- il y a 11 heures
Revalorisation des salaires, réforme de l’assurance-chômage, relocalisations… Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT ont débattu longuement de leurs divergences économiques et sociales. Un débat qui marque le coup d'envoi de la rentrée sociale, dans une Agora bondée et survoltée.
Alternant entre applaudissements débridés et huées rugissantes, le public de la Fête de l’Humanité a pu écouter les deux hommes défendre le bilan de Macron pour l’un, et mettre le gouvernement devant ses contradictions pour l’autre. Un échange qui n’a pas manqué d’échauffer les esprits.
Débat animé par Maud Vergnol et Sébastien Crépel, directrice et directeur de la rédaction du journal l'Humanité, lors de la Fête de l'Humanité 2021,
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NewsTranscription
00:00Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement.
00:05Alors, si l'humanité organise ce genre de débat,
00:08ce n'est pas pour savoir qui nous préférons ou qui nous ne préférons pas,
00:11on a une petite idée sur la question,
00:13mais c'est surtout pour pouvoir confronter les points de vue
00:17et c'est ça qui permet le débat à la fête de l'humanité.
00:22Donc évidemment, je vous demanderai de respecter ce débat
00:28et de respecter chacun des participants,
00:30qui sont les invités de la fête.
00:32Merci à eux de leur participation.
00:34Merci à Gabriel Attal d'avoir accepté cette invitation.
00:37Merci à Philippe Martinez pour ce débat.
00:40Donc je laisse la parole tout de suite à Sébastien Crépel
00:44et Maude Verniol, qui sont les co-directeurs de la rédaction de l'humanité
00:48pour un éman et ce débat contradictoire qui s'annonce passionnant.
00:51Merci à vous.
00:52Merci Cédric. Merci beaucoup. Merci à tous.
00:57On va attendre que le calme revienne un peu
01:02pour pouvoir mener ce beau débat contradictoire
01:05qui est dans la tradition de la fête de l'humanité,
01:09permettre la controverse, le débat d'idées,
01:12même avec les idées avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord.
01:16Merci.
01:17Merci.
01:18Merci.
01:28L'économie va mieux, elle se rétablit, mais mieux que prévu,
01:37notamment parce que les mesures gouvernementales pour la protéger,
01:40pour la relancer fonctionnent.
01:42C'est le message du Premier ministre au dernier Conseil national de l'industrie.
01:49Mais est-ce que les salariés et leurs familles ont le même ressenti ?
01:55Prend-on les bonnes mesures pour que la reprise ne profite pas qu'aux mêmes,
02:00c'est-à-dire aux plus aisés,
02:01alors que ceux que l'on a appelés les premiers de corvée,
02:05mais aussi les salariés de deuxième ligne,
02:07ont tout donné pour permettre au pays de tenir au plus fort de la crise du Covid.
02:14Pour en débattre, nous avons invité le porte-parole du gouvernement,
02:18Gabriel Attal et Philippe Martinez,
02:20le secrétaire général de la CGT, s'il vous plaît.
02:28Alors vendredi, le midi libre titrait
02:31« Le bras de fer se durcit chez Bosch à Rodez »
02:35où 600 suppressions d'emplois sont programmées sur les 1100 que compte le site.
02:41A Béthune, où la ministre de l'Industrie était en visite il y a deux semaines,
02:46après la fermeture de l'usine Bridgestone,
02:49un premier projet de réindustrialisation a vu le jour,
02:52mais la majorité des 834 salariés du site
02:55n'ont toujours pas retrouvé d'emploi.
02:58A Saint-Claude, dans le Jura,
03:01la fonderie MBF a été liquidée cet été,
03:03laissant sur le carreau 280 salariés.
03:06On pourrait prendre beaucoup d'autres exemples.
03:09Comment les populations de ces territoires peuvent-elles adhérer au discours
03:12sur la reprise qui va plus vite que prévu ?
03:15Gabriel Attal,
03:16est-ce qu'on est dans une véritable reprise
03:18ou est-ce qu'il ne s'agit pas plutôt d'un correctif,
03:22d'un rattrapage d'activité sur ce qui a été perdu
03:24durant la crise du Covid ?
