.
15:37Est-ce que c'est suffisant ?
15:38Non.
15:39Moi,
15:39je vous ai dit tout à l'heure,
15:40c'est tout un système
15:41qui est à réinventer.
15:42On a un système capitalisme
15:44qui ne fonctionne plus.
15:46qui produit des inégalités
15:47de manière massive,
15:48qui sont inacceptables,
15:49injustifiables,
15:50insoutenables.
15:51Et je dis,
15:52il faut remettre en place
15:53tout un système
15:54de partage
15:54et de redistribution.
15:56Alors,
15:56oui,
15:57ce n'est peut-être pas assez,
15:58mais c'est un début.
15:59Vous voulez vous poser une question
16:01sur un autre sujet
16:02qui a un peu surpris tout le monde,
16:03c'est la question du Venezuela.
16:05Qu'est-ce que vous allez faire au Venezuela ?
16:06Je rappelle un petit peu pour le public,
16:08la branche française de Centerview,
16:10qui est donc la banque d'affaires
16:11que vous dirigez,
16:12a décroché un méga contrat
16:14avec le Venezuela
16:14pour restructurer sa dette.
16:17Et ce,
16:17alors que Caracas,
16:18le Venezuela,
16:18vous avez tous suivi,
16:20est sous emprise des Etats-Unis
16:21depuis que le dirigeant Nicolas Maduro
16:23a été kidnappé par les Etats-Unis.
16:26Considérez-vous que votre activité
16:27de restructuration de la dette
16:28du Venezuela
16:29avec le rôle de Washington,
16:30elle est compatible
16:31avec ce que vous défendez
16:32politiquement en France ?
16:33Elle est même totalement alignée
16:35avec ce que je défends.
16:36Je vais vous expliquer pourquoi
16:36et ça va me permettre
16:37de clarifier un certain nombre de choses.
16:40On entend parler de...
16:41Et d'ailleurs,
16:41celui qui l'a compris,
16:42je le dis ici,
16:42parce que c'est celui
16:43qui est intervenu pour dire
16:44que c'est juste
16:45et que c'est ce qu'il faut faire,
16:46c'est Jean-Luc Mélenchon
16:47sur ce sujet précis.
16:49Pour être très clair.
16:51Parce que lui a compris une chose
16:53que d'autres n'ont pas compris.
16:54C'est ce qu'on appelle
16:55restructurer des dettes,
16:56c'est annuler des dettes.
16:58D'accord ?
16:59La restructuration de la dette
17:00d'un pays qui est en état
17:02de détresse financière
17:03et de surendettement,
17:04c'est comme pour un ménage,
17:05ça consiste à annuler les dettes
17:06et à annuler les dettes
17:07dans l'intérêt des populations
17:08en question.
17:09C'est vrai au Venezuela,
17:10c'est vrai dans d'autres pays
17:11où je suis intervenu
17:12pour faire la même chose,
17:13que ce soit la Grèce
17:14ou l'Argentine.
17:16Je précise une chose.
17:17Je précise une chose.
17:19En face de nous,
17:20lorsqu'on annule ces dettes,
17:21ce sont des institutions financières,
17:23parfois même d'ailleurs
17:23la BCE,
17:24comme c'était le cas en Grèce.
17:25Et on annule jusqu'à...
17:27Il faut comprendre
17:28de quoi on parle quand même.
17:29Jusqu'à 80%
17:30de la valeur de cette dette,
17:31n'est-ce pas ?
17:32Vous avez donc
17:32des institutions financières
17:33le plus souvent américaines
17:34qui ont une dette qui vaut 100
17:35à qui on va dire
17:36tu vas rire,
17:37elle vaut 20.
17:37Pourquoi on fait ça
17:38dans l'intérêt du pays ?
17:39Premier point.
17:40Deuxième point,
17:41j'ai lu parfois,
17:42et notamment j'ai entendu
17:43sur un plateau,
17:44mais ce n'était pas le vôtre,
17:44c'était celui de Sonia Mabrouk,
17:45je ne pense pas qu'il y ait de...
17:48que ça allait avec
17:49des mesures d'austérité.
17:50Notre rôle à nous,
17:51et c'était le cas en Grèce,
17:52comme c'était le cas en Argentine,
17:53comme c'est le cas au Venezuela,
17:55c'est précisément
17:56de se battre
17:57contre les mesures d'austérité,
17:59contre les mesures d'austérité.
18:00Moi, j'ai vu les ravages
18:01de l'austérité en Grèce,
18:02j'en ai même fait un livre,
18:03et je me suis battu à l'époque
18:04contre le FMI
18:06et le chef économiste du FMI
18:07pour dire
18:08vous vous trompez complètement,
18:09les mesures que vous mettez en place,
18:10elles sont dramatiques.
18:11Donc tout l'objet,
18:12c'est d'annuler les dettes,
18:13c'est pour ça que je peux dire d'ailleurs
18:14que, ouais,
18:15on est capable d'annuler les dettes,
18:16vous voyez,
18:16fort de cette expérience
18:17et de lutter
18:18contre les mesures d'austérité.
18:19Donc je réponds à votre question,
18:21est-ce que c'est en ligne
18:24avec ce que je dis ?
18:24Ben, totalement.
18:25Moi, je dis,
18:25il ne faut pas d'austérité,
18:26l'austérité,
18:28c'est destructeur
18:29économiquement et socialement,
18:31et les dettes,
18:31il faut les annuler.
18:32Et vous savez quoi ?
18:33C'est comme ça
18:33qu'on change la vie des gens.
18:35Sur la question du Venezuela,
18:36quand même,
18:37vous allez devoir parler
18:39et négocier aussi
18:40avec les intérêts américains
18:41qui l'ornent sur cette dette
18:43et l'ornent sur le pétrole
18:44le venezuelan aussi
18:44qui est lié à la dette.
18:45Mais non,
18:46je ne comprends pas.
18:48Vous avez une dette
18:49qui est détenue
18:50par des institutions financières,
18:52dont les institutions financières américaines.
18:54Alors effectivement,
18:55moi,
18:55si vous voulez savoir
18:55ce que je vais faire,
18:56je vais négocier contre eux
18:57pour annuler cette dette.
18:59On ne peut pas dire
18:59que je travaille
19:00pour les intérêts américains.
19:01C'est exactement l'inverse.
19:04Il y avait l'administration Trump
19:06quand même
19:07qui soutenait ça.
19:08On avait pu le lire
19:08dans Le Monde d'ailleurs.
19:09C'était le 27 mai 2026.
19:11Vous pouvez gratter
19:13pendant des heures.
19:14Ah non,
19:14non,
19:14c'est juste que c'est...
19:16Le Venezuela,
19:17vous avez une présidente
19:18qui s'appelle Delcy Rodriguez
19:19qui est souveraine,
19:20qui seule a pris la décision
19:22et si vous lisez
19:22ces communiqués de presse,
19:24vous verrez qu'elle considère
19:25d'ailleurs
19:25que l'accumulation de lettres
19:27est liée aux sanctions américaines
19:28qu'elle condamne
19:29et qu'elle dénonce,
19:30y compris encore
19:30la semaine dernière.
19:31Et c'est elle
19:32qui a pris la décision
19:33d'abord de nous engager,
19:35de m'engager
19:35et ensuite de dire
19:36il faut lutter contre ça.
19:37Voilà.
19:40Mathieu Piguet,
19:40vous incarnez une figure
19:42de millionnaire de gauche
19:43assez unique
19:43dans le champ médiatique.
19:45Vous qui fréquentez
19:46les milieux d'affaires
19:47et largement plus que nous,
19:49ça c'est sûr.
19:50Comment est-ce qu'ils se positionnent
19:52dans la perspective
19:54de la présidentielle à venir
19:55avec une potentielle victoire
19:57de la gauche
19:57ou une potentielle victoire
19:59de l'extrême droite ?
20:00Comment est-ce que vous sentez
20:01depuis l'intérieur
20:02finalement réagir
20:03le milieu des affaires ?
20:04Je vais faire un peu de provoque
20:05parce que c'est quand même pas mal.
20:06Je pense que vous les pratiquez
20:08autant si ce n'est plus que moi.
20:09Moi, je ne les pratique pas
20:10vraiment les milieux d'affaires.
20:11J'ai vu que Patrick Martin
20:11était votre invité ici.
20:13Moi, il ne m'a jamais adressé
20:14la parole.
20:15Je ne lui ai jamais adressé la parole
20:16si ce n'est pour s'engueuler
20:17par tweet interposé.
20:18Néanmoins, je peux vous dire
20:18ce que je ressens.
20:19Moi, ce que je ressens,
20:21c'est des milieux d'affaires.
