Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 17 minutes
Retrouvez le face-à-face entre Fabien Gay, sénateur PCF et directeur de l’Humanité - Patrick Martin, président du MEDEF, en direct de La Fête de l'Humanité.

ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/

📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr

✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite

📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Donc bonjour et bienvenue à l'agora de l'humanité, ça ne nous a pas échappé que le contexte politique
00:07ces derniers jours est un petit peu instable.
00:10François Bayrou, l'ancien Premier ministre, a annoncé sa démission après avoir engagé la confiance de son gouvernement.
00:18Voilà, tout ça sur des graves tensions concernant le budget de l'Etat.
00:22En effet, François Bayrou a annoncé en juillet un budget au vu de ce qu'il considère être une dette
00:28écrasante, imposant 44 milliards d'euros d'économie.
00:32Alors les critiques estiment que ce budget austéritaire impacte trop fortement travailleurs et travailleuses précaires privées d'emploi, au contraire
00:41des grandes entreprises et des ultra-riches.
00:45Dans le même temps, en juillet dernier, le Sénat a rendu un rapport d'une commission d'enquête sénatoriale concernant
00:53l'utilisation des aides publiques par les grandes entreprises et leurs sous-traitants.
00:59Celle-ci a déterminé que 211 milliards d'euros ont été versés aux grandes entreprises en 2013.
01:05C'est le premier poste de dépense publique en France.
01:08Donc face à ce chiffre pharaonique, on pourrait dire que des questions se posent.
01:15Quelle utilité ? Quelle transparence ? Quelle efficacité de ces aides ?
01:19Donc c'est de ces questions que nous allons débattre aujourd'hui avec Fabien Guay.
01:24Vous êtes sénateur communiste de Seine-Saint-Denis.
01:26Vous êtes rapporteur de la commission d'enquête sénatoriale.
01:37Et vous êtes aussi directeur de l'humanité.
01:41Et monsieur Patrick Martin, vous êtes dirigeant d'entreprise.
01:45Et vous êtes président du MEDEF, Mouvement des entreprises de France.
01:52Merci à lui d'avoir accepté notre invitation.
01:58Donc la première question que je vais poser s'adresse à vous, monsieur Martin.
02:02Vu que le pouvoir exécutif demande à tous les Français un effort concernant la dette et un effort budgétaire,
02:10considérez-vous que les entreprises doivent être mises plus à contribution,
02:14au même titre que tous les autres Français et les Françaises ?
02:18Je vais commencer par vous remercier de votre invitation et de votre accueil.
02:22Saluté le sénateur Guay.
02:29Que nous avons reçu, je me permets de le dire, monsieur le sénateur,
02:33à notre manifestation du MEDEF il y a quelques jours.
02:40Ça va mieux là ?
02:41Ah oui, ça va mieux.
02:43Et donc le remercier également d'avoir bien voulu intervenir devant les patrons il y a quelques jours,
02:48comme l'a fait également Fabien Roussel.
02:50Et ça nous a évidemment beaucoup intéressés, même si d'évidence on a des points de désaccord objectifs.
02:57Je crois que c'est important dans le contexte qu'on traverse,
03:00qui est quand même très tendu, dans un pays qui est très fracturé,
03:03qu'on se confronte, mais qu'on dialogue.
03:06Parce qu'il n'y a rien de pire que l'isolement et l'incompréhension entre nous,
03:10même si je le redis, on va le vérifier dans quelques instants,
03:13on a des désaccords de fond.
03:16Alors, la situation du pays est également fragile sur le plan des finances publiques.
03:21On a une responsabilité collective, et si je dis collective, ça inclut les entreprises dans cette situation,
03:27qu'il ne faut pas sous-estimer, parce que certains ont tendance à penser que c'est le problème de
03:32l'État,
03:32mais enfin l'État c'est nous, d'une certaine manière,
03:34et que ça n'impacte pas notre quotidien, que ce soit de particuliers ou d'entreprises.
03:39On le voit à travers l'augmentation des taux d'intérêt,
03:41ça impacte le crédit et la consommation, le crédit immobilier,
03:44et les conditions auxquelles les entreprises empruntent pour notamment investir.
03:49Alors, est-ce que les entreprises, pour répondre cette fois-ci directement à votre question,
03:53est-ce que les entreprises sont prêtes à participer à l'effort ?
03:56Alors, je vais commencer par dire que, mais c'est vrai que chacun d'entre nous,
03:59on participe déjà significativement à l'effort pour bien situer les choses,
04:03naître des aides dont on va reparler,
04:06et les entreprises, sous forme d'impôts, sous forme de cotisations sociales,
04:10contribuent à la vie du pays à hauteur de 300 milliards d'euros par an.
04:14Deuxième point, je crois que c'est la raison d'être des entreprises,
04:19notre contribution principale, et on doit et on peut toujours mieux faire,
04:23c'est de créer de la richesse, de créer du pouvoir d'achat, d'investir,
04:27et de créer, dans certains cas, de préserver des emplois.
04:31J'insiste beaucoup là-dessus, parce que c'est ça la vocation prioritaire des entreprises.
04:36Enfin, dans la situation actuelle, doit-on contribuer plus ?
04:41On peut le faire, j'insiste là-dessus, on le fera d'autant mieux qu'on aura de la croissance.
04:46Nous, ce qui nous intéresse, c'est que le pays réussisse sur le plan économique.
04:50À nouveau, qu'on puisse investir, qu'on puisse embaucher, qu'on puisse exporter,
04:53qu'on puisse créer des usines, et qu'on contribue à l'équipement du pays.
04:58Après, à la marge, je suis désolé de le dire ainsi, oui, on peut aller un petit peu plus loin,
05:03mais je finis là-dessus, ça me désole, je le dis ainsi, que dans le débat public français,
05:11ça n'est pas votre cas, monsieur le sénateur, dans le débat public français,
05:14on ne prenne pas suffisamment en compte une compétition économique internationale
05:18qui devient d'une brutalité incroyable.
05:20Donc il faut qu'on intègre cette dimension, et donc jusqu'où ne pas aller trop loin
05:24dans la mise à contribution des entreprises, par votre conséquence, de leurs salariés aussi.
05:29Monsieur Gué, est-ce que vous pensez que les entreprises, comme monsieur Martin,
05:32doivent plus contribuer à l'effort qui est demandé aux Françaises et aux Français ?
05:36Bon, d'abord, bonsoir à toutes et tous.
05:44Merci beaucoup.
05:45Merci beaucoup pour ces applaudissements, je vous le dis, qui me touchent.
05:50Mais je le redis ici, on n'est pas une foule, on est un peuple conscientisé
05:56qui vient entendre un débat, des arguments, on a 45 minutes,
06:01donc je propose, il n'y a pas de supporters, ni applaudissements, ni hués,
06:06écoutons les arguments, posons-nous et allons au vif du sujet.
06:09Et je veux remercier Patrick Martin, parce qu'il m'a invité à l'université du MEDEF,
06:16où ce n'était pas si facile pour moi de pouvoir y aller et de porter une autre voie au
06:24sein des entreprises.
06:25Et je le remercie, évidemment, de jouer le match retour avec nous.
