- il y a 24 minutes
Comment unir les classes populaires ? Le débat organisé entre François Ruffin, Raphaël Arnault, Marie Pochon et Nicolas Sansu à l'Agora de la Fête de l'Humanité a créé beaucoup de remous. Le plus souvent à partir de courts extraits partagés sur les réseaux sociaux qui ne reflètent pas la qualité des débats.
Si les échanges ont été vifs, les quatre députés se sont échinés à "tout mettre sur la table" pour répondre à cette question vitale pour la gauche.
Le débat n'a malheureusement pas été capté en vidéo, mais nous vous proposons l'intégralité des échanges en audio, pour vous faire votre propre opinion sur la teneur de la discussion : ferme, sans faux-semblant, mais constructive.
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NewsTranscription
00:00:00Nous allons dans quelques instants parler de lutte contre la Rassemblement Nationale.
00:00:04Nous aurons aussi l'ambassadrice de Palestine en France qui sera avec nous pour parler de Gaza tout à l
00:00:10'heure.
00:00:11Et puis nous, ce soir, l'émission Backseat sera en direct de la fête de l'humanité
00:00:16avec Fabien Guay et Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT.
00:00:21Mais tout de suite, nous allons passer à la deuxième partie du débat pour ceux qui étaient là hier,
00:00:27défaire l'URN puisque la lutte contre l'extrême droite est une lutte fondamentale
00:00:32pour le journal de l'humanité et pour la gauche en général.
00:00:36Donc cet après-midi, nous accueillons des élus de terrain pour qu'ils débattent de la meilleure façon
00:00:40de lutter contre la Rassemblement Nationale.
00:00:43J'accueille donc Raphaël Arnaud qui est député de France Insoumise,
00:00:52Nicolas Sansu qui est député communiste,
00:01:01François Ruffin qui est député Pécardie Debout
00:01:04et Marie Pochon
00:01:07et Marie Pochon qui est députée écologiste.
00:01:13Marie Pochon, s'il vous plaît, accueillez Marie Pochon dignement.
00:01:19Désolée Marie, Marie Pochon.
00:01:23Un débat animé par Anthony Cortès du service politique de l'humanité.
00:01:28Sous-titrage Société Radio-Canada
00:02:13Bonjour, bonjour à tous.
00:02:15Merci, vous pouvez vous applaudir évidemment.
00:02:21Merci d'être aussi nombreux aujourd'hui pour battre le Rassemblement National évidemment,
00:02:27mais pour en discuter, pour discuter de comment surtout unir les classes populaires.
00:02:32D'abord une petite introduction pour dire qu'on est là pour discuter avec nos contradictions,
00:02:37pour trouver des points d'accord.
00:02:40On est, je sais, souvent divisés, mais on reste une même famille.
00:02:45Donc j'aimerais que ça se passe dans le respect.
00:02:47Comme je l'ai dit à nos invités, je vous le dis aussi à vous,
00:02:51ça n'empêche pas d'être engagé.
00:02:53Le respect.
00:03:01Alors j'ai à mes côtés Marie Pochon.
00:03:03Marie Pochon, vous êtes députée écologiste de la Drôme,
00:03:06réélu face à un candidat de l'alliance RN Ciotti.
00:03:09Ça s'applaudit, ça aussi.
00:03:16J'ai à mes côtés également Raphaël Arnaud,
00:03:18député France Insoumise du Vaucluse.
00:03:25Élu face à un candidat du Rassemblement national
00:03:27et qui est l'un des rares candidats à avoir ravi une circonscription au Rassemblement national.
00:03:36J'ai à mes côtés également Nicolas Sansu,
00:03:39député PCF du Cher qui a eu chaud.
00:03:41Il a gagné de 519 voix face à un Rassemblement national.
00:03:49Et s'il vous plaît, j'aimerais vraiment qu'on applaudisse François Ruffin
00:03:53parce que gagner dans la somme,
00:03:58gagner dans la somme,
00:03:59ce n'est pas rien
00:04:01et c'est une immense victoire pour la gauche.
00:04:18On va quand même commencer à répondre à des questions.
00:04:21On va arrêter de s'applaudir.
00:04:25Une première question pour Marie Pochon.
00:04:29Marie, dans l'intitulé de ce débat,
00:04:31il y a classe populaire au pluriel.
00:04:33Est-ce que ça fait sens selon vous ?
00:04:35Est-ce qu'il y a vraiment deux classes populaires ?
00:04:37Une classe populaire urbaine, une classe populaire rurale ?
00:04:40Ou est-ce qu'il y a plus de points communs qu'on le dit
00:04:43dans l'espace médiatique et politique ?
00:04:48Merci d'abord pour l'invitation.
00:04:50Je vais essayer de faire court sur cette première question.
00:04:53Vous dire d'abord que c'est super impressionnant
00:04:55d'être devant autant de monde.
00:04:57Vous dire le plaisir que j'ai à débattre
00:04:59avec ces trois personnes qui sont à côté de moi.
00:05:02On a tous des parcours différents,
00:05:03on a tous des circos différents,
00:05:04on a parfois des stratégies différentes.
00:05:06On partage un fond, c'est le programme du nouveau Front populaire.
00:05:09On se bat ensemble pour cet objectif commun
00:05:11et je crois que c'est ça qui devrait nous unir.
00:05:17Maintenant, bien évidemment qu'il y a des différences de sociologie,
00:05:22bien évidemment qu'il y a des différences de vécu
00:05:23entre les territoires ruraux et des territoires de périphérie urbaine
00:05:27ou des centres-villes, bien évidemment.
00:05:29Moi, je suis élue sur une circonscription
00:05:30qui est de très grande ruralité, 240 communes,
00:05:34très enclavées dans les montagnes du Vercors,
00:05:36des Baronis pour ceux qui connaissent dans la Drôme.
00:05:39C'est un territoire magnifique,
00:05:42c'est un territoire aussi qui vit beaucoup de difficultés.
00:05:45Les gens qui y habitent vivent beaucoup de difficultés
00:05:46en matière de désertification médicale,
00:05:49en matière d'écoles qui ferment,
00:05:51en matière d'accès aux services publics.
00:05:53Alors certes, on a des France Service
00:05:54qui s'installent un petit peu partout,
00:05:56mais c'est souvent des associations
00:05:57où les communes qui les portent,
00:05:59et l'Etat s'est totalement désengagé
00:06:00de ces espaces France Service.
00:06:02On a des soucis en matière d'accès à la culture,
00:06:05on a des soucis également en termes de mobilité,
00:06:09et c'est peut-être ça l'aspect central.
00:06:10Aujourd'hui, à peu près 80-85% des gens sur mon territoire
00:06:14utilisent la bagnole tous les jours pour aller au travail,
00:06:17et c'est une dépendance absolument terrible,
00:06:19alors que 40 ans, 50 ans de politique publique
00:06:22n'ont fait que construire du tout voiture absolument partout,
00:06:26quand on a 10 à 15% des gens qui n'ont pas le permis.
00:06:29On a sans doute encore plus de personnes
00:06:31qui n'ont pas les moyens aujourd'hui
00:06:32ni de se payer une bagnole,
00:06:33ni de se payer les prêts du carburant.
00:06:37Je ne compte pas les 2 millions aujourd'hui de voitures
00:06:40qui circulent sur les routes de France
00:06:42sans contrôle technique,
00:06:43parce que les gens n'ont absolument pas les moyens
00:06:45de se le payer.
00:06:46La crise sociale que nous sommes en train de vivre
00:06:49creuse encore plus une forme de fracture territoriale
00:06:52qui peut exister.
00:06:53Par contre, là où je veux en venir,
00:06:54c'est que ces inégalités, cette fracture-là,
00:06:57elle existe de manière commune également
00:06:59avec des quartiers populaires,
00:07:01avec des territoires périphériques,
00:07:03des centres-villes, où on constate le même désinvestissement
00:07:07en matière de services publics.
00:07:08On constate les mêmes sujets de désertification médicale.
00:07:12Aujourd'hui, c'est à peu près 95% du territoire national
00:07:14qui est un désert médical.
00:07:16Donc, ce n'est pas seulement les campagnes
00:07:18et ce n'est pas seulement les quartiers populaires,
00:07:20mais c'est des combats, en tout cas,
00:07:21qui nous sont communs.
00:07:23Ce que je voulais dire de ce qui est commun également
00:07:26sur ces différentes sociologies,
00:07:29mais c'est compliqué à résumer,
00:07:35les classes populaires dans leur ensemble,
00:07:38c'est plus de la moitié de la population active.
00:07:42C'est des salariés qui sont généralement
00:07:45des salariés qui vont être sans perspective
00:07:46dans leur entreprise,
00:07:48qui vont être généralement assez mal rémunérés.
00:07:51Souvent, ce sont des femmes.
00:07:53Et là, je pense qu'en termes de politique publique,
00:07:55nous, en tant que députés du nouveau Front populaire,
00:07:59devons porter, c'est d'abord avoir un focus
00:08:01sur cette moitié de la population dont on parle assez peu,
00:08:03en vérité, quand on parle des classes populaires,
00:08:05qu'elles soient rurales, qu'elles soient urbaines.
00:08:07Mais 50% d'entre eux sont des femmes.
00:08:11Et ça, je pense que c'est absolument essentiel.
00:08:17Et je le dis d'autant plus comme députée
00:08:19qui a beaucoup parlé des sujets agricoles
00:08:21ces dernières années à l'Assemblée nationale.
00:08:24Je les ai portées avec beaucoup de fierté
00:08:25et avec beaucoup d'énergie.
00:08:26Pour autant, la place des femmes
00:08:28sur les enjeux agricoles, en tout cas,
00:08:31n'existe absolument pas,
00:08:33alors qu'elle est absolument centrale.
00:08:35Ce qui unit ces différentes classes populaires,
00:08:38à mon sens, c'est une aspiration
00:08:39à être traitées comme les autres.
00:08:41Et je pense que ça,
00:08:43moi, je l'ai beaucoup lu dans les doléances
00:08:45du Grand Débat national,
00:08:46notamment sur lesquelles on a pas mal travaillé
00:08:48avec pas mal de députés, d'ailleurs,
00:08:51de tous les camps républicains
00:08:53de l'Assemblée nationale.
00:08:54On va chercher à les publier,
00:08:56à les restituer, ces doléances,
00:08:57parce qu'elles disent beaucoup
00:08:58de cette aspiration à être traitées
00:09:00comme les autres, tout simplement,
00:09:01et avec dignité.
00:09:03La 2e chose qui unit l'ensemble
00:09:04de ces classes populaires,
00:09:06entre urbains et rurales,
00:09:07c'est, à mon sens,
00:09:08mais je pense que mes collègues pourront compléter également,
00:09:11c'est un profond sentiment d'incertitude
00:09:14et d'impuissance qui s'est creusé
00:09:15par 7 ans de macronisme
00:09:17qui a créé cette impuissance publique.
00:09:19C'est-à-dire qu'on laisse faire les marchés,
00:09:21on laisse faire la désindustrialisation,
00:09:24on laisse faire les changements climatiques,
00:09:26on laisse faire tout cela
00:09:27et on creuse un sentiment d'impuissance
00:09:29comme si on ne pouvait absolument rien faire,
00:09:31comme si la politique ne pouvait rien régler.
00:09:33et je crois que c'est là notre enjeu à faire en commun,
00:09:36je crois que c'est là l'enjeu même
00:09:37du nouveau Front populaire dans son ensemble,
00:09:40c'est de pouvoir montrer que,
00:09:41en fait, la politique, ça peut tout changer
00:09:45et voilà pour mon premier point.