03:26Je rappelle, 8 points de PIB perdus en 2020,
03:30200 milliards d'euros de richesses
03:31qui n'ont pas pu être produites.
03:33En résumé, ça va mieux que pendant la crise, sans doute,
03:37mais est-ce que ça va mieux qu'avant la crise ?
03:42D'abord, bonjour à tous.
03:48S'il vous plaît.
03:50Alors, excusez-moi, avant qu'on continue,
03:52avant qu'on continue, je voudrais rappeler quelque chose.
03:56Gabriel Attal, il est notre invité.
03:58Il est l'invité de la fête de l'humanité.
04:00Il a le courage de venir parler.
04:02On le respecte, parce qu'ici, on se respecte.
04:05Merci.
04:13Alors, à nouveau, bonjour à tous.
04:16Et je vais vous dire, je suis très heureux d'être là.
04:21Je suis très heureux d'être là.
04:23Et ce que je disais aux organisateurs,
04:25en venant jusqu'à cette scène,
04:28c'est que c'est la première fois que je retourne
04:30dans un lieu à l'ambiance festivalière
04:33depuis la crise sanitaire,
04:34et que ça fait du bien de voir autant de personnes ensemble
04:37pour discuter, pour échanger,
04:39pour participer aussi à des concerts
04:41et à des moments plus festifs.
04:43Ça fait plaisir, et donc je suis très heureux d'être là.
04:46Et au cours de ce débat,
04:47je ne vais pas vous dire que tout va bien
04:49dans le meilleur des mondes, ce n'est pas vrai.
04:51Je ne vais pas vous dire qu'il n'y a pas
04:53de mauvaises nouvelles dans notre pays.
04:55Il y en a, et vous en avez cité.
04:58Par contre, je ne dirais pas non plus que tout va mal,
05:01parce que ça n'est pas vrai non plus,
05:02et j'essaierais de mettre en avant
05:04les bonnes nouvelles que nous avons,
05:05parce qu'il y en a.
05:06Et je pense que si on peut avoir ce constat-là
05:09partagé au départ,
05:11ça aidera, je pense, dans ce débat.
05:13Oui, il y a des situations très difficiles
05:15dans notre pays encore.
05:16Il y a des entreprises qui sont en difficulté,
05:17il y a des salariés qui sont en difficulté,
05:19il y a des demandeurs d'emploi qui sont en difficulté.
05:21Mais il y a aussi des signaux
05:23qui nous permettent d'être optimistes.
05:25Et vous l'avez indiqué,
05:27sur le volet de la croissance,
05:29sur le volet du chômage,
05:30nous avons des signaux qui nous permettent
05:31d'être optimistes.
05:32On nous annonçait au début de cette crise
05:341 million de demandeurs d'emploi en plus.
05:37Nous avons retrouvé aujourd'hui
05:39le taux de chômage que nous connaissions
05:41avant la crise sanitaire.
05:43Si on nous l'avait dit au début de la crise,
05:44on ne l'aurait pas cru dans ce calendrier.
05:47On nous avait indiqué aussi
05:49des faillites en cascade.
05:51Il y a des difficultés,
05:52il y a beaucoup d'entreprises
05:53qui ont des difficultés.
05:54Mais il y a aujourd'hui moins de faillites
05:56que sur la même période,
05:57à l'époque d'avant crise.
05:58C'est encourageant.
05:59Je dis simplement qu'il faut regarder ça
06:01en essayant de se projeter dans l'avenir.
06:03Il y a des entreprises
06:03qui sont très en difficulté,
06:04vous l'avez dit.
06:05Pour chacune de ces entreprises,
06:07pour chacun de ces dossiers,
06:08on a un travail extrêmement fin
06:10qui est fait avec les services de l'Etat,
06:11avec les partenaires sociaux,
06:12et d'ailleurs bien souvent avec la CGT,
06:14pour trouver des solutions.
06:15Vous citez Bridgestone.
06:16On a beaucoup parlé de Bridgestone
06:18au moment de l'annonce
06:20du retrait de l'investisseur.
06:21J'étais d'ailleurs, je crois,
06:22le premier à réagir
06:23puisqu'à mon compte rendu du Conseil des ministres,
06:24j'avais parlé de trahison de confiance.
06:26Qu'est-ce qu'on a fait depuis ?
