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  • il y a 21 heures
Régis Debray et Philippe Martinez ont débattu vendredi 9 septembre à la fête de l'Humanité, sous le chapiteau des amis de l'Humanité. Voici la retransmission intégrale de cette rencontre unique.

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Transcription
00:00:01...
00:00:08Bonsoir à tous.
00:00:09Est-ce que vous allez bien ?
00:00:14Mieux que la France ?
00:00:17Alors ça va.
00:00:19Je vous demande...
00:00:20Alors tout à l'heure on a rendu un hommage à notre ancienne présidente,
00:00:24Edmond Charleroux.
00:00:27Je vous demande un petit triomphe s'il vous plaît pour notre président des Amis de l'Humanité,
00:00:31Ernest Pignot-Ernest.
00:00:35Il n'aime pas ça.
00:00:38Voilà, je l'ai embrassé pour vous.
00:00:46Alors, Charles en parlerait mieux que moi, mais quand même, il faut un petit peu raconter l'histoire.
00:00:51Parce que l'histoire des Amis de l'Humanité c'est quand même pas rien.
00:00:53On fête les 20 ans des Amis de l'Humanité.
00:00:56Il y avait des adhérents il y a 20 ans là dans la salle ?
00:00:59Oui, il y en avait beaucoup.
00:01:02Alors ce qui a prévalu à cette idée des Amis de l'Humanité il y a 20 ans, n'est
00:01:05-ce pas, mon Charles ?
00:01:07C'était d'abord et avant tout le soutien au journal de l'Humanité, au journal de Jaurès.
00:01:14C'est l'article premier de nos statuts.
00:01:17C'était ça d'abord.
00:01:17Et puis il y a eu une méthode pour y arriver.
00:01:20C'était que les Amis défendent le journal partout, tout le temps, en ouvrant les fenêtres un maximum, en aérant
00:01:28les idées.
00:01:29Et puis, dans la tête de Charles ou de Michel Vauvel, qui était notre premier président, qui est président d
00:01:34'honneur maintenant,
00:01:35il y avait quelque chose de très important, de consubstantiel, d'essentiel dans les Amis de l'Humanité.
00:01:41C'était la pensée et la classe ouvrière.
00:01:46Ça vous parle ?
00:01:47C'était 1996.
00:01:491996, c'est juste un an après un certain mouvement social.
00:01:53Hein ?
00:01:5495.
00:01:55Ça avait pas mal reculé, camarades Juppé.
00:01:59Les Amis de l'Humanité, c'est ça essentiellement.
00:02:03C'est les penseurs et les syndicalistes.
00:02:10Parce que les penseurs sont aussi des ouvriers.
00:02:14Et les ouvriers sont aussi des penseurs.
00:02:15C'est ça l'âme des Amis de l'Humanité.
00:02:18Alors on a intitulé cette rencontre, Rencontre au sommet.
00:02:20C'est une manière de célébrer les 20 ans des Amis, avec deux invités de prestige.
00:02:27Philippe Martinez.
00:02:29Secrétaire Général de la CGT.
00:02:32Alors.
00:02:37Je vous apprends rien, mais évidemment, Philippe Martinez.
00:02:42Philippe Martinez, il est l'héritier d'une histoire plus que centenaire.
00:02:45D'une des plus belles histoires des luttes sociales de ce pays.
00:02:5036, le CNR, 68, 95.
00:02:54Mais oui, c'est la vérité.
00:02:55Et puis, accessoirement, ça rejoint un petit peu l'histoire des Amis de l'Humanité.
00:02:59Il est aussi l'héritier de Bernard Thibault, qui est l'un des fondateurs des Amis de l'Humanité, il
00:03:03y a 20 ans.
00:03:03Eh oui.
00:03:08Régis Dobré.
00:03:21Alors, je ne vais pas m'amuser à faire le portrait de Régis Dobré, ça serait quand même très déplaisant.
00:03:26philosophe, philosophe, médiologue, écrivain, que vous connaissez bien.
00:03:30Régis est l'un des fondateurs des Amis de l'Humanité aussi, il y a 20 ans.
00:03:34Et, comment vous dire, avec Charles, avec Charles Sylvestre, depuis 20 ans, depuis que les Amis existent,
00:03:42on a eu en tête, comment vous dire, jusque dans nos tripes, deux grandes personnalités françaises qui ont énormément compté
00:03:51pour nous.
00:03:52Ils étaient, à l'époque, les deux, une lumière dans la nuit déjà, une petite flamme dans le crépuscule.
00:04:00C'était Jacques Derrida, avec Régis Dobré, et depuis que Jacques Derrida est mort, il nous reste Régis Dobré.
00:04:13Charles, je te donne la main pour une raison simple.
00:04:17C'est toute ton histoire.
00:04:21Bon, bonsoir.
00:04:22Jean-Emmanuel a quand même bien frayé la voix, quand même.
00:04:26Voilà. Alors, on va s'installer. Régis Dobré, Philippe Martinez.
00:04:30Il y a un mot à propos de la CGT, de la disparition de Georges Ségui, qu'il n'avait
00:04:34reçu.
00:04:34Bien sûr, bien sûr. Voilà.
00:04:36Alors, Régis Dobré, Philippe Martinez. Voilà.
00:04:41Ernest Pignon me dit une chose, et il a parfaitement raison,
00:04:44c'est qu'ici s'est trouvé, il y a quelques années,
00:04:47un homme qui est venu pour la parution d'un gros livre de lui,
00:04:51qui était une sorte d'autobiographie.
00:04:53C'était aussi beaucoup de réflexions un peu testamentaires.
00:04:57Il s'appelait Georges Ségui.
00:04:58Bon, Georges Ségui a disparu cette année.
00:05:11Tu peux rappeler que Georges Ségui avait dialogué ici avec Stéphane Nessel,
00:05:17et qu'on peut penser à ces deux.
00:05:18Voilà.
00:05:20C'était sur la résistance, évidemment, vous avez bien compris.
00:05:23Voilà.
00:05:24Donc, alors, je vais vous dire les choses très simplement.
00:05:29Oui, Régis Dobré et Philippe Martinez ont déjà été présentés.
00:05:33Je ne vais pas me présenter, mais je vais vous dire une chose.
00:05:36C'est que ce débat était...
00:05:38Enfin, ce débat, si on peut appeler ça débat, moi j'ai appelé ça plutôt dialogue.
00:05:41Bon, il n'était absolument pas prévu.
00:05:44Et il est dû à la chose suivante.
00:05:46D'abord, d'autres, comme Jean-Emmanuel, comme Ernest, et moi particulièrement,
00:05:52il y a quelque chose qui nous hante.
00:05:56J'avoue, je suis un nostalgique.
00:05:58Je suis un nostalgique, je l'avoue, du Front Populaire.
00:06:02Alors, pas de la date en termes d'histoire, mais de ce que ça a été dans l'histoire de
00:06:07France,
00:06:08de ce que ça a été dans l'histoire ouvrière, de ce que ça a été dans l'histoire intellectuelle.
00:06:14Quand je regarde Régis Debré à côté, je sais très bien ce que signifie pour lui André Malraux.
00:06:19Et Malraux, Aragon, Gide étaient sur les traiteaux du Front Populaire, du côté intellectuel.
00:06:25Mais il y avait aussi l'autre grande équipe du Front Populaire,
00:06:29c'était l'équipe, disons, ouvrière syndicale, avec une CGT réunie d'ailleurs.
00:06:33Il faut bien le savoir.
00:06:34C'est très important, voilà.
00:06:36Alors, on peut toujours être nostalgique et attendre le retour du miracle.
00:06:40Bon, avec l'âge, ça y est, c'est fini.
00:06:43Je n'attends pas le retour du miracle.
00:06:45Mais après tout, peut-être que les miracles, ça se travaille.
00:06:48Et par exemple, là, actuellement, au printemps, tout d'un coup,
00:06:53enfin, tout d'un coup, oui, si, quand même, il y a une chose surprenante,
00:06:56ce sont ces grandes manifestations des grêpes qui ont duré.
00:07:00Bon, plus que certains ne le croyaient.
00:07:03Et peut-être qu'il y aura des suites que certains ne veulent pas prévoir,
00:07:08ou auxquelles certains se refusent.
00:07:10Mais enfin, c'est comme ça.
00:07:11Donc, du côté social, ça bouge.
00:07:13Ça a bougé, ça bouge.
00:07:15On va en parler.
00:07:16Bon.
00:07:16Et, je dois dire, j'ai été assez surpris de lire dans mon journal,
00:07:22qui s'appelle L'Humanité, un entretien réalisé par Nicolas Duton.
00:07:26C'est très important, les journalistes.
00:07:28Excellent entretien, dans lequel Régis Debré, au bout d'un moment, dit,
00:07:34il est assez pessimiste.
00:07:35Bon, le titre, d'ailleurs, je crois que c'est sur les mélancoliques.
00:07:39Et il dit, à un moment donné, bon, il y a une nord-américanisation,
00:07:43une déferlante, qu'il n'aime pas du tout.
00:07:45Il parle d'une décomposition.
00:07:47Il y met quand même, il y a des signes de résistance,
00:07:50de résilience, de révolte.
00:07:53Je vois qu'à l'heure actuelle, il y a des grèves.
00:07:55Et je vois qu'avec la CGT, il y a encore une singularité française,
00:08:01une tradition ouvrière.
00:08:03Et je trouve, dit-il, que Philippe Martinez fait bien d'honneur à la CGT.
00:08:12Bon, je passe sur quelque chose qui pourrait être ressenti comme une flatterie,
00:08:17ce qui, je crois, n'est pas le cas.
00:08:19Mais c'est surtout sur ces mots, tradition ouvrière, singularité française,
00:08:23et donc résistance, résilience, révolte.
00:08:28C'est là-dessus que je me suis arrêté.
00:08:30Donc, l'idée a été évidemment de demander à Agis Debré,
00:08:35pour ce dialogue avec Philippe Martinez,
00:08:38première question, pour moi absolument capitale,
00:08:41qu'est-ce qu'il lui a pris ?
00:08:42Et qu'est-ce qu'il lui a pris ?
00:08:44C'est quand même pas tous les jours qu'un grand intellectuel,
00:08:46passe-moi le qualificatif,
00:08:49dit qu'il est très attaché au retour, à l'émergence d'une singularité française
00:08:54et à la tradition ouvrière, en plus incarnée par la CGT.
00:08:58Et son leader, voilà.
00:08:59Alors, Régis Debré, mais qu'est-ce qui s'est passé ?
00:09:02Régis Debré.
00:09:04Bon, ben, tu as dit un début de vérité quand tu as dit,
00:09:07quand tu as parlé de la moustache.
00:09:12La moustache est une tradition française
00:09:15qui n'existe pas aux États-Unis d'Amérique.
00:09:20Et moi, je suis un moustachu à la retraite
00:09:23et j'ai envie de saluer un moustachu en activité.
00:09:33Maintenant, je vais vous donner des raisons plus sérieuses, tout de même.
00:09:40Il y a une chose que je hais,
00:09:41c'est la haine des gens d'en haut contre les gens d'en bas.
00:09:45Et au dernier printemps,
00:09:48quand je lisais la grande presse,
00:09:53je pensais à tous ceux qui me disaient que la lutte de classe n'existe pas.
00:09:57Et bien, moi, j'ai constaté qu'elle existait
00:10:00par la somme d'injures qu'on déversait sur Martinez,
00:10:04qui était la haine de classe,
00:10:06mais celle des autres.
00:10:09Et ça, je ne le supporte pas.
00:10:11Et puis enfin, tu l'as dit aussi,
00:10:13j'étais très étonné qu'un gouvernement dit de gauche,
00:10:16en mai-juin 2016,
00:10:19ne commémore pas
00:10:20le Front Populaire de mai-juin 36.
00:10:23Et notamment,
00:10:25les manifestations et les grèves
00:10:26qui ont précédé le Front Populaire.
00:10:28Et quand j'ai vu qu'ils menaçaient même d'interdire
00:10:33ces manifestations,
00:10:34je me suis dit,
00:10:35c'est tout de même bien
00:10:37qu'il y ait des gens
00:10:39pour commémorer en acte
00:10:42mai 36,
00:10:43et c'était la CGT et FO.
00:10:45Donc je lui ai dit,
00:10:46voilà, c'est des gens qui ont de la mémoire
00:10:47et qui la mettent en activité.
00:10:50Voilà les raisons pour lesquelles
00:10:52j'ai eu envie de parler avec Martinelle
00:10:55pour lui poser des questions,
00:10:57à la fois sur hier et sur demain.
00:10:59Enfin, voilà,
00:11:00j'avais envie de...
00:11:03Tu as cité des grands noms, là,
00:11:05Malraux, Gide,
00:11:08et d'autres.
00:11:09Mais il est bon,
00:11:11il est bon que
00:11:13les...
00:11:15que se rejoignent
00:11:16un peu plus
00:11:18qu'aujourd'hui,
00:11:20disons, les gens d'études et de savoir,
00:11:22d'un côté,
00:11:24et les gens
00:11:27du travail
00:11:27et de l'intelligence du travail
00:11:29de l'autre.
00:11:29Voilà, c'était tout simplement
00:11:30ce qui m'avait amené
00:11:31à te dire oui,
00:11:34enthousiaste,
00:11:34quand tu m'as évoqué
00:11:35cette rencontre.
00:11:37Voilà.
00:11:38Alors évidemment,
00:11:38j'ai des questions
00:11:39à poser à Philippe,
00:11:42mais on va d'abord
00:11:42lui donner la parole.
00:11:44D'accord.
00:11:45Alors, quand même,
00:11:46j'avais une autre question à te poser
00:11:47qui enchaîne sur la première.
