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  • il y a 20 heures
Avec Sébastien Delavou, porte-parole de la CGT SDIS, Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, Florence Habets, hydrogéologue et Philippe Rio, maire PCF de Grigny. Animé par Marion d'Allard.

La Fête de l’Humanité sera, cette année encore, le lieu pour débattre librement et en toute franchise. Et parce que le peuple de gauche a besoin de perspectives mobilisatrices.

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Transcription
00:18Bonjour à tous, merci d'avoir patienté 2-3 minutes qu'on puisse s'installer.
00:23Bienvenue à l'agora de l'humanité.
00:26Alors nous l'avons constaté cet été, tous, en bas de chez nous, sur notre lieu de vacances, en regardant
00:32les informations.
00:33Les événements météorologiques extrêmes se multiplient partout dans le monde et la France n'a pas été épargnée.
00:39Mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, canicule tardive en France, des records de chaleur qui sont tombés mi
00:44-septembre,
00:45jamais vus dans l'histoire de notre pays, inondations meurtrières en Grèce, en Libye très récemment,
00:50des feux de forêt gigantesques ont ravagé les forêts canadiennes, Hawaï.
00:55Nous le savons, les scientifiques le répètent, à longueur de rapports du GIEC, ces phénomènes tendent à s'intensifier et
01:02à redoubler en fréquence.
01:03Nous savons aussi que la baisse drastique des émissions globales de CO2 dans l'atmosphère peut enrayer la machine infernale
01:09du réchauffement climatique
01:10et ses conséquences humaines et environnementales.
01:14Mais une fois qu'il est là, une fois qu'ils sont là, ces effets du réchauffement climatique,
01:18quand les nappes phréatiques sont à sec, que les forêts brûlent, que le ciel se déchaîne et que les populations
01:23étouffent de chaleur,
01:24comment s'adapter ?
01:25Et c'est à cette question, pas facile, à laquelle nous allons nous attaquer maintenant
01:29et j'ai le grand plaisir d'accueillir, pour y répondre, Florence Abetz,
01:34hydroclimatologue, directrice de recherche au CNRS et professeur attaché à l'école normale supérieure.
01:40Bonsoir.
01:41Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie.
01:45Non, alors non.
01:47S'il vous plaît, on respecte le débat, sinon ça ne sert à rien de débattre.
01:51Philippe Riau, maire de Grigny, vice-président de Grand Paris Sud en charge du cycle de l'eau.
01:57Et Sébastien Delavoux, à ma droite, pompier, porte-parole de la CGT des SDIS.
02:06Et pour commencer nos échanges, pour introduire ce débat, je vais me tourner vers vous, Florence Abetz.
02:11Le niveau des nappes phréatiques en France a atteint cette année la cote d'alerte.
02:15Dans un climat qui se réchauffe, la ressource en eau se raréfie,
02:19favorisée aussi par nos modes de vie, de consommation, notre agriculture, l'artificialisation de nos sols.
02:25Vous appeliez très récemment dans la presse à modifier profondément notre trajectoire. Comment ?
02:30Oui, alors effectivement, c'est un constat.
02:33Donc le cycle de l'eau est perturbé par le changement climatique
02:36et c'est aggravé par les impacts humains qui modifient l'écoulement naturel et qui prélèvent beaucoup d'eau.
02:43Donc ça, c'est un fait.
02:44Et comme vous l'avez dit, le changement climatique par lui-même augmente les extrêmes,
02:49qui soit en cru, là, comme on a vu malheureusement les drames, notamment en Libye,
02:53mais aussi les sécheresses qui, du coup, conduisent à des incendies incroyables.
02:58Et ça, effectivement, ça ne va que s'accentuer si on continue notre trajectoire actuelle.
03:04Il n'y a aucun doute, en fait.
03:06Cette année, c'est une année qui, finalement, a été moins pire que ça aurait pu être,
03:13puisque vous vous rappelez que l'année dernière a été une année très sèche et que l'hiver a été
03:17très sec.
03:17Et finalement, on a quand même eu un petit peu de pluie le long de l'année.
03:21Donc on a finalement eu une sécheresse qui a duré une année à peu près.
03:26Mais il faut bien voir qu'en gros, on va gagner, malheureusement, c'est une forme d'expression qui n
03:31'est pas très bonne,
03:32on va gagner presque deux ans de sécheresse consécutive par demi-degré de réchauffement climatique.
03:39Donc vous imaginez ce que ça va être.
03:41C'est-à-dire qu'un monde à trois degrés, c'est neuf ans de sécheresse qu'on attend sur
03:45l'Europe en continu.
03:47Neuf ans de sécheresse, honnêtement, je pense qu'on ne pourra jamais s'adapter.
03:50Le rapport du GIEC le dit, c'est pas un envie, c'est des conditions qui sont telles que l
03:56'adaptation sera impossible sur l'eau en Europe.
03:58On parle là de l'Europe qui est quand même un milieu déjà relativement privilégié sur la ressource en eau,
04:03donc imaginez les autres régions du monde.
04:05Donc vraiment, je veux dire, c'est pas idéologique.
04:10En fait, on n'a pas d'autre choix que de changer de trajectoire.
04:13Alors comment faire ? C'est vrai que c'est une bonne question, mais ça commence quand même par arrêter
04:18d'émettre des gaz à effet de serre.
04:22Donc ça, c'est un vrai point de départ.
04:26Et puis ensuite, effectivement, c'est réduire nos consommations.
04:28Et puis c'est peut-être mieux respecter le cycle naturel de l'eau, c'est-à-dire permettre à
04:32l'eau de s'écouler en passant notamment par les sols et par les nappes,
04:36ce qui est quand même quelque chose que nous avons grandement perturbé en accélérant finalement le cycle de l'eau
04:42via l'anthropisation.
04:44Merci beaucoup, Florence Abet.
04:50Alors Sébastien Delavoue, on le sait, un sol sec, c'est aussi un des déclencheurs des feux de forêt avec
04:56le vent.
04:57Vous, vous êtes en première ligne pour les combattre, ces incendies de forêt.
05:00Et régulièrement, chaque année, ça a été le cas l'année dernière où les incendies ont été très puissants en
05:07France.
05:07Régulièrement, vous en appelez à plus de moyens.
05:10De quoi sur le terrain vous avez besoin au niveau des forces de pompiers pour combattre ces incendies ?
05:18Effectivement, alors qu'on constate que les risques sont plus élevés concernant les forêts,
05:25on a été capable dans le même temps de supprimer 1 000 camions dédiés à la lutte contre le feu
05:30de forêt.
05:31Donc après l'été dramatique qu'on a eu l'année dernière,
05:33le président de la République a très fortement dit « on va acheter 1 000 camions ».
05:38C'est bien, mais il ne fallait pas supprimer en fait les 1 000 qu'on va remplacer.
05:43Ça veut dire aussi qu'une fois qu'on a les camions,
05:46il faut quand même du personnel formé et disponible pour pouvoir l'armer.
05:49Et puis il y a la question de la ressource en eau.
05:51Parce que quand on intervient par exemple sur des feux localisés gigantesques,
05:58eh bien on arrive parfois à vider quasiment le réseau hydrique,
06:01c'est-à-dire à vider les châteaux d'eau.
06:04Parce qu'on utile le feu le plus souvent avec de l'eau potable.
06:09Sinon il faut de l'eau surface.
06:11Les Canadaires utilisent de l'eau qui est à disposition dans les étangs.
06:15Mais sinon on va se brancher sur les poteaux.
06:18Et ça c'est l'eau potable.
06:20Ça veut dire que plus il y a de feu, plus on va utiliser d'eau potable.
06:23Or en ce moment on voit la tension sur la ressource.
06:26Et si on prend l'exemple de Mayotte, qui a des problèmes d'eau au robinet,
06:31parce qu'il repose essentiellement sur l'eau de pluie,
06:35avec un doublement de la population sur les dix dernières années,
06:39qu'est-ce qui se serait passé s'il y avait eu un gros feu au milieu de l'île
06:43?
06:44On soldait l'eau potable pour éteindre le feu ?
06:47Ou on laissait brûler ?
06:49Et aujourd'hui le laisser brûler, c'est maintenant dans la doctrine,
06:53mais il n'y a pas d'outil.
06:54C'est-à-dire que c'est le pompier qui est sur place,
06:56pour un feu de voiture avec propagation ou sans propagation,
07:00qui va devoir seul, en fonction de son expérience et de la pifométrie,
07:05pour laisser brûler ou pas.
07:06On a besoin en fait que les pompiers y fassent aussi une réflexion
07:10sur l'utilisation de l'eau, sur le laisser brûler.
07:14Et aujourd'hui c'est souvent poussé par la nécessité
07:17que les pompiers entament un travail sur leur pratique.
07:21Ça veut dire que vous vous en appelez pour résumer.
07:23Globalement, est-ce que les pompiers s'adaptent aussi à cette nouvelle donne
07:26et qu'à l'échelle nationale, il y a un changement de protocole
07:28sur l'extinction des feux ?
07:30Oui, alors il n'y aura pas une alternative totale à l'eau,
07:34mais les quelques alternatives qui existent,
07:37le laisser brûler, des bâches pour éteindre les feux de voiture
07:40plutôt que d'utiliser de l'eau,
07:43des lances qui consomment moins d'eau aussi,
07:44il y en a quelques-unes qui existent,
07:46mais c'est des industriels qui les créent
07:48et les pompiers qui courent un peu derrière.