00:09:48Merci Marie.
00:09:56Raphaël, maintenant, toi, est-ce que,
00:10:00pardon vous, est-ce que vous pensez
00:10:02qu'il y a effectivement plus de ponts qu'on le dit
00:10:06et surtout, est-ce qu'il y a un espace
00:10:07pour réanimer une conscience de classe globale
00:10:11qui peut réunir les classes populaires urbaines et rurales ?
00:10:15Bonjour à tout le monde,
00:10:17c'est un immense honneur d'être présent à vos côtés
00:10:19et de pouvoir débattre de cette question
00:10:20ô combien nécessaire dans la période
00:10:22et de clarification politique.
00:10:31J'aimerais bien commencer le débat
00:10:33ou cette table ronde par autre chose
00:10:35mais le fait est, on a entendu,
00:10:37voilà, la colère qui s'est exprimée
00:10:38de la part de certaines personnes ici dans la salle,
00:10:41notamment parce que, François,
00:10:42moi, récemment, tu es allé sur BFM
00:10:44et je te le dis avec la plus grande sincérité militante
00:10:47que je peux avoir,
00:10:48tu as blessé énormément de camarades,
00:10:50notamment la jeunesse qui s'est mobilisée
00:10:51lors de ces dernières élections.
00:10:54Et si je dis ça,
00:10:56si je dis ça,
00:10:57attention,
00:10:58si je dis ça,
00:10:59c'est pas seulement pour s'en prendre
00:11:01à la personne qui est François Ruffin,
00:11:02là n'est pas le problème,
00:11:03c'est pour pointer le problème
00:11:05de ce que ça voulait dire politiquement
00:11:07et notamment de la question antiraciste
00:11:10qui va être centrale dans la période
00:11:11et j'espère que toutes et tous
00:11:13vous en avez confiance
00:11:14parce qu'on va affronter
00:11:16on va affronter une période
00:11:18et on la vit déjà
00:11:19où les classes possédantes,
00:11:21la bourgeoisie,
00:11:22est en train d'imposer un agenda raciste
00:11:25et que si on esquive cette question,
00:11:27on est mort !
00:11:28On est mort !
00:11:30Et je pense,
00:11:32je pense camarades,
00:11:33que l'électoralisme,
00:11:35l'électoralisme qui a pu traverser
00:11:37nombre de nos organisations politiques,
00:11:40l'électoralisme, vous savez,
00:11:42qui, pour moi, freine nos idées,
00:11:46freine nos programmes politiques
00:11:47parce que moi,
00:11:49quand j'ai débarqué par exemple
00:11:50sur le Vaucluse,
00:11:51très rapidement,
00:11:51j'aurais pu me mettre à me dire
00:11:53« Bon, c'est le RN,
00:11:55ça vote RN à plein pot,
00:11:57il va falloir que j'adapte un peu mon discours,
00:11:59que je ne sois pas trop radical »
00:12:00et compagnie et blablabla,
00:12:01tout ce qu'on nous chante
00:12:03sans arrêt dans les médias.
00:12:04Eh bien, on n'a pas pris la chose comme ça
00:12:06parce que peut-être que je suis un militant de terrain
00:12:08et que je n'en ai rien à faire
00:12:09de ce que racontent BFM et CNews.
00:12:11Voilà ce qui s'est passé.
00:12:13Et derrière,
00:12:15sur la circonscription,
00:12:17pourquoi est-ce que je m'attarde ?
00:12:18Pourquoi est-ce que je m'attarde
00:12:20sur cette victoire ?
00:12:22C'est parce que la victoire,
00:12:23elle ne s'est pas jouée à 100, 200 voix.
00:12:26On lui a mis 4000 voix dans la tronche
00:12:28à la députère et une sortante.
00:12:30On l'a ratatinée.
00:12:32Voilà pourquoi est-ce qu'on doit être fiers
00:12:34de ce qu'on a accompli durant cette campagne.
00:12:36Et je te le dis, François,
00:12:38encore une fois,
00:12:39tu as blessé nombre de camarades
00:12:40et surtout, je pense que tu es dans la faute politique
00:12:42à ce moment-là.
00:12:43Parce que,
00:12:45s'il vous plaît, s'il vous plaît,
00:12:46le but est à l'échange.
00:12:48Le but est à l'échange.
00:12:49Je pense que tu as été dans la faute politique
00:12:50dans le sens où diviser les classes populaires
00:12:54entre elles n'est pas la bonne façon
00:12:55d'entrevoir la période politique.
00:12:57Et je tiens à rappeler,
00:12:59sur cette histoire de conscience de classe,
00:13:01sur cette histoire de conscience de classe,
00:13:04oui, effectivement, il y a un réel enjeu
00:13:06à remettre cette question au cœur
00:13:08de notre projet politique.
00:13:09Et c'est une bataille qu'on a menée,
00:13:10notamment durant la bataille des retraites.
00:13:12Ou rappelez-vous, 93% des salariés
00:13:16étaient opposés à la réforme des retraites.
00:13:18Oui, il existe une conscience de classe dans ce pays,
00:13:20mais une autre plus grande épine dans le pied.
00:13:22C'est encore une fois ce racisme
00:13:24qui pollue les classes populaires
00:13:26et qui fait qu'on vienne rediviser
00:13:28les classes entre elles.
00:13:29Et juste...
00:13:34Et juste...
00:13:35Je vais prendre un exemple
00:13:37qui montre que ces ponts de solidarité,
00:13:39il y en a déjà.
00:13:40Alors nous, on peut donner notre avis,
00:13:41bien assis sur nos sièges,
00:13:43mais il y en a déjà des ponts de solidarité.
00:13:44Je pense au mouvement des Gilets jaunes
00:13:46qui ont été boycottés
00:13:48par la plupart de nos organisations politiques
00:13:50et syndicales au départ du mouvement,
00:13:52qui les ont méprisés violemment.
00:13:55Je pense notamment au comité Adama,
00:13:57qui dès le départ a rejoint ces manifestations-là.
00:14:00Personne n'a de leçons à donner
00:14:02au mouvement antiraciste,
00:14:04qui a sans cesse tendu des mains
00:14:05entre les classes populaires qu'on appelle blanches
00:14:08et le mouvement antiraciste.
00:14:09Ces ponts de solidarité existent déjà.
00:14:11A nous toutes et tous de les incarner
00:14:13et non pas de les diviser,
00:14:14parce qu'ils existent encore une fois.
00:14:17Et juste pour répondre à ça,
00:14:19parce que je sais que la petite musique
00:14:20qui se déroule dans nos têtes,
00:14:21et c'est normal,
00:14:22c'est qu'est-ce qu'on fait de ce vote RN ?
00:14:24Notamment le fait est qu'il y a des classes populaires
00:14:25qui se tournent vers les programmes
00:14:27du Rassemblement National.
00:14:28Déjà, j'aimerais qu'on arrête un peu cette illusion
00:14:30de croire que d'un coup,
00:14:31il y a eu un vote d'extrême droite.
00:14:33Il y a eu un vote historique à droite
00:14:35dans les classes populaires.
00:14:37Jacques Chirac faisait des scores énormes
00:14:39dans les classes populaires.
00:14:40La droite a toujours fait des scores
00:14:42dans les classes populaires.
00:14:43Ça n'empêche pas qu'il le faisait
00:14:44par un vote de classe,
00:14:45là n'est pas la question.
00:14:46Le fait est, c'est que les classes dirigeantes
00:14:48aujourd'hui se sont radicalisées,
00:14:49encore une fois, et toujours plus.
00:14:51Et donc, oui, ce vote de droite
00:14:52qui historiquement était de droite
00:14:54se radicalise et donc se tourne
00:14:55vers l'extrême droite.
00:14:56Ça n'empêche pas qu'il peut y avoir
00:14:58certaines personnes qui votaient à gauche,
00:15:00qui votent aujourd'hui RN,
00:15:02mais ça reste minoritaire.
00:15:03Donc bien prendre en compte cette question-là.
00:15:04Et nous, par contre, ce qu'on a à faire,
00:15:06c'est non pas d'aller séduire des racistes,
00:15:09même si c'est une réelle question
00:15:11d'aller s'adresser à un électorat RN,
00:15:14notamment de démobiliser le vote RN
00:15:15sur un truc de regarder ce qui vote le RN
00:15:17véritablement à l'Assemblée nationale.
00:15:19Et je pense que d'ailleurs,
00:15:19les victoires sociales
00:15:20qu'on n'a pas obtenues ces dernières années
00:15:22ont largement contribué
00:15:23à faire monter le Rassemblement national.
00:15:25Si tout à coup, on était venu à gagner
00:15:27sur la bataille des retraites,
00:15:29alors le RN aurait dû enlever son masque
00:15:31soi-disant social
00:15:32et se ranger du côté du patronat.
00:15:33Donc on a ce double intérêt
00:15:35à d'une part obtenir des victoires
00:15:36sur le combat social
00:15:38et là que personne ne nous vienne
00:15:39nous faire la reproche
00:15:40de ne pas y avoir participé,
00:15:42ce serait quand même un comble
00:15:43pour nous militants et militantes
00:15:44qui nous battons depuis des années
00:15:45sur toutes ces questions-là
00:15:47et de l'autre côté, encore une fois,
00:15:48retendre des bras
00:15:49au mouvement antiraciste
00:15:50parce que l'enjeu est énorme, camarade,
00:15:53et c'est se mettre le doigt dans l'œil
00:15:54que penser que le fascisme
00:15:55est juste la continuité du libéralisme.
00:15:57Non, le fascisme,
00:15:58lorsqu'on observe ses analyses historiques
00:16:00et politique,
00:16:01c'est bel et bien un projet autonome
00:16:03de toute politique
00:16:03qu'on a eu jusqu'ici
00:16:04et le cœur de ce projet idéologique,
00:16:06c'est le racisme.
00:16:07C'est le racisme
00:16:08parce que l'économie, pour eux,
00:16:09n'est qu'une variable d'ajustement.
00:16:11C'est ce qui fait que Jean-Marie Le Pen,
00:16:12durant toutes les années 80,
00:16:14nous dresse des discours à la tchatcheur,
00:16:16ultra néolibérales
00:16:17et puis que là, aujourd'hui,
00:16:18Marine Le Pen
00:16:18tente de nous faire passer pour social.
00:16:20L'économie est une variable d'ajustement.
00:16:24Le racisme est le cœur de nos projets,
00:16:26donc il ne va pas falloir tenter d'esquiver,
00:16:27espérer qu'on ne vexe pas trop tel électorat,
00:16:29espérer qu'on ne vexe pas trop tel journaliste, etc.
00:16:32Non, il faut y aller plein faire,
00:16:33les affronter
00:16:34et dire qu'on ne reculera pas d'un centimètre.
00:16:37Merci à toutes et tous.
00:17:15Merci.
00:17:20Nicolas, Nicolas s'en suit maintenant.
00:17:24Justement dans cette volonté de construction de ponts,
00:17:26d'unifier ces classes populaires,
00:17:30comme le disait Raphaël,
00:17:31est-ce qu'on ne doit pas s'inspirer
00:17:33du mouvement des Gilets jaunes ?
00:17:34C'était déjà des classes populaires,
00:17:36des classes moyennes,
00:17:37des classes laborieuses,
00:17:39mobilisées et déterminées déjà
00:17:41pour lutter contre des injustices,
00:17:43contre un pouvoir vertical.