20:24Il ne faut pas,
20:25et Jean-Luc Mélenchon
20:26l'a dit ici hier,
20:27il ne faut pas mettre
20:27tout le monde dans le même sac
20:31et considérer que les chefs
20:33des grandes entreprises
20:33comme les chefs
20:34des petites entreprises, etc.
20:35Tout ça est très différent
20:37et très hétérogène.
20:38Mais ce que j'observe,
20:39c'est parmi les grandes entreprises
20:41et en effet,
20:43une forme de connivence
20:44ou de complicité,
20:45de banalisation
20:47de l'arrivée de l'extrême droite
20:48au pouvoir.
20:49Et moi, je pense qu'il faut tout faire,
20:50on va sûrement y revenir,
20:51pour empêcher et bloquer
20:53l'arrivée de l'extrême droite
20:54au pouvoir.
20:57Mais comment, vous du coup,
20:59à l'intérieur de ce milieu,
21:00est-ce que vous êtes très isolé,
21:02parce que peut-être qu'il y a
21:02d'autres Mathieu Pigasse
21:03qu'on ne connaîtrait pas,
21:04mais est-ce que vous êtes très isolé,
21:06est-ce que vous sentez quand même,
21:08effectivement,
21:08vous avez l'air de le dire,
21:10ces concessions déjà faites
21:11à l'extrême droite
21:12et cette idée
21:16qui s'accommoderait largement
21:18que l'extrême droite
21:19arrive au pouvoir ?
21:20Je vous remercie de la question,
21:21parce que c'est presque
21:22la première question sympathique,
21:23parce que c'est vrai que moi,
21:24parfois, quand je me retourne,
21:26que ce soit d'ailleurs
21:27sur les sujets médiatiques,
21:29je pense à Nova,
21:30aux Inrocs,
21:30ou au Festival,
21:31ou que ce soit
21:32sur ces sujets économiques,
21:34je me retourne,
21:35je me trouve un peu tout seul,
21:37vous voyez,
21:37je ne peux pas dire
21:38qu'il y ait beaucoup de gens,
21:39je parle des,
21:41soi-disant,
21:42milieux économiques ou autres,
21:43ou des milieux médiatiques,
21:45qu'ils soient derrière,
21:45donc c'est vrai que j'ai parfois
21:47le sentiment d'un combat
21:49comme ça,
21:49un peu isolé dans ces milieux,
21:50mais je le mène avec fierté
21:52et surtout avec conviction,
21:53parce que je dis,
21:54et je vous le redis là,
21:56je ne sais pas pourquoi vous...
21:59Ce système,
21:59il ne fonctionne plus,
22:01donc tout doit changer,
22:02il faut maintenant mettre en place
22:03une gauche qui est une gauche
22:04de rupture,
22:05et moi, mon message...
22:06Et ça, on le sait.
22:07Oui, mais moi, mon message...
22:08Pourquoi quand c'est vous
22:09qui le dites,
22:09c'est différent ?
22:10Moi, je vais vous dire,
22:11quand moi, je suis chef d'entreprise,
22:13d'accord ?
22:13Mais justement...
22:14Ben justement,
22:15je vous dis, par exemple,
22:17en tant que chef d'entreprise,
22:18je viens devant vous, là,
22:19et je vous dis,
22:20augmenter les salaires.
22:22Oui, c'est possible.
22:23Significativement.
22:24Oui, c'est possible.
22:24Mais nous, on le sait,
22:25on n'a pas besoin
22:26qu'un chef d'entreprise
22:26nous dise.
22:27Si, ce n'est pas inutile
22:28d'avoir quelqu'un...
22:31Ce qu'on essaie de comprendre,
22:32Mathieu Piguet,
22:33c'est jusqu'où vous n'êtes pas allé.
22:34Je continue, je continue.
22:35Sur les prix,
22:36ce n'est pas inutile
22:37d'avoir des économistes,
22:39d'ailleurs, vous organisez vous-même
22:40des débats d'économistes,
22:42qui viennent vous dire
22:43oui, c'est possible
22:44de les bloquer, les prix.
22:45Moi, je le dis, par exemple,
22:46sur les prix de l'essence.
22:47Oui, c'est possible
22:48de les bloquer.
22:49On l'a fait, par exemple,
22:50au moment du Covid,
22:51sur les masques et sur les gels.
22:54Hydroalcoolique,
22:54je ne comprends pas
22:54pourquoi on ne le fait pas
22:55aujourd'hui
22:55sur les prix de l'essence.
22:57Il y a plein de sujets comme ça
22:59où j'aide à dire
23:00oui, c'est possible,
23:01dont la dette,
23:02fort de l'expérience
23:03qui est la mienne.
23:03Vous rassurez,
23:04vous voulez dire ?
23:05Votre stature rassure
23:06pour rassurer des capitalistes,
23:07etc.
23:08Le fait que ce soit vous
23:08qui parliez de ça,
23:09un millionnaire ?
23:12Je suis franchement
23:13très étonné de la question.
23:14Est-ce que vous pensez,
23:16s'il suffit de lire,
23:17ou alors vous ne lisez pas bien
23:18les réactions quand je parle,
23:19est-ce que vous pensez
23:20quand je dis,
23:20je suis le premier à dire,
23:22le premier,
23:23il faut annuler les dettes
23:24de la BCE,
23:24qui est une idée que vous prenez,
23:25est-ce que vous pensez
23:26que les milieux économiques,
23:27comme vous dites,
23:28trouvent ça sympathique ou cool ?
23:29Non.
23:30Est-ce que vous pensez
23:30que quand je dis,
23:31il faut augmenter significativement
23:33le SMIC,
23:34les milieux économiques
23:35trouvent ça sympathique et cool ?
23:36Non.
23:37Est-ce que vous pensez
23:38que quand je finance,
23:39par exemple,
23:40Radio Nova
23:40pour porter un discours différent,
23:42les milieux économiques,
23:44ils trouvent ça sympathique et cool ?
23:46Non.
23:47Alors, ouais,
23:47moi je mène un combat,
23:48et ce combat,
23:49c'est le vôtre.
23:50Voilà.
23:58Et la seule façon de gagner,
23:59je vais vous dire,
24:00c'est tous ensemble,
24:01c'est tous ensemble,
24:02c'est comme ça qu'on gagnera.
24:10On a bien discuté
24:11de qui vous étiez,
24:12des valeurs que vous défendiez,
24:13mais il y a encore un petit loup
24:14qu'on n'a pas encore abordé.
24:16On est à la fête de l'Humas,
24:17ça va être le moment de clarifier,
24:18c'est maintenant ou jamais.
24:20Mathieu Pigas,
24:20est-ce que vous êtes candidat
24:21à l'élection présidentielle ?
24:25Bon.
24:28Je n'ai pas entendu le commentaire.
24:31Non, je vais vous dire.
24:32D'abord, moi,
24:33dans l'élection présidentielle,
24:34quel rôle je veux jouer ?
24:35Le rôle le plus actif possible.
24:36Je l'ai dit,
24:37on est à un moment de rupture,
24:39et je ne vais pas rester le long du chemin
24:40à regarder ou à commenter.
24:42Ça ne m'intéresse pas,
24:43et je considère que le moment est trop grave.
24:45Premier point.
24:46Le rôle le plus actif possible ?
24:48Oui, j'y arrive.
24:49Vous voulez dire quoi ?
24:49C'est quoi le rôle le plus actif possible ?
24:52Aujourd'hui, je n'en sais rien.
24:54Je voudrais dire un mot quand même,
24:56un mot quand même,
24:57mais avant que vous réagissiez,
24:58je vais aller jusqu'au bout du propos
24:59sur la primaire du Parti Socialiste
25:01et de Place Publique.
25:04Vous avez laissé plâmer le doute
25:06sur votre participation ?
25:07Alors, attendez, attendez,
25:08parce que vous allez...
25:08Je vais quand même,
25:10si je peux,
25:11je vais vous faire réagir plus.
25:12Moi, cette primaire,
25:14et laissez-moi aller au bout.
25:15J'y suis prêt,
25:17et je suis prêt.
25:19Je considère que je ne suis pas
25:20moins légitime qu'une autre ou un autre,
25:22et je considère que je ne suis pas
25:25plus légitime qu'une autre ou un autre.
25:27En plus, je considère que c'est aux électeurs
25:28de dire si je suis légitime ou pas.
25:31Ou quelqu'un est légitime.
25:33Pourquoi c'est ce périf ?
25:34Je continue.
