- il y a 10 heures
Notre envoyé trop spécial Pierre-Antoine Valade a déambulé dans les allées de la Fête de l'Humanité 2025 avec Philippe Martinez, ancien secrétaire général de la CGT
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NewsTranscription
00:00Les amis, un plaisir. On est avec Philippe Martinez pendant une petite heure.
00:04Là, ça fait une demi-heure qu'on parle ensemble, qu'on apprend à se connaître.
00:07On s'adore, c'est vrai ?
00:08Moi, je ne l'adore pas encore, mais lui, il m'adore. C'est déjà pas mal.
00:12On est à la mi-temps de l'adoration.
00:14C'est un... En fait, c'est les Tirtans.
00:17Là, on est au premier Tirtan.
00:18D'accord.
00:18Et là, on démarre sur...
00:19Je croyais qu'on joue au rugby, mais on joue au basket. D'accord.
00:22Tu suis un peu le basket ?
00:24Moi, j'aime bien le sport.
00:25Moi aussi, j'adore.
00:27Philippe, tu nous as emmené devant le stand Loire-Atlantique.
00:31Pourquoi le stand de Loire-Atlantique, Philippe ?
00:33Alors, le stand de Loire-Atlantique, c'est parce que les huîtres sont bonnes.
00:36Et depuis environ 40 ans, parce que je suis très vieux, comme la blancheur de mes moustaches l'indique...
00:43Et je trouve qu'elle gagne en superbe.
00:46Arrête de m'interrompre.
00:47Et donc, je viens normalement tous les samedis matins avec mes potes de la CGT,
00:55de Renaud, manger ma douzaine d'huîtres.
00:58Ça nous permet de nous revoir, parce que, comme un certain nombre sont retraités,
01:03une fois par an, on se voit, et on se voit devant une assiette d'huîtres.
01:08Et je trouve ça génial, parce que la fête, c'est évidemment la lutte, la politique,
01:12mais c'est aussi la convivialité.
01:14Oui, c'est vrai.
01:14Des fois, c'est même d'abord la convivialité.
01:16Donc voilà, c'est un stand symbolique.
01:20Il sent bon. On sent les huîtres d'ici. C'est assez dingue.
01:23Oui, oui, on sent les huîtres. Et puis, ils ne font pas que des huîtres.
01:27Il y a des crevettes, il y a des bulots. Là, je fais la promo.
01:31Et t'es plus huître, toi ?
01:32Les huîtres, c'est... Les huîtres le matin, avec un petit verre de vin blanc.
01:37Le matin ?
01:3810h, 11h, tu vois.
01:40C'est le matin.
01:41Oui, c'est un bon matin.
01:43Avec modération, même si je n'ai jamais rencontré modération ici.
01:46C'est vrai.
01:47Donc, on fait ce qu'on veut. Mais ça fait du bien. Ça fait du bien.
01:52Il nous expliquait qu'il digérait super bien les huîtres.
01:54Que je ne peux pas dire pour ma part, puisque je n'ai jamais goûté.
01:57Oui, mais toi, t'es jeune. Donc, il faut que t'apprennes un peu des choses, quoi.
02:00J'ai 29 ans.
02:01Tu sais que Wolinsky, le grand Wolinsky, disait « Rien n'est trop beau pour la classe ouvrière. »
02:07Oui.
02:07Voilà. Donc, si tu laisses les bonnes choses venir à toi, qu'aux riches, tu perds tout.
02:14Ben oui, tu n'es plus dans l'affrontement de classe. Il faut tout ce qui est bon, c'est
02:19aussi pour nous.
02:20Bon, après, il y a des trucs qui sont bons et très chers. Bon, là, il faut faire gaffe.
02:23Le caviar, tu as déjà goûté, par exemple ?
02:25Je crois que j'en ai déjà goûté, oui. Mais pas à la louche.
02:29Tu as de la chance.
02:30Moi, c'est plus à la petite tuyère.
02:31Oui, ben oui.
02:32Non, mais que...
02:33Ça se mange avec du pain, ça ?
02:34Je n'en sais rien.
02:35En plus, je ne trouve pas ça super bon, quoi.
02:37Oui, non, mais c'est...
02:38Moi, je préfère, je ne sais pas, du foie gras.
02:40La mousse de canard ?
02:41La mousse de canard, ouais, mais le foie gras, c'est meilleur.
02:45Parce que, tu sais, je m'appelle Martinez, et c'est pas suédois, Martinez.
02:49Non.
02:49C'est plutôt ibérique.
02:51Tu vois, la charcuterie, d'ailleurs, j'en ai mangé tout à l'heure.
02:56Le copa, c'est chez toi ?
02:57Non, putain. Il faut tout apprendre.
03:00Le jamón serrano.
03:02Jamón serrano.
03:03Tu vois ?
03:04Ça, t'as l'accent. J'ai l'impression, là, on a voyagé d'un coup.
03:07C'est d'un coup.
03:07Martinez.
03:08Martinez.
03:08C'est pas suédois, je te l'ai déjà dit.
03:10C'est vrai.
03:10Donc, voilà, un bon petit jambon serrano, chorizo.
03:14Voilà, c'est super bon.
03:15C'est très bon, et c'est pas très cher.
03:16C'est ça que tu mets sur tes pizzas, par exemple ?
03:19Oh, il y a du boulot avec toi.
03:21Pizza, c'est quoi ?
03:22Ça vient d'où, les pizzas ?
03:23C'est italien, mais...
03:23L'Espagne, c'est de l'autre côté.
03:25Les hawaïens.
03:26T'as la Méditerranée.
03:26D'un côté, t'as l'Italie, de l'autre côté, t'as l'Espagne.
03:29T'es gourre pas de côte, tu ris d'avoir des problèmes.
03:31Les pizzas hawaïennes, on met quoi ? De l'ananas ?
03:33Je sais pas, je connais pas.
03:34Bon, ok.
03:34Je connais pas.
03:35Bon, euh...
03:36Donc, voilà.
03:38Stand, Loire-Atlantique.
03:40Les huîtres.
03:41Les huîtres.
03:41Les huîtres de Loire-Atlantique.
03:42À venir goûter, si vous venez à la fête.
03:44Ah ouais.
03:44C'est génial.
03:45Ah ouais.
03:45C'est génial.
03:46Ah ouais.
03:46Et donc, tu disais, ça fait 40 ans que tu viens...
03:49Que je me souviens de la fête de l'Huma.
03:51Mais je pense que...
03:54J'en suis sûr, mes parents m'emmenaient déjà dans une poussette.
03:57Mais j'ai moins de souvenirs, là.
03:58Et je mangeais pas d'huîtres à l'époque.
03:59Non.
04:01Par contre, tu peux peut-être les mettre dans le biberon.
04:03Ça, t'essaieras, quoi.
04:04T'as des gosses, non ?
04:05Non.
04:06J'aimerais bien en avoir deux.
04:07Quand t'en auras, t'essaieras les huîtres dans le biberon.
04:10Mais tu demandes à un tout vide, d'abord, si c'est compatible.
04:13Si c'est possible.
04:13T'auras peut-être coupé le truc de la totos au-dessus.
04:16Tout ça passe.
04:17Le truc qui est bien avec la fête de l'Huma, c'est que tu rencontres tous les militants
04:20ou des gens qui sont pas forcément camarades de base.
04:23Mais...
04:23Oui, il y a des...
04:25J'ai quand même beaucoup circulé en France métropolitaine, y compris dans les Antilles, à la Réunion.
04:34Donc, plus tu vas dans les boîtes, plus tu rencontres de militants, même des non-militants.
04:40Et donc, forcément, des fois, même, c'est eux qui me disent,
04:42« Mais tu te rappelles, on s'est vus en 2000 machins là-bas ? »
04:46Parce que je suis vieux, il faut que je creuse.
04:49Je dis, « Ouais, je me rappelle. »
04:49En général, je me rappelle des réunions, des visites de boîtes.
04:54Des fois, j'ai un peu plus de mal sur les visages et les noms.
04:56En plus, t'as dû encroiser une pelle.
04:57Ah, ouais.
04:58T'es un peu physionomiste, toi, ou pas du tout ?
05:00Ça dépend, ça dépend.
05:02Mais je me rappelle très bien des boîtes que j'ai visitées.
05:06D'ailleurs, quand je me balade maintenant en France, je dis à ma compagne,
05:11« Tiens, là, j'y étais, tiens, là, j'y étais. »
05:15Tu vois, cet été, il y a une copine qui me dit,
05:17« Ah, mais on s'est vus à la Réunion, au Hospice de Lyon. »
05:20Je me rappelle de la Réunion, c'était en 2015.
05:23Mais de toi, je suis désolé.
05:25Il devait y avoir du monde.
05:26Je ne me rappelle pas de tout le monde, tu vois.
05:29Et il connaît même PSA Vesul.
05:31Ouais, j'y étais, en plus.
05:33J'y étais.
05:34T'as tout fait.
05:35Non, j'ai pas tout fait.
05:37J'ai essayé de faire le maximum.
05:39Mais ceux qui te disent qu'ils ont tout fait, c'est des menteurs.
05:42C'est fou, chaque phrase peut être encadrée.
05:46C'est vrai, ça ?
05:46Bon, on va...
05:48On avance un petit peu ?
05:49On va au syndicat du livre.
05:50Vas-y.
05:51C'est espagnol avec des cubains.
05:52Je sais, j'ai entendu.
05:54Oh merde.
05:54L'accent.