07:50Ça veut dire que les pompiers, ils doivent prendre leur part,
07:53ils sont une composante de la société,
07:55et c'est pas parce qu'ils ne payent pas l'eau
07:56qu'ils n'ont pas à se soucier de l'utilisation de la ressource.
08:00Merci beaucoup Sébastien.
08:02À l'échelle d'une région,
08:04on va le voir aussi à l'échelle d'une municipalité,
08:07les politiques peuvent engager aussi
08:08des politiques publiques d'adaptation de leur territoire
08:11aux effets du réchauffement climatique.
08:13Carole Delga, l'Occitanie n'a pas du tout été épargnée
08:15par les effets du réchauffement climatique.
08:17Sècheresse, Feu de forêt l'année dernière,
08:18on vient de les évoquer.
08:20Qu'est-ce que vous, vous avez mis en place
08:21en tant que présidente de région
08:23pour adapter votre territoire aux effets du réchauffement ?
08:26Alors bonjour à toutes et bonjour à tous.
08:28et à celles et ceux qui m'eusent,
08:30je leur propose à 18h de venir sur le stand de l'Occitanie
08:33parce que quand on a des désaccords,
08:34c'est mieux d'en parler en face à face.
08:37Donc nous agissons,
08:38nous agissons à l'Occitanie.
08:41Voilà, c'est là le stand.
08:42Voilà, 18h, 18h15, j'y serai.
08:45Donc nous agissons,
08:47nous agissons parce que nous sommes en France
08:50les premières victimes du réchauffement climatique
08:52de par le territoire qui est vraiment très soumis
08:57à la sécheresse par manque d'eau,
09:00avec donc des incendies qui sont très nombreux,
09:03avec aussi un territoire qui a le plus
09:08d'incidents climatiques violents.
09:10C'est par exemple les orages sévenoles
09:13qui malheureusement risquent d'être là des dimanches.
09:17Donc nous avons l'obligation d'agir
09:20de façon très forte,
09:23mais dans un esprit de responsabilisation
09:26de nos concitoyens
09:27et certainement pas en créant une psychose.
09:30Parce que moi, je pense que c'est par le volontarisme,
09:33c'est par la prise de conscience
09:35qu'on peut faire changer les pratiques
09:38sur notre territoire.
09:40Alors on a voté un plan haut
09:42avec ma majorité régionale,
09:44donc là au mois de juin,
09:46et avec 5 grands axes.
09:48Le 1er axe, c'est économiser.
09:49C'est-à-dire de dire à tous les citoyens,
09:52à tous les acteurs,
09:53il faut commencer à économiser chacun
09:55dans nos maisons, dans nos entreprises,
09:58dans nos pratiques professionnelles,
10:00comme cela a été dit.
10:03Ensuite, il est aussi nécessaire de réutiliser.
10:07Et là, au niveau, je suis présidente aussi
10:10de l'Association des régions de France,
10:11nous demandons, tous les présidents de régions,
10:14à ce qu'en France, il y ait une adaptation
10:16de la réglementation pour l'utilisation des eaux usées
10:19qui est beaucoup plus contraignante en France
10:21que dans d'autres pays.
10:24Ensuite, il y a un 3e axe, c'est conserver.
10:27Et donc, c'est en Occitanie,
10:29le développement des zones humides,
10:31parce que nous savons qu'en développant
10:33les zones humides, ce sont des zones tampons
10:36de stockage qui évitent que l'eau coure,
10:39qu'elle s'écoule de façon trop forte.
10:42Ensuite, le 4e axe, c'est mailler.
10:45Ça veut dire qu'il faut mailler les réseaux,
10:48que là, il y a des solutions techniques
10:50qui permettent d'optimiser l'utilisation de l'eau
10:54dans différents secteurs en fonction des saisons.
10:58Et puis, après, le dernier axe, c'est stocker,
11:02parce que dans certains territoires,
11:05nous n'avons pas le choix que de devoir créer
11:08des petites retenues collinaires.
11:10Ça n'a rien à voir avec les bassines,
11:12parce que nous avons clairement un déficit hydrique
11:17très, très fort.
11:18Et je pense en particulier au département
11:19des Pyrénées-Orientales,
11:21mais sur une région de 6 millions d'habitants
11:24de 13 départements,
11:26les solutions doivent être adaptées
11:28en fonction des réalités.
11:30Et il y a des départements,
11:33par exemple, du Massif central,
11:35où la question du stockage ne se pose pas.
11:38Et on est plus sur la question
11:41du maintien des zones humides
11:43et même de l'agrandissement de ces sujets-là.
11:46Et puis, je pense, en effet,
11:48comme cela a été dit,
11:49il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
11:53Et on agit prioritairement en Occitanie,
11:57parce que c'est aussi la compétence des régions,
11:59sur la question des transports collectifs.
12:02Et nous avons le train le moins cher de France.
12:06Et nous avons donc décidé que pour les 12-26 ans,
12:12à partir du 1er janvier,
12:14c'est la gratuité et du train et des cars
12:19pour les territoires où il n'y a pas de solution ferroviaire.
12:22Parce que nous voulons qu'il y ait
12:24les transports en commun gratuits
12:26dans 97 jours à Montpellier,
12:29à l'échelle d'une métropole.
12:31Là aussi, ça va être la gratuité
12:33des transports en commun.
12:35Nous devons agir massivement
12:37sur cette question des transports collectifs.
12:40Et puis, il y a toute la question du bâtiment.
12:43Et là, nous devons, déjà dans nos écoles,
12:46nous aidons les communes à renaturer,
12:49à casser le bitume des cours de récréation.
12:53Il y a donc des subventions de la région.
12:55Également, des subventions de la région
12:57pour la rénovation, en particulier la rénovation énergétique.
13:01Et puis, également, produire plus d'énergie renouvelable.
13:05C'est pourquoi nous sommes la région la plus engagée
13:08sur la question de l'éolien flottant
13:11au large de la Méditerranée.
13:13Et puis, également, la question du photovoltaïque.
13:19Et puis, développer aussi le sujet de l'hydroélectricité.
13:22On doit vraiment, au niveau national,
13:26avoir une position tout à fait différente
13:28de l'inclinaison européenne
13:30sur la privatisation de l'hydroélectricité.
13:33Nous avons besoin d'avoir cette énergie de l'hydroélectricité,
13:37qu'elle reste publique absolument.
13:40Merci beaucoup, Carole Delga.
13:42Avant de passer, juste la parole à Philippe Riau.
13:45Je vous voyais Florence Abetz faire des petits signes
13:48pendant que Carole Delga prenait la parole
13:50sur la question des retenues collinaires
13:52ou même des méga-bassines,
13:53même si elles n'ont pas été là à évoquer,
13:55mais on sait que c'est dans l'actualité.
13:56Est-ce que ces retenues d'eau,
13:58quel que soit l'usage qu'on en fait après,
13:59sont ce qu'on pourrait appeler de la maladaptation ?
14:03En fait, vous voyez, en région,
14:06dans les Pyrénées-Orientales,
14:07quand il n'y a pas de pluie l'hiver,
14:08de toute façon, vos retenues, elles ne se remplissent pas.
14:10Et c'est bien le problème, en fait.
14:12On va vers des sécheresses de plus en plus longues.
14:14Donc ça veut dire que cette solution
14:16qui est toujours mise en avant,
14:17elle va être pas si efficace que ça.
14:20Et il faut bien se rendre compte des impacts que ça a.
14:23En fait, on sous-estime,
14:24mais il ne faut pas oublier que l'eau,
14:27c'est pas quelque chose qui est là pour les humains.
14:29C'est une composante majeure de la biodiversité.
14:32Et quand nous, on stocke de l'eau pour notre usage,
14:36finalement, elle n'est pas accessible aux autres vivants.
14:40Et ça, c'est vraiment quand même important.
14:41Aujourd'hui, on n'est pas que sur une crise changement climatique,
14:44on est aussi sur une crise de la biodiversité.
14:47Voilà, ça, c'est quand même quelque chose d'important.
14:50Un, c'est pas forcément parce qu'on a des réservoirs
14:52qui vont se remplir,
14:53et on a malheureusement plein d'éléments qui le montrent,
14:57y compris dans l'actualité.
14:58Et d'autre part, ça a quand même des impacts importants.
15:00Et donc, c'est pour ça que le changement de trajectoire,
15:02c'est-à-dire agir différemment,
15:07avoir des pratiques différentes...
15:10Vous avez cité le transport,
15:11mais il y a tout un tas de choses
15:12que l'on doit fortement modifier dans notre trajectoire
15:14pour être de nouveau compatibles
15:16aux ressources qui sont disponibles,
15:19tout en en laissant évidemment aux autres formes de vivants.
15:22Merci beaucoup.
15:23On reviendra après sur les solutions à mettre en place
15:25à l'échelle nationale.
15:27Philippe Riot, la sécheresse, le conflit d'usage de l'eau,
15:31c'est pas qu'à l'échelle des territoires agricoles,
15:34ça se joue aussi dans les espaces urbains, denses.
15:38À l'échelle de la ville de Grigny,
15:40et avec Grand Paris Sud, je m'en rappelle plus,
15:44qu'est-ce que vous mettez en place
15:45pour cette question de la gestion de l'eau
15:48et un partage juste ?
15:49Peut-être quelques préalables
15:51aux réponses à la question précise que vous formulez.
