- il y a 13 heures
A l'heure où les marches pour le climat se multiplient avec succès dans toutes les villes d'Europe, l'Union européenne se montre incapable de prendre des mesures d'urgence pour contenir le réchauffement climatique dans des proportions compatibles avec les exigences de la COP 21. Analyse de la situation et propositions avec les eurodéputé.e.s Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy (S et D) et Younous Omarjee (GUE-GVN).
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00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg,
00:14alors où les manifestations se multiplient dans toute l'Europe pour exiger des mesures d'urgence contre le réchauffement climatique.
00:21Que fait l'Union européenne exactement ? Est-ce qu'elle s'engage réellement en faveur du climat ?
00:27C'est le moment de faire le coin, on en parle avec vous. Christine Rebaudanone, bonjour, vous êtes députée européenne
00:33socialiste et démocrate.
00:34Et Ulous Omarji, vous êtes députée de la gauche unitaire européenne, gauche verte nordique.
00:39Merci à vous deux d'être autour de ce plateau.
00:41Alors les marches pour le climat, c'est un phénomène massif, ces marches s'enchaînent depuis plusieurs mois dans le
00:48monde entier, spécialement en Europe.
00:50On ne va pas citer tous les endroits où ça allume, mais en gros dans plein d'endroits.
00:54Il y a celle de Paris, de Strasbourg, on fait parler d'elle, de Bruxelles, pardon, on fait parler d
00:58'elle.
00:59Il y a eu des manifestations en Suisse, à Berlin, à Londres.
01:03Et puis par ailleurs, il y a des parlons de pétitions comme l'affaire du siècle, par exemple, qui fonctionnent
01:07très très bien, qui sont des pétitions qui fonctionnent.
01:11Comment est-ce que vous analysez ces mouvements qui sont nouveaux dans l'univers des manifestations, dans l'univers politique,
01:19on va dire, par rapport au climat, qui sont nouvelles ?
01:21Avec dans les manifestations beaucoup de jeunes, beaucoup de jeunes filles.
01:24En général, l'égérie, entre guillemets, de ces manifestations est une jeune adolescente suédoise qui fait parler d'elle maintenant
01:32partout.
01:32Et qui sera là.
01:33Et qui sera là. Il y a encore une manifestation au Parlement.
01:38Il y a une manifestation encore à Paris, samedi prochain.
01:41Comment est-ce que vous analysez ces mouvements tout à fait forts, tout à fait particuliers ?
01:46On n'avait pas vu ça depuis longtemps.
01:48Tout simplement parce qu'à chaque fois qu'on a des législations sur la table et qu'on se prononce
01:53pour avoir des objectifs clairs
01:56et qui nous permettent de faire redescendre la température globale de la planète, on nous explique que vous comprenez, c
02:04'est trop rapide, on n'y arrivera pas, le secteur économique n'est pas prêt, etc.
02:09Et donc on nous demande de temporiser.
02:11Et les jeunes le voient, la situation, la pollution qui est là de plus en plus présente.
02:15Et quand Greta et ces jeunes de toute nationalité qui arrêtent l'école le vendredi après-midi pour aller manifester,
02:23ils ont un mot très juste, ils disent tant que vous ne vous occupez pas du climat, nous on s
02:28'en occupe et on arrête de poursuivre notre éducation.
02:32Et l'urgence, elle est là.
02:34On ne peut plus temporiser.
02:36Ce n'est pas possible.
02:37Il n'y a pas le temps.
02:38On n'a pas de planète de rechange.
02:40C'est celle-ci que nous avons et c'est celle-ci que nous léguons aux jeunes générations.
02:44Donc il faut agir maintenant.
02:46A chaque fois que sont mises sur la table des propositions législatives concrètes pour aller au-delà des grandes intentions,
02:52soit les grandes intentions, tout le monde est ok, mais dès qu'il faut dire,
02:55eh bien voilà, on va diminuer de tant de pourcents, le taux de CO2 de tant de pourcents, le dioxyde
02:59d'azote,
02:59On va en parler dans le détail.