00:17:45Est-ce que c'est une source d'inspiration
00:17:46pour créer cette classe populaire unifiée ?
00:17:51Bonjour à tous d'abord.
00:17:54Merci de votre présence nombreuse.
00:17:55Et je veux dire une chose tout de suite.
00:17:57Il n'y a pas de raciste à la fête de l'humain.
00:18:01Il n'y a que des antiracistes.
00:18:04Il n'y a pas de xénophobes à la fête de l'humain.
00:18:07Il n'y a pas d'antisémites à la fête de l'humain.
00:18:11Voilà, nous sommes tous ici des antiracistes.
00:18:17Première chose.
00:18:18Deuxième chose.
00:18:19Ce que tu dis, tu as raison.
00:18:20Comment on fait pour aller unir les classes populaires,
00:18:24qu'elles soient dans les villages
00:18:26ou dans les quartiers populaires
00:18:28ou dans les centres-villes ?
00:18:30Comment on fait ?
00:18:30Et tu parles des gilets jaunes.
00:18:32Mais moi, j'y suis allé sur les ronds-points des gilets jaunes.
00:18:34J'étais maire de Vierzon à cette époque-là.
00:18:36Je leur ai amené des infrastructures
00:18:38pour qu'ils puissent aller aux toilettes,
00:18:41pour qu'ils puissent s'organiser.
00:18:42Mais j'entendais aussi des choses qui n'étaient pas belles.
00:18:45Ne faisons pas comme si ça n'existait pas.
00:18:47Et donc, oui, cette question du racisme,
00:18:50elle traverse aussi notre société.
00:18:53Elle traverse notre société
00:18:54et elle joue aujourd'hui contre le camp,
00:18:57contre le camp des travailleurs,
00:18:59contre le camp des salariés,
00:19:00contre celles et ceux qui veulent changer la vie.
00:19:02On en est tous persuadés de cela.
00:19:05Et après, il y a quand même des chiffres et des réalités.
00:19:08Et donc, il faut qu'on s'y attaque
00:19:09sur 185 circonscriptions
00:19:12les plus rurales en France.
00:19:15Les plus rurales.
00:19:16Aujourd'hui, le nouveau Front populaire
00:19:18n'en détient que 31.
00:19:2031.
00:19:21Marie en fait partie,
00:19:23François aussi, et moi aussi.
00:19:2531.
00:19:29En 2022,
00:19:30c'était plus de 50.
00:19:33En 2012,
00:19:34alors vous allez me dire,
00:19:35c'était le Parti Socialiste.
00:19:37C'était 103.
00:19:39103.
00:19:40Voilà.
00:19:40Il y a une perte quand même
00:19:42dans les circonscriptions rurales
00:19:43sur laquelle on ne peut pas faire l'impasse aujourd'hui.
00:19:46On ne peut pas faire l'impasse.
00:19:48Je vais vous donner l'exemple
00:19:49de ma circonscription.
00:19:50Viard-Zombourge,
00:19:52en 1995,
00:19:55sur une élection présidentielle,
00:19:57cette circonscription
00:19:58était la 158ème à gauche.
00:20:01158 sur 577.
00:20:04En 2024,
00:20:05aux européennes,
00:20:06on est 450ème
00:20:08sur 577.
00:20:10Ça veut dire que la gauche
00:20:11a perdu des votes
00:20:12et que les votes
00:20:14sont allés ailleurs.
00:20:15Et ce n'est pas la peine
00:20:16de se mettre
00:20:18un mouchoir devant les yeux.
00:20:20Il y a une réalité
00:20:21qu'il faut affronter,
00:20:22qu'il faut affronter,
00:20:24mes chers camarades.
00:20:25Et donc,
00:20:25dans ce cadre-là,
00:20:27dans ce cadre-là,
00:20:28qu'est-ce qui nous unit ?
00:20:29Qu'est-ce qui fait France en commun ?
00:20:30C'est ça, la seule question.
00:20:32Parce que la personne
00:20:34du village de 200 habitants,
00:20:36comme celle des quartiers populaires
00:20:38de Bourges-Chancellerie,
00:20:39qui est dans ma circonscription,
00:20:41si elle est au RSA,
00:20:42elle ne peut pas remplir le frigo.
00:20:44Elle ne peut pas remplir le frigo.
00:20:46Parce que le retraité
00:20:47ou le retraitable
00:20:48qui a 62 ans,
00:20:50qu'il habite dans un quartier
00:20:52de Vierzon ou de Bourges,
00:20:53ou qu'il habite dans un bourg
00:20:55ou un village,
00:20:55il ne peut pas partir
00:20:57à cause de la loi
00:20:58qui a été imposée par Macron
00:21:00Voilà, c'est ça, la réalité.
00:21:02Alors, oui,
00:21:03il faut évidemment s'inspirer
00:21:05de ce qu'ont fait
00:21:05les Gilets jaunes,
00:21:06bien entendu,
00:21:07parce que c'était le peuple
00:21:09qui s'était levé.
00:21:10Mais il faut aussi que nous,
00:21:11nous puissions faire
00:21:12France en commun.
00:21:13Et moi, je peux vous dire
00:21:14que, rappelez-vous,
00:21:16tu parles des Gilets jaunes,
00:21:17tu en as parlé, Raphaël.
00:21:19Moi, j'ai vu un très beau film
00:21:20sur les Gilets jaunes
00:21:21et je ne l'oublie pas.
00:21:22Et oui,
00:21:23je veux du soleil.
00:21:36Alors, justement,
00:21:37je me tourne vers vous,
00:21:39François Ruffin.
00:21:40Vous parlez régulièrement
00:21:41de jeter des ponts
00:21:42entre la France des bourgs
00:21:44et la France des Tours.
00:21:45Des bourgs largement touchés
00:21:47par le vote RN,
00:21:48qui est souvent un vote populaire.
00:21:50et un vote,
00:21:51comme le montre
00:21:52le sociologue Félicien Faury,
00:21:54motivé par deux axes,
00:21:55le pouvoir d'achat d'abord,
00:21:57puis un rejet de l'immigration.
00:21:59Comment la gauche
00:22:01peut convaincre dans les bourgs
00:22:03qu'elle peut changer la vie
00:22:04sans taper sur celle des autres ?
00:22:07En préalable,
00:22:08je vais évidemment répondre à Raphaël.
00:22:11D'abord, je voudrais le féliciter,
00:22:13le féliciter pour sa victoire,
00:22:16l'une des rares circonscriptions
00:22:17reprises au Rassemblement national
00:22:19dans la métropole d'Avignon
00:22:20et je salue cette victoire.
00:22:31Ensuite, la fête de l'Humas,
00:22:33c'est un peu une fête de famille.
00:22:35C'est la famille de la gauche
00:22:36qui est là
00:22:37et on s'engueule en famille,
00:22:39c'est normal.
00:22:41On se secoue,
00:22:42on se chahute,
00:22:43ça fait partie du jeu
00:22:44et y compris,
00:22:45quand il faut le dire avec Franchis,
00:22:47on commet des maladresses.
00:22:50Maintenant,
00:22:51je vais dire
00:22:53si on...
00:22:54Veut-on unir les classes populaires ?
00:22:57C'est la première question.
00:22:58Comment on fait ?
00:22:59Mais il y a une première question
00:23:00qui est,
00:23:01veut-on les unir ?
00:23:02Et là,
00:23:03j'ai un désaccord
00:23:04moral et électoral
00:23:06profond
00:23:06dans la durée
00:23:07avec Jean-Luc Mélenchon
00:23:09et la France Insoumise.
00:23:18S'il vous plaît,
00:23:19on s'écoute.
00:23:20S'il vous plaît.
00:23:23On se met les choses sur la table.
00:23:26quand la semaine dernière,
00:23:28Jean-Luc Mélenchon dit
00:23:30il faut tout faire
00:23:31pour la jeunesse
00:23:32et le quartier populaire,
00:23:34le reste,
00:23:35on laisse tomber,
00:23:36c'est perdre son temps.
00:23:38Qui ici est d'accord
00:23:39avec cette ligne-là ?
00:23:42Levez les mains.
00:23:48Levez les mains
00:23:49pour faire un sondage.
00:23:50Voilà.
00:23:51OK,
00:23:51il y en a quelques-unes.
00:23:52Il y a quelques mains
00:23:54qui se lèvent
00:23:55pour approuver
00:23:56la ligne stratégique
00:23:58de Jean-Luc Mélenchon
00:23:59et de la France Insoumise
00:24:02depuis deux ans maintenant.
00:24:05Vous pouvez me huer.
00:24:07Vous pouvez me huer.
00:24:08Mais vous savez,
00:24:10j'entends,
00:24:12je mens.
00:24:12D'accord ?
00:24:14J'entends,
00:24:15je mens.
00:24:15Je vous dis,
00:24:17en 2022,
00:24:19au lendemain
00:24:20de l'élection législative.
00:24:22Alors que,
00:24:23jusqu'alors,
00:24:24dans ma Picardie,
00:24:25il y avait zéro député
00:24:26Rassemblement National.
00:24:27Là,
00:24:28il y en avait huit.
00:24:29Tous les Hauts-de-France,
00:24:30le Nord-Pas-de-Calais
00:24:31étaient contaminés.
00:24:33Le Midi Rouge,
00:24:36basculé
00:24:36à l'extrême droite.
00:24:38Le Médoc,
00:24:39des terres ouvrières,
00:24:41populaires,
00:24:42qui ont envoyé
00:24:43des députés socialistes
00:24:44et communistes
00:24:45pendant un siècle
00:24:46à l'Assemblée nationale,
00:24:47y compris les années de défaite.
00:24:48que nous dit
00:24:50Jean-Luc Mélenchon ?
00:24:52Il nous dit
00:24:52que ce sont des territoires
00:24:54qui n'ont jamais accepté
00:24:56la démocratie
00:24:57ni la République.
00:24:58Et il ajoute
00:24:59que,
00:25:01pour désalifier l'Allemagne,
00:25:02il a fallu 25 ans.
00:25:05Eh bien là,
00:25:05ça sera pareil.
00:25:08Vous pouvez me huer.
00:25:09Je le dis.
00:25:11Moi,
00:25:11j'ai une immense sympathie
00:25:14pour Raphaël Arnaud.
00:25:15J'ai de l'affection
00:25:17pour Jean-Luc Mélenchon,
00:25:19dont je considère
00:25:20qu'il est l'homme
00:25:21qui a remis la gauche debout
00:25:23et qu'il a remis debout
00:25:24sur ses deux jambes.
00:25:26Maintenant,
00:25:27il y a un choix stratégique
00:25:29pour nous.
00:25:30Est-ce qu'on pense
00:25:31qu'il faut tout faire
00:25:33pour la jeunesse
00:25:34et les quartiers populaires
00:25:36et le reste,
00:25:37on laisse tomber,
00:25:38c'est perdre son temps ?
00:25:46Vous pouvez me huer.
00:25:48Vous pouvez me huer.
00:25:50C'est factuel.
00:25:52Et ce n'est pas factuel seulement
00:25:54par une manifestation
00:25:56la semaine dernière,
00:25:57c'est ce qui est pratiqué,
00:25:59affiché et théorisé
00:26:00depuis au moins deux années maintenant.
00:26:08Et c'est un choix,
00:26:11je peux être minoritaire ici,
00:26:13mais c'est un choix
00:26:14que je considère
00:26:14comme suicidaire.