00:11:49Je ne sais pas comment
00:11:49tu la comprendras.
00:11:51Je me suis posé la question,
00:11:52est-ce que,
00:11:53dans ce que tu as dit
00:11:54et où tu cites
00:11:56Philippe Martinez,
00:11:57est-ce qu'il y a un message,
00:11:58comme on dit,
00:11:59subliminal ?
00:12:00C'est-à-dire,
00:12:01on ne peut parler
00:12:02avec Philippe Martinez.
00:12:05Parce que...
00:12:08j'en ai jamais douté.
00:12:13Je me doutais bien
00:12:14que le portrait
00:12:15qu'on fait de lui
00:12:15dans la grande presse
00:12:16ne correspondait pas
00:12:17à la réalité.
00:12:21On me parlait
00:12:21d'un homme dur,
00:12:22violent,
00:12:24fermé,
00:12:24etc.
00:12:26Ça me semblait,
00:12:27tout cela,
00:12:27pour le moins,
00:12:28exagéré
00:12:29et sans doute faux.
00:12:31Bon,
00:12:31j'ai appris
00:12:31à ne plus trop croire
00:12:32ce que je lis
00:12:32dans le journal.
00:12:33Donc,
00:12:34je suis content.
00:12:36Sauf dans l'humain,
00:12:37tu vas me dire.
00:12:37D'accord.
00:12:40Et dans quelques autres.
00:12:41Bon,
00:12:42enfin,
00:12:42pas des quotidiens,
00:12:43des quelques hebdos.
00:12:44Voilà.
00:12:45Quelques revues.
00:12:46Écoute,
00:12:47maintenant,
00:12:47il serait temps
00:12:47qu'on l'entende,
00:12:48Martinez,
00:12:48tout de même.
00:12:49On va l'entendre.
00:12:50On va l'entendre.
00:12:52Dernière petite question.
00:12:54En dérivé
00:12:55de la première question,
00:12:56qu'est-ce que ça t'a fait
00:12:58quand tu as lu
00:12:58ou entendu dire
00:13:01que Martinez était
00:13:02un terroriste ?
00:13:05Je mets ça
00:13:05sur le compte
00:13:06de la haine.
00:13:08Mais tu l'as été,
00:13:09toi.
00:13:09Tu l'as été.
00:13:10De la haine aveugle,
00:13:11méchante.
00:13:11Oui,
00:13:12moi,
00:13:12j'étais un terroriste
00:13:12pour de vrai.
00:13:13Lui,
00:13:13il est pour de faux.
00:13:15Mais je ne lui en veux pas.
00:13:18Je ne lui en veux pas.
00:13:20Mais non,
00:13:20mais c'est très symptomatique
00:13:22qu'on appelle terroriste
00:13:23aujourd'hui.
00:13:24Quelqu'un qui réclame
00:13:25la justice et l'égalité.
00:13:27Ça dit beaucoup de choses.
00:13:28Voilà.
00:13:29Alors,
00:13:30Philippe Martinez.
00:13:31Bon,
00:13:32Régis,
00:13:33il a envie de t'entendre.
00:13:35La même question.
00:13:36Qu'est-ce que ça t'a fait
00:13:37quand tu as lu
00:13:38dans l'Humanité ?
00:13:39Tu as dû lire
00:13:40l'Humanité ce jour-là.
00:13:41Peut-être que tu l'as lu
00:13:42tous les jours.
00:13:43Bon,
00:13:44qu'est-ce que ça t'a fait
00:13:44quand tu as lu
00:13:46ces propos
00:13:47d'un intellectuel
00:13:48comme on dit
00:13:49en vue,
00:13:49on peut dire ça,
00:13:50qui tout d'un coup
00:13:51dit,
00:13:52gros chapeau,
00:13:54la CGT
00:13:54pour cette tradition ouvrière,
00:13:56cette singularité française,
00:13:57cette résistance,
00:13:58cette résilience,
00:13:59cette révolte et tout,
00:14:00et qu'il t'a cité
00:14:01à ce titre.
00:14:02Voilà.
00:14:03Comme résistance,
00:14:04si on peut dire.
00:14:05Comment as-tu réagi ?
00:14:08Bonsoir à toutes et à tous.
00:14:10Déjà,
00:14:12je suis très content
00:14:13d'avoir entendu
00:14:14Régis Debré
00:14:14dire à Martinez
00:14:16que la moustache
00:14:18était de tradition française.
00:14:19Je trouvais ça,
00:14:20dans le contexte actuel,
00:14:22c'est bien de le dire,
00:14:23comme quoi,
00:14:25Martinez
00:14:25ou d'autres
00:14:27peuvent avoir aussi
00:14:29des traditions françaises,
00:14:31il faudrait le dire
00:14:31à certains
00:14:33qui ont...
00:14:38Ça méritait
00:14:38d'être souligné,
00:14:39quand même.
00:14:40La deuxième chose
00:14:41par rapport à ta question,
00:14:43quand j'ai lu ça,
00:14:44j'ai dit,
00:14:44tiens,
00:14:45parce qu'évidemment,
00:14:46on s'est un peu éloigné,
00:14:47le monde intellectuel,
00:14:49le monde ouvrier,
00:14:50j'ai dit,
00:14:51tiens,
00:14:51il y en a un
00:14:52qui ne dit pas la même chose
00:14:53que d'autres.
00:14:55La dernière fois,
00:14:56on me dit
00:14:57que c'est un intellectuel,
00:14:58philosophe,
00:14:58qui a parlé de moi,
00:15:02il a dit,
00:15:02Martinez,
00:15:03il a un QI de bulot.
00:15:05J'ai dit,
00:15:05qu'est-ce que c'est
00:15:06comme philosophie
00:15:08derrière cette expression ?
00:15:10Ça s'appelle Luc Ferry.
00:15:14Et donc,
00:15:16quand on entend
00:15:18un autre son,
00:15:20une autre voix,
00:15:21quelque chose
00:15:21qui ressemble plus
00:15:23à une volonté de discuter,
00:15:24de comprendre,
00:15:26moi,
00:15:26ça me rassure.
00:15:28je dis,
00:15:29et ça me rend optimiste.
00:15:30Et donc,
00:15:31oui,
00:15:31il faut discuter,
00:15:32il faut débattre,
00:15:33il faut échanger,
00:15:34on n'est pas toujours d'accord,
00:15:36mais le débat d'idées,
00:15:38c'est toujours mieux
00:15:39que les brefs de comptoir,
00:15:42même si elles sont
00:15:42parfois drôles
00:15:43dans d'autres circonstances.
00:15:46Bon,
00:15:47alors Philippe,
00:15:48on va parler
00:15:49de l'avenir,
00:15:50mais avant,
00:15:50j'aimerais un peu
00:15:52te demander trois choses
00:15:53sur les événements passés.
00:15:55c'est-à-dire
00:15:58la contestation
00:15:58de la loi
00:16:00El Khomri.
00:16:02Je veux dire,
00:16:03la première question,
00:16:03c'est ce qui s'est joué
00:16:04dans les médias,
00:16:05si tu veux,
00:16:05parce que
00:16:07construire un rapport de force
00:16:08aujourd'hui,
00:16:08ça passe par la médiatisation.
00:16:10Ça veut dire par l'image.
00:16:13Et il y a une sorte
00:16:14de lutte pour la visibilité
00:16:15qui fait qu'on est amené
00:16:16à produire des images
00:16:18toujours de plus en plus
00:16:19fortes
00:16:19pour pouvoir être présent.
00:16:21Donc,
00:16:22la question que je te pose,
00:16:23c'est
00:16:24quel rapport as-tu
00:16:26avec cette nécessité
00:16:28où nous sommes
00:16:28aujourd'hui
00:16:29d'avoir
00:16:29des images fortes
00:16:31qui peuvent être
00:16:32celles
00:16:33du secrétaire général
00:16:34de la CGT
00:16:35qui brûle un pneu
00:16:36sur la route ?
00:16:37Et ça,
00:16:37effectivement,
00:16:38c'est une belle image,
00:16:39mais tout le monde
00:16:39peut l'interpréter
00:16:40d'une autre façon,
00:16:41comme une image de violence,
00:16:43comme une image
00:16:43de troubles
00:16:44à l'ordre public.
00:16:45C'est-à-dire que
00:16:46tu seras présent
00:16:48au journal de 20 heures,
00:16:50même,
00:16:50un truc,
00:16:50mais ça pose
00:16:51tout de même
00:16:52un problème.
00:16:53Deuxième question,
00:16:54toujours,
00:16:55je les regroupe,
00:16:57mes trois questions,
00:16:57mais tu vas les traiter
00:16:59ensemble,
00:17:02c'est
00:17:05qu'est-ce qu'on peut faire
00:17:06avec les casseurs ?
00:17:07C'est-à-dire avec
00:17:08ceux qui ont cassé
00:17:10les vitres
00:17:10de l'hôpital Necker,
00:17:11qui vous apportaient
00:17:12un tort énorme.
00:17:14Est-ce que,
00:17:15enfin,
00:17:15oui,
00:17:16chez les gens
00:17:16qui ne comprenaient pas,
00:17:17maintenant ?
00:17:19Et alors,
00:17:19ma troisième question,
00:17:20tu t'en doutes,
00:17:21mais peut-être que ça fait
00:17:22trop,
00:17:23mais j'ai envie de parler
00:17:23de l'avenir ensuite,
00:17:24mais là,
00:17:25je te vide mon sac.
00:17:27La troisième question,
00:17:29c'est
00:17:33l'interruption
00:17:34des journaux,
00:17:35la CGT livre,
00:17:37qui dit,
00:17:39qui a fait dire
00:17:40à d'autres
00:17:41qui ne connaissent pas bien
00:17:42toutes ces affaires,
00:17:43« Ah,
00:17:43ils veulent faire
00:17:44la police des journalistes,
00:17:46donc ce sera demain
00:17:46la police des idées,
00:17:48donc ils révèlent
00:17:49leur nature
00:17:50un peu totalitaire. »
00:17:51Voilà,
00:17:51si tu veux,
00:17:52les trois questions
00:17:53que j'avais envie
00:17:54de te poser.
00:17:55Premièrement,
00:17:55ton rapport
00:17:56à la violence,
00:17:58ou,
00:17:59disons,
00:18:01à la nécessité
00:18:02de s'imposer
00:18:02par des images
00:18:04fortes.
00:18:06Deuxièmement,
00:18:07le problème
00:18:09du service d'ordre
00:18:10avec ces casseurs
00:18:11qui peuvent défigurer
00:18:13et je sais bien
00:18:14que ce n'est pas
00:18:16sous ton contrôle,
00:18:17mais voilà,
00:18:18qu'est-ce qu'on peut faire
00:18:18pour bien délimiter
00:18:20les deux ordres ?
00:18:21Et puis,
00:18:22je voudrais que tu me dises
00:18:23un mot,
00:18:24en tant qu'intellectuel,
00:18:25je ne peux pas
00:18:26ne pas réagir
00:18:27à ce qui s'est passé
00:18:28avec la CGT livre,
00:18:29même si j'ai eu
00:18:30de très bons rapports
00:18:30avec la CGT livre
00:18:32il y a quelque temps.
00:18:34Voilà,
00:18:34je te laisse parler.
00:18:36Merci pour ces questions
00:18:37pertinentes,
00:18:38cher Régis Debré.
00:18:41Alors,
00:18:44les médias
00:18:45ont besoin
00:18:46de plus en plus,
00:18:46pas toutes,
00:18:48mais il y a
00:18:49une multiplication
00:18:50de chaînes
00:18:52directes
00:18:52qui passent
00:18:53en boucle
00:18:53des images
00:18:54et je pense
00:18:55qu'ils ont besoin
00:18:56d'attirer l'œil.
00:18:59L'histoire du pneu,
00:19:01j'ai dit à mes camarades,
00:19:03des pneus
00:19:04devant des boîtes,
00:19:04j'en ai brûlé
00:19:04quelques-uns.
00:19:07Ça n'a rien
00:19:08de violent.
00:19:08Ça n'a rien
00:19:09de violent.
00:19:09tous ceux
00:19:10qui ont occupé
00:19:11leur entreprise,
00:19:14quand on occupe
00:19:15une entreprise,
00:19:16eh bien,
00:19:16il y a des
00:19:18mises en scène,
00:19:19il y a des traditions.
00:19:20Le pneu brûlé
00:19:21pour empêcher
00:19:23les accès
00:19:24à ceux
00:19:25qui essayent
00:19:25de forcer
00:19:27les barrages.
00:19:28et il y a eu
00:19:29des incidents
00:19:30qu'un camion
00:19:32a roulé
00:19:32à fausse-sur-mer
00:19:33sur un militant
00:19:34de la CGT,
00:19:34il est toujours
00:19:35à l'hôpital.
00:19:36Ça,
00:19:37ça attire moins
00:19:38qu'un pneu
00:19:39qui brûle.
00:19:40Et donc,
00:19:40il y a des images
00:19:41dans les grèves
00:19:42et même
00:19:44avec beaucoup
00:19:45de respect
00:19:45pour ton âge
00:19:47qui est un petit peu
00:19:48supérieur au mien,
00:19:49des grèves,
00:19:50vous en avez vu,
00:19:52pas forcément
00:19:53à la télé,
00:19:53et voilà,
00:19:54il y a un piqué
00:19:55de grève,
00:19:55et bien ça,
00:19:56ça s'installe,
00:19:58il faut durer,
00:19:59ça a duré
00:19:59pour certains
00:20:0025 jours,
00:20:01etc.
00:20:02Moi,
00:20:02je suis assez
00:20:04dépité
00:20:05et je pense
00:20:05qu'il faut réagir
00:20:06sur cette question
00:20:07de violence.
00:20:08Une chemise
00:20:09arrachée,
00:20:10c'est de la violence.