03:00A chaque fois, ah non, ce n'est pas possible.
03:02Non, c'est possible et il faut le faire.
03:04Et en plus, en termes économiques, ça coûterait vraiment moins cher d'agir maintenant pour le climat,
03:10en termes d'emploi et en termes d'épanouissement global pour l'ensemble de la planète et de l'Union
03:16Européenne.
03:16Donc des actes, pas des paroles, en résumé, et puis allons vite.
03:19C'est un peu ça.
03:20Comment vous voyez, Yulis Omarji, vous, ces manifestations,
03:25encore une fois, qui apparaissent dans le paysage de manière très particulière, très spécifique ?
03:30C'est un phénomène qui est sans précédent, qui, je pense, est historique.
03:36Les jeunesses du monde et européennes intiment à notre génération l'ordre d'agir et d'agir maintenant.
03:47Ils nous disent qu'il n'est plus urgent d'attendre pour le climat, mais qu'il est urgent d
03:53'agir.
03:53Et c'est l'irruption sur la scène d'une jeunesse qui a une conscience éveillée, très éclairée,
04:04et qui a bien compris que leur avenir est barré par les refus, finalement,
04:11de procéder à une véritable bifurcation et à de véritables ruptures dans les politiques qui sont mises en œuvre.
04:19J'ai participé à quelques-unes de ces marches en soutien à Paris et j'ai entendu, figurez-vous,
04:26des slogans qui montrent un chemin, non pas un chemin de petits pas, mais un chemin de véritable rupture.
04:36Parce qu'ils ont bien compris qu'il n'y a pas de possibilité d'avancer sans une remise en
04:43cause totale
04:45des modes de production et de la conception que nous avons du progrès.
04:50Et ils ont bien compris que le libéralisme ultra dérégulé n'est pas compatible avec les objectifs posés pour le
05:02climat.
05:02Et en ce sens, ils sont beaucoup plus avancés dans leur position que certains politiques.
05:12Je pense par exemple au vert qui, il y a une semaine, montrait un autre chemin
05:19qui était celui d'une prétendue compatibilité entre l'économie de marché
05:25et le combat contre le réchauffement planétaire.
05:29Je pense au final qu'il n'y a pas de champ plus révolutionnaire aujourd'hui que cette question.
05:37Parce que la question du changement climatique oblige, en réalité, est une condamnation tout d'abord du capitalisme
05:46et oblige à des remises en cause totales de tous les modes de production
05:52sur lesquels les puissances industrielles et en particulier les vieilles puissances industrielles
05:59ont construit leur essor depuis le début de la révolution industrielle.
06:03Et le problème se pose aujourd'hui pour le monde entier.
06:07Et le modèle qui était celui des Américains et des Européens,
06:12il ne peut être étendu à une planète qui en 2100 sera autour de 11,2 milliards d'habitants.
06:20Donc il faut changer, il faut changer radicalement et c'est ce que les jeunes nous disent.
06:24Je trouve que les marches pour le climat, il y en a eu aussi aux Etats-Unis, il y en
06:27a eu aussi, etc.
06:28Ce n'est pas simplement un phénomène européen.
06:30On a bien compris que ce n'était pas non plus simplement les marches de protestation,
06:33mais que c'était, comme vous étiez en train de le dire l'un et l'autre, des marches qui
06:37proposent des choses.
06:39Il y a un contenu politique de ces marches et pas simplement un contenu protestataire.
06:43Alors, ces exigences dont on parle là s'adressent non seulement au gouvernement des pays dans lesquels ont eu ces
06:52marches,
06:52mais elles s'adressent également à l'Union Européenne en tant qu'Union.
06:55D'ailleurs, une manifestation a eu lieu à Bruxelles devant le Parlement Européen.
07:00Ça concerne donc l'UE, ça vous concerne, vous, en tant que député.
07:03Est-ce qu'on pourrait essayer d'y voir un peu clair dans ce que fait aujourd'hui l'Europe,
07:08dans la lutte, par exemple, contre le réchauffement climatique ?