05:55Martinez.
05:56Le chorizo.
05:57T'écoutes.
05:58T'écoutes aux portes ou quoi ?
05:59Mais j'écoute, mais je comprends rien.
06:02Moi, j'ai fait allemand LV2, moi.
06:04Ça fait une langue de loser.
06:06Ça fait une langue de loser.
06:08Tu traites les allemands de losers ?
06:09Dans le monde, il faut parler.
06:11Je t'explique.
06:12Dans le monde, il faut parler anglais ou espagnol.
06:14OK.
06:15Salut.
06:17Donc, il faut...
06:18Salut, le général de mon idée.
06:22Putain, on n'est pas tranquille ici.
06:24Et ça va être ça.
06:24Moi, c'est ce que je leur ai dit.
06:25Je leur ai dit, là, on va passer une heure.
06:27Mais en temps effectif avec toi, je pense que ça va être un quart d'heure.
06:30Ah ouais ?
06:31Vu que les gens vont te...
06:32C'est ce que je te disais.
06:32Oui, les trois quarts de la planète parlent soit anglais, soit espagnol.
06:36Donc, te fais pas chier à prendre l'allemand.
06:38Tu vois, là, c'est des gens qui sont fans de WAM.
06:40Ils sont fans de moi.
06:41Salut.
06:43Salut.
06:44Vas-y, dis bonjour à ton fan club.
06:48Chacun ses petits fans, finalement.
06:50Je suis pas...
06:51J'étais pas secrétaire général, mais...
06:53Salut.
06:54J'ai aussi mon...
06:56Mes petits aficionados.
06:58Mais c'est normal.
06:59Toi, tu...
07:00Toi, tu es une vedette de l'audiovisuel, des réseaux sociaux.
07:04J'en sais trop rien.
07:06Ouais, j'en suis encore à distribuer des tracts.
07:08Toi, tu fais des...
07:09Tu fais encore, ça ?
07:11Bien sûr.
07:12Tu me prends pour qui ?
07:14Bien sûr.
07:15Là, parce que là, du coup, t'es en...
07:17En retraite.
07:17T'es en retraite.
07:18Ça se passait comment, la fête de l'UMA ?
07:20Comment t'as vécu le changement ?
07:21Fête de l'UMA, secrétaire général, et fête de l'UMA, pas secrétaire général ?
07:26Alors, c'est vachement mieux, pas secrétaire général.
07:29Parce que...
07:30T'as moins de contraintes...
07:34T'as moins de contraintes de passage obligé.
07:36Tu vois, je fais plus de débats à l'agora qu'on fasse un ministre.
07:40Puis là, tu vois, je peux déambuler, tranquille, boire des coups, avec des potes.
07:46Avant, c'était...
07:47T'avais un timing serré, quoi, tu vois.
07:49Donc, voilà.
07:50C'est vachement mieux, maintenant.
07:51C'est un peu plus chillos.
07:52Un peu plus tranquille.
07:53C'est vachement...
07:53Non, c'est plus sympa.
07:55Même si c'était sympa, mais...
07:57J'avais moins le temps de discuter.
07:58Parce que, ouais, dépêche-toi, faut qu'on soit à telle heure, à tel endroit, à telle heure, à tel
08:02endroit.
08:02Plus les débats, plus les machins.
08:04Ça, c'est un peu côté un peu chiant.
08:06Mais tu nous as dit, tout à l'heure, que tu faisais quand même des petits débats.
08:10Amis de l'humanité, il y a quand même des trucs.
08:12Par exemple, bon, je suis devenu parrain des amis de l'UMA.
08:15Parce que l'UMA, c'est quand même quelque chose qui représente quelque chose d'important pour moi.
08:21C'est une histoire...
08:22Voilà.
08:23Et donc, salut.
08:24Et donc, j'ai accepté d'être parrain.
08:27Quand j'ai arrêté d'être secrétaire général, parce que je ne voulais pas qu'il y ait des mélanges
08:30de genres, j'ai accepté d'être parrain.
08:33Maintenant, je suis exploité par les Amis de l'UMA.
08:36Débat, machin, truc...
08:38Voilà, les journalistes.
08:38Ils sont infernales.
08:39Les journalistes, vous êtes comme les patrons.
08:40Dès qu'on vous laisse un peu de champ...
08:42Après, est-ce que dans les Amis de l'UMA, il n'y a que des journalistes ?
08:45Non.
08:45Non, non.
08:46Il y a des amis ?
08:47Moi, par exemple, je ne sais pas écrire, mais il y a des amis.
08:51Il y a des gens extraordinaires.
08:53Le président s'appelle Ernest Pignon-Ernest.
08:56Oui.
08:57Extraordinaire mec.
08:58Le vice-président, c'est Gérard Mordia.
09:01Voilà, tu as...
09:03Ariane Escaride.
09:04Oui.
09:05Grande comédienne.
09:06Tu vois ce que je veux dire ?
09:07Oui, oui.
09:07Oui, j'avoue, c'est pluriel, en vrai, en termes de...
09:09François Morel.
09:11Excellent.
09:11Il te ferait rire, lui, François Morel.
09:12Ah oui ?
09:13Ah oui.
09:13J'aurais peut-être dû le prendre à ta place.
09:15Tu aurais dû.
09:16Il est beaucoup plus drôle que moi.
09:18En vrai, sincèrement, je t'ai trouvé l'arbre.
09:21Et on s'était déjà rencontrés, mais tu ne t'en souviens pas ?
09:23Parce que j'ai compris que tu n'es pas physionomiste.
09:25Non, je suis...
09:26Au 120 ans de l'Huma.
09:28Première rencontre entre toi et moi.
09:29Et tu m'avais...
09:30Parce que je...
09:31Oui, je t'avais interviewé en plus.
09:32Tu m'avais interviewé.
09:33C'était super sympa.
09:34Oui, parce que j'étais un peu contrarié par deux, trois trucs,
09:37mais j'avais passé un bon moment.
09:38Dans un endroit sympa, d'ailleurs, à la mairie.
09:41Si vous êtes jamais allé manger à la mairie, c'est quelque chose.
09:44Oui, mais la cantine, c'est pas là, normalement.
09:46Parce que les fonctionnaires municipaux ne bouffent pas dans le salon d'honneur.
09:50C'est vrai.
09:50Mais non, j'étais content.
09:51En plus, j'étais avec l'ambassadrice,
09:53j'étais à côté de l'ambassadrice de Palestine, en France,
09:57que je connais depuis longtemps,
09:59avec qui j'ai des super rapports.
10:00D'ailleurs, je suis arrivé en même temps qu'elle hier à la fête.
10:02Ça nous a permis de discuter.
10:04Et donc, quand je suis avec elle,
10:07les oreilles sont moins attentives aux autres.
10:09Je suis désolé pour toi.
10:10Tu avais de la concurrence forte.
10:12Ça ne me dérange pas.
10:13Merci.
10:14Ça ne me dérange pas de passer derrière la Palestine.
10:15C'est trop tard maintenant.
10:16Oui, oui.
10:17Alors, là, on va...
10:19Donc, j'ai dit au syndicat du livre.
10:22Syndicat du livre.
10:22Attends, t'es sûr que je vais faire ça tout de suite ?
10:24Hein ?
10:24Bon, vas-y, si, on va faire ça tout de suite.
10:25Qu'est-ce que tu veux ?
10:25Si, on fait ça, on fait ça tout de suite.
10:26Mais tu veux faire quoi ?
10:27C'est bien.
10:28Syndicat du livre, c'est super.
10:29Puis après, on revient ici.
10:30Ouais, vas-y.
10:31Et on va terminer par...
10:32Mais tu devrais marcher droit.
10:34Non, non, mais c'est pas parce que t'es bourré, hein.
10:36Mais tu vas te casser la gueule, hein.
10:38Y'a que des bosses et tout.
10:39Ouais, ouais, regarde.
10:40Ou alors, nous, on se met en moule-woll pour faire plaisir.
10:43Tu filmes...
10:43Non, je ne vais pas faire.
10:44D'accord.
10:44Tu filmes quand on arrive là-bas.
10:47Regarde.
10:47On peut expliquer pourquoi il n'y a pas de grande roue ?
10:51Alors, il n'y a pas de grande roue parce que le petit jeune, là...
10:54Voilà, c'était mon plan de base.
10:56Le petit jeune avait un plan, mais il est fragile.
10:58Il est fragile.
11:00Quel menteur.
11:00Et il a eu peur d'avoir des dérangements en haut.
11:05Parce qu'il a le vertige, le garçon.
11:06Donc, moi, je suis toujours attentif à la condition de travail des travailleurs.
11:11Et c'est un travailleur.
11:12Et donc, j'ai dit non, non.
11:14Il faut que tes conditions soient bonnes.
11:15On ne se fera pas la grande roue.
11:17Quelle indignité, monsieur Martinez ?
11:19Non.
11:20Mentir.
11:20Alors, moi, je m'occupe de toi.
11:22Et voilà comment tu me traites.
11:24Ça, c'est pas bien.
11:24Franchement, c'est pas bien du tout.
11:26Monsieur Philippe Martinez a mangé du poulpe il y a moins de trois heures.
11:29Et il avait peur de me le redonner, mais entier sur les genoux.
11:36Donc, on a évité ces mal-en-contre-accident.
11:39On a évité de salir son super futal.
11:41Cargo.
11:42Super sympa.
11:43Avec beaucoup de poche.
11:44On va mettre les petites affaires.