00:20:122000 suppressions
00:20:13d'emplois,
00:20:14c'est normal.
00:20:21Donc,
00:20:22il faut
00:20:24essayer de redonner
00:20:25du sens aux choses.
00:20:26J'étais avec mes camarades
00:20:27de Fralib,
00:20:28j'en profite
00:20:29pour faire de la pub,
00:20:30acheter leur excellenté,
00:20:33ils ont fait
00:20:351336 jours de grève,
00:20:371336 jours de grève.
00:20:39Ils étaient 142,
00:20:41ils sont aujourd'hui 43,
00:20:43la boîte,
00:20:43elle continue
00:20:43et c'est vachement bien.
00:20:45Combien de familles
00:20:46déchirées ?
00:20:47Combien de divorces ?
00:20:48Combien de suicides ?
00:20:50Ça s'appelle comment,
00:20:51ça ?
00:20:51Et qu'est-ce
00:20:53qui est le plus grave ?
00:20:54Un pneu qui brûle
00:20:55ou la détresse
00:20:57de centaines
00:20:58et de milliers
00:20:59et de millions
00:20:59aujourd'hui
00:21:00de citoyens ?
00:21:01Je pense qu'il faut
00:21:02aussi remettre
00:21:03les choses à l'endroit.
00:21:04Et oui,
00:21:05on a démarré
00:21:07sur la lutte
00:21:09de classe
00:21:09et la haine
00:21:10de classe.
00:21:10Et je pense
00:21:11que c'est ça.
00:21:12et malheureusement,
00:21:14on est dans un monde
00:21:14où les médias
00:21:15ont beaucoup de puissance.
00:21:17Je répondrai
00:21:18à ta troisième question
00:21:19forte intéressante.
00:21:21Beaucoup de puissance.
00:21:22Il y a de plus en plus
00:21:22de médias,
00:21:23mais il y a de moins en moins
00:21:24de patrons de presse.
00:21:26Et il y a surtout,
00:21:29malheureusement,
00:21:29de moins en moins
00:21:31de gens
00:21:31qui dirigent la presse
00:21:32et qui connaissent la presse.
00:21:33On ne va pas citer d'exemple.
00:21:35Il y en a un qui fait
00:21:35des avions,
00:21:36par exemple.
00:21:37C'est un patron de presse.
00:21:39Mais,
00:21:40donc,
00:21:40moi je reconnais,
00:21:42j'ai beaucoup de respect
00:21:42pour les journalistes
00:21:43et j'en côtoie
00:21:45d'excellents
00:21:46qui veulent savoir.
00:21:48Mais évidemment,
00:21:49on est confrontés
00:21:49à une surenchère médiatique.
00:21:51Je vais te raconter
00:21:52une anecdote.
00:21:53Je ne te l'ai pas encore racontée.
00:21:54Peut-être que je te l'ai déjà racontée,
00:21:55mais tout le monde ne la connaît pas.
00:21:57Il y a eu,
00:21:57et je n'ai rien contre le Figaro,
00:21:59je lis tous les jours
00:21:59aussi le Figaro,
00:22:02il y a eu une célèbre photo
00:22:05sur fond sombre
00:22:06où on voit Martinez faire ça.
00:22:09c'est devenu
00:22:10l'emblème de la terreur.
00:22:13L'homme qui veut,
00:22:15je ne sais pas quoi,
00:22:16faire trembler Hollande,
00:22:17je ne sais qui.
00:22:18Et j'ai eu un témoignage
00:22:20qui m'a touché
00:22:22du journaliste,
00:22:23enfin du photoreporteur
00:22:24qui a fait cette photo.
00:22:25Cette photo,
00:22:26il m'a écrit,
00:22:27il m'a dit,
00:22:28monsieur Martinez,
00:22:29cette photo,
00:22:30il n'y a que vous et moi
00:22:32qui savons
00:22:32dans quelles circonstances
00:22:34elle a été prise.
00:22:35Au moment,
00:22:36il avait remarqué
00:22:37que,
00:22:38je m'appelle Martinez,
00:22:39donc il n'y a pas que les Italiens
00:22:41qui parlent avec les mains.
00:22:42Il avait marqué
00:22:43que mon geste préféré
00:22:44pour appuyer mes propos
00:22:45c'était de faire ça.
00:22:47Il a appuyé
00:22:47et au moment où
00:22:48il prend cette photo,
00:22:49on parlait du cinéma italien,
00:22:51pain et chocolat,
00:22:52affreux salés méchants.
00:22:54Et c'est devenu
00:22:55cette conversation
00:22:56avec un photoreporteur
00:22:57qui faisait son boulot,
00:22:58le symbole
00:23:01du méchant
00:23:02qui veut
00:23:03foutre à feu
00:23:04et à sang
00:23:05ce pays.
00:23:07Moi,
00:23:07j'ai apprécié
00:23:08ce témoignage
00:23:09de ce photoreporteur
00:23:11qui voulait
00:23:11montrer,
00:23:12qui faisait sa photo
00:23:14et qui voulait montrer
00:23:15un individu,
00:23:16en l'occurrence
00:23:17le secrétaire général
00:23:18de la CGT,
00:23:19dans une conversation.
00:23:21Je pense donc
00:23:22qu'il y a besoin
00:23:23tout d'abord
00:23:24de remettre
00:23:24les choses à l'endroit
00:23:25sur la notion de violence
00:23:27et ensuite,
00:23:28il faut que
00:23:29les journalistes,
00:23:30quel que soit
00:23:31le journal où ils travaillent,
00:23:32ils puissent écrire,
00:23:34filmer,
00:23:34parler librement
00:23:36et malheureusement,
00:23:38parfois,
00:23:38au-dessus,
00:23:39ils ont quelques difficultés
00:23:40à s'exprimer.
00:23:41Sur une autre violence,
00:23:44celle-là
00:23:45qui a marqué
00:23:47les esprits
00:23:48toujours
00:23:50par des images
00:23:51chamblouques
00:23:52et des casseurs.
00:23:53Je veux rappeler
00:23:55quand même
00:23:56qu'il y a eu
00:23:57et je les salue,
00:23:58on a hier,
00:24:00on leur a attribué
00:24:01les sparadrats,
00:24:02il y a eu
00:24:02le sparadrat d'or,
00:24:04c'est le camarade
00:24:05qui a été à l'hôpital
00:24:07frappé par les casseurs,
00:24:0810 points de suture.
00:24:10Le sparadrat d'argent,
00:24:12camarade
00:24:12du service d'or
00:24:13de la CGT
00:24:14qui a été à l'hôpital,
00:24:154 points de suture
00:24:16et le sparadrat
00:24:18de bronze,
00:24:18c'était 2.
00:24:21Il y a eu
00:24:25un phénomène
00:24:26de bandes organisées,
00:24:27je ne fais pas d'amalgame,
00:24:29c'est des bandes
00:24:30très organisées.
00:24:31Il y a eu
00:24:31des événements
00:24:32au Festival d'Aurillac
00:24:33cet été
00:24:33par les mêmes casseurs
00:24:35avec des affrontements
00:24:36violents
00:24:37avec la police.
00:24:38Par contre,
00:24:39ce qui est grave,
00:24:40c'est cette tentative
00:24:41toujours d'exploitation
00:24:44par le gouvernement,
00:24:47par la droite,
00:24:49par Gattaz.
00:24:51C'est Gattaz
00:24:52qui a dit
00:24:52la CGT
00:24:53est une organisation
00:24:55terroriste.
00:24:56Et être terroriste
00:25:00dans les années 60
00:25:01avec des combats
00:25:03en Amérique latine,
00:25:05ça faisait
00:25:06plutôt rêver.
00:25:07Être terroriste
00:25:09dans la France
00:25:10de 2015
00:25:11et de 2016
00:25:12ce n'est pas
00:25:13tout à fait
00:25:13la même chose.
00:25:14Et donc,
00:25:14ce mot n'était pas pris.
00:25:16Quand on traite
00:25:17une organisation
00:25:17comme la CGT
00:25:18d'organisation terroriste,
00:25:20c'est proprement scandaleux.
00:25:22Qu'a dit
00:25:22le Premier ministre ?
00:25:23Vendu !
00:25:24Il n'a pas dit vendu ?
00:25:26Non,
00:25:27il n'a pas dit ça.
00:25:28Il a dit
00:25:30devant l'Assemblée nationale
00:25:32qu'il existe
00:25:33une forme
00:25:34de complicité
00:25:35entre les casseurs
00:25:37et le service d'ordre
00:25:38de la CGT.
00:25:39Voilà comment
00:25:39on exploite
00:25:40on exploite
00:25:44des...
00:25:45Et il y a eu
00:25:46peu de casseurs
00:25:46d'arrêtés.
00:25:47Par contre,
00:25:48et vous avez certainement
00:25:49participé à quelques manifestations,
00:25:51il y en a eu suffisamment,
00:25:53il y a eu beaucoup,
00:25:54beaucoup de militants,
00:25:55syndicaux,
00:25:56des salariés
00:25:57qui ont été arrêtés,
00:25:59placés en garde à vue.
00:26:00J'étais au Havre
00:26:01la semaine dernière,
00:26:04deux de mes camarades
00:26:06de Caire
00:26:06ont été arrêtés
00:26:07par la police
00:26:08à 6h du matin.
00:26:09La police qui venait de Paris,
00:26:10ils en avaient
00:26:107 chacun,
00:26:117 policiers chacun
00:26:12pour une seule personne.
00:26:15On arrive chez vous
00:26:16à 6h du matin,
00:26:17devant la famille,
00:26:18on monte dans la voiture,
00:26:19on va à Paris.
00:26:21Les faits
00:26:21qu'ils leur sont reprochés,
00:26:23c'est la manif
00:26:24du 14 juin
00:26:24où là aussi,
00:26:26on a exploité des images.
00:26:28On a exploité des images,
00:26:29c'est-à-dire,
00:26:31il y a une charge de police,
00:26:32on ne la montre pas,
00:26:34on chatouille une profession
00:26:36qui est chatouilleuse,
00:26:37mais pas sur ce genre de trucs,
00:26:39ils se défendent.
00:26:39Et c'est naturel de se défendre.
00:26:42Eh bien,
00:26:42la réponse,
00:26:43c'est d'aller interpeller
00:26:44mes camarades,
00:26:45en plus,
00:26:46le jour,
00:26:46comme par hasard,
00:26:47où j'allais au Havre,
00:26:48et deux jours après,
00:26:50où le patron du port maritime
00:26:52a dit,
00:26:53Martinez,
00:26:53il a droit de venir au Havre
00:26:56pour discuter avec ses syndiqués,
00:26:58mais pas pour foutre le bordel.
00:27:00Voilà.
00:27:00Ça, c'est la réalité aussi
00:27:02de l'exploitation de la violence.
00:27:03Donc, nous avons condamné la violence.
00:27:05On l'a condamnée fermement.
00:27:06Mais en même temps,
00:27:07on ne peut pas passer sous silence
00:27:09un gouvernement complice
00:27:11qui s'est bien servi
00:27:12de ces images,
00:27:14et notamment
00:27:14celle de Necker,
00:27:16pour dire,
00:27:17vous voyez
00:27:18ce que ça donne,
00:27:19les manifestations.
00:27:20Et puis,
00:27:21eh bien,
00:27:22ce que ça donne,
00:27:22c'est aussi,
00:27:23dans un pays comme la France,
00:27:25vouloir interdire
00:27:26une manifestation sociale.
00:27:28J'étais la semaine dernière
00:27:29au Portugal,
00:27:30quand j'ai raconté ça
00:27:31à mes camarades portugais
00:27:33qui ont vécu
00:27:34quelques années
00:27:35où les manifestations
00:27:37étaient interdites,
00:27:38ils étaient
00:27:40stupéfaits.
00:27:40stupéfaits.
00:27:41Tu n'as pas pu intervenir
00:27:42à ce moment-là,
00:27:43au moment de l'hôpital Necker ?
00:27:45Nous sommes intervenus,
00:27:48nous avons interpellé
00:27:51et le Premier ministre,
00:27:52et le ministre de l'Intérieur,
00:27:55et ceux qui sont responsables.
00:27:57Il y a même eu une réunion,
00:27:58elle est devenue célèbre,
00:27:59pour,
00:28:00au moment où ils ont voulu
00:28:01nous interdire
00:28:02la manifestation parisienne.
00:28:04Il y a une volonté politique
00:28:07du gouvernement
00:28:08de discréditer
00:28:09les manifestations.
00:28:11Il y a Paris,
00:28:12mais on a bien sûr
00:28:13en tête Nantes,
00:28:14Rennes,
00:28:14et plusieurs villes de France,
00:28:16où cette violence,
00:28:19qui n'est pas normale,
00:28:21des manifestants
00:28:22qui n'en sont pas,
00:28:23parce que moi,
00:28:23je n'ai jamais été manifesté
00:28:25avec un casque de moto
00:28:26sur la tête
00:28:27et un boulouson en Kevlar.
00:28:29Moi, quand je manifeste,
00:28:30je mets juste un badge,
00:28:32pour dire que je suis à la CGT,
00:28:33et avec un slogan,
00:28:34ça a été exploité,
00:28:36et je pense que,
00:28:37oui, là aussi,
00:28:37on a voulu discréditer,
00:28:38mais tout au long de ces mois,
00:28:40on a essayé de discréditer
00:28:41le mouvement,
00:28:41et ça continue,
00:28:42et ça continue.
00:28:44Alors,
00:28:44la dernière question,
00:28:46passionnante.
