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  • il y a 13 heures
«Au moment où un cri social d’ampleur est poussé partout dans le pays, imaginer que l’Humanité puisse disparaître serait un comble, un crime à notre Histoire et à l’avenir de nos enfants ! » Ces mots envoyés par un adhérent des Amis de l’Humanité, résument assez simplement la situation.
Débat avec Guillaume Montaudouin, étudiant en école de journalisme et Catherine Sceaux, membre des Amis de L’Humanité

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Transcription
00:00Bonjour, bienvenue à cette nouvelle émission de Libre Parole.
00:04Écoutez une émission spéciale, une émission qui est aujourd'hui dédiée au journal de l'Humanité,
00:11dont vous savez peut-être ou pas qu'il est en difficulté et qu'il est depuis le 7 février
00:17sous la protection et le contrôle du tribunal de commerce de Bobigny.
00:21Alors, une grande mobilisation se fait jour, des abonnements arrivent au journal
00:30et nous consacrons cette émission aujourd'hui avec deux invités, Catherine Sceau d'abord, bonjour,
00:38et Guillaume Montandouin. Catherine, vous allez vous présenter, et Guillaume ensuite, on vous écoute.
00:48Alors, moi je suis Catherine Sceau de l'Association des Amis de l'Humanité à Nanterre
00:52et membre du Parti communiste et lectrice de l'Humanité depuis plus de 40 ans.
00:58Alors, vous nous direz un peu ce qu'est cette Société des Amis de l'Humanité par la suite.
01:02Et vous, Guillaume ?
01:04Moi, c'est Guillaume Montandouin, du coup, j'ai 19 ans, je suis actuellement en école de journalisme,
01:08donc je suis futur journaliste a priori, et je suis lecteur régulier de l'Humanité.
01:13Bien, alors en fait, vous êtes lecteur régulier de l'Humanité depuis quel âge ?
01:16Depuis que je suis jeune, on va dire, depuis le collège, je lis la presse en général, et donc l
01:19'Humanité aussi.
01:20Et de plus en plus, et surtout en ce moment avec les Gilets jaunes, je pense que je ne lis
01:23pratiquement que l'Humanité,
01:25vu ce que je vois dans les autres journaux.
01:27Donc, à peu près, je dirais 5-6 ans.
01:295-6 ans.
01:32Alors, Guillaume, on reste avec vous.
01:34Comment c'est venu le fait de lire l'Humanité, puisque déjà, de moins en moins, de gens lisent de
01:41la presse papier ?
01:42Et comment c'est arrivé ?
01:44Je pense que d'abord, c'est parce que je suis très intéressé par la politique en général,
01:49donc forcément, je suis amené à lire tous les journaux de presse quotidienne.
01:54et une fois que j'ai acheté l'Humanité, j'ai trouvé le journal très bon,
01:59j'ai trouvé des choses que je ne trouve pas ailleurs.
02:01Donc, j'ai été amené à la racheter, à la racheter, et petit à petit, il m'a fidélisé le
02:04journal.
02:04Voilà, tout simplement.
02:06D'accord.
02:06Alors, vous nous direz après ce que vous y trouvez, que vous n'y trouvez, que vous ne trouvez pas
02:10ailleurs, par exemple.
02:11Alors, vous, Catherine, ça fait 40 ans que vous lisez l'Humanité,
02:14et vous avez commencé comment lire ?
02:16Dans quelles conditions, dans quel contexte ?
02:18Moi, ma famille, mes parents lisaient l'Humanité, et puis, quand j'étais à la JC, naturellement, on lisait l
02:26'Humanité.
02:27Et je remarque que l'Humain m'a accompagnée durant toutes ces années.
02:34Je pourrais remonter à Angela Davis, Nelson Mandela, la guerre du Vietnam, c'est les gros souvenirs marquants.
02:44Je m'étais aussi beaucoup intéressée à la guerre au Rwanda, et voilà, je continue à le lire tous les
02:52jours,
02:53et à trouver des choses qui m'intéressent énormément.
02:57Alors, vous êtes membre de la Société des Amis d'Humanité, alors qu'est-ce que c'est que cette
03:02société ?
03:02Alors, il y a une grande association nationale, et on ESSEM un petit peu partout dans toute la France.