06:29Donc nous, on a posé, avec la commission d'enquête, un chiffre objectivé.
06:35D'abord, il n'y en avait pas, aujourd'hui, même s'il y a deux rapports que je veux
06:41citer et sur lesquels on s'est appuyé,
06:43celui des économistes du Clercet et un rapport du Haut-Commissariat au Plan,
06:48qui chiffrait en 2020 les aides autour de 223 milliards d'euros,
06:53et celui qui était Haut-Commissaire au Plan à l'époque, c'était François Bayrou.
06:58Donc François Bayrou a donné un chiffre supérieur au nôtre,
07:01et pourtant, il y a encore quelques jours avant qu'il tombe,
07:05il contestait le chiffre de 211 milliards.
07:08Donc le Haut-Commissaire au Plan contredisait, évidemment, le Premier ministre d'aujourd'hui.
07:15Deuxième chose, nous avons sorti ce rapport dans un moment budgétaire,
07:19mais je rappelle que nous avons commencé notre commission d'enquête en janvier.
07:23Nous ne savions pas que François Bayrou allait faire des annonces autour du 15 juillet,
07:28dans un moment où il a proposé le sang et les larmes à l'ensemble du peuple français,
07:36du gel des prestations sociales, le gel des dépenses publiques,
07:41supprimer encore 5 milliards aux collectivités territoriales qui ont été essorées,
07:45prendre et voler deux jours fériés aux travailleurs et travailleuses,
07:49après leur avoir volé les deux plus belles années de leur vie à la retraite.
07:54Et donc ça, tout était chiffré, tout était calculé, 44 milliards d'euros,
07:59et il n'y avait quasiment aucun compromis à faire, ni débat.
08:03Et de l'autre côté,
08:08la question des aides publiques aux entreprises,
08:10211 milliards, pour que chacun se rende compte,
08:15c'est 4 fois le budget de l'éducation nationale,
08:192 fois le budget de dotation aux collectivités territoriales,
08:23de l'ensemble des collectivités territoriales,
08:25qui répondent aux besoins des populations au plus près.
08:29Donc on parle quand même d'un budget sans contrepartie,
08:33sans suivi et sans évaluation.
08:36Donc je le dis à Patrick Martin,
08:39on ne peut pas avoir une partie du patronat,
08:41une partie,
08:42parce que le patronat est extrêmement divers.
08:45qui exige toujours plus de contrôle sur les prestations sociales,
08:50durcir les conditions d'accès à l'allocation au chômage,
08:54et qui sur la question des 211 milliards d'aides publiques,
08:58disent, on ne veut ni transparence,
09:00ni suivi, ni évaluation,
09:02ni contrepartie en termes d'emploi ou d'environnement.
09:05Et on a une question qui est liée,
09:09c'est que les ultra-riches...
09:11Donc la question aussi est venue autour de la taxe Zuckman,
09:15qui irrite une partie du patronat,
09:17et notamment au MEDEF,
09:19il en a été beaucoup question,
09:20on ne parle pas de tous les petits patrons.
09:23Le monde de l'entreprise,
09:24c'est 4,5 millions d'entreprises.
09:27Il y a d'ailleurs les TPE, les PME, les ETI,
09:30qui sont d'accord avec nous,
09:32et qui exigent plus de transparence,
09:35plus de conditionnalité.
09:37Parce que, vous dites,
09:39on contribue massivement.
09:41Oui, mais qui contribue ?
09:43Les travailleurs et les travailleuses,
09:46et les petites et moyennes entreprises.
09:48Mais les très grandes entreprises,
09:51celles qui captent en grande partie les aides publiques,
09:54payent peu ou pas d'impôts.
09:56Voilà la réalité.
09:57C'est les mêmes qui bénéficient d'exonération.
10:00C'est les mêmes, en réalité,
10:03qui organisent l'optimisation ou l'exil fiscal.
10:07Juste un dernier chiffre.
10:09Sur les seules entreprises du CAC 40,
10:12elles comptent plusieurs milliers de filiales,
10:17notamment à l'étranger.
10:181 550 d'entre elles sont basées dans les paradis fiscaux.
10:24C'est-à-dire que chaque entreprise du CAC 40,
10:27qui bénéficie d'argent public,
10:29a en moyenne 63 filiales dans les paradis fiscaux.
10:35Et une entreprise comme Total Energy
10:37paie 0 euros d'impôts depuis 10 ans.
10:42Contrairement aux petites et moyennes entreprises
10:44que vous devriez défendre.
10:47Donc là est la réalité.
10:48Oui, une partie des entreprises,
10:51notamment les plus grandes,
10:53peuvent et doivent contribuer,
10:55et les ultra-riches aussi,
10:56puisque depuis 8 ans,
10:58elles bénéficient de la politique de l'offre
11:01et de la société de rente et d'héritage
11:04qui continuent évidemment à creuser
11:08des inégalités extrêmement fortes dans notre pays.
11:16Alors, M. Gay, vous l'avez dit,
11:18François Bayrou a contesté ce chiffre des 211...
11:23Pardon, pardon.
11:23François Bayrou a contesté ce chiffre de 211 milliards d'euros
11:27en disant qu'on ne pouvait pas tout mélanger.
11:29Oui, effectivement, la commission d'enquête
11:32a mis sous ce chiffre des dispositifs très différents
11:36allant du prêt garanti par l'État,
11:38aux aides pour l'apprentissage,
11:40aux crédits d'impôt recherche, par exemple.
11:42Est-ce qu'on peut véritablement amalgamer
11:44des choses aussi différentes
11:45et qui servent des objectifs aussi variés
11:48dans un seul chiffre ?
11:49Est-ce que ce n'est pas lisser une réalité
11:51qui sert, comme vous l'avez dit,
11:53au titre de la diversité des entreprises,
11:55des choses très diverses et variées ?
11:58Alors ça, c'est une des questions qui nous est posée.
12:02Nous, on a collecté, je le redis,
12:04l'ensemble des données dans les ministères
12:07et on a objectivé un chiffre
12:08qui a été fait, et je leur rends hommage,
12:11par les fonctionnaires du Sénat
12:13dont on ne peut pas dire qu'ils soient partie prenante.
12:17Ils sont évidemment des fonctionnaires
12:19comme tout un chacun, et je leur rends hommage.
12:21La deuxième question,
12:23c'est qu'on parle beaucoup du rapporteur communiste,
12:25mais je rappelle que la commission d'enquête,
12:28c'est 19 membres,
12:30un président LR et une majorité de droite sénatoriale,
12:34dont les plus libéraux du Sénat.
12:37Troisième chose,
12:3926 propositions,
12:40toutes adoptées à l'unanimité.
12:44Donc effectivement,
12:45dans les aides publiques,
12:47il y a quoi ?
12:48La réalité, c'est qu'il faut se refaire
12:49l'histoire des aides publiques.
12:51Il y a 30 ans,
12:52on avait un capitalisme
12:53qui était sous perfusion directe d'argent public.
12:56On lui donnait de l'argent,
12:57et on disait, voilà,
12:59on vous donne X milliers de francs à l'époque,
13:02et vous réalisez ceci et cela.
13:04Puis,
13:05en réalité,
13:06on a changé les choses,
13:07et on les a accélérées.