00:28:47J'ai quand même évoqué
00:28:48beaucoup la presse,
00:28:50et je pense qu'il faut aussi,
00:28:51on est attaché
00:28:52à la liberté de la presse,
00:28:54mais à condition
00:28:54que les patrons de presse,
00:28:57dans les journaux,
00:28:59on puisse aussi décrire
00:29:02une situation
00:29:03la plus proche
00:29:04de la réalité.
00:29:05Je pense que c'est
00:29:06la première qualité,
00:29:07je ne suis pas un spécialiste,
00:29:08d'un journaliste.
00:29:10On peut avoir du parti pris,
00:29:11il y a des journaux engagés,
00:29:12n'est-ce pas, Charles ?
00:29:13Mais,
00:29:17ce traitement de l'information,
00:29:19où on a mis en avant
00:29:20en équerre,
00:29:21les casseurs,
00:29:22où la loi,
00:29:22le débat sur la loi travail,
00:29:24a eu du mal
00:29:24à s'installer,
00:29:25évidemment,
00:29:27c'est aussi une forme
00:29:29de censure,
00:29:30du pluralisme,
00:29:31du débat d'idées.
00:29:33Ça aussi,
00:29:34il faut le remettre
00:29:34dans son contexte.
00:29:35Après,
00:29:35il y a une situation
00:29:36particulière dans la presse.
00:29:38Il y a,
00:29:39dans plusieurs groupes,
00:29:41plan social,
00:29:42sur plan social.
00:29:42Il y a une forte tension
00:29:44dans la presse.
00:29:46Beaucoup de titres
00:29:48sont obligés d'arrêter,
00:29:50ou sont en grande
00:29:50difficulté financière.
00:29:51Et bien,
00:29:53il y a aussi
00:29:54des mobilisations
00:29:56à l'intérieur
00:29:56de ces métiers
00:30:00qui conduisent
00:30:01à des actions.
00:30:02Il y a eu
00:30:03une proposition
00:30:04du syndicat du livre
00:30:05de publier,
00:30:06non pas un tract,
00:30:07comme je l'ai entendu,
00:30:09une position
00:30:10de la CGT,
00:30:11une tribune libre,
00:30:13du secrétaire général
00:30:14de la CGT.
00:30:16Il y a eu
00:30:16un début de discussion
00:30:17et unanimement,
00:30:19sauf un journal,
00:30:21l'Humanité,
00:30:22ont décidé,
00:30:23pas question
00:30:24de faire
00:30:25une tribune libre
00:30:25pour le secrétaire général
00:30:27de la CGT.
00:30:28Et bien,
00:30:29comme dans
00:30:29de nombreuses entreprises,
00:30:31c'est devenu un conflit
00:30:33et ça arrive souvent.
00:30:34Quand il y a conflit
00:30:35dans la presse,
00:30:36moi,
00:30:37dans ma boîte,
00:30:37quand il y a conflit,
00:30:38il n'y a pas de voiture
00:30:39qui sorte.
00:30:40Et bien,
00:30:40dans la presse,
00:30:41quand il y a conflit,
00:30:42il n'y a pas de journaux
00:30:42qui sortent.
00:30:43Mais on est attaché
00:30:44à la liberté de la presse
00:30:46et au pluralisme
00:30:47de la presse
00:30:48et on défend
00:30:49le métier de journaliste
00:30:50pour qu'ils puissent
00:30:50faire leur métier
00:30:51librement
00:30:52à l'extérieur
00:30:53mais aussi
00:30:54dans leur entreprise
00:30:56de presse.
00:30:57Bon,
00:30:57Philippe,
00:30:58je te remercie
00:30:58de ta réponse.
00:31:06Maintenant,
00:31:07tu sais,
00:31:08dans mon esprit,
00:31:09ce qu'on fait là,
00:31:10c'est un peu
00:31:12un débat
00:31:13contradictoire,
00:31:14ce n'est pas un meeting.
00:31:15signe.
00:31:16Alors,
00:31:16je vais te poser
00:31:17des questions
00:31:17de fond,
00:31:18maintenant.
00:31:20Tu sais,
00:31:20les compagnons de route
00:31:23sont des gens
00:31:25qui posent
00:31:26les bonnes questions
00:31:26parce qu'ils n'ont pas
00:31:27tout à fait
00:31:27les bonnes réponses.
00:31:29J'imagine que
00:31:30les bonnes réponses,
00:31:30c'est toi qui vas
00:31:31me les donner.
00:31:32Mais alors,
00:31:32c'est vrai que
00:31:35quand je dis
00:31:36que c'est un débat
00:31:37contradictoire,
00:31:37moi,
00:31:37je ne veux pas
00:31:37de contradiction
00:31:38de fond.
00:31:39Simplement,
00:31:39je voudrais te répercuter
00:31:41trois questions
00:31:42que j'entends
00:31:43autour de moi
00:31:44quand on parle
00:31:44de la CGT
00:31:45et qu'on n'est pas
00:31:46cégétiste.
00:31:48Et je suis content
00:31:49que tu aies l'occasion
00:31:50d'y répondre.
00:31:52Je ne sais pas
00:31:52ce que tu vas me dire,
00:31:53mais je vais te poser
00:31:54ces trois questions.
00:31:54Première question,
00:31:56elles sont un peu brutales.
00:31:57La CGT,
00:31:58c'est machiste.
00:32:00Il n'aime pas
00:32:00les bonnes femmes.
00:32:03Deuxième question,
00:32:05la CGT,
00:32:09il protège
00:32:09les gens déjà protégés,
00:32:11c'est-à-dire
00:32:11les salariés
00:32:12à statut
00:32:13de la fonction publique,
00:32:14mais bon,
00:32:15il y a aussi
00:32:17d'autres modes
00:32:18de travail
00:32:18et les chômeurs.
00:32:20Voilà.
00:32:21Troisième question
00:32:22que j'entends
00:32:24autour de moi,
00:32:26c'est
00:32:28les immigrés.
00:32:29Qu'est-ce qu'ils font
00:32:30sur les immigrés ?
00:32:31Quelle est leur position
00:32:32vis-à-vis
00:32:33de cette force
00:32:34de travail immigré
00:32:35qui arrive ?
00:32:36Voilà,
00:32:36si tu veux,
00:32:36je te répercute ça
00:32:39parce que
00:32:40ça te donne
00:32:41l'occasion.
00:32:42Là,
00:32:43je sais bien
00:32:43qu'ici,
00:32:46on est plutôt
00:32:47en sympathie
00:32:47avec toi.
00:32:48Mais moi,
00:32:49je te parle
00:32:49des gens
00:32:50qui ne sont pas
00:32:50en sympathie
00:32:51et qui m'ont dit
00:32:52« Ah ben,
00:32:53puisque tu vois
00:32:53Martinez,
00:32:54pose-lui
00:32:54cette question. »
00:32:56Voilà.
00:32:57J'en profite.
00:32:59Mais tu peux
00:32:59en profiter aussi
00:33:00pour faire le point.
00:33:05question par procuration.
00:33:07Voilà.
00:33:08Alors,
00:33:08Philippe Martinez.
00:33:10Déjà,
00:33:12il m'arrive
00:33:14de sortir
00:33:14de mon célèbre bureau
00:33:18pour aller voir
00:33:19la vraie vie.
00:33:22Souvent,
00:33:22d'ailleurs.
00:33:23je vais dans
00:33:24les entreprises.
00:33:26Et malheureusement,
00:33:27il faut que ça s'améliore,
00:33:28mais dans les entreprises,
00:33:29tout le monde
00:33:30ne vote pas
00:33:31pour la CGT.
00:33:32Et puis,
00:33:33je sors aussi
00:33:34des entreprises.
00:33:35J'ai des voisins.
00:33:36Je croise des gens
00:33:37en vacances.
00:33:38Des gens qui nous aiment
00:33:39plus ou moins.
00:33:41Donc,
00:33:42je leur dis souvent,
00:33:44la CGT,
00:33:45elle gagne
00:33:45à être connue.
00:33:48parce que
00:33:48les fausses idées
00:33:49sur la CGT,
00:33:50il y en a beaucoup.
00:33:51On en a évoqué
00:33:51quelques-unes tout à l'heure.
00:33:53Mais la CGT,
00:33:54elle doit bouger aussi.
00:33:55Et sur les trois questions,
00:33:57au moins sur les deux premières,
00:33:59je suis d'accord avec toi.
00:34:03La CGT n'est pas machiste,
00:34:05mais il y a trop
00:34:06de machos à la CGT.
00:34:11Et je ne dis pas ça,
00:34:18ce n'est pas mon style
00:34:19de caresser dans le sens du poil.
00:34:21La CGT n'est pas machiste
00:34:23parce que c'est la première
00:34:24et la seule organisation
00:34:26qui, dans sa direction nationale,
00:34:29a autant d'hommes
00:34:30que de femmes.
00:34:31C'est la seule en France.
00:34:32Et depuis très longtemps.
00:34:34Sauf que ça,
00:34:36il ne faut pas que ça soit
00:34:37l'arbre qui cache la forêt.
00:34:40Et on a cru,
00:34:42parce qu'on était les premiers,
00:34:43qu'on était les meilleurs.
00:34:46Et encore trop souvent,
00:34:48dans les modes de vie
00:34:49de la CGT,
00:34:51eh bien,
00:34:52il y a des choses
00:34:52qui doivent bouger.
00:34:54Et on a fait d'ailleurs
00:34:55des campagnes
00:34:57sur cette question.
00:34:58On a fait des petits films.
00:35:00Vous savez,
00:35:00ça va parler
00:35:01plus aux copines
00:35:02parce que les copains
00:35:03ne font pas attention.
00:35:05des heures de réunion
00:35:06qui finissent
00:35:06à pas d'heure.
00:35:09Mais oui,
00:35:10mais parce que...
00:35:11Ouais, mais c'est pas moi
00:35:11qui m'occupe des gosses
00:35:12donc ça peut traîner.
00:35:15Les apéros,
00:35:16il en faut des apéros.
00:35:17Moi, je suis pour la convivialité.
00:35:19Mais qui prennent
00:35:20plus de temps
00:35:21que la réunion
00:35:21et c'est pour ça
00:35:22qu'elles finissent tard.
00:35:23Et puis,
00:35:24des camarades
00:35:25qui disent
00:35:27« Oui,
00:35:27tu comprends,
00:35:30elle est bien,
00:35:31c'est une femme,
00:35:31mais bon,
00:35:32il faut qu'elle apprenne. »
00:35:33Et on demande toujours
00:35:34aux femmes
00:35:34d'apprendre plus
00:35:36que les mecs.
00:35:38Eh bien,
00:35:39tout ça,
00:35:41tout ça,
00:35:42il faut que ça change.
00:35:43Et je pense
00:35:44qu'il faut...
00:35:45Et c'est pas qu'une affaire
00:35:46de camarades d'eux.
00:35:48C'est une affaire
00:35:48de toute la CGT.
00:35:50Et on a eu...
00:35:52On a du mal
00:35:53dans nos organisations,
00:35:54justement.
00:35:55Il n'y a que la direction nationale
00:35:56de la CGT
00:35:57qui est à parité.
00:35:58Dans des tas d'organisations
00:36:01de la CGT,
00:36:02la parité n'existe pas.
00:36:03Et dans les directions
00:36:05de syndicats,
00:36:05ça n'existe pas.
00:36:06Donc moi,
00:36:07je pense,
00:36:07en tout cas,
00:36:08je me bats pour ça,
00:36:09il faut que nos modes
00:36:10de fonctionnement
00:36:11et nos modes de raisonnement
00:36:13laissent plus de place
00:36:15aux femmes.
00:36:15Alors,
00:36:16il y a un truc
00:36:16comme quoi,
00:36:17des fois,
00:36:18il se trouve
00:36:19que pour les futures élections
00:36:22professionnelles,
00:36:22il va falloir présenter
00:36:23des listes à parité.
00:36:25Alors là,
00:36:25tous les mecs
00:36:26se grattent la tête.
00:36:28Où sont les femmes
00:36:29dans notre entreprise ?
00:36:30Où sont les femmes
00:36:31dans notre syndicat ?
00:36:32Profitons de ça
00:36:34tous
00:36:36pour non seulement
00:36:37que les listes
00:36:38aux élections professionnelles
00:36:39soient à parité,
00:36:40parce que sinon,
00:36:41on sera...
00:36:42Les listes seront sanctionnées,
00:36:44mais pour faire évoluer
00:36:46toute la vie
00:36:46de la CGT.
00:36:47Je pense que c'est un combat,
00:36:49donc on a fait
00:36:50un guide de l'égalité,
00:36:52on a fait une étude
00:36:53sur le comportement
00:36:55dans les syndicats,
00:36:56sur la place
00:36:57des copines
00:36:58dans les...
00:36:59Il y a très peu
00:37:00de copines,
00:37:00encore assez en tout cas,
00:37:02qui sont en première responsabilité
00:37:04dans les syndicats,
00:37:05etc.
00:37:05Même dans les métiers,
00:37:07je pense à l'hôpital par exemple,
00:37:10où c'est des métiers
00:37:11où il y a beaucoup,
00:37:12la proportion de femmes
00:37:13est plus importante,
00:37:14largement,
00:37:15on se retrouve souvent
00:37:16avec des directions
00:37:17où c'est un mec
00:37:18qui dirige.
00:37:18Donc c'est tout ça
00:37:19qu'il faut changer.
00:37:21C'est...
00:37:21Il faut...
00:37:23En tout cas,
00:37:23je l'ai redit
00:37:24il y a peu de temps
00:37:24d'ailleurs à la direction
00:37:25nationale de la CGT,
00:37:26je dis,
00:37:26il faut arrêter de parler,
00:37:27il faut taper un peu
00:37:28du poing sur la table.
00:37:29C'est peut-être
00:37:30mon côté autoritaire,
00:37:31la moustache,
00:37:31tu vois.