03:10Donc, notre but, c'est de faire connaître l'Humanité, d'organiser des soirées, débats autour de l'Humanité,
03:18et puis, notre gros travail, c'est aussi de proposer des abonnements.
03:24D'accord, donc, cette société, elle a vu le jour quand ? Sa date de naissance, c'est...
03:29Alors, la nôtre...
03:30Enfin, de manière nationale, si vous le savez, puis la vôtre à l'honneur.
03:34Non, il y a quelques années quand même, la Société de l'Humanité, il y avait l'Assemblée Générale, la
03:41semaine dernière,
03:42avec des tas de personnalités qui sont dans le conseil d'administration de l'association.
03:49Alors, il y a aussi la Société des Lecteurs, parce qu'il y a deux choses, qui, en ce moment,
03:54offrent des abonnements de un mois.
03:57Donc, le but, c'est de faire connaître l'Humanité, le public, c'est surtout vers les jeunes,
04:03et après, on leur demande ce qu'ils en pensent, et évidemment, on leur demande de s'abonner.
04:10Alors, qu'est-ce que vous lisez, vous, en premier ?
04:13Alors, j'imagine qu'en 40 ans, la lecture a, comment dire, la forme de lecture a changé.
04:19Mais qu'est-ce que là, dans celui d'aujourd'hui ?
04:22Ce matin, vous l'avez...
04:24Par exemple...
04:24Vous vous êtes abonné ?
04:25Oui, alors, nous, on est abonné, avec mon ami, on est abonné au portage, donc on le reçoit tous les
04:31jours.
04:31Je peux dire aussi que, quand on part en vacances, on téléphone une dizaine de jours à l'Humanité avant,
04:38pour faire le changement d'adresse,
04:40et ça ne pose aucun problème, je n'ai jamais eu aucun souci pour les changements d'adresse,
04:44parce qu'il y a beaucoup de gens, quand je leur propose l'abonnement, me disent, oui, mais moi, je
04:47pars ici, là...
04:49Non, ça, ça ne pose pas de difficultés.
04:52Alors, aujourd'hui, ce que j'ai lu attentivement avant de venir, il y a, par exemple, l'article sur
05:03l'école, là, ça fait plusieurs jours qu'on a des articles sur l'école...
05:06Alors, Catherine, vous lisez ça parce que vous étiez institutrice.
05:09Voilà, parce que j'étais enseignante, donc, souvent, en premier, je commence par les articles sur l'école et sur
05:15la loi de Blanquer.
05:17Je suis également militante à la CNL, et aujourd'hui, je vois...
05:21Donc, la CNL, c'est...
05:22Confédération Nationale du Logement, qui défend les locataires dans les HLM,
05:28et aujourd'hui, je vois un petit article très intéressant sur la baisse du nombre de logements HLM,
05:35contrairement à ce qu'on nous avait promis, à cause de la baisse des réductions.
05:39Ce n'est pas très long, c'est complet, et ça, après, je m'en resserre quand je travaille avec
05:44la CNL.
05:45D'accord. Est-ce que vous lisez d'autres... ça vous arrive de lire d'autres périodiques, d'autres journaux
05:50que l'Humanité,
05:51Alors, non, très peu, parce qu'on passe quand même beaucoup de temps à lire l'Humanité et à lire
05:56toutes les Humanités spéciales.
05:58Là, on vient d'en sortir un sur l'évasion fiscale, j'en ai un sur Fidel Castro, par exemple,
06:05voilà.
06:05Donc, j'ai peu le temps de lire les autres presses, mais j'écoute la radio, France Inter et la
06:13télé.
06:13Et je me rends compte, en lisant l'Humanité, que c'est quand même le seul journal antilibéral
06:19et qui porte d'autres voix que celles qu'on entend à la télévision et à la radio.
06:28Alors, Guillaume, on sait qu'aujourd'hui, la presse appartient à 9 ou 10 milliardaires,
06:33que les propriétaires de la presse n'ont jamais été aussi riches.
06:38Qu'est-ce que ça vous inspire, vous, qui êtes un étudiant en école de journalisme, en première année ?
06:43Ce que ça m'inspire principalement, c'est l'importance d'avoir un journal qui est indépendant et des journaux
06:48qui sont indépendants.
06:49Il en reste encore, mais très peu.
06:51Comme vous l'avez dit, c'est 90% des journaux quotidiens qui sont détenus par des grands milliardaires.