15:58Le GIEC considère que 50% des solutions
16:03viendront des territoires.
16:06Et donc, dans ces territoires,
16:07il y a effectivement une commune,
16:09un département, une région,
16:10et puis un système national
16:13qui permet d'agir ou de ne pas agir,
16:17ou parfois de mal agir.
16:19Et donc, moi, je dirais pas,
16:21selon une formule anglaise consacrée,
16:24smelly is beautiful,
16:25c'est-à-dire, les petites villes,
16:27c'est bien ce qu'on fait, on a besoin,
16:29comme les poupées russes,
16:31d'avoir un cadre national performant,
16:34d'avoir une région qui agit,
16:35d'avoir un département,
16:36d'avoir des intercommunalités,
16:37et il faut qu'il y ait un alignement des planètes.
16:40Et ça, c'est la première remarque.
16:44Deuxième remarque, fondamentalement,
16:46face aux enjeux qui sont devant nous,
16:48le sujet, c'est quel statut de l'eau dans notre pays ?
16:52L'eau doit être un bien commun
16:54sorti du service marchand.
16:56Ce n'est plus possible.
17:00Je le rappelle,
17:01il y a deux ans,
17:02la bourse de Chicago,
17:04pour la première fois,
17:06utilise l'eau comme outil de spéculation
17:08sur les sécheresses en Californie.
17:11Et donc, nous sommes à un moment crucial.
17:14Soit nous gagnons une eau sortie du service marchand,
17:17soit nous sommes au coeur de ce conflit
17:21que l'humanité a toujours connu,
17:23mais qui, là, s'accélère par la financiarisation,
17:26et j'irai même plus loin.
17:28Vous n'êtes pas sans savoir
17:30qu'il y a des grands mouvements capitalistiques,
17:32y compris dans les deux géants français,
17:35Suez et Veolia,
17:36qui se rachètent
17:37et qui sont aujourd'hui détenus par des fonds de pension.
17:40Et donc, je crois que le statut de l'eau
17:43bien commun de l'humanité
17:44qui a été rappelé au mois de mars dernier
17:48à l'ONU,
17:50ça faisait 40 ans que l'ONU
17:52ne s'était pas réunie sur l'eau.
17:55Et face aux défis qui sont les nôtres,
17:58aux défis de l'humanité,
18:00et bien, effectivement, ce combat
18:01des collectivités locales,
18:03des mouvements citoyens,
18:05des mouvements sociaux sur une eau publique,
18:08sorti du service marchand,
18:11est quelque chose que nous devons gagner.
18:13Pour faire quoi ?
18:14Et je vais tenter de répondre
18:15ce que peut faire aujourd'hui
18:17une collectivité locale
18:18dans un territoire francilien,
18:20le territoire dans lequel je suis,
18:22c'est pas l'Occitanie,
18:23et pourtant,
18:26il y a des incendies l'été
18:27dans les champs de blé,
18:29dans le sud d'Essonne,
18:30il y a la forêt de Fontainebleau
18:32qui n'est pas très loin,
18:33sur lesquelles il y a énormément de dangers,
18:35et donc 3 sujets.
18:37Sur l'eau potable,
18:39nous buvons de l'eau de Seine, ici.
18:42En 2050, le niveau de la Seine
18:45va baisser de 30% avec le réchauffement climatique.
18:48Comment on anticipe la gestion de l'eau,
18:51la gestion des fuites ?
18:52Et j'ai entendu le ministre de la Transition écologique
18:55aujourd'hui dire que, franchement,
18:57les élus locaux gèrent mal les choses.
19:00De vous à moi,
19:01lorsque j'ai vu à l'ONU,
19:03puisque j'ai eu la chance d'être à New York
19:05avec quelques élus locaux,
19:07lorsque j'ai vu
19:09le ministre de la Transition écologique
19:11entouré des 2 majeurs français de l'eau
19:14et du lobby privé de l'eau,
19:17ça ne m'étonne pas qu'aujourd'hui,
19:18ils disent que ce sont les élus locaux
19:20qui sont les plus grands gaspilleurs de la planète.
19:23Non, ce ne sont pas les élus locaux.
19:25Nous manquons de moyens
19:27pour réparer,
19:28parce qu'il n'y a pas de stratégie française
19:30qui nous permette de faire la chasse aux fuites
19:34dans les tuyaux,
19:35qui est de toute façon payée par les consommateurs.
19:37Et je peux vous assurer que le lobby privé
19:39est bien content que l'on paye des fuites.
19:43Voilà.
19:44Deuxième sujet,
19:46l'industrie, nos territoires
19:47sont aussi des territoires d'industrie.
19:49Et les grands consommateurs d'eau
19:50doivent être réinterrogés.
19:54Dans ma ville,
19:55il y a un...
19:56On n'a pas le droit de dire des noms de pubs d'entreprises.
19:59Si vous pouvez, Coca-Cola.
20:00Oui, j'ai dit Veolia et Suez.
20:03Donc, sur mon territoire,
20:04il y a un grand consommateur d'eau
20:07qui s'appelle Coca-Cola.
20:10Qui, jusqu'à aujourd'hui...
20:13qui, jusqu'à aujourd'hui,
20:17se fournissait en eau dans une nappe phréatique.
20:19Non, une nappe captive.
20:24Vous m'expliquerez.
20:26En tout cas, un truc qui...
20:28Mieux vaut la préserver.
20:30On est d'accord ?
20:31Voilà.
20:32Dans une nappe phréatique ou captive.
20:34Dans le mouvement des méga-bassines,
20:36nous avons demandé à cet industriel
20:38de changer son modèle
20:39et il va changer son modèle.
20:43Et donc, là, la place des élus locaux,
20:45puisque c'est votre question,
20:48départementaux, locaux ou régionaux,
20:50c'est de ces grands industriels
20:52de changer leur modèle
20:53parce que ce sont des grands consommateurs.
20:55Et puis, un troisième qui a été dit,
20:58c'est les zones humides,
21:00en zone urbaine ou en zone rurale.
21:02Ces zones humides,
21:04le GIEC nous dit
21:051% d'augmentation de température,
21:08c'est 7% d'évaporation en plus.
21:11Et donc, là où il y a des zones humides,
21:14des zones du vivant
21:14avec une biodiversité extraordinaire,
21:17qui sont souvent considérées par nous
21:19comme des espaces de loisirs,
21:20c'est beau, on s'y promène,
21:22on voit des oiseaux,
21:23on y voit des libellules,
21:25eh bien, on doit s'interroger
21:26pour comment ces zones humides,
21:29extrêmement importantes pour le vivant
21:31et la biodiversité,
21:33perdurent de main
21:34avec le réchauffement climatique.
21:35Et ce qui vaut en Occitanie,
21:37je peux vous assurer,
21:38vaut en région parisienne,
21:39une région qui est en surcapacité
21:41de production d'eau,
21:43mais par exemple,
21:44le développement des synobactéries
21:46dans les zones humides,
21:47c'est-à-dire que le réchauffement
21:48impacte déjà
21:49et qui rend l'eau toute bleue
21:51dans des secteurs
21:52parce qu'il y a de la décomposition
21:54d'algues ou d'herbiers,
21:57pose, nous interroge,
21:58nous sommes un peu démunis pour l'instant
21:59dans nos secteurs,
22:01mais véritablement,
22:02voilà ce à quoi est confronté
22:04un élu local,
22:05le grand cycle de l'eau,
22:06les zones humides,
22:08parce qu'on parle beaucoup de sécheresse,
22:10mais on pourrait parler d'inondations.
22:12Je rappelle qu'en mai 2016,
22:13en région parisienne,
22:14il y a eu des inondations.
22:15C'était une première
22:17dans cette région.
22:18Au printemps 2016,
22:20il y a eu des inondations,
22:22donc inondations, sécheresses,
22:24le grand cycle de l'eau
22:25est effectivement
22:26une intervention extrêmement forte
22:28sur le petit cycle de l'eau,
22:29c'est-à-dire production, distribution,
22:32assainissement
22:32et bien évidemment épuration.
22:35Merci beaucoup.
22:36Merci beaucoup, Philippe.
22:37Vous parliez d'un cadre national
22:39qui doit être efficace.
22:40Ça se joue à tous les niveaux,
22:42y compris donc au national.
22:44Elisabeth Borne devrait,
22:45elle tarde d'ailleurs,
22:46annoncer son plan climat,
22:47le plan climat pour la France,
22:49dans l'incessamment sous peu.
22:51On est à quelques semaines
22:53de la COP 28
22:54qui va s'ouvrir à Dubaï
22:55au mois de novembre.
22:56On est dans un contexte
22:57où la France est régulièrement pointée
22:59du doigt par les ONG
23:01et parfois condamnée par la justice
23:02pour son inaction climatique.
23:04Dans l'idéal,
23:05selon vous,
23:06Florence Abed, scientifique,
23:07qu'est-ce que ce plan climat
23:08devrait comporter
23:09au sujet de la préservation de l'eau
23:12et plus largement,
23:13si vous voulez ?
23:15Alors, en fait,
23:16on a pas mal mentionné
23:17les problèmes sur la ressource en eau
23:20en termes de quantité.
23:21Il y en a trop,
23:22il n'y en a pas assez,
23:22mais il y a quand même
23:23un autre problème majeur
23:25qui est tout ce qui est qualité de l'eau.