07:11Quels sont ses engagements ? Quel est le plan aujourd'hui ?
07:15Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui où va l'Europe dans ce domaine-là ?
07:18Est-ce qu'on peut essayer de montrer en quelques mots, sans rentrer dans le détail,
07:22mais de montrer l'orientation européenne ?
07:24Et on posera la question après, bien sûr, de savoir si c'est suffisant, ça.
07:27Depuis la signature des accords de Paris, on a eu plein de dossiers législatifs
07:33pour lesquels on était censés respecter strictement les accords de Paris.
07:38Et à chaque fois, sur chaque texte sur lequel le Parlement Européen a pris sa part,
07:44on allait sur des ambitions plus importantes que celles de la Commission Européenne.
07:49Quand je dis cela, je parle surtout des groupes des gauches,
07:52les différents groupes de gauche et des écologistes.
07:54En revanche, il y avait une opposition frontale de la droite et de l'extrême droite
07:59qui considérait que sur ces dossiers-là, l'Union Européenne n'avait pas à s'en saisir,
08:04que c'était à chaque État de faire comme il le pouvait et l'Union Européenne ne devait rien faire.
08:08Donc, on a obtenu des propositions qui restent en deçà de ce qu'on devrait faire,
08:15mais parce que c'est un choix politique.
08:17On a le Parlement Européen issu du suffrage des élections de 2014.
08:21Et en 2019, il y a vraiment urgence, parce qu'effectivement, au Parlement Européen, on peut agir.
08:26Mais les résultats qui ont été obtenus sont en deçà de ce vers qu'on devrait aller.
08:35Au simple regard des objectifs de la COP21.
08:38Et comme à chaque fois, la droite nous explique que c'est parce qu'économiquement, ça coûterait trop cher,
08:42ça a coûté 13 milliards d'euros, les pertes dues à tout ce dérèglement climatique entre 2016 et 2018.
08:5113 milliards d'euros, le coût lié à ce réchauffement climatique.
08:56Et le gain, si on s'y mettait tous, serait très important.
09:00Dès lors qu'on s'intéresse aussi à un sujet qui est majeur,
09:02et je sais que c'est la préoccupation des syndicats,
09:05c'est une révolution écologique, ça veut dire aussi une révolution industrielle.
09:10Et donc, dans le secteur industriel, il faut l'accompagnement de tous les emplois qui existent.
09:16Et c'est possible.
09:17Et on a des fonds, on a créé un fonds de transition juste,
09:20qui était une proposition des socialistes au Parlement Européen qui a été adoptée.
09:23Hier, on avait sur la table un fonds d'investissement vert qu'on proposait.
09:28Malheureusement, la droite s'y est opposée.
09:30Et comme les écologistes se sont abstenus, ce fonds ne verra pas le jour.
09:34Mais des propositions, il y en a.
09:36Après, il faut une majorité politique pour pouvoir y parvenir.
09:39Il y a la situation telle qu'elle est.
09:41Oui, je pense que dans les politiques européennes, il faut penser de manière combinée.
09:46Et qu'il est très insuffisant de considérer qu'il suffit d'un fonds dédié à ses objectifs.
09:52Pourquoi ? Parce que l'Europe aujourd'hui, elle est schizophrène,
09:56elle manque de cohérence et il y a une certaine forme d'hypocrisie.
10:01Lorsque vous voyez que cette Union européenne, d'un côté, proclame des objectifs en matière du climat
10:08et pour atteindre les objectifs de la conférence de Paris,
10:12d'un autre côté, elle signe des accords de libre-échange qui aggravent la dette écologique.
10:18D'un autre côté, elle impose des traités européens qui limitent les possibilités pour les États
10:25de s'engager dans une véritable planification écologique
10:29et l'avancer vers des programmes ambitieux pour la mise en œuvre des énergies renouvelables.
10:37Et puis, il y a, et c'est pourquoi nous proposons, nous, de sortir des traités européens
10:44et que nous proposons la règle verte.
