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  • il y a 3 heures
Un débat organisé sur l'Agora de la Fête de l'Humanité 2025 et animé par Cyprien Boganda. Avec Julien Di Furia, élu CGT au CSEC chez Sanofi, Mathieu Golinelli, secrétaire général de la CGT Renault Ile-de-France, Olivier Petitjean, cofondateur de l'Observatoire des multinationales, Cécile Cuckierman, présidente du groupe CRCE-K au Sénat

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Transcription
00:00On va s'attacher avec eux à comprendre le fonctionnement des multinationales,
00:03à documenter les ravages sociaux et environnementaux qu'elles provoquent,
00:06et puis surtout, on va essayer de réfléchir aux moyens de les contrôler.
00:10Est-ce qu'il faut les nationaliser ? Est-ce qu'il faut les sanctionner ?
00:13Est-ce qu'il ne faut pas carrément les démanteler ?
00:15Donc, voilà, on va discuter de tout ça avec Gaëtan Lecoq,
00:18qui est là. Bonjour Gaëtan.
00:21De la CGT d'ArcelorMittal.
00:23Julien Diffuria, élu CGT Sanofi.
00:26Bonjour les camarades.
00:27Cécile Kukerman, qui est sénatrice communiste,
00:30et Olivier Petitjean, qui est confondateur de l'Observatoire des multinationales.
00:34J'ai envie de poser ma première question à Gaëtan.
00:37Vous avez mené une lutte dont on a beaucoup parlé dans les colonnes de l'Humar,
00:41qui cristallise plein d'enjeux sur le plan social, environnemental, industriel.
00:45Vous vous battez contre une multinationale qui s'appelle ArcelorMittal,
00:48qui a décidé de supprimer plus de 600 postes en France.
00:51Est-ce que vous pouvez, pour commencer, nous raconter comment vous avez appris
00:54l'annonce de la direction ?
00:57Et puis, quelle a été votre réaction à ce moment-là ?
01:01Je vais essayer de vous faire un résumé pour être rapide,
01:04parce que le temps est court.
01:07En 2017, à peu près 2017, fin des 2020,
01:10on nous a annoncé des projets de décarbonation très ambitieux
01:14pour faire de l'acier vert.
01:16Ce qu'il faut savoir, c'est que nous, la CGT, on est pour l'acier vert, justement.
01:20On n'est pas là pour polluer par rapport à certaines organisations syndicales.
01:24Mais la seule exigence qu'on demande, c'est que la merde qu'on produit ailleurs,
01:29on ne la délocalise pas.
01:32Donc, voilà.
01:34Donc, au moins, les choses sont claires.
01:37Donc, à peu près les années 2020, il y avait des projets de décarbonation.
01:41En gros, c'était une nouvelle usine dans une ancienne usine.
01:44Voilà.
01:46Ce qui s'est passé, c'est qu'au fil de l'eau, tous les projets ont été abandonnés.
01:50Au fil de l'eau, ou bien mis dans les placards, tout ça.
01:53Parce qu'au début, on devait faire du carbone.
01:56Ah non, on devait transformer le carbone en bioéthanol.
02:00On devait recycler nos déchets dans nos fourneaux, tout ça.
02:03Parce que ce qu'il faut savoir, c'est que chez nous, on a le plus gros fourneau d'Europe.
02:06Le plus gros fourneau d'Europe, c'est la cocotte de l'Europe qui fabrique la fonte pour faire de
02:11l'acier.
02:12Donc, demain, si on appuie le haut fourneau numéro 4, on devient dépendant des pays comme le Brésil et l
02:19'Inde.
02:19Voilà.
02:20Donc, notre souveraineté nationale et européenne est perdue.
02:23Un exemple parmi tant d'autres.
02:25Donc, en juin 2024, la direction nous a annoncé que tous les projets de décarbonation étaient mis au placard.
02:32Nous avons été la seule et unique organisation syndicale à dénoncer cela.
02:37Je le dis clairement, la seule et unique organisation syndicale à dénoncer cela.
02:43Donc, on s'est dit, il faut qu'on s'organise avec les sous-traitants.
02:47Parce qu'il ne faut pas oublier les sous-traitants.
02:49Nous, on est 3200 emplois directs à Dunkerque.
02:52Au total, ArcelorMittal France, c'est 16200 emplois directs.
02:56Et au total, indirect, c'est 60 000 emplois.
02:59Donc, on s'est dit, il faut qu'on s'organise avec les sous-traitants.
03:02Donc, on a commencé à créer des collectifs CGT.
03:04Parce que les autres organisations syndicales sont à la boîte du patronat.
03:11Ça, c'est mon avis personnel.
03:12Je parle dans la métallurgie.
03:14Voilà.
03:14Donc, on a commencé à s'organiser.
03:17Et en septembre, le 20 septembre 20, c'était autour du 20 septembre 2024,
03:22on a commencé à lancer la première mobilisation
03:26pour avertir les salariés que l'épée de Damouclet, ça allait tomber.
03:31Au début, on est passé pour des cons.
03:33Je vais être clair avec vous.
03:34Au début, moi, j'ai rencontré les politiques.
03:37Vous aviez Bertrand, Marie Aunez.
03:38Ça, c'est très mal passé.
03:39Après, en face de lui, il y avait de l'acier.
03:41Lui, il travaille au conseil régional.
03:43On n'a peut-être pas la même façon de travailler.
03:45Voilà.
03:46Donc, ça s'est mal passé.
03:48Et au fil de l'eau, on s'est rendu compte que tout ce qu'on dénonçait,
03:53parce que nous, on le sent arrivé, les démissions des RH, tout ça,
03:56on le sent arrivé, et tout est en train de se mettre en place.
04:00Et on a voulu lancer un droit d'alerte économique.
04:04Mais le problème, c'est qu'on n'a pas la majorité en CSE centrale.
04:08C'est-à-dire que le CSE centrale regroupe le site de Mardik,
04:11c'est dans le nord, Dunkerque,
04:14Dave dans le Pas-de-Calais,
04:15Bassane du côté de Nantes,
04:18Montaterre, Florange,
04:20Mouzon, voilà, etc.,
04:21Saint-Denis, tout ça.
04:23Donc, on a voulu lancer un droit d'alerte économique.
04:26Ce droit d'alerte économique,
04:28les trois autres organisations syndicales ont freiné des quatre pieds.
04:32Des quatre pieds !
04:33Mais quand je dis des quatre pieds, on a galéré.
04:36Alors que, franchement, on est ultra majoritaire dans l'entreprise,
04:41mais on n'a pas 50%.
04:43Quatre mois de lutte acharnée.
04:46Au bout de quatre mois,
04:48j'arrive à obtenir,
04:49face au chantage,
04:51menace, même s'il ne faut pas le dire,
04:53j'arrive à obtenir
04:55leur signature.
04:57Que décide la direction ?
05:00Lancer le PSE.
05:01Le premier PSE.
05:03Pourquoi ?
05:03Parce que quand on lance le PSE,
05:05on bloque le droit d'alerte économique.
05:10Voilà.
05:10Donc, ils ont décidé de lancer le PSE.
05:13Ils bloquent le droit d'alerte économique.
05:14Donc, l'expertise pour savoir ce qui va se passer,
05:19va savoir l'avenir du site industriel de Dunkerque
05:21et des autres sites Arcelor en France,
05:23était bloquée.
05:24Donc, ils ont lancé le premier PSE.
05:27Donc, direct, nous, on s'est mobilisés,
05:30on a multiplié les meetings,
05:31on a fait des blocages,
05:33on a fait un premier mai exceptionnel sur le Dunkerque.
05:37On a réussi à mettre une pression sur le Tour de France
05:40et j'ai réussi à obtenir pas mal de choses
05:43et on a eu une belle image immédiatique.
05:45Mais après, moi, les médias, je m'en fous.
05:47Ce que je veux, c'est sauver mon usine
05:48et sauver nos usines.
05:51Donc, voilà où on en est actuellement.
05:53Ce qui s'est passé en début de semaine,
05:56c'est que FO, on a réussi à les sortir
05:58parce qu'on a réussi aux élections à les faire plier
06:01parce qu'ils n'obtiennent plus 10%.
06:03Donc, ils ne sont plus dans la cour pour négocier.
06:07La CFDT et CFE-CGC nous ont mis un coup de poignard dans le dos
06:11et a signé la première étape du PSE.
06:14La première étape du CFE.
06:17630 suppressions d'emplois à MF.
06:21630 suppressions d'emplois à MF.
06:25reconductives tous les 3 mois.
06:27C'est honteux.
06:28Moi, je vous le dis clairement, c'est honteux.
06:30C'est honteux.
06:31Je sais qu'en face de moi, je dois avoir des militants CFDT et FO.
06:34Mais vous savez, chez nous, c'est des corrompus.
06:36Voilà, moi, je vous le dis clairement.
06:37Moi, je n'ai pas honte de le dire.
06:39Chez nous, dans la métallurgie, c'est des corrompus.
06:42Ils ont signé la première étape pour entrer dans l'engrenage
06:45de la fin de l'acidurgie française.
06:48Parce que si demain, on n'a plus de hauts fourneaux à Dunkerque,
06:52on n'a plus de hauts fourneaux à Florange,
06:54l'ensemble des sites à froid de production, de finishing,
06:57c'est-à-dire c'est là qu'on finit le produit,
06:59l'ensemble des sites à froid vont tomber.
07:01Et ça, c'est une catastrophe industrielle.
07:05Donnez-moi une usine, une PME, une TPE
07:10qui ne consomme pas d'acier tous les jours.
07:13L'acier, c'est comme l'électricité.
07:16L'acier, c'est comme l'eau.
07:18Ça devrait être un bien commun.
07:19Et ça devrait être nationalisé.
07:23Et ça, ce n'est pas un gros mot.