23:27Et là, les cyanobactéries,
23:28c'est un problème de qualité de l'eau.
23:29On a mis trop de phosphore
23:31ou trop de nitrate dans les eaux.
23:32Et ça, c'est un premier élément.
23:34C'est-à-dire que ça fait des années
23:35qu'il y a des plans
23:36pour lutter contre la pollution
23:37par les nitrates.
23:38Ça fait des années
23:39qu'il y a des plans
23:40pour lutter contre les pesticides.
23:41On voit bien que maintenant,
23:42il y a de la pollution
23:43par les plastiques partout.
23:45Et en fait,
23:46quand il y a peu d'eau,
23:47si en plus,
23:48elle n'est pas de bonne qualité,
23:49si en plus,
23:49votre réserve,
23:50elle est complètement pleine de toxines
23:53à cause des cyanobactéries,
23:54et bien évidemment,
23:54vous aggravez le problème.
23:55Donc, il y a un premier élément,
23:57c'est de enfin faire respecter
24:00les ambitions de ces plans nitrates,
24:02de ces plans éco-phytos
24:03pour lutter contre les pesticides.
24:05Voilà.
24:05Donc là, il y a un premier objectif,
24:07c'est avoir des plans ambitieux
24:09et concrets.
24:11Et puis évidemment,
24:12donc ça, c'est des aspects
24:12vraiment pollution.
24:15Bon, toutes les sources de pollution,
24:16on sait bien,
24:17tous se retrouvent...
24:18Tout ce que vous utilisez
24:20comme produit,
24:20quelque part,
24:21va pouvoir se retrouver dans l'eau,
24:22que ce soit de la peinture,
24:24que ce soit du plomb,
24:24que ce soit...
24:25Donc, il faut éviter
24:26de créer des nouvelles molécules.
24:29Ça, c'est peut-être un premier point.
24:30Et puis ensuite, évidemment,
24:31vous parlez de la COP28,
24:33donc pour le climat,
24:35moi, je fais partie
24:36des signataires d'une tribune
24:38qui a été publiée hier
24:39où il y a 3 séances scientifiques
24:40qui demandent
24:41à ce que la France s'engage
24:43pour un traité
24:44de non-prolifération
24:46des énergies fossiles.
24:47C'est vraiment le point de départ.
24:49C'est-à-dire qu'on sait
24:50qu'on doit réduire
24:52nos émissions de gaz
24:52à effet de serre,
24:53ça commence par arrêter
24:55d'aller en chercher
24:55de plus en plus
24:56d'énergie fossile.
24:57Donc, voilà,
24:58j'espère que Elisabeth Borne
25:01s'engagera
25:01dans ce traité
25:02de non-prolifération.
25:05Et puis,
25:06ensuite,
25:06encore une fois,
25:07vous avez peut-être entendu
25:08qu'on a peut-être
25:10un petit peu réussi
25:11à réduire
25:11nos émissions
25:12de gaz à effet de serre
25:13en France,
25:13un petit peu,
25:16en faisant
25:16différentes actions,
25:17mais par contre,
25:18on se retrouve
25:19un peu rattrapé
25:20par la patrouille
25:21parce que
25:23les puits de carbone
25:24naturels
25:24que sont par exemple
25:25les forêts,
25:26justement,
25:27sont de moins en moins
25:28des puits de carbone
25:29parce que la forêt
25:30souffre
25:31et que du coup,
25:32elle meurt
25:33et en mourant,
25:34elle stocke moins de carbone.
25:35Et bien donc,
25:36voilà,
25:36il faut aussi préserver
25:38les milieux,
25:39l'environnement
25:40et donc ça,
25:40c'est toujours important
25:42de ne pas aggraver
25:44la situation
25:45de l'environnement
25:45et donc ça passe
25:46par le respect
25:48des plans
25:49comme le zéro
25:50artificialisation net,
25:52même si je sais
25:52que c'est plein de contraintes
25:53et voilà,
25:55toutes ces actions-là
25:55qui peuvent permettre ça.
25:57Merci beaucoup.
25:59Carole Delga,
26:00qu'est-ce que vous préconisez
26:01à l'échelle nationale
26:02pour cette lutte globale
26:03contre le réchauffement climatique ?
26:06Alors,
26:07cela a été dit
26:08pour vraiment lutter
26:09contre le réchauffement climatique,
26:11pour pouvoir réduire
26:14la consommation
26:15d'énergie,
26:16de l'eau,
26:18il est nécessaire
26:19d'investir,
26:21d'investir massivement
26:22et c'est pour ça
26:23que moi,
26:24je défends,
26:25comme beaucoup d'autres,
26:26qu'il y ait
26:26un ISF climatique
26:29parce qu'on a besoin
26:30de prélever
26:32sur les fortunes,
26:34en particulier
26:36sur certains
26:37gros fournisseurs
26:38d'énergie
26:39qui quand même
26:40ont fait
26:40des bénéfices
26:41ces deux dernières années
26:44qui sont gigantesques.
26:45Donc,
26:46je pense qu'on doit
26:47avoir un prélèvement
26:48pour pouvoir investir
26:50massivement.
26:51Cela a été indiqué
26:53dans la réhabilitation
26:55de nos réseaux,
26:56mais également
26:58dans la décarbonation
26:59de nos industries,
27:00de nos transports.
27:01Cela demande des moyens.
27:03C'est absolument
27:04indispensable
27:05et nous voyons bien
27:07qu'aujourd'hui,
27:08nous sommes dans
27:09un manque
27:10d'investissement public
27:11dans ce secteur
27:13de la transition
27:14écologique
27:15et énergétique.
27:16Je reprends
27:17le sujet
27:17des transports
27:19parce que,
27:20vous avez vu,
27:21le président de la République
27:22a fait une annonce
27:23de com'
27:24de plus
27:25avec un pass
27:27à 49 euros
27:28comme l'Allemagne.
27:31Pour inciter
27:32à prendre
27:33le train,
27:34je peux vous assurer
27:35que nous,
27:35en Occitanie,
27:36on y bosse
27:36et on y bosse dur
27:37pour inciter
27:37à prendre le train.
27:38Il faut en effet
27:39une tarification incitative
27:40mais il faut
27:41qu'il y ait des trains
27:42qui arrivent à l'heure.
27:42Pour qu'il y ait
27:43des trains
27:43qui arrivent à l'heure,
27:44il faut avoir
27:44des infrastructures
27:45ferroviaires
27:46qui soient de bon niveau.
27:48Il faut avoir
27:49une signalisation optimale
27:51qui s'appelle
27:51le RTMS
27:52et ensuite,
27:53il faut avoir
27:54du capacitaire.
27:55C'est-à-dire,
27:55il faut avoir
27:55les moyens
27:56d'acheter
27:58des trains
27:58à hydrogène,
28:00des trains
28:01qui sont hybrides
28:03ou des trains
28:04à batterie.
28:04Et tout ça,
28:05ça demande des moyens.
28:06Et les 100 milliards
28:07qui ont été annoncés
28:08par Elisabeth Borne
28:09il y a 9 mois,
28:11je suis incapable
28:12en tant que présidente
28:12de région de France
28:13de vous dire
28:14le fléchage
28:15aujourd'hui
28:16de 1 euro.
28:16J'en suis incapable.
28:18Donc là,
28:19on a besoin
28:19de financement
28:20et on doit aller
28:21vers cette question
28:23d'investir massivement
28:25dans les transports
28:26collectifs.
28:26Et la tarification,
28:27oui,
28:28je la défends.
28:28Et ce que j'ai répondu
28:29à Emmanuel Macron,
28:30je lui ai dit,
28:36aujourd'hui,
28:37depuis 4 ans,
28:38un salarié
28:39il paye maximum,
28:41déduction faite
28:42de la participation
28:43employeur,
28:44il paye maximum
28:451 euro le trajet.
28:47C'est-à-dire
28:47l'aller-retour,
28:48c'est 2 euros
28:49dans la journée.
28:50Et nos jeunes,
28:51sur le train,
28:53les 18-26 ans
28:54jusqu'à maintenant,
28:55c'était gratuit,
28:55on l'a étendu
28:56aux 12-26 ans
28:58sur le train
28:59et sur le car.
29:01Mais ça demande
29:02sur les finances régionales
29:04une tension énorme
29:06et on a besoin
29:06absolument d'être aidés.
29:08On a besoin aussi
29:10d'investir
29:11dans l'innovation
29:12sur la question
29:13de la réutilisation
29:14des eaux usées.
29:16Aujourd'hui,
29:17la recherche,
29:17l'innovation
29:18n'est pas assez sous-soutenue
29:20sur ce secteur
29:21et on voit d'autres pays
29:23dans le monde
29:23qui sont beaucoup plus performants
29:26et donc là,
29:27on a besoin également
29:28d'investissement
29:29dans la recherche
29:30et dans l'innovation.
29:31Et puis,
29:32je pense aussi
29:33qu'on doit vraiment
29:35réfléchir
29:36sur la question
29:37de l'eau-énergie,
29:39comme je l'ai indiqué
29:40de façon plus globale
29:41sur la question
29:43de l'énergie.
29:44On doit aller
29:45vers une énergie
29:47qui n'utilise pas
29:48en effet
29:49les énergies fossiles,
29:52les énergies renouvelables.
29:54C'est un parcours
29:55du combattant
29:56pour pouvoir développer,
29:58par exemple,
29:59l'éolien flottant.