06:27On a beaucoup travaillé,
06:28ma collègue Agnès Pannier-Runacher,
06:30avec les partenaires sociaux.
06:31Quelle est la situation aujourd'hui ?
06:32Un tiers des salariés de Bridgestone
06:35avaient retrouvé un emploi
06:36avant même que l'usine ne ferme définitivement.
06:38Depuis qu'elle a fermé,
06:39on a un tiers, un autre tiers
06:42à qui on a pu trouver une solution.
06:43Il reste des salariés qui n'ont pas de solution,
06:45mais on se bat coûte que coûte
06:46pour les accompagner.
06:47Et c'est comme ça sur tous les dossiers.
06:49On pourrait revenir sur certains dossiers en cours.
06:51Sur tous les dossiers,
06:52on essaie de trouver des solutions.
06:53Mais surtout, ce qu'on est en train de faire,
06:55c'est d'investir pour créer
06:57de nouvelles chaînes de valeurs,
06:58pour créer de nouvelles opportunités
06:59de croissance et d'emploi
07:00dans les 10 années à venir.
07:02C'est ce qu'on fait avec le plan de relance.
07:03C'est ce qu'on va faire avec le plan d'investissement.
07:05Et j'espère qu'on aura l'occasion
07:06de revenir sur les détails dans cet échange.
07:09Merci.
07:10Alors, Philippe Martinez,
07:126% de croissance,
07:151 600 000 recrutements au deuxième trimestre.
07:18Est-ce que le syndicaliste que vous êtes partage
07:22l'optimisme,
07:22en tout cas le volontarisme revendiqué
07:25du gouvernement
07:26face à la vigueur de la reprise ?
07:33Bonjour à toutes et à tous.
07:41Juste comme introduction,
07:43moi, j'ai eu l'occasion de le dire
07:44dans l'Humanité Dimanche,
07:47c'est important qu'on puisse avoir
07:49ce genre de débat.
07:50Et je reproche souvent
07:52au gouvernement,
07:53au président de la République
07:54d'avoir une conception du débat
07:56où il ne parle que tout seul.
07:58Donc quand on peut...
07:59C'est pas...
08:04Quand on peut avoir des débats contradictoires,
08:07quand on peut friter un peu,
08:09c'est quand même important
08:10parce que, justement,
08:12ça permet de confronter des arguments,
08:14ça permet de mieux comprendre
08:16ou d'essayer de mieux comprendre
08:17des situations.
08:18Et donc, moi,
08:19je me félicite de ce genre de débat.
08:21Alors, pour en revenir à la question,
08:24oui, l'économie va mieux.
08:27Effectivement.
08:29On est...
08:31Arrêtez de crier
08:32parce que je ne m'entends même plus parler.
08:35Et évidemment,
08:36évidemment, l'économie va mieux.
08:38Mais on a mis,
08:39entre parenthèses,
08:41j'allais dire,
08:41cette période d'un an,
08:43un an et demi,
08:44et on est reparti comme avant.
08:46Comme avant.
08:47Malgré tous les discours
08:48sur les deuxièmes lignes,
08:50sur les relocalisations,
08:52etc., etc.,
08:53on est reparti comme avant.
08:55C'est-à-dire,
08:55les riches continuent à s'enrichir
08:58et les pauvres
08:59continuent à s'appauvrir.
09:01C'est ça, la réalité.
09:03Et donc,
09:07ce qui est inquiétant,
09:13c'est qu'aucune leçon
09:14n'a été tirée de cette période,
09:17y compris ce que dénonce la CGT
09:19depuis des années et des années,
09:21c'est-à-dire un autre partage des richesses,
09:24une autre prise en compte,
09:25de la réalité du travail,
09:29les relocalisations,
09:30etc., etc.,
09:31eh bien, ça y est, c'est fini.
09:33On est reparti comme avant.
09:35Et nous, on milite pour que
09:36ce qu'on a vécu avant,
09:38ce que nous a mis en lumière cette crise,
09:41tous les problèmes que nous dénoncions
09:44et auxquels nous apportions
09:45des solutions,
09:47d'autres solutions alternatives,
09:48et bien, ça soit ce qui motive
09:52l'avenir.