07:25On l'a fait dans les années 80.
07:28On peut le faire dans les années 2020.
07:30Voilà, tout simplement.
07:32Alors justement, vous parlez de nationaliser, nationalisation.
07:36Vous portez un projet de nationalisation d'ArcelorMittal.
07:39Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment ça marcherait ?
07:41Et combien ça coûterait à l'État ?
07:43Alors, on a estimé, parce que moi, on a travaillé avec deux économistes,
07:46parce que les politiques, maintenant, j'ai tous leurs contacts,
07:50tous leurs numéros de téléphone.
07:51Mais en ce moment, je ne veux plus faire de photos avec eux,
07:53parce que c'est pour faire leur pub, parce que s'il y a une dissolution.
07:55Donc voilà, on a estimé qu'en gros, si on nationalise l'ensemble des entités d'ArcelorMittal en France,
08:06donc on somme 16 200 emplois, sans compter les emplois indirects,
08:11ça nous coûterait à peu près 1,5 2 milliards d'euros, à peu près,
08:16sans les projets de décarbonation.
08:18Donc il faut rajouter à peu près 2 milliards.
08:22Sur une tonne d'acier, ça représente 30 euros.
08:2630 euros, alors qu'aujourd'hui, on voit la tonne d'acier à peu près entre 8 et 1 000
08:30euros,
08:31et on est rentable à 500 euros.
08:35Donc c'est rentable.
08:36Mais le problème, c'est qu'on n'est pas dirigé par un industriel,
08:40parce que nous, on gagne de l'argent.
08:41C'est ça le truc, c'est que le PSE n'est pas justifié.
08:44On gagne de l'argent, mais en face de nous, ce n'est pas un industriel, c'est un banquier.
08:49C'est ça.
08:49C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est à peu près 50 euros la tonne,
08:54alors qu'on est au marché au plus bas, on a à peu près 50 euros de bénéfice,
08:57et lui, il vise, s'il délocalise en Inde, il vise 300 euros la tonne.
09:03Mais moi, je ne suis pas d'accord.
09:05Pourquoi licencier alors qu'on gagne de l'argent ?
09:07Moi, une entreprise qui ne gagne pas d'argent,
09:09on peut discuter pour essayer de réorganiser tout ça,
09:13mais une entreprise qui gagne de l'argent ne doit pas avoir de licenciement.
09:17Elle ne doit pas toucher des aides de l'État.
09:19On a 300 millions d'euros par an.
09:21Mais quelle honte !
09:22Mais c'est une honte totale.
09:23Mais je veux dire, il faut quand même être réaliste.
09:26On donne 300 millions d'euros pour quelqu'un qui se gaffe d'argent public,
09:30qui promet des projets.
09:32Il touche...
09:33Ce qu'il faut savoir, c'est que Mittal a touché 90 millions d'euros
09:36de financement de projets de pré-études pour ces projets de décarbonation.
09:41Mais il ne les fera pas ! Il ne les fera pas !
09:44Et les 90 millions d'euros, on va les réclamer ?
09:46Ben non, on ne peut pas !
09:47La législation ne me permet pas !
09:49Mais c'est une honte ! C'est une honte !
09:51Franchement, il y a un moment, on marche sur la tête.
09:54Moi, j'ai dit, s'il faut que Mittal dégage, il dégage.
09:58Nous, les techniciens, les cadres, les ingénieurs, les ouvriers,
10:03on les a dans nos usines qui dégagent, on nationalise,
10:07on fait de l'argent avec nos salariés et on nationalise !
10:12Tout simplement !
10:14Voilà !
10:15Alors, je vais me faire quand même un peu l'avocat du diable
10:18parce qu'on entend beaucoup la direction et avec elle,
10:20toute une partie de la presse économique nous expliquer
10:22qu'on ne peut plus faire d'acier en France,
10:24on ne peut plus faire d'acier en Europe
10:26parce que ce n'est pas assez rentable
10:27et parce que face à nous, on a les ogres chinois
10:30qui inondent le marché européen de produits pas chers.
10:33Qu'est-ce que vous pensez de cet argument-là ?
10:35Alors, l'argument, il est très simple.
10:37Moi, je vais vous répondre.
10:38On a su faire un Arbus européen.
10:42Pourquoi on ne ferait pas un Arbus de l'acier ?
10:45Tout simplement !
10:46Parce qu'il n'y a pas que ArcelorMittal qui est en difficulté.
10:49Il y a Thyssen Group, il y a Tata Steel.
10:51Pourquoi on ne crée pas un pôle de l'acier européen ?
10:55Parce que si demain, on n'a plus d'acier en Europe,
10:57on devient dépendant des Indiens, des Brésiliens, des Chinois.
11:00On voit ce qui se passe avec les Russes.
11:03Si demain, il y a un problème, un conflit diplomatique avec les Indiens ou les Brésiliens.
11:08Aujourd'hui, on est à peu près à 800, je vous l'ai dit, 800, 1000 euros la tonne.
11:13Demain, ils imposent un prix de marché à 1500, 2000, 3000 euros la tonne.
11:17Mais vous allez déstabiliser l'ensemble de l'industrie française.
11:21C'est pour ça qu'il faut créer un pôle public de l'industrie de l'acier européen.
11:28Et la réponse, elle est simple.
11:30Et elle n'est pas partagée que par moi.
11:32Je peux vous dire que Sophie Binet, qui était là précédemment, partage la même idée.
11:37Je peux vous dire que même des gants de droite me soufflent la même idée en coulisses.
11:43Alors, puisqu'on parle de responsable politique, Cécile Kukerman, vous avez porté au Sénat une proposition de loi pour nationaliser
11:51ArcelorMittal.
11:52Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi vous vous êtes impliquée dans ce combat ?
11:56Bonjour à toutes et à tous.
11:59Effectivement, nous avons déposé la proposition de loi de nationalisation d'ArcelorMittal.
12:05Et nous la mettrons en débat dans l'hémicycle du Sénat fin octobre.
12:09Et nous verrons d'ailleurs si tous ceux qui dans les couloirs la soutiennent viendront dans l'hémicycle la soutenir.
12:18Ce n'est pas là que tout se réglera, mais notre objectif est double.
12:22Tout d'abord, répondre à une demande sociale et poser, finalement, à travers le dépôt de cette proposition de loi,
12:29la question aujourd'hui qu'il y a eu avec le développement de ce qu'on appelle les multinationales dans
12:35notre pays.
12:36Finalement, un paradoxe, c'est-à-dire un capitalisme qui devient de plus en plus financier.
12:43Et c'était très bien rappelé, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce ne sont plus des industriels qui
12:47dirigent ces entreprises,
12:49mais simplement des financiers qui recherchent uniquement le profit.
12:54Et donc un État qui s'est désengagé, et donc de toute la stratégie industrielle,
12:58mais qui, dans le même temps, dépense et donne de plus en plus d'argent public à ces mêmes multinationales.
13:06Et je ne reviendrai pas sur le rapport initié par notre groupe et dont Fabien Guet était le rapporteur,
13:14mais qui, effectivement, démontre qu'on arrive aujourd'hui, comme tout le monde le disait,
13:19mais en tout cas, nous sommes aujourd'hui sur un chiffre qui est reconnu, des 211 milliards d'euros qui
13:24doivent être contrôlés.
13:26La question n'est pas de dire qu'il ne faut plus aucune aide.
13:29La question est de dire qu'il faut une aide.
13:32Mais quand il y a de l'argent public, d'abord, il doit y avoir un droit de regard.
13:36Et c'est ce que ne veulent pas, d'ailleurs, les multinationales.
13:38Elles veulent rester, finalement, en toute impunité et faire ce que bon leur semble.
13:44Il doit y avoir également des droits à la transparence.
13:48Et ce combat-là, et j'en finirai sur cela, ne pourra s'exempter de droits nouveaux pour les travailleurs
13:56et d'une nouvelle démocratie, j'oserais dire, dans notre société comme dans les entreprises.
14:02Alors, nous avons aujourd'hui des démocraties qui vont peut-être mal,
14:05mais la seule manière de sortir d'une crise, en politique, comme dans le monde économique,
14:11c'est justement de redonner du pouvoir à celles et à ceux qui doivent décider,
14:17et dans le cadre des entreprises, à celles et ceux qui travaillent et qui produisent,
14:21et qui donc produisent au service d'un intérêt général.
14:24Et je crois que c'est cet ensemble-là.
14:25C'est en tout cas le choix que nous avons fait la semaine dernière,
14:28au sein du groupe communiste au Sénat, de retenir cette proposition de loi
14:33et donc de l'inscrire, de porter publiquement ce débat-là.
14:37Et même si la question n'est pas de tendre des pièges,
14:42mais la question d'ArcelorMittal, aujourd'hui, tout le monde en parle.
14:47Eh bien, fin octobre, chacun prendra sa responsabilité et aura le vote qui sera le sien
14:54et permettra, ou non, à cette proposition de loi de continuer,
14:59de pouvoir, je l'espère, être examiné à l'Assemblée nationale.
15:03Justement, est-ce que ça vous semble jouable,
15:06au vu du rapport de force politique actuel à l'Assemblée et au Sénat,
15:10de faire voter un texte aussi ambitieux et en rupture avec tout ce qu'on fait depuis des années ?
15:14Est-ce que ce n'est pas un vœu pieux aujourd'hui de dire qu'on va réussir à faire
15:17passer une proposition de loi
15:18pour nationaliser ArcelorMittal ? Je parle de ça.
15:20Moi, je pense qu'en politique, il n'y a aucun vœu pieux.
15:23Il n'y a que des combats et d'abord, ceux qu'on ne mène pas ne sont jamais gagnés.
15:27Donc, ce combat-là, on va le mener.
15:30On va s'appuyer aussi sur les différentes mobilisations, sur les prises de position des uns et des autres.