13:10On s'est dit,
13:10donner de l'argent,
13:12ça se voit.
13:13Donc,
13:14on va plutôt jouer
13:16un depuis 1993
13:18sur les exonérations de cotisations patronales,
13:22dont je rappelle
13:23qu'elles sont une partie
13:25du salaire des travailleurs et des travailleuses.
13:29Donc,
13:29lorsqu'on exonère à hauteur de 77 milliards d'euros,
13:34c'est un vol du salaire des travailleurs et des travailleuses.
13:39Mais le pire,
13:41ce n'est pas ça.
13:43C'est que,
13:44y compris ensuite,
13:46les contribuables,
13:47dont nous,
13:48nous compensons
13:49par l'impôt,
13:51et notamment par la TVA,
13:53les compensations faites de cotisations patronales.
13:56Deuxième question.
13:57On a créé 2267 dispositifs.
14:01Là, on peut se rejoindre peut-être pas sur ce que je viens de dire,
14:04mais sur ça.
14:05Une jungle
14:06où plus personne ne s'y connaît.
14:08On a auditionné l'ensemble des administrations,
14:11plus personne n'y comprend rien et nous dit
14:14« c'est impossible à suivre ».
14:17255 dépenses fiscales,
14:19plus d'une centaine de dispositifs sur les projets de décarbonation.
14:23Et donc,
14:24au lieu de donner de l'argent,
14:26on exonère,
14:28et par exemple,
14:30CMACGM,
14:30qui devrait payer autour de 25% d'impôt,
14:33n'en paye plus que 2%,
14:35grâce à la taxe au tonnage.
14:37Mais c'est un sacré cadeau fiscal.
14:39sur l'année 2023,
14:41c'est un manque à gagner pour l'État
14:43de 5,7 milliards.
14:465,7 milliards pour la seule CMA-CGM.
14:50Et donc,
14:51lorsque l'État
14:52ne prend pas l'impôt légitime
14:55qu'elle devrait payer,
14:56c'est nous, évidemment,
14:58qui le compensons.
14:58Et puis,
14:59il y a une part
15:00de subventions directes,
15:01de prêts,
15:03d'avances remboursables.
15:04Il y en a extrêmement peu.
15:05D'ailleurs,
15:06on propose une chose assez simple.
15:09C'est Patrick Pouyanné,
15:10dont on ne peut pas dire
15:11qu'il soit un ami personnel.
15:13Il est plutôt l'ami de Patrick Martin,
15:16patron de Total Énergie.
15:17Il a dit,
15:181,
15:18il est normal que les Françaises et Français
15:22se préoccupent de l'argent public
15:24parce que c'est le leur.
15:25La deuxième question,
15:26c'est que lorsqu'on touche de l'argent public,
15:30parce qu'on est en difficulté,
15:32alors on ne peut pas verser de dividendes
15:34à des actionnaires.
15:35Ce n'est pas le rapporteur communiste,
15:37c'est Patrick Pouyanné.
15:38Ne l'applaudissez pas,
15:39ça lui ferait trop plaisir.
15:41Mais troisième chose,
15:44surtout,
15:45il a dit,
15:45on peut donner de l'argent
15:47et on peut accompagner
15:49une entreprise qui va mal,
15:50mais plutôt avec les avances remboursables,
15:53pas avec les prêts,
15:54sans contrepartie.
15:55Et ça permettra
15:56que lorsque l'entreprise va mieux,
15:58l'État puisse avoir
16:00un retour sur des données publiques
16:02et du coup,
16:02c'est gagnant pour l'entreprise
16:04et gagnant par l'État.
16:12Alors,
16:13plusieurs éléments de réponse.
16:14On a un désaccord,
16:16j'évoquais des désaccords objectifs tout à l'heure,
16:18sur le montant,
16:19les 211 milliards.
16:20Alors,
16:20le Premier ministre sortant,
16:22François Bayrou,
16:23employait une expression que je ne connaissais pas,
16:24c'est un mélange des carottes
16:25et des sèches-cheveux.
16:27Moi,
16:27je connaissais les navets,
16:28on apprend tous les jours.
16:29non plus sérieusement,
16:31il y a dans ces 211 milliards
16:32des aides qui bénéficient
16:35aux consommateurs,
16:36par exemple,
16:36avec la TVA réduite
16:38sur les travaux de rénovation
16:40dans le bâtiment,
16:41dans la restauration,
16:42pour ceux qui peuvent aller
16:43dans les restaurants,
16:45il y a des aides
16:46à des entreprises publiques
16:47et ainsi de suite.
16:48Donc,
16:48moi,
16:49je conteste
16:50les 211 milliards,
16:51mais on en reparlera
16:53si nécessaire.
16:55Deuxième point,
16:56je me suis fait reprendre
16:58ici même
16:58l'année dernière
16:59par Sophie Binet
17:00avec qui je dialoguais
17:02parce que je parlais
17:03de charges sociales
17:04et elle m'a dit
17:05non,
17:06ce sont des cotisations sociales.
17:08J'ai retenu la leçon
17:08dorénavant,
17:09je parle de cotisations sociales.
17:14Mais,
17:16mais parce que les mots
17:17ont un sens.
17:18On parle ici et là
17:19de cadeaux,
17:20on parle d'aides.
17:20Je me permets de dire
17:21que ce sont des compensations
17:22et je vais essayer
17:23de me justifier.
17:25Je vais essayer.
17:28Quand on compare
17:29la France
17:29avec les pays voisins
17:30net de ces aides,
17:33les entreprises françaises,
17:35toute proportion gardée
17:36en termes de produits
17:37intérieurs bruts,
17:37de population,
17:38etc.,
17:39les entreprises françaises
17:40supportent malgré tout
17:4270 milliards d'euros
17:44de prélèvements obligatoires
17:45de plus chaque année
17:46que les entreprises allemandes.
17:4860 milliards d'euros
17:49de plus que les entreprises italiennes.
17:51Donc,
17:52on ne peut pas d'un côté,
17:53à juste titre,
17:54s'émouvoir
17:55de problèmes de compétitivité
17:57qui se traduisent
17:58par un déficit commercial massif
17:59là où les Allemands
18:01et les Italiens,
18:02comme par enchantement,
18:03ont des excédents commerciaux
18:04massifs.
18:05Ça tient
18:06à des prix de revient,
18:07une compétitivité meilleure
18:08que les entreprises françaises.
18:10Et d'un autre côté,
18:11dire,
18:11il faut renier,
18:12voire supprimer
18:13ces compensations.
18:15Je vais juste donner
18:17une illustration maintenant
18:19sur les conditionnalités
18:20et l'efficacité
18:22de ces aides.
18:23Allez,
18:24je reprends le terme d'aide.
18:25Je ne sais pas si vous avez suivi ça,
18:27mais l'INSEE
18:27vient de sortir des chiffres
18:29sur l'emploi
18:30avec une prévision
18:31qui est très inquiétante
18:33sur la baisse du nombre
18:34de contrats d'apprentissage.
18:36C'est un immense succès collectif
18:37et je pense que c'est
18:38un énorme enjeu.
18:39D'une manière générale,
18:40la jeunesse,
18:40les compétences,
18:41la formation pour le pays,
18:43pas que pour les entreprises.