09:54La réalité, c'est,
09:57pendant, en 2020,
09:59les actionnaires ont touché
10:01des milliards de dividendes.
10:04Et vous l'avez noté,
10:06sur les six premiers mois
10:08de l'année 2021,
10:11les bénéfices des 37 plus grandes entreprises
10:14en France
10:15ont été de plus de 50 milliards.
10:18Plus de 50 milliards.
10:20Alors, oui,
10:22oui,
10:25l'économie va mieux,
10:27mais c'est...
10:28Qu'est-ce qu'on fait de ces richesses
10:30qui doit être débattu ?
10:31Et là-dessus,
10:32vous le savez,
10:33on n'est vraiment pas d'accord.
10:34On n'est vraiment pas d'accord.
10:39Merci, Philippe Martinez.
10:42Alors, pour rebondir,
10:43en effet,
10:44on parle d'années folles
10:45pour les profits
10:46des entreprises du CAC 40,
10:48avec 60 milliards d'euros
10:50au premier semestre.
10:51Si le camarade de gauche
10:52veut bien se taire,
10:53peut-être qu'on pourra
10:54continuer le débat.
10:55On est bon, là ?
10:57Bon, allez.
11:01Donc, la croissance
11:03des fortunes
11:04des 500 familles
11:05les plus riches de France.
11:07Pendant que le PIB
11:08est reculé de 8 points,
11:09que jusqu'à 8 millions
11:10de salariés étaient contraints
11:11au chômage partiel,
11:13elles ont grimpé de 30%.
11:15Bernard Arnault,
11:16c'est 57 milliards d'euros
11:18de plus en un an.
11:19À la fin de ce débat,
11:20il aura gagné
11:2110 millions d'euros,
11:23soit 660 années de SMIC,
11:26100 000 euros par minute.
11:27Pendant ce temps,
11:29pendant ce temps,
11:30un tiers des Français
11:31disent avoir du mal
11:32à boucler les fins de mois,
11:33selon le baromètre
11:34du Secours populaire.
11:36Alors, Gabriel Attal,
11:38comment, face à ce fossé,
11:40le gouvernement
11:41compte s'attaquer
11:41à ce grand écart
11:43des inégalités ?
11:44J'entends qu'on aborde
11:47la question des bénéfices
11:48et des dividendes.
11:50Vous avez abordé
11:51la question des entreprises
11:52du CAC 40,
11:53qui réalisent, je crois,
11:5580% de leur activité
11:56à l'étranger.
11:57Quand on prend la globalité
11:59des entreprises
11:59dans notre pays,
12:01et la globalité
12:02des dividendes versés
12:03par l'ensemble
12:03des entreprises
12:04dans notre pays,
12:05on constate plutôt
12:05que depuis 15 ans,
12:06il y a une relative stabilité.
12:07On peut toujours
12:08réinterroger la question
12:09de la répartition
12:10entre le capital
12:10et le travail.
12:11Mais ce n'est pas vrai
12:12de dire que ça a explosé
12:15globalement en France
12:16depuis un an,
12:17deux ans ou trois ans,
12:17puisqu'encore une fois,
12:18quand on prend en compte
12:19l'ensemble des entreprises
12:20françaises,
12:20pas uniquement les entreprises
12:22du CAC 40,
12:22qui par ailleurs réalisent
12:2380% de leurs activités
12:24à l'étranger,
12:25on est sur cette stabilité.
12:27Je vais rebondir
12:28sur ce que disait
12:29Philippe Martinez.
12:30Vous indiquez que la crise
12:31a révélé des choses
12:32et réveillé des grandes faiblesses
12:34dans notre pays.
12:35Et ce constat,
12:35on le partage.
12:36Et le principal constat,
12:37je crois que c'était
12:38l'objet de la première partie
12:39de ce débat,
12:39c'est la faiblesse
12:40de notre industrie,
12:41qui a reculé depuis 20 ans,
12:43depuis 30 ans.
12:45Et on a tous vécu dramatiquement
12:47ce que ça a révélé
12:48au moment de cette crise,
12:49en termes d'équipement
12:50sur les masques,
12:52sur les gants,
12:52sur un certain nombre
12:53de médicaments.
12:54Aujourd'hui,
12:55dans la reprise,
12:56on le vit sur la pénurie
12:58des semi-conducteurs.