11:47Bon, continuons là-bas.
11:48Continuons là-bas.
11:50En vrai, c'est sympa.
11:51T'as déjà fait Twitch, toi, ou pas du tout ?
11:54Euh...
11:54N'hésite pas à parler bien dans le micro.
11:55Non, non, j'ai pas fait.
11:57T'as jamais fait Twitch ?
11:58Euh...
11:59Si, j'ai fait euh...
12:00Non, j'ai pas fait.
12:01J'ai fait euh...
12:02Comment...
12:02Jean Massé, il fait quoi, lui ?
12:04Backseat, si c'est ça, Twitch.
12:05Ouais, bah j'ai fait Backseat.
12:07Et j'ai fait...
12:07Eh ouais, j'ai fait Backseat et il était super content.
12:09D'ailleurs, on est...
12:09C'est pour ça, on est devenu super potes avec Jean.
12:11Ah ouais ?
12:12Parce que la première manif sur la réforme des retraites, c'était quand ?
12:16De...
12:17Janvier 2023, c'est ça ?
12:19Quelle date ?
12:20Bon, c'est pas grave, t'as tout bon.
12:22Je vois que tu suis, t'es un bon journaliste.
12:24Eh ben, le soir de la grande journée, évidemment, j'avais des propositions de médias dans tous les sens.
12:30Et je lui dis, euh...
12:31Non, je viens à Backseat.
12:32Mais elle dit, non, c'est pas vrai.
12:34J'ai dit, si, je vais chez toi.
12:36Et donc, j'ai fait...
12:37J'ai refusé toutes les interviews, BFM, LCI, tout ça.
12:41Et j'ai fait Backseat.
12:43Parce que je trouve que c'est vachement...
12:44En plus, c'est un public...
12:47Beaucoup plus jeune que moi.
12:48Donc je connais.
12:49Je l'ai fait deux fois.
12:50Ah, tu l'as fait deux fois, quand même ?
12:51Parce qu'après, ils ont fait...
12:52Tu dois être parmi les...
12:53Il y en a pas beaucoup, je crois, qui l'ont fait deux fois.
12:56Et ils m'ont interviewé parce qu'ils ont fait un film...
12:59Récap de l'année 2023.
13:02Ils m'avaient demandé de venir, donc je l'ai fait.
13:05Je l'ai fait.
13:06Non, non, j'aime bien Jean.
13:07Il vient demain, si jamais ?
13:09Bah, je vais essayer de lui dire bonjour.
13:11Toi, par exemple, là, on a passé un peu de temps ensemble.
13:14Salut !
13:14Là, on a passé un peu de temps ensemble.
13:16Entre Jean et moi, qui c'est que tu préfères, par exemple ?
13:19Jean.
13:19D'accord.
13:21Sinon...
13:21Sans aucun doute, Jean.
13:23Non, il est vachement plus intelligent que toi.
13:25Il pose des questions intelligentes, tu vois.
13:28Il parle pas de poulpe.
13:29Bon, toi, t'es un peu porté sur la bouffe, quand même.
13:32Ouais, t'as pas tout vu.
13:33Non, mais je...
13:34La bouffe, c'est une porte d'entrée.
13:36C'est pas la porte de sortie.
13:37Ah bon, d'accord.
13:39Peut-être que si on...
13:41Peut-être que si on discute assez longtemps,
13:43tu découvriras la porte de sortie.
13:45Salut !
13:45Qui est pas...
13:46Attention, il y a de la boue.
13:48Putain, mais...
13:48Occupe-toi de lui, putain.
13:49Oh, pardon.
13:50Merde.
13:51Enfin, occupe-toi de lui, quoi.
13:52Ouais.
13:55Très belles chaussures, en plus, Skechers.
13:57C'est pas français, ça, si ?
13:59Ça va ?
14:00Ça va.
14:01C'est bien avec vous, je suis pas obligé de m'arrêter.
14:03Eh, mais...
14:03Et vous allez vous faire engueuler, parce que le tas de camarades,
14:06il est pas accessible, il se la pète, il a un micro.
14:09Mais t'as un micro.
14:10Un micro, une caméra.
14:10On a un micro, c'est toujours plus simple de refuser.
14:13Et moi, je...
14:15T'aime pas refuser ?
14:16Moi, je suis content de voir les camarades.
14:18Et en plus, ils sont contents de me voir, donc faut jamais faire...
14:21Après, si tu veux...
14:22Si tu veux, là, on fait un petit tour, une heure.
14:24Après, on lâche le micro, je fais un petit tour avec toi.
14:26Si tu veux, si tu veux.
14:27Mais on finit, parce que lui, il a la caméra sur l'épaule.
14:31Occupe-toi des travailleurs, au lieu de penser qu'à toi.
14:34Hein ?
14:34Bon.
14:35Fais gaffe.
14:37Salut.
14:38Voilà, je suis...
14:40Tu trouves que je suis trop de droite ?
14:42Hein ?
14:43Tu trouves que je suis trop de droite ?
14:44Non, je trouve que tu fais un peu patron, quoi.
14:46Ah ouais ?
14:47Ouais, ouais.
14:48C'est mon attitude ?
14:49Ouais, ouais, tu...
14:50C'est-à-dire que tes collègues, tu t'en fous, quoi.
14:52Pas du tout.
14:53Voilà, si, si.
14:54Pas du tout.
14:54Ah si.
14:55Je suis...
14:55Je suis grave dans l'empathie, moi.
14:56T'as pas fait un stage au Medef, toi, non ?
14:59Non.
15:00Ah, mais...
15:00Mais mon oncle, c'est Jean-Froid, rue de Bézieux.
15:03Ah, bah voilà.
15:04C'est mon oncle.
15:04Ouais, ouais.
15:05D'accord.
15:06À Noël, j'ai tout le temps...
15:08J'ai une Alfa Romeo.
15:10Non, il fait pas ce genre de cadeau.
15:11Ah ouais, c'est vrai ?
15:12Il fait plutôt Maserati ou Ferrari, lui.
15:14Ah, putain, j'ai pas le droit, ça.
15:15Donc t'es discriminé, en plus, dans la famille.
15:18Putain, bordel.
15:19Bon.
15:20Non, vas-y, on continue, c'est la bonne.
15:23Oh !
15:23Ça fait un bon tour, hein.
15:24Oh non, non, moi, je parle.
15:25Y'a que des amis.
15:27Mais du coup, tu vois, vu que les gens ne veulent pas être filmés,
15:29Eh ben, il coupe court.
15:33Faut qu'on gagne un peu.
15:34Bonjour.
15:34Ouais, j'ai vite, là.
15:37C'est un plaisir.
15:39Selon lui, je suis de droite.
15:42Ça blesse.
15:43En fait, y'a des...
15:49Y'a des choses à pas dire.
15:53T'es en train de pleurer parce que t'as dit que j'étais trop de droite.
15:56Mais non, je t'ai dit que t'avais fait un stage au MEDEF.
15:57C'est la même chose.
15:58Ouais, non.
16:00C'est pire.
16:04Bon, ta fête de l'humain, on a fait Loire-Atlantique.
16:06Ouais.
16:07La première fois que t'y as mis les pieds, c'était avec tes parents, du coup.
16:09À la fête de l'humain, ouais.
16:11À la fête de l'humain, euh...
16:14Je pense que j'ai dû aller, mais là, je m'en rappelle vraiment plus,
16:18quand elle était encore à Vincennes.
16:21Ah, t'as connu Vincennes ?
16:22Non, je m'en rappelle plus.
16:23J'étais trop petit.
16:23OK.
16:26Salut, ça va ?
16:32T'écoutes un peu tes concerts, toi ?
16:35Ouais, j'y vais même, des fois.
16:36T'as un concert qui t'a vraiment, vraiment marqué ?
16:39À la fête ?
16:40Ouais.
16:40Téléphone.
16:41Ah ouais ?
16:41Quelle année, ça ? 80 ?
16:42Je m'en rappelle plus, mais ouais, ça devait être à peu près ces années-là.
16:46C'était leur premier concert avec autant de monde.
16:49C'était donc dans le parc qui s'appelle le parc Georges Valbon aujourd'hui.
16:53Ouais.
16:54Évidemment, la scène...
16:55Salut !
16:59C'est vrai.
17:04Ils sont bêtes.
17:05Donc je disais, oui, la scène était immense à la Courneuve.
17:09Et c'était le premier concert, je sais pas, il y avait 150 000 personnes.
17:12Ah ouais, c'est énorme.
17:13Ça a battu Manu Chao, tu penses ? Manu Chao, il a fait un truc aussi où il y avait...
17:16Manu Chao, je pense qu'il a fait plus.
17:18Il a fait plus.
17:19Salut !
17:20Et je pense qu'il a fait plus.
17:22Mais eux, c'était...
17:24Tu vois, parce qu'ils sont devenus des...
17:25Des super stars.
17:26Des super stars.
17:27Mais c'était leur premier concert.
17:28Et c'était fou.
17:29Et après...
17:30Alors vous dites plus bonjour, vous ?
17:32Non, bonjour, bonjour.
17:33Je travaille, alors...
17:34Je travaille pas, je m'amuse avec des...
17:37Avec des journaleux.
17:38Les Sherpeux rouges.
17:39Salut.
17:39À ne pas comprendre, Christophe Barbier.
17:40Fini la CE !
17:42Fini la CE !
17:43C'est pas pour moi ?
17:43Ah bon ?
17:44C'est pas Christophe Barbier.