18:44C'est un immense succès collectif
18:45qu'on a remporté
18:46sur l'apprentissage.
18:47On est monté quasiment
18:48à 900 000 contrats d'apprentissage.
18:51Si c'est des contrats
18:52baisse de 65 000,
18:53proportionnellement,
18:54c'est énorme
18:54et c'est autant de jeunes
18:55qui n'accéderont pas
18:56à la formation
18:57et probablement
18:58à l'emploi ensuite.
18:59Pourquoi est-ce qu'on aurait,
19:01d'après l'INSEE,
19:01une baisse de 65 000
19:03contrats d'apprentissage ?
19:04Parce que l'État
19:05a réduit
19:06les aides à l'apprentissage.
19:08Ces aides à l'apprentissage,
19:10elles sont par essence,
19:11par nature,
19:12conditionnées.
19:12L'entreprise n'en bénéficie pas
19:14si elle ne justifie pas
19:15à travers un contrat de travail,
19:17à travers une fiche de paie
19:18qu'elle a effectivement
19:19un apprenti.
19:20Donc, intrinsèquement,
19:22je dirais,
19:23essentiellement,
19:23ces aides sont conditionnées.
19:25Il faut que l'entreprise
19:26justifie l'emploi
19:27de ces aides.
19:28Mais pour autant,
19:30je suis à bien des égards
19:32passent sur tous les points
19:33d'accord avec le sénateur Gay.
19:36Moi, j'ai découvert,
19:37à l'occasion de cette mission
19:38d'enquête,
19:39et vous m'avez auditionné d'ailleurs,
19:41j'ai découvert qu'il y avait
19:42effectivement plus de
19:432200 dispositifs d'aide.
19:45Donc, c'est un maquis
19:46invraisemblable
19:47que l'administration elle-même
19:48ne s'y retrouve pas.
19:49Ça invite
19:50à ce qu'on nettoie tout ça.
19:52Et d'ailleurs,
19:53le MEDEF,
19:54je n'ai pas attendu
19:54d'être devant vous aujourd'hui.
19:56Le MEDEF a failli
19:57il y a quelques jours
19:57une proposition
19:58qu'on appelle
19:59l'effacement réciproque.
20:01C'est-à-dire, oui,
20:02on supprime beaucoup
20:03de ces aides,
20:03mais en contrepartie,
20:04pour ne pas altérer
20:06la compétitivité
20:06des entreprises,
20:08on baisse l'imposition
20:10de base
20:10pour s'aligner en définitive
20:12sur ce qui existe ailleurs.
20:14Pardon d'être un peu technique,
20:15mais j'essaie de dire,
20:17en tout cas en tant qu'entrepreneur,
20:19comment on vit ce sujet-là.
20:23Oui, mais ce qui est intéressant
20:25dans le débat,
20:26c'est le ping-pong
20:27et M. Martin,
20:28s'il souhaite me répondre aussi,
20:30peut le faire.
20:31Parce que là est le nœud
20:32de la question pour moi.
20:34Il dit,
20:35nous sommes face
20:36au prélèvement obligatoire
20:37les plus importants
20:39de l'Union européenne
20:40ou des pays de l'OCDE.
20:41C'est vrai, M. Martin.
20:43C'est vrai.
20:44On n'est pas les champions d'Europe,
20:45c'est la Suède,
20:46mais c'est vrai.
20:46Sauf qu'après,
20:49il faut aller au bout de cela.
20:51D'abord, premièrement,
20:53ça c'est ce qui devrait arriver.
20:56Mais je le redis,
20:58plus vous êtes une grande entreprise,
21:00moins en réalité vous êtes taxé,
21:03plus vous avez des dispositifs
21:06humains et techniques
21:07qui vous permettent
21:09d'aller chercher
21:10les dispositifs d'accompagnement
21:11et qui vous permettent en réalité
21:13de vous soustraire aux impôts
21:16et aux taxes
21:16que vous devriez payer.
21:19Premier point.
21:20Donc, le réel,
21:21c'est que nos artisans commerçants,
21:23les TPE, PME,
21:24elles payent un impôt
21:25autour de 25,
21:27mais plus vous êtes grand,
21:29moins vous payez.
21:30Première inégalité.
21:32Et puis la deuxième,
21:34parce que ces prélèvements obligatoires,
21:37elles défendent un modèle social
21:39qui est, je le dis ici,
21:42dont nous devons être fiers,
21:44nous devons le défendre,
21:46nous devons l'améliorer
21:47et il participe
21:49de notre compétitivité.
21:51Pourquoi je dis ça ?
21:53Parce que j'ai eu le débat
21:54avec vous et avec d'autres patrons.
21:56En me disant,
21:56mais il y a un patron qui m'a dit,
21:58mais regardez au Bangladesh.
22:00Bon, mais je le dis,
22:02c'est la caricature
22:04et je le prends pour ce que c'est.
22:07Mais il faut le dire,
22:09si vous pensez
22:10que notre modèle social
22:11qui permet d'avoir des salariés
22:13bien formés,
22:14bien éduqués,
22:16qui sont soignés correctement,
22:19qui ont accès à des services publics,
22:20à l'émancipation par la culture,
22:22le loisir,
22:23avec des routes
22:24et des transports en commun
22:25qui permettent
22:26de se rendre
22:27dans les entreprises
22:29ou ailleurs.
22:30Est-ce que vous préférez
22:32ce modèle social
22:33ou celui du Bangladesh ?
22:35Parce que le lois,
22:36on peut baisser
22:37les prélèvements obligatoires,
22:39mais nous n'aurons plus
22:40le modèle social
22:41qui permet
22:42que chaque salarié français
22:44ait l'un des plus compétitifs
22:46au monde
22:46en termes horaires.
22:47C'est ça le réel.
22:50Donc quand vous tenez ce discours,
22:52il faut aller au bout.
22:54Et si vous ne voulez plus
22:55de prélèvements obligatoires
22:57aussi hauts,
22:58d'ailleurs,
22:59je le redis,
23:00on devrait tendre
23:01à réduire les inégalités
23:03entre les très grandes
23:04et les petites,
23:06il faut nous dire
23:06dans quel modèle
23:07de société
23:08vous voulez vivre.
23:09Et bien moi,
23:10je l'affirme.
23:10Je suis fier du modèle français
23:12et je dis qu'il faut
23:14le renforcer.
23:15Et je ne veux pas vivre,
23:16oui,
23:17comme au Bangladesh
23:18ou ailleurs.
23:18Et d'ailleurs,
23:19nous avons tout intérêt
23:20à ce que l'ensemble
23:22des travailleurs
23:22du monde entier
23:23viennent d'abord
23:24sur notre modèle social.
23:27Applaudissements
23:35Alors si je peux me permettre,
23:36c'est un point de convergence.
23:38Je suis fier du modèle français,
23:40je suis fier de la France,
23:41je suis patriote.
23:44Et je pense,
23:45je pense même si les solutions
23:47qu'on propose
23:48ne sont d'évidence pas les mêmes,
23:50moi, mon enjeu,
23:51c'est que la France
23:52soit plus prospère.
23:54Voilà.