00:37:32Mais en tout cas,
00:37:33il faut...
00:37:33Sur la CGT qui n'est...
00:37:38C'est la fête de l'humain.
00:37:43Oui, la CGT n'est pas assez...
00:37:46Elle s'occupe de beaucoup
00:37:47de monde.
00:37:48Il y a les clichés,
00:37:49elle ne s'occupe que du public,
00:37:52enfin, aux élections,
00:37:53on est aussi premier
00:37:54dans le privé.
00:37:56Mais on est ouvert.
00:37:58Mais je pense,
00:37:58et je l'ai dit,
00:37:59on n'est pas assez ouvert
00:38:02à un monde salarial qui bouge.
00:38:04On a toujours l'impression
00:38:05que les camarades disent,
00:38:06oui, mais si on s'intéresse à eux,
00:38:08ça veut dire qu'on cautionne
00:38:09ce qui se passe.
00:38:12Les précaires,
00:38:14les prestataires.
00:38:15Or, dans les entreprises,
00:38:16il y en a beaucoup.
00:38:17Quand on distribue un tract,
00:38:18moi je le vois dans ma boîte,
00:38:20on est 10 000 dans ma boîte,
00:38:21et il y a 4 000 précaires.
00:38:23On peut distribuer un tract
00:38:24sur la situation des Renault.
00:38:25Il y en a 4 000 qui passent
00:38:27à côté sans le prendre,
00:38:28ça ne les intéresse pas.
00:38:29Donc il faut qu'on ait
00:38:30un esprit d'ouverture,
00:38:31s'intéresser.
00:38:32Alors des fois, c'est dur,
00:38:33mais il y a les privés d'emploi.
00:38:35La CGT, quand même,
00:38:36a une organisation
00:38:37qui s'occupe des privés d'emploi,
00:38:39on est la seule aussi
00:38:41organisation syndicale en France
00:38:42à le faire.
00:38:44Et puis il faut s'ouvrir à la jeunesse.
00:38:46Vous avez évoqué Georges Ségui.
00:38:49Georges Ségui a mis en place
00:38:51un collectif jeune,
00:38:53et c'était dans les années 70.
00:38:55Et je trouve que là aussi,
00:38:57on a reculé parce que
00:38:59la jeunesse,
00:39:00elle ne fait pas peur.
00:39:02Mais on dit,
00:39:02ton tour viendra.
00:39:04Sauf que quand le tour arrive,
00:39:05on est plus jeune,
00:39:06et donc il y a besoin.
00:39:07Oui, c'est des chantiers importants,
00:39:08et c'est un vrai défi pour la CGT.
00:39:11Moi, j'ai constaté
00:39:12que la CGT,
00:39:13par exemple,
00:39:14on va voter pour les élections TPE,
00:39:17elle a un aura,
00:39:18mais c'est des salariés
00:39:20qui nous voient à la télé.
00:39:21Avec ce que j'ai dit précédemment,
00:39:23des fois,
00:39:24l'image qu'on nous donne,
00:39:25enfin voilà,
00:39:26il y a besoin de s'ouvrir.
00:39:27Alors, sur les immigrés,
00:39:32il y a un vrai combat de la CGT.
00:39:36Je pense que
00:39:39le travail qui a été fait,
00:39:41les actions qui sont faites,
00:39:43il y a encore une occupation,
00:39:44avec les travailleurs sans papier,
00:39:47est la fierté de la CGT.
00:39:49La fierté de la CGT.
00:39:52Ce que nous faisons
00:39:56autour des travailleurs détachés,
00:39:58même s'il faut faire plus que ça,
00:40:00c'est un travail important.
00:40:03L'année dernière,
00:40:04puisque c'est à nouveau d'actualité,
00:40:06on a lancé l'idée à la fête de l'Huma
00:40:09que nos centres de vacances,
00:40:10pour les CE qu'on dirige,
00:40:12s'ouvrent aux réfugiés.
00:40:15Ça a fait l'effet,
00:40:16et on nous a reproché,
00:40:17il y a des maires de droite
00:40:18qui ont publié des arrêtés
00:40:21municipaux pour interdire
00:40:22aux comités d'entreprise
00:40:23d'accueillir dans leurs murs
00:40:25des réfugiés.
00:40:27On a une vraie démarche.
00:40:30Par contre,
00:40:32la CGT,
00:40:33ce n'est pas un vaccin
00:40:34contre certaines idées dominantes.
00:40:36Et là, il faut qu'on soit vigilants.
00:40:39On ne peut pas se contenter
00:40:41de dire qu'il y a moins
00:40:42de syndiqués CGT
00:40:44qui votent Front National
00:40:45qu'à Force Ouvrière
00:40:47ou à la CFDT.
00:40:48C'est se cacher derrière son petit doigt.
00:40:51Et là aussi,
00:40:52il faut qu'on ait un vrai débat.
00:40:55Alors, c'est des questions difficiles.
00:40:57Ce ne sont pas les plus faciles à traiter.
00:40:58Mais là, il faut être volontariste.
00:41:00On ne peut pas laisser passer
00:41:03des idées d'extrême droite
00:41:05dans ce pays
00:41:06et dans les entreprises.
00:41:09On ne peut pas laisser passer
00:41:11dans une des réunions de militants
00:41:13des mots
00:41:16ou des phrases
00:41:16à connotation raciste.
00:41:18Je vais te raconter
00:41:19une anecdote.
00:41:20Celle-là, je ne l'ai pas.
00:41:21Mon premier mandat
00:41:22à CGT, dans ma boîte,
00:41:23c'était dans l'île Seguin.
00:41:25Des immigrés, il y en avait un paquet.
00:41:26Mais moi, je suis technicien,
00:41:28il y en avait moins.
00:41:29J'ai été choqué.
00:41:30J'avais
00:41:31moins de 30 ans.
00:41:33Les camarades disent,
00:41:34un petit jeune,
00:41:35bon,
00:41:35on avait déjà le souci des jeunes.
00:41:37On va présenter Philippe
00:41:38tête de liste
00:41:39aux élections d'Épée.
00:41:40Et un camarade a dit,
00:41:42c'était en 1986,
00:41:44il s'appelle Martinez.
00:41:45Vous ne croyez pas
00:41:46que ça va déranger
00:41:47un peu dans l'île Seguin,
00:41:48les catégories ingénieurs,
00:41:50quatre techniciens.
00:41:52On a laissé filer
00:41:53ce genre de phrases.
00:41:54Et donc,
00:41:55je pense qu'il est
00:41:56de notre responsabilité,
00:41:58mais là aussi,
00:41:59de tous les militants,
00:42:00je suis sûr qu'il y en a
00:42:01plein dans la salle,
00:42:02que cette question-là,
00:42:03on dise,
00:42:03bon, là,
00:42:04c'est compliqué,
00:42:04on la met sous le tapis,
00:42:05on en reparlera un autre jour.
00:42:07C'est une vraie question
00:42:08parce qu'on a une responsabilité.
00:42:10Les valeurs de la CGT,
00:42:12c'est l'internationalisme,
00:42:14c'est la lutte contre l'aide
00:42:16et la lutte pour la défense
00:42:18des peuples opprimés.
00:42:19Ça, c'est dans nos gènes.
00:42:23Et j'allais vous dire,
00:42:25c'est Martinez qui vous le dit.
00:42:28Et je suis attaché
00:42:31à l'histoire de ma famille.
00:42:35Et eux,
00:42:36on se faisait traiter
00:42:37de pingouins
00:42:39avant-guerre.
00:42:41Non, non, pingouins.
00:42:43Comme l'hérital.
00:42:44Et donc,
00:42:45il y a toujours eu
00:42:46cette solidarité ouvrière
00:42:47avec la CGT au centre
00:42:49pour ne pas laisser passer
00:42:51ce genre de propos,
00:42:53ce genre d'attitude.
00:42:54Et là,
00:42:55on a un vrai défi
00:42:56à relever.
00:42:57Et c'est pour ça
00:42:57que je dis d'ailleurs
00:42:58à mes camarades,
00:42:59s'il y a un sujet,
00:43:01s'il y a un sujet,
00:43:02sur lequel
00:43:03toutes les organisations
00:43:05syndicales en France
00:43:06devraient se mobiliser
00:43:07ensemble,
00:43:09c'est la lutte
00:43:10contre le racisme
00:43:10et la lutte
00:43:11contre l'extrême droite.
00:43:22Alors,
00:43:23merci.
00:43:25Question à...
00:43:26une remarque
00:43:28qui est destinée
00:43:29à Régis Debré.
00:43:30Si je me souviens bien,
00:43:32il a écrit
00:43:32et il en a même fait
00:43:34un spectacle
00:43:34sur Walter Benjamin,
00:43:37dans lequel il dit
00:43:38que Walter Benjamin
00:43:40est un juif allemand,
00:43:42je crois,
00:43:43qui est désespéré,
00:43:45qui est atterri
00:43:46à Portbou,
00:43:47là-bas,
00:43:47au bout,
00:43:48et qui se suicide,
00:43:49je crois,
00:43:50dans sa chambre d'hôtel.
00:43:51Et Régis Debré dit,
00:43:53là,
00:43:54il parle de l'exil,
00:43:56le migrant,
00:43:58etc.
00:43:58Pourquoi ?
00:43:59Et ce qui m'a frappé,
00:44:00c'est que,
00:44:01c'est dit,
00:44:01là,
00:44:02pas uniquement en termes
00:44:03de théorique,
00:44:04c'est dit,
00:44:05en termes de sensibilité humaine.
00:44:07Alors,
00:44:07pourquoi cet intérêt
00:44:08pour le cas
00:44:10Walter Benjamin,
00:44:11Régis ?
00:44:13Parce que Walter Benjamin
00:44:14est l'exemple même
00:44:16d'un homme
00:44:16qui n'a été accueilli nulle part,
00:44:19qui a été rejeté
00:44:20à la fois par sa patrie de Régine,
00:44:22qui était l'Allemagne
00:44:22quand elle est devenue nazie,
00:44:24qui n'a pas été accueilli
00:44:26par la France du Front Populaire,
00:44:28où on l'a traité
00:44:28par le mépris
00:44:29comme un étranger,
00:44:31et puis qui n'en pouvait plus
00:44:32de cette persécution,
00:44:33à la fois en tant que communiste,
00:44:34en tant que juif,
00:44:35en tant qu'allemand,
00:44:37et il s'est tué.
00:44:38Enfin,
00:44:38ne parlons pas trop de ça,
00:44:40même si c'est un bel exemple
00:44:43non pas de résistance,
00:44:45mais de protestation,
00:44:46je dirais même,
00:44:47d'insurrection morale
00:44:48contre l'indifférence,
00:44:53l'orgueil
00:44:54des gens
00:44:55qui n'ont pas donné
00:44:57le traitement qu'ils méritent.
00:44:58Mais moi,
00:44:58j'ai envie de poser une question
00:45:01à Philippe.
00:45:03Qu'est-ce que c'est pour toi
00:45:04que la culture ?
00:45:05Tu y as répondu un peu
00:45:06quand tu as parlé
00:45:07de la guerre d'Espagne.
00:45:08Moi, je ne sais pas trop
00:45:08ce que c'est que la culture,
00:45:09mais je sais en tout cas
00:45:10que c'est l'histoire
00:45:11et que c'est la mémoire.
00:45:12Et que parlant de la guerre d'Espagne,
00:45:13c'est-à-dire parlant déjà
00:45:14de cette filiation,
00:45:16tu inscris le présent
00:45:17dans une continuité,
00:45:19pas seulement dans une légende,
00:45:21mais dans une,
00:45:22on va dire,
00:45:22dans une filiation
00:45:23à tous les sens du mot,
00:45:25à la fois personnelle
00:45:26et historique.
00:45:28Mais quand on dit culture,
00:45:29qu'est-ce que tu ressens ?
00:45:31Qu'est-ce que c'est pour toi
00:45:32que ton rapport
00:45:35avec ce qu'on appelle
00:45:35la culture,
00:45:37qui n'est pas seulement
00:45:38cette musique-là ?
00:45:40Mais qui est aussi
00:45:41cette musique-là.
00:45:42Qui est aussi
00:45:42cette musique-là.
00:45:43Chacun ses goûts,
00:45:45Régis.
00:45:50Je pense que,
00:45:51au travers de la culture,
00:45:55j'évoquais plus
00:45:57une forme d'identité,
00:45:58on parle beaucoup d'identité,
00:46:00la construction
00:46:00de son histoire
00:46:03qui est transmise
00:46:05par les parents,
00:46:05les grands-parents.
00:46:08Et je pense que c'est important
00:46:10d'y être attaché.
00:46:11Et ça,
00:46:12on parle beaucoup
00:46:12d'intégration.
00:46:14Rien ne s'oppose
00:46:15à avoir une histoire
00:46:17qui, parfois,
00:46:19n'est pas une histoire gauloise.
00:46:22Et d'être plus républicain
00:46:26dans la République française
00:46:27que certains que j'entends
00:46:28parfois parler de ça,
00:46:30même qui en prennent
00:46:31le nom de républicain.
00:46:34Donc,
00:46:35plus largement,
00:46:36la culture,
00:46:37moi, je pense
00:46:38qu'il y a besoin...
00:46:40Les échanges
00:46:42entre le monde
00:46:42de la culture
00:46:43et le monde ouvrier,
00:46:44pour résumer,
00:46:46a été
00:46:48trop souvent
00:46:49marqués
00:46:50par du respect,
00:46:51mais dans le mauvais sens
00:46:52du terme.
00:46:53Une forme
00:46:53de béatitude.
00:46:56Moi,
00:46:57comme vous le savez,
00:46:58je viens de Billancourt.