00:26:16C'est un choix
00:26:17qui ne nous permet pas
00:26:18d'être majoritaire.
00:26:23Et je le pense,
00:26:25c'est un choix de l'abandon,
00:26:27c'est un choix de la défaite.
00:26:32Pour moi, je pense qu'il nous faut
00:26:38tout faire pour toutes
00:26:39les classes populaires,
00:26:41qu'il s'agisse des quartiers populaires
00:26:43ou des campagnes populaires.
00:26:51Il s'agit de ne laisser tomber personne
00:26:56et discuter avec tout le monde,
00:26:59essayer de convaincre partout,
00:27:01gagner en Picardie
00:27:02comme en Seine-Saint-Denis,
00:27:04ça n'est jamais perdre son temps.
00:27:16Je dis qu'il y a là
00:27:18un désaccord moral.
00:27:21François Hollande disait
00:27:22perdre les ouvriers,
00:27:24ce n'est pas grave.
00:27:25Je pense que pour la gauche,
00:27:27perdre les ouvriers,
00:27:28quand plus de la moitié vote aujourd'hui
00:27:31au Rassemblement National,
00:27:33c'est grave.
00:27:34C'est grave parce qu'on perd des électeurs,
00:27:38mais c'est grave parce qu'on perd notre âme.
00:27:43Et qu'il doit y avoir pour objectif
00:27:45d'aller les chercher, les chercher,
00:27:47les chercher, les chercher,
00:27:48les chercher.
00:27:49Des accords moraux,
00:27:51des accords électoraux.
00:27:53Pense-t-on vraiment
00:27:55que sur cette ligne-là,
00:27:57nous pouvons gagner demain ?
00:27:59Pense-t-on que sur cette ligne,
00:28:00nous pouvons être majoritaires demain ?
00:28:03Nous, est-ce qu'on pense
00:28:04que les trous
00:28:08que nous avons à combler,
00:28:09j'identifie un trou géographique,
00:28:13la France des bourgs,
00:28:14j'identifie un trou démographique,
00:28:17les personnes âgées,
00:28:19j'identifie un trou social,
00:28:20la France des salariés
00:28:221 500, 2 000 euros.
00:28:24Est-ce qu'on pense que
00:28:25c'est seulement en se renforçant
00:28:27là où on est déjà fort
00:28:29qu'on va gagner demain ?
00:28:31Ou bien est-ce qu'on pense
00:28:32que c'est en allant chercher
00:28:33ce qui aujourd'hui nous manque
00:28:36qu'on va faire mieux ?
00:28:37Voilà ma conviction.
00:28:47J'ajouterai enfin le danger.
00:28:53Il me semble que c'est un danger
00:28:56pour les quartiers populaires,
00:28:58pour les personnes racisées,
00:29:00d'être isolées politiquement
00:29:02possiblement du reste du pays.
00:29:04Il nous faut les raccrocher.
00:29:05Je le dis face à une extrême droite
00:29:08qui construit des murs,
00:29:10qui construit des murs
00:29:13entre les vrais Français
00:29:14et ceux qui ne le sont pas vraiment.
00:29:16Une extrême droite
00:29:18qui construit des murs
00:29:19entre une vraie France des clochers
00:29:21et une fausse France des quartiers.
00:29:24Le rôle de la gauche
00:29:26est de tout faire pour détruire ces murs
00:29:28et pour construire des ponts
00:29:30plutôt que pour se bâtir une forteresse.
00:29:39Voilà la conviction qui m'anime
00:29:42avec la conviction
00:29:43qu'il y a un immense commun
00:29:47entre la France des Tours
00:29:49et la France des Bourses,
00:29:50entre les quartiers populaires
00:29:51et les campagnes populaires
00:29:53et qu'il y a un chemin
00:29:54toujours pour les unir.
00:30:08Marie, justement sur le même sujet,
00:30:11on a parlé du fait
00:30:12d'aller chercher ou pas
00:30:15la possibilité ou pas
00:30:16d'aller conquérir,
00:30:18d'aller récupérer
00:30:20les électeurs de classe populaire
00:30:22qui ont donné leur voix
00:30:23au Rassemblement national.
00:30:24mais peut-être se pencher
00:30:26sur les abstentionnistes aussi.
00:30:28Il y a une manne électorale incroyable
00:30:32de ce côté-là.
00:30:32Et quand on s'intéresse, par exemple,
00:30:34aux travaux de Vincent Tibéry,
00:30:36on voit que les abstentionnistes
00:30:38sont plus progressistes
00:30:40qu'on ne le dit.
00:30:41Ils sont pour un État protecteur,
00:30:44un État redistributeur.
00:30:46Ils sont plus tolérants aussi.
00:30:48Est-ce qu'il y a quelque chose
00:30:49à aller chercher
00:30:50chez les abstentionnistes,
00:30:53chez les membres
00:30:54des classes populaires abstentionnistes ?
00:30:57Alors oui, bien sûr.
00:30:58Après, des abstentionnistes,
00:31:00notamment dans les territoires ruraux,
00:31:01on a des comportements électoraux
00:31:03qui sont un peu différents
00:31:04que dans les territoires urbains, etc.
00:31:05Et de manière générale,
00:31:06en tout cas sur le territoire
00:31:07sur lequel je suis élue,
00:31:10il y a du vent.
00:31:13Mais les gens votent
00:31:14de manière générale.
00:31:16Moi-même, en 2022,
00:31:17j'étais élue avec 60% de participation.
00:31:19Là, c'était 80%.
00:31:20Donc, effectivement,
00:31:21on peut aller chercher
00:31:21les abstentionnistes
00:31:22et je pense que c'est important.
00:31:23Effectivement, la plupart
00:31:23des abstentionnistes
00:31:25font partie des classes populaires.
00:31:27Pour autant,
00:31:28ça ne réglera pas tout.
00:31:29Et moi, pour revenir
00:31:30juste sur mon expérience,
00:31:32en 2022, j'étais élue
00:31:33avec 33 000 voix
00:31:35avec l'ensemble de la NUPES
00:31:36au second tour
00:31:37face à une candidate
00:31:38macroniste sortante.
00:31:40Là, en 2024,
00:31:41deux ans plus tard seulement,
00:31:43alors je suis élue
00:31:44avec plus de voix à la fin,
00:31:4543 000 voix,
00:31:46mais parce que le candidat
00:31:48macroniste s'est désisté
00:31:49au second tour
00:31:50et donc j'ai l'ensemble
00:31:51des voix macronistes.
00:31:52Moi, je garde à peu près
00:31:5333 000 voix au premier tour,
00:31:54sauf que le Rassemblement national
00:31:56arrive au second tour
00:31:57avec 33 000 voix.
00:31:59On a donc...
00:32:00Moi, je suis tout mouillée
00:32:02avec tout le nouveau
00:32:02Front populaire,
00:32:03les partis politiques,
00:32:04les associations,
00:32:05les syndicats.
00:32:06J'arrive à 33 000 voix.
00:32:07dans la Drôme.
00:32:09Le RN fait pareil.
00:32:10Le mec, on ne l'a jamais vu,
00:32:12il n'habite même pas
00:32:12sur la circo,
00:32:13il n'y a jamais mis les pieds,
00:32:15il n'a même pas collé
00:32:16ses affiches,
00:32:17ce n'est même pas le sujet.
00:32:18Le mec fait 33 000 voix.
00:32:20Donc, c'est pour vous dire
00:32:21à quel point,
00:32:21moi, je suis absolument convaincue
00:32:23que oui,
00:32:24bien évidemment,
00:32:24que moi, je ne perds rien
00:32:25la radicalité qui me meut
00:32:28et qui a mu l'ensemble
00:32:30de mes engagements,
00:32:30notamment écologistes,
00:32:32avant,
00:32:33et ce n'est pas forcément facile
00:32:34tous les jours
00:32:34en territoire rural,
00:32:35bien évidemment,
00:32:36mais par contre,
00:32:37il faut que j'aille chercher
00:32:38plus loin.
00:32:39Et oui,
00:32:39je ne vais pas pouvoir
00:32:39m'en sortir.
00:32:40Et la prochaine élection,
00:32:41en tout cas,
00:32:41que ce soit moi
00:32:42ou quelqu'un d'autre
00:32:43qui se présente
00:32:43dans la Drôme,
00:32:44dans cette circonscription,
00:32:46en fait,
00:32:46ça ne passera pas.
00:32:47Et donc,
00:32:48il faut effectivement
00:32:49pouvoir aller convaincre
00:32:50des gens qui,
00:32:51cette fois-ci,
00:32:52en tout cas,
00:32:52ont mis des bulletins de vote
00:32:53qui étaient différents,
00:32:54qu'on avait perdu
00:32:55lors des différentes
00:32:56décisions électorales.
00:32:57Et donc,
00:32:58je pense que cet enjeu-là,
00:32:59il est absolument abyssal
00:33:00et il est particulièrement
00:33:02important
00:33:02dans les territoires ruraux.
00:33:03Et moi,
00:33:04de ce que je vois,
00:33:05je vois une belle animation
00:33:06dans la salle
00:33:07et c'est assez impressionnant.
00:33:09Moi,
00:33:09je ne suis pas ultra à l'aise
00:33:10non plus à parler en public
00:33:11et de voir toute cette animation-là.
00:33:13Mais il y a un truc,
00:33:14parfois,
00:33:15d'être content,
00:33:20d'être tous d'accord
00:33:21entre nous,
00:33:22mais il y a un sujet
00:33:23à comment on arrive
00:33:24à les convaincre
00:33:25en dehors de nos cercles
00:33:26également
00:33:27et qui est d'une immense difficulté.
00:33:29Je ne sais pas
00:33:29s'il y a sans doute
00:33:31plein de gens
00:33:31qui militent
00:33:32dans les territoires ruraux,
00:33:34qui sont élus locaux,
00:33:35qui sont autre chose.
00:33:36Mais putain,
00:33:36c'est dur
00:33:37quand on est dans des petits villages,
00:33:38ça coûte putain de cher.
00:33:40Généralement,
00:33:40nos familles politiques,
00:33:41quelles qu'elles soient,
00:33:42moi,
00:33:42je le dis en tant qu'écologistes,
00:33:44ont peut-être pas
00:33:45ultra investi,
00:33:46en vérité,
00:33:46dans les efforts
00:33:47qu'il nous faut
00:33:48pour faire campagne
00:33:50et pour mailler le territoire
00:33:51même entre deux campagnes
00:33:52dans les territoires ruraux.
00:33:54C'est super difficile,
00:33:55c'est super difficile financièrement,
00:33:56c'est plus cher financièrement,
00:33:57mais c'est aussi
00:33:58beaucoup plus difficile
00:33:59parce que,
00:33:59à cause d'une forme
00:34:01de mépris
00:34:02qui est en train
00:34:02de s'étendre
00:34:04dans la manière
00:34:05dont se mènent
00:34:06les discussions
00:34:06sur ces territoires-là,
00:34:08mais il ne fait pas bon
00:34:09de se dire écologiste
00:34:11par chez moi
00:34:12et il y a sans doute
00:34:13des territoires
00:34:14encore plus difficiles
00:34:17où les gens se cachent
00:34:18d'être écologistes,
00:34:19où les gens se cachent
00:34:20d'être de gauche
00:34:21parce que la nouvelle normalité,
00:34:23c'est de voter RN
00:34:24et ça en devient une fierté,
00:34:26ça en devient un motif d'appartenance
00:34:29à un collectif
00:34:30qui rend fier.