15:36Mais vous savez, on ne peut pas continuer à être dans un pays où, finalement,
15:40aux dernières élections présidentielles, tout le monde disait qu'il fallait réindustrialiser la France
15:45et ne pas donner les moyens de la réindustrialisation.
15:48Donc, je crois que notre rôle...
15:50Après, moi, je ne suis pas Mme Soleil.
15:51Je ne sais pas comment cela se terminera.
15:54Moi, j'entends beaucoup qu'il va falloir travailler ensemble et trouver des compromis.
16:00Eh bien, dans les compromis, nous mettons sur la table celui-ci.
16:03Non pas parce que nous serions là pour se faire plaisir,
16:08mais parce que c'est une exigence, une exigence économique,
16:12une exigence de souveraineté, une exigence de production de main.
16:17Nous ne pouvons plus nous satisfaire.
16:19Et l'exemple d'Arcelor, derrière, c'est bien évidemment celui de toutes les multinationales,
16:24mais nous ne pouvons plus nous satisfaire que seuls quelques grands groupes
16:28mettent la pression, y compris, sur l'ensemble de notre tissu
16:31de petites et moyennes entreprises dans notre pays,
16:35les mettant, avec la sous-traitance, finalement, dans une forme de dépendance totale
16:39qui fragilise, finalement, l'ensemble des entreprises dans notre pays
16:44et donc, demain, l'ensemble des salariés.
16:46Donc, je crois qu'on ira jusqu'au bout.
16:48Je ne sais pas ce qui en sortira, mais en tout cas, nous ferons tout
16:52pour qu'il en sorte du positif.
16:56Je vous pose une question à tous les deux.
16:58Je continue à me faire un peu l'avocat du diable.
17:00En général, quand on parle de nationalisation,
17:03les libéraux nous répondent toujours à la même chose.
17:05C'est ça coûte cher.
17:06Et deuxièmement, pourquoi est-ce que l'État réussirait là où le marché échoue ?
17:10Et on cite toujours des exemples d'entreprises publiques
17:12qui ont un périclité, le Crédit Lyonnais ou d'autres.
17:15Juste sur la question de la faisabilité de cette nationalisation,
17:18mais je m'adresse aussi bien à vous, peut-être, qu'à Gaétan.
17:21Pourquoi est-ce que l'État réussirait là où le marché, entre guillemets,
17:24échoue aujourd'hui dans l'acier ?
17:27Une stabilité industrielle et économique, tout simplement.
17:31Parce que si demain, on n'a plus d'acier en France,
17:34on devient dépendant des autres pays
17:36et le marché ne sort pas contrôlé.
17:40C'est une stabilité économique.
17:41C'est comme EDF.
17:43Avoir un prix fixe, c'est comme le prix de l'eau.
17:46C'est une stabilité économique.
17:48Et je pense que, même si pour le moment,
17:51beaucoup de chefs d'entreprise n'ont pas pris position,
17:54mais je pense que ça les arrangerait quand même
17:56d'avoir un acier nationalisé français et européen
18:03pour assurer leurs dividendes.
18:06Même si je ne devrais pas le dire.
18:08Voilà.
18:10Mais moi, sur ce sujet, d'abord,
18:13je ne sais pas si c'est la nationalisation qui coûte cher.
18:15Ce que je sais, c'est qu'en tout cas, la privatisation,
18:17elle a coûté très cher.
18:19Et je redis, 211 milliards d'euros
18:22d'aides aux entreprises non contrôlées.
18:24Je rappelle simplement que la proposition du budget
18:28faite par François Bayrou quand il était encore Premier ministre,
18:31c'était une économie de 43 milliards d'euros.
18:33Donc, des marges, il y en a.
18:35Et ce qui coûte cher aujourd'hui,
18:37c'est justement cette situation-là.
18:39Deuxièmement, et je crois qu'il faut qu'on s'entende sur cela,
18:43la question n'est pas demain d'avoir une nationalisation
18:46avec un État centralisé qui déciderait d'en haut
18:50pour amener à certaines erreurs
18:52qu'on a vues dans les années 80 et 90 en termes de gestion.
18:57Si on nationalise pour rester dans un système
19:01de pure gestion capitaliste,
19:03privant, et je le redis,
19:05les travailleurs d'un droit à agir dans l'entreprise,
19:08on ne reçura pas.
19:09Donc, j'oserais dire que c'est une nouvelle forme aussi
19:12de nationalisation qui doit s'appuyer sur les savoir-faire,
19:16qui doit remettre de la démocratie
19:17à tous les étages de l'entreprise,
19:20qui doit reposer la question, y compris des coopérations
19:23à l'échelle européenne,
19:25et qui doit, parce qu'on l'a déjà dit,
19:28mais l'acier est au cœur du développement de nos industries,
19:32qui doit, y compris, repenser la place d'une entreprise
19:35que nous nationaliserions dans les mois à venir,
19:39avec l'ensemble, finalement, d'un secteur industriel.
19:42Mais si on ne prend pas ces décisions-là,
19:46je crois qu'il faudra que certains arrêtent
19:48de dire qu'ils veulent réindustrialiser notre pays.
19:52Parce que l'acier est indispensable,
19:55donc effectivement, que Mittal soit là ou pas,
19:58le besoin en acier, lui, il est toujours là.
20:01Et donc, on doit s'appuyer sur cette réalité
20:05qui fait que, si on décide et si on le construit
20:09avec intelligence, et je vais le dire ainsi,
20:12on peut demain mieux payer les salariés
20:14et en plus dégager des richesses nouvelles
20:16pour notre pays.
20:18Je trouve que finalement, c'est un beau projet
20:20et c'est celui-ci que nous allons défendre
20:21avec mes collègues.
20:23Merci.
20:24Gaëtan, je crois que vous vouliez ajouter quelque chose.
20:26J'ai deux points.
20:28Moi, vous savez, je n'y a pas de famille de riches.
20:31Mon père a été ouvrier,
20:33a été licencié en 2003 de la Syrie d'Isberg
20:37et qui a été muté à Dunkerque pour faire 50 kilomètres.
20:41À ce moment-là, ils ont touché 27 000 euros
20:44pour une mutation pour faire 50 kilomètres.
20:46Aujourd'hui, la CFDT, la CFECGC, en 2025,
20:49ils ont réussi à négocier 4 000 euros.
20:51Quelle victoire !
20:52Bon, bref.
20:53Donc, ce n'est pas pour ça que je vais intervenir.
20:56C'était une petite parenthèse.
20:58Mais moi, il y a une chose que je ne comprends pas
21:00et une chose que je répète à différents groupes politiques.
21:03Quand on met un euro d'argent public,
21:07un euro d'argent public dans une entreprise privée,
21:11moi, je suis désolé.
21:12Quand vous allez à la poste, à la banque postale
21:15pour acheter une action qui coûte 30 balles,
21:1750 balles ou 60 balles,
21:18vous obtenez une part de l'entreprise.
21:21Et pourquoi nous, on n'a pas de contrepartie
21:23quand les tomes sont 1 euro, 10 euros,
21:2610 millions, 100 millions, 300 millions d'euros ?
21:30Pour moi, ce n'est pas normal.
21:32On devrait avoir une contrepartie
21:34et donner un droit aux travailleurs
21:35sur le conseil d'administration
21:37et un droit de regard sur l'avenir de l'entreprise.
21:40Et aujourd'hui, on fait tout le contraire.
21:42On est en train de financer
21:43la fin de l'industrie française
21:46au détriment de l'avenir de la France
21:49et de l'Europe.
21:50Moi, je ne suis pas d'accord.
21:51Voilà, c'est ce que je voulais dire.
21:53C'est dit.
21:57Julien Diffuria,
21:58vous êtes élu syndical chez Sanofi,
22:01un de ces fleurons français
22:02que le monde nous envie.
22:03Et vous dénonciez depuis des années
22:05la stratégie de désinvestissement
22:06de ce groupe en France.
22:08Je crois qu'il y a beaucoup, beaucoup d'emplois
22:09qui ont disparu au cours des dernières années.
22:11Est-ce que vous pouvez nous parler de ça
22:12et nous dire très concrètement
22:13comment ça se traduit dans l'entreprise ?
22:16Alors, excusez-moi la voix.
22:19Désinvestissement,
22:19c'est désindustrialisation.
22:21Parce qu'on se rend compte que...
22:23Et pour revenir, on pourrait rebondir.
22:24Parce qu'on parle de Sanofi,
22:25on parle de biens publics.
22:27On se soigne tous.
22:29Comment on peut faire de l'argent
22:30avec, justement, des médicaments ?
22:32Il y a un moment donné,
22:33je pense qu'il faut savoir renverser la table.
22:35Je suis allé au CSE central.
22:37Je rejoins tous les propos
22:38de mon camarade d'Aslourmital.
22:41Parler des autres, ça ne sert à rien.
22:43Qu'on soit majoritaire et pas,
22:45il faut savoir où on va
22:46et après savoir leur tourne le coup.
22:47Parce que c'est que des travailleurs.
22:48C'est que des travailleurs, ces gens-là,
22:50qui sont au bout de la table.
22:51Il y a une subordination, tout ce qu'on veut.
22:53Le tutoiement, non.
22:55On est juste des salariés.
22:56La richesse, qui c'est qui l'a créé ?
22:58C'est nous-mêmes.
22:59Pas plus, on pourrait débattre
23:01pendant des heures avec le camarade
23:04et je le rejoins totalement.
23:06Parler des autres syndicats,
23:07moi, je n'en parle même pas.
23:08On travaille, on est là pour leur tourne le coup.
23:09et leur dire juste, regardez-nous en face
23:11parce qu'on n'est que représentant du personnel.
23:14Que représentant du personnel.
23:15Et après, la déstabilisation,
23:17ça nous fit des milliards de bénéfices.
