00:06Je retire que de cet échange que nous avons des positions diamétralement opposées,
00:12mais c'est bien justement, en tout cas c'est ma conception de la démocratie,
00:16que ce genre de débat soit organisé pour que les citoyens puissent se faire un avis.
00:22Des débats où tout le monde est d'accord, ça ne fait pas avancer le schmilblick, on en dit.
00:25Et donc c'est bien de pouvoir avoir des confrontations d'idées, fortes confrontations,
00:31parce qu'on n'est vraiment pas d'accord de ce niveau-là, pour que les citoyens se fassent une
00:36opinion.
00:37Est-ce qu'il y a un désaccord particulier qui lors de ce débat vous a marqué ?
00:40Il a été résumé par la dernière question, est-ce que la lutte de classe existe toujours ?
00:44Oui, la lutte de classe existe toujours.
00:46Il y a un représentant du capital d'un côté, c'est le patron du MEDEF,
00:50et il y a un représentant du travail, du monde du travail, c'est le secrétaire général de la CGT.
00:55C'est cette opposition qui existe depuis que le monde du travail existe,
00:59et notamment le prolétariat, et qui est de plus en plus accentuée dans un cadre mondialisé,
01:04ce qui fait la différence aujourd'hui avec ce qu'on a pu connaître il y a quelques siècles.
01:09Vendredi, l'Humanité publiait un sondage IFOP dans lequel deux tiers des Français considéraient
01:14que le mot capitalisme, le concept, était négatif.
01:16Ça vous rassure sur votre vision du monde à vous ?
01:21Oui, j'allais dire, ça fait preuve de lucidité de la part de ceux qui ont répondu à cette question.
01:27En même temps, ce qui nous préoccupe aujourd'hui, c'est comment on le dépasse.
01:31Et là, je ne suis pas sûr qu'à la question comment on peut dépasser ce système,
01:35les réponses soient aussi majoritaires que celles que vous avez eues pour la précédente.
01:41D'abord, le débat a eu lieu, un débat respectueux, mais aussi où chacun portait ses convictions.
01:47Je pense que c'est une bonne chose pour la démocratie sociale, la démocratie tout court.
01:52On est capable dans ce pays, en n'étant pas d'accord, en étant chacun dans un camp opposé,
01:58d'échanger courtoisement, mais au-delà de la courtoisie, d'échanger des vrais arguments de fond et de se confronter.
02:05Et puis, il y a eu des sujets intéressants sur lesquels, je ne parlais pas de convergence,
02:10mais enfin, en tout cas, des choses sur lesquelles on n'est pas en désaccord complet.
02:13Par exemple, les appels d'offres publiques, par exemple, le sujet d'honneur d'ordre sous-traitant,
02:21ou les organisations internationales, les rôles des organisations internationales.
02:24Donc, voilà, moi, j'ai appris des choses et j'étais très heureux d'échanger avec Philippe Martinez.
02:28Mais vendredi, l'Humanité publiait un sondage avec l'IFOP,
02:31dans lequel on remarque que les deux tiers des Français estiment que le mot, le concept capitalisme,
02:36est un concept négatif. Qu'est-ce que ça vous inspire à vous, président du MEDEF ?
02:39Écoutez, moi, j'ai créé mon entreprise, j'avais 34 ans, je n'avais pas de capital.
02:43Et donc, j'ai emprunté. Donc, un capitaliste, c'est quelqu'un qui a besoin de capital.
02:48Ce que les Français ne comprennent peut-être pas, mais c'est peut-être un problème de sémantique,
02:52c'est que cet argent, s'il dort à la caisse d'épargne, il n'écrira pas d'emploi,
02:56il n'écrira pas d'innovation, il n'écrira pas de richesse.
02:58Et maintenant, on a besoin de ça pour payer des impôts, etc.
03:02Après, on a un travail de communication à faire, j'imagine.
03:05Est-ce que le mot communisme est un gros mot pour vous ? Est-ce que c'est un concept
03:09négatif ?
03:10Oui, communiste, ça dépend. Si on fait référence aux millions de morts de l'Union soviétique,
03:14oui, c'est un concept négatif. Maintenant, je pense que ça fait 40 ans, 50 ans, 60 ans
03:18que ce n'est pas ça aujourd'hui. Qu'est-ce que ça veut dire encore aujourd'hui ?
03:22C'est marrant, j'ai du mal à le définir. Comment se définit communiste ?
03:26En 2006, le parti communiste chinois, pour moi, il n'a pas grand-chose de communiste.
03:30Très honnêtement, c'est un pays où il y a des inégalités, où il n'y a pas de liberté
03:33syndicale.
03:37Donc, je ne sais pas. Je ne sais pas si Philippe Martien se revendique comme communiste.
03:40On n'en a pas parlé.
03:41Merci.
03:41Merci.
03:42Merci.
03:43Merci.
03:44Merci.