23:54Pourquoi est-ce qu'on est encore
23:56la septième puissance économique
23:58du monde
23:58et pourquoi est-ce qu'on a
23:59un revenu par habitant
24:01qui dorénavant
24:01est le 25e du monde ?
24:03On a un vrai problème
24:04d'efficacité.
24:06Donc c'est légitime
24:07qu'on s'interroge
24:08sur ces sujets-là.
24:09Je reviens, pardon,
24:10sur un point
24:10parce que j'ai oublié
24:11de réagir tout à l'heure
24:12à ce sujet.
24:13Le MEDEF représente
24:14toutes les typologies
24:15d'entreprises
24:16en termes de taille,
24:17en termes de secteur d'activité,
24:19en termes d'implantation
24:20territoriale.
24:21Je me permets de glisser ça
24:22également dans les Outre-mer
24:23auxquelles je suis très attaché.
24:24Vous avez pris à partie
24:26CMA-CGM.
24:29CMA-CGM,
24:3020 000 emplois en France
24:31et chaque jour un peu plus.
24:33Quand vous parlez
24:34de CMA-CGM
24:35aux Marseillais en particulier,
24:366 000 emplois à Marseille,
24:38je ne pense pas
24:38qu'ils soient très critiques
24:39à l'égard de CMA-CGM.
24:41Mais là où je voulais en venir,
24:42c'est effectivement
24:46sur la fiscalité particulière
24:48dont bénéficie CMA-CGM.
24:50Alors c'est très tentant
24:52de se dire
24:52c'est une niche fiscale,
24:54ils bénéficient d'un privilège.
24:55Oui,
24:56à part que
24:5886%
25:00du transport maritime
25:01dans le monde
25:02bénéficie de ce même régime.
25:04Je parlais de patriotisme.
25:06Toutes les filières industrielles
25:08européennes et françaises,
25:10en tout cas beaucoup d'entre elles,
25:11se sont affaiblies,
25:12pour certaines ont disparu.
25:14Il y a parmi les rares filières
25:16au niveau mondial
25:17où l'Europe et la France
25:19tiennent leur rang,
25:20le transport maritime.
25:21Les trois,
25:22les trois plus grands transporteurs
25:24maritimes
25:25sont européens,
25:26ils ne sont pas chinois,
25:27ils ne sont pas américains.
25:29Demain matin,
25:30on aligne la fiscalité
25:31de CMA-CGM
25:32par rapport
25:33au droit commun,
25:35alors que ses concurrents
25:36continueront à bénéficier
25:37de cette taxe aux frettes.
25:39Je prends tous les paris,
25:42CMA-CGM
25:43s'effondre.
25:44Il pourrait même se passer
25:45quelque chose de pire
25:46qui n'est pas l'intention
25:47du dirigeant de CMA-CGM,
25:48c'est qu'à ce prix-là,
25:49ils déménagent
25:50leur siège ailleurs.
25:52Deuxième point,
25:53ça n'est pas son projet,
25:54je le sais,
25:55je le connais
25:55et j'ai beaucoup d'admiration
25:56pour lui.
25:57Deuxième point,
25:58ce que payent en impôts
25:59les grandes entreprises.
26:01Quand vous regardez
26:02la moyenne des résultats
26:03du CAC 40,
26:05en moyenne,
26:06leurs résultats
26:07sont faits à l'étranger.
26:09Et il y a des entreprises
26:10du CAC 40
26:11qui gagnent de l'argent,
26:12parfois beaucoup d'argent
26:13en France,
26:13il y en a d'autres
26:14qui en perdent beaucoup.
26:14Total ne gagne pas
26:15d'argent en France,
26:16on ne va pas lui faire payer
26:17des impôts sur de l'argent
26:18qui n'est pas gagné.
26:22C'est factuel,
26:23je suis désolé,
26:24mais c'est factuel.
26:25Mais le vrai problème
26:26qu'il y a derrière,
26:27le vrai problème,
26:28c'est parce que collectivement,
26:29on n'a pas su se donner
26:30les moyens de garder
26:31nos entreprises en France,
26:33ayez ça en tête,
26:34il y a 18 entreprises
26:36du CAC 40
26:36qui sont contrôlées
26:37par des capitaux étrangers.
26:39Comment voulez-vous
26:40exiger d'actionnaires étrangers
26:42qu'ils soient des patriotes français ?
26:44Il y a des francophiles,
26:45tant mieux,
26:45mais ils défendent leur pays,
26:47ils défendent leurs intérêts.
26:48Donc, il faut nuancer
26:49toutes ces analyses.
26:52Alors, vous avez parlé
26:54de CMA-CGM comme exemple,
26:56je vous en propose un autre,
26:57celui de Michelin.
26:58Et par contre,
26:59j'ajoute une chose,
27:00CMA-CGM a acheté
27:01un gros transporteur suisse
27:03et a transféré,
27:05c'est CEVA,
27:06et a transféré le siège
27:07de ce transporteur suisse
27:08où ?
27:09En France.
27:10Chapeau bas.
27:11Parlons de Michelin,
27:12si vous voulez bien.
27:13En 2023,
27:14c'est 32 millions
27:15d'exonérations
27:17de cotisations sociales.
27:18En 2024,
27:20c'est 40 millions d'euros
27:21au titre du crédit
27:22d'impôt recherche.
27:24Sur la même année,
27:251,4 milliard d'euros
27:26de dividendes
27:27versés aux actionnaires
27:28et 1 254 postes supprimés
27:31par le groupe en France.
27:33Est-ce que vous trouvez ça
27:34normal de recevoir
27:35autant d'argent public
27:36pour payer les actionnaires
27:38tout en licenciant
27:39les salariés,
27:40M. Martin ?
27:41Pardon.
27:51Je suis désolé de vous dire
27:52ou de vous rappeler
27:53parce que je pense
27:54que beaucoup en sont conscients
27:55que la vie des entreprises
27:57connaît des hauts et des bas.
27:58Et là, je vais aggraver mon cas
28:03ou me tirer une balle dans le pied.
28:05Moi, je suis avant toute chose
28:06chef d'entreprise
28:06avant d'être président du MEDEF.
28:08Je peux vous dire
28:08qu'en ce moment,
28:09ce n'est pas facile.
28:10Alors, mon entreprise
28:10ne reçoit quasiment pas...
28:17S'il vous plaît, s'il vous plaît.
28:19Mon entreprise ne reçoit
28:20quasiment pas d'aide.
28:21Je vais revenir
28:22sur les allégements de charges.
28:24Pour situer les choses,
28:25quand il y a eu le Covid,
28:27on a eu l'activité partielle
28:29de longue durée
28:30pour 2% de notre masse salariale
28:31en 2020.
28:32On y a renoncé en 2021.
28:34On a remboursé notre PGE
28:35intégralement en 2021.
28:37Donc, moi, je vis ça
28:37dans ma chair, moi aussi.
28:39Bon.
28:41On ne peut pas...
28:42On ne peut pas...
28:44Non, mais c'est important
28:45de s'exprimer en praticien.
28:46Vous êtes des praticiens.
28:47Je suis un praticien.
28:48Voilà.
28:48Donc, je dis ce que je dis.
28:50On ne peut pas être d'accord,
28:51mais je le dis.