23:198 milliards, 5 milliards.
23:20On n'a même plus la notion
23:21de ce que représente 1 milliard de bénéfices.
23:23Et donc, à un moment donné,
23:25pour moi, j'ai l'impression
23:26que c'est donner des perspectives aux travailleurs,
23:29leur donner encore envie
23:31et de croire que la richesse,
23:33sans patron,
23:34je le rejoins, je vous dis,
23:35on peut débattre pendant des moments,
23:37on n'a pas besoin de patron.
23:38On sait faire un patron,
23:41il n'arrivera jamais à avoir plus de bénéfices
23:43que nous en tournant des vannes.
23:44On est des producteurs
23:46parce que je travaille sur un site de production.
23:48Après, il y a toute la chaîne
23:49qui arrive jusqu'à la mise en forme galénique
23:50et qui va jusqu'aux médicaments qu'on prend, tous.
23:53Donc voilà.
23:55Et alors, on parle beaucoup d'aide publique.
23:57Sanofi, il faut le dire,
23:58il est subventionné deux fois finalement
23:59par les contribuables.
24:00Une première fois par la sécurité sociale,
24:02quand même,
24:02parce que les médicaments sont remboursés.
24:04Et puis une deuxième fois
24:05à travers notamment le crédit impôt recherche.
24:08C'est combien le montant du crédit impôt recherche ?
24:10Moi, j'ai 100 millions d'euros en tête par an.
24:11Ben, c'est 100 millions d'euros.
24:13Depuis, ça commence à faire,
24:14on est presque à plus de 200 millions d'euros.
24:17Mais après, comme on dit,
24:18je rejoins le camarade,
24:19200 millions d'euros,
24:20on a des licenciements
24:21quand on parle de désutilisation.
24:23Je travaille sur un chiffre de production.
24:25Sanofi, avant c'était en France,
24:26l'impact industriel qu'elle avait,
24:28c'était plus d'une vingt-centaine,
24:2925 sites.
24:30On n'en est plus qu'à une dizaine de sites
24:32qu'on parte de sites industriels
24:35jusqu'à la mise en forme galénique.
24:37On parle de désindustrialisation,
24:41de mondialisation.
24:42On est un groupe mondialisé.
24:44On est un groupe mondialisé,
24:45mais tout seul,
24:47on n'y arrivera pas.
24:48Et donc nous, après ce qu'on dit,
24:50c'est...
24:50Oui,
24:51Anceste ou Centrale,
24:52tout simplement,
24:53mes camarades,
24:54on demande crédit d'impôt recherche,
24:56aucun problème.
24:57Et à un moment donné,
24:57il faut pouvoir embaucher
24:58dans l'innovation,
24:59parce que le crédit d'impôt recherche,
25:00pourquoi ?
25:01Ça porte son nom pour la recherche,
25:02pour innover
25:03et pour aussi embaucher.
25:06Actuellement,
25:07quand on demande des comptes
25:08à notre patron,
25:09qu'est-ce qu'on nous dit ?
25:10On nous dit,
25:10mais c'est tous ces chiffres
25:12qui sont sur chaque site industriel,
25:15que représente Sanofi
25:17en France,
25:17on se rend compte
25:18que tout ça est remonté
25:19au niveau du groupe
25:20et qui sert à faire
25:21de plus en plus de bénéfices.
25:22Parce qu'in fine,
25:23c'est ça.
25:24Ce sont des voleurs,
25:25tout simplement.
25:25Il faut savoir dire les choses.
25:26La commission d'enquête
25:28qui a été faite,
25:28c'est magique,
25:30parce que la façon dont il est...
25:32Le travail qui a été fait,
25:33justement,
25:33par Fabien Gueye
25:34et par toutes les forces progressistes,
25:37si je peux me permettre de le dire,
25:38à un moment donné,
25:39on se rend compte
25:39que les réponses que vous avez,
25:41des grands patrons,
25:42c'est la réponse qu'on a en CSEC.
25:44Ils se foutent littéralement
25:45de notre gueule.
25:48Est-ce que vous avez peur
25:50que l'arrivée au pouvoir
25:51de Donald Trump,
25:52ça signifie une accélération,
25:54justement,
25:54de la désindustrialisation
25:55de Sanofi ?
25:56Parce que Trump,
25:57il a menacé
25:57l'industrie pharmaceutique
25:59en disant
25:59on va vous taxer
26:01de manière...
26:02Enfin,
26:02avec une taxe très importante
26:04dans l'espoir,
26:05justement,
26:05que les labos relocalisent
26:06leur production aux Etats-Unis.
26:08Donc,
26:08est-ce que vous n'avez pas peur
26:09qu'il y ait plein de laboratoires
26:10français,
26:10notamment comme Sanofi,
26:11mais en Europe,
26:12prennent prétexte,
26:13en fait,
26:13de cette nouvelle politique
26:14pour quitter la France,
26:15pour quitter l'Europe
26:16et aller investir massivement
26:17aux Etats-Unis ?
26:18Quitter la France,
26:18tout simplement,
26:20Sanofi,
26:21ça n'a plus que le nom français.
26:22Ça fait quelques années
26:23qu'on a...
26:24On les a eus,
26:25les grands patrons,
26:25les be-backers,
26:26sans les nommer,
26:27parce que je ne porte
26:27aucune importance
26:28à ces gens-là.
26:29À un moment donné,
26:29moi,
26:29comme je vous dis,
26:30je redescends sur Terre
26:31et je me dis,
26:32et avec des mots simples,
26:33mes camarades,
26:35le monde du travail,
26:36c'est nous tous,
26:36c'est vous,
26:37c'est nous,
26:38et parler des grands patrons,
26:40de se dire,
26:40ils ont déjà tout fait.
26:42Ils ont déjà tout fait.
26:44Partir à l'étranger,
26:45partir dans des pays,
26:46justement,
26:46où la main d'oeuvre,
26:47parce que c'est ça
26:47qu'ils nous disent.
26:48On coûte,
26:48on est des centres de coût.
26:50Comment une usine,
26:51comment nous-mêmes,
26:53en tant que travail,
26:54on leur coûte ?
26:54Qui c'est qui leur apporte
26:55de l'argent ?
26:56C'est nous.
26:56C'est bien ce qu'on veut dire.
26:57Donc,
26:58partir aux Etats-Unis,
26:59pour moi,
27:00c'est déjà fait.
27:00Donald Trump,
27:01mirror aux alouettes,
27:02c'est du vent pour nous.
27:04Parce que,
27:05se dire qu'ils vont aller
27:06aux Etats-Unis,
27:07etc.,
27:07mais ça fera quoi ?
27:09On ira chez Pfizer,
27:10qu'est-ce qu'ils ont fait ?
27:11Tous ces grands groupes,
27:12Merckx,
27:13les Suisses,
27:14etc.,
27:14etc.
27:14On se rend compte
27:15que l'un dans l'autre,
27:17on pourrait se dire,
27:18si demain,
27:19Sanofi n'est plus en France,
27:21qu'est-ce que ça fera ?
27:21Ça fera juste
27:22de la casse industrielle,
27:23et in fine,
27:24alors là,
27:25on va parler travailleurs,
27:26parce que c'est
27:27un emploi induit,
27:29pardon,
27:30excusez-moi des termes,
27:31c'est une suppression d'emplois,
27:32c'est 10 emplois induits.
27:33Pour joindre ton camarade,
27:35camarade,
27:35c'est l'histoire de dire,
27:36c'est les entreprises extérieures,
27:38c'est le boulanger du coin,
27:39c'est la femme du travailleur
27:40qui travaille,
27:41c'est les enfants,
27:41c'est les écoles.
27:43Accesseurment,
27:43on en est là.
27:45Ça, vous pensez que c'est...
27:47Pardon,
27:47et pour partir à l'étranger,
27:49nous, c'est déjà fait,
27:50on est des multinationales,
27:51ça porte son nom.
27:53Pour vous,
27:53c'est possible qu'un jour,
27:54il n'y ait plus de sites Sanofi en France,
27:55plus de salariés,
27:56plus de sites,
27:56rien du tout ?
27:57Actuellement,
27:58ça fait un an et demi,
28:00il y a eu la distribution
28:01qui a été léguée à DHL.
28:03Donc,
28:04on parle de groupes
28:05ou de sites américains,
28:08DHL a récupéré la distribution
28:10en France
28:11et sur certains sites.
28:13Après,
28:13des sites de production,
28:15Ami Productions
28:16qui faisaient
28:17tous les médicats
28:18qu'on connaît,
28:19Aspégique,
28:20Cardégique,
28:21c'est des produits
28:21qu'on connaît tous
28:22par rapport à nos enfants.
28:23Ça,
28:23c'est déjà sorti du groupe
28:25et donc,
28:26c'est céder.
28:27Après,
28:27et le dernier,
28:28Maison Alfort
28:29qui est en pleine manifestation
28:30actuellement,
28:31c'est 350 emplois
28:32qui sont menacés.
28:35Il y a des camarades
28:36qui sont là justement.
28:37Vous pouvez les croiser
28:37et tout,
28:38il suffit juste
28:39d'aller parler avec eux
28:39et de se rendre compte
28:40de ce que c'est.
28:41Et donc,
28:42au bout du bout,
28:43oui,
28:43on y est.
28:44On y est.
28:45Il ne reste plus que
28:454 sites de chimie.
28:484 sites de chimie,
28:49quand je dis 4 sites de chimie,
28:50c'est de production.
28:51Et pour vous expliquer,
28:52un médicament,
28:53c'est quoi ?
28:54La mise en forme
28:55galénique,
28:56c'est,
28:56on va sortir avant tout ça
28:58le principe actif.
28:58Le principe actif,
28:59c'est ce qui va vous soigner
29:00la tête,
29:01mes camarades.