13:00Et donc, nous,
13:01quand vous dites finalement
13:02ça reprend comme avant,
13:03non, ça ne reprend pas
13:03comme avant.
13:04Parce que précisément
13:05sur ce sujet-là,
13:06par exemple,
13:06on tient compte
13:07de ce qui s'est passé,
13:08on tient compte
13:08de ce que la crise
13:09a révélé,
13:09et on investit massivement.
13:11On investit massivement
13:12avec le plan de relance.
13:13Ça veut dire quoi ?
13:14Ça veut dire
13:14qu'on relocalise
13:15des activités.
13:16Ça veut dire
13:17que l'emploi industriel,
13:17il a reculé
13:18dans notre pays
13:19sur les deux quinquennats
13:20précédents
13:20d'un million d'emplois
13:21en net.
13:22Et que depuis 2017,
13:22on a enrayé cette baisse.
13:24C'est une réalité
13:25des chiffres.
13:26Depuis 2017,
13:27on a enrayé la baisse
13:28de l'emploi industriel
13:28dans notre pays.
13:29On a réussi à arrêter
13:30cette saignée.
13:31Et là, l'objectif,
13:31c'est de rebondir
13:32en investissant massivement.
13:33Et très concrètement,
13:34ça veut dire
13:35des activités
13:35qui sont relocalisées
13:36en France.
13:37C'est par exemple
13:38l'entreprise Comen
13:39qui a relocalisé
13:41une activité
13:42qui avait été délocalisée
13:43en Malaisie
13:44de production
13:45de gants
13:46à usage unique
13:46en nitrile
13:47qui la relocalise
13:48dans la Sarthe
13:49sur l'ancien site
13:50d'Arjo Wiggins
13:50et qui va créer
13:51300 emplois.
13:52C'est l'entreprise
13:53Le Saf
13:53qui développe
13:54à Denain
13:55qui crée 400 emplois
13:56pour développer
13:56des nouveaux produits
13:58dans l'agroalimentaire
13:59et dans la santé.
14:00Je ne dis pas
14:00encore une fois
14:01que tout va bien
14:01et que tout est parfait
14:02dans le meilleur des mondes.
14:03Je dis qu'on a tiré
14:04les enseignements
14:05de cette crise
14:05notamment sur la question
14:06de l'industrie
14:07et qu'on met les moyens
14:08et qu'on met le paquet
14:09pour investir
14:09pour recréer des emplois
14:10dans notre pays
14:11parce que c'est ça
14:11la principale richesse
14:12c'est de pouvoir travailler.
14:18Je pense qu'il faut être sérieux.
14:22Premièrement
14:24les 37 plus grandes entreprises
14:26sur les 40 en France
14:27je l'ai dit
14:28ont réalisé 57 milliards d'euros
14:30de bénéfices
14:31en 6 mois.
14:32c'est le record historique
14:34de bénéfices réalisés
14:35par ces entreprises
14:36depuis que la bourse existe.
14:40La deuxième chose
14:41il faut être sérieux
14:43la deuxième chose
14:44la deuxième chose
14:46c'est que toutes ces entreprises
14:48toutes ces entreprises
14:50ont touché des aides publiques.
14:52Toutes.
14:53Toutes.
14:54Et qu'est-ce que je constate ?
14:57Airbus
14:58on a entendu
15:00rappelez-vous
15:01juste avant
15:02début 2020
15:03c'est la crise
15:04pour l'aéronautique
15:06etc.
15:06Oui les avions
15:08ne volaient pas
15:08mais les commandes
15:09étaient là.
15:11Qu'est-ce qu'a fait Airbus ?
15:12Ils ont touché
15:13de l'argent.
15:15Ils ont fait
15:16dans ces 57 milliards
15:18de bénéfices
15:18ils en ont fait 4.
15:20c'est de l'emploi
15:21en France
15:22avec un réseau
15:23de sous-traitance
15:24en France
15:24et qu'est-ce qu'ils ont annoncé
15:26dans le même temps ?