00:46:59il y a eu une histoire
00:47:01d'échange
00:47:01entre le monde
00:47:02de la culture
00:47:03et le monde ouvrier.
00:47:05Ça a créé
00:47:06des jolies rencontres,
00:47:08des traces énormes
00:47:10dans l'histoire.
00:47:12Mais,
00:47:12il y avait un...
00:47:14En tout cas,
00:47:14c'est ce que me disent
00:47:15mes camarades
00:47:15les moins jeunes,
00:47:17on va dire,
00:47:17une forme de respect
00:47:18du monde
00:47:19de la culture
00:47:20vis-à-vis
00:47:20de l'image
00:47:22qu'ils avaient,
00:47:22un genre de complexe.
00:47:24Et aujourd'hui,
00:47:25c'est nous
00:47:26qui avons
00:47:27plutôt un complexe.
00:47:29Parfois,
00:47:29parce qu'il y a
00:47:30une forme de dédain
00:47:31chez certains
00:47:31qui se prétendent
00:47:33genre de culture.
00:47:35Et donc,
00:47:35je pense qu'il faut
00:47:36revenir
00:47:36à une forme
00:47:37de dialogue
00:47:38comme on fait
00:47:39aujourd'hui
00:47:40où chacun
00:47:41écoute l'autre,
00:47:42apprend de l'autre.
00:47:44Parce que l'écoute,
00:47:45c'est aussi
00:47:45l'apprentissage.
00:47:46Et donc,
00:47:47nous essayons
00:47:47de travailler
00:47:47et moi,
00:47:48je m'en félicite.
00:47:49C'est un projet
00:47:50qu'on a quelques-uns
00:47:51dans la CGT
00:47:52mais qu'on veut élargir
00:47:52justement pour que
00:47:55les ouvriers
00:47:56de la culture
00:47:57et les autres ouvriers
00:47:58et quand je parle
00:47:59d'ouvriers,
00:48:00c'est évidemment
00:48:00plus large que ça,
00:48:02puissent échanger
00:48:02sur leur travail
00:48:03parce que le travail,
00:48:04c'est quelque chose
00:48:05d'essentiel.
00:48:06Et donc,
00:48:07on fait des expériences.
00:48:08On a des discussions
00:48:09avec des gens
00:48:10du théâtre,
00:48:11du spectacle,
00:48:13des gens de cinéma,
00:48:14des écrivains,
00:48:15etc.
00:48:16Je pense qu'il faut
00:48:18revenir à...
00:48:19On a des outils
00:48:20formidables
00:48:20qui sont attaqués,
00:48:21c'est les comités
00:48:22d'entreprise.
00:48:25Une fois,
00:48:25Fleur Pellerin
00:48:26m'a dit
00:48:26« Vous avez raison,
00:48:28monsieur Martinez,
00:48:29les comités
00:48:29d'entreprise,
00:48:30c'est 33%
00:48:32des recettes
00:48:33de la culture
00:48:34en France. »
00:48:35Je lui ai dit
00:48:35« Je vous parle
00:48:36d'autre chose,
00:48:36madame. »
00:48:39Je lui ai dit
00:48:39« Pourquoi
00:48:40on ne favorise pas
00:48:41l'accès au théâtre,
00:48:43au prolo
00:48:43ou aux gens
00:48:44qui travaillent ? »
00:48:47on a un système
00:48:48aujourd'hui
00:48:49dans les théâtres
00:48:50où on dit
00:48:51« On a des abonnements. »
00:48:53D'ailleurs,
00:48:53les directeurs de théâtre
00:48:54sont des patrons
00:48:54de théâtre.
00:48:55On ne dit plus
00:48:56directeurs de théâtre.
00:48:57C'est des patrons
00:48:57de théâtre.
00:48:58Et on dit
00:48:58« J'ai tant d'abonnés.
00:49:02Si je mets la place
00:49:03pour gagner
00:49:03un peu d'argent
00:49:04à temps,
00:49:04parfois c'est plus
00:49:05de 100 euros.
00:49:06Je fais 5 représentations.
00:49:08Tous mes abonnés
00:49:09sont contents.
00:49:10Puis ceux
00:49:10qui voudraient y venir,
00:49:11ils n'ont pas les moyens
00:49:12de mettre 100 euros
00:49:13dans le théâtre.
00:49:14Ils n'iront jamais
00:49:14au théâtre.
00:49:15Comment on explore ?
00:49:18Il y a des acteurs,
00:49:19des actrices
00:49:20qui sont d'accord
00:49:21pour jouer
00:49:24au même niveau.
00:49:25Ils ont besoin.
00:49:26Oui,
00:49:27la culture,
00:49:28ce n'est pas une affaire
00:49:29de spécialistes.
00:49:30Et ça devrait être
00:49:31ouvert à tout le monde.
00:49:32Moi,
00:49:32j'ai découvert...
00:49:33La seule fois
00:49:34où j'ai été
00:49:34à l'Opéra Garnier,
00:49:36c'est grâce
00:49:36à mon comité d'entreprise.
00:49:38C'est vieux.
00:49:39Ça m'avait coûté
00:49:4020 francs.
00:49:41Et j'en avais d'ailleurs
00:49:43profité
00:49:44pour emmener
00:49:44ma mère espagnole
00:49:45qui rêvait
00:49:46d'aller à l'Opéra Garnier.
00:49:48Et donc,
00:49:48on a été grâce...
00:49:49Comment on fait en sorte
00:49:50que nos deux mondes
00:49:52n'aient pas
00:49:54des vies parallèles
00:49:54mais sont souvent
00:49:56confrontées
00:49:56à la même logique ?
00:49:58C'est la rentabilité.
00:49:59Et de plus en plus,
00:50:00c'est comme ça.
00:50:01Mais qu'on croise.
00:50:02Il faut que la culture,
00:50:04elle rentre
00:50:04dans les entreprises aussi.
00:50:06Sauf que,
00:50:07à part ceux
00:50:08qui viennent travailler,
00:50:09personne n'a le droit
00:50:10de rentrer dans les entreprises.
00:50:11Quand on écoute
00:50:11un patron,
00:50:15c'est ouvert
00:50:15à tout le monde.
00:50:16Mais mon entreprise,
00:50:17c'est la meilleure.
00:50:18Vous devriez y venir.
00:50:19Quand on lui demande
00:50:19d'y aller,
00:50:21je connais d'ailleurs
00:50:21plein de journalistes
00:50:22qui aimeraient visiter
00:50:23les entreprises.
00:50:24C'est encadré
00:50:25par les communicants
00:50:26de la boîte.
00:50:27Et puis,
00:50:27on prend les photos
00:50:28là où il faut les prendre.
00:50:29Il faut que les artistes
00:50:32puissent rentrer
00:50:32dans les entreprises.
00:50:34Parce qu'il y a besoin
00:50:35de ce croisement,
00:50:36de ce mélange.
00:50:37Donc,
00:50:37on a un projet,
00:50:38on y réfléchit.
00:50:39Je n'en dis pas plus
00:50:39parce que je vais me faire
00:50:40engueuler par mes petits camarades.
00:50:42Mais oui,
00:50:43il y a besoin de cet échange.
00:50:44Et puis,
00:50:45il y a besoin
00:50:46de faire rentrer aussi
00:50:49la lecture.
00:50:51Aujourd'hui,
00:50:52déjà,
00:50:54dans beaucoup d'entreprises,
00:50:55il faut plus parler anglais
00:50:58que français.
00:50:59Bon,
00:51:00je n'ai rien contre...
00:51:01Mais la littérature française
00:51:03est pas mal non plus.
00:51:06On parle
00:51:06et on ne lit plus
00:51:09que des notes
00:51:11du boulot,
00:51:12du boulot et du boulot.
00:51:13Et donc,
00:51:14il y a besoin là aussi
00:51:15que il y ait,
00:51:16je ne sais pas,
00:51:17des écrivains
00:51:19qui viennent parler
00:51:20de leurs bouquins,
00:51:20etc.
00:51:21Donc,
00:51:21ça,
00:51:22ça peut être un combat commun
00:51:23entre le monde
00:51:24de la culture
00:51:25et le monde de l'entreprise.
00:51:27Quand je dis l'entreprise,
00:51:28c'est au sens large.
00:51:28Et je pense
00:51:29qu'il y a des combats
00:51:30d'intérêt commun
00:51:31à mener ensemble.
00:51:34Je te tends presque la perche
00:51:36à toi et à d'autres,
00:51:37d'ailleurs.
00:51:37Eh bien,
00:51:38écoute,
00:51:45je fais un forum
00:51:47travail et culture,
00:51:49nous,
00:51:49une grande salle
00:51:51ou contre la prête,
00:51:52ce serait mieux,
00:51:54à la mutualité,
00:51:55ça coûte cher maintenant.
00:51:56La CGT,
00:51:57c'est bon.
00:51:58Et tu invites
00:52:01des bibliothécaires,
00:52:03des sociologues,
00:52:04des historiens,
00:52:06des gens du spectacle,
00:52:07des intermittents
00:52:08et autres,
00:52:09et on fait une grande rencontre
00:52:10d'une journée,
00:52:11voire deux jours,
00:52:13et c'est toi
00:52:14qui appelles.
00:52:17j'ai noté,
00:52:18j'ai noté.
00:52:25Ou il sera permis
00:52:26de s'engoler,
00:52:27éventuellement.
00:52:28J'adore quand on s'engueule,
00:52:30du moment qu'il ressorte
00:52:31de nos engueulades
00:52:32quelque chose de concret.
00:52:34Alors maintenant,
00:52:35c'est pas une engueulade,
00:52:36c'est une question
00:52:39qui concerne la situation
00:52:41d'aujourd'hui.
00:52:43Tu es un grand syndicat
00:52:48qui n'a pas de relais,
00:52:49qui n'a pas de débouchés politiques
00:52:51crédibles dans les mois,
00:52:52dans les années qui viennent.
00:52:55Ce n'était pas le cas
00:52:56de Georges Ségui en 68
00:52:58quand il appelait
00:52:59à reprendre le travail
00:53:01parce qu'il y avait
00:53:02alors une perspective.
00:53:03Il n'y avait pas encore
00:53:04le programme commun,
00:53:05mais c'était dans les cuisines,
00:53:06si je veux dire.
00:53:07C'est-à-dire qu'il y avait
00:53:07un débouché parlementaire
00:53:08et politique crédible.
00:53:10Aujourd'hui,
00:53:10il ne faut pas être pessimiste
00:53:11que de noter que
00:53:14ce relais,
00:53:15ce débouché,
00:53:18n'a plus la même force
00:53:19ni la même forme.
00:53:21Est-ce que
00:53:22cette situation
00:53:23ça n'investit pas
00:53:25la CGT
00:53:26et tes amis aussi
00:53:28d'autres formations
00:53:29d'une sorte de charge
00:53:32d'opposition
00:53:32qui vient te demander
00:53:34au fond
00:53:34de représenter
00:53:36une opposition
00:53:36qui a du mal
00:53:37à s'exprimer politiquement ?
00:53:39Est-ce que ce n'est pas
00:53:40un facteur
00:53:41qui peut
00:53:43vous radicaliser,
00:53:45vous faire aller
00:53:45comme une sorte de fuite
00:53:47en avant
00:53:47pour répondre
00:53:48à cette demande ?
00:53:49C'est une situation
00:53:51compliquée
00:53:51parce que
00:53:52vous n'êtes pas
00:53:53une formation politique
00:53:54chacun le sait
00:53:55mais quand il n'y a pas
00:53:56de formation politique
00:53:57disons extrêmement
00:53:59qui est le vent en poupe
00:54:00comme on dit
00:54:02de façon évidente
00:54:04il y a
00:54:05et ça je le sens
00:54:06aussi autour de moi
00:54:08on se dit
00:54:08ah heureusement
00:54:08que la CGT est là
00:54:09mais
00:54:10c'est pas le boulot
00:54:11de la CGT
00:54:12alors qu'est-ce que vous faites
00:54:13dans cette situation ?