29:02Dans un effet ralgan,
29:03vous prenez un effet ralgan,
29:04il fait 1 gramme.
29:05Ce qui va nous soigner,
29:06il va y en avoir 0,001 gramme.
29:09Et après,
29:10tout le reste,
29:10c'est excipient.
29:11Je vais vous le dire
29:11avec mes mots,
29:12du lait,
29:12de la farine.
29:13Avec des mots
29:14pour pouvoir comprendre.
29:16Et c'est 4 sites
29:18en France.
29:18Avant,
29:19il y en avait
29:19plus d'une dizaine,
29:20quinzaine,
29:21mais de ça,
29:21il y a 5 ans.
29:22Et les milliards de bénéfices,
29:24c'est toujours pareil,
29:25la seule,
29:28je pourrais dire,
29:29même pas de rentabilité,
29:30la seule façon de dire
29:31et le seul objectif
29:32qu'ils ont,
29:33ce n'est pas de faire
29:33plus d'argent.
29:34Parce que,
29:34comme je vous ai dit,
29:35des milliards de bénéfices.
29:37Et après,
29:38à un moment donné,
29:38crédit d'impôt recherche,
29:40c'est juste que les politiques,
29:42à un moment donné,
29:42peut-être qu'ils devraient
29:42retourner la table
29:44et pour pouvoir attraper
29:45ces gens-là
29:45et leur dire,
29:46mais vous nous devez
29:46des comptes.
29:47Parce que les commissions
29:48d'enquête,
29:48c'est bien beau,
29:49mais après,
29:49derrière,
29:49il y a quoi ?
29:50Et derrière tout ça,
29:51comme je vous le dis,
29:52qu'est-ce qu'on donne
29:53comme perspective
29:54aux travailleurs ?
29:54Mais travailleurs à nous tous.
29:57Le médicament,
29:58c'est un bien public.
30:00On se soigne,
30:00on a le budget
30:01de se soigner.
30:02Il y a création
30:02de la sécurité sociale,
30:04tout est lié.
30:06Je crois qu'il y a un sujet
30:07qui vous tient à cœur,
30:08c'est celui de la mondialisation
30:10des luttes.
30:11Comment est-ce qu'on se bagarre
30:12mondialement contre Sanofi ?
30:13Mondialement des luttes,
30:14c'est...
30:15Comment on peut dire ?
30:16Sanofi,
30:17mais comme les Copenna Stormital,
30:18on est des groupes mondialisés.
30:19En France,
30:20on peut retourner la table
30:21si les travailleurs
30:22ont la force
30:23de perdre un peu
30:26pour gagner plus après,
30:27parce que ça,
30:28c'est quand même les luttes,
30:28c'est la base de la lutte.
30:29Et comment mondialiser nos luttes ?
30:32Par des outils,
30:33la FSM,
30:34d'autres qui sont présents,
30:35et il y a un moment
30:36que je vous dis l'exemple.
30:37Sanofi,
30:38mettons,
30:39demain,
30:39moi je travaille à Cisteron,
30:40donc en Provence,
30:41mon site doit fermer.
30:42On est 650 salariés en grève
30:45pendant un an.
30:47Alors certes,
30:47on va s'épuiser,
30:48peut-être qu'on va y gagner
30:49certains acquis,
30:49on va gagner quelques...
30:50Encore,
30:51des acquis,
30:52on va essayer de les garder
30:53et on va gagner
30:53quelques emplois.
30:56Et si on arrivait
30:56à tous se coordonner,
30:58ça veut dire
30:59que les copains de Sanofi
31:00qui travaillent en Chine,
31:01parce qu'il y en a,
31:02les copains qui travaillent
31:03aux Etats-Unis,
31:04les copains,
31:05et au final,
31:05bout du bout,
31:06c'est juste se coordonner.
31:07Et si tout le groupe,
31:08donc par des moyens simples,
31:10c'est-à-dire un coup de téléphone
31:11chaque syndicat,
31:13et bien sûr,
31:13alors la CGT,
31:14comme je vous dis,
31:14je ne parle pas des autres,
31:15on va parler...
31:16Peut-être qu'on aura
31:17un peu plus de poids.
31:18Un peu plus de poids
31:19de se dire,
31:19ben oui,
31:20on va arriver à les mettre
31:20à la table
31:21et d'essayer de renverser
31:22cette table.
31:27Olivier Petit-Jean,
31:30je rappelle,
31:31puisque je ne l'ai pas dit
31:32en introduction,
31:33que vous avez co-dirigé
31:34un ouvrage collectif
31:35qui s'intitule
31:35« Multinationale,
31:36une histoire du monde contemporain »
31:40auquel j'ai contribué,
31:42et ce n'est pas pour ça
31:43que c'est un très bon livre,
31:45mais c'est quand même,
31:45je pense,
31:45un ouvrage qui fera date
31:46très clairement.
31:48Vous avez beaucoup travaillé
31:50en tant que journaliste,
31:50enquêteur,
31:51sur la question des aides publiques
31:52aux entreprises.
31:54Or, on a deux multinationales ici,
31:56enfin en tout cas,
31:56des salariés de ces multinationales
31:58qui ont touché
31:58beaucoup,
31:58beaucoup d'argent,
31:59alors même qu'elles réduisent
32:01leur empreinte industrielle,
32:02comme on dit publiquement en France,
32:03c'est-à-dire qu'elles suppriment
32:04des emplois.
32:05Les aides publiques,
32:06je le rappelle,
32:06c'est 200 milliards d'euros par an,
32:08c'est deux fois et demi
32:08le budget de l'éducation nationale,
32:10et pourtant,
32:11on a énormément de mal
32:12à savoir qui touche quoi
32:13et qui fait quoi
32:13avec cet argent.
32:14Est-ce que, pour vous,
32:16est-ce qu'il est urgent
32:16de faire la transparence
32:17sur ces aides ?
32:18Oui, la transparence,
32:19c'est une première étape.
32:21Je pense qu'effectivement,
32:22il y a eu le travail
32:23de la commission sénatoriale
32:24auquel on a contribué aussi
32:26lors des auditions
32:27pour donner un chiffre.
32:28Là, on a 211 milliards,
32:30et je rappelle que ces 211 milliards,
32:31c'est ce qui vient
32:32de l'État au niveau national.
32:33Ensuite, il y a les aides
32:34des régions,
32:34il y a les aides de l'Europe.
32:36C'est un petit bout.
32:38Et ensuite, il y a l'autre côté
32:40qui est les baisses d'impôts
32:40sur les entreprises,
32:42la baisse du taux de l'impôt
32:43sur les sociétés,
32:43la baisse de l'impôt
32:44sur le capital,
32:45la baisse des impôts
32:46de production.
32:46Donc tout ça va ensemble.
32:47C'est toute une politique
32:49qui existe depuis assez longtemps,
32:51mais qui a été vraiment
32:53accélérée, radicalisée
32:54depuis qu'Emmanuel Macron
32:55est au pouvoir,
32:55qui est un transfert d'argent
32:57à la fin au niveau
32:59de la charge d'impôt
33:00qui passe de plus en plus
33:00sur les ménages,
33:01les gens comme vous et moi,
33:02et de moins en moins
33:03sur les entreprises,
33:03et des dépenses publiques
33:06qui vont de plus en plus
33:07pour aider les entreprises
33:08et de moins en moins
33:09pour les services publics
33:10qui en ont besoin,
33:11l'école, la santé, etc.
33:13Donc c'est vraiment
33:13un mouvement de fond.
33:14Et donc la première étape,
33:15c'est évidemment la transparence
33:17parce qu'on en est au point
33:18que le pouvoir exécutif,
33:21depuis longtemps,
33:21s'est demandé depuis longtemps
33:22à toujours refuser Bercy,
33:24le gouvernement a toujours
33:25refusé la transparence.
33:26Donc maintenant,
33:26le Sénat porte cette question
33:28de la transparence.
33:29Ensuite, il y a la deuxième étape
33:30qui est les conditions.
33:32C'est-à-dire qu'on donne
33:32des aides, de plus en plus
33:34les aides qu'on crée aujourd'hui,
33:36elles sont créées
33:38pour des objectifs
33:39de politique publique.
33:40On crée des aides
33:41pour préserver l'emploi,
33:42en théorie.
33:43On crée des aides
33:43pour verdir, décarboner
33:45l'économie.
33:46Mais ce n'est pas contrôlé.
33:47Ce qui fait que,
33:49voilà, maintenant,
33:50la deuxième étape,
33:50c'est contrôler
33:52de faire en sorte
33:52que ça serve vraiment à ça.
33:54Et la dernière étape,
33:55c'est effectivement
33:56éviter que cet argent
33:58soit siphonné.
33:59Et parce que c'est ce qu'on voit
34:00aujourd'hui avec l'exemple
34:01d'ArcelorMittal,
34:01de Sanofi,
34:02c'est qu'on a de l'argent
34:03où, au mieux,
34:05si on a un peu de chance,
34:06ils vont effectivement
34:07essayer de ne pas trop
34:07supprimer d'emploi,
34:08mais tout en gardant 50%
34:09pour le verser aux actionnaires.
34:11Et au pire,
34:12en fait,
34:12ils gardent juste l'argent
34:12et ils sont bons.
34:13Et donc,
34:14on a tout un système
34:15qui, voilà,
34:16à revoir de fond en comble.
34:18Et faire en sorte
34:19que cet argent,
34:20c'est pas tellement...
34:20Si on finançait les...
34:21Oui, c'est un point important,
34:23c'est que cet argent,
34:23il sert aux multinationales.
34:24Le sujet,
34:25c'est les multinationales.
34:26Quand on regarde
34:26où va vraiment l'argent
34:27des aides publiques,
34:28c'est pas aux petites entreprises
34:29locales ou très peu.