06:58Donc, il y a l'Humanité, il y a Mediapart, il y a la revue, il y a encore quelques
07:01journaux.
07:02Charlie Hebdo aussi, La Croix. Non, La Croix, je suis. Non, je ne crois plus.
07:05Je ne crois plus, mais il y a encore quelques journaux qui sont indépendants et c'est super important.
07:10Et d'ailleurs, c'est ce que j'aurais voulu quand il a créé l'Humanité.
07:13Dans son premier édito, il avait expliqué à peu près la ligne éditoriale de l'Humanité.
07:19Il avait précisé à la fin, l'indépendance, c'est quelque chose de super important.
07:23Et par exemple, l'Humanité, elle, elle est restée fidèle à ses valeurs de son créateur.
07:28Là où, par exemple, Libération, Sartre voulait que le journal soit indépendant.
07:32Aujourd'hui, ça ne l'est plus.
07:33Et l'Humanité, malgré les difficultés de la presse, continue de ne pas faire entrer son capital à des grands
07:40milliardaires.
07:40C'est très important.
07:41– Mais alors, en quoi c'est important l'indépendance ?
07:44Par rapport à la démocratie ? Par rapport à l'information ?
07:47Par rapport à… Pourquoi est-ce que c'est… ?
07:52– C'est important déjà pour la liberté d'expression, parce que même si c'est vrai que ce n
07:58'est pas parce qu'un journaliste est dans une presse qui a été rachetée par un milliardaire
08:02qui ne peut pas dire ce qu'il veut, mais il y a quand même des restrictions.
08:06C'est-à-dire que la Libération, je vois mal faire un gros papier sur Patrick Drahi le jour où
08:09il fera une bêtise.
08:10Par exemple, le Nouvel Nancy Challenge, les journalistes avaient râlé parce qu'il y avait trop d'éditos pro-Macron.
08:19Et donc c'est ça l'importance de l'indépendance de la presse, c'est pouvoir faire exactement ce qu
08:23'on a envie de faire, dire ce qu'on a envie de dire,
08:26et ne pas être attaché à des pouvoirs de l'oligarchie en soi, tout simplement.
08:33– Allez-y, allez-y, Catherine.
08:35– Sur l'indépendance de la presse, par exemple, quand on voit cette une-là…
08:39– Oui, montre-le bien à la caméra, oui. Donc c'est la une, les violences policières.
08:43– Les gueules cassées, le gars, il a eu l'œil crevé. Voilà. Est-ce qu'il y a eu
08:49d'autres journaux qui l'ont fait ou qui auraient pu le faire ?
08:53– Donc quand je parle d'une autre voie, et bien là, par exemple, on donne la voie au sans
09:00-voie, justement, dans la rue.
09:02Et là, les violences, il y a des violences dans la rue, mais la violence policière, elle est aussi très
09:07importante.
09:08– Donc en fait, là, Catherine, ce que vous êtes en train de dire, on donne la voie au sans
09:13-voie.
09:13Donc vous remettez en… vous contestez en fait quand le président de la République, Emmanuel Macron, dit,
09:21avec certains médias, avec les médias, la parole de Jojo le gilet jaune, ce sont ses propres propos,
09:28vaut celle d'un ministre. Vous contestez ça, en fait. Donc vous pouvez réagir tous les deux.
09:35– Oui, c'est du Macron tout craché, c'est du mépris de classe par excellence.
09:40Et c'est ce qui fait que le peuple aujourd'hui se révolte, je pense. Pourquoi ?
09:44Parce que Macron, au final, il fait quoi ? Il continue de faire la politique libérale qui a mené depuis
09:4930 ans.
09:50Sauf que là où les anciens présidents se faisaient un petit peu discrets, lui, il se permet d'être arrogant.
09:54Donc forcément, ça fait qu'en venir la chose. Et c'est juste honteux de dire ça.
09:58Parce que oui, justement, je pense qu'un journal comme l'Humanité, il donne la parole aux gens
10:02qui ne l'ont pas souvent dans les médias télévisuels, radio, etc.
10:06Et c'est essentiel, parce que ces gens méritent de dire ce qu'ils ont envie de dire et de
10:10leur penser.
10:11C'est normal, c'est la démocratie. Et il n'y a que l'Humanité aujourd'hui qui fait ça,
10:15je pense.
10:16– Catherine ?