00:54:14tu dois sentir autour de toi
00:54:16cette aspiration
00:54:18à ce que tu représentes
00:54:19disons
00:54:20une force d'opposition
00:54:22proprement politique
00:54:23à ce qui risque
00:54:25de nous arriver
00:54:25dans un an
00:54:27ou deux
00:54:27même avant
00:54:33la CGT
00:54:34nous sommes une grande
00:54:36organisation syndicale
00:54:38et nous entendons bien
00:54:39le rester
00:54:41dans les années à venir
00:54:42même si on a 120 ans
00:54:44on est très très jeunes
00:54:47tu évoquais Georges Ségui
00:54:49il a été
00:54:50un des premiers
00:54:51à poser ce genre
00:54:53de questions
00:54:53sur le rôle
00:54:54du syndicat
00:54:55et le rôle
00:54:57du politique
00:55:00on nous reproche
00:55:01de faire
00:55:01de la politique
00:55:02au syndicat
00:55:03à la CGT
00:55:04moi j'entends
00:55:05certains de mes
00:55:07collègues
00:55:07secrétaire généraux
00:55:08ils disent
00:55:09nous on est indépendants
00:55:10etc
00:55:10mais quand on conteste
00:55:12une loi
00:55:12on fait bien
00:55:13de la politique
00:55:15on donne bien
00:55:16un avis
00:55:17et on ne se contente pas
00:55:18nous à la CGT
00:55:19de dire ça
00:55:20c'est pas bien
00:55:20je trouve qu'on le fait
00:55:22pas assez souvent
00:55:22mais on dit aussi
00:55:23voilà ce qu'il faudrait faire
00:55:25en tout cas
00:55:25voilà ce qu'on propose
00:55:26et on propose
00:55:27des alternatives
00:55:29sociales
00:55:30quand la CGT
00:55:32propose de travailler
00:55:33moins
00:55:3332 heures
00:55:34par exemple
00:55:35elle fait de la politique
00:55:36on pèse bien
00:55:37sur des choix
00:55:38de société
00:55:40et
00:55:41en même temps
00:55:43on ne peut pas
00:55:43faire que ça
00:55:45le rôle du syndicat
00:55:47c'est aussi
00:55:48de s'intéresser
00:55:48à l'ensemble
00:55:49des problèmes
00:55:50on l'a évoqué
00:55:51tout à l'heure
00:55:52de ce qu'on appelle
00:55:53le salariat
00:55:53et j'intègre dedans
00:55:55les retraités
00:55:56et les privés d'emploi
00:55:58au quotidien
00:55:59il y a
00:56:00de plus en plus
00:56:01de mal-être
00:56:01au travail
00:56:03et d'ailleurs
00:56:04ce que je reproche
00:56:04aux politiques
00:56:05par exemple
00:56:06c'est de passer
00:56:08dans les entreprises
00:56:08pas tous
00:56:09mais beaucoup
00:56:09maintenant
00:56:10avec un casque
00:56:11sur la tête
00:56:12entouré de communicants
00:56:13de monter devant
00:56:14un podium
00:56:15avec leur nom devant
00:56:16de faire un discours
00:56:17on choisit
00:56:17les salariés
00:56:18derrière eux
00:56:18pour la photo
00:56:19et on s'en va
00:56:21le politique
00:56:21s'est désintéressé
00:56:22du travail
00:56:23et il y a de plus en plus
00:56:24de souffrance
00:56:25au travail
00:56:25ces questions-là
00:56:27il faut qu'on s'en occupe
00:56:27ça c'est le boulot du syndicat
00:56:29après
00:56:30après
00:56:32je dois t'avouer
00:56:33que
00:56:34alors qu'on nous
00:56:35disait mort
00:56:36il y a deux ans
00:56:37la CGT
00:56:38est très courtisée
00:56:39en ce moment
00:56:41très courtisée
00:56:43et
00:56:44j'alerte
00:56:45d'ailleurs
00:56:45les militants
00:56:47quand on est
00:56:48à la CGT
00:56:49évidemment
00:56:50on a le droit
00:56:50d'être engagé
00:56:52dans un parti politique
00:56:53d'ailleurs
00:56:54moi je suppose
00:56:54que
00:56:56aussi
00:56:57on s'investisse
00:56:58dans
00:56:58la politique
00:56:59mais quand
00:57:00la CGT
00:57:04est courtisée
00:57:05à ce point-là
00:57:06c'est pas normal
00:57:09et donc chacun
00:57:10doit prendre
00:57:10ses responsabilités
00:57:12le syndicat
00:57:13il propose
00:57:14des alternatives
00:57:14sociales
00:57:15on veut un changement
00:57:16de société
00:57:17oui on veut un changement
00:57:18oui on dénonce
00:57:19le capital
00:57:20etc
00:57:20mais le projet politique
00:57:22le projet politique
00:57:24il doit être porté
00:57:24par ceux
00:57:26par
00:57:26les politiques
00:57:28or
00:57:29il y a une dérive
00:57:30ou pas
00:57:31d'ailleurs
00:57:31certains
00:57:32la dérive
00:57:32on la connaît
00:57:33c'est d'éviter
00:57:34ce genre de questions
00:57:35on a évoqué
00:57:36l'immigration
00:57:37etc
00:57:39d'autres
00:57:39là ils sont nombreux
00:57:41c'est être calife
00:57:42à la place du calife
00:57:44c'est-à-dire
00:57:45défendre d'abord
00:57:45l'intérêt particulier
00:57:47au lieu de défendre
00:57:48l'intérêt général
00:57:49et de proposer
00:57:49des alternatives
00:57:50et on a un déficit
00:57:52de plus en plus important
00:57:53de ce sens
00:57:55qu'il faut donner
00:57:55aux mots politiques
00:57:56y compris
00:57:57quand on est dans un parti politique
00:57:59c'est
00:58:00l'intérêt général
00:58:02et je pense
00:58:02qu'on souffre de ça
00:58:04en tout cas
00:58:04la CGT ne doit pas
00:58:05se faire piéger
00:58:07je le répète
00:58:08on est très courtisés
00:58:09dans la période
00:58:10évidemment
00:58:10le mouvement social
00:58:11n'y est pas pour rien
00:58:12il y avait moins de coups de fil
00:58:13il y a un an
00:58:16il faut que chacun
00:58:17assume ses responsabilités
00:58:18et
00:58:19ne pas nous faire porter le chapeau
00:58:21parce que
00:58:22il faut le dire
00:58:24le parti socialiste
00:58:25en tout cas
00:58:26ses premiers dirigeants
00:58:27le gouvernement
00:58:28nous rejoue
00:58:30pour les plus vieux
00:58:31il n'y en a pas dans la salle
00:58:32vous savez
00:58:33il y avait une petite affichette
00:58:34en 86
00:58:35avec un loup
00:58:36qui disait
00:58:36au secours
00:58:37la droite revient
00:58:39certains s'en souviennent
00:58:40alors je ne sais pas
00:58:41ce qu'ils vont inventer
00:58:42comme animal
00:58:43un dragon
00:58:43je ne sais quoi
00:58:44mais au secours
00:58:45l'extrême droite revient
00:58:46et j'ai déjà entendu
00:58:47chez certains
00:58:48c'est de la faute
00:58:49de la CGT
00:58:51oui oui
00:58:52des ministres
00:58:54des premiers secrétaires
00:58:57du parti social
00:58:58il n'y en a qu'un
00:58:59ça vous avez son nom
00:59:02je trouve que c'est dangereux
00:59:04de ne pas assumer
00:59:05ses responsabilités politiques
00:59:07et de faire porter
00:59:08un mouvement social
00:59:09qui non seulement
00:59:11conteste un recul de société
00:59:13mais qui propose des alternatives
00:59:15le poids
00:59:16de l'arrivée du Front National
00:59:18et donc que chacun
00:59:19assume ses responsabilités
00:59:20et si un parti politique
00:59:22ou des partis politiques
00:59:27s'appuient sur
00:59:28ce que propose la CGT
00:59:29les 32 heures
00:59:33ça a été évoqué aussi
00:59:34la sécurité sociale professionnelle
00:59:36c'est à dire que
00:59:37à partir du moment
00:59:38où on rentre dans la vie
00:59:40il n'y a plus de retour en arrière
00:59:41quelle que soit sa situation
00:59:43quand on galère
00:59:44pendant des années
00:59:44et des années
00:59:45à chaque fois
00:59:45qu'on retrouve du boulot
00:59:47on repart
00:59:47comme aux premières années
00:59:49de sa vie
00:59:50en termes de salaire
00:59:51de reconnaissance
00:59:52de qualification
00:59:53un vrai projet de société
00:59:54c'est de travailler
00:59:55pour que quand on a mis
00:59:56les pieds dans une boîte
00:59:58et bien
00:59:58même si on a envie
01:00:00de changer de boîte
01:00:00on garde sa qualification
01:00:02son salaire
01:00:03ses droits
01:00:04etc
01:00:05c'est autre chose
01:00:05que la version soft
01:00:07du CPA
01:00:07que nous a proposé
01:00:09alors
01:00:09on dit elle comry
01:00:10mais j'ai cru comprendre
01:00:11que c'était pas tout à fait
01:00:12elle qui avait écrit le truc
01:00:13mais
01:00:14enfin c'est pas moi qui le dit
01:00:15c'est son conseiller social
01:00:18donc voilà
01:00:19il faut que les partis politiques
01:00:20s'appuient
01:00:21sur le mouvement social
01:00:22et j'étais
01:00:23j'étais au Portugal
01:00:24la semaine dernière
01:00:26je précise pour les journalistes
01:00:28pas en vacances
01:00:31parce que j'ai lu ça
01:00:32dans un
01:00:33dans un quotidien
01:00:34de son
01:00:35enfin en tout cas
01:00:35qui est
01:00:36Martinez a profité
01:00:37de ses vacances
01:00:37pour rencontrer
01:00:38le premier ministre
01:00:40portugais
01:00:41j'ai été rencontrer
01:00:42la CGT portugaise
01:00:45et le mouvement social
01:00:46au Portugal
01:00:47qui a été très fort
01:00:48ça a été peu médiatisé
01:00:51l'année dernière
01:00:52a fait tomber
01:00:53un gouvernement
01:00:55de droite
01:00:56et socialiste
01:00:57et a permis
01:00:59que des forces politiques
01:01:01sans programme commun
01:01:02sans union
01:01:03de je ne sais pas quoi
01:01:05mettent en place
01:01:06un gouvernement
01:01:06socialiste
01:01:08qui vient de décider
01:01:09la remise en place
01:01:11des 35 euros
01:01:12au Portugal
01:01:13qui vient de décider
01:01:14d'augmenter le SMIC
01:01:15qui vient de décider
01:01:17de redonner
01:01:19aux fonctionnaires
01:01:19les 10% de salaire
01:01:21que le précédent gouvernement
01:01:22leur avait piqué
01:01:23et qui commence
01:01:24à renationaliser
01:01:25à aucun doute
01:01:26quelques entreprises
01:01:27comme quoi
01:01:28on peut s'appuyer
01:01:30sur le mouvement social
01:01:31pour faire des réformes
01:01:32qui changent la politique
01:01:37Alors, Régis, je voudrais
01:01:39on a encore quelques minutes
01:01:41quoi, hein
01:01:42Bon
01:01:43Comment ?
01:01:44Non, non
01:01:45je ne me permettrai pas
01:01:47avec ton tempérament
01:01:48Philippe
01:01:48je ne le risquerai pas
01:01:51Bon, alors
01:01:52je voudrais vous poser
01:01:53une question
01:01:53je ne sais pas
01:01:55si vous pouvez répondre
01:01:56mais
01:01:57on a démarré
01:01:58par des références
01:01:59au Front Populaire
01:02:00au début
01:02:00ça c'est moi
01:02:01je ne sais pas vous
01:02:03et quand même
01:02:04cette idée
01:02:05de rassemblement populaire
01:02:06pour arriver
01:02:07un, à changer les choses
01:02:09et deuxièmement
01:02:10à travailler la société
01:02:11en profondeur
01:02:13parce que c'est ça
01:02:13qui s'est passé
01:02:14en 36
01:02:15même si ça n'a duré
01:02:16que deux ans
01:02:17ça l'a remis
01:02:18en profondeur
01:02:18quand même
01:02:19bon
01:02:19qu'est-ce qui s'est passé
01:02:20c'est qu'il y a eu
01:02:21un rassemblement
01:02:21il s'est appelé
01:02:22d'abord
01:02:23le rassemblement populaire
01:02:25c'est le fameux meeting
01:02:28à Mont-Rouge
01:02:29bon
01:02:30et là il y a
01:02:31toute la gauche
01:02:31de fait
01:02:32le syndicat est réunifié
01:02:34il y a plus de 100
01:02:36organisations et associations
01:02:38il y a
01:02:39les Amis de la Nature
01:02:40il y a
01:02:41l'État nord-africain
01:02:43de Messaliad
01:02:43etc
01:02:44c'est-à-dire
01:02:44tout d'un coup
01:02:46ça remue
01:02:46toute la société
01:02:47est-ce qu'à votre avis
01:02:49l'un et l'autre
01:02:50qu'est-ce qui pourrait se faire
01:02:52qui
01:02:52permet à un moment donné
01:02:54de ne pas
01:02:55arriver à ce résultat
01:02:57après-demain
01:02:58et même l'an prochain
01:02:59en 2017
01:03:00mais quand même
01:03:01qu'est-ce qui pourrait
01:03:02travailler
01:03:02comment pourrait-on
01:03:03travailler
01:03:04pour arriver
01:03:05à ce changement
01:03:06de cap
01:03:07qui ferait que le poids
01:03:08des intellectuels
01:03:10et le poids
01:03:10du nombre ouvrier
01:03:12soit suffisant
01:03:13à un moment donné
01:03:13pour
01:03:14comme on dit
01:03:14renverser la table
01:03:15Régis Lebré
01:03:17est-ce que tu peux
01:03:18répondre à cette
01:03:18mauvaise question
01:03:21non mais je vais en poser
01:03:22une bonne
01:03:25mais je réponds d'abord
01:03:27c'est toujours face
01:03:28à un adversaire
01:03:28qu'on se rassemble
01:03:29c'est toujours face
01:03:30à une menace
01:03:30à un péril
01:03:31dans les années 30
01:03:33c'était le péril nazi
01:03:34bien sûr
01:03:34et la montée
01:03:35des ligues fascistes
01:03:36ou des ligues nationalistes