34:30C'est vraiment aux grands groupes
34:31parce qu'ils ont les moyens
34:32de crédit impôt recherche.
34:34C'est les grands groupes.
34:35Voilà.
34:36Donc c'est vraiment
34:36faire en sorte
34:37que cet argent,
34:37à la limite,
34:38si on versait 211 milliards
34:40et que ça servait
34:40à ce que tout le monde
34:42ait un emploi bien payé
34:43et qu'on ait une économie
34:44qui émène moins
34:45de gaz à effet de serre,
34:45on serait content.
34:46C'est pas ça pour le problème,
34:47c'est que ça sert pas du tout.
34:49Et comment est-ce qu'on fait
34:50quand on est journaliste
34:51pour enquêter justement
34:52sur les aides publiques ?
34:53C'est très compliqué.
34:54En fait,
34:54il y a très peu de chiffres publics.
34:56Voilà.
34:56C'est ce qu'on a dit.
34:58C'est ce qu'a constaté
34:59à nouveau le Sénat.
35:00Et c'était au point
35:00que même les représentants
35:02de certains grands patrons
35:04auditionnés disaient
35:04« Mais oui, vous avez raison,
35:05ça devrait être transparent. »
35:06Bon, avec beaucoup
35:07d'hypocrisie, je pense.
35:08Donc il y a vraiment
35:09une opacité organisée
35:11et donc le fait
35:12de ces missions impossibles.
35:14Donc depuis longtemps,
35:16des journalistes,
35:17des syndicats,
35:18d'autres acteurs
35:20ont essayé
35:21d'obtenir des chiffres
35:21et voilà,
35:22ça reste une lutte
35:24de tous les instants.
35:25Qu'est-ce qu'ils ont à cacher ?
35:26Pourquoi est-ce que
35:27ces chiffres
35:28ne sont pas rendus publics ?
35:28Parce que je pense
35:29que ce qu'ils ont à cacher,
35:30c'est le petit secret
35:33du vrai système
35:34dans lequel on vit.
35:35On n'arrête pas de nous dire
35:35« On dépense trop d'argent
35:37pour les services publics,
35:38on dépense trop d'argent
35:39pour les retraites,
35:40on dépense trop d'argent
35:41pour la sécurité sociale.
35:42La vérité,
35:43c'est que cet argent,
35:44il va,
35:45voilà,
35:46en grande partie,
35:47cet argent va dans
35:48les poches
35:48des grandes entreprises
35:50et c'est de plus en plus vrai.
35:51Parce que,
35:54comme j'ai dit,
35:54c'est un mouvement
35:55qu'on voit depuis
35:5610 ans,
35:5720 ans, 30 ans,
35:57mais ça s'est vraiment
35:58accéléré avec le Covid.
36:00C'était un moment clé
36:01où on a vu
36:02non seulement des aides massives
36:03qui se sont accélérées,
36:04mais en plus,
36:05ce qui était clé,
36:05c'est que c'est aussi
36:06le moment où
36:06les grandes multinationales,
36:08les patrons,
36:08ont acté le principe
36:10avec l'assentiment
36:10d'Emmanuel Macron,
36:11Bruno Le Maire
36:11qu'ils pouvaient en faire
36:12ce qu'ils voulaient.
36:14Il y a un moment
36:14qui m'a frappé,
36:15c'est en juin 2020,
36:16donc juste après
36:17la première vague,
36:17on annonce des aides
36:18pour Renault,
36:19paf,
36:20deux jours après,
36:21plan de suppression d'emploi,
36:22on annonce des aides
36:22pour Sanofi
36:24deux jours après
36:25et c'était pas un hasard,
36:26c'était vraiment un message
36:27qu'a adressé le patronat
36:29pour dire,
36:29voilà,
36:30on prend ses aides
36:31mais on fait ce qu'on veut,
36:31il y a hors de question
36:33qu'on soit engagé
36:35ou quoi que ce soit,
36:35à rester en France,
36:37à garder les emplois,
36:38etc.
36:39Donc c'est vraiment,
36:40quand on part reprendre le pouvoir,
36:41là c'est un moment
36:41où le pouvoir politique
36:43a accepté,
36:44justement,
36:44a dit,
36:45a cédé le pouvoir.
36:46C'est un des moments,
36:47il y en a eu beaucoup évidemment,
36:48mais c'est un des moments
36:49où même de manière symbolique,
36:51Macron,
36:51le maire,
36:52on dit,
36:52voilà,
36:52voilà tout cet argent public,
36:54et ben oui,
36:54on accepte,
36:55on ne vous contrôle pas
36:56ce qui revient
36:56à leur cédé le pouvoir.
36:58Vous avez beaucoup travaillé
37:00justement sur le fameux
37:01quoi qu'il en coûte.
37:02Il y a eu énormément d'aides
37:03qui ont été distribuées
37:04pendant la période du Covid
37:05et on ne sait absolument pas
37:06ce que cet argent est devenu.
37:08On le sait en partie.
37:10Ensuite,
37:11il y a eu,
37:11avec le plan de France,
37:12il y a des effets,
37:14on annonce tant de milliards
37:15sous prétexte de réindustrialiser,
37:17etc.
37:17En fait,
37:18entre ce qui part
37:19dans les poches des consultants,
37:21ce qui part
37:21dans des petites start-up
37:22qui ne donnent rien,
37:23etc.
37:24Il n'y a pas de planification.
37:27En fait,
37:27la politique de...
37:28On nous parle,
37:29le gouvernement nous parle
37:30depuis des années
37:31de réindustrialisation.
37:32En fait,
37:32quand on voit
37:32comment c'est fait,
37:33c'est fait pour favoriser
37:35les insiders,
37:36les gens qui sont
37:37un peu dans les salles.
37:37Donc soit c'est des start-up
37:38qui connaissent bien
37:39un truc,
37:39qui vont avoir de l'argent
37:41et puis après vont se faire
37:42racheter par un grand groupe.
37:43Mais ça sert très peu
37:44à une stratégie coordonnée
37:45parce que le vrai...
37:46La direction des entreprises,
37:48comme ça a été dit,
37:48elle n'est pas dans les mains
37:49du gouvernement.
37:50Donc ils sont un peu
37:50au mieux dans une situation
37:52qui est bandée
37:52en disant aussi
37:53vous voulez bien rester,
37:53vous voulez bien faire ça.
37:54et les multinationales
37:58comme Arcelor,
37:59mais aussi les constructeurs
38:00automobiles et autres.
38:01Aujourd'hui,
38:01on est dans un monde
38:02où elles vont voir
38:03chaque gouvernement,
38:04elles vont voir les Etats-Unis,
38:05elles vont voir la France,
38:06l'Allemagne.
38:07On dit,
38:07on veut bien installer
38:09cette usine,
38:09garder cette usine,
38:10étendre cette usine,
38:10mais voilà,
38:11combien vous nous donnez ?
38:12Et ils vont faire leur marché
38:13pour voir...
38:15Et ils choisissent en général
38:17beaucoup les Etats-Unis
38:18parce qu'il y a beaucoup
38:18d'argent, etc.
38:19Et en fait,
38:20malgré tous les grands discours
38:21d'Emmanuel Macron,
38:22ils choisissent très peu
38:23la France.
38:24C'est du chantage à l'emploi
38:25finalement ce qu'ils font.
38:26Oui, c'est clairement
38:26du chantage à l'emploi.
38:28Les multinationales,
38:29elles ont conquis
38:29des pans entiers de nos vies,
38:31c'est ce que vous démontrez
38:31dans le livre.
38:33Tout le monde se nourrit,
38:34se chauffe,
38:34se soigne grâce
38:35à des multinationales.
38:36Et pour autant,
38:37vous dites, vous,
38:38on pourrait faire sans.
38:40Pourquoi est-ce qu'il faudrait,
38:41selon vous,
38:41pourquoi est-ce qu'il faudrait,
38:42selon vous,
38:42se débarrasser des multinationales
38:43aujourd'hui ?
38:44Aujourd'hui,
38:46les multinationales,
38:47c'est des machines,
38:48pour moi,
38:48c'est des machines
38:49à ponctionner de l'argent
38:50au détriment des travailleurs,
38:52mais aussi des consommateurs.
38:53On l'a vu avec l'inflation.
38:54Ils ont augmenté les prix
38:56beaucoup plus
38:56que l'augmentation de leurs coûts.
39:00Donc c'est vraiment des machines
39:00qui sont constituées
39:01pour prendre de l'argent.
39:03Et leur obéxion,
39:04c'est ça.
39:04Que ce soit dans le secteur
39:05de la santé,
39:06du médicament,
39:06que ce soit dans le secteur
39:07de la sidérurgie,
39:08bien d'autres,
39:09aujourd'hui,
39:09le métier de base
39:10des multinationales,
39:10c'est de faire de l'argent
39:11pour les actionnaires
39:12et les patrons.
39:15sont devenues aussi puissantes.
39:16Il y a plusieurs raisons.
39:17Il y a eu effectivement
39:19le fait qu'on ait
39:20une économie mondialisée.
39:21Donc on a des groupes
39:22de plus en plus mondialisés
39:23qui peuvent dire
39:24« Ah ben là,
39:25le travail coûte trop cher,
39:26donc vous allez là, etc. »
39:27On a aussi une économie
39:28de plus en plus concentrée.
39:30C'est-à-dire qu'on a des géants
39:31sous prétexte de créer
39:32des champions nationaux
39:34et Sanofi,
39:34c'est un bon exemple.
39:35On va créer un champion national,
39:37on va encourager tous les labos
39:38à se réunir, etc.
39:40Sauf que, manque de bol,
39:41après, les dirigeants
39:42de cette entreprise
39:42qui restent une entreprise
39:43privée et pas publique,
39:44ils peuvent décider de partir
39:45ou de revendre à un autre, etc.