25:38Je ne cherche pas de job,
25:40j'en ai,
25:40mais je dis juste que j'ai une expérience,
25:42on n'en a pas parlé,
25:43dans l'administration,
25:44dans l'entreprise,
25:45dans la finance,
25:47dans les associations,
25:48dans la culture,
25:49que je veux mettre au service
25:50des idées et des convictions
25:51qui sont les bien.
25:52Vous avez déjà milité ?
25:53Alors, maintenant, la primaire.
25:55Il n'y a pas de primaire, en réalité.
25:57Il y a une désignation militante
25:58dans un bunker.
26:00D'accord ?
26:01Vous avez des gens
26:04qui ont décidé,
26:05ou qui décident eux-mêmes,
26:07de qui est candidat,
26:07de la durée de cette campagne,
26:10et de qui peut être électeur.
26:13Avec, en plus,
26:14une barrière à l'entrée
26:15absolument incroyable,
26:16avec un suffrage censitaire
26:18digne du Second Empire.
26:20Bref,
26:21c'est un bunker
26:22dans lequel personne ne peut rentrer,
26:24ni les électeurs,
26:25ni les candidats.
26:27C'est d'ailleurs extraordinaire,
26:28c'est la démocratie à l'envers.
26:30C'est les candidats
26:31qui choisissent leurs électeurs.
26:33Jamais vu.
26:34Moi, je trouve ça étrange.
26:35Vous avez d'un côté Raphaël Glucksmann
26:37qui explique
26:39que le fondement,
26:44son engagement,
26:44c'est de défendre la démocratie
26:46à travers le monde.
26:47Il est incapable
26:48de débattre démocratiquement
26:50ici, en France.
26:54Il est incapable
26:56de débattre au sein de la gauche.
26:58Voilà quelqu'un
26:59qui refuse le débat démocratique.
27:01Quant au premier secrétaire
27:02du Parti Socialiste,
27:03moi, je lui ai dit
27:05ce que je viens de vous dire.
27:06J'en profite d'ailleurs
27:06pour lancer un appel à l'aide
27:07parce que je lui ai dit
27:08écoute, je suis prêt
27:09à participer au débat.
27:11Et depuis que je lui ai dit ça,
27:13il a totalement disparu.
27:14Donc je lance
27:15une alerte SOS Enlèvement.
27:16Si quelqu'un a vu
27:17le premier secrétaire
27:18du Parti Socialiste,
27:19qu'il lui dise
27:20que je suis prêt
27:20à discuter et à débattre.
27:21Et voilà où j'en suis.
27:22Mathieu Piguet,
27:23justement,
27:23puisque vous dites
27:23tout le mal
27:24que vous pensez
27:24d'Olivier Faure
27:25et Raphaël Glucksmann,
27:26pourquoi, diable,
27:27vous voulez vous inscrire
27:28dans cet espace politique-là ?
27:30Pourquoi vous choisissez
27:31comme cheval militant
27:32et partisan
27:33l'espace socialiste ?
27:34Non, moi,
27:36j'ai parlé de gauche de rupture.
27:39Juste, il faut que vous clarifiez.
27:40Est-ce que vous allez
27:41participer à cette primaire
27:42ou pas ?
27:44Visiblement,
27:44ils ne veulent pas
27:45que je participe.
27:45C'est ça, pardon.
27:46C'est ça que j'ai...
27:46Mais vous,
27:47vous voulez y aller.
27:48J'ai dit je suis prêt
27:49et on me dit
27:50non, on ne veut pas de toi.
27:51Bon, voilà.
27:53S'il vous plaît,
27:53ils ont tellement peur
27:54du débat démocratique
27:55qu'ils veulent voter
27:56derrière une porte blindée.
27:57Je trouve ça absolument regrettable.
27:59Mais je voudrais dire
28:00une chose sur la gauche.
28:01Moi, je suis pour une gauche
28:02de rupture.
28:02Vous l'avez compris.
28:03Mais je suis aussi
28:04pour une gauche unie.
28:06L'union de la gauche.
28:07Je me souviens être venu ici
28:08à la fête de l'humanité
28:09il y a un an.
28:10Il y a un an
28:11où j'ai débattu
28:11avec Fabien Guay
28:12et où on s'est dit
28:13et l'un et l'autre.
28:14Aucune gauche ne gagnera seule.
28:16Aucune gauche.
28:17La gauche,
28:18elle ne peut gagner qu'unie.
28:22Ben, justement...
28:23Et elle est unie
28:24quand elle gagne.
28:25Je voudrais dire
28:25une autre chose.
28:26Oui, il y a des différences
28:28de sensibilité.
28:29Moi, j'ai coutume de dire
28:30il y a 50 nuances de gauche.
28:31Oui, il y a des différences
28:32sur tel ou tel sujet.
28:34C'est clair.
28:34Mais ce qui nous rassemble
28:36aujourd'hui
28:36est beaucoup plus fort
28:37que ce qui nous divise.
28:38Ce que nous devons défendre
28:40ensemble aujourd'hui
28:41est beaucoup plus fort
28:42que ce qui nous sépare.
28:43Et donc, moi,
28:44l'appel que je lance
28:45pour vous répondre,
28:46c'est l'appel à l'union.
28:47Il n'existe aucune alternative
28:48à l'union pour gagner.
28:49On ne gagnera qu'ensemble.
28:51Si vous appelez à l'union,
28:53précisément,
28:54l'offre à gauche
28:55est déjà abondante
28:56avec des partis
28:57qui ont travaillé,
28:58qui ont présenté des programmes
28:59et des militants
28:59qui ont travaillé.
29:00Vous, vous arrivez
29:01sans parti,
29:02sans structure,
29:02sans programme.
29:03Qu'est-ce que vous pouvez
29:04apporter à ça
29:04et en quoi pourriez-vous
29:05faire l'union de la gauche ?
29:06Moi, j'apporte trois choses,
29:08si vous voulez.
29:08Un, d'abord,
29:12je vais le dire
29:13un peu brutalement
29:13et je suis convaincu
29:14qu'on va en parler
29:14tout à l'heure,
29:15mais en tout cas,
29:16j'essaye de mettre
29:17à disposition
29:18de nos valeurs,
29:19pardon de le dire comme ça,
29:20des médias,
29:21que ce soit Nova
29:21ou les autres.
29:22J'apporte ensuite
29:24des idées,
29:24d'une certaine façon,
29:25sur la dette,
29:26sur le SMIC,
29:27sur différents sujets.
29:28Moi, je n'ai pas dit
29:29que j'étais candidat,
29:29je dis que je veux aider
29:30à l'union de la gauche,
29:31je veux porter
29:32un discours d'union.
29:34Je vous ai laissé
29:35sans voix, là.
29:36Les projets sont quand même
29:37extrêmement différents
29:38les uns des autres
29:38et oui, c'est vrai
29:39que dans ce domaine,
29:40alors d'accord,
29:41mettre à disposition
29:41des médias,
29:42très bien,
29:42même si on reviendra,
29:43ça c'est encore
29:44une autre question,
29:44mais pourquoi justement
29:45s'engager en politique,
29:46pourquoi dans le champ
29:47du Parti Socialiste,
29:48etc.
29:49Enfin, toutes ces questions,
29:49finalement,
29:50vous parlez de gauche
29:50de rupture,
29:51mais c'est vrai
29:51qu'on n'arrive pas bien
29:52à savoir,
29:53finalement,
29:53pourquoi vous,
29:54pourquoi ce serait vous
29:55dont on aurait besoin
29:55à gauche,
29:56et pourquoi dans ce champ-là,
29:57et pourquoi vous parliez
29:58de rupture,
29:59de radicalité ?
30:00Et du coup,
30:01Glucksmann,
30:02fort ?
30:04Pourquoi je parle
30:04de rupture et de radicalité ?
30:06Je ne comprends pas
30:07la question.
30:08Précisément parce que
30:08je pense qu'il y a
30:09une radicalité
30:10qui s'exprime dans la société
30:11qu'il faut entendre
30:12et comprendre.
30:13Et que la seule façon
30:14d'y répondre,
30:14c'est la rupture.
30:16Enfin, franchement,
30:17pourquoi est-ce que
30:18je viens de parler
30:19de radicalité ?
30:19Parce que je considère
30:20que ce n'est pas possible
30:21de continuer comme on fait.
30:23Je vais vous donner...
30:24Je peux donner
30:245 ans de chiffres
30:25sur les inégalités...
30:26Le Parti Socialiste,
30:26c'est dans la continuité
30:27du néolibéralisme.
30:28Pardon ?
30:28Le Parti Socialiste,
30:29c'est dans la continuité
30:30du néolibéralisme.
30:34Mais je ne sais pas
30:36de quoi vous parlez
30:37et à qui vous parlez.
30:37Moi, je ne suis pas
30:38membre du Parti Socialiste.