28:53Je reviens sur les aides,
28:55les allégements de charges.
28:57Il y a 2 économistes...
28:58Cotisation.
28:58Il y a 2 économistes
29:00qui ne sont pas encartés
29:01au MEDEF, croyez-moi,
29:02qui sont messieurs Bozio
29:03et Vassemer,
29:05qui ont chiffré
29:06que si on supprimait
29:07les allégements de charges,
29:09il y aurait 1 million
29:10d'emplois détruits en France.
29:12Et singulièrement,
29:13sur les bas salaires.
29:15Moi, je ne souhaite pas
29:16qu'on supprime
29:161 million d'emplois en France.
29:18Je vous le dis,
29:18c'est d'évidence.
29:20Après, il ne faut pas
29:20tout mélanger.
29:21Permettez-moi de le dire ainsi.
29:22Donc, il y a des entreprises
29:23qui, à un moment donné,
29:25s'est contrôlée,
29:26s'est conditionnée,
29:28reçoivent des aides,
29:29par exemple,
29:30le crédit d'impôt recherche
29:31et qui, à un moment donné,
29:32sont confrontés
29:33à une difficulté
29:35conjoncturelle.
29:36Est-ce qu'au motif
29:37qu'elles ont reçu
29:38du crédit d'impôt recherche,
29:40elles ne doivent pas
29:41s'adapter
29:41à ces difficultés
29:42conjoncturelles ?
29:44Non.
29:46Ne faut-il pas
29:47rembourser des aides ?
29:48Alors, je comprends
29:49votre point
29:50sur les difficultés
29:51conjoncturelles,
29:52mais verser 1,4 milliard
29:54d'euros de dividendes
29:55à des actionnaires
29:56en ayant touché
29:57plusieurs millions d'euros
29:58d'aides publiques
29:59aux entreprises,
30:00ne pensez-vous pas
30:01qu'il y a un problème
30:02ou qu'il faille rembourser,
30:03surtout s'il y a
30:03des licenciements
30:04ou des délocalisations ?
30:13Je ne répondrai pas
30:15exactement là-dessus.
30:16Je dirais simplement...
30:22Allez, s'il vous plaît,
30:23on l'écoute.
30:24Je dirais,
30:25il me semble
30:26que c'est une des préconisations
30:27du rapport
30:28du sénateur Gay,
30:30je dirais qu'on peut
30:31aller plus loin
30:31dans la traçabilité
30:34et la réalité
30:36des investissements
30:37qui sont engagés
30:37en regard des aides
30:39qui sont données.
30:40Là, il y a certainement
30:41une marge de progression.
30:43Mais, à nouveau,
30:44on ne peut pas amalgamer
30:46des situations conjoncturelles,
30:47des situations concurrentielles
30:49et des aides.
30:50Je vais donner un exemple,
30:51là aussi.
30:52Je parlais des aides
30:53à l'apprentissage.
30:54Une entreprise
30:56recrute des apprentis,
30:57et à nouveau,
30:57c'est un dispositif
30:59auquel je crois
30:59dur comme fer,
31:01et elle est agressée,
31:02j'emploie délibérément le mot,
31:04elle est dans la chimie,
31:05mettons ça.
31:06Elle est dans la sidérurgie,
31:08elle est dans l'automobile,
31:09et elle est agressée
31:10par des concurrents chinois.
31:11Au moment où
31:12elle a recruté
31:13ses apprentis,
31:14il n'était pas inscrit
31:15qu'elle serait agressée
31:16par ce concurrent chinois.
31:18Que faut-il faire ?
31:20Qu'en plus des difficultés
31:21qu'elle rencontre
31:22du fait de cette agression
31:24d'un concurrent chinois,
31:25elle rembourse des aides ?
31:27Je ne vois pas bien
31:28à la logique.
31:35S'il vous plaît,
31:36et on a encore quelques minutes,
31:38essayons de nous écouter.
31:40Je le dis
31:41en toute franchise
31:42à M. le Président Martin,
31:46je pense qu'il n'y a pas
31:47qu'à la fête de l'humanité
31:48que sur cette question-là,
31:49votre discours
31:50est inentendable.
31:51par la masse des gens.
31:55Des grandes entreprises
31:57qui touchent des aides publiques,
32:00versent des dividendes,
32:02pratiquent le rachat d'actions
32:03à plusieurs milliards d'euros
32:05pour écraser des actions,
32:08pour monter en réalité
32:10le cours de l'action
32:11de façon,
32:13j'ai envie de dire,
32:15comme cela.
32:16Et que dans le même temps,
32:17vous licenciez,
32:19c'est inentendable,
32:21inacceptable,
32:23inexcusable.
32:27Et je pense,
32:29en toute franchise,
32:32que sur cette question,
32:33il n'y a pas qu'à l'agora
32:34de l'humanité
32:35où je suis majoritaire.
32:37Je pense que vous interrogez
32:38la masse du peuple français
32:41dans sa très grande diversité,
32:43elle est d'accord avec nous
32:45sur cette idée.
32:46On ne peut pas avoir
32:47des entreprises,
32:49comme Michelin par exemple,
32:51j'ai eu le débat
32:52avec Florent Ménégaux,
32:53vous le savez.
32:54Posez la question,
32:56il a touché 4 milliards 9
32:57de CICE en 2017
33:00pour acheter 8 machines outils.
33:03Il les a achetées.
33:04Il en a déballé 2,
33:06il n'a jamais déballé les 6 autres.
33:08Il a fermé l'entreprise,
33:10il a déménagé les machines outils
33:14au Portugal,
33:15en Espagne
33:16et dans l'Europe de l'Est.
33:17Je lui pose la question,
33:198 ans après,
33:21parce que j'avais déjà interpellé
33:23Bruno Le Maire
33:23et la direction de Michelin
33:24à l'époque,
33:25en disant que ce n'était pas acceptable
33:28et qu'il fallait donc
33:30rembourser cet argent public.
33:32Parce que l'argent public,
33:34nous ne sommes pas
33:35contre les 211 milliards,
33:37nous sommes pour accompagner
33:39les entreprises,
33:39mais si elles servent
33:41les emplois en France,
33:42la transformation des entreprises
33:44en France n'est pas
33:45à nourrir les actionnaires
33:46ou à délocaliser les emplois.
33:50Et Florent Ménégaux,
33:53devant une commission d'enquête,
33:56pour la première fois,
33:57parce qu'il a prêté serment,
34:00reconnaît que c'est vrai
34:01et qu'il est prêt
34:02à rembourser l'argent public.
34:04Bruno Le Maire,
34:06ministre de l'économie
34:07et des finances
34:07pendant 7 ans,
34:09qui m'avait répondu à l'époque
34:10« Circuler,
34:12il n'y a rien à voir »,
34:13a reconnu,
34:15là aussi sous serment,
34:17que d'accord,
34:18c'est vrai,
34:18c'était inacceptable
34:19et qu'il avait changé d'avis
34:20et qu'il fallait
34:21que Michelin rembourse.
34:23Et donc,
34:24Éric Lombard,
34:25qui était ministre
34:25de l'économie
34:26et des finances,
34:27il y a encore quelques jours,
34:29et très probablement,
34:30on a compris
34:30que le casting
34:31allait être le même,
34:32c'est-à-dire qu'on allait
34:33remettre les losers
34:34au même endroit.