39:48Et souvent,
39:49on a vu les grandes fusions
39:50de ces dernières années,
39:51Alcatel, Nokia,
39:52Lafarge, Olcim, etc.
39:54Le prétexte était
39:55« On va créer quelque chose
39:55d'encore plus grand. »
39:57Les nouveaux actionnaires,
39:58ils ont dit
39:58« On s'en va de France, etc. »
40:00Donc il y a eu ce processus.
40:02Et la dernière chose
40:03qui rend les multinationales
40:05suffisantes,
40:05c'est la privatisation.
40:06Il y a beaucoup
40:07de multinationales aujourd'hui.
40:08En fait,
40:08c'est des anciennes entreprises
40:09publiques
40:11qui sont devenues
40:12des multinationales.
40:12Donc c'est un peu
40:13notre bien commun
40:14qui a été cédé au privé.
40:17Pardon,
40:17j'ai oublié
40:18la base de la question.
40:19C'est pour ça
40:20qu'elles sont devenues
40:20aussi puissantes.
40:21Et oui,
40:21je pense qu'effectivement,
40:23et ça a été dit,
40:24on n'a pas besoin
40:25de gérer notre économie,
40:27de produire des médicaments
40:28dans un système
40:29où tout est fait
40:30pour que l'argent
40:30remonte aux actionnaires.
40:32Évidemment,
40:32c'est une évidence
40:33qu'on pourrait faire autrement.
40:35Et donc la question,
40:36c'est de reconstruire
40:37un système économique
40:38qui, justement,
40:40évite cet effet de ponction.
40:42Et ça passe par,
40:42pour moi,
40:43effectivement,
40:43la nationalisation,
40:44c'est une des manières
40:45dont on peut faire ça.
40:46Mais il y a d'autres manières.
40:49Relocaliser l'économie.
40:50Oui.
40:51Effectivement,
40:52je pense qu'on est tous
40:53d'accord ici
40:53sur le fait
40:54qu'il faut se débarrasser
40:54de ces multinationales-là.
40:56Aujourd'hui,
40:56leur utilité sociale,
40:57elle est quand même
40:57très très faible
40:58en regard de tous les ravages
40:59qu'elles provoquent.
41:01Mais la question qui se pose,
41:02c'est comment est-ce qu'on fait
41:02pour s'en débarrasser ?
41:03Alors,
41:04je vous pose la question à vous.
41:05Est-ce qu'il faut les sanctionner ?
41:06Est-ce qu'il faut les encadrer ?
41:08Est-ce qu'il faut carrément
41:08les démanteler ?
41:10Qu'est-ce qui est possible,
41:11selon vous,
41:12aujourd'hui ?
41:13Pour moi,
41:14il n'y a pas de solution unique.
41:15Selon les cas,
41:16effectivement,
41:16on est face à des industries
41:19des biens communs,
41:21critiques,
41:21pour le fonctionnement
41:22de l'économie,
41:23ou des entreprises
41:24tellement nuisibles,
41:25tellement grosses,
41:26qu'ont tel pouvoir de nuisance.
41:27Effectivement,
41:27la question de la nationalisation,
41:28elle se pose.
41:29Dans d'autres cas,
41:31on parle beaucoup
41:32de la question du démantèlement,
41:35notamment vis-à-vis des gens
41:36du web aujourd'hui,
41:37parce que c'est remonté.
41:38Il y a une tradition historique
41:39qu'on n'a pas trop en France,
41:40en Europe.
41:41Quand on a des entreprises
41:42trop grosses,
41:43on va les démanteler.
41:44C'est fait aux Etats-Unis
41:45avec la Standard Oil
41:46il y a 100 ans.
41:47Et ils proposent aujourd'hui
41:48de le faire vis-à-vis
41:50de Google,
41:51Amazon, etc.
41:53Donc ça peut être à réfléchir,
41:54mais on sait qu'aux Etats-Unis,
41:55le démantèlement,
41:56tant qu'on peut diviser
41:58une entreprise
41:59en plusieurs entreprises,
42:00mais tant qu'on ne change pas
42:01le logiciel de base
42:02avec des actionnaires,
42:03on fait du profit,
42:04ça ne va pas changer grand-chose.
42:05Et c'est pour ça qu'en France,
42:07la réponse à des entreprises
42:08trop grosses,
42:09c'était,
42:09et en Europe d'ailleurs,
42:10la nationalisation,
42:11c'est une des raisons
42:12pour lesquelles on a nationalisé
42:13certaines industries
42:14à la libération.
42:15C'est parce qu'on avait
42:15des entreprises trop grosses,
42:17trop puissantes,
42:17et qu'on savait,
42:18et qui avaient montré
42:19pendant la Deuxième Guerre mondiale
42:20qu'elles étaient prêtes
42:21à collaborer avec l'ennemi.
42:22Donc c'est une manière de faire.
42:26Ce qui fait qu'une lunette
42:27multinationale est puissante,
42:28c'est parce qu'elles sont
42:28trop grosses, trop puissantes,
42:29donc oui, nationalisation,
42:30mais c'est aussi les règles du jeu
42:32qui aujourd'hui sont faites
42:33pour favoriser les multinationales.
42:34Quand on parle traité de commerce
42:36avec les Etats-Unis,
42:37le Canada, le Mercosur,
42:39qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
42:40Ça veut dire qu'on ouvre
42:41les frontières
42:42et on fait en sorte
42:43que des gros groupes internationaux,
42:45et ça vaut pour les règles
42:46de l'Union européenne aussi,
42:47évidemment,
42:47des gros groupes internationaux,
42:49elles peuvent arriver
42:50et tout écraser sur le passage.
42:51Au mieux,
42:52les petites entreprises nationales,
42:53locales qui existaient,
42:54elles vont se faire racheter,
42:55elles vont devenir sous-traitantes,
42:56etc.
42:57Et au pire,
42:58elles vont disparaître
42:59au profit de grosses multinationales
43:01qui vont s'accaparer
43:0280% du marché.
43:06Vous avez donné l'exemple,
43:09j'aimerais qu'on revienne
43:09un tout petit peu dessus,
43:10de Standard Oil,
43:13parce que c'est quand même
43:13quelque chose qu'il faut rappeler,
43:15c'est en 1911,
43:16je crois,
43:16c'est la Cour suprême
43:16des Etats-Unis,
43:18qui a imposé
43:19le démantèlement
43:20de Standard Oil,
43:21qui était donc cet empire
43:21de Rockefeller,
43:24pour vous,
43:25en tout cas,
43:25d'après ce que vous dites,
43:25ce n'est pas suffisant
43:26aujourd'hui de démanteler,
43:27même si on faisait
43:28ce qu'a fait la Cour suprême
43:29à l'époque,
43:29ça ne suffirait pas
43:30à régler le problème.
43:32On retient surtout
43:33la Standard Oil,
43:34en fait,
43:34c'est un exemple emblomatique
43:35parce que c'était
43:36la plus grosse multinationale
43:37du monde à l'époque,
43:38c'était Rockefeller,
43:39le pétrole,
43:39etc.
43:40Mais c'est vrai
43:40que quand on voit concrètement,
43:42ils ont divisé
43:42la Standard Oil
43:43en 34 ou 36 entreprises.
43:4536, je crois,
43:46entreprises,
43:47dont ExxonMobil,
43:47je crois qu'ExxonMobil
43:48aujourd'hui,
43:49vient de ça.
43:49Et donc,
43:50sur une base régionale,
43:51c'est un peu comme
43:52si on disait
43:52on va diviser Sanofi
43:53en Sanofi région Sud,
43:56Sanofi le de France,
43:57Sanofi nord.
43:58Comme j'ai dit,
43:59tant qu'on ne change pas
44:00les règles du jeu,
44:01ça ne change rien
44:02et puis ça peut même,
44:03dans certains cas,
44:04selon l'industrie,
44:04créer des inefficiencies,
44:06etc.
44:07Donc,
44:07l'idée...
44:10On retient beaucoup
44:11cet exemple,
44:11mais il y a eu
44:12d'autres choses intéressantes
44:13dans cette tradition
44:14plus américaine
44:14qu'on connaît moins en France
44:15de l'antitrust,
44:16c'est des fois,
44:17ils vont obliger
44:18les entreprises.
44:19La démantélance,
44:20c'est juste une option
44:20parmi d'autres.
44:21Des fois,
44:21ils ont obligé
44:22certaines entreprises
44:22à partager leurs brevets.
44:25Donc,
44:25on sait que
44:26dans le médicament,
44:27un des ressorts,
44:28le modèle de Sanofi
44:29aujourd'hui,
44:29c'est mettre la main
44:30sur des brevets
44:31dont ils espèrent
44:31qu'après,
44:32ça va engranger des milliards
44:33parce que pendant 20 ans,
44:3530 ans,
44:35ils auront le monopole absolu
44:36sur un truc crucial.
44:38C'est ce qu'on avait
44:39avec le Covid,
44:40même si ce n'est pas Sanofi
44:41qui a eu les vaccins
44:42les plus réussis.
44:43Mais voilà,
44:44on a vu Pfizer
44:44qui a engrangé des milliards
44:45parce qu'ils avaient
44:46la propriété intellectuelle
44:47de quelque chose
44:47qui avait été financé
44:48en grande partie
44:49par l'argent public,
44:50etc.
44:51Et bien voilà,
44:51une des options
44:52dans cette tradition
44:53de l'intérêt,
44:54c'est aussi,
44:54on les force
44:55à partager les brevets
44:56et donc de dire,
44:57voilà,
44:57le vaccin pour le Covid,
44:58on aurait pu forcer
44:59Pfizer ou d'autres
45:00à ce que ça puisse
45:02être réutilisé par d'autres
45:02et produit par d'autres.