30:39J'ai été aux Amphi,
30:41à LFI.
30:42J'ai été aux Journées des Verts.
30:43Je ne suis pas allé
30:44aux Journées du Parti Socialiste.
30:45Je ne sais pas
30:46à qui vous vous adressez.
30:47Je dis juste,
30:47il faut arriver
30:48à créer une forme
30:50de trait d'union
30:51entre les différentes
30:52sensibilités de la gauche.
30:53Et je considère d'ailleurs
30:54qu'il y a un moment
30:55où s'arrête la gauche.
30:56D'ailleurs,
30:56je ne suis pas étonné
30:57de voir des macronistes
30:59historiques,
31:00et là,
31:00vous pouvez siffler et huer,
31:01appeler à l'union
31:02avec, par exemple,
31:03Raphaël Glucksmann.
31:03Ça, pour moi,
31:04ce n'est pas la gauche.
31:05En tout cas,
31:05ce n'est pas la mienne.
31:07La question que vous posez,
31:09et c'est ce que vous demandez,
31:09Cyprien,
31:10tout à l'heure,
31:10c'est avec tout ce que
31:11vous nous avez dit,
31:12pourquoi est-ce que vous estimez
31:13que c'est l'espace
31:13de la primaire socialiste
31:15qui est la plus pertinente
31:16en ce moment ?
31:17Je n'ai pas dit ça.
31:19Je dis,
31:19j'essaye de faire un trait d'union
31:21entre toutes les forces de gauche.
31:22Je ne vais pas participer
31:23à cette primaire.
31:24Ils ne me laissent pas rentrer
31:24de toute façon.
31:25Mais si,
31:26l'intérêt de participer
31:27de toute façon à un débat,
31:28quel que soit le débat,
31:28que ce soit ici,
31:30que ce soit LFI,
31:30ou que ce soit OPS,
31:31c'est d'essayer d'avoir
31:33un discours qui harmonise
31:34les positions
31:34et qui crée des convergences.
31:36Et c'est uniquement
31:37par cette convergence
31:37qu'on pourra gagner ensemble,
31:39je le répète.
31:40Ce n'est pas en créant
31:40des séparations ou des murs.
31:43Si jamais votre vœu d'union
31:45et de rassemblement
31:46n'a pas lieu
31:47et que l'offre des candidats
31:48reste en l'état,
31:50votre vote irait vers qui ?
31:53Pardon de cette réponse
31:54que vous avez trouvé facile,
31:55mais c'est trop tôt pour le dire.
31:57Moi, mon vote,
31:58il ira à la gauche...
31:59sur un peu facile.
32:01Je vais vous répondre.
32:03Il n'y a pas de réponse facile,
32:04je suis en train de vous répondre.
32:05Il faut juste prendre mon vote.
32:08Il ira à la gauche
32:08qui peut gagner,
32:09celle de rassemblement
32:10et de rupture.
32:11Donc c'est trop tôt aujourd'hui
32:12pour le dire,
32:13mais enfin,
32:13vous pouvez à peu près voir
32:14quelle est la gauche
32:15de rassemblement et de rupture.
32:20Soyons,
32:20on ne va pas se mentir,
32:21soyons honnêtes,
32:22les Insoumis ont vu
32:24dans votre passage aux Amphis
32:25où vous avez dit tout le bien
32:26que vous pensiez de leur programme,
32:27ont vu ça comme un soutien
32:28et une future adhésion
32:29à la France Insoumise.
32:30Est-ce que c'est le cas ?
32:35Je vous laisse là-dessus.
32:36Vous ne voulez pas répondre encore.
32:39Est-ce qu'on n'est pas
32:40dans un moment aussi grave
32:42qu'il y a besoin
32:43de clarifier toutes les positions
32:45et notamment la vôtre ?
32:53Quelle qu'elle soit, d'ailleurs.
32:55Mais...
32:55Le moment de gravité,
32:57j'ai démarré...
32:59Vous m'avez coupé.
33:00J'ai démarré en disant
33:01qu'on est dans un moment
33:02particulièrement grave.
33:03On vit une rupture
33:04qui est sans précédent.
33:05Et la seule façon d'y répondre,
33:07c'est par une rupture politique profonde.
33:09Mais cette rupture politique profonde,
33:11il ne suffit pas
33:12d'être dans une gauche
33:12de protestation
33:13ou d'une gauche qui a raison.
33:15Il faut être dans ce que moi,
33:16j'ai appelé une gauche radicale
33:17de gouvernement.
33:18C'est-à-dire...
33:18C'est une chose...
33:20Moi, je pense qu'il faut arriver
33:21à allier la volonté
33:23de transformer,
33:24de changer la vie
33:25et la capacité d'agir.
33:27C'est ça qu'il faut faire.
33:29La radicalité,
33:30je n'y reviens pas
33:30parce qu'elle est dans la société.
33:32Il faut l'entendre,
33:33la comprendre.
33:34Et en même temps,
33:34il faut gouverner.
33:36Gouverner.
33:37Si on veut changer
33:38la vie des gens,
33:39il ne suffit pas
33:39d'être sur une estrade
33:40et de dire voilà, etc.
33:41Il faut prendre le pouvoir
33:43et agir.
33:44Et donc, moi,
33:44c'est ce à quoi j'appelle.
33:46C'est une gauche radicale
33:47de gouvernement
33:47qui, ensemble, va gagner.
33:49Et le pouvoir des mobilisations,
33:50par exemple,
33:51des manifestations,
33:52des grèves,
33:53des militants de terrain,
33:54des personnes...
33:54Enfin, cette politique-là,
33:55par exemple,
33:56justement, vous en pensez quoi
33:57quand vous parlez
33:57au niveau de radicalité, etc.?
33:59Moi, je pense que
34:00quand on n'arrive pas
34:01à porter un discours
34:04par une voie normale,
34:05la mobilisation populaire
34:08est non seulement souhaitable,
34:10mais nécessaire.
34:11Et de fait,
34:11les grandes luttes sociales,
34:14enfin, les grands acquis sociaux
34:15ont été gagnés
34:16par la mobilisation sociale.
34:17Donc, votre question, c'est
34:18est-ce que parfois,
34:19il faut faire grève ?
34:21Oui, bien sûr.
34:21Est-ce qu'il faut se mobiliser ?
34:23Oui, bien sûr.
34:23Et pour la présidentielle,
34:25il va falloir se mobiliser
34:26avant et après.
34:26Là encore,
34:27ça a été dit
34:27par Jean-Luc Mélenchon
34:28hier, d'ailleurs.
34:29Vous citez beaucoup
34:30Jean-Luc Mélenchon.
34:31Vous citez souvent
34:32Jean-Luc Mélenchon, quand même.
34:34Ça commence à être
34:34un peu un indice.
34:35Oui, c'est déjà effectivement
34:36la troisième fois
34:37que vous citez
34:37Jean-Luc Mélenchon.
34:38Mais du coup,
34:40et ce sera
34:40la dernière question du genre,
34:42mais on a besoin,
34:43encore une fois,
34:44de clarification
34:44quand vous parlez
34:45de la gauche qui peut gagner,
34:46mais surtout de la gauche
34:47qui serait la gauche
34:48qui vous ressemble le plus.
34:49Et vous avez l'air déjà
34:50d'exclure Raphaël Glucksmann
34:52de tout cela.
34:53Quelle est la gauche
34:55qui a raison en ce moment,
34:56la gauche qui vous donne
34:57envie de vous battre,
34:58la gauche qui vous semble
35:00être en position de gagner ?
35:02Est-ce que vous voulez
35:02que je vous dise un mot
35:03sur Raphaël Glucksmann ?
35:11Pour moi,
35:12et je l'ai déjà dit,
35:13et vous ne pouvez pas dire
35:14que j'ai un discours langue de bois,
35:15ce n'est pas un homme de gauche.
35:18Ce n'est pas nous qui le disons.
35:19Je suis en train de vous dire
35:20que ce n'est pas un homme de gauche.
35:23Et je ne comprends pas
35:24comment le Parti Socialiste
35:25peut accueillir en son sein
35:27quelqu'un qui a soutenu
35:29Alternative Libérale,
35:29Nicolas Sarkozy,
35:30Emmanuel Macron.
35:33C'est de la langue de bois, ça ?
35:34Non.
35:37Je vais même aller au-delà.
35:39Voilà quelqu'un
35:39qui vous donne des leçons
35:40aujourd'hui de gauche,
35:41enfin pas à vous d'ailleurs,
35:42mais au Parti Socialiste,
35:44et qui a travaillé
35:45pour un président,
35:46en l'occurrence
35:46Saakashvili en Géorgie,
35:47qui a un bilan économique
35:49et social assez remarquable.