17:45Tu fais École Buc ?
17:46C'est...
17:47Vous n'avez pas un CEF aujourd'hui ?
17:49Merci.
17:49Hé, hé, hé.
17:51Merci, Jocelyne.
17:52Moi, je connais personne.
17:54La CEF.
17:55Il n'y a personne qui a mis le bonjour.
17:56Pas de problème.
17:58Et puis le deuxième, c'est Lavilliers.
18:02Toujours à la Courneuve.
18:04Et moi, j'adore Lavilliers.
18:06Mais cette année-là, il nous dit
18:08j'ai un invité surprise.
18:09Et Léo Ferret arrive.
18:11Mais non.
18:11Et ils chantent tous les deux, les anarchistes,
18:13à la fête de l'Huma.
18:14C'était grand.
18:15Ouais, ouais, c'était grand.
18:17Lavilliers est ferré,
18:18à la fête de l'Huma qui chante les anarchistes.
18:20Ça, on ne vivra jamais une époque comme ça.
18:21T'en vivras d'autres.
18:22Il y a Patty Smith cette année, c'est bien.
18:24Moi, je n'écoute pas ça, moi.
18:25Tu écoutes du rap, toi, ou pas du tout ?
18:27Ça m'arrive, ouais.
18:28T'en as un en particulier ?
18:29T'as un artiste ou un truc qui te...
18:31Non, non, c'est pas ma génération.
18:32Quand ça passe, t'écoutes, quoi.
18:33Oui, oui, oui, il y a des trucs qui sont pas mal.
18:35Mais bon, chaque génération a son truc.
18:37Ouais.
18:38Et moi, ça ne me dérange pas.
18:39Mais voilà, c'est plus chansons françaises
18:44ou alors, voilà, Sting.
18:48Parce que Sting, Police s'est créé.
18:50J'étais encore au lycée, donc voilà.
18:53Mais j'aime bien écouter.
18:55Les gens très bien.
18:58On avance, là, c'est mec, là.
18:59On avance, là, on avance.
19:01Il est très directif.
19:02Pour quelqu'un de gauche, c'est assez...
19:04Non, non, mais parce que...
19:06C'est assez bizarre, Philippe, quand même.
19:07C'est pour vos conditions de travail, les mecs.
19:10Eh, vous avez une heure, là.
19:11C'est vrai pour qu'on aille.
19:12Si ça dure une heure et demie, vous allez m'enguler.
19:14Ouais, tu nous fais faire du rab, machin, truc.
19:18Je pense que c'est pour le plus grand plaisir des gens qui nous regardent.
19:20Je sais pas.
19:21Je sais pas.
19:22Je sais pas.
19:23Est-ce que t'as une anecdote ou une petite histoire à nous raconter sur la fête ?
19:28Bon, la question, là, elle paraît un peu...
19:30Sortie du chapeau, mais...
19:32Des anecdotes.
19:32T'as un truc qui t'a marqué particulièrement ?
19:37Une petite histoire, une rencontre ?
19:39Il y en a plein, alors...
19:42Tiens, on va commencer par l'année dernière, la fête de l'Huma.
19:45Vous savez qui j'ai vu ?
19:46Et qui m'a fait une dédicace, et qui m'a canoné la fête de cette fête.
19:51Angela Davis.
19:52Elle a demandé à faire un selfie avec toi.
19:54Ouais, je te ferai voir les photos sur mon portable.
19:57Voilà, ça, c'est des moments...
20:00Tu étais là...
20:01Il y a eu, après Charlie, on est monté...
20:09Elsa, Wolinsky, Rhys, ils sont montés sur la grande scène.
20:15Et ils m'avaient dit, tu viens avec nous.
20:18Bon, voilà.
20:19C'est allé ?
20:20Fort en émotion, là.
20:21Bah oui, c'est des gros trucs.
20:23Ça, c'est des trucs que tu peux vivre qu'à la fête ?
20:25Ah oui, bien sûr.
20:26Voilà, ça, c'est bien.
20:27Rencontrer l'ambassadrice de Palestine, tous les ans à la fête.
20:30Je sais que je vais la voir.
20:32Voilà, c'est des grands moments.
20:34Voilà, c'est des grands moments.
20:37Puis après, c'est des grands moments parce que tu rencontres les gens connus.
20:41Mais voilà, je croise des tas de copains et copines que je vois une fois par an.
20:45C'est toujours un bonheur.
20:47La fête de l'humain, c'est exactement ça.
20:48C'est que les rencontres, je trouve.
20:49En plus, ça nourrit tellement le cœur, l'esprit.
20:53La fête de l'humain, c'est de la politique, c'est ça.
20:55Mais c'est aussi un lieu de convivialité.
20:58Et ce qui est bien, c'est que toute la France est réunie au même endroit.
21:01Tu n'as pas besoin de prendre le train, la voiture ou le vélo.
21:03Tout le monde est là.
21:05Donc, en fait, tu marches dans les allées.
21:07Voilà, on est en Alsace.
21:08Après, on va dans les Hauts-de-Seine.
21:10On vient de passer devant la Rhône-Alpes.
21:14Tout le monde est au même endroit.
21:15Donc, tu déambules comme ça.
21:17Et puis, tu fais le tour de France et tu vois tes potes de l'Isère, de l'Ardèche, des
21:23Landes.
21:24C'est ça, la fête.
21:25Et c'est fraternel.
21:26Parce que la lutte, c'est fraternel.
21:29Moi, c'est ça qui m'avait marqué la première fois que je suis venu.
21:31En gros, je suis arrivé à l'humain en 2023.
21:35Pendant la réforme des retraites, en gros.
21:38Et ma première fête, c'est 2023.
21:40Et je n'imaginais pas du tout ça comme ça.
21:42Pour moi, c'est un joyeux bordel.
21:44Je pensais que ça faisait beaucoup plus festival.
21:46J'étais habitué au truc un peu...
21:48Mais c'est les deux.
21:48C'est les deux.
21:49C'est le solidaire du solidaire.
21:50C'est les deux.
21:52C'est les deux.
21:53C'est vrai que les rencontres, elles sont formidables.
21:56J'ai rencontré des gens ici.
21:57En plus, tu ne peux pas les rencontrer de part.
22:00Merci.
22:01Le mec, il croit que je suis encore secrétaire général.
22:03C'est fini.
22:06On continue ?
22:07Oui, on continue.
22:08Tu vois, on arrive là.
22:11On arrive au village du monde.
22:13Ah oui.
22:14Parce que ces mecs, ces militants, tous les ans, ça aussi.
22:18Il y a des gens qui pensent qu'ici, on paye des gens pour construire les stands, pour faire le
22:23service.
22:23Ce n'est que des militants ici.
22:26Que bénévoles.
22:26Ce n'est que des bénévoles.
22:28Et donc ces gars, ces gars et ces filles, parce qu'il y a des filles aussi, ils prennent une
22:32semaine, dix jours de vacances.
22:35Puis ils installent tous les stands du village du monde.
22:40Ça aussi, c'est de la fraternité, tu vois.
22:42Parce qu'à la base, ici, il n'y a que dalle.
22:44Genre, c'est vide, c'est le néant.
22:46C'est un ancien...
22:47Même les bars, les poteaux électriques et tout, il n'y a rien.
22:50Il n'y a pas d'électricité, il n'y a rien.
22:51Il n'y a rien.
22:52C'est un ancien aérodrome.
22:56Tu as fait ton service militaire, toi ?
22:57Je suis parti des vieux qui faisaient encore leur service.
23:01Tu l'as fait où ?
23:02Mon père, c'est en Allemagne.
23:04Je l'ai fait au Mont-Valérien, dans l'Haut-Seine.
23:08Alors, je t'explique, j'étais...
23:10Salut !
23:11Je t'explique parce qu'à l'époque, j'étais un joueur de foot.
23:17Pas célèbre, mais encore et plus.
23:19Tu joues au foot ?
23:20Oui, jure !
23:21Viens, on fait une brésilienne.
23:23Non, non, c'est bon, je vais me casser les jambes.
23:24T'as vu l'âge que j'ai ?
23:25Et donc, mon club, pour me garder prêt,
23:31ils avaient appelé en disant, lui, il ne faut pas qu'il aille trop loin.
23:34Attends, mais tu avais un bon niveau, ça veut dire ?
23:37Tu jouais quoi ?
23:38J'étais dans un club sympa, quoi.
23:39Tu jouais quel poste ?
23:40Je jouais où il y avait de la place, parce que je n'étais pas si bon que ça.
23:43Mais j'ai joué arrière-latéral, j'ai joué libéraux, parce qu'à l'époque, on appelait ça comme ça.
23:50Puis j'ai joué au milieu de terrain, voilà.
23:54Et j'ai arrêté quand j'ai eu un peu trop de responsabilité, parce que quand tu t'engages, il
24:00faut tenir tes engagements.
24:02Et donc, je n'avais plus le temps d'aller jouer, parce que j'ai fini dans ma boîte, dans
24:06le club de ma boîte.
24:07Mais je n'étais pas toujours là, et c'est chiant de laisser tomber les potes, quoi.
24:13Donc, j'ai arrêté, mais ouais, j'ai joué, ouais.
24:15Moi aussi, j'ai joué longtemps.
24:16Ouais, comme ça.
24:18J'ai joué à Vazoul, là où je suis né.
24:20Il joue en national, Vazoul, non ?
24:22Ouais, le plus haut que j'ai vu, moi, c'est de la CFA.