45:03Et à partir du moment
45:04où dans certains secteurs
45:05vraiment cette question
45:06de la propriété intellectuelle
45:07par exemple,
45:08le brevet c'est crucial,
45:09on les force,
45:10on lève ce droit de monopole
45:11qu'ils ont sur le brevet,
45:12c'est une manière
45:13de rouvrir le jeu justement
45:14et de réduire le pouvoir
45:15des multinationales.
45:17Je vais vous demander,
45:18en fait on arrive quasiment
45:19en termes de ce débat,
45:19je vais vous demander
45:20quand même à chacun
45:20un petit mot de la fin
45:22pour me dire aussi
45:22ce que vous gardez
45:23de ce qu'on vient
45:24de se raconter
45:24depuis tout à l'heure.
45:26Cécile Kuckerman ?
45:27Non mais je crois
45:28et en tout cas
45:29c'est ce qu'il faut
45:29que chacun retienne.
45:31la question n'est pas
45:33d'être pour ou contre
45:34l'entreprise.
45:35La notion même
45:36de la multinationale
45:37et je crois qu'à travers
45:38nos différentes interventions
45:41démontre que c'est
45:43un style particulier
45:45et que finalement
45:47la multinationale
45:48elle met la mainmise
45:50sur un secteur d'activité
45:53juteux.
45:54Donc c'est d'ailleurs
45:55pour ça que l'argument
45:56du ça coûte trop cher
45:59et ça rapporterait pas
46:00ne tient pas
46:00parce que
46:02le principe même
46:03des multinationales
46:06c'est de s'occuper
46:07des secteurs
46:07qui rapportent
46:09parce que leur objectif
46:10premier
46:11et tu viens de le rappeler
46:12c'est justement
46:13de capter
46:14les richesses
46:15et les financements
46:16pour alimenter
46:18l'ensemble
46:19des actionnaires.
46:20Donc après
46:21comment on en sort ?
46:23On en sortira
46:23de différentes manières
46:24et il n'y a pas
46:25une seule solution
46:27qui serait
46:28l'alpha et l'oméga
46:29de tout.
46:30On a parlé de nationalisation
46:32on a parlé
46:32de démantèlement
46:33et je le redis
46:35non pas que ce soit
46:36une marotte
46:36mais parce que c'est aussi
46:37une des clés
46:38parce que nous avons
46:39connu en France
46:40des nationalisations
46:42qui n'ont pas été
46:44jusqu'au bout
46:46dans la capacité
46:47de redonner
46:48du pouvoir
46:49à leurs salariés.
46:50Il ne s'agit pas
46:51simplement
46:52de décréter
46:54il faut
46:55à travers cela
46:56et la bataille
46:56d'Arcelor
46:57en est un exemple
46:59c'est-à-dire que
46:59c'est de poser
46:59la nationalisation
47:00mais pour poser
47:01aussi de main
47:02la capacité
47:04à ce que
47:05chacun
47:05chaque citoyen
47:07finalement
47:07chaque travailleur
47:08se réapproprie
47:10cet enjeu
47:11du débat
47:12industriel
47:13de la création
47:13des richesses
47:14et donc
47:14de l'utilité
47:16des richesses
47:17au service
47:18de qui ?
47:18Je crois
47:19que c'est peut-être
47:20un peu
47:21simple à énumérer
47:22compliqué
47:23à faire vivre
47:24au quotidien
47:25mais en tout cas
47:26je vous le disais
47:27je crois que c'est quand même
47:27un beau programme
47:28pour l'avenir
47:30et que les forces progressistes
47:31nous ne pouvons
47:32que nous retrouver
47:33dans celui-ci.
47:41Moi pour conclure
47:44je vais coordonner
47:45des chiffres
47:46donc si demain
47:47parce que comme c'est parti là
47:48si on n'arrive pas
47:49à avoir un projet
47:49de nationalisation
47:50totale ou partielle
47:51en 2029
47:52ArcelorMittal
47:53Dunkerque
47:53ne sera plus là
47:553200 salariés
47:56nos cousins
47:57qui se trouvent
47:58à peu près
48:003 kilomètres
48:00avant le Doiseau
48:01c'est 600 emplois directs
48:03donc si demain
48:06ArcelorMittal
48:07n'existe plus
48:07dans le Dunkerquois
48:08c'est l'ensemble
48:10du nord de la France
48:11qui va être impacté
48:12ça sera
48:12le Dunkerquois
48:14le Calaisy
48:14le Domarois
48:15parce que moi
48:16à titre personnel
48:17j'habite à Saint-Omer
48:1838 kilomètres
48:19tous les matins
48:20pour aller à l'usine
48:2138 kilomètres
48:22pour revenir
48:24on a estimé
48:25que c'était une perte
48:25entre 10 et 20 000 emplois
48:28demain
48:29nos services publics
48:30ils vont fonctionner
48:30comment
48:31dans le Dunkerquois
48:32s'il n'y a plus
48:34d'entreprise privée
48:35parce que ce qu'il faut savoir
48:36c'est que Arcelor
48:37fait vivre aussi
48:38beaucoup de sous-traitants
48:40et beaucoup d'usines
48:40aussi à côté de chez nous
48:41des cas 6
48:42c'est Engie
48:43ils récupèrent notre gaz
48:44pour fabriquer
48:45de l'électricité
48:46l'Imbre
48:47il y a peut-être
48:48des personnes du Pas-de-Calais
48:49qui connaissent peut-être
48:50l'Imbre
48:51ils récupèrent
48:52nos déchets
48:52des hauts fourneaux
48:53pour faire du ciment
48:54c'est 300 salariés
48:56tous les midis
48:57vous allez à Grande-Synthe
48:58vous allez manger
48:59à Buffalo
49:00vous allez à Crocodile
49:01vous allez à Pizza Pie
49:03ou à Flunch
49:04ou à McDo
49:05même si McDo
49:06c'est aussi cher
49:07que les autres
49:07bref
49:09vous avez là-bas
49:10les trois quarts
49:10des personnes
49:11qui mangent la bosse
49:12c'est des personnes
49:13qui dépendent directement
49:14ou indirectement
49:15d'ArcelorMittal
49:15demain
49:16des cabus
49:17que monsieur Vergritte
49:19notre ancien ministre du logement
49:21qui a vanté
49:22que c'était
49:24des transports gratuits
49:25en commun
49:26pour l'ensemble
49:27de la population
49:30du Dunkerque
49:30si demain
49:31nous ArcelorOtom
49:32c'est 3 millions d'euros
49:33en moins
49:33pour les caisses
49:34de la communauté urbaine
49:35demain
49:36si ArcelorMittal
49:37Dunkerque tombe
49:38c'est les chauffages urbains
49:39qui vont tomber
49:40les chauffages collectifs
49:41qui vont tomber
49:42donc demain
49:44si ArcelorMittal
49:45Dunkerque tombe
49:45est-ce qu'il y a encore
49:46des médecins
49:47qui vont vouloir
49:47venir s'implanter
49:48dans un désert
49:50industriel
49:51et une catastrophe
49:53sociale
49:53économique
49:54donc voilà
49:55je veux dire
49:57il faut sauver
49:58nos industries
49:58notre industrie
49:59fait vivre notre pays
50:00fait vivre
50:01nos services publics
50:03et nous fait vivre
50:04pour l'avenir
50:05tout simplement
50:06merci à vous
50:06merci beaucoup
50:14Julien
50:15dernier mot
50:17comme je vous dis
50:18on avait tellement à dire
50:19pour la CGT
50:20ce qu'elle porte
50:21au sein de Sanofi
50:22c'est justement
50:23la CGT Sanofi
50:24bien sûr
50:24c'est créer le pôle public
50:25du médicament
50:26la santé est un bien public
50:27mes camarades
50:29comme je vous disais
50:29donc après
50:30on peut en débattre
50:31et on peut y avoir des sujets
50:32c'est simplement
50:33récutionner le moyen industriel
50:35l'industrie elle est à nous
50:36tout simplement
50:37et après
50:38il ne faut pas oublier
50:39quand même
50:39parce que sur
50:40sur la fête de l'UMA
50:41vous certainement
50:42vous re
50:441336 pardon
50:46tout simplement
50:46créer des scopes
50:48créer des skips
50:48ce qui a été proposé
50:50une scope
50:50c'est nous
50:51tout à chacun
50:51un salarié
50:52le patron l'enlève
50:53et chaque salarié
50:54va mettre au pot commun
50:56et comment on arrive
50:57à faire tourner
50:57si eux ils arrivent
50:58à faire tourner l'industrie
50:59à capter de l'argent
51:01et je ne vous parle pas
51:01de l'argent public
51:02parce que l'argent public
51:03il y a un moment donné
51:03pourquoi leur donner
51:04du moment où on fait
51:05des milliards de bénéfices
51:06je vous parle bien
51:07des milliards de bénéfices
51:08l'Etat
51:10ça ne sert à rien
51:11de leur donner encore
51:11des subventions
51:13pourquoi leur donner
51:13ils en font déjà
51:14ils n'en ont pas besoin
51:15parce que justement
51:16derrière
51:17ça licencie des salariés
51:18et ça ferme des boîtes
51:20voilà
51:20que dire de plus
51:21mais 1336
51:22le T
51:231336 jours de grève
51:24ils sont arrivés
51:25à récupérer
51:26leur outil industriel
51:28ils ont fait des jours
51:29de lutte
51:29et l'outil industriel
51:31mais à un moment
51:31c'est tourne le cou
51:32au patron
51:33dégage
51:33et moi je vais te faire
51:34tourner ta boîte
51:35avec l'intelligence
51:36collective
51:36de tout travailleur
51:39ce sera le mot de la fin
51:40merci beaucoup
51:41à nos invités
51:42merci beaucoup
51:43à vous tous et à toutes
51:44d'avoir assisté à ce débat
51:45merci à tous
51:45merci à tous

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