30:00C'est un parcours
30:01du combattant
30:01juridique
30:02et également financier.
30:05Et donc,
30:05on a besoin
30:06d'avoir un financement
30:08très fort.
30:08Il y a besoin
30:09d'avoir une vision,
30:10bien sûr,
30:11politique,
30:11avec un plan d'action
30:12sur différents sujets.
30:14Et sur la question
30:15du zéro artificialisation net,
30:17il faut en effet
30:19arrêter de consommer
30:21des terres agricoles
30:22où quand on consomme,
30:24il faut à ce moment-là
30:24compenser.
30:25compenser.
30:26Et c'est ce que nous faisons
30:27en Occitanie.
30:27Nous sommes la seule région
30:28de France
30:29où nous avons
30:29une foncière agricole.
30:31C'est la région
30:32qui achète les terres,
30:34qui les porte
30:35pour pouvoir installer
30:36des agriculteurs
30:37et pour pouvoir faire en sorte
30:39que le nombre
30:40de terres agricoles
30:42se développe
30:43et que nous ne ayons pas
30:45des terres abandonnées
30:46ou que nous n'ayons pas
30:47également
30:48des friches commerciales
30:50ou des friches industrielles.
30:52On a un gros potentiel
30:53de renaturation
30:54et c'est pour ça
30:55qu'avec juste
30:57un établissement public
30:58foncier,
30:59cela n'est pas possible
31:00juridiquement.
31:01On ne peut pas agir
31:02sur la question
31:02du foncier agricole
31:03et c'est pour ça
31:04qu'il est nécessaire
31:05d'avoir une foncière agricole
31:07et c'est ce que nous faisons
31:08en Occitanie.
31:09Si on le fait
31:11sur une région
31:12qui est plus grande
31:13que 13 pays européens,
31:14s'il y a une volonté politique,
31:16on peut le faire
31:16à l'échelle
31:17d'un pays
31:19ou même d'un continent.
31:20Merci beaucoup,
31:21Carole Delga.
31:21En vous écoutant,
31:22il y a quelque chose
31:23qui m'a interpellée.
31:25Florence Abetz,
31:26est-ce que les eaux usées
31:27sont une ressource perdue ?
31:29Alors,
31:30là,
31:31je pense que
31:31les eaux usées,
31:33c'est vraiment pas
31:34une ressource perdue.
31:35Donc,
31:36quand on est ici
31:37en région parisienne,
31:38nos eaux usées,
31:39elles repartent
31:40dans la Seine
31:40et bien sûr,
31:41elles continuent
31:42leur chemin
31:43et on ne peut pas
31:44considérer
31:45qu'on perd l'eau.
31:46Je pense que
31:48voilà,
31:49il ne faut pas
31:51retraiter une eau usée
31:52pour qu'elle soit
31:52de nouveau potable,
31:54c'est énormément
31:54d'énergie.
31:55Vous parlez,
31:56voilà.
31:56Ce n'est pas pour être potable,
31:57c'est pour un peu
31:57de l'usage agricole.
31:58Voilà,
31:59alors maintenant,
31:59si c'est pour de l'usage agricole,
32:00c'est pire parce qu'on passe
32:01de une eau qui retournait
32:03dans le milieu
32:04à une eau qui se retrouve consommée.
32:06Ah non,
32:06parce qu'elle repart
32:07dans le sol.
32:08Non,
32:09ben voilà,
32:09parce que
32:11la région Occitanie,
32:13elle n'est pas
32:13toute côtière
32:14quand même.
32:15Donc,
32:15vous avez tout un tas
32:17de...
32:18La mer,
32:19il peut y avoir
32:19un intérêt particulier,
32:20mais on parle bien
32:21de la zone littorale.
32:23On parle peut-être
32:24de Montpellier,
32:24mais on ne parle pas
32:25de Castres.
32:26On parle aussi
32:27des plaines alluvionnaires
32:29de la Garonne
32:29et ainsi de suite.
32:30Non,
32:31mais non,
32:32alors là,
32:32vous faites une erreur
32:33parce que là,
32:34vous allez augmenter
32:35la consommation d'eau.
32:37Puisque l'eau
32:38qui repart d'habitude
32:39au milieu,
32:39vous voulez la consommer
32:41en...
32:41par exemple...
32:42Elle repart dans le cycle.
32:44Mais par contre,
32:45il y a des éléments
32:46très intéressants
32:47qui pourraient être
32:48bien réfléchis.
32:50C'est avoir
32:51au sein des habitations
32:53notamment
32:53ou au sein des industries
32:54plusieurs usages
32:55de la même eau.
32:56Oui.
32:56Ce qu'on appelle
32:57une écologie circulaire
32:59de l'eau.
33:00Voilà,
33:00ça,
33:00c'est vraiment
33:01quelque chose
33:01d'intéressant.
33:04qui demande
33:05des réflexions,
33:06des aménagements.
33:07Et on peut faire
33:08beaucoup d'économies
33:09d'eau avec ça.
33:10Mais le retraitement
33:10des eaux usées,
33:11ça va être quelque chose
33:12de très spécifique
33:13qui va enrichir
33:14effectivement certains groupes
33:15qui poussent
33:16beaucoup dessus.
33:17Mais encore une fois,
33:18on n'a pas à se comparer.
33:19Moi, j'entends des réflexions.
33:20Honnêtement,
33:20ça me fait réagir.
33:21On dit,
33:22oui, la France est nulle,
33:23l'Israël
33:23ou l'Espagne
33:26recycle plus d'eau que nous.
33:27mais est-ce qu'on irait demander
33:30aux Esquimaux,
33:31aux habitants du Grand Nord,
33:33s'ils ont de la climatisation ?
33:35Enfin, ça n'a pas de sens.
33:36On n'en avait pas besoin aujourd'hui.
33:38C'est pour ça qu'on n'en a pas.
33:39Et est-ce qu'on en aura besoin demain ?
33:41Attention,
33:42on peut prendre une mauvaise direction.
33:43Il faut vraiment faire attention
33:44sur toutes ces technologies
33:46qui ne sont pas forcément
33:47les plus terminantes,
33:48qui vont pouvoir générer
33:50plus de consommation
33:51et non pas une économie d'eau.
33:54C'est à la fin,
33:55on veut des économies d'eau.
33:56Oui, mais sur la question du littoral,
33:58je peux vous assurer
33:58que c'est une vraie solution.
34:00Pour le littoral.
34:01Oui, mais c'est très spécial.
34:02C'est le littoral,
34:03et je suis désolée,
34:04la région Occitanie,
34:06c'est pas que du littoral.
34:07Non, tout à fait,
34:08mais il y en a une partie forte aussi.
34:09Je la connais aussi bien,
34:11peut-être même mieux que vous,
34:12je la vis.
34:12Je vous propose
34:13qu'on puisse poursuivre
34:14ce débat éventuellement après,
34:16mais je voulais quand même,
34:17comme on parlait
34:17de mise en place
34:18de schémas nationaux
34:19qui pourraient aider à lutter,
34:21Sébastien, de l'avoue,
34:22quand on parle d'incendie
34:22de feux de forêt,
34:23on parle aussi de gestion
34:24de la forêt.
34:25On parle aussi de ces hectares
34:26de résineux
34:27qui ont été surplantés
34:29en monoculture,
34:30qui brûlent comme des allumettes.
34:32Une ONG canadienne
34:33dénonçait cet été,
34:35par exemple,
34:35le fait qu'ils ont construit
34:37des forêts pour brûler.
34:38C'est des forêts
34:38qui sont absolument inéteignables,
34:41tant elles sont en monoculture,
34:43avec des arbres serrés
34:45et sans aucun point d'eau
34:47à l'intérieur de la forêt
34:48qui pourraient stopper les flammes.
34:49Qu'est-ce que vous vous préconiseriez
34:51en tant que pompier
34:53sur cette question-là,
34:54la gestion des forêts
34:55pour éviter les ravages
34:58des feux de forêt ?
34:59Il y a deux choses.
35:00En tant que pompier,
35:01on va penser l'extinction des feux.
35:04Il faut qu'on ait les moyens
35:05humains, matériels et technologiques
35:07pour faire ce qu'on appelle
35:08l'attaque massive des feux naissants,
35:11c'est-à-dire être au plus près
35:12et attaquer massivement
35:14avec des moyens aériens.
35:16Parce que dans le plan
35:17du président de la République,
35:18il nous explique qu'on va acheter
35:1916 canadaires.
35:21Alors c'est super,
35:21mais aujourd'hui,
35:22personne ne les fabrique.
35:24Donc personne ne les vend.
35:25Donc le chéquier,
35:26il peut le laisser là où il est.
35:28Puisque celui à qui appartient
35:30l'usine de fabrication de canadaires,
35:32même s'il n'y a que les Français
35:33qui les appellent comme ça,
35:35il dit commandément 25
35:37et je relaisse la chaîne de production.
35:40Aujourd'hui,
35:41pendant la présidence
35:42de l'Union européenne
35:43de la France,
35:45on n'a pas réussi
35:46à provoquer
35:4825 achats fermes
35:51malgré les 6
35:52de l'Union européenne
35:53et malgré le fait
35:54que l'Espagne,
35:56l'Italie,
35:57le Portugal,
35:58la France
35:59utilisent des canadaires.
36:01Donc ça,
36:01c'est le premier point.