01:03:38et contre cela
01:03:42le moi se pose
01:03:43en s'opposant
01:03:44au non-moi
01:03:45comme on dit
01:03:46en philosophie
01:03:47le nous suppose un eux
01:03:49bon
01:03:50mais c'est vrai
01:03:51que les
01:03:52les socialistes
01:03:53et les communistes
01:03:54étaient à couteau tiré
01:03:55en 32
01:03:5633
01:03:5634
01:03:56puis à un moment donné
01:03:57ils se rassemblent
01:03:58autrement dit
01:03:59c'est vrai que
01:04:00un adversaire
01:04:01ça se construit
01:04:02mais ça se déconstruit aussi
01:04:05on ne
01:04:06même en termes
01:04:09géopolitiques
01:04:09on se construit
01:04:10un ennemi
01:04:10mais on peut le déconstruire
01:04:11l'exemple c'est la France
01:04:13et l'Allemagne
01:04:14donc je crois que
01:04:16il y a toujours
01:04:16un réflexe
01:04:17je dirais
01:04:18de reconquête
01:04:20du territoire
01:04:21quand on perd
01:04:22du territoire
01:04:22il y a toujours
01:04:23un réflexe
01:04:24de sursaut
01:04:24devant
01:04:25quelqu'un
01:04:26qui vous menace
01:04:26dans vos intérêts vitaux
01:04:29ce sera peut-être
01:04:30le cas dans pas longtemps
01:04:31ça l'est déjà un peu
01:04:32d'ailleurs
01:04:33mais
01:04:34la bonne question
01:04:35si j'ose dire
01:04:36pour rebondir
01:04:37sur la tienne
01:04:37puisque tu parles
01:04:38de rassemblement
01:04:40et que je vais parler
01:04:41de guerre
01:04:41moi je constate
01:04:42qu'il n'y a plus
01:04:43de guerre froide
01:04:43tout de même
01:04:44enfin la guerre froide
01:04:45c'est fini
01:04:48les Etats-Unis
01:04:49et l'Union soviétique
01:04:49c'est du passé
01:04:52il y a eu
01:04:54une scission
01:04:55syndicale
01:04:56si je me souviens bien
01:04:57après guerre
01:04:58qui a produit
01:04:58force ouvrière
01:05:00les Etats-Unis
01:05:01étaient très actifs
01:05:02dans cette affaire
01:05:04il paraît
01:05:05non mais on le sait
01:05:06maintenant
01:05:06très clairement
01:05:07mais
01:05:08la question que je te pose
01:05:09puisque tu rencontres
01:05:11demain ton
01:05:11ton camarade
01:05:12de FO
01:05:13ici même
01:05:15si la guerre froide
01:05:16est finie
01:05:18pourquoi cette
01:05:19division entre FO
01:05:21et la CGT
01:05:22est-ce qu'on peut rêver
01:05:23est-ce qu'on peut penser
01:05:32est-ce qu'on peut penser
01:05:34à une
01:05:35non pas une confusion
01:05:37mais
01:05:38à une
01:05:39refusion
01:05:40un retour à l'unité
01:05:43un rassemblement
01:05:44pour parler
01:05:45comme Sylvester
01:05:46CGT
01:05:47et FO
01:05:48voilà
01:05:49ce serait
01:05:49j'essaye de donner corps
01:05:51à ta question
01:05:52un peu abstraite
01:05:54même si je vois
01:05:55que tu regardes
01:05:55ta montre
01:05:56c'est une question
01:05:57qu'on peut poser
01:05:57à 9h10
01:06:00alors vous avez encore
01:06:01trois quarts d'heure
01:06:02pour ça
01:06:03je blague
01:06:04je blague
01:06:05Philippe
01:06:06à cette question
01:06:07qu'on ne te posera pas
01:06:08demain
01:06:09parce que demain
01:06:09ça risque
01:06:10justement Régis
01:06:11est-ce que tu peux
01:06:12venir au débat
01:06:13et poser la question
01:06:14à Maillé
01:06:25c'est une période
01:06:27que je n'ai pas connue
01:06:28mais je lis
01:06:32quand des oppositions
01:06:34se créent
01:06:34sur une base
01:06:36idéologique
01:06:37et celle-là
01:06:37s'est créée
01:06:39vraiment sur une base
01:06:40idéologique
01:06:41et anticommuniste
01:06:43c'est difficile
01:06:44c'est difficile
01:06:47d'évacuer
01:06:49toutes ces pages d'histoire
01:06:50parce que c'est entretenu
01:06:51peut-être pas forcément
01:06:52d'ailleurs
01:06:53si on interrogeait
01:06:54des syndicats FO
01:06:57sur la scission
01:06:58et la création
01:06:59de forces ouvrières
01:07:00qui s'appellent toujours
01:07:02CGT
01:07:02forces ouvrières
01:07:04parce que ça
01:07:05je ne vous le dirai
01:07:06pas à Maillé
01:07:07mais ils aiment bien
01:07:08mettre CGT devant
01:07:09parce que des fois
01:07:09ça rapporte des voix
01:07:10parce qu'on ne lit pas
01:07:11jusqu'au bout
01:07:12et je lui ai déjà dit
01:07:14je lui ai déjà dit
01:07:17et il faut que
01:07:19le mouvement syndical
01:07:20soit suffisamment
01:07:22intelligent
01:07:24c'est un peu
01:07:25ce que je disais
01:07:26sur le rassemblement
01:07:26autour du racisme
01:07:27pour penser d'abord
01:07:29à ceux
01:07:30qu'on est
01:07:33censé défendre
01:07:35et c'est valable
01:07:36avec d'autres
01:07:36parce que
01:07:37depuis la scission
01:07:38d'autres syndicats
01:07:39se sont créés
01:07:40j'ai coutume de dire
01:07:41que
01:07:42plus il y a
01:07:42d'ailleurs c'est
01:07:44Bernard Thibault
01:07:44qui me
01:07:45c'est une phrase
01:07:46de Bernard Thibault
01:07:47plus il y a de syndicats
01:07:48en France
01:07:48moins il y a de syndiqués
01:07:49et en ce moment
01:07:50il y a vachement
01:07:51de syndicats en France
01:07:51je vous le dis
01:07:53et donc
01:07:55et avec la loi travail
01:07:56il va y avoir
01:07:57encore plus
01:07:58de syndicats en France
01:07:59puisqu'il pourrait y avoir
01:08:00des syndicats
01:08:01dans les entreprises
01:08:02vous savez
01:08:02les syndicats indépendants
01:08:05en général
01:08:05quand ils sont du côté
01:08:06du patron
01:08:07ils sont indépendants
01:08:08puisque c'est le patron
01:08:09qui les crée
01:08:11donc moi je pense
01:08:12qu'il faut
01:08:13une vraie
01:08:15il faudrait
01:08:15qu'on puisse se poser
01:08:17réfléchir
01:08:19il y a besoin
01:08:19de
01:08:20de
01:08:21de
01:08:21je
01:08:22parlais que
01:08:23d'une seule centrale
01:08:24syndicale
01:08:25c'est pas pour demain
01:08:25mais enfin
01:08:26qu'on réfléchisse
01:08:27sur cet éclatement
01:08:28syndical
01:08:29sur ce
01:08:29c'est plus que
01:08:30des éclatements
01:08:31c'est des micro
01:08:32syndicats partout
01:08:33c'est une vraie question
01:08:35parce que
01:08:35quand on discute
01:08:36avec les salariés
01:08:37on se fait engueuler
01:08:39on se fait engueuler
01:08:40ils ont l'habitude
01:08:42de
01:08:43de
01:08:43voir
01:08:44des syndicats
01:08:44qui
01:08:45qui
01:08:45qui parlent entre eux
01:08:47et qui s'arrachent
01:08:47la figure
01:08:48mais là dedans
01:08:49et on risque de devenir
01:08:52si on n'y prend pas garde
01:08:53mais heureusement
01:08:53on est ancré dans les entreprises
01:08:55et c'est ce qui fait notre force
01:08:57à l'image
01:08:58de certains politiques
01:09:00sur
01:09:00qui confondent
01:09:01la lutte de classe
01:09:01enfin ceux qui la connaissent
01:09:02et la lutte de place
01:09:04donc
01:09:06il y a besoin
01:09:06et
01:09:07j'en ai déjà parlé
01:09:08alors
01:09:09à mon maï
01:09:11vous ne lui répétez pas non plus
01:09:12mais c'est comme une autre génération
01:09:14il a
01:09:15enfin un moment
01:09:15il va prendre sa retraite
01:09:16mais je pense qu'il y ait
01:09:18non c'est pas un secret
01:09:19il y a besoin
01:09:20que le syndicalisme
01:09:22y réfléchisse
01:09:23mais je
01:09:24on est loin de
01:09:25on est loin d'un
01:09:27syndicat unique
01:09:28ou en tout cas
01:09:28de moins de pluralisme syndical
01:09:30et parfois
01:09:33on fait
01:09:34le pluralisme
01:09:35c'est important
01:09:36on a parlé du pluralisme
01:09:37de la presse
01:09:37mais j'allais dire
01:09:39trop de pluralisme
01:09:41jette de la confusion
01:09:42vous voyez
01:09:43dans des entreprises
01:09:44comme Air France
01:09:45on va dire de bêtises
01:09:46mais il y a au moins
01:09:4615 syndicats
01:09:49vous voyez
01:09:49les inter-syndicals
01:09:50c'est compliqué
01:09:52donc il y a besoin
01:09:53que le
01:09:55collectivement
01:09:56c'est valable aussi
01:09:57par souvent pour nous
01:09:57on pense d'abord à l'intérêt
01:09:59des salariés
01:09:59et moins à notre boutique
01:10:01on a du boulot
01:10:02parce qu'évidemment
01:10:03en face
01:10:03il y en a qui cultivent
01:10:05on l'a bien vu
01:10:06on l'a bien vu
01:10:07pendant le printemps
01:10:10on a réussi
01:10:11tout le monde dit
01:10:12c'est un événement
01:10:13c'est quand même malheureux
01:10:15que
01:10:15quand deux syndicalistes
01:10:17deux secrétaires généraux
01:10:18défilent ensemble
01:10:19pendant quelques mois
01:10:19parlent ensemble
01:10:21ça soit un événement
01:10:23ça devrait être naturel
01:10:25qu'on discute
01:10:26et qu'on essaie de trouver
01:10:27des solutions
01:10:29donc
01:10:30ça va demander
01:10:31un peu de temps
01:10:32en tout cas
01:10:32pour qu'il y ait moins de
01:10:35enfin il y ait
01:10:36tout autant de drapeaux
01:10:38dans la rue
01:10:38encore plus
01:10:39mais qu'ils soient tous
01:10:40de la même couleur
01:10:43bon
01:10:46écoute
01:10:48je pourrais pas être là demain
01:10:49mais je vais demander à Sylvestre
01:10:51de poser la question
01:10:53de la part
01:10:54enfin de la part
01:10:56de beaucoup de monde
01:10:58parce que
01:11:00ça nous redonnerait espoir
01:11:02voilà
01:11:02enfin je suis content
01:11:04de ta façon
01:11:06tu as ouvert une petite fenêtre
01:11:08tu as ouvert une petite fenêtre
01:11:11il faut être peut-être
01:11:12l'ouvrir à quatre mains
01:11:15mais que les deux déjà
01:11:16l'être ouverte
01:11:17c'est pas mal
01:11:17ou à six mains
01:11:18parce qu'il faut pas forcément
01:11:20désespérer définitivement
01:11:21de la CFDT
01:11:26ça c'est un autre problème
01:11:28on va essayer d'ouvrir
01:11:29ça c'est un autre terrain
01:11:30c'est un autre problème
01:11:31on va essayer d'ouvrir
01:11:32les portes fenêtres
01:11:37là aussi
01:11:38il faut
01:11:41nos relations
01:11:42avec
01:11:42la confédération
01:11:45CFDT
01:11:46ne sont pas au beau fixe
01:11:47c'est un secret pour personne
01:11:48on a quand même réussi
01:11:50à débattre
01:11:51avec Berger
01:11:54sur une antenne
01:11:55sur la loi travail
01:11:58où le journaliste
01:12:00avait son scoop en main
01:12:02et il s'est dit
01:12:02ils vont se foutre sur la gueule
01:12:05et on a essayé de donner
01:12:06une image du syndicalisme
01:12:07tel que veulent l'avoir
01:12:08les salariés
01:12:09c'est-à-dire des gens
01:12:09qui sont pas d'accord
01:12:10mais qui débattent
01:12:11sans se traiter de nom d'oiseau
01:12:12c'est aussi ça
01:12:14et
01:12:16il y a des tas
01:12:17il y en a pas encore assez
01:12:18mais il y a eu quand même
01:12:20j'ai vu des drapeaux CFDT
01:12:21dans les manifestations
01:12:24si
01:12:25je le dis
01:12:26gentiment
01:12:27il y a des
01:12:29organisations
01:12:29de la CFDT
01:12:30qui se sont prononcées
01:12:31sur la loi travail
01:12:34si on siffle
01:12:36la CFDT
01:12:37eux se sentent
01:12:38aussi visés
01:12:40quand on dit
01:12:41je fâche des fois
01:12:42quand on dit
01:12:42tous pourris
01:12:44si on insulte
01:12:46ceux qui viennent
01:12:46défiler avec nous
01:12:48je pense qu'on doit
01:12:49trouver d'autres mots
01:12:49d'autres moyens
01:12:51de discuter
01:12:53et d'avancer
01:12:53vous voyez
01:12:54et c'est pas pour ça
01:12:55qu'on met
01:12:56ses visées dans sa poche
01:13:01bon alors je vois
01:13:04une CGT inclusive
01:13:06et non plus exclusive
01:13:07je vois
01:13:08à travers toi Philippe
01:13:10une CGT
01:13:11qui pourrait combiner
01:13:12les deux gestes
01:13:13le point tendu
01:13:14et les bras ouverts
01:13:28voilà
01:13:29bon
01:13:30ben écoutez
01:13:31je crois qu'on
01:13:34peut remercier
01:13:34Régis Lebré
01:13:35et Philippe Martinez
01:13:46juste pour vous dire
01:13:47qu'on est très heureux
01:13:49que ça se passe ici
01:13:50parce qu'ici
01:13:51c'est les amis
01:13:52de l'humanité
01:13:52c'est plus largement
01:13:53la tête de l'humanité
01:13:55c'est à dire
01:13:56l'humanité
01:13:56il ne faut pas l'oublier
01:13:58celui-là
01:13:58je voudrais juste
01:13:59remercier Régis
01:14:00qui a eu l'amabilité
01:14:01de mettre
01:14:02son beau gilet
01:14:03de la couleur
01:14:04qui nous fait plaisir
01:14:04Sous-titres par Jérémy Diaz

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