00:34:32Alors,
00:34:32quels sont les ressorts
00:34:33du vote RN ?
00:34:34J'en sais rien,
00:34:34il y a du racisme,
00:34:35bien évidemment,
00:34:36et c'est une réalité.
00:34:39Je pense qu'il y a
00:34:39beaucoup de ce sentiment
00:34:40d'impuissance,
00:34:41ce sentiment de relégation,
00:34:42ce sentiment de vouloir
00:34:43effectivement être considérés
00:34:44comme les autres,
00:34:46ce sentiment que l'UMPS,
00:34:47ce parti unique,
00:34:48ils sont en train
00:34:49de ressortir les mêmes,
00:34:50je ne sais pas si vous avez vu
00:34:51les journées du RN
00:34:52qui avaient lieu ces derniers jours,
00:34:53ils sont en train
00:34:53de ressortir la même chose
00:34:55sur le parti unique
00:34:55qui se serait reformé
00:34:57suite justement
00:34:57au front républicain
00:34:59des dernières législatives.
00:35:00Ils sont la seule alternative,
00:35:02ils sont les seuls
00:35:02qui n'ont jamais été au pouvoir
00:35:03et effectivement,
00:35:04la gauche,
00:35:05quand elle a été au pouvoir,
00:35:05elle a failli,
00:35:06elle a construit
00:35:06ce narratif-là.
00:35:09Il y a l'autre chose,
00:35:10c'est cette incertitude
00:35:11dont je parlais tout à l'heure,
00:35:13cette construction
00:35:14d'une identité
00:35:17quand on est de plus en plus isolé,
00:35:19quand on est de plus en plus reclus.
00:35:21Il y a toute une manière
00:35:22d'aménager le territoire,
00:35:23une disparition des services publics
00:35:24qui construit l'isolement
00:35:26et qui fait
00:35:26qu'un certain nombre
00:35:27de personnes
00:35:29vont se retrouver
00:35:30vachement isolées,
00:35:31il n'y a plus personne
00:35:31qui va aider personne,
00:35:32il y a la disparition
00:35:33des lieux de sociabilité
00:35:34aussi qui pouvaient exister
00:35:35dans un certain nombre
00:35:35de villages
00:35:36avec des cafés
00:35:37où tout le monde se retrouvait,
00:35:38même si on ne pensait pas
00:35:39la même chose,
00:35:39au moins on se connaissait,
00:35:40on se respectait,
00:35:40au moins on existait.
00:35:42Et là,
00:35:42il n'y a plus d'identité positive
00:35:43de soi
00:35:44jusqu'à ce que
00:35:45la seule identité
00:35:46ce soit
00:35:46« je suis français,
00:35:48moi, monsieur »
00:35:49ou « je suis un homme,
00:35:51moi, je suis un bonhomme ».
00:35:52Il y a beaucoup
00:35:53de trucs-là.
00:35:54Et en vrai,
00:35:55ça, c'est un truc
00:35:56à déconstruire.
00:35:57Alors,
00:35:57c'est énormément de travail
00:35:59et notamment pour une jeune femme
00:36:00écologiste de gauche
00:36:02dans un territoire
00:36:02comme celui-là.
00:36:03Mais il faut le mener.
00:36:08Et un dernier truc
00:36:10sur la radicalité.
00:36:11Parce que je pense
00:36:12que faire ça,
00:36:14on a besoin
00:36:14des appareils politiques,
00:36:15on a besoin
00:36:16que tout le monde nous aide,
00:36:16on a besoin de force
00:36:17sur ces territoires-là.
00:36:19Mais faire ça,
00:36:20ce n'est pas abandonner
00:36:20la radicalité d'un projet,
00:36:22qu'il soit antiraciste,
00:36:23qu'il soit fondamentalement
00:36:24écologiste,
00:36:25qu'il soit fondamentalement
00:36:26social et égalitaire.
00:36:29faire ça,
00:36:30moi, je le dis
00:36:31dans ma posture
00:36:32et de mon,
00:36:33ma courte expérience,
00:36:34du coup,
00:36:34ça ne fait que deux ans
00:36:35que je suis élue.
00:36:36Mais en fait,
00:36:37les gens,
00:36:37ils n'attendent rien de moi.
00:36:39Les gens qui votent RAN
00:36:40ou les gens qui votent
00:36:40à droite depuis des...
00:36:41qui ont déjà basculé.
00:36:43Ils n'attendent rien de moi.
00:36:44Et de manière générale,
00:36:46soit ils n'attendent rien
00:36:47de la politique
00:36:47de manière générale,
00:36:48et c'est pour ça
00:36:49qu'ils votent RAN,
00:36:50soit ils n'attendent rien
00:36:51de la gauche
00:36:51parce qu'on a beaucoup déçus,
00:36:52et ils attendent encore
00:36:53moins des écologistes
00:36:55et d'une jeune meuf
00:36:56comme moi.
00:36:57Et donc,
00:36:58je n'ai rien à leur prouver.
00:36:59Donc,
00:36:59je pense qu'il y a un enjeu
00:37:00d'être très sincère
00:37:02dans la manière
00:37:03dont on mène nos combats,
00:37:04d'être très transparente
00:37:06sur ce pour quoi on se bat,
00:37:07de travailler dur,
00:37:08d'être accompagnée
00:37:09pour cela
00:37:12et effectivement,
00:37:13d'investir
00:37:14dans la construction de ponts.
00:37:15Et je finis là-dessus,
00:37:16pardon,
00:37:16je suis un peu longue.
00:37:18Il y a eu l'affaire Crépolle,
00:37:20l'affaire Thomas.
00:37:21Ça a été un des sujets
00:37:23de discussion
00:37:23de ces derniers jours.
00:37:24C'était dans la Drôme,
00:37:25c'est pas très loin de chez moi,
00:37:26c'était dans le lycée
00:37:27à côté de là où je suis allée
00:37:28au lycée moi.
00:37:29Thomas,
00:37:30c'est un petit gars
00:37:30de Crépolle
00:37:31qui a été tué
00:37:31lors de la fin
00:37:32d'un bal de village.
00:37:34L'enquête est en cours
00:37:34sur ce qui a mené
00:37:36à ce crime.
00:37:37L'extrême droite,
00:37:37juste après ce crime,
00:37:39s'est déversé
00:37:40sur tous les réseaux
00:37:41avec même
00:37:41des milices
00:37:43qui se sont rendues
00:37:43à Romand-sur-Isère
00:37:44pour aller dézinguer
00:37:45les jeunes des quartiers
00:37:46qui vivaient à la monnaie
00:37:49en disant
00:37:49c'est du racisme anti-blanc.
00:37:51Ils ont tué Thomas,
00:37:52c'était quelque chose
00:37:53d'organisé,
00:37:53ils ont voulu le tuer
00:37:54parce qu'il était blanc.
00:37:56Et tout s'est construit
00:37:57comme ça.
00:37:57Ça continue à se construire
00:37:58comme ça.
00:37:59Désormais,
00:37:59c'est un député RN
00:38:00qui a été élu
00:38:01là-bas
00:38:01sur la circonscription
00:38:02de Crépolle
00:38:03et de Romand.
00:38:04C'est un député...
00:38:05Oui.
00:38:06C'est un député RN
00:38:07et qui est en train de dire
00:38:08qu'il va déposer sans doute
00:38:09une proposition de loi
00:38:10pour lutter contre
00:38:11le racisme anti-blanc
00:38:11cet automne.
00:38:12ça va être super.
00:38:14Mais voilà ce qu'il a prévu
00:38:15de faire.
00:38:15Donc le mec est en train
00:38:16de propager ces fake news
00:38:17puisque l'enquête
00:38:18est en train de montrer
00:38:19en vérité
00:38:20tout le contraire.
00:38:22En vérité,
00:38:23c'est plus complexe
00:38:25que cette affaire
00:38:26qui s'est passée
00:38:26à Crépolle ce jour-là.
00:38:28Quelques semaines après,
00:38:30moi j'avais invité
00:38:31les jeunes de Romand-sur-Isère
00:38:33à l'Assemblée nationale.
00:38:34C'était des jeunes
00:38:35de la monnaie.
00:38:35Et je te remercie,
00:38:36François,
00:38:37parce que tu étais venu.
00:38:37Il y en avait très peu
00:38:38des députés
00:38:39qui étaient venus
00:38:39lors de cette...
00:38:41lors de cette rencontre.
00:38:43C'était toi, Raquel,
00:38:44je crois,
00:38:44et quelques écologistes
00:38:45et socialistes.
00:38:47Mais c'était un moment
00:38:48extrêmement dur.
00:38:49Et ces jeunes de Romand,
00:38:50tout comme les jeunes
00:38:51de Crépolle,
00:38:52en vérité,
00:38:53ils vivent une dislocation
00:38:57de leur rapport
00:38:58à ce qu'est la nation,
00:38:59à ce qu'est notre communauté nationale,
00:39:01ce qu'on devrait vivre ensemble
00:39:03qui est juste énorme.
00:39:04Les deux vivent
00:39:05une dislocation
00:39:06qui est un petit peu différente.
00:39:08C'est des gens
00:39:09qui sont ensemble au lycée,
00:39:10qui ont un avenir en commun
00:39:12sur ce territoire-là,
00:39:14mais que l'extrême droite
00:39:16cherche à diviser.
00:39:17Je crois que notre enjeu principal,
00:39:19c'est d'être à côté
00:39:20à la fois des jeunes
00:39:21qui étaient aux côtés de Thomas
00:39:22lors de cette soirée
00:39:23de bal de village
00:39:24et à la fois des jeunes
00:39:26qui s'en prennent plein la gueule
00:39:28à Romand-sur-Isère,
00:39:29à la monnaie,
00:39:31et qui en fait ont juste une envie,
00:39:33c'est d'être considérés
00:39:36juste comme les autres,
00:39:37tout comme les copains de Thomas.
00:39:39Et je pense que ce sujet-là,
00:39:40il faut qu'on le porte
00:39:42radicalement à gauche.
00:39:43Et à ce moment-là,
00:39:44on ne l'a pas porté.
00:39:45Et ça, je pense,
00:39:46et ça, c'est toute la gauche
00:39:48qui ne l'a pas porté.
00:39:49Et je pense qu'il faut
00:39:50effectivement
00:39:52que...
00:39:52passer à un enjeu.
00:40:03Raphaël, j'ai une question
00:40:04très très simple.
00:40:06Est-ce que vous y croyez, vous,
00:40:07au fâché pas fâcho ?
00:40:10Je pense que vous connaissez
00:40:11déjà la réponse.
00:40:13Non, juste,
00:40:14c'est toujours très frustrant
00:40:15ce type de format
00:40:18parce que j'aimerais discuter
00:40:19notamment avec François
00:40:19beaucoup plus longuement
00:40:20et peut-être qu'on en aura
00:40:21l'occasion,
00:40:22même si avec les deux autres
00:40:24camarades députés,
00:40:25évidemment,
00:40:25on a tout un tas de choses
00:40:26à discuter.
00:40:27Mais là, quand même,
00:40:27le nerf de la guerre,
00:40:28ça a été aussi ce sujet-là.
00:40:30Juste quand même,
00:40:31pour revenir un peu là-dessus,
00:40:32je pense qu'il y a
00:40:33une confusion totale
00:40:35sur le projet
00:40:36de la France insoumise
00:40:37et ce que dit
00:40:37Jean-Luc Mélenchon.