36:02Le deuxième point,
36:04c'est d'éviter
36:05la survenue des feux
36:06puisque 92% des feux
36:08sont d'origine humaine
36:10et qu'effectivement,
36:12la forêt...
36:13Alors là,
36:13je vais parler du massif
36:15des Landes-Gascogne
36:16parce qu'on a eu l'air
36:17de découvrir
36:17que la forêt brûlait
36:18en 2022.
36:20Mais il y a 400 000 hectares
36:22qu'on brûlait
36:23entre 1947 et 1949
36:25et la forêt qui a brûlé là,
36:27elle date de la plantation
36:29de cette époque,
36:31le moment où on a mis
36:33des sentiers coupe-feu
36:35parce que la forêt
36:36est essentiellement privée
36:37dans le massif,
36:3890% en fait,
36:40elle est privée,
36:40avec des petites parcelles,
36:42finalement,
36:42avec peu d'industriels
36:43qui les utilisent.
36:45Et donc la forêt,
36:46elle est de moins en moins
36:47bien entretenue.
36:49Et je rappelle que l'ONF
36:50a perdu la moitié
36:51de ses effectifs
36:52depuis les années 80.
36:54C'est-à-dire,
36:54on les a transformés
36:55en marchands de bois
36:56alors qu'ils sont censés
36:58préserver,
36:59entretenir
37:00et protéger la forêt
37:01et aussi,
37:01c'est notre patrimoine
37:02d'en fait le faire connaître.
37:04Donc en tant que pompier,
37:05je dirais,
37:05il nous faut les moyens
37:06pour éteindre la forêt
37:07mais en tant que citoyen,
37:09je me dis,
37:09en fait,
37:09il faudrait tout faire
37:10pour que la forêt,
37:11en fait,
37:11elle brûle pas,
37:12elle brûle moins.
37:13Et pour ça,
37:14la nature de plantation,
37:15c'est pas mon domaine
37:16d'expertise,
37:16mais la nature de plantation,
37:18parce qu'on parle là
37:19de la région Occitanie,
37:20mais on a des massifs entiers
37:23à cause du dérèglement climatique
37:25qui sont en train de crever
37:26dans le Jura,
37:27dans les Vosges
37:28et eux,
37:29leur réponse
37:30et leur expérience
37:30en termes de feux de forêt,
37:32c'est pas celle d'Occitanie.
37:34Parce que les feux de forêt,
37:35eux,
37:35ils ont vu surtout la télé.
37:37Ça veut dire qu'on a besoin
37:38en fait de prendre conscience
37:39que le dérèglement climatique,
37:40il touche chacun en fait des recoins
37:43et qu'on aura besoin demain
37:45pour des gros feux
37:46qui sont à l'autre bout de la France
37:47d'avoir aussi dans les Vosges,
37:49dans le Jura,
37:51dans des endroits
37:52où ils ont pas l'habitude
37:53d'avoir ce risque endémique,
37:55qu'ils soient formés
37:56et capables de venir suppler
37:57en fait à l'autre bout de la France,
37:59on a vu,
37:59quand on a des pompiers polonais
38:02qui connaissent pas grand chose
38:03en feux de forêt,
38:03mais qui ont des très gros camions,
38:05parce que le temps que les polonais
38:06viennent aux renforts en Occitanie,
38:08il s'est écoulé un petit peu de temps
38:10et qu'on soit capable
38:11d'être plus fort,
38:12parce qu'on a vu
38:13que c'est les Grecs
38:13qui ont eu besoin
38:14en fait de nos renforts,
38:15donc il faut pas
38:16qu'on dimensionne nos moyens
38:18pour des secours quotidiens,
38:20mais qu'on soit capable
38:21d'assumer l'exceptionnel,
38:23parce que la flotte mutualisée
38:25des avions européens
38:27qu'on nous propose,
38:28ça veut dire,
38:29on aura deux avions
38:31qui seront à l'Europe,
38:32qui seront en France,
38:33mais quand ça brûlera
38:34en France,
38:36en Grèce,
38:36en Portugal,
38:37en Espagne,
38:38il y aura des arbitrages à avoir,
38:39et bien l'idée,
38:40c'est qu'il faut limiter
38:41ces arbitrages
38:42et avoir les moyens
38:43en fait de faire face
38:44à ce qui nous attend.
38:46Merci beaucoup Sébastien.
38:50Philippe,
38:50sur l'action nationale
38:53à mettre en place
38:54à l'échelle de la France,
38:55qu'est-ce que...
38:56Alors,
38:57un plan climat,
38:58c'est toujours nécessaire,
39:00mais celui qui nous est présenté
39:02est insuffisant.
39:04Il est insuffisant
39:05parce que
39:06on a besoin
39:07de politiques publiques
39:08structurées,
39:09pluriannuelles,
39:10mais il se trouve
39:11que la crise que nous vivons,
39:13elle est beaucoup plus rapide
39:14que les solutions
39:14que nous apportons.
39:16Et les dernières donniers
39:18du GIEC,
39:18d'ailleurs,
39:19nous disent que
39:20le dérèglement,
39:22je ne veux pas créer
39:23de psychose,
39:24mais il va un peu plus vite
39:25que ce qui avait été annoncé
39:27ou en tout cas accepté
39:28par le politique.
39:29On va le dire comme ça.
39:31Et donc,
39:32je pense qu'un plan climat
39:34est indispensable,
39:35mais il est solide
39:37si et seulement si
39:39on explique
39:41comment
39:44on passe
39:45d'une subvention massive
39:47aux énergies fossiles
39:48à une subvention massive
39:50aux énergies renouvelables.
39:51C'est-à-dire
39:52comment on explique,
39:53et ça,
39:54c'est un élément démocratique
39:55extrêmement important,
39:57comment on embarque
39:58toute une nation
39:58avec l'ensemble
40:00de ses acteurs,
40:00collectivités locales,
40:02citoyens,
40:03industrie et entreprises
40:05dans un mouvement
40:06extrêmement large
40:07où on change
40:08tous de système.
40:09Or, aujourd'hui,
40:10il n'y a pas d'explication
40:12du comment
40:12l'argent mis aujourd'hui
40:14dans l'énergie fossile
40:15est mis dans les énergies
40:16renouvelables
40:17pour réduire massivement
40:21les émissions
40:22de gaz à effet de serre.
40:24Il n'y a pas de chiffres,
40:26il n'y a pas de capes donnés.
40:28Donc, on est beaucoup
40:29dans la com, en fait.
40:30On est dans la communication
40:32de dire,
40:32bon, il y a un plan
40:33un plan, un plan, voilà.
40:34Mais souvent,
40:35les plans, ils sont plan-plan.
40:36Et donc, on a besoin
40:38de cette vision-là.
40:38Le deuxième élément,
40:40comme pour l'eau,
40:41je pense que l'énergie
40:42est un bien commun essentiel
40:44et qu'il faut le sortir
40:46du service marchand.
40:47Ce que nous vivons
40:48aujourd'hui
40:49avec la crise
40:51des énergies,
40:53ou en tout cas,
40:55l'agression russe
40:56en Ukraine
40:57et l'impact
40:58sur l'énergie
40:59montre que
41:02il faut arrêter
41:03de spéculer.
41:03Ce n'est pas un jeu,
41:04c'est la vie,
41:05l'énergie.
41:05Et donc,
41:06on a besoin
41:06de reprotéger
41:09et de réguler
41:11les marchés
41:11de l'énergie.
41:12D'ailleurs,
41:13je n'ai même pas envie
41:13de dire les marchés
41:14de l'énergie.
41:14On a besoin
41:14de réguler l'énergie
41:15de manière puissante
41:17parce que ça va être
41:18la condition sine qua node
41:21de gagner
41:21le combat
41:22du réchauffement climatique.
41:24Et puis,
41:24troisièmement,
41:25il faut qu'on invente
41:25des outils financiers.
41:26ça a été dit
41:28par Carole
41:28et par d'autres.
41:30On parle souvent
41:31de murs d'investissement
41:32qui grandissent
41:33d'année en année
41:34tellement il faut
41:34des milliards
41:35et des milliards.
41:36Écoutez,
41:38on a été...
41:39Enfin,
41:40nos élites financières
41:42ont été extrêmement inventives
41:44pour lutter
41:45contre le Covid,
41:46pour déverser
41:48des milliards d'euros
41:49pour l'économie,
41:50pour enrichir
41:51celles et ceux
41:52qui étaient
41:52les plus riches.
41:54Eh bien,
41:54fondamentalement,
41:54on peut utiliser
41:55les mêmes méthodes.
41:57On peut utiliser
41:58les mêmes méthodes
41:59pour gagner
42:00le défi
42:00du réchauffement climatique.
42:02Et je donnerai
42:03un exemple concret.
42:05Sous vos pieds,
42:06à 1 600 mètres,
42:07ici,
42:08il y a de la géothermie
42:09profonde
42:10dans la nappe du Doguerre
42:12qui est à 72 degrés
42:14et qui permet
42:15de faire du chauffage urbain.
42:17Dans ma petite ville,
42:19on fait l'économie
42:20de 10 000 tonnes
42:21de CO2 par an
42:23parce qu'au lieu
42:24d'utiliser du gaz
42:25naturel
42:25pour chauffer
42:27les habitations
42:27et faire de l'eau chaude
42:28sanitaire,
42:28on utilise de l'eau
42:30chaude,
42:32la géothermie.