35:50Je le mets entre guillemets,
35:51je suis évidemment
35:52au quatrième degré.
35:53C'est-à-dire,
35:54écoutez bien,
35:55suppression du SMIC.
35:57Saakashvili,
35:57conseillé par Glucksmann,
35:58a supprimé le SMIC.
36:00Ils ont baissé
36:00les impôts significativement.
36:02Et le résultat
36:03de cette politique,
36:03c'est une explosion
36:04des inégalités.
36:05On ne peut pas dire
36:05que c'est de la langue de bois.
36:06Moi, je vous dis,
36:07ce n'est pas un homme de gauche.
36:09Et donc, tout faire
36:09pour empêcher
36:10qu'effectivement,
36:11il soit désigné,
36:12ça me paraît nécessaire.
36:14Mathieu Figuesse,
36:14vous n'avez toujours pas
36:15répondu à ma question.
36:16Mais non,
36:18vous n'avez pas répondu
36:19à ma question
36:19puisque vous avez dit
36:20que vous excluyez
36:22Raphaël Glucksmann
36:22de tout cela.
36:23Moi, je vous demande
36:24quelle est la gauche
36:25aujourd'hui.
36:25Et vous avez le droit
36:26de me dire
36:26l'union de la gauche
36:27et comment vous allez y travailler.
36:29Mais moi,
36:29je vous demande aujourd'hui
36:30quelle est la gauche
36:32qui vous donne envie
36:33et celle qui rassemble.
36:35Je ne vous ai pas demandé
36:35pour qui vous n'alliez pas voter.
36:37C'est déjà utile
36:38de savoir
36:39qui n'est pas parti,
36:42ne participe pas
36:42de cette gauche.
36:43Mais je vous le redis,
36:44on peut tourner du pot
36:45autour des heures.
36:45Moi, je discute
36:47avec tout le monde.
36:49LFI,
36:49les Verts,
36:51les communistes,
36:52l'humanité.
36:53On fait même des choses ensemble,
36:54il faut le dire quand même.
36:57Moi, avec le Parti Socialiste,
36:59vous avez la réponse.
36:59Moi, je veux juste
37:00que la gauche gagne,
37:01je veux que la gauche gagne,
37:02que ce soit une gauche de rupture.
37:04Voilà,
37:04et on va s'organiser
37:05pour le faire.
37:06Ça m'amène à une question.
37:07Est-ce que vous regrettez au fond,
37:09vous qui parlez de gauche
37:09de gouvernement,
37:10fustez le radical,
37:11est-ce que vous regrettez au fond
37:12l'effondrement électoral
37:13du Parti Socialiste,
37:14auquel vous avez adhéré
37:15il y a longtemps, certes,
37:16mais est-ce que vous regrettez
37:17que le Parti Socialiste
37:18ne soit plus central ?
37:19Je n'ai pas à regretter
37:20l'effondrement du Parti Socialiste,
37:22je le constate.
37:23Et pour moi,
37:24il est la conséquence
37:26de ce qu'on décrit
37:27depuis tout à l'heure.
37:28La conséquence, c'est quoi ?
37:29C'est une société qui ne tourne plus rond
37:31et un Parti Social-Démocrate
37:33qui ne répond plus
37:34aux enjeux de cette société.
37:37Il est passé à côté
37:38du changement du monde
37:39que je décrivais tout à l'heure
37:40depuis dix ans.
37:41Et donc, je ne suis pas étonné
37:42qu'il se soit effondré.
37:44La radicalité, elle a changé.
37:46Moi, je l'ai déjà dit,
37:47elle a changé de parti.
37:48La radicalité,
37:48c'est prendre le mal à la racine,
37:50comprendre d'où vient le mal
37:51et agir dessus.
37:52C'est pour ça,
37:53tout à l'heure, je disais,
37:54il y en a marre des politiques
37:55qui vous expliquent
37:55qu'on ne peut pas faire ça.
37:57Moi, le discours, par exemple,
37:59sur la gauche du gouvernement,
38:00je ne le supporte pas.
38:01Je ne supporte pas.
38:02Et j'ai fait des débats
38:02avec un certain nombre
38:03de dirigeants socialistes,
38:05par exemple, qui vous disent
38:05« Non, mais on ne peut pas faire ça. »
38:07Je reviens là-dessus.
38:08Ce n'est pas responsable,
38:09ce n'est pas réaliste.
38:10Mais non, le réel,
38:11c'est ce que l'on en fait.
38:12Ce n'est pas au réel
38:13de s'imposer à vous,
38:13c'est à nous de s'imposer au réel.
38:15Il faut être courageux,
38:17audacieux, radical.
38:19Et c'est comme ça qu'on changera.
38:21Et donc, je ne suis pas étonné
38:22de voir ce parti qui s'effondre
38:24parce qu'il ne porte plus
38:25de discours radical.
38:27Et c'est ce que je disais tout à l'heure.
38:28La radicalité, je reviens là-dessus
38:29parce que c'est quand même majeur.
38:31Mais radicalité...
38:32Attendez, je voudrais juste dire.
38:33On nous dit...
38:34Parce que quand même,
38:34si on veut changer la vie des gens,
38:36il faut des marges de manœuvre.
38:37Il faut pouvoir reconstruire
38:38les services publics,
38:39les hôpitaux, les écoles.
38:41Il faut remonter...
38:42Ce n'est pas des propositions.
38:42Quand on nous dit
38:43« Ce n'est pas possible »,
38:45et beaucoup de dirigeants le disent,
38:46moi, je vous dis « C'est possible ».
38:48C'est possible si on le veut
38:49et si on gagne ensemble.
38:50C'est ça, la gauche de rupture
38:51et de rassemblement.
38:52Il faut y passer des heures,
38:53mais on devrait tous
38:54se retrouver là-dessus.
38:56Mathieu Pigues,
38:59vous avez dit
39:00que vous discutez avec tout le monde.
39:02On voit bien ce que vous faites
39:03en investissant de l'argent
39:04dans des médias du genre de Nova
39:07qui portent effectivement
39:08un autre discours
39:09qu'on va dire le discours dominant
39:10dans les principaux médias.
39:12Oui, quand même.
39:12Vous me donnez ce point-là.
39:13Quand même.
39:14Qu'est-ce que vous faites de plus,
39:16Mathieu Pigues ?
39:17C'est le moment de nous dire
39:17« On n'est pas filmé,
39:19on est juste entre nous ».
39:21Qu'est-ce que vous faites de plus
39:21justement sur l'union de la gauche ?
39:24D'abord, nous menons
39:27la bataille culturelle.
39:28Et la bataille culturelle,
39:29elle n'est pas que dans les médias.
39:32Elle est, ou en tout cas,
39:33les médias au sens mainstream.
39:35Elle est dans les festivals de musique.
39:37Elle est dans le cinéma.
39:39Elle est...
39:39Enfin, surtout ce qui est la culture.
39:41Nous, ce combat,
39:43nous le menons.
39:44C'est la première chose.
39:45Et on le mène de manière forte.
39:47quand même,
39:49vous avez oublié,
39:50mais on fait jouer des groupes.
39:52Je pense, par exemple,
39:53à un groupe qui s'appelle
39:54Nicap,
39:54qui est un groupe de rap
39:58nord-irlandais
39:59qui défend la Palestine.
40:01Quand on l'a fait jouer,
40:03vous dites « Qu'est-ce qu'on fait ? »
40:05On l'a fait jouer malgré
40:06toutes les demandes de censure
40:09de soit la préfecture de police de Paris,
40:11soit la région Île-de-France.
40:12La région Île-de-France
40:13a décidé,
40:14a menacé,
40:16de supprimer ses subventions
40:17en disant « Si vous faites jouer ce groupe,
40:19nous, on ne vous subventionne plus. »
40:21Vous savez ce qu'on a fait ?
40:22On l'a fait jouer.
40:23On a perdu toutes les subventions
40:25et j'ai dit à la région
40:25« Tu sais quoi ? Ton argent,
40:26tu peux le garder. »
40:27Nous, on n'accepte pas la censure.
40:29C'est ça, la bataille culturelle.
40:32La bataille culturelle,
40:35elle est aussi dans le champ économique.
40:37C'est de venir ici
40:38et de dire,
40:40ici ou ailleurs,
40:41et de dire au MEDEF,
40:42avec violence pour ce qui me concerne,
40:44« Vous avez tort,
40:45vous vous trompez sur tout,
40:46vous vous trompez sur les salaires,
40:47vous vous trompez sur les prix,
40:47vous vous trompez sur la dette. »
40:49Ça, ça fait partie de la bataille culturelle.
