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Époque fondatrice de la modernité, les Lumières sont sous les feux de la critique. Un assaut mené aussi bien par les forces de la tradition réactionnaire que par celles d’un néo-libéralisme en crise réhabilitant dans sa débacle historique les formes les plus régressives du contrôle et de la domination sociale.
Avec Déborah Cohen, Maîtresse de conférences en histoire moderne à l’Université de Rouen-Normandie (laboratoire GRHis).
Une table ronde à lire en intégralité : https://www.humanite.fr/table-ronde-quel-combat-des-lumieres-pour-notre-epoque-679950

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Transcription
00:02En fait, ce qu'on appelle les lumières, sauf à patrimonialiser vraiment les choses et à en
00:11faire un mouvement typiquement français, débouchant sur la révolution et lié à des éléments qui sont
00:22typiquement françaises, c'est-à-dire aussi la lutte contre ce qu'on a pu appeler l'infâme, c'est
00:29-à-dire la lutte contre
00:30le clergé et les pensées religieuses, l'universalisme notamment. Sauf à faire cela des lumières et à le figer
00:41dans une tradition qu'on ne peut plus réinventer, il faut penser que les lumières, et le pluriel l'indique
00:48eh bien, sont quelque chose justement de pluriel, de divers. Alors on a essayé de clarifier cette
00:58diversité en parlant de lumière radicale d'un côté, de lumière modérée de l'autre, mais en réalité
01:04personne ne sait ce que sont ces lumières radicales. Et je pense, moi n'étant pas spécialiste vraiment
01:10des lumières, je pense à un livre tout récent d'Antoine Lilti où il dit finalement, il y a cette
01:15définition,
01:16je trouve très intéressante, minimale, mais intéressante des lumières, des lumières pour
01:21aujourd'hui, c'est-à-dire dans une réinterprétation sans les figer, ce que les lumières ont toujours
01:26fait elles-mêmes en s'auto-interprétant au XVIIIe. Il dit finalement, les lumières c'est
01:33le mouvement des lumières, ceux qu'on peut, les penseurs et ceux qui ont participé aux lumières,
01:38on peut dire que ce sont ceux qui ont osé, osé contester, osé s'affronter au dogme existant,
01:46et qui ont eu le courage de remettre en question ce qui existait. Et en somme, aujourd'hui,
01:53on peut penser que s'il y a un méritage des lumières, c'est avoir ce courage de contester
02:00des formes de pensée admises, y compris les formes de pensée admise qui sont celles
02:06des lumières elles-mêmes telles qu'elles ont longtemps été interprétées, et y compris
02:10celles qui ont été pendant très longtemps celles que la gauche a inventées à partir
02:16de sa compréhension des lumières. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il nous faut inventer, avec
02:23le courage qui était celui des hommes et des femmes du XVIIIe siècle, de nouvelles pensées
02:29pour affronter nos combats, et nos combats contre le néolibéralisme notamment.

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