42:33En région
42:33Île-de-France,
42:34il y a une cinquantaine
42:35de forages,
42:36une cinquantaine
42:36de villes
42:37desservies
42:37par cette technologie
42:39maîtrisée,
42:40y compris depuis
42:42les Romains,
42:44même si là,
42:45on va un peu plus profond.
42:46Je peux vous assurer
42:47qu'aujourd'hui,
42:48il n'y a véritablement
42:49pas de mécanisme financier
42:50qui nous permettent
42:51d'accélérer le développement.
42:53Et aujourd'hui,
42:53je terminerai par là,
42:55nous développons
42:56100 gigawatts heure.
42:59Nous pouvons en développer
43:02400 gigawatts heure,
43:03c'est-à-dire développer
43:04par 4 les énergies
43:06renouvelables.
43:06Et aujourd'hui,
43:08il n'existe pas
43:09les outils financiers
43:10et budgétaires
43:11qui nous permettent
43:12d'accélérer
43:13cette transition.
43:15Or,
43:15il y a une urgence,
43:17mais l'écosystème
43:18financier
43:19et budgétaire
43:20n'est pas adapté
43:21à cette urgence.
43:22Donc,
43:23un vrai plan
43:24énergie fossile,
43:24énergie renouvelable,
43:26les moyens financiers,
43:27la technique financière,
43:28on la connaît,
43:29j'ai juste son orientation,
43:30alors on l'appelle
43:31transition,
43:31bifurcation,
43:32virage,
43:34double tour,
43:34360 degrés,
43:35comme on veut,
43:36on a les moyens de faire,
43:38il y a de la volonté politique
43:39à avoir.
43:39Et je ne crois pas
43:40au capitalisme vert.
43:44Merci beaucoup,
43:45Philippe,
43:45débusquer les mauvaises idées
43:46du capitalisme vert.
43:48Alors,
43:49finalement,
43:49là,
43:50on arrive au terme
43:50de notre échange.
43:51Pardon,
43:52je...
43:52Ouais,
43:52vas-y,
43:53pardon.
43:54Je ne crois pas
43:55au capitalisme vert,
43:56ça ne veut pas dire
43:57que je ne crois pas
43:58à ce qu'il y ait
43:59des entreprises
43:59qui concourent
44:00à cela.
44:02Je dis,
44:02voilà,
44:02que le modèle financier
44:04du capitalisme
44:04ne nous permettra pas
44:06d'y arriver.
44:06Mais ça n'empêche pas
44:07l'innovation.
44:10En vous écoutant,
44:11je me disais
44:12qu'il y a quand même
44:12quelque chose d'important,
44:13c'est que chacun
44:14dans votre domaine
44:14d'expertise,
44:15chacun à votre échelle,
44:17donc vous participez
44:18à cette bataille globale
44:19contre le réchauffement climatique,
44:20mais il y a un acteur
44:22essentiel à convaincre,
44:23c'est nous,
44:23nous toutes et tous,
44:24les citoyens,
44:25comment est-ce que
44:26quand on est scientifique,
44:27quand on est élu,
44:28quand on est professionnel,
44:29comment est-ce qu'on embarque
44:30l'opinion publique
44:31pour emmener tout le monde ?
44:32Ce n'est pas facile
44:33quand on est dans un territoire
44:34qui est assez problématique
44:35ou quand on est scientifique,
44:36il faut sortir de ses bureaux,
44:41qui aillent dans le bon sens,
44:42je ne sais pas lequel peut-être
44:43veut répondre en premier,
44:45comment est-ce qu'avec
44:46les spécificités
44:47qui sont les vôtres,
44:48vous amenez le peuple
44:49avec vous
44:50sur cette grande bataille ?
44:52Allez, Carole.
44:53Allez.
44:55Je pense qu'il faut vraiment
44:57utiliser beaucoup
44:58les dispositifs
44:59de démocratie participative,
45:01je suis aujourd'hui présidente
45:05parce qu'on est dans un système
45:06de démocratie représentative,
45:09mais je pense qu'on doit
45:10développer des outils
45:11de démocratie participative
45:14et avoir vraiment une...
45:18Il faut savoir populariser
45:21les problématiques,
45:22il faut savoir bien l'expliquer.
45:25Nous, sur la question,
45:26par exemple,
45:26de l'éolien flottant,
45:28spontanément, au début,
45:30les citoyens,
45:30ils y étaient plutôt défavorables
45:32parce qu'ils se disaient
45:33non, je n'ai pas envie
45:34de voir des éoliennes,
45:35ainsi de suite.
45:36On a expliqué,
45:37on a expliqué quand même
45:38l'apport que ça menait
45:39en termes d'énergie renouvelable,
45:42que ça nous permettait
45:43quand même d'avoir
45:44une empreinte carbone
45:45qui était tout à fait différente
45:47de celle que nous avions
45:50quand nous avons été élus
45:52et qu'on devait progresser,
45:53que l'objectif,
45:54c'est d'être une région
45:55à énergie positive,
45:56qu'il fallait diviser par 2
45:58notre consommation d'énergie
45:59et multiplier par 3
46:00les énergies renouvelables.
46:02Donc, il fallait agir,
46:04réaliser,
46:05avec des réunions publiques,
46:08avec des stands
46:09que nous avons mis
46:10dans les marchés,
46:11avec aussi des assises,
46:15nous avons réussi
46:16à convaincre la population.
46:18Et là, on a un dispositif
46:21à mettre en oeuvre
46:23pour la question
46:24de réduire la consommation d'eau
46:26au niveau du grand public,
46:29mais aussi avec les entreprises.
46:33Et donc, là,
46:35on est en train de travailler
46:37avec les entreprises
46:38pour expliquer que la région
46:41aidera leurs projets
46:42s'il y a également
46:44des économies d'énergie,
46:46d'eau.
46:47On a aussi une autre condition,
46:49c'est s'y prennent des stagiaires
46:51dans leur entreprise.
46:54Et puis, aussi,
46:55on doit être exemplaire,
46:56c'est-à-dire qu'au niveau
46:57de la région Occitanie,
46:59nous avons des bâtiments,
47:01essentiellement,
47:01ce sont des lycées,
47:02mais pas que.
47:03Et nous devons vraiment
47:05réduire de façon forte
47:06la consommation d'eau.
47:11Et un sujet tout simple,
47:14c'est que dans les lavabos
47:16qui existent dans les lycées,
47:19nous avons décidé,
47:22sauf dans les territoires
47:24où il y a des températures
47:26très froides de l'hiver,
47:27il n'y aura plus d'eau chaude.
47:28Voilà, on sera juste
47:29pour se laver les mains.
47:31Je ne parle pas des douches
47:32dans les internats,
47:33là, je...
47:33Non, non, je rassure.
47:35Dans les internats,
47:36les douches,
47:36il y aura toujours de l'eau chaude,
47:38mais pour se laver les mains,
47:39tout simplement,
47:40sauf, voilà, je dis,
47:41dans des lycées
47:42qui sont dans des territoires
47:43de montagne
47:43où il peut y faire
47:44très froid l'hiver,
47:45mais on sera
47:47sur une utilisation
47:48de l'eau
47:49qui sera, voilà,
47:49plus raisonnée
47:50sur l'utilisation collective
47:52et on utilisera
47:53moins d'énergie
47:54parce qu'on n'aura pas
47:55la question de l'eau chaude
47:56à tous les lavabos
47:58comme c'est aujourd'hui
47:59dans tous les bâtiments publics.
48:01Dans tous les bâtiments publics,
48:02on a systématiquement
48:03au froid des eaux chaudes.
48:05Sébastien, peut-être,
48:06vous avez manifesté
48:08beaucoup les pompiers.
48:08Vous êtes d'ailleurs
48:09assez populaire
48:09en manifestation,
48:10les cortèges de pompiers
48:11en général.
48:12Vous arrivez à faire comprendre
48:13à nous toutes et tous,
48:16alors pas usagers
48:17de votre service public,
48:18mais bénéficiaires,
48:19en tout cas,
48:19de votre travail,
48:20vous arrivez à comprendre
48:21que la bataille,
48:23c'est celle des conditions de travail,
48:24c'est celle des effectifs
48:25parce qu'au bout du bout,
48:26il y a tout ce qu'on vient
48:26de se dire.
48:29Peut-être pas tous bénéficiaires,
48:30mais tous contributeurs.
48:31Oui.
48:32Il faudrait arrêter
48:34de croire que c'est
48:35un problème de spécialiste
48:36à partir du moment, en fait,
48:37où on arrive à élever
48:38le niveau de transparence,
48:40c'est-à-dire qu'on utilise
48:41de l'eau potable
48:42pour éteindre les feux,
48:43que les moyens coûtent cher,
48:44qu'ils sont dédiés,
48:46mais qu'on peut faire mieux.
48:48C'est aussi au public
48:49d'être plus exigeant,
48:50c'est-à-dire qu'il y a
48:52quelques alternatives à l'eau,
48:55mais la problématique
48:56des pompiers,
48:57c'est leur culture.
48:58C'est qu'on ne sélectionne pas
49:00les directeurs
49:01parce que c'est des révolutionnaires,
49:02on les sélectionne
49:05parce qu'ils sont capables
49:06de respecter un budget
49:06et des consignes.
49:08Or, on a besoin
49:09de s'émanciper
49:10des cultures du microcosme.
49:13Vous avez besoin
49:13de révolutionnaires.
49:14Oui, exactement.