15:28Des suppressions d'emplois
15:29notamment dans l'ingénierie
15:31et je peux vous allonger
15:33la liste
15:33l'automobile
15:34que je connais un petit peu
15:35ça devait être la crise
15:38ça devait être
15:39la catastrophe
15:40pendant des années
15:41et des années
15:41les deux constructeurs français
15:44ont fait des bénéfices
15:45sur ces 6 premiers mois
15:47et on a annoncé
15:50des plans de suppression d'emplois
15:51ce qu'on vous reproche
15:53c'est que premièrement
15:54et on vous l'a dit
15:55dès le début
15:56on n'est pas
15:57contre le fait
15:58d'aider des entreprises
16:00mais à quoi va servir l'argent
16:02si c'est pour licencier
16:03non
16:04ces entreprises là
16:09ces entreprises là
16:11elles font travailler
16:12des salariés en France
16:15chez les donneurs d'ordre
16:16les entreprises
16:17que je vous ai citées
16:18mais il y a tout un maillage
16:19de sous-traitances
16:20de petites entreprises
16:23on peut citer les fonderies
16:24ils travaillent exclusivement
16:26pour l'automobile
16:27que ça soit la SAM
16:28que ça soit les fonderies de Bretagne
16:30que ça soit les fonderies du Poitou
16:32à Châtellerault
16:33ils travaillent exclusivement
16:35pour l'automobile
16:36en France
16:37et parfois pour l'Espagne
16:38et bien c'est celles là
16:40qu'on laisse crever
16:41pendant que les donneurs d'ordre
16:42c'est les salariés
16:43qu'on laisse crever
16:44pendant que les donneurs d'ordre
16:46amassent les profits
16:47donc
16:50je ne comprends pas
16:51par exemple
16:52je ne comprends pas
16:53par exemple
16:54que le gouvernement
16:55n'ait pas durci
16:57les aides aux entreprises
16:59c'est à dire
16:59n'ait pas conditionné
17:00ses aides aux entreprises
17:01à des résultats
17:03sur l'emploi
17:04et puis
17:04vous savez
17:07vous savez
17:08alors vous n'êtes pas toujours
17:09dans les rencontres
17:10que j'ai avec votre patron
17:12monsieur Castex
17:14les semi-conducteurs
17:15puisque vous les avez évoqués
17:17ça fait un an
17:18que je lui dis
17:21il faut relocaliser
17:22puisque vous dites
17:23qu'il faut relocaliser
17:24c'est un problème
17:25parce que ce qui se passe
17:26sur les semi-conducteurs
17:28c'est un peu ce qu'on a connu
17:29sur les masques
17:30vous savez
17:31les constructeurs
17:32ils viennent au pied des avions
17:34au cul
17:34enfin au pied
17:37pour faire un marché noir
17:39en quelque sorte
17:40des semi-conducteurs
17:41et c'est celui
17:41qui paye le plus
17:42et bien les salariés
17:43de l'automobile
17:43donc je lui ai dit
17:44mais moi je connais
17:45des usines
17:47où on peut refaire
17:48des semi-conducteurs
17:50en France
17:50où au moins
17:51qu'ils puissent contribuer
17:52à la filière
17:53ST Micro-N électronique
17:55c'est en France
17:57Soitec
17:57c'est en France
17:58je pense à mes camarades
17:59de Thalès
18:00à Pont-au-de-mer
18:01c'est en France
18:02et d'ailleurs
18:03c'est même dans le département
18:04du ministre de l'économie
18:05Bruno Le Maire
18:06donc il connaît
18:07il connaît
18:09pourquoi
18:10pourquoi
18:11avec l'argent
18:12qui a été distribué
18:13avec les discours
18:15sur les relocalisations
18:16on n'a pas
18:18tout de suite dit
18:20et bien il faut recréer
18:21une filière
18:21de semi-conducteurs
18:22en France
18:23parce que ça sert
18:24pour l'automobile
18:24mais ça sert
18:25pour vos coulçons
18:25vous le savez tous
18:26ça c'est un problème
18:28ça c'est un problème
18:29et donc
18:31il y a besoin
18:32évidemment
18:33de belles paroles
18:34mais des paroles
18:35sans les actes
18:37et bien ça fait que
18:38tous les discours
18:40il y a de la défiance
18:41et plus que de la défiance
18:43il y a de la colère
18:44parce que ce qui est en jeu