40:51Par exemple,
40:52moi, je refuse le terme
40:54« La bombe des retraites,
40:56le mur de la dette. »
40:57Je passais des heures à expliquer
40:58qu'il n'y avait pas de bombe des retraites,
41:00qu'il n'y a pas de mur de la dette.
41:01Ce n'est pas vrai.
41:02Ça, ça fait partie aussi
41:03de la bataille culturelle.
41:04Et puis, c'est l'organisation politique
41:06pour prendre le pouvoir
41:07d'ici la présidentielle.
41:09Voilà.
41:10Alors, juste pour rester un petit peu
41:11sur le sujet des médias,
41:14vous parlez d'une forme
41:15d'urgence antifasciste, finalement.
41:17Est-ce que vous pensez, par exemple,
41:18qu'il faudrait fermer ces news ?
41:21Non, alors, je vais vous étonner.
41:22Moi, je considère
41:23qu'il ne faut pas fermer ces news.
41:25C'est un média d'opinion
41:28horrible, raciste,
41:29mais je pense que, justement,
41:31il faut les laisser s'exprimer
41:33pour qu'on voit
41:34qui ils sont
41:35et ceux qu'ils sont.
41:38Je vous donne un exemple.
41:39Je vous donne un exemple.
41:40Parce que ça fait partie du combat.
41:42Et ce n'est pas...
41:43Pardon, on peut être en désaccord.
41:44Ce n'est pas parce qu'on censure
41:46que ça n'existe pas.
41:47Ce n'est pas parce qu'on cache
41:48qu'ils ne parleront pas.
41:50Je vous donne un exemple.
41:51Il y a CNews,
41:52je suis perdu dans les jours,
41:53il y a 3 ou 4 jours...
41:55Est-ce qu'ils ne sont pas dangereux ?
41:57Est-ce que ce n'est pas dangereux
41:57de les laisser s'exprimer ?
41:58Mais de toute façon...
42:00Non, moi, je pense
42:00qu'il vaut mieux affronter
42:01la bête en face.
42:02Vous voyez ?
42:03C'est-à-dire, je pense
42:03qu'il vaut mieux savoir
42:04qui ils sont et ce qu'ils disent.
42:05Je donne un exemple.
42:07Quand Aurore Berger,
42:08ministre macroniste,
42:10dit
42:10la théorie du grand remplacement
42:12n'est pas raciste,
42:13je trouve ça effarant.
42:15Le même jour,
42:16sur CNews,
42:16parce que c'était sur CNews,
42:18Louis Sarkozy,
42:18fils d'un président de la République,
42:19explique que
42:20c'est pas inquiétant
42:21quand...
42:22Oui, vous pouvez le siffler.
42:22C'est pas inquiétant.
42:24Je ne sais pas
42:24si vous avez entendu
42:24les propos quand même.
42:25C'est pas inquiétant
42:26quand derrière nous,
42:27la nuit,
42:27c'est un petit...
42:28Je crois qu'il a dit
42:28un petit blond à lunettes
42:29qui court,
42:30mais c'est inquiétant
42:30quand c'est quelqu'un
42:32en tenue, je cite,
42:33traditionnelle musulmane.
42:34C'est absolument effrayant.
42:36Et je dis juste,
42:38moi, je préfère affronter,
42:40savoir qui ils sont,
42:41ce qu'ils disent
42:41et lutter contre.
42:43Mais là, ils le diffusent.
42:44Ce n'est pas du tout pareil.
42:45Ils ont énormément d'eux,
42:46que ce soit des télévisions,
42:47des journaux, etc.
42:48Ils le diffusent,
42:49justement,
42:49ces pensées racistes
42:50qui ont des conséquences
42:51dans la vie réelle des gens.
42:52Il y a eu des agressions,
42:53il y a eu des menaces de mort,
42:54etc.
42:57La bataille culturelle,
42:59mais ce n'est pas
43:00en les censurant
43:01qu'on s'en sortira.
43:02La bataille culturelle,
43:02c'est précisément
43:03d'aller contre.
43:04C'est d'aller contre.
43:06C'est vrai qu'anti-fascisme,
43:07il faut aller jusqu'au bout.
43:07C'est d'aller contre.
43:08Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
43:10Qu'est-ce qu'on fait en face ?
43:15C'est l'hyperconcentration des médias.
43:16Le problème, il est là, d'abord.
43:18Vous avez 5 milliardaires,
43:22conservateurs, réactionnaires
43:23qui contrôlent 90% des médias.
43:25Un des premiers sujets,
43:26pour nous tous ici,
43:27c'est de lutter
43:28contre l'hyperconcentration des médias.
43:34La deuxième chose,
43:35et on a un cadre,
43:37je profite pour le dire,
43:38un cadre législatif
43:39qui est totalement inadapté.
43:40Une loi de 86 sur l'audiovisuel
43:42qui n'a plus aucun sens aujourd'hui.
43:44La deuxième chose,
43:45c'est qu'il faut des médias alternatifs.
43:47Nova en fait partie.
43:49Et franchement,
43:50on peut s'en satisfaire ici.
43:53Nova porte une voix alternative,
43:55non seulement en matière musicale
43:56qui est la diversité,
43:57mais dans les émissions d'humour politique,
44:00que ce soit Larry Post,
44:01que ce soit la dernière,
44:04que ce soit les grands remplaçants.
44:08Le succès de ces émissions,
44:10qui est considérable,
44:11montre qu'il y a un besoin,
44:12une envie, un désir.
44:14Et c'est en portant ces voies alternatives-là
44:16qu'on combat aussi.
44:18C'est ça qu'il faut comprendre.
44:19De toute façon,
44:20l'attaque contre nous,
44:22si je puis dire,
44:23elle est totale.
44:24Non seulement ils contrôlent
44:25des médias privés,
44:26je l'ai dit,
44:26c'est l'hyperconcentration des médias,
44:27mais maintenant,
44:28ils s'en prennent
44:29à l'audiovisuel public.
44:30Alors au début,
44:31c'était la commission dite à l'oncle
44:33qui a tapé dessus
44:34de manière très forte.
44:36Et désormais,
44:37ils mettent,
44:37et c'est là où il y a une capitulation
44:40de l'audiovisuel public
44:41et de France Inter,
44:42ils mettent
44:44leurs éditorialistes,
44:45dont le,
44:46hélas,
44:47fameux Charles Sapin,
44:49à l'antenne.
44:50Moi,
44:50je trouve ça scandaleux.
44:51Donc je pense que là aussi,
44:52pour le coup,
44:52il faut se battre.
44:54vous parlez d'une loi
44:55anti-concentration des médias.
44:57Jusqu'à quel point
44:58vous êtes prêt
44:58à accepter une loi
44:59d'émancipation des médias
45:00vis-à-vis des forces de l'argent
45:01qui pourrait vous conduire,
45:02vous,
45:02Mathieu Pigasse,
45:03à renoncer en partie
45:04à votre groupe médiatique
45:06puisque vous avez,
45:06attendez,
45:06je suis dit,
45:07vous êtes propriétaire de combat,
45:09on l'as dit,
45:09mais vous avez aussi des parts
45:10dans Le Monde
45:11et dans le groupe MediaOne
45:12qui est un groupe extrêmement puissant.
45:13Est-ce que vous,
45:14vous êtes prêt à renoncer
45:14à une partie
45:15de votre empire médiatique
45:16au nom de la non-concentration
45:18des médias ?
45:20Vous voyez,
45:20c'est l'intérêt de se parler
45:21quand on s'écoute
45:23et j'espère de se comprendre.
45:26Moi, j'ai été,
45:27je le suis toujours,
45:27actionnaire d'un journal
45:28qu'on aime ou qu'on n'aime pas
45:29mais qui est quand même
45:30une référence institutionnelle
45:32qui est Le Monde.
45:34Regardez,
45:35regardez
45:37et comparez
45:38ce que nous avons fait,
45:39nous,
45:39en tant qu'actionnaire
45:41avec le journal Le Monde
45:42et le groupe Le Monde,
45:43avec Pierre Berger
45:44et Xavier Niel.
45:44Je vais vous dire,
45:46écoutez bien,
45:46il n'y a aucun journal en Europe
45:48n'a une telle émancipation
45:50des médias
45:51et aucun journal en Europe
45:52n'a une telle séparation
45:54entre ses actionnaires
45:55et la rédaction.
45:56On a mis en place
45:58un comité d'éthique
45:59et de déontologie.
46:00On a mis en place
46:01une charte d'éthique
46:01et de déontologie
46:02qui interdit aux actionnaires
46:04d'intervenir
46:05dans le contenu du journal.