24:24CFA ?
24:25CFA.
24:26Bon, maintenant, ça a changé, c'est du...
24:27Je crois que c'est N2.
24:29Ouais, c'est N2, maintenant.
24:29N2, mais ouais, pas mal, j'étais U17 nationaux, U19 nationaux.
24:33Ah, tu étais bon, alors.
24:35Ouais, j'étais pas mauvais.
24:36J'ai joué contre des gars aujourd'hui, ils sont en pro et tout.
24:39Bah ouais, ouais.
24:40Moi, j'ai été pré-sélectionné, mais à l'époque, on appelait ça les cadets.
24:46Donc, c'est les 15.
24:47Ouais, oui, c'est ça, oui, c'est ça.
24:51Sélectionné en équipe de Île-de-France, cadets.
24:53Ah ouais ?
24:54Donc, j'ai joué aussi avec des gens qui, après, sont devenus pros, pas moi.
24:58Attends, mais tu nous l'as joué, hein, bah en fait, t'étais un bon joueur de foot.
25:02Non, non, non, j'étais un joueur moyen.
25:04Est-ce que, moi, en fait, je t'imagine joueur de foot très solide, qui va au contact,
25:09t'as pas peur de l'engagement ?
25:10Non, non, je me suis fait péter mes deux genoux au foot, alors c'est bon, quoi.
25:13Moi, je me suis fait tibia perronner.
25:15Les croisés, des deux côtés.
25:18C'est pour ça que t'es pas devenu franc ?
25:20Non, non, c'est en jouant, parce que je jouais en honneur régional, quoi, tu vois.
25:26Donc, c'était, à l'époque, ça devait correspondre à honneur régional, c'est CFA.
25:34Après, régional, honneur, là, d'Île-de-France, c'est costaud.
25:38Il y a quelques équipes, hein, il y a quelques équipes.
25:43C'est là, là, SGLCE, tu vois.
25:46SGLCE ?
25:47Ça, c'est le syndicat du Livre Parisien.
25:50C'est quoi ton rapport avec eux ?
25:54Pourquoi t'as voulu nous emmener ici ?
25:55Parce que c'est, voilà, ça, c'est ce que je t'expliquais, c'est eux qui construisent le village
26:00du monde dans la fête.
26:02Parce qu'évidemment, les stands ici, ils n'ont pas les moyens, donc voilà.
26:05Donc, ils viennent, ils prennent des vacances.
26:06Et puis, c'est ce que certains journalistes appellent les gros bras de la CGT.
26:12Ceux qui font le service d'ordre dans les manifs.
26:14Ah, c'est eux ?
26:15Oui, oui.
26:15Alors, donc, je les ai croisés souvent parce que des manifs, on en a fait quelques-unes, tu vois.
26:21Et alors qu'il y a peu plus gentil qu'eux.
26:24Mais des voix à l'organisation, tu vois.
26:26Des fidèles, quoi.
26:28Ça, ça me plaît, ça.
26:29Ouais.
26:29Et donc, j'ai toujours...
26:32Excellent rapport.
26:33Ah ouais.
26:34Il y a des gens que tu reconnais, des gens qui t'étaient encore.
26:36Enfin, qui faisaient des manifs avec toi, ici.
26:37Tous, tous, tous.
26:39Elle vient dire bonjour, Didier, putain.
26:41Didier, c'est le prénom de mon père.
26:43C'est vrai ?
26:43Oui.
26:43Putain, fais gaffe, c'est un charbon.
26:45C'est un joli prénom.
26:46C'est le meilleur prénom.
26:46C'est aussi le prénom de Didier.
26:48Ça va bien ?
26:49Ça va bien, ouais.
26:50Le chien.
26:52Je connais Didier le chien.
26:53Ouais, ouais.
26:53Ça lui a déjà fait la blague ?
26:55Ouais, ouais, mais fais gaffe.
26:56Ils sont quand même costauds.
26:58Parce que j'ai...
26:59Moi, Didier, ça me fait penser à mon père.
27:00Mais ça me fait aussi penser au film avec Alain Chabat.
27:02Ah oui, oui.
27:03On te l'a fait, j'imagine.
27:04Ouais, on me l'a déjà fait.
27:05Je suis pas sûr que cela référence soit à moi.
27:08Ah là, je suis pas sûr que cela référence soit à moi.
27:10Comment tu vas ?
27:10Ça va ?
27:11Ça va ?
27:11Selon moi, je l'aime bien.
27:12Moi, je l'aime bien.
27:13Moi, je l'aime.
27:14Ça va.
27:15Tu l'as ressort une fois, quoi.
27:16Après, c'est tout.
27:17Après, on l'a regardé plusieurs fois.
27:19C'est pas un problème.
27:19Je repasserai demain, je pense.
27:21Ouais ?
27:22C'est ça ?
27:22Oui.
27:23Bonne journée.
27:23Merci.
27:24Bon, je vous le laisse.
27:31Il y a des gens qui m'ont marqué dans la fête.
27:33Ah bah, c'est gentil.
27:34Celui-là.
27:34Celui-là.
27:35On apprécie beaucoup, nous.
27:36On en pense de Philippe.
27:38Non, ça, c'est pas le genre de question.
27:39Regarde, film, par contre.
27:40Moi, je veux bien répondre, moi, la question.
27:43On va répondre.
27:43Les travailleurs d'ici, regarde ce qu'ils font.
27:45Tout ça, c'est haut, ça.
27:46Tu vois ?
27:47Et c'est bien, ils ont collé sur leur barre.
27:50C'est grâce à eux que tous ceux-là, ils peuvent...
27:53Certains racontent des conneries.
27:55Celui-là, jamais.
27:58Mais certains, bon.
28:00Très belle, une.
28:01Très belle, une.
28:02Une, un peu moche.
28:05Mais du coup, du coup, c'est...
28:06Et toi, t'as du parti pris, toi ?
28:08Bah oui.
28:08Ouais, je pense, ouais.
28:09Moi, je suis pro-humanité, moi.
28:12Ouais ?
28:13Bah, nous, on aime bien, hein.
28:14Ouais, regarde, c'est marqué sur son micro.
28:16On l'appelle H.
28:17H, ouais.
28:18Mais nous, on est pour le pluralisme de la presse, quand même.
28:21La démocratie, tout ça, donc...
28:23Les idées, l'échange.
28:26Mais c'est vrai qu'il y a des unes qui nous plaisent mieux que d'autres.
28:28Ça, c'est certain.
28:29Il y a un que tu préfères distribuer ?
28:31Pardon ?
28:31Il y en a un que vous préférez un peu là-dedans ?
28:33Mais nous, on ne peut pas préférer.
28:34Ils impriment.
28:35Non, mais même, on ne peut pas préférer distribuer.
28:37On est obligé de tout distribuer.
28:39C'est des vrais démocrates.
28:40Oui, c'est important qu'il en reste.
28:42C'est des vrais démocrates, eux.
28:44Non ?
28:45Non, toi, je n'ai pas...
28:47Certains qui écrivent dans ces journaux, c'est différent, tu vois.
28:52Tandis qu'eux, ils impriment, quel que soit...
28:56Même, ils impriment des choses où on les critique.
28:58On est à traîner.
28:59Est-ce qu'on ne se dirigerait pas ?
29:00On ne ferait pas le trajet retour, direction Village du Livre et tout ?
29:03Non, on va faire...
29:04J'aimerais bien aller à la Palestine.
29:05Vas-y, vas-y.
29:06Et puis après, on finit au Village du Livre.
29:07Attention, on ne va pas écraser les gens quand même.
29:09Oh là là, ils ne respectent rien.
29:11C'est dangereux.
29:13Décale-toi un peu là.
29:14Attention, il y a de la boue.
29:14Parce que là, il y a de la boue.
29:15Vous aussi, vas-y, vas-y, vas-y.
29:16Ça va être très violent.
29:18Au pire, marche, marche normale.
29:20Et moi, je vais marcher comme ça.
29:22Ça va être très bien.
29:24Toi, t'es plus périé, toi ?
29:25Ça va ?
29:27Ça va, nous ?
29:28Ça va.
29:28Tout va bien.
29:29Tout va bien ?
29:29À la vôtre, hein.
29:31À la vôtre.
29:32Qu'est-ce qu'il y a ?
29:32T'es plus périé, toi ?
29:33C'est parce qu'il y a une caméra.
29:35Comme dirait quelqu'un.
29:40T'arrives à boire ?
29:43Là, c'est question...
29:44Comme vous n'arrêtez pas de me faire parler,
29:46ça sèche le palais, les gars.
29:47Question pratico-pratique.
29:48Est-ce que quand tu bois dans un verre,
29:50ta moustache est mouillée ?
29:51Oui.
29:52Du coup, ça...
29:52Alors, il faut que je te raconte une anecdote.
29:54Dis-moi.
29:54Je vais un jour...
29:55Je suis invité à...
29:57À la...
29:59À la Porte de Pantin.
30:00Oui.
30:00À la Cité de la Musique.
30:02Il y avait...
30:04Donc, il y a le grand...
30:05Je ne sais pas, l'auditorium.
30:07Hum.
30:08Concert de...
30:09L'opéra du...
30:11Concert de l'Orchestre du Capitole.
30:12Ok.
30:14Capitole, c'est où ?
30:15Le Capitole, c'est où ?
30:16À l'États-Unis.
30:17À Toulouse, putain !
30:18Je sais, t'es une petite vague !
30:19On peut pas rigoler ou quoi ?