18:46c'est pas des emplois
18:47à l'autre bout du monde
18:49pour reprendre ce que vous disiez
18:50c'est des emplois ici
18:52qui participent à faire
18:54que les entreprises
18:56aient fait ses profits
18:57donc vous voyez
18:57nous on propose
19:00on nous dira
19:00c'est bien ce que vous dites
19:01on va réfléchir
19:02et bien
19:04il faut
19:05activer les neurones
19:06parce qu'à force de réfléchir
19:07les boulots
19:08continuent à partir
19:20on a le sentiment
19:22quand même
19:22qu'il y a une inflexion
19:23du discours gouvernemental
19:25sur ces questions
19:25de l'industrie
19:26on est passé
19:26de l'éloge
19:28de la start-up nation
19:30à un discours
19:32qui insiste
19:34sur la nécessité
19:35de reconquérir
19:35une souveraineté
19:36sur l'industrie
19:37plus traditionnelle
19:38et qui a souffert
19:39ces dernières décennies
19:40ça a été rappelé
19:42mais 22% des emplois
19:44en 1980
19:4413% en 2017
19:462 millions d'emplois détruits
19:48alors comment on passe
19:49de la parole aux actes
19:50par exemple là
19:51Philippe Martinez
19:51vous a interpellé
19:52sur pourquoi pas
19:53une filière
19:54des semi-conducteurs
19:55en France
19:57le discours du président
19:59de la république
19:59sur la nécessité
20:00de retrouver
20:00une nation industrielle
20:01il date de 2017
20:03et les actes
20:04ils datent de 2017
20:05encore une fois
20:06l'arrêt de la saignée
20:07des emplois industriels
20:08elle date de 2017
20:10c'est les chiffres
20:11moi je veux bien
20:11qu'on s'oppose
20:12sur des projets
20:13sur des actions
20:13mais les chiffres sont là
20:14il y a une saignée
20:15des emplois industriels
20:16dans notre pays
20:17et depuis 2017
20:18on est en train
20:18d'inverser la tendance
20:19maintenant la question
20:20c'est comment on va plus loin
20:21je vais juste rebondir
20:22sur un point
20:23que vous avez évoqué
20:23oui les entreprises
20:24ont reçu des aides publiques
20:25mais l'essentiel
20:26de ces aides publiques
20:27elles ont permis
20:28de préserver les emplois
20:29pendant la crise
20:29c'est le chômage partiel
20:30c'est le chômage partiel
20:33il y a 25 millions de français
20:34qui ont pu garder leur emploi
20:36grâce au chômage partiel
20:3725 millions
20:38qui ont été à un moment
20:38au chômage partiel
20:399 millions au pic
20:40il y a encore
20:41600 000 français
20:42aujourd'hui
20:43qui sont en activité partielle
20:44de longue durée
20:45financés par l'état
20:46il y a des aides ensuite
20:47à des secteurs
20:48qui ont été faites
20:48et c'est essentiellement
20:50du prêt
20:50c'est essentiellement
20:51des prêts garantis
20:52par l'état
20:53qui sont conditionnés
20:55notamment à un volet
20:56qui est celui
20:56de la décarbonation
20:57et de la transition
20:58parce que c'est ça
20:59l'enjeu aujourd'hui
20:59on le sait
21:00que ce soit dans l'aérien
21:00ou dans l'automobile
21:02ce qui explique d'ailleurs
21:03des difficultés qu'on connait
21:04vous parliez des fonderies
21:05les fonderies
21:06c'est probablement la filière
21:07avec laquelle on a
21:08le plus de difficultés
21:09oui c'est très dur
21:10et c'est très difficile
21:10je suis allé à Saint-Claude
21:12rencontrer l'intersyndical
21:13de MBF
21:13je les ai rencontrés
21:14vous les avez rencontrés aussi
21:17bah oui
21:17je me déplace
21:18je les ai rencontrés
21:19c'est très difficile
21:20quand vous avez une injonction
21:21et je crois que c'était
21:23une partie du débat
21:24que vous aviez juste avant
21:25quand vous avez une injonction
21:26à changer de modèle
21:27à aller vers des véhicules
21:28qui sont plus propres
21:29des véhicules électriques
21:30quand vous savez
21:31que vous avez une injonction