10:16– Mais moi, Jojo, le gilet jaune, ça m'évoque extrêmement de mépris.
10:20Enfin, vraiment, cette façon de parler comme ça des gens de la rue,
10:25mais de toute façon, il ne les connaît pas.
10:28Mais voilà, donc Jojo, le gilet jaune, justement, il n'a pas la parole dans les médias.
10:35– Alors, l'indépendance d'un journal, parce qu'il y a le pluralisme, bien sûr,
10:41les divers points de vue, mais l'indépendance d'un journal, c'est aussi affaire de dignité, en quelque sorte.
10:47C'est toute une partie de la population qui, non seulement peut avoir accès à l'information,
10:53mais qui peut aussi, comment dire, s'imposer dans le paysage, comme on dit, médiatique aujourd'hui,
10:58ou simplement se rappeler au bon souvenir avec ce qu'ils ont à dire, non ?
11:04– Évidemment, je pense que le fait que l'humanité soit indépendante,
11:07ça devrait encore plus pousser les gens à l'acheter.
11:10Ce n'est pas la seule raison.
11:12Je ne dis pas qu'on peut trouver d'autres, il y a des bons articles dans toute la presse
11:17en soi.
11:17Mais l'humanité, c'est d'autant plus important de l'acheter qu'il est indépendant,
11:22et qu'il n'a pas des... enfin, il a des aides financières de l'État.
11:25Mais d'ailleurs, il faudrait voir à quel point les redistributions, aujourd'hui,
11:28ne sont pas très bien faites, premièrement.
11:31Et deuxièmement, le fait qu'une presse soit indépendante,
11:34on critique tout le temps les journalistes et à raison,
11:37autant encourager quand ceux-ci sont indépendants.
11:40– Catherine, par rapport à ça, par rapport au fait qu'une partie de la population
11:46est en quelque sorte rayée, n'apparaît plus dans les radars et soit rayée de...
11:51– Donc je vais vous montrer ma deuxième une que j'avais choisie,
11:56les milliardaires trois fois plus riches qu'en 2008.
11:58Donc c'est important d'expliquer ça.
12:01Et parallèlement, on donne la parole, il y a quand même eu beaucoup d'articles,
12:05sur des gens précaires, sur des gens qui gagnent 800 euros,
12:10sur des retraités, il leur reste 400 euros à la fin du mois,
12:14les médicaments qui coûtent plus cher, les aides à domicile qu'il faut payer.
12:19Donc il y a toujours ces deux volets, le volet d'explication et le volet de témoignage
12:25qui sont importants pour moi.
12:26– Il y avait le journal des cahiers d'oléances récemment,
12:28qui est sorti, je ne sais plus, je crois que c'était il y a deux semaines environ.
12:31– Oui, enfin il était assez très important.
12:33– Et moi personnellement, en tant que lecteur,
12:35je n'ai jamais été aussi ému de ma vie en lisant un journal.
12:39C'est-à-dire que les gens exprimaient leur désespoir, leur colère, leurs revendications,
12:43et sur 4, 5, 6 pages, je crois, et ça, ça n'existe nulle part ailleurs.
12:48Et c'est essentiel, et c'était vraiment, pour moi en tout cas, je vous le dis,
12:52ça m'a touché de lire tout ça, de lire la détresse des gens.
12:55– Donc en fait, Guillaume, pour savoir vraiment ce qui se passe en vrai dans le pays,
13:02l'humanité joue son rôle en fait, c'est ça que vous êtes en train de nous dire.
13:04– Oui, c'est dans la pluralité de la presse, il faut avoir toutes les opinions,
13:07parce qu'il y a beaucoup de médias qui se cachent derrière la sainte neutralité du journalisme.
13:11– Mais par…
13:12– On ne va pas se mentir, mais, excusez-moi, on ne va pas se mentir,
13:15il n'y a pas de neutralité du journalisme.
13:17L'humanité, c'est un journal d'opinion qui l'assume, et il défend de quoi ?
13:20Il défend les valeurs de gauche, donc la valeur du social, la valeur du travail, les dominés,
13:24ceux qui n'ont pas la voix, et c'est essentiel d'avoir un journal qui porte,
13:28j'ai envie de dire, cette idéologie-là.
13:29– Cette idéologie-là et cette réalité-là.
13:32– Et cette réalité aussi.
13:33– Oui, qui peut être masquée par ailleurs.