30:21En plus, t'es...
30:21T'es Hormedef et Trumpiste, en plus.
30:23Oh là là, c'est dingue.
30:24Donc...
30:25Et...
30:26Dans cet orchestre, la particularité,
30:28c'est 50% des musicos
30:30sont syndiqués à la CGT.
30:31Ok.
30:31Donc après le concert,
30:32ils m'invitent.
30:33Eh bien, on te paye un coup, Philippe, là.
30:35Et tu sais ce qu'ils m'ont offert ?
30:37Une tasse...
30:38Spéciale moustachu.
30:39Mais non.
30:39C'est-à-dire que c'est une tasse normale,
30:41sauf qu'au milieu,
30:42il y a un genre de bar en faïence...
30:44Qui cache.
30:49Ça moustache, c'est pas beau, ça ?
30:50C'est génial.
30:51C'est pas de la fraternité, ça ?
30:52Si.
30:53Tu vois ?
30:53T'apprends plein de trucs avec moi.
30:54Tu l'as encore ?
30:55Bien sûr, aller dans...
30:56Aller à la campagne.
30:58Tu vois, c'est juste là, là.
31:00On va là, puis après,
31:01on tourne au village du vivre.
31:03Comme ça, on aura fait un beau tour.
31:05Un beau tour, ouais.
31:07Ça me fait trop plaisir de faire ça avec toi.
31:08Premier degré, je suis trop content.
31:10C'est marrant.
31:11C'est marrant.
31:12Ouais, puis en plus, c'est tranquillou.
31:15Tu t'es engagé quand dans le syndicalisme ?
31:1723 ans, t'avais ?
31:19J'avais...
31:2123 ans, ouais.
31:22Tu manifestais déjà un peu avant ?
31:24Oui.
31:25Ouais, j'étais déjà dans les syndicats étudiants.
31:2715 ans ?
31:27Euh, lycéens,
31:28parce que j'ai jamais été à la fac,
31:29faut pas le dire, ça.
31:30Ah, oui.
31:30Je suis un cancre.
31:31Salut.
31:33Je suis un cancre.
31:35Et...
31:36Et...
31:36Pourquoi la CGT ?
31:38Bon, parce que dans ma famille,
31:40il y avait un peu de tradition CGT.
31:42Et puis, quand j'ai eu des soucis dans ma boîte,
31:44parce que moi, je me suis pas syndiqué
31:46pour faire plaisir à mes parents.
31:48J'ai eu des soucis.
31:50Comme beaucoup de salariés,
31:52ils voulaient pas me payer une prime dans ma boîte
31:54que j'avais droit.
31:56Et comme la CGT, je la croisais souvent,
31:58j'ai été les voir, ils se sont occupés de moi.
32:00Donc j'ai dit, ceux-là,
32:01ils s'occupent des gens.
32:02Donc j'adhère à la CGT.
32:04Tu sais que moi, c'est pareil.
32:05Ah ouais ?
32:06Moi, à Luma,
32:07à Luma, en gros...
32:11Ça va ?
32:13En gros, quand j'ai signé,
32:14je devais signer un CDI.
32:15Ouais.
32:16En fin de compte, j'ai signé un CDD.
32:20Pendant six mois.
32:21Et après, du coup, je suis allé voir la CGT,
32:22j'ai dit, ouais, ouais,
32:23bah moi, on m'avait promis un CDI.
32:25Et du coup, après, hop, CDI.
32:27C'est bien.
32:27Du coup, maintenant, moi aussi, je suis engagé.
32:29Il m'a cotisé et tout.
32:30T'as un terrain, ouais.
32:33Ils sont efficaces,
32:34à la CGT, à Luma.
32:35Super, super efficaces.
32:36Alors, c'est où la Palestine ?
32:38Ça doit être là, là.
32:40Là, il y a du Iran.
32:41Je crois que c'est là-bas.
32:42À gauche, à gauche.
32:43À gauche ?
32:45À gauche.
32:50Toi, pour toi, c'est quoi, le outfit,
32:53les habits que tu mets pour venir à la fête ?
32:55T'as des trucs un peu particuliers
32:56que tu conseils à nous donner ?
32:57C'est pas que pour la fête.
32:59Tout le monde pense que,
33:01tu vois, les clichés,
33:02qu'on est toujours en rouge.
33:04Moi, je mets que du bleu.
33:06C'est un contre-pied.
33:08C'est ma tenue.
33:08Non, parce que c'est des cons
33:11qu'on est clichés.
33:12Moi, je suis toujours sapé comme ça.
33:14Jeans, jean, blouson.
33:16Enfin, quand il flotte et qu'il fait froid,
33:18je mets peut-être un manteau,
33:19mais je suis souvent en bleu.
33:21Je suis souvent en bleu.
33:26Et quand j'avais des responsabilités,
33:29avant, j'étais le seul
33:31à aller liser en jean, sans cravate.
33:34Ah oui ?
33:34Ah oui, je m'en souviens de ces photos, là.
33:36Donc, j'ai jamais mis de cravate.
33:38Salut !
33:40Donc, j'étais le seul
33:41à ne pas avoir de cravate à l'Elysée.
33:42Et les mecs, les copains
33:45qui m'accompagnaient me disaient
33:45« Non, non, il faut que tu mettes une cravate,
33:47ils ne vont pas te laisser rentrer. »
33:48Bah, j'ai dit
33:49« S'ils ne me laissent pas rentrer,
33:51je partirai. »
33:53Mais si je pars, ça va faire mauvais effet.
33:55Donc, voilà.
33:57Et du coup, tu rentrais sans cravate ?
33:58Oui, toujours.
33:59Putain.
34:01C'est un état de Palestine, là, tu vois.
34:03Ah oui.
34:05Et donc, j'ai jamais mis une cravate
34:07pour aller à l'Elysée.
34:09Et j'étais le seul.
34:10Les mecs de FO, ils mettaient de...
34:12FO, CFDT, tous les autres.
34:14Putain.
34:15J'étais le seul à ne pas avoir de cravate.
34:17Est-ce que, par exemple, tu t'es marié ?
34:20Oui, oui, j'ai une compagne, oui.
34:22Cravate.
34:22Au mariage ou pas du tout ?
34:23Ah oui, quand je me suis...
34:24Ah oui.
34:25On me met au mariage, mais pas à l'Elysée.
34:27Voilà.
34:28Bah, c'est la seule fois où j'ai mis une cravate, d'ailleurs.
34:30Salut !
34:32Par contre, salut !
34:34Par contre, tu vois, une fois, je vais à l'Elysée,
34:36j'ai dit à Macron, j'ai un cadeau pour vous.
34:38C'était quoi ?
34:40Alors, je vais vous faire un masque.
34:41Salut, Gilles, ça va ?
34:44C'était un masque, c'était marqué
34:46Culture en danger, CGT.
34:49Il l'a mis ?
34:50Il m'a dit merci, avec sa gueule de travers.
34:55Qu'est-ce que j'ai fait ?
34:56Rien !
34:57À la tienne.
34:58À la tienne.
34:58La CGT en force.
35:00La CGT en force.
35:01Ça va ?
35:02Ça va ?
35:02Ça va ?
35:03Ça sent trop bon.
35:04Ça donne trop faim.
35:04Ça sent bon, Kevin.
35:05On y va, les jeunes, là, ou quoi, là ?
35:06Bon, on y va.
35:07Les jeunes, ils font, là, les jeunes.
35:08C'est vrai, non, mais lui aussi,
35:10Lui aussi, les jeunes.
35:12C'était génial.
35:12Bon, d'abord.
35:13Salut.
35:16Voilà, c'est pareil.
35:20Il a fait un peu de l'humain !
35:26C'est ça, c'est ici que tu voulais nous emmener ?
35:29C'est là, tu vois ?
35:30Viens, on rentre dedans.
35:31Alors, ce stand ?
35:32Ouais.
35:34Ça va ?
35:35Bonjour.
35:36Pardon.
35:36Ça va bien ?
35:37Ça va bien ?
35:38Bonjour.
35:39Bonjour.
35:40C'est l'humanité.
35:43Voilà, on la règle.
35:45Voilà, ce stand de Palestine, parce que je pense...
35:48C'est important.
35:53Et donc, du coup, ils font une expo photo, cette année ?
35:55L'année dernière aussi, l'année dernière aussi, et voilà, c'est un endroit où je viens tous les ans.
36:04Et tu sais que j'étais à Gaza en 2013.
36:08Ah, tu as mis les pieds ?
36:10J'étais à Gaza en 2013, Gaza, Cisjordanie, Israël.
36:14Et j'y suis retourné.
36:15Alors, je n'ai pas pu aller à Gaza, parce que c'était un peu compliqué.
36:18J'étais en Cisjordanie, j'étais à Naplouse, Ramallah, en 2022, pendant les grèves des raffineurs, d'ailleurs.
36:28Et 2013, Gaza, c'était comment ?
36:32C'était les prémices de ce qui se passe aujourd'hui.
36:35Tu rentres, pour rentrer dans Gaza, on était rentrés, j'étais avec Bernard Thibault, d'ailleurs, parce que c'était
36:40lui le chef à l'époque.
36:42C'est grâce au consul de France à Jérusalem, qui était un mec très bien, qui nous a dit, bon,
36:48c'est compliqué, mais allez-y.
36:50Et donc, tu rentres par un... comment vous dire ? Un bâtiment qui ressemble à un hall d'aéroport.
36:57OK.