10:46On y reviendra à la fin, oui, bien sûr.
10:47Mais il y a un manque de cohérence dans les politiques communautaires.
10:52Parce que les politiques communautaires, actuellement, finalement,
10:57elles vont toutes dans le sens d'une aggravation des émissions de gaz à effet de serre
11:04et de la dette écologique.
11:06Donc, il faut mettre de la cohérence et il faut mettre un peu de...
11:09Alors, soyons clairs, est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui,
11:13on peut dire que les objectifs de les préconisations, en tous les cas, de la COP21
11:18ne sont pas réalisés, on n'est pas en voie de les réaliser aujourd'hui.
11:21Mais déjà, les objectifs de qui ont sur le bâton...
11:23Je ne suis pas d'accord sur une chose, ce n'est pas vrai.
11:25On a quand même une amélioration.
11:28On a baissé le niveau d'émission de CO2, clairement,
11:31et ça s'est passé en trilogue, c'est fait.
11:33Sur le dioxyde d'azote, c'est pareil.
11:35Et sur le fait qu'on arrive vers la fin des énergies fossiles, on y arrive.
11:39Mais le problème, c'est qu'on n'y arrive pas assez vite.
11:41Mais il ne faut pas dire qu'il n'y a rien qui a été fait.
11:43Et il y a cette marge de progression qui est là.
11:46Non, ce n'est pas ce jeudi.
11:46Simplement, et c'est la raison pour laquelle on a présenté une résolution
11:49qui sera mise au vote jeudi sur le dérèglement climatique,
11:53ce qu'on demande, ce qu'on exige à la Commission européenne,
11:57qui est celle qui fait les propositions législatives,
11:59c'est d'aller beaucoup plus vite et d'être beaucoup plus ambitieuse
12:02dans le niveau de respect des objectifs.
12:05Il faut aller plus vite.
12:07Bien sûr.
12:07Il y a une question économique, une question écologique et il y a une question sociale.
12:12Et donc pour tout cela, on a la capacité d'aller plus vite
12:15et il faut prendre nos responsabilités.
12:17Il faut aller plus vite parce que le temps qui est devant nous est court.
12:23Mais oui, c'est ça.
12:23Il y a une course qui est engagée avec la nature d'une certaine manière.
12:28Donc il faut pouvoir avancer de manière extrêmement rapide sur les objectifs.
12:34Et pour le moment, de conférence des partis en conférence des partis,
12:39on prend du retard.
12:40Figurez-vous que pour l'Europe en général,
12:44les objectifs pleins du protocole de Kyoto ne sont toujours pas atteints.
12:52Et on a ajouté depuis le protocole de Kyoto une série d'autres contraintes, entre guillemets.
12:59Donc voilà, il y a un problème de non-respect déjà des engagements que l'Union européenne avait pris.
13:05Et manifestement, elle ne prend pas un chemin, de mon point de vue,
13:10qui soit un chemin résolu pour que le niveau de la hausse des températures se situe à 1,5 degré.
13:201,5 degré, voilà, c'était ça.
13:21Alors qu'on prend le chemin de 2, 3, voire 4 degrés.
13:25Prenons quelques cas concrets qui disent quelque chose à tout le monde.
13:29Prenons le cas du marché carbone.
13:31Comment c'est appliqué ? Quel est l'avantage et l'inconvénient ?
13:34Où est-ce qu'on en est, cette question ?
13:35Comment vous la voyez, cette question du marché carbone,
13:39telle qu'elle est appliquée et pratiquée, j'allais dire, en Europe aujourd'hui ?
13:42Et Christine, on va l'avantage.
13:44Ce n'est pas très efficace, mais là où il y a un sujet qui est vraiment très important sur
13:49cette question-là.
13:49Ce n'est pas très efficace quand même.
13:50C'est comment, quelle politique industrielle a l'Union européenne, de respect de ses normes,
13:56et dans sa capacité à négocier ou pas des accords de commerce international,
14:02qu'elle arrête à faire du business quoi qu'il arrive et qu'elle soit extrêmement respectueuse de ses propres
14:09normes environnementales.