00:40:38Ce que dit précisément
00:40:39Jean-Luc Mélenchon,
00:40:40c'est que le cœur
00:40:42des luttes
00:40:43qui vont advenir
00:40:43et les classes
00:40:45qui ont le plus intérêt
00:40:46aujourd'hui
00:40:47à renverser
00:40:48cette société
00:40:48on ne peut plus
00:40:49inégalitaire
00:40:50et à obtenir
00:40:51des victoires,
00:40:52c'est bel et bien
00:40:52la jeunesse
00:40:53que l'on voit parfaitement
00:40:54représentée ici
00:40:55et les quartiers populaires.
00:40:56C'est tout ce que dit
00:40:57Jean-Luc Mélenchon.
00:40:58Mais sans jamais,
00:40:59sans jamais,
00:41:00sans jamais,
00:41:02sans jamais
00:41:03abandonner
00:41:03une seule seconde
00:41:05les autres,
00:41:06les autres groupes sociaux
00:41:07qui font partie intégrante
00:41:08de nos classes sociales,
00:41:10sans jamais oublier
00:41:11ces gens-là.
00:41:12Et qui pourra faire
00:41:13le constat
00:41:14à la France Insoumise
00:41:15une seule fois
00:41:16qu'on ait abandonné
00:41:17ces gens-là ?
00:41:18La France Insoumise
00:41:18a organisé
00:41:19des caisses de grève
00:41:20dans toute la France
00:41:21pour soutenir
00:41:22chaque lutte locale
00:41:23en cours,
00:41:23partout,
00:41:24sans oublier
00:41:25un centimètre
00:41:26du territoire.
00:41:28Et quand même,
00:41:29il y a un bilan
00:41:31quand même
00:41:32à tirer de la gauche.
00:41:33C'est bien gentil
00:41:33de remettre
00:41:34toute la faute
00:41:34sur Jean-Luc Mélenchon.
00:41:36C'est sympa.
00:41:37On peut dire
00:41:38qu'effectivement
00:41:39trop faire d'antiracisme,
00:41:40c'est pas top
00:41:41dans notre camp,
00:41:41etc.
00:41:42Très bien,
00:41:42c'est un avis.
00:41:43Par contre,
00:41:44j'aimerais qu'on soit
00:41:45lucide
00:41:46sur le bilan
00:41:47de notre camp politique.
00:41:48Qui a fait fuir
00:41:49le plus
00:41:49la classe ouvrière
00:41:50de la gauche,
00:41:51si ce n'est le bilan
00:41:52du Parti Socialiste
00:41:53lorsqu'il était au pouvoir ?
00:41:55Qui ?
00:41:57Au bout d'un moment,
00:41:58il va falloir arrêter.
00:41:59Il va falloir arrêter
00:42:00de nous prendre
00:42:01pour des imbéciles.
00:42:02Et c'est nous
00:42:02qui avons toujours tenu
00:42:03un programme de rupture,
00:42:05de remise en bien commun,
00:42:07des services publics
00:42:08sur tous les territoires,
00:42:09et dans les quartiers populaires,
00:42:11et dans les campagnes.
00:42:12Partout,
00:42:13nous portons ce projet-là.
00:42:15Et juste,
00:42:16je reviens sur le débat,
00:42:17encore une fois,
00:42:18c'est assez frustrant
00:42:18parce que j'aimerais dire
00:42:19plein de choses.
00:42:20Je vais revenir sur Crépaule,
00:42:21bref,
00:42:21je n'ai pas tout à fait le temps
00:42:22pour revenir sur ce débat
00:42:24fâcho,
00:42:25fâché,
00:42:26pas fâcho,
00:42:26pardon.
00:42:26Bon,
00:42:28j'espère que tout le monde
00:42:29a bien conscience
00:42:30que chaque personne
00:42:32qui met un bulletin de vote
00:42:33Rassemblement National
00:42:34dans les urnes
00:42:35n'est pas un néofasciste
00:42:36en puissance.
00:42:37Ça,
00:42:37on va s'accorder là-dessus.
00:42:39Par contre,
00:42:40de nier le fait
00:42:41que les gens
00:42:42qui mettent ce bulletin de vote
00:42:44ne sont pas racistes,
00:42:45c'est gravissime.
00:42:47C'est un vote raciste.
00:42:49Et si on ne le prend pas en compte,
00:42:51on est mort.
00:42:52On est mort.
00:42:53Mais quand je dis ça,
00:42:55ce n'est pas Raphaël Arnaud,
00:42:57antifasciste,
00:42:57qui a envie de se faire plaisir
00:42:59en disant ça.
00:43:00Ce n'est pas ça.
00:43:02C'est des sociologues,
00:43:03notamment,
00:43:04qui ont étudié la question,
00:43:05comme Félicien Faury,
00:43:06qui nous expliquent que,
00:43:07oui,
00:43:07la première motivation
00:43:08du vote du Rassemblement National
00:43:10reste le racisme,
00:43:11ni plus ni moins.
00:43:14Et surtout,
00:43:15camarades,
00:43:16on a
00:43:18une terrible erreur
00:43:20dans cette analyse.
00:43:21Une terrible erreur
00:43:22qui nous fait beaucoup de mal
00:43:23à comprendre
00:43:23ce qui est en train
00:43:24de se passer.
00:43:25C'est l'idée de croire
00:43:26que l'émancipation sociale
00:43:29serait dissociée
00:43:30de la question
00:43:30de la lutte antiraciste,
00:43:31alors que ces deux-là
00:43:34fonctionnent ensemble.
00:43:35Le racisme fonctionne
00:43:37avec cette idée-là
00:43:38de faire mal
00:43:39aux classes populaires.
00:43:40Et les personnes
00:43:41qui subissent le racisme
00:43:42le subissent aussi
00:43:43pour des questions économiques
00:43:44et d'exploitation.
00:43:45Alors,
00:43:46on a un intérêt
00:43:47à, d'une part,
00:43:47encore une fois,
00:43:48lutter sur ces questions
00:43:48sociales et antiracistes,
00:43:50parce que lorsqu'on fait
00:43:51reculer les racistes,
00:43:52on avance aussi
00:43:53sur la lutte des classes,
00:43:54camarades,
00:43:54ne jamais s'enlever
00:43:56cette question
00:43:58comme j'ai pu entendre
00:44:02durant la campagne
00:44:03et aussi
00:44:03de la part
00:44:04de camarades bienveillants
00:44:06qui me disaient
00:44:07Raphaël,
00:44:08fais attention,
00:44:09bon,
00:44:09les tatouages,
00:44:09les boucles d'oreilles,
00:44:10machin,
00:44:10j'ai tout entendu,
00:44:11mais c'est pas grave.
00:44:13Ils me disaient
00:44:13fais attention,
00:44:14notamment avant le second tour,
00:44:16tu parles un peu trop
00:44:17de la question
00:44:17de l'islamophobie,
00:44:18un peu trop
00:44:19de la question
00:44:19de la Palestine,
00:44:20mais ses camarades
00:44:21le faisaient
00:44:21en toute bienveillance.
00:44:23C'est parce qu'on a
00:44:24tellement intégré
00:44:25l'agenda politique
00:44:27que nous imposent
00:44:28les réactionnaires
00:44:28et ses classes possédantes
00:44:29qu'on en vient
00:44:30à nous-mêmes
00:44:31réfléchir comme ça.
00:44:32Mais d'où est-ce
00:44:33qu'on va reculer
00:44:33d'un centimètre
00:44:34sur la question
00:44:34de la Palestine ?
00:44:35On ne parlera
00:44:36jamais assez
00:44:37de cette question
00:44:37tant que le peuple
00:44:38palestinien
00:44:39se fera génocider.
00:44:41Et je fais partie.
00:44:47Et puisque certains
00:44:50essaieraient de nous faire croire
00:44:51puisque certains
00:44:52essaieraient de nous faire croire
00:44:53qui représentaient
00:44:53vous savez
00:44:56les anciennes organisations
00:44:58qui représentaient le plus
00:44:59les masses ouvrières,
00:45:01je tiens à rappeler quand même
00:45:02qu'au cœur du projet
00:45:03de la classe ouvrière
00:45:04et notamment de la part
00:45:05de nos organisations
00:45:05comme le Parti communiste français,
00:45:07mais pas que,
00:45:08il y avait la question
00:45:10internationaliste
00:45:10au centre de toutes
00:45:11les préoccupations
00:45:12de la solidarité
00:45:14entre les peuples.
00:45:15Et ça,
00:45:16si on l'évince camarades,
00:45:17on est cuit.
00:45:19Et évidemment,
00:45:19et évidemment au cœur
00:45:21de cette question
00:45:21internationaliste,
00:45:22il y a la question
00:45:23encore une fois
00:45:24antiraciste.
00:45:25Donc encore une fois,
00:45:26toutes ces luttes
00:45:26sont alliées entre elles.
00:45:27Elles ne sont pas
00:45:28à être opposées.
00:45:29Et je sais,
00:45:30les camarades,
00:45:31vous allez me dire
00:45:31oui mais on ne les différencie pas.
00:45:34Oui mais à partir
00:45:34du moment où vous dites
00:45:35qu'on se ressent trop
00:45:36sur une population
00:45:37ou pas assez,
00:45:38etc.
00:45:39qu'on va essayer
00:45:40de ramener
00:45:41les quartiers populaires
00:45:42à nos luttes,
00:45:42etc.
00:45:43Encore une fois,
00:45:43l'exemple des Gilets jaunes
00:45:44a été un très bon exemple.
00:45:45Les antiracistes
00:45:46ne nous ont pas attendus
00:45:47et heureusement
00:45:48pour s'y mettre
00:45:49plein pot
00:45:49et aller soutenir
00:45:50toutes les luttes,
00:45:51notamment écologiques,
00:45:52notamment sociales
00:45:54et toutes les autres luttes.
00:45:55Bref,
00:45:56voilà,
00:45:57je ne peux pas trop m'attarder
00:45:57et je laisse
00:45:58les camarades répondre.
00:46:02Nicolas,
00:46:03une question pour vous.
00:46:05est-ce que pour aller chercher
00:46:07et pour unir
00:46:08les classes populaires,
00:46:09est-ce que les partis
00:46:09doivent aussi davantage
00:46:10s'ouvrir à la société civile
00:46:12parce qu'aujourd'hui,
00:46:13les partis de gauche
00:46:14ne sont pas vraiment
00:46:15représentatifs
00:46:16des classes populaires,
00:46:17c'est souvent,
00:46:20pour la majorité,
00:46:21mais c'est souvent
00:46:21des urbains
00:46:22très diplômés.
00:46:23Est-ce qu'il y a un travail
00:46:24à faire de ce côté-là ?
00:46:29C'est bon, là ?
00:46:37Ça marche ?
00:46:37Oui.
00:46:38Juste pour dire une chose,
00:46:41parce qu'évidemment
00:46:42que le Parti communiste français
00:46:44n'a jamais lâché
00:46:45son combat
00:46:46pour l'internationalisme
00:46:48et notamment pour la Palestine
00:46:49et je suis bien placé
00:46:50pour le savoir
00:46:51puisque Vierzon,
00:46:53quand j'ai été élu,
00:46:54a fait un jumelage aussi
00:46:56avec un camp palestinien
00:46:57au Liban
00:46:57et nous avons fait venir
00:46:59des jeunes palestiniens
00:47:00à Vierzon
00:47:00plusieurs fois
00:47:01et je dois vous dire
00:47:02que ce combat-là,
00:47:03c'est le combat historique
00:47:05évidemment du Parti communiste
00:47:06comme l'a été
00:47:07la libération de Mandela
00:47:09et je veux le souligner
00:47:10et comme l'ont été aussi
00:47:12les droits civiques
00:47:13aux Etats-Unis
00:47:14et je suis très heureux
00:47:15qu'on ait pu avoir
00:47:16Angela Davis
00:47:17ici à la fête de l'Humar.