13:34Alors, tout à l'heure, j'ai posé la question à Catherine,
13:36mais vous, qu'est-ce que vous lisez quand vous lisez l'humanité ?
13:39Alors, vous lisez d'abord d'autres presses, mais…
13:42– Oui, ça m'arrive. – Depuis toujours.
13:43– Depuis toujours, donc ça m'arrive.
13:45Des fois, je prends le monde, l'Ibé, quand il y a un bon titre,
13:49je me dis, bon, je vais l'acheter, mais après, c'est vrai que majoritairement,
13:51en ce moment, c'est l'humanité.
13:52– C'est l'humanité, ça, c'est en rapport avec la situation sociale, politique du moment.
13:58– Exactement, parce qu'en fait, j'ai encore plus acheté quotidiennement
14:03l'humanité en kiosque, à partir du moment où j'ai vu le traitement médiatique des Gilets jaunes.
14:07Parce que Libération, qui est un journal de gauche, par exemple,
14:10qui est de base un journal de gauche, et je vois comment,
14:13des fois, les Gilets jaunes sont traités, je me dis, c'est pas possible,
14:16les autres, j'en parle même pas.
14:18Et c'est vrai que l'humanité fait partie des journaux qui défendent les Gilets jaunes.
14:25Et effectivement, c'est pour ça que je le dis de plus en plus,
14:27surtout dans le contexte en ce moment.
14:29– D'accord. Alors, tout à l'heure, j'ai posé la question à Catherine,
14:31mais qu'est-ce que vous, comment vous lisez le journal ?
14:34Vous lisez toujours avec un certain ordre ?
14:37– Oui, c'est vrai que j'ai mon petit ordre, en fait,
14:39parce que moi, je le lis dans le train, généralement.
14:42Et ça dépend, mais souvent, il y a des gens à côté de moi,
14:44donc du coup, ouvrir le journal en grand, ça les dérange un petit peu.
14:47Donc moi, je lis souvent de l'arrière. Je ne sais pas si je peux vous le montrer.
14:49– Oui, la date est la dernière page.
14:51– Mais ça, ça, ça, je commence toujours par ça,
14:52parce que pourquoi ? Déjà, je lis le matin, donc je suis un peu fatigué.
14:56– Et là, ça me fait rigoler, ça me donne un petit peu de dynamisme.
15:01Voilà, c'est cette page-là que j'ai en première.
15:02– Et donc, vous lisez, il y a des mauvais sur le riche,
15:03les médiateurs, qui n'ont pas honte.
15:05– Les médiateurs, qui n'ont pas honte.
15:06– C'est une ligne, etc.
15:07– Oui, voilà. Et après, je lis dans l'ordre.
15:09– D'accord. C'est-à-dire, vous lisez les littorials et les…
15:13– Mais d'abord, je lis par la fin.
15:14– D'accord. Alors, Catherine, je vois que vous avez sorti quelque chose là.
15:19– Je veux dire comment je le lis, moi aussi.
15:20– Ah oui, d'accord.
15:21– Alors, moi, je le lis chez moi, parce que je suis retraitée
15:24et j'ai un petit peu le temps de le regarder.
15:26Mais quand il y a des articles qui m'intéressent,
15:29je déchire la page.
15:31Donc, mes petites pages s'accumulent.
15:32Et quand je sais que je dois prendre le train, le RER,
15:36ou quand c'est mon ami qui conduit,
15:38j'ai toujours quelques feuilles d'humain dans mon sac pour le lire.
15:42Ce matin, j'en ai lu en venant dans le RER.
15:45– Vous faites des petits dossiers, en fait.
15:46– Voilà.
15:47– J'ai un classeur où je trie tous mes articles depuis que je lis la presse.
15:50– Oh là là.
15:51– Il y a beaucoup de l'humanité dedans.
15:52D'ailleurs, je passe un petit peu des fois pour un malade.
15:54– Oui.
15:54– Il y a tous les articles comme ça, triés, un parrain, etc.
15:56Ceux que j'ai trouvés très bons.
15:58Et c'est là où j'en reviens à un autre point.
16:00C'est que le journalisme, quand il est bien fait,
16:02c'est, comment dire, pour les historiens, c'est une source qui est énorme.
16:06C'est-à-dire que les historiens se plongent dans la presse.
16:09Donc, pourquoi l'humité doit survivre ?