34:36Et donc,
34:39lui a reconnu aussi,
34:41j'ai donc écrit,
34:42qu'est-ce qu'on attend
34:43pour demander
34:44à Florent Médégaud
34:46de rembourser ?
34:47Évidemment,
34:48c'est 4,9 millions,
34:50ça ne sauvera pas tout,
34:52mais c'est symbolique.
34:53Et pour les salariés
34:55qui ont vu ça,
34:56c'est de dire
34:57« Ce n'est plus possible,
34:58ce n'est plus acceptable
34:59et on ne pourra plus le faire. »
35:02Enfin,
35:03une idée,
35:04deux idées,
35:05que nous avons mises en débat,
35:07et j'ai gagnées,
35:08puisqu'elle a été adoptée
35:09à l'unanimité.
35:11En cas de délocalisation,
35:13nous demandons
35:14le Sénat
35:15le remboursement
35:16de toute aide publique
35:17sur deux ans.
35:18Là aussi,
35:19je crois
35:19qu'on est majoritaire
35:20dans le pays.
35:22Enfin,
35:26c'est peut-être
35:27l'idée
35:27la plus révolutionnaire
35:29mais moi,
35:30j'invite
35:31le patron des patrons
35:33et les autres
35:34à la mettre en place
35:35avant d'attendre
35:36que la loi.
35:37On a dit
35:38une idée simple.
35:39L'argent public
35:41ne peut pas servir
35:41les actionnaires.
35:42On propose donc
35:43de déduire
35:45du montant
35:47distribuable
35:48des dividendes
35:48aux actionnaires
35:49le montant
35:50des aides publiques.
35:52C'est-à-dire,
35:52vous avez
35:53un milliard
35:53de distribuables
35:55aux actionnaires,
35:57vous touchez
35:58200 millions
35:59d'euros,
36:00vous faites
36:01un milliard
36:01moins de 200 millions
36:02et l'Assemblée
36:03générale
36:04des actionnaires
36:04décidera
36:05jusqu'à quelle hauteur,
36:07jusqu'à 800 millions,
36:08elle peut distribuer.
36:10C'est pas...
36:11Mais déjà,
36:12si on imposait cela,
36:14ça recrée
36:15de la confiance
36:16entre le monde
36:17de l'entreprise,
36:18le monde politique
36:19et le monde salariat.
36:20et on éviterait
36:21les scandales
36:22à répétition
36:23où des entreprises
36:24prennent de l'argent
36:26public,
36:26puis,
36:27par exemple,
36:28comme Arcelor,
36:30293 millions
36:31d'argent public
36:32chaque année,
36:33le PDG
36:34était devant nous
36:34et 15 jours
36:36après,
36:37alors que la main
36:38sur le cœur,
36:39il nous avait dit
36:39« Nous,
36:40on croit
36:41à l'emploi en France
36:42et on fera
36:43la transformation
36:44des hauts fourneaux »,
36:46qu'un jour après,
36:47annonce
36:48qu'il allait
36:49fermer,
36:50évidemment,
36:51et qu'il ne ferait pas
36:52la transformation
36:53des deux,
36:54mais peut-être de un,
36:55et qu'il allait supprimer
36:57636 emplois.
36:58Si vous ne comprenez pas
37:00que ces scandales
37:01à répétition
37:02sont insupportables
37:04et inexcusables
37:05et que,
37:06quelque part,
37:08même pour vous,
37:10c'est indéfendable
37:11que l'argent public
37:12ne peut pas servir
37:13les actionnaires,
37:14je pense que nous avons
37:15une question.
37:16Et vous auriez,
37:17à mon sens,
37:18tout intérêt
37:19à soutenir
37:20cette proposition
37:21parce que,
37:22plus de bon sens,
37:23elle est ce que la démocratie
37:24pleine et entière
37:25devrait respecter.
37:30Alors,
37:30il nous reste
37:31un petit peu moins
37:32de 5 minutes.
37:35Monsieur Martin,
37:36je vous laisse
37:36le mot de la fin.
37:38Non, d'abord,
37:39il ne faut pas faire
37:39de cas particuliers
37:40réels,
37:41des généralités.
37:42Moi, j'observe,
37:44non,
37:44j'observe que,
37:46puisqu'on parle
37:46de nos concitoyens,
37:48nous sommes tous
37:49des concitoyens,
37:50l'image de l'entreprise
37:51d'une manière générale
37:52n'est pas mauvaise.
37:54Bien,
37:54c'est quand même bien,
37:55pour moi,
37:55en tout cas,
37:56la traduction du fait
37:57qu'en règle générale,
37:58les entreprises font face
37:59à leurs responsabilités.
38:00Jamais assez bien,
38:02mais quand même.
38:03Ce que vous avez dit
38:04sur Michelin,
38:05qui est un fleuron français
38:06quand même,
38:08voilà,
38:09le président Ménégaux,
38:11qui est un homme remarquable,
38:12a pris acte
38:13de ce que vous lui avez dit
38:14et je crois
38:14qu'il va passer
38:15à l'acte,
38:16donc.
38:16Et c'est normal
38:17qu'une aide,
38:19non, mais qu'une aide
38:20qui a été,
38:21je vais finir là-dessus,
38:22une aide
38:23à une destination,
38:24si elle n'est pas utilisée
38:26à cette destination
38:26qu'elle soit remboursée,
38:28c'est une évidence.
38:30Bon,
38:31non, mais je n'ai aucun état d'âme.
38:33Mais je voudrais finir là-dessus
38:35parce que
38:36ce n'est pas votre propos,
38:38monsieur le sénateur,
38:38mais quand même,
38:39je le dis,
38:40réduire l'entreprise
38:41aux actionnaires,
38:42c'est par définition
38:43réducteur.
38:44Je voudrais attirer
38:44votre attention
38:45sur un constat partagé,
38:47un diagnostic partagé
38:48qu'on a fait
38:48avec les organisations syndicales,
38:50je dois le reconnaître,
38:51toutes,
38:52sauf la CGT,
38:54selon,
38:54je le dis,
38:56selon laquelle,
38:57au fil des ans,
38:58la part
38:59des dividendes
39:00dans la valeur ajoutée
39:01en France,
39:02en moyenne
39:03de toutes les entreprises,
39:04n'a pas augmenté,
39:05que ça n'a pas été
39:06donc au détriment
39:07des salariés,
39:08que le partage
39:09de la valeur ajoutée
39:10dans le temps,
39:11ce n'est pas du tout vrai,
39:12par exemple,
39:12dans les pays anglo-saxons,
39:14est resté très stable
39:15et que
39:173%
39:18de la valeur ajoutée,
39:194%
39:20de la valeur ajoutée
39:21va aux actionnaires.
39:22Une entreprise privée
39:23sans actionnaires,
39:24ça n'existe pas.
39:25Ça n'existe pas.
39:26Le vrai problème,
39:27je le redis,
39:28c'est qu'on n'a pas
39:28assez d'actionnaires.
39:29Français,
39:30alors même
39:32qu'on est le pays
39:33au monde
39:34où proportionnellement
39:35il y a le plus
39:35d'actionnaires salariés.