00:47:20Donc jamais,
00:47:22jamais nous n'opposerons
00:47:24et personne ici
00:47:25ne dit qu'il faut
00:47:27opposer les luttes
00:47:28les unes aux autres.
00:47:29Au contraire,
00:47:30il faut unir
00:47:31et quand je dis unir,
00:47:32tu parles du monde du travail.
00:47:34La question,
00:47:34elle est toute simple.
00:47:36Aujourd'hui,
00:47:37les gens résonnent
00:47:38entre nous et eux.
00:47:41Quand le combat,
00:47:42c'est le nous,
00:47:43tous ensemble,
00:47:44contre eux,
00:47:45les 500 plus grosses fortunes
00:47:47qui s'en mettent plein
00:47:48les fouilles
00:47:48et qui depuis Macron
00:47:49ont progressé
00:47:50comme jamais,
00:47:51et bien là,
00:47:52on fait des ponts
00:47:53entre tout le monde,
00:47:54entre toutes les classes populaires.
00:47:56Quand le nous,
00:47:58quand on perd
00:47:58le combat idéologique
00:48:00et que le nous,
00:48:01c'est un certain nombre
00:48:03de gens qui disent
00:48:04que les eux,
00:48:04ce sont les assistés,
00:48:06ce sont les étrangers,
00:48:08celui qui est juste
00:48:09en dessous de moi,
00:48:10et bien là,
00:48:10on perd,
00:48:11on perd tout
00:48:11et on fait des ruptures
00:48:13entre les classes populaires.
00:48:15C'est pour ça,
00:48:16mes chers camarades,
00:48:16il ne faut pas,
00:48:17il ne faut pas,
00:48:18d'abord faire d'anathème,
00:48:19je le dis,
00:48:20c'est la première des choses,
00:48:21et il faut être lucide
00:48:22parce qu'aujourd'hui,
00:48:25quoi qu'on dise,
00:48:26nous avons perdu
00:48:27une partie de notre pays,
00:48:30l'influence de la gauche
00:48:31s'est effondrée
00:48:33dans une partie
00:48:34de notre pays.
00:48:35Ne pas le voir
00:48:35serait un drame.
00:48:36Et dans tous les territoires,
00:48:39désindustrialisés,
00:48:40comme on dit,
00:48:40ce n'est pas très beau,
00:48:42mais désindustrialisés,
00:48:43comme Vierzon,
00:48:44comme Flix Secours,
00:48:46comme d'autres,
00:48:47mais nous avons subi
00:48:49ce qu'on nous a subi
00:48:50parce que nous avons perdu
00:48:51la bataille idéologique.
00:48:53Alors, évidemment,
00:48:53on peut penser
00:48:54que c'est une question
00:48:55de volontarisme,
00:48:56mais ce n'est pas seulement ça.
00:48:59C'est une question
00:49:00de se battre
00:49:01avec les salariés,
00:49:03comment nous recréons
00:49:04des choses,
00:49:05des solidarités,
00:49:06comment nous faisons
00:49:07pour faire en sorte
00:49:08que, je le dis,
00:49:09le nouveau Front populaire
00:49:11ne reste pas
00:49:12entre quatre chefs à plumes
00:49:14que le nouveau Front populaire
00:49:15s'élargisse,
00:49:17s'élargisse aux associations,
00:49:19s'élargisse aux syndicats,
00:49:21s'élargisse aux peuples
00:49:22et qui nous mettent
00:49:23des coups de pied
00:49:23dans les fesses
00:49:24et qui nous mettent
00:49:25des coups de pied
00:49:25dans les fesses
00:49:26parce que c'est ça
00:49:27qui fera qu'on donnera
00:49:29un projet politique,
00:49:30un projet politique
00:49:31pour le pouvoir d'achat,
00:49:32pour l'abrogation des retraites,
00:49:34pour la lutte contre le racisme,
00:49:35la xénophobie,
00:49:36l'antisémitisme.
00:49:37C'est ça qui fera
00:49:38que la gauche,
00:49:38le nouveau Front populaire,
00:49:40réussira.
00:49:40Donc, mes chers camarades,
00:49:42surtout, je le dis,
00:49:43je le dis à tout le monde
00:49:45et en particulier à Raphaël,
00:49:46il ne faut pas faire d'anathème.
00:49:48Ici, il n'y a que des combattants,
00:49:50que des combattants
00:49:51pour le progrès social
00:49:53et pour la transformation du monde.
00:50:05Alors, François,
00:50:07est-ce que la gauche
00:50:07doit travailler également
00:50:08sur son implantation ?
00:50:10J'étais à Flixcourt
00:50:11pour votre rentrée politique.
00:50:14Vous appeliez les militants
00:50:16à s'engager dans les clubs de foot,
00:50:17dans les assos
00:50:18pour ne pas arriver
00:50:19aux élections
00:50:20ni vues ni connues,
00:50:21pour que la gauche
00:50:22n'arrive pas aux élections
00:50:23ni vues ni connues.
00:50:23Ça rappelle un petit peu
00:50:24le maillage communiste d'antan.
00:50:26Est-ce qu'on peut encore y parvenir
00:50:28et comment, surtout ?
00:50:30Je vais répondre
00:50:31à cette question rapidement
00:50:32et puis je vais en venir
00:50:33à la suite du débat
00:50:34avec Raphaël.
00:50:37Non, mais la gauche
00:50:41a perdu...
00:50:42ne propose pas un discours
00:50:45qui parle à tout le pays
00:50:46aujourd'hui.
00:50:47Ça, c'est une chose.
00:50:48Et donc, il y a à changer
00:50:48le discours par le haut.
00:50:50Et si on ne change pas
00:50:51ce discours par le haut,
00:50:52on ne va pas y arriver
00:50:53seulement par le bas,
00:50:54mais il y a à changer
00:50:55par le bas.
00:50:57Il y a à se réimplanter
00:50:57par le bas.
00:50:58C'est-à-dire quoi ?
00:50:59C'est-à-dire qu'auparavant,
00:51:02dans les villages,
00:51:03il y avait au moins
00:51:04une ou deux figures
00:51:05très clairement identifiées
00:51:07à gauche,
00:51:08portant les valeurs de gauche.
00:51:09Il y avait l'instituteur,
00:51:10l'institutrice,
00:51:11qui était aussi secrétaire
00:51:13de mairie.
00:51:14Et il y avait le cheminot,
00:51:16président du club de foot.
00:51:18Voilà.
00:51:18Évidemment,
00:51:19quand il y a quelques repères
00:51:20qui sont posées comme ça
00:51:21dans un village,
00:51:22ça sert d'obstacle,
00:51:25ça vient recadrer le débat
00:51:26et ainsi de suite.
00:51:27Donc, c'est quelque chose
00:51:28d'essentiel.
00:51:29Maintenant,
00:51:29je vous le dis,
00:51:31moi, je m'adresse
00:51:33à vous ici
00:51:34avec gravité.
00:51:35Je le disais
00:51:37le 7 juillet au soir,
00:51:39lors de ma victoire,
00:51:41et je mets énormément
00:51:42guillemets à ce mot victoire,
00:51:44afflique secours.
00:51:46Nous avons obtenu un sursis,
00:51:50nous avons obtenu un répit,
00:51:52nous avons obtenu
00:51:53une dernière chance
00:51:54pour la France,
00:51:55mais pas plus.
00:51:58La lame de fond
00:51:59en faveur du Rassemblement
00:52:00national,
00:52:01elle ne s'est pas arrêtée
00:52:02le 7 juillet au soir,
00:52:04elle se poursuit,
00:52:05ils ne sont plus
00:52:06à une marge du pouvoir,
00:52:07ils sont à une demi-marge
00:52:09du pouvoir.
00:52:09Et donc, du coup,
00:52:11ça doit nous demander
00:52:13du sang-froid
00:52:14pour se demander
00:52:15quelle est la meilleure stratégie
00:52:17pour avancer.
00:52:20Et je ne recherche pas
00:52:22les applaudissements.
00:52:26L'antiracisme de terrain,
00:52:28il est évident
00:52:29et permanent
00:52:30quand on est dans un coin
00:52:32comme le mien.
00:52:33C'est quoi ?
00:52:34Quand on défend
00:52:35les usines de Picardie,
00:52:37on sait que
00:52:38bon nombre
00:52:39d'ouvriers
00:52:40qui sont touchés
00:52:41sont déracisés
00:52:42et on mène le combat
00:52:43aux côtés de Samir Ben Yahya,
00:52:45délégué CFDT
00:52:46de chez METEX,
00:52:47on sauve l'usine
00:52:48et je le dis
00:52:49parce que demain,
00:52:50si le Rassemblement national
00:52:51est au pouvoir,
00:52:53Samir Ben Yahya,
00:52:54franco-marocain,
00:52:55ne sera plus autorisé
00:52:56à avoir des mandats syndicaux,
00:52:57ils voudront les lui interdire.
00:53:04quand on défend
00:53:05les auxiliaires de vie,
00:53:07les assistantes maternelles,
00:53:08les accompagnantes d'enfants
00:53:09en situation de handicap,
00:53:10les aides à domicile,
00:53:12on sait
00:53:12qu'on défend
00:53:14à la fois
00:53:15les femmes racisées
00:53:17dans les métropoles
00:53:18qui exercent ça
00:53:19et les femmes blanches
00:53:21qui font les mêmes métiers
00:53:22dans les campagnes.
00:53:22et
00:53:26qu'on défend
00:53:28des personnes
00:53:29qui sont en cumul de fragilité,
00:53:32populaires,
00:53:33femmes,
00:53:33d'origine émigrée
00:53:34pour beaucoup.
00:53:36Et il y a un combat
00:53:37pour les mettre ensemble
00:53:39et voir
00:53:40ce qui les rapproche
00:53:41plutôt que ce qui les différencie.
00:53:43Quand je me retrouve
00:53:45en 2017
00:53:46sur la fermeture
00:53:47de l'usine
00:53:48Whirlpool à Amiens,
00:53:50puisque le sèche-linge
00:53:52je pars pour la Pologne,
00:53:53qu'est-ce que j'entends
00:53:54en venant distribuer
00:53:55mes tracts
00:53:56chez les ouvriers
00:53:57et les ouvrières ?
00:53:58Que c'est de la faute
00:53:59des étrangers,
00:54:00que c'est de la faute
00:54:00des immigrés,
00:54:01que c'est de la faute
00:54:02des réfugiés
00:54:02et ainsi de suite.
00:54:03Qu'est-ce que je fais ?
00:54:04Je discute avec eux,
00:54:05je leur dis
00:54:06mais attendez,
00:54:06c'est les étrangers,
00:54:08les réfugiés,
00:54:09les immigrés
00:54:09qui vous ont licenciés ?
00:54:11Non,
00:54:12mais ça ne suffit pas
00:54:13ce petit dialogue.
00:54:14Je reviens avec un tract.
00:54:16Sur le tract,
00:54:17il y a Jeff Fettig.
00:54:18Je ne sais pas
00:54:18si vous connaissez
00:54:19Jeff Fettig.
00:54:20Eux non plus
00:54:21ne le connaissaient pas.