14:11Et là, nous avons un vrai sujet avec l'importation d'acier qui vient de Chine notamment,
14:17alors que la Chine n'est pas une économie de marché et qu'elle est complètement...
14:22Enfin, la concurrence vis-à-vis de produits qui sont manufacturés en Europe, c'est impossible
14:26parce que nous, nous avons des standards sociaux qui font que ce n'est pas au même coût.
14:30Donc, il y a cette question-là qui est posée et qui est majeure.
14:34Et là où je rejoins Younous, c'est sur la question de la manière, la nouvelle doctrine que nous devons
14:39avoir
14:39en matière de commerce international, où on doit mettre en avant, je sais que je le dis souvent,
14:45on est 500 millions d'Européens.
14:47Et donc, on a la capacité d'être une Europe puissance qui dise maintenant c'est terminé.
14:52Moi, je ne négocie pas si c'est pour, à la fin, me retrouver avec une pollution supplémentaire
14:58et avec du chômage, encore plus de chômage dans mon propre territoire.
15:02Donc, sur tout ça, sur le marché carbone, il faut revoir ça dans une politique globale
15:08et qui est liée effectivement au marché et au commerce international.
15:11Est-ce qu'on en prend le chemin ? C'est la question.
15:13D'autant que l'Union européenne s'est présentée pendant longtemps,
15:17peut-être même certains le croient encore aujourd'hui,
15:20comme un peu le leadership en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
15:25Ça a été un peu l'image de marque de l'Europe, disons-le.
15:27Oui, mais il faut quand même...
15:27Est-ce que ça se trouble, cette image-là ?
15:29Oui, il faut quand même rappeler que, je ne parle pas de l'Union européenne,
15:35mais je parle des pays européens et des États-Unis,
15:39qui sont les pays qui portent la responsabilité,
15:42la responsabilité quasi intégrale du réchauffement planétaire.
15:48Et aujourd'hui, le monde entier a à gérer cette situation.
15:53Lorsque vous écoutez le message qui revient des petites îles du monde
15:58ou des pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique,
16:01ils sont, eux, aujourd'hui confrontés à la nécessité de construire leur développement
16:07sans, évidemment, prendre les chemins qui étaient très non-vertueux,
16:15qui ont été pris par les pays européens.
16:18Donc, ils sont face, aujourd'hui, eux, à cette difficulté.
16:20Donc, l'Europe, elle doit être exemplaire, aujourd'hui,
16:25parce qu'elle est à l'origine du mal.
16:28Et elle doit être exemplaire pour les Européens,
16:32mais elle doit l'être aussi pour l'ensemble des autres pays au monde.
16:36Et concernant des normes, entre guillemets,
16:42si nous ne faisons pas, nous, en Europe, l'effort d'être vertueux,
16:47les autres, évidemment, ne le feront pas
16:50et nous leur fermons la porte, également, d'avancer.
16:54Donc, nous avons une double responsabilité
16:56pour nous-mêmes et pour le monde.
16:59Alors, que faire dans cette situation ?
17:02Vous l'avez évoqué les uns et les autres.
17:05Qu'est-ce qu'on peut faire qui répondent, j'allais dire,
17:07vraiment, en tant qu'Europe,
17:09aux questions qui sont posées par les manifestants
17:12et qui sont posées, au-delà de ça,
17:13par tout de même un très grand nombre de personnes,
17:15puisque ces manifestations, ce ne sont pas des petites manifestations,
17:19mais c'est, comme vous le disiez les uns et les autres,
17:21des manifestations très populaires
17:22et qui conservent en plus réellement la jeunesse.
17:24Donc, qu'est-ce qu'on peut dire aujourd'hui ?
17:26Les gens vont voter dans deux mois.
17:27Qu'est-ce qu'on peut leur dire aujourd'hui ?