39:37On est le pays au monde
39:38où il y a le plus
39:39d'actionnaires salariés.
39:40Donc,
39:40il faut avoir
39:41ces idées en tête.
39:42Et je finis là-dessus.
39:43Quel est le rendement
39:44des actions cotées
39:45aujourd'hui ?
39:46C'est 3%.
39:47Le taux de rémunération
39:49du livret de caisse d'épargne
39:50a été baissé
39:50à 1,7%.
39:54L'argent que vous mettez
39:56et que je mets
39:56sur un livret de caisse d'épargne,
39:57il est garanti.
39:59Le rendement,
39:59il est garanti.
40:01Est-ce que pour gagner
40:021,3% de plus,
40:051,3% de plus,
40:06chacun d'entre nous
40:07est prêt
40:07de mettre de l'argent
40:08à risque ?
40:10Est-ce qu'on est prêt
40:11à mettre de l'argent
40:12à risque ?
40:12C'est-à-dire à le perdre.
40:14Donc,
40:14voilà,
40:14moi,
40:14je voulais rappeler ça.
40:17Une entreprise privée
40:20sans actionnaires,
40:21ça n'existe pas.
40:22Un autre vrai problème,
40:23c'est qu'il n'y a pas
40:23assez d'actionnaires français.
40:26Ce sera le mot de la fin.
40:29En 30 secondes,
40:31alors.
40:31En 30 secondes.
40:33Attendez,
40:34s'il vous plaît.
40:35Si je peux avoir
40:3730 secondes de conclusion.
40:39D'abord,
40:40des entreprises
40:40sans actionnaires,
40:42ça existe.
40:42il y en a plein
40:42sur la fête.
40:44Les Scoptis,
40:44Duralex,
40:45Chapelle d'Arblay,
40:46on les salue.
40:48Et ça marche.
40:53On arrive à faire
40:54des entreprises
40:55sans patron,
40:56par contre,
40:56on n'arrive pas encore
40:57à faire des entreprises
40:59sans salariés.
41:08Je ne veux pas finir
41:09sur ça,
41:09parce que,
41:09vous allez dire,
41:10c'est peu simple.
41:11avec des désaccords,
41:14on a du respect.
41:15Je veux vous dire
41:16une dernière chose
41:17qu'on a un peu évoquée
41:18en toute transparence
41:19derrière,
41:20je veux le dire ici.
41:22Nous sommes dans un moment
41:23politique,
41:25à mon sens,
41:26extrêmement grave.
41:27Une des grandes questions
41:29qui va animer
41:29la fête de l'humanité,
41:31qui anime
41:32tous les progressistes,
41:33mais qui doit animer aussi
41:35tous les démocrates
41:35et les républicains sincères,
41:37c'est que potentiellement,
41:39l'extrême droite
41:39peut arriver
41:41et prendre le pouvoir.
41:42Et je pense
41:43que ça serait
41:44une grande difficulté
41:45pour le peuple
41:47dans sa majorité,
41:48parce que partout
41:49où l'extrême droite
41:50arrive,
41:51c'est la réduction
41:52des droits
41:52et des libertés publiques,
41:54et d'abord
41:55pour les travailleurs
41:56et les travailleuses,
41:57mais ce n'est pas aussi
41:58bon pour les entreprises.
42:00Et vous le savez,
42:01par exemple,
42:01Bolsonaro au Brésil
42:02a été une catastrophe.
42:04Je m'inquiète,
42:06je le dis devant vous,
42:09je ne dis pas vous,
42:10je ne dis pas vous,
42:11mais je m'inquiète,
42:13monsieur Martin,
42:14qu'une partie du capital
42:16est en train de basculer.
42:18Il y a toujours eu
42:19des manias
42:20qui soutenaient
42:21l'extrême droite.
42:22On connaît
42:23le projet de Bolloré,
42:24Cetérin et de d'autres,
42:25mais une partie du capital
42:27est en train de basculer
42:29dans les mains
42:29de l'extrême droite.
42:30Vous avez donc
42:31une responsabilité.
42:32en tant que président du MEDEF,
42:35c'est malgré nos désaccords.
42:37Et ils peuvent être
42:38parfois vifs
42:39et ils le doivent.
42:40Dans une démocratie
42:41pleine et entière,
42:42c'est le débalité
42:43qui doit exister.
42:44Quand il n'y a plus
42:45de débalité,
42:46la démocratie tombe
42:47et c'est l'extrême droite
42:49qui ramasse le pouvoir.
42:50Je pense que vous avez
42:51une responsabilité aussi
42:53de tenir cette digue
42:54et je dois vous avouer
42:55et vous aurez un mot,
42:57je pense,
42:58que d'entendre
42:59que vous souteniez
43:01Rotaillot et Attal
43:02et que vous les trouviez
43:03le mieux
43:04dans le monde économique,
43:05je ne veux pas caricaturer
43:06vos propos.
43:07Que vous trouviez
43:08qu'ils étaient
43:09le plus à l'écoute,
43:10ce qui est normal,
43:10c'est votre fibre politique.
43:13Mais de dire,
43:14même dans une moine mesure,
43:15et vous l'avez dit,
43:16dans une moine,
43:17mais de dire
43:18que barder là aussi,
43:19je pense que c'est une erreur.
43:20Et je vous le dis,
43:22vous avez une responsabilité,
43:24nous,
43:25dans notre diversité politique
43:26syndicale,
43:27nous mettrons tout en oeuvre
43:28pour que l'extrême droite
43:29n'arrive jamais au pouvoir.
43:33Applaudissements
43:38Applaudissements
43:42Applaudissements
43:43Applaudissements
43:45Applaudissements
43:46Applaudissements
43:48Applaudissements
43:49Applaudissements
43:49Applaudissements
43:50Applaudissements
43:50Non, commentaire personnel,
43:52personne ne peut me soupçonner
43:53d'être extran-de-broite.
43:54Voilà.
43:55Oui, non, non,
43:56je ne voudrais pas
43:56que de confusion,
43:57d'amalgame,
43:58pas dans vos propos,
43:59mais dans les esprits
43:59des uns et des autres.
44:01Je n'ai pas dit ça.
44:03J'ai dit que dans le débat,
44:05comme celui d'aujourd'hui,
44:06très, très, très dense,
44:08très riche,
44:09que nous avons eu
44:10en fin de notre REF,
44:11notre université d'été
44:12il y a 15 jours,
44:14je me désolais
44:15que certains intervenants
44:16n'aient pas pris en compte
44:18la réalité
44:18de ce qui est pour nous
44:19une évidence,
44:20la dureté
44:21de la compétition internationale.
44:23Et j'ai effectivement ajouté
44:25que Bruno Retailleau,
44:28Gabriel Attal
44:29et, dans une certaine mesure,
44:32Jordan Bardella,
44:32qui n'a pas son rond de serviette
44:34au MEDEF,
44:35prenaient mieux en compte
44:36cette situation.
44:37C'est ça, exactement,
44:37ce que j'ai dit.
44:40Merci messieurs Gay et Martin
44:42d'avoir participé
44:43à ce débat aujourd'hui.

Recommandations