36:59Avec des jeunes gens militaires armés jusqu'aux dents, prêtes à bondir, aurait dit Coluche.
37:07Tu passes devant des détecteurs et ensuite, c'est ce qui m'a le plus impressionné, tu sors de ce
37:13truc-là et il y a une grande cage qui doit faire un kilomètre de long.
37:21Comme une sorte de sortie de prison ?
37:22Non, comme une sorte de... vous êtes jeune, vous, mais dans les cirques, avant, quand il a acheté les lions,
37:29il sortait par un genre de grillage pendant un kilomètre, comme ça.
37:34Et tu arrives, donc il y a un no-man's land avec des mecs, des drones, des machins, et c
37:40'est le passage obligé pour rentrer à Gaza.
37:43Je ne sais plus comment ça s'appelle ce... c'est plus qu'un check-pod.
37:47Ouais, ouais.
37:47Et c'est impressionnant, quoi.
37:49T'es... mais que tu sois valide, invalide.
37:53C'est-à-dire, les gens qui sont en fauteuil, ils doivent...
37:55Ouais, t'as un kilomètre à...
37:56Un brancard, ils passent par là, tu vois.
37:57C'est impressionnant.
37:59Puis il y avait déjà... il y avait déjà des traces... des traces de bombes israéliennes.
38:06Les habitants nous disaient, ils nous appellent, on reçoit un SMS 2-3 minutes avant, nous disant, il faut quitter
38:12votre maison parce qu'après, c'est un cratère.
38:15Voilà.
38:15Et donc j'imagine, aujourd'hui, comment c'est, quoi ?
38:17Ouais.
38:18À l'époque, c'était encore pas cool, mais...
38:21Et il y avait... par contre, il y avait, justement, le consulat de France à Jérusalem avait une antenne culturelle...
38:28À Gaza ?
38:29Dans Gaza.
38:29Ok.
38:30Et ils apprenaient au môme à écrire, à lire, la littérature française et tout, c'était vachement intéressant.
38:35J'imagine, aujourd'hui, voilà.
38:38T'étais resté, genre, la journée ou t'avais dormi là-bas ?
38:40J'avais dormi là-bas.
38:41On est resté deux jours.
38:42Ok.
38:43Et on avait fait une rencontre avec les syndicats, les copains des boîtes de Gaza, de Cisjordanie,
38:49parce qu'on était avec le secrétaire général de la PGF-TU palestinienne.
38:56C'était la première fois qu'il avait le droit de retourner à Gaza, parce que, évidemment, le Hamas n
39:01'est pas une organisation démocratique
39:02et les syndicats, ils n'aiment pas ça.
39:04Et c'est la première fois qu'il retournait voir ses potes dans Gaza depuis 7 ans, 8 ans.
39:09Donc il était content qu'on l'ait aidé à rentrer dans Gaza.
39:12C'est des souvenirs, ça, c'est des souvenirs que tu n'oublies pas, quoi.
39:17Mais j'y suis retourné en 2022, là.
39:19J'ai fait les checkpoints, j'ai fait des boîtes avec eux à Naplouz.
39:24Et c'était chaud, là, c'était chaud, parce que je suis parti de Naplouz.
39:29Naplouz était encerclé par l'armée israélienne.
39:32Et pour sortir, j'ai fait ça de nuit, en essayant de contourner les barrages.
39:37Un peu en mode clandestinité, etc.
39:38Ouais, ouais, c'est ça, ouais, c'est ça.
39:40Même toi, pour sortir ?
39:41Dans un taxi, ouais.
39:42Mais non, mais c'est...
39:43Ils encerclent la ville et plus personne ne sort.
39:45Alors moi, c'est pas grave.
39:47Mais les mecs qui doivent aller bosser,
39:51tu vois, ils ne peuvent pas sortir de la ville.
39:53Ouais, c'est des moments qui te marquent, tu vois.
39:57Ouais, c'est vraiment des moments forts.
40:02Bon, on y va ?
40:03Ouais.
40:04Oui, les amis.
40:06Énormément de stands pour la Palestine cette année,
40:09comme l'année dernière, comme l'année d'avant
40:10et comme la plupart des années.
40:13Parce que c'est important.
40:14Je connais pas tout le monde.
40:15C'est important.
40:17Et franchement...
40:18Ah bah oui !
40:19J'ai manifesté le 1er mai cette année à Bergerac.
40:23Beaucoup.
40:24Eh bah on y était, alors.
40:25On y était tous les deux, alors.
40:26C'est important de donner écho à ces luttes-là
40:29qui sont, à mon sens, et je pense pour beaucoup,
40:33très immédiatifs.
40:33Mais cette année, j'ai manifesté le 1er mai à Bergerac.
40:35Sûr !
40:36Je sais, je vous ai vu.
40:36La fête de l'Humas, ça permet aussi d'échanger
40:39avec des gens qui sont originaires de là-bas.
40:41Avec le petit chou, eh ?
40:42Là, on a un député communiste de la Knesset
40:45qui va faire un débat tout à l'heure sur l'Agora
40:49que vous aurez la chance, j'imagine, de le retrouver sur Twitch.
40:53Voilà, faut faire parler ces gens-là.
40:56Faut les écouter.
40:57C'est extrêmement important.
41:01Sur ce...
41:03Sur ce, on va quand même continuer le petit chemin.
41:06Quelle heure il est ?
41:0750.
41:09Est-ce qu'on n'ouvrirait pas
41:13le thème livre de Philippe Martinez ?
41:16Parce que Philippe Martinez sort un livre
41:19le 25 septembre.
41:21Je vais dire bonjour à une camarade, parce que...
41:23Il sort un livre le 25 septembre.
41:25Et ce livre, c'est
41:27mon tour de Gaulle.
41:29Mon tour de Gaulle.
41:29Oui.
41:30Mon tour de Gaulle.
41:31C'est Rix, tout ça, quoi.
41:32Tu vois, la Gaulle, tu vois ce que c'est, à peu près ?
41:34Il est où, ton petit village d'irréductible, toi ?
41:36Bah, c'est la France.
41:37C'est un grand village.
41:40Tu sais pourquoi...
41:41Et c'est quoi ta passion magique, le Calvado ?
41:43Tu sais pourquoi ça m'a inspiré, ce titre ?
41:46Parce que je sais pas si vous vous rappelez...
41:49Un jour, Macron, il était au Danemark,
41:52avec le roi du Danemark.
41:53Ok.
41:54Et il était en train de féliciter le roi du Danemark,
41:56parce que chez lui, les travailleurs et tout.
41:59Et il a dit, moi, je suis président
42:00d'un peuple de Gaulois réfractaires.
42:02Ouh, les amis !
42:04C'est ce qui m'a inspiré, le titre de mon bouquin, tu vois.
42:06C'est hallucinant de dire ça.
42:08Pour qui il se prend, c'est Macron ?
42:09Non, c'est Macron.
42:11Toi, faut pas chercher à le comprendre.
42:13Toi, toi, qui as traité un peu avec lui.
42:16Qu'est-ce que t'as...
42:16Bah, tu as quand même côtoyé un...
42:18Oui, je l'ai croisé, ouais.
42:21Qu'est-ce que t'en ressors de ces rencontres-là,
42:24du personnage ?
42:26Genre-là, par exemple, alors, on parlait, toi et moi,
42:28de la réforme des retraites en 2023,
42:31où l'intersyndicat, elle se forme, etc.
42:33Il y a un vrai élan populaire.
42:36Ouais.
42:37Moi, je te disais, je pensais qu'il allait fléchir.
42:39Et toi, tu m'as dit, non, c'était écrit
42:42qu'il allait strictement...
42:43Exactement, ouais.
42:44Comment tu expliques ça ?
42:46J'explique ça, parce que c'est un mec qui est...
42:49Qui est sûr qu'il n'y a que lui qui sait tout.
42:55Lui, il sait ce qu'il faut faire.
42:57Et donc, les autres, ils s'en foutent.
42:58Il a toujours raison.
43:00Et donc, bah...
43:02Si t'es pas d'accord avec lui, t'es un con.
43:04Ouais.
43:05Il est un but de sa personne.
43:07C'est un technocrate de la pire espèce qui existe.
43:12Et donc, voilà.
43:15Le dialogue, il était impossible ?
43:16C'est un mec qui va...
43:16C'est un mec qui est capable de t'expliquer ta vie, quoi.
43:19Ok.
43:19Plus que toi.
43:20Ok.
43:20Voilà.
43:21C'est, voilà.
43:30Je vais nous faire un croche-pattes.
43:32Bon.
43:33Ton livre, écrit à quatre mains, du coup ?
43:37À quatre mains, mais une seule tête.
43:39À quatre mains, mais une seule tête.
43:40La tienne ou la tienne ?
43:41La mienne.
43:42Ok.
43:44Pourquoi ce petit livre, déjà ?
43:45Ce petit...
43:46Pourquoi ce livre, déjà ?
43:49Moi, j'avais pas envie d'écrire.
43:51Et puis, je vais dire, on m'a un peu forcé la main.
43:55Ok.
43:56Parce qu'on m'a dit, vous avez des choses intéressantes à dire.
44:00Bon, j'ai dit, bon, ok, alors.
44:02Mais ça a pris, ça a pris six mois pour me convaincre.
44:06Mais c'était quoi ? Tu faisais des petits rendez-vous avec l'autre personne ? Comment il s'appelle,
44:10déjà ?
44:11Il s'appelle Martin Weber.