16:10C'est que dans 60 ans qu'on va voir l'histoire des Gilets jaunes,
16:13les gens vont aussi se plonger dans l'humanité.
16:15Donc, ça va être l'autre son de cloche.
16:16Le jour où il n'y a plus l'humanité,
16:18les historiens ne vont plus avoir ces sons de cloche-là.
16:20Parce que la presse, c'est une des ressources de l'histoire.
16:24– D'accord.
16:24– Les gens ont tendance à l'oublier,
16:25mais on fait l'histoire grâce à la presse, entre autres.
16:27Donc, c'est important qu'il y ait une presse qui donne un autre son de cloche.
16:29– Pour savoir ce qui s'est passé, en fait, réellement.
16:32Alors, Catherine, vous avez posé devant vous…
16:35– Alors, c'était pour montrer le pluralisme de l'humanité.
16:37– D'accord.
16:38– On n'invite pas que des communistes.
16:40– D'accord.
16:40– Là, l'article sur l'école, du mercredi 13 février.
16:43L'école de la confiance de Blanquer menace-t-elle le service public ?
16:47On interview une Céline Brulin, sénatrice du PCF,
16:52Anne Bruniera, députée de la REM.
16:55– Donc, du parti présidentiel.
16:58– Elle, elle est d'accord avec la loi, mais elle le dit.
17:00– Mais elle le dit, librement, bien sûr.
17:02– Je l'ai lu, il faut savoir ce qu'elle dit.
17:04– Oui, on a deux personnes de la FCPE
17:09et la troisième personne, une syndicaliste du SNUIPP.
17:13Donc, on a vraiment tous les avis.
17:16– D'accord.
17:16Donc, en fait, c'est un journal indépendant qui pratique,
17:21qui participe au pluralisme, mais qui le pratique réellement.
17:24– Oui, parce que les gens ont souvent la fausse image,
17:26en même temps un peu vraie, de dire l'humanité, c'est que le PCF.
17:30Moi, par exemple, je ne suis pas dans le Parti communiste français.
17:33Je lis l'humanité, et j'invite tous les gens,
17:35que ce soit de la France insoumise, d'Europe au Collège des Verts,
17:38à lire l'humanité, parce que c'est un journal qui va leur plaire.
17:40L'humanité n'est pas que destinée aux communistes.
17:43– Non, non, d'ailleurs, c'est le journal de Jean Jaurès.
17:44– C'est le journal de Jean Jaurès.
17:46– C'est le journal du Parti communiste depuis quelques années déjà.
17:47– C'est depuis 1994, je crois que c'est plus l'organe central du PCF.
17:50Bon, c'est encore dirigé par un député PCF,
17:53ce qui n'est pas un problème d'ailleurs du tout.
17:55Et toute la gauche peut lire ce journal.
17:58Enfin, la gauche, la gauche, pas celle du PS.
18:01– La gauche, oui.
18:01– La gauche.
18:02– Oui, dirigé par Patrick Lohyari, qui est député européen.
18:06Et c'est peut-être même, pas un problème, c'est peut-être même un atout,
18:09que ce soit dirigé par quelqu'un qui a l'habitude de se battre.
18:12Alors, on va, à moins que vous ayez des choses à ajouter,
18:16en tout cas, je vous remercie encore.
18:18sur le... qu'est-ce que vous pourriez dire ?
18:20Alors, quel message vous pourriez délivrer aux gens qui nous regardent,
18:24qui nous écoutent là maintenant, par rapport au journal
18:27et à votre conviction aussi que ce journal doit vivre ?
18:32Parce que s'il disparaît... Catherine ?
18:36– Imaginons un moment la suite des événements sans l'humanité,
18:42sans tout ce qui se passe avec les gilets jaunes.
18:45Et alors, moi, j'accorde aussi beaucoup d'importance à l'international.
18:52Pas d'informations sur la Palestine, pas d'informations sur...
18:58de vraiment ce qui se passe.
19:00Là, aujourd'hui, on parle de Haute-Challane, qui est enfermée en Turquie.
19:06Là, j'ai... alors, j'ai amené mes petites presses, hein, mais ma une.
19:10Là, c'est la une sur Lula, où on demande qu'il soit prix Nobel de la paix.
19:16Ce qui se passe en Amérique du Sud, j'aime bien lire parce que j'y vais quelques fois.