46:06On a donné
46:07une partie du capital
46:09aux journalistes
46:10qu'on appelle
46:10le pôle d'indépendance,
46:1225% du capital.
46:13On a ensuite donné
46:14tout ça sur 10 ans.
46:15On dit,
46:16c'est pas assez,
46:16regardez sur 10 ans.
46:17On a ensuite donné
46:18ce qu'on appelle
46:19une action de préférence
46:19à ce pôle d'indépendance.
46:20Ça veut dire que
46:21quoi qu'il arrive,
46:22il ne peut pas être dilué,
46:24c'est-à-dire être
46:25au-dessous de 25%.
46:26On ne s'est pas arrêté là.
46:27On a dit ensuite,
46:28des années plus tard,
46:29le pôle d'indépendance,
46:30vous avez désormais
46:31un droit d'agrément
46:31sur le changement
46:32d'actionnaire.
46:33Et on a donné
46:33à la rédaction
46:34le droit d'agrément
46:35sur le directeur
46:36de la rédaction
46:37à 60%.
46:38C'est totalement protégé.
46:40Aucun journal en France,
46:41d'ailleurs en Europe,
46:42aucun média,
46:43je continue,
46:43aucun média en Europe
46:45n'a un tel système
46:46de protection.
46:46Moi, je dis
46:47à Vincent Bolloré,
46:48par exemple,
46:49ce n'est pas nous
46:50Mais ce n'est pas ça,
46:50ça veut dire que ça reste
46:51au bon couloir finalement
46:52de la bourgeoisie,
46:54qu'elle soit de gauche
46:55ou de droite.
46:55A la fin,
46:56c'est eux qui décident quand même.
46:58Ce n'est pas nous
46:59qui devons prendre
46:59des leçons.
47:00Il ne faut pas se tromper
47:01de combat quand même.
47:03Le combat,
47:03le nôtre,
47:04c'est le même.
47:04D'ailleurs,
47:04on a fait un journal
47:05avec l'humanité
47:06qui s'appelle Combat.
47:07Le combat,
47:08c'est contre les forces
47:09de l'extrême droite.
47:10L'émancipation des rédactions,
47:11chez nous,
47:12elle est totale.
47:13Je vais vous dire,
47:13moi, je distingue,
47:14et c'est à Bolloré
47:15qu'il faut aller expliquer ça
47:16ou aux autres.
47:17Je vais vous dire,
47:18je distingue,
47:18une seconde sur les médias,
47:20c'est un sujet important.
47:21Je distingue la ligne éditoriale
47:24de l'indépendance éditoriale.
47:26La ligne éditoriale,
47:28c'est chaque média
47:29a une position,
47:30un angle,
47:31un sujet,
47:32un positionnement politique.
47:33C'est le cas de l'humanité,
47:34non ?
47:34Vous avez une ligne éditoriale,
47:35vous n'êtes pas un journal de droite.
47:36Le Figaro,
47:39c'est le journal de droite.
47:40Nova,
47:40les Inrocs,
47:41ont une ligne éditoriale.
47:42Les autres médias de droite
47:43ont une ligne éditoriale.
47:44Mais ce qui est fondamental,
47:45ce n'est pas la ligne,
47:46ce n'est pas la protection de la ligne,
47:48c'est l'indépendance des rédactions.
47:50Si vous écoutez à nouveau,
47:51j'ai parlé du monde,
47:52mais si vous écoutez Nova,
47:54vous verrez que l'indépendance éditoriale
47:56de Nova est totale.
47:57Si vous écoutez ce qu'il dit pour moi,
47:58Mais si vous changez d'avis un jour ?
47:59Pardon ?
48:00Si vous changez d'avis un jour ?
48:01Mais pourquoi vous voulez
48:02que je change d'avis ?
48:03On ne peut pas être sûr.
48:05Nous, ce qu'on voudrait par exemple,
48:06ce qu'on proposerait,
48:07ce serait effectivement des médias
48:08qui soient totalement indépendants,
48:09qui appartiennent à la rédaction,
48:10qui appartiennent à la sortie
48:12des puissances d'argent.
48:15Mais à nouveau,
48:17je veux dire,
48:17c'est de l'opposition
48:18pour se faire plaisir.
48:20Chez nous,
48:20je le redis,
48:21je n'ai peut-être pas été clair,
48:22l'indépendance éditoriale est totale.
48:24C'est tellement vrai
48:25que le monde a été mis
48:26dans une fondation.
48:27Aucun actionnaire aujourd'hui,
48:30il n'y a plus d'actionnaire au monde.
48:34C'est une fondation.
48:35On a poussé le système
48:37tellement loin
48:37qu'on a garanti
48:39l'indépendance totale
48:41de ce journal.
48:42Je ne peux pas vous dire mieux.
48:43Plutôt que de parler à nous
48:44et de dire
48:44si jamais tu changes d'avis,
48:46moi d'abord,
48:47je ne change pas d'avis.
48:47Je parle en général.
48:48Il faut dire,
48:49justement,
48:49dans ce cas-là,
48:50mettons-nous ensemble
48:51et allons lutter
48:52contre ceux qui nous emmerdent.
48:54C'est Bolloré,
48:55il faut expliquer
48:55que il y en a marre
48:57de l'hyperconcentration
48:58horizontale et verticale
48:59que c'est inacceptable
49:00de contrôler le cinéma,
49:02la presse,
49:03les médias,
49:03l'édition,
49:04la distribution.
49:05C'est inacceptable
49:06que c'est inacceptable
49:07de peser en permanence
49:09sur les lignes éditoriales
49:10et que oui,
49:11nous,
49:11on est vertueux.
49:12Il faut plutôt
49:12s'en satisfaire
49:13et franchement,
49:14s'en féliciter.
49:15En fait,
49:16c'est une question,
49:16là,
49:16la question qu'on pose,
49:17c'est une question de principe.
49:18On ne dit pas que
49:19vous avez votre ligne éditoriale,
49:20on la connaît,
49:20on peut partager des combats,
49:21c'est vrai.
49:22Néanmoins,
49:22sur le principe,
49:23on note qu'une rédaction
49:25soit tributaire
49:26du bon vouloir
49:27et de la vertu potentielle
49:28d'un propriétaire,
49:30ça pose un problème
49:31et ça fragilise les médias.
49:33Mais c'est la raison
49:34pour laquelle,
49:34c'est la raison pour laquelle
49:36je dis deux ou trois choses.
49:39La première,
49:39enfin,
49:40je répète,
49:41la première,
49:41le principal problème,
49:43c'est l'hyperconcentration,
49:44j'y reviens pas,
49:45il faut changer
49:45le cadre législatif.
49:47Il y a deux autres problèmes
49:48quand même.
49:49Il y en a un autre
49:50dont j'ai parlé
49:51qui est la confusion
49:53entre le capital,
49:54si je puis dire,
49:54les actionnaires
49:55et les rédactions.
49:56Il faut assurer
49:57l'étanchéité totale.
49:58Il y a un troisième problème
49:59dont je n'ai pas parlé
50:01qui est la confusion
50:02d'intérêts
50:03au sein des médias,
50:04c'est-à-dire que les médias
50:05sont souvent contrôlés
50:06par des groupes
50:06qui sont en lien avec l'État,
50:08qui passent des marchés publics
50:09avec l'État,
50:09par exemple en matière de défense.
50:11Ça, je dis,
50:11il faut régler ça.
50:13Ça, c'est les trois sujets
50:14qui, pour moi,
50:15sont fondamentaux.
50:16Puis, il y a un autre point,
50:17c'est que moi,
50:19je ne cesse d'appeler à ça
50:19et je ne suis pas le seul,
50:20il faut favoriser l'essor
50:22des médias indépendants.
50:24Il faut favoriser l'effort
50:26de médias nouveaux, digitaux
50:27qui vont porter
50:28une voix différente.
50:30Je citais tout à l'heure
50:31le journal Combat
50:32qui est un journal
50:33qu'on fait avec l'humanité,
50:35qui est un très grand succès
50:36contre l'extrême droite.
50:37On le fait aussi
50:38avec Blast et Street Press.
50:42Et c'est ces médias-là
50:43qu'il faut aujourd'hui encourager.
50:45D'ailleurs, j'en profite
50:46pour vous dire
50:46qu'on va continuer
50:48parce que, finalement,
50:50l'humanité considère
50:51qu'on ne fait pas
50:51un si mauvais travail.
50:52Et on va lancer
50:53Combat 2,
50:54le deuxième édition
50:55de ce journal,
50:56mi-novembre.
50:58Avec Madame Le Pen
50:59en couverture.
51:00C'est rien.
51:01Radio Nova,
51:02c'est construit
51:03par la force des choses
51:04aussi sur la bascule
51:05du service public
51:06vers la droite.