44:12Martin Weber.
44:13Que tu connaissais pas du tout ?
44:14Pas du tout.
44:14C'est un prof.
44:16Eh, il est prof ?
44:17Ouais, c'est un mec très prof d'université, il s'occupe beaucoup d'histoires anciennes.
44:25Ok.
44:26Mais un mec vraiment génial.
44:28C'est pas mal pour écrire sur les Gaulois, du coup.
44:30Non, lui, c'est l'Égypte ancienne, les Grecs.
44:32C'est encore plus vieux, lui.
44:35Tu sais, moi, j'ai fait un master d'histoire.
44:38Souris.
44:40Bon, il nous reste.
44:41Il nous reste cinq minutes.
44:43Bon, bah, on y va, on accélère, alors.
44:44On y va, hein.
44:45Ouais, c'est là, là.
44:45On accélère, on espère qu'il tombe pas.
44:47C'est là.
44:49Marche droit.
44:51En vrai, c'est cool que t'écrives un...
44:53Tu dirais que c'est quoi, une autobiographie, tes mémoires ?
44:57Non, c'est pas mémoire.
44:58Ouais, enfin, tu peux dire mes mémoires.
44:59C'est...
45:00En fait, c'est...
45:01Il y a beaucoup, c'est mes rencontres avec, voilà, des travailleurs dans...
45:05Dans les quatre coins de France, voilà, en Normandie, dans l'Aveyron.
45:11Mais, ils échangent aussi avec le pouvoir.
45:13Ok.
45:14Justement, par rapport à ce que je te disais.
45:17Et puis, voilà, mes valeurs, l'antiracisme, mon attachement à la culture, parce que l'éducation populaire, c'est essentiel.
45:26Voilà, et je continue.
45:28Et puis, c'est les combats contre les violences sexistes et sexuelles qu'on a fait à la CGT, voilà,
45:37c'est tout ça.
45:38C'est mes expériences et mes valeurs.
45:40Voilà, on peut résumer ça comme ça.
45:42Et ça t'a donné envie d'en faire un autre après ou... ?
45:45Non, non, non, non, c'est bon.
45:47Parce que toi, du coup, c'est quoi ton rapport ?
45:50Tu lisais beaucoup quand t'étais jeune ?
45:52Euh, je lis plus maintenant.
45:54Plus maintenant ?
45:54Je t'avoue que même moi, j'ai eu du mal à prendre le pli.
45:58Non, non, mais il faut lire.
45:59Et puis, après, j'ai lu beaucoup, mais, tu vois, des rapports, des machins, des trucs.
46:04Donc, maintenant, je fais, je lis des romans, des essais, tu vois, c'est important de lire.
46:10Là, dernièrement, là, je suis as-been au possible, mais il n'y a pas longtemps, j'ai découvert Stephen
46:15King.
46:16Ouais, ouais, c'est...
46:17En vrai, c'est agréable.
46:18C'est bien, ouais.
46:19C'est agréable.
46:20J'ai jamais lu autant.
46:21J'ai lu 300 pages en un week-end, c'est exceptionnel.
46:23Il faut lire.
46:24Oui, c'est important.
46:25En vrai, il faut lire.
46:26Et vous trouverez toujours des trucs à aimer lire.
46:28C'est ça qui est...
46:29Quand t'aimes quelque chose, tu te dis, bah, je vais lire autre chose.
46:32Ouais, voilà.
46:32Et puis, c'est comme ça.
46:34Tu penses que c'est lié, du coup, ton...
46:36Tu me dis que tu lis plus maintenant.
46:38Est-ce que c'est lié aussi à...
46:39J'ai plus de temps pour lire aussi.
46:40Ouais, c'est vrai.
46:41Pour lire ce que je veux.
46:42Qu'est-ce que tu fais de ta retraite ?
46:46Bah...
46:48Je continue à militer à mon niveau.
46:50Ouais.
46:51Je jette des copains quand ils ont besoin de moi.
46:55Quand tu me demandes.
46:57Je...
47:00J'écris un livre.
47:02C'est déjà pas mal.
47:02Je suis au comité d'orientation d'un théâtre à Paris.
47:06Voilà.
47:06Je leur donne des idées de...
47:08De culture, de pièces de théâtre et tout.
47:10C'est vachement passionnant.
47:11Ouais.
47:12Parce que j'ai le temps d'aller un peu plus au théâtre maintenant.
47:14Donc, voilà.
47:16J'adore aller au Festival d'Avignon.
47:20Où j'allais avant, mais moins...
47:22Je restais moins longtemps.
47:23Puis j'avais des contraintes...
47:26Comment on dit ?
47:26Des contraintes...
47:28Professionnelles ?
47:29Conventionnelles.
47:29Ouais, conventionnelles.
47:31C'est juste là, le village du vivre.
47:33Toi, t'es plus théâtre que cinéma, par exemple ?
47:35Ah non, j'adore le cinéma.
47:37Mais...
47:37Le cinéma, les gens vont plus facilement au cinéma qu'au théâtre.
47:40Ouais.
47:41Mais ils trouvent pas qu'il y a...
47:42Et j'étais comme les autres.
47:43Il y a quand même un truc de...
47:45On associe souvent le théâtre à un truc un peu de bourgeois et tout.
47:47Tu vois ce que je veux dire ?
47:47Mais oui, mais c'est une connerie.
47:49C'est les bourgeois.
47:50C'est les bourgeois qui font ça.
47:51Comme ils veulent un précaré, ils veulent leur truc à eux.
47:54Donc ils disent...
47:55Donc c'est du théâtre élitiste, vous allez rien comprendre, vous êtes trop con, c'est trop cher, machin, truc.
48:03Et donc...
48:03C'est la CGT du Loir-et-Cher.
48:07Ça va ?
48:07Et je veux qu'il y ait une liste qui est aussi bronzée que moi, notre.
48:09Salut.
48:11Je suis émigré, moi.
48:12Je suis espagnol, marocain.
48:14Voilà.
48:18Mais c'est vrai, on devrait ouvrir le théâtre à tout le monde.
48:21Moi, je pense qu'on devrait vraiment militer là-dessus.
48:22Et donc, moi, je milite pour que les prix soient accessibles.
48:25Et puis qu'on ne dise pas, c'est un truc d'un télo.
48:27Ce n'est pas un truc d'un télo.
48:28Et en vrai, si on le remarque, ce n'est pas si cher.
48:30Excuse-moi.
48:32Ça va ?
48:33Salut.
48:33Bonjour.
48:34Ce n'est pas un truc, tu vois, ce n'est pas un truc d'un télo.
48:38Et puis tu as de tout.
48:39Bien sûr qu'il y a de tout.
48:41Bien sûr.
48:41Et à tous les prix.
48:43Et il y a des tas de petites compagnies, j'en connais plein, qui font des trucs très bien, pas
48:50chers, qui rament.
48:50Parce que les intermittents du spectacle, c'est un vrai problème.
48:54Voilà.
48:55C'est quoi que je te dise.
48:56On arrive.
48:57Salon du livre.
48:58Salut.
48:59Ça va être là-dessus qu'on va se dire « Au revoir, il nous reste deux minutes ».
49:03Bon, ben accélère alors.
49:04Oui, c'est bon, j'accélère.
49:08On va même pas finir au Calvados.
49:14Salut.
49:15On va pas finir au Calvados.
49:16C'était une promesse de Philippe, enfin une promesse, je m'engage peut-être un peu trop,
49:20de finir département Calvados, évidemment qui est lié…
49:25On ira après, on ira après.
49:27Mais en off.
49:28On ira après.
49:29En off.
49:29Je vais voir si on les emmerde pas.
49:31Non, on les emmerde pas.
49:32Salon du livre.
49:33Viens, viens.
49:33Parce qu'il y a aussi un salon du livre à Luma, où il y a des tas d'auteurs
49:37qui viennent présenter leurs bouquins,
49:39signer des trucs.
49:42Voilà.
49:43Sur ce, moi, je vous abandonne.
49:46Philippe est déjà parti.
49:47Philippe, Philippe.
49:49Il faut qu'on dise au revoir.
49:50Hein ?
49:51Il faut qu'on dise au revoir.
49:52Ah bon, on finit là alors ?
49:53C'est bon.
49:54Ok.
49:55Ça fait un plaisir.
49:55Je vais se fermer un bon livre.
49:58Garde, garde, 5 minutes.
49:592 secondes.
49:592 secondes.
50:00On est arrivé.
50:01Juste, on voit le livre et après on rentre l'antenne.
50:05Oh là là, ils vont te détester là-bas.
50:08C'est vrai ?
50:08Oui.
50:09Je m'arrangerai avec eux.
50:10Bon.
50:11On monte juste le livre.
50:14Mon tour de Gaulle.
50:16Et voilà.
50:17On fait juste 2-3 images et on ressort.
50:19Merci.
50:20Bonjour.
50:23Il y a du monde, hein ?
50:24Il y a du monde.
50:25Ce qu'il y a, c'est que je ne vais pas pouvoir dédicacer.
50:27On est discret.
50:29Tu sais où il est, là ?
50:29Là, regarde.
50:30Il y a mon nom, là-haut.
50:32Ah oui, d'accord.
50:33Ok, d'accord.
50:34C'est devant la...
50:34Devant la dame ?
50:35C'est devant la dame.
50:37Excusez-moi.
50:39Ah là là.
50:40Vas-y, mais je te laisse.
50:45Philippe.
50:45Plus, plus...
50:46Ok.