19:21Ce qui se passe au Brésil et au Venezuela, heureusement qu'on a l'humanité
19:25pour nous établir aussi d'autres faits que ce qui est dit actuellement.
19:31D'accord. Donc, vous invitez les gens qui nous écoutent, qui nous regardent,
19:35à faire quoi par rapport à ça ?
19:37Alors, à le lire, évidemment, à l'acheter.
19:44Alors, il faut savoir aussi que, bon, l'humanité, tu disais tout à l'heure,
19:48on a une dette de 9 millions d'euros.
19:51De 7 millions, oui.
19:52De 7 millions. 7 millions, c'est déjà assez.
19:54Il y a eu, par exemple, 1 million d'euros de supprimés d'aide à la presse à petits tirages.
20:01Depuis des années, il y a eu 10 000 kiosques à journaux
20:05et des postes de points de vente qui ont été fermés.
20:07Ça devient très compliqué, on le disait tout à l'heure,
20:11de se procurer l'humanité quand on n'est pas en ville.
20:14Il y a des coins, il n'y a plus du tout l'humanité.
20:16Il n'y a plus de CDH, des vendeurs d'humanité.
20:20Donc, ça devient très, très, très difficile.
20:22Et donc là, l'humanité demande de l'argent, ok, l'acheter, c'est bien,
20:28mais je crois que le mieux, c'est l'abonnement,
20:30parce que l'abonnement pérennise l'humanité.
20:33Alors, je peux vous expliquer comment on peut s'abonner.
20:36On peut s'abonner de plusieurs manières.
20:39On peut s'abonner à l'Huma quotidienne seulement.
20:41On peut prendre que l'Huma du week-end, vendredi, samedi, dimanche et l'Huma dimanche.
20:47On peut prendre tout.
20:48On peut prendre par prélèvement automatique, au mois ou à l'année.
20:52Parce qu'effectivement, ça coûte cher.
20:55Mais moins on en aura, plus ça coûtera cher.
20:59Et Patrick Le Yaric nous explique régulièrement que ce qui va sauver l'humanité, c'est les abonnements.
21:06Et là, je crois qu'il y a eu plus de 850 abonnements depuis le début de la campagne.
21:11Je ne sais pas s'il y a eu ce nombre d'abonnements, mais il y en a eu beaucoup,
21:15oui.
21:15Et effectivement, pour sortir le journal d'affaires, il faudrait au moins 10 000 abonnements.
21:22Donc, il y a du travail.
21:23Mais en tout cas, merci Catherine.
21:26Guillaume.
21:26Moi, déjà, je dis aux gens qui ont des a priori sur l'humanité, lisez-le.
21:32Pour faire votre avis, lisez-le.
21:33Vraiment, ça vaut le coup.
21:34Et puis, même si vous n'êtes pas d'accord avec tout, il y a des pages culture qui sont
21:37savoureuses, de poèmes.
21:39On apprend des choses.
21:39On apprend des choses pour la culture générale.
21:40Dans tous les cas, ça vous fera du bien, on va dire.
21:45Après, il faut que les gens font aussi en fonction de leurs moyens.
21:48Donc, dès que vous pouvez, si vous n'avez pas les moyens de prendre un abonnement, essayez de l'acheter
21:52en cœur, que vous ayez un peu de sous.
21:53Si vous avez les moyens pour faire un abonnement, abonnez-vous.
21:56Je ne peux pas dire l'inverse, évidemment.
21:58Puis voilà, il faut que les gens fassent dans la mesure de leur possible.
22:02C'est aussi simple que ça.
22:03C'est essayer d'aider l'humanité tant que vous le pouvez.
22:08Bien, écoutez, je vous remercie.
22:09Je terminerai par une phrase de Jean Jaurès qui dit « C'est parfois dans l'extrémité du péril que
22:14vient le salut ».
22:15Écoutez, nous continuons à agir pour ça.
22:19Catherine Saut, des Amis d'Humanité Nantais à Guillaume Montaudouin de Poissy.
22:24Vous habitez Poissy.
22:25Vous êtes en première année de journalisme.
22:28Écoutez, je vous remercie d'être venu pour soutenir ce titre tellement précieux pour notre pays, notre démocratie.
22:37Merci.
22:37Merci à vous aussi.
22:38Merci de défendre l'humanité.
22:40Et continue.
22:42Merci.

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