51:07Vous avez récupéré
51:08Guillaume Meurice,
51:09la dernière aussi
51:09parce qu'ils se sont fait
51:10virer de France Inter.
51:11C'est quoi votre rapport
51:13au service public
51:13de l'information aujourd'hui ?
51:15Sachant que vous avez profité,
51:16ce n'est pas calculé,
51:17mais vous avez profité
51:18de son effondrement en partie.
51:21C'est très provoque,
51:22ça ira,
51:23parce que...
51:24Je suis en souriant un peu.
51:26Est-ce que j'ai profité
51:27des malheurs
51:28du service public
51:28de l'audiovisuel ?
51:29Moi, je vais vous dire
51:29ce que je pense.
51:30D'abord,
51:31je suis un fervent défenseur
51:32et partisan
51:33de l'audiovisuel public.
51:35Je suis allé,
51:37et j'étais convoqué d'ailleurs
51:38par la commission à l'oncle
51:40et je lui ai dit
51:41ce que je pensais
51:42à ce monsieur à l'oncle
51:44parce que c'est une attaque
51:45en règle
51:45que l'audiovisuel public.
51:46Moi, je considère
51:47que l'audiovisuel public,
51:48c'est un pilier essentiel
51:50de la démocratie.
51:51C'est ce qui assure
51:52l'accès universel
51:54à la culture.
51:55C'est ce qui assure
51:56la représentation équilibrée
51:58des positions politiques
52:00et des territoires.
52:01C'est ce qui assure
52:02le journalisme,
52:03c'est-à-dire
52:04les faits
52:05et la vérification des faits.
52:07attaquer le service public
52:08de l'audiovisuel,
52:09c'est attaquer
52:10la démocratie.
52:12Et on l'a vu,
52:13la commission à l'oncle
52:14a essayé de le faire.
52:16D'ailleurs,
52:16d'une certaine façon,
52:17elle a atteint
52:18en partie son objectif
52:20avec un éditorialiste
52:22de Valeurs Actuelles,
52:23journal condamné
52:24pour incitation
52:24à la haine raciale
52:25et pour racisme
52:26désormais sur les antennes
52:27de France Inter.
52:28Mais moi,
52:29je pense que c'est fondamental.
52:30Alors, vous dites
52:33que quand une voix
52:35du service public
52:37de l'audiovisuel
52:38de Radio France,
52:38de France Inter
52:39ou autres
52:40devient disponible
52:41parce qu'ils n'ont pas été
52:44capables de les garder
52:45ou ils les ont virés,
52:46ben oui,
52:46nous,
52:47on leur offre un micro
52:48pour qu'on continue
52:49à les entendre
52:49et tant mieux.
52:56Maintenant,
52:57la nouvelle formule
52:58de Radio Nova
52:59portée par l'émission
53:00la dernière a deux ans.
53:01est-ce que vous estimez
53:02avoir atteint
53:02votre objectif
53:03de créer un espace
53:04justement pour endiguer
53:05l'influence
53:06des médias Bollorais ?
53:08On n'a jamais vraiment...
53:10Enfin, d'abord,
53:11un, c'est un succès
53:11en effet extraordinaire,
53:14que ce soit la dernière,
53:15je le redis,
53:16Larry Post,
53:16Takim Omeri
53:17ou les grands remplaçants.
53:19Et je le dis d'autant plus
53:21que c'est des émissions
53:23qui ont été très attaquées,
53:25toutes,
53:26la dernière par le ministre
53:28de l'Intérieur
53:29sur certains sujets
53:30ou par l'extrême droite,
53:31Akim Omeri et Larry Post
53:32par l'extrême droite
53:34et de manière violente,
53:37y compris les grands remplaçants.
53:38Et on a réussi,
53:39en effet,
53:39à les installer.
53:41Je me souviens,
53:41j'ai discuté avec Akim Omeri
53:43de Larry Post
53:44il y a quelques jours
53:44et on se souvenait
53:48des débuts de Larry Post
53:51qui a été lancé
53:52avec Wassil Amédas également.
53:54On a commencé quasiment
53:56dans une cave
53:57et lui-même dit
53:58que le public
53:59c'était les techniciens
54:00de Radio Nova.
54:00Bon, aujourd'hui,
54:01c'est un succès considérable.
54:03Considérable.
54:03Donc, on a atteint
54:05une partie de cet objectif
54:06qui est de faire entendre
54:06une autre voix
54:07et des voix
54:08qu'on n'entendait pas
54:09jusqu'à présent.
54:10ou des voix
54:11qui permettent aussi
54:12de décrypter
54:13ce que dit l'extrême droite.
54:14D'ailleurs,
54:15CNews est un réservoir
54:16très utile
54:17pour ces émissions
54:18parce qu'ils utilisent
54:20ce qui est dit
54:21pour essayer de décrypter,
54:22décortiquer,
54:23déconstruire
54:23le discours de l'extrême droite.
54:25Maintenant,
54:25est-ce qu'on a atteint
54:26l'objectif ?
54:26Non.
54:27Il faut continuer
54:28à monter en puissance
54:29et on va le faire.
54:30D'ailleurs,
54:30on accroît à chaque fois
54:31la capacité des salles
54:33et des théâtres.
54:34Mais surtout,
54:34il faut,
54:35si je puis dire,
54:35étendre le domaine de la lutte.
54:36Le domaine de la lutte,
54:41c'est aussi
54:42arriver à récupérer
54:44le spectacle vivant.
54:46Moi,
54:46j'en ai ras-le-bol
54:47de voir que l'histoire de France
54:48est captée par
54:50des spectacles...
54:51Oui,
54:51exactement.
54:52On n'a même pas besoin
54:53de le citer.
54:54Et donc,
54:54on a tout un travail
54:55qu'on va mener cette année
54:57sur ces différents fonds,
55:00que ce soit la musique,
55:01le spectacle vivant
55:02et l'histoire
55:03pour montrer en quoi...
55:06Et je vous donne rendez-vous
55:07d'ailleurs très rapidement,
55:08je pense,
55:09d'ici une semaine,
55:09dix jours pour...
55:11On aura l'occasion
55:12de lancer une initiative
55:13sur l'histoire
55:14pour montrer en quoi
55:15l'histoire de la France,
55:16c'est l'histoire du métissage
55:17et de la diversité
55:18et de rencontres
55:19et que c'est une richesse.
55:22Ça,
55:22ça fait partie
55:23de la bataille culturelle
55:24qu'on veut mener.
55:26Mathieu Pligues,
55:27on n'aura pas réussi
55:28à vous faire dire
55:28pour qui vous allez voter
55:29ni si vous alliez être
55:31candidat à présidentiel.
55:32Non, mais on a parlé
55:33de l'occasion...
55:34Mais peut-être que,
55:36puisque vous avez l'air
55:37d'avoir envie
55:38de porter tous ces combats-là,
55:40peut-être que vous vous voyez
55:42en futur ministre de la Culture ?
55:44Non, non, non.
55:46Je...
55:46Moi,
55:48je ne cherche pas
55:49de poste public,
55:50je voudrais rassurer,
55:51ou je ne sais pas,
55:51tout le monde s'en fout d'ailleurs.
55:53Ça ne m'intéresse pas.
55:54Mais attention,
55:54c'est enregistré.
55:55C'est enregistré, attention.
55:57Oui, oui.
55:58Alors là,
55:59je ne sais plus
55:59qui avait dit ça.
56:01Moi, vous n'avez aucun...
56:02Enfin,
56:03ce qui est sympathique avec moi
56:04et un peu chiant d'ailleurs,
56:05c'est que je dis la même chose
56:06depuis 20 ans.
56:07J'ai écrit la même chose,
56:08j'écris 4 livres,
56:08c'est toujours pareil.
56:09Et je vous dis,
56:10ça ne m'intéresse pas,
56:12je laisse ça à d'autres
56:13qui feront ça
56:13beaucoup mieux que moi.
56:14Moi, je mène
56:15un certain nombre de combats,
56:16je porte un certain nombre d'idées,
56:17on les a développées
56:18ou pas développées.
56:19Et vous savez quoi ?
56:20Je vais continuer à le faire,
56:21mais à la place qui est la mienne.
56:23Très bien.
56:23Merci, Mathieu Piegues.
56:25Merci à vous.
56:28Le combat continue.
56:29Et moi, je vous dis,
56:30on va gagner.
56:36Et on va gagner
56:37parce que c'est possible.
56:38C'est possible de gagner
56:39et c'est possible de changer la vie.
56:41Merci d'avoir été notre invité.
56:44Sous-titrage Société Radio-Canada

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