49:15On a besoin de faire bouger
49:16les lignes
49:17et plus on s'ouvrira
49:18parce que ce n'est pas
49:18aux pompiers
49:19de prendre les décisions
49:20puisque c'est le service
49:22public.
49:23Il y a des décisions
49:24qui ne doivent pas
49:25uniquement être prises
49:26en catimini
49:27dans des conseils
49:28d'administration.
49:29Ça doit être l'objet
49:30de débats publics
49:31pour dire c'est quoi
49:32le service de secours,
49:33quel est son objectif.
49:35Il faut discuter de son coût
49:36parce que son coût,
49:37il faut voir
49:38que c'est un investissement
49:39au bénéfice
49:40du plus grand nombre.
49:41Le service public
49:42c'est le patrimoine
49:43de ceux qui n'en ont pas
49:44et être capable
49:46parce que ça coûte plus cher
49:48de mieux préserver
49:49les forêts.
49:49On voit en fait
49:50l'impact
49:51rien qu'en France
49:53des feux de forêt
49:55de l'année dernière.
49:56C'est des millions
49:57de tonnes de CO2.
49:59Aujourd'hui,
50:00en investissant
50:01un peu plus,
50:02on devrait pouvoir
50:03diminuer ça
50:04en adaptant la forêt,
50:06en adaptant en fait
50:06on a aujourd'hui
50:07des jouets technologiques
50:09qui coûtent cher
50:09mais qui permettent
50:10d'utiliser 4 à 6 fois
50:12moins d'eau
50:12en termes de lances
50:13parce que vous vous pensez
50:14à votre robinet
50:15à 19 000 litres minutes.
50:17Nous,
50:18on a des lances
50:18qui font 500 000 litres minutes.
50:20Ça veut dire
50:21que ce n'est pas
50:21les mêmes jouets
50:22donc ça agit autrement
50:23sur les ressources en eau.
50:24Faire de la prévention
50:25pour limiter la survenue
50:27des incendies
50:28et mettre des technologies
50:29passives
50:30donc par exemple
50:31des coupes-feux
50:31des vignes
50:33en bordure des forêts
50:34des feuillus
50:34plutôt qu'en fait
50:35du résineux.
50:37tout ça
50:38c'est des choses
50:39en fait
50:39c'est des choix financiers
50:40c'est des choix de long terme
50:41donc en fait
50:41il faut là aussi
50:43programmer
50:43être ambitieux
50:44et on joue trop petit
50:45parce que par exemple
50:46sur les inondations
50:47on pourrait prendre
50:48l'exemple de l'Allemagne
50:49ça veut dire que
50:50l'Allemagne
50:50en termes de protection civile
50:52sans que ce soit
50:53le modèle en fait
50:54de tout
50:54mais pour les accidents
50:55de train
50:56et bien ils ont un train
50:57parce qu'ils se sont dit
50:58qu'il y aurait certainement
50:58en fait des rails
50:59qui ne seraient pas très loin
51:01et on voit
51:02qu'il y a des endroits
51:03où par rapport
51:04à des inondations
51:05ils sont capables
51:06de surélever
51:08les berges
51:09des rivières
51:09en centre-ville
51:10pour limiter
51:11en fait
51:11la survenue
51:11des dégâts
51:12et en France
51:13on n'est pas capable
51:14de faire ça
51:14pourquoi ?
51:15parce qu'on est trop petit bras
51:16on pense trop petit
51:17et qu'aujourd'hui
51:18je vais prendre l'exemple
51:19des Jôtes Olympiques
51:20pour la sécurité civile
51:21en France
51:22on pense aux pompiers
51:23quand il y a un drame
51:24quand il y a des images
51:26quand il y a la Sainte-Barbe
51:28en dehors de ça
51:29en fait
51:30on n'y pense pas
51:31c'est-à-dire qu'aux Jôtes Olympiques
51:33partout
51:33on a une première
51:34en France
51:35on n'a rien demandé
51:36pour la sécurité civile
51:37on n'a pas demandé de moyens
51:39alors que
51:39quand on voit l'enveloppe
51:41de la sécurité civile
51:42ça aurait été le moment
51:43en fait
51:43de demander des moyens particuliers
51:45qui coûtent cher
51:46qui sont des investissements
51:47dans le long terme
51:48c'était possible
51:49mais une fois de plus
51:50on n'y a pas pensé
51:50par contre
51:51on est en train
51:52de nous expliquer
51:52que l'année prochaine
51:53les pompiers
51:53ils n'auront pas de vacances
51:54pendant les Jôtes Olympiques
51:56ni pendant en fait
51:57le débarquement
51:58l'anniversaire du débarquement
51:59là on y a pensé
52:00parce que c'est un terme
52:01d'organisation
52:02mais en termes de prévision
52:03et les pompiers
52:03on y pense
52:04que quand ça tombe
52:04sur nos pieds
52:05des moyens
52:05merci beaucoup
52:07Sébastien
52:08il nous reste vraiment
52:09deux minutes
52:09Philippe Rio
52:10comment est-ce qu'on embarque
52:11la population de Grigny
52:12dans cette bataille
52:14on ne gagnera pas
52:15sans la mobilisation citoyenne
52:17mouvements sociaux
52:17sociétés civiles
52:19les élus locaux
52:20nous on gère plein
52:21de petits trucs
52:21on est des artisans
52:24on gère plein de trucs
52:25des comités
52:26des syndicats
52:27et ben
52:29vous savez
52:30si notre pays
52:31va bientôt
52:32passer majoritairement
52:33sous la gestion publique
52:35en matière d'eau
52:35et ben
52:36c'est parce que
52:37les citoyens
52:37ont compris que l'eau
52:38était un sujet en France
52:39et ces 10 dernières années
52:40la conscience politique
52:42des françaises
52:43et des français
52:43ont compris que l'eau
52:44était un enjeu
52:45où il devait y avoir
52:46la transparence
52:46et concrètement
52:47dans les outils
52:48que nous pouvons gérer
52:49et créer localement
52:51je pense à l'eau
52:52particulièrement
52:53et on va parler
52:54des régies publiques d'eau
52:55et ben
52:56on peut
52:57la loi nous permet
52:58de faire rentrer
52:59des citoyens
52:59des associations
53:01de consommateurs
53:03des associations nationales
53:04des associations
53:05de quartier
53:05qui viennent
53:07et ben
53:08parfois nous chatouiller
53:10dans nos fausses certitudes
53:11ou dans notre zone
53:12de confort
53:13et la présence
53:14de ces citoyens
53:15dans ces instances
53:16de décision
53:17pour gérer l'eau pota
53:18pour gérer l'assainissement
53:19est un bien fou
53:20pour notre pays
53:21donc
53:22voilà des exemples
53:23concrets
53:23on peut encore
53:24développer ça
53:25de manière
53:26beaucoup plus importante
53:27ce sont
53:28des points de repère
53:29dans la gestion
53:29concrète
53:30de services publics
53:32de l'eau
53:32on parlait de transparence
53:33et ben
53:34la transparence
53:35c'est ce qui nous fera gagner
53:37Florence Abetz
53:38le mot de la fin
53:38pour vous
53:39chacune de vos interventions
53:40est applaudie largement
53:41ici pourtant
53:42vous êtes
53:43hydroclimatologue
53:45est-ce que ça veut dire
53:46qu'on est un public
53:47de la fête de l'humain
53:48c'est très populaire
53:49ça veut dire que la bataille
53:50est un peu gagnée
53:51sur l'éducation populaire
53:51sur ces questions là
53:53ah ben c'est bien
53:54oui
53:55c'est sûr que c'est des sujets
53:57qui parlent beaucoup aux gens
53:58et moi je crois beaucoup
53:59en fait à la communication
54:00à la culture
54:01en fait
54:01par tous les sens
54:02par la musique
54:03par les films
54:05et arrêter
54:06de laisser croire
54:07que
54:09imaginer le monde de demain
54:10c'est revenir
54:11aux Amish
54:12ou aux Ayaotalaver
54:13le monde de demain
54:15il peut être quand même
54:16super plaisant
54:17abandonner les trucs
54:18qui aujourd'hui sont pénibles
54:19pour arriver à un monde
54:21qui soit compatible
54:22avec le climat
54:22avec la biodiversité
54:23et avec
54:25notre humanité
54:25ben voilà
54:26c'est ça l'ambition
54:27et je pense qu'on va y arriver
54:28et bien sur cette touche positive
54:31il est 18h pile
54:33on a été parfait
54:35merci à vous
54:36et bonne fête
54:38à toutes et tous
54:40Marion
54:41on peut dire que pour les personnes
54:43je fais deux secondes de publicité
54:46pour ceux qui aiment les débats sur l'eau
54:48demain
54:49je te laisse dire
54:50non
54:51demain à 10h30 au village du monde
54:53il y a le rapporteur spécial de l'eau
54:56de l'ONU
54:57qui est l'invité spécial
54:58de la fête de l'humanité
54:59il sera demain matin
55:00à 10h30 au village du monde
55:03et à 16h dans un petit stand
55:04qui s'appelle
55:05la coopérative des élus
55:06et on est très honoré
55:08de l'accueillir
55:09à demain du coup
55:14merci Marion
55:19merci à Carole Delga
55:22présidente de la région Occitanie
55:24Sébastien Delavoux
55:26merci à vous
55:26merci à vous
55:29Sous-titrage FR ?

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