00:54:22Pourtant,
00:54:22Jeff Fettig,
00:54:23c'est leur PDG.
00:54:25Il a une baraque
00:54:26à 5 000 kilomètres de là
00:54:27aux Etats-Unis
00:54:29avec 17 salles de bain,
00:54:312 cours de tennis,
00:54:33un accès direct
00:54:33à la plage.
00:54:34Je mets la photo de ça,
00:54:35je raconte ça.
00:54:37Pourquoi ?
00:54:37Parce que le souci,
00:54:38c'est que les ouvriers
00:54:39et les ouvrières
00:54:40de chez Whirlpool,
00:54:41ils n'ont pas
00:54:42ce contact direct
00:54:43avec Jeff Fettig.
00:54:44Il y a des tas
00:54:45d'intermédiaires
00:54:46et ils voient encore moins
00:54:48en sortant de chez eux
00:54:49son immense baraque,
00:54:51son château moderne.
00:54:52Et donc,
00:54:53il faut avoir des images
00:54:54pour leur remontrer
00:54:56qui est l'adversaire,
00:54:58qui est leur véritable adversaire,
00:55:00sinon ceux que leur montre
00:55:01la télé.
00:55:07Bon,
00:55:08ça se réchauffe.
00:55:11Sinon,
00:55:12ce que leur montre la télé,
00:55:13c'est que l'adversaire,
00:55:15c'est le réfugié,
00:55:16c'est l'immigré,
00:55:17c'est l'étranger.
00:55:18Et évidemment,
00:55:19il faut se bagarrer
00:55:21contre cette division
00:55:22soit horizontale,
00:55:24soit même
00:55:24aller regarder en dessous
00:55:25qui est plus malheureux de toi
00:55:27et en faire la cause
00:55:28de ton malheur.
00:55:29Il faut le proposer
00:55:30une autre cause
00:55:31à ce malheur.
00:55:32Et évidemment,
00:55:32venir répéter
00:55:33que dans le classement
00:55:35de challenge
00:55:36né en 1996,
00:55:38à l'époque,
00:55:39les 500 premières fortunes
00:55:40françaises
00:55:40équivalaient à 5%
00:55:42du PIB
00:55:43qu'à l'arrivée
00:55:43d'Emmanuel Macron,
00:55:44c'est 20%
00:55:45et qu'on a aujourd'hui
00:55:46dépassé les 40%,
00:55:48quand on a des salariés
00:55:50qui sont amenés
00:55:51à se rationner
00:55:52et qu'il y a
00:55:53un immense gavage
00:55:54là-haut,
00:55:55oui,
00:55:55je considère
00:55:56que c'est un axe
00:55:57de combat
00:55:58contre le racisme.
00:56:00Sachant que
00:56:01le racisme
00:56:02est à combattre
00:56:02parce que si on veut
00:56:03unir les classes populaires,
00:56:04il est évident
00:56:05que le racisme
00:56:06est un obstacle
00:56:07qui sépare
00:56:07à l'intérieur
00:56:09des classes populaires.
00:56:10et Marx le disait
00:56:11déjà,
00:56:12puisqu'on a la fête
00:56:12de l'humain,
00:56:13autant en profiter,
00:56:14Marx le disait déjà
00:56:15quand il montrait
00:56:17que la bourgeoisie
00:56:18installait un conflit
00:56:20entre les ouvriers
00:56:21anglais
00:56:21et les ouvriers
00:56:22irlandais
00:56:22et que le devoir
00:56:24des socialistes
00:56:24était de casser
00:56:25cette barrière
00:56:26entre les ouvriers
00:56:27anglais
00:56:28et les ouvriers
00:56:29irlandais.
00:56:37Les responsabilités
00:56:38dans l'installation
00:56:40et la montée
00:56:41en puissance
00:56:42du Rassemblement
00:56:43national
00:56:43dans le pays.
00:56:44La première responsabilité,
00:56:47Raphaël l'a dit
00:56:48et j'approuve,
00:56:5040 ans
00:56:51d'une gauche
00:56:52qui accompagne
00:56:53la mondialisation,
00:56:54qui accompagne
00:56:55cette Europe
00:56:56du libre-échange,
00:56:57de la libre-circulation
00:56:58des capitaux
00:56:59et du marchandise,
00:57:00de la concurrence
00:57:01ligne de Rénon-Fossé
00:57:02qui fait partir
00:57:03les usines en série.
00:57:05C'est évident
00:57:05que la première responsabilité,
00:57:07elle est là
00:57:08et jusqu'à la loi de travail.
00:57:11Deuxième,
00:57:14ça c'est sur le temps long
00:57:15depuis 1983,
00:57:18deuxième responsabilité
00:57:19là sur le temps court,
00:57:20la responsabilité
00:57:21d'Emmanuel Macron
00:57:22qui à la fois
00:57:25institutionnalise
00:57:25le Rassemblement national
00:57:26avec un cynisme,
00:57:28je veux dire,
00:57:29il joue un jeu
00:57:30auquel François Mitterrand
00:57:32a joué dans les années 80,
00:57:33sauf que là,
00:57:34il y a un baril de poudre.
00:57:36Et c'est quoi ?
00:57:38C'est pendant les élections
00:57:40présidentielles
00:57:41pour le deuxième tour,
00:57:42il vient faire la cour
00:57:43aux électeurs
00:57:44de Jean-Luc Mélenchon
00:57:45et pendant les élections
00:57:46législatives,
00:57:47aussitôt,
00:57:48il introduit un signe
00:57:49d'égalité
00:57:50entre extrême droite
00:57:51et ce qu'il appelle
00:57:52extrême gauche.
00:57:55en donnant
00:57:56deux vice-présidences
00:57:57au Rassemblement national
00:57:59et ainsi de suite.
00:58:00Mais ça n'est pas
00:58:00la plus grosse faute
00:58:02d'Emmanuel Macron
00:58:03qui explique
00:58:04ce bon.
00:58:05Ce bon s'explique
00:58:06par le traitement
00:58:07de la crise des gilets jaunes
00:58:08et par le traitement
00:58:09des retraites.
00:58:10Qu'est-ce qui se passe
00:58:11à ce moment-là ?
00:58:12On a deux puissants
00:58:13mouvements populaires
00:58:14auxquels n'est pas apporté
00:58:15une réponse politique
00:58:17mais une réponse policière.
00:58:23Et dès lors,
00:58:24les gens se disent
00:58:26si c'est ça la démocratie,
00:58:27à quoi bon la démocratie
00:58:29et c'est ce qui va venir
00:58:30nourrir le vote
00:58:32du Rassemblement national.
00:58:34Troisième point,
00:58:35la responsabilité
00:58:36de notre gauche
00:58:37aujourd'hui,
00:58:39c'est de ne pas apparaître
00:58:40comme un débouché
00:58:41et de ne pas apparaître
00:58:43sur un débouché
00:58:44sur quoi ?
00:58:44Le dernier bouquin
00:58:45de Vincent Tiberge
00:58:47sur la droitisation
00:58:48du pays pose
00:58:49qu'il n'y a pas
00:58:50de droitisation
00:58:51des classes populaires,
00:58:53il n'y a pas
00:58:53une droitisation
00:58:54par le bas,
00:58:55qu'au contraire,
00:58:56même dans la durée,
00:58:57il y a plutôt
00:58:58davantage d'acceptation
00:58:59des minorités
00:59:00et des étrangers
00:59:01mais qu'en revanche,
00:59:02il y a une droitisation
00:59:03par le haut
00:59:04et notamment
00:59:05par les médias.
00:59:06Bon.
00:59:07En revanche,
00:59:08ce que dit
00:59:12Vincent Tiberge,
00:59:15c'est que
00:59:16pour regagner
00:59:18les classes populaires,
00:59:19il y a
00:59:19à basculer
00:59:20pour beaucoup
00:59:22sur le terrain
00:59:23socio-économique
00:59:24et d'apparaître
00:59:26comme une force
00:59:26de protection.
00:59:27Je le dis
00:59:29sur le ton.
00:59:30Quel est le ton
00:59:31que nous devons adopter ?
00:59:32Est-ce que
00:59:33c'est une exigence
00:59:34de radicalité,
00:59:35radicalité,
00:59:35radicalité ?
00:59:36Je le dis,
00:59:37si j'y vais
00:59:38avec cette radicalité,
00:59:40avec la violence
00:59:41de la parole
00:59:41qui a été revendiquée
00:59:42par Jean-Luc Mélenchon,
00:59:43je perds,
00:59:45je perds des voix.
00:59:46C'est-à-dire que...
00:59:50Mais...
00:59:52Ué-moi !
00:59:54Ué-moi !
00:59:55Ué-moi !
00:59:56D'accord ?
00:59:58Mais je parle
00:59:58d'une chose grave,
00:59:59c'est quels sont les choix
01:00:01qu'on doit faire
01:00:02pour gagner
01:00:03face au Rassemblement National.
01:00:05Et je le dis,
01:00:06que la même chose
01:00:07peut être présentée
01:00:09sur le ton
01:00:09de la radicalité
01:00:10ou sur le plan
01:00:11de décence
01:00:12et du bon sens.
01:00:13Moi,
01:00:13quand je dis
01:00:14qu'il faut taxer
01:00:15les super profits,
01:00:16ça va de soi,
01:00:17c'est de l'ordre
01:00:18de la décence
01:00:18et du bon sens.
01:00:19Dans ma campagne,
01:00:21j'ai posé
01:00:22la fin
01:00:23des contrôles d'identité.
01:00:25Non pas un récipicé,
01:00:27mais la fin
01:00:27des contrôles d'identité.
01:00:29Je ne l'ai pas posé
01:00:30comme une mesure
01:00:31de radicalité,
01:00:32je l'ai posé
01:00:33comme une mesure
01:00:34de décence
01:00:34et de bon sens
01:00:35quand aucun délit
01:00:36n'est constaté.
01:00:40Donc,
01:00:41nous avons
01:00:43des choix
01:00:44à faire,
01:00:44nous avons
01:00:44des choix
01:00:45stratégiques
01:00:45à faire.
01:00:46Je regrette
01:00:47qu'on n'ait pas
01:00:48un lieu
01:00:48pour faire ça.
01:00:49Il nous faudrait
01:00:50un grand congrès,
01:00:51un grand rassemblement
01:00:52où nos accords
01:00:53et nos désaccords
01:00:54qu'on voit
01:00:54traverser la salle
01:00:55puissent être posés,
01:00:57débattus
01:00:58et qu'on dépasse
01:00:59la contradiction.
01:01:00Il y a la possibilité
01:01:02d'un dépassement
01:01:03de la contradiction,
01:01:04mais il nous faut
01:01:05des lieux
01:01:05pour poser ces débats.
01:01:14Il est l'heure
01:01:17de conclure.
01:01:18Ce lieu,
01:01:19il existe,
01:01:19ce lieu,
01:01:19c'est la fête
01:01:20de l'Huma,
01:01:20donc merci
01:01:21d'y avoir pris
01:01:22votre part
01:01:23par vos voix,
01:01:24par vos chants
01:01:25et surtout
01:01:26par les arguments.
01:01:27Je crois
01:01:27qu'il n'y a que
01:01:28comme ça
01:01:28qu'on préservera
01:01:29l'unité.
01:01:30Et à la part,
01:01:31c'est nous,
01:01:31compas ?
01:01:32Et à la part,
01:01:33c'est nous,
01:01:33compas ?
01:01:36Merci beaucoup,
01:01:38merci à tous.
01:01:40Merci à tous.