17:28Eh bien, justement, il faut rapprocher la démocratie participative
17:32et tous ces gens mobilisés dans la rue
17:34avec le vote du 26 mai.
17:37Et on l'a vu, là, on a eu une victoire aujourd'hui
17:39avec les lanceurs d'alerte,
17:40qui a été une victoire qui a été conduite
17:42à la fois par les députés européens
17:44et à la fois par la mobilisation citoyenne
17:47qui était très sensible à cette question.
17:49Sur la question du climat,
17:50on a aussi cette convergence,
17:52pas avec tous les groupes politiques,
17:54on fait de la politique,
17:55mais il faut voter le 26 mai
17:56pour avoir une majorité accompagnée de ce mouvement-là
18:00parce qu'on a la capacité d'agir et de légiférer rapidement
18:03et c'est de cette manière qu'il faut le faire.
18:05Et il faut contraindre les États membres
18:07à ne plus se cacher derrière leur souveraineté nationale
18:11pour ne surtout rien faire.
18:12C'est à l'échelle européenne qu'on peut agir
18:14et là où il faudra aussi agir,
18:16et moi j'y suis extrêmement favorable,
18:19c'est notre agence européenne de l'environnement
18:21qui existe et qui met des alertes en permanence.
18:23Sauf qu'elle n'a aucun pouvoir de sanction
18:25comme là notamment l'agence américaine de l'environnement.
18:28Il faut qu'elle ait la capacité d'agir
18:30et dès lors qu'il y a un non-respect,
18:32de pouvoir sanctionner pour qu'on soit efficace
18:35et qu'on soit vraiment en responsabilité
18:38face à cette jeunesse qui nous demande
18:40de prendre nos responsabilités.
18:41Sachant que le problème qui est à prendre à bras-le-corps,
18:44là, vous preniez l'exemple de la comparaison
18:46avec les lanceurs d'alerte,
18:47c'est tout de même un peu plus énorme
18:50que la question des lanceurs d'alerte.
18:51C'est toute l'économie qui est en cause tout de même
18:53puisque c'est l'industrie, c'est les transports, c'est tout.
18:56C'est précisément l'inverse.
18:57On a tous les chiffres qui démontrent
18:58que si on fait la transition écologique,
19:00l'économie européenne et l'emploi en Europe
19:03ne s'en portera que mieux.
19:05Il faut arrêter d'opposer économie et écologie.
19:07C'est-à-dire que nous sommes ici au Parlement européen
19:09mais il me vient à l'esprit cette phrase de Sénèque
19:14« Ma patrie, c'est le monde ».
19:16Et lorsqu'on observe ce dossier du réchauffement planétaire,
19:19on ne peut penser qu'à l'échelle globale.
19:22Les bouleversements seront à tous les niveaux.
19:25Avec la fonte des glaciers,
19:27vous avez la possibilité de l'ouverture
19:29des routes maritimes au nord
19:31avec des conséquences considérables
19:34pour l'ensemble des ports du sud.
19:36Par exemple, vous avez aussi une nouvelle géographie
19:40de la planète qui est en train de se dessiner.
19:43Vous avez une part très importante
19:45de la population mondiale
19:47qui se trouve près des côtes maritimes
19:49avec l'élévation du niveau marin.
19:52Donc c'est un bouleversement considérable.
19:55Et les réfugiés climatiques.
19:57Pour répondre à votre question, il y a ce slogan
20:00« Fin du monde, fin du mois, même combat ».
20:04Et il est vrai que les personnes les plus fragiles
20:08dans le monde, comme dans les sociétés européennes,
20:12sont celles qui payent le tribut le plus lourd
20:14des conséquences du réchauffement planétaire.
20:18Donc je crois, et nous le verrons le 16 mars,
20:21dans les marches qu'il y aura en Europe et en France,
20:24qu'il y aura une convergence entre les mouvements populaires,
20:29comme les Gilets jaunes actuellement en France,
20:32et les mouvements pour le climat.
20:36Et ça va finir par s'imposer.
20:38Et je crois qu'il y aura là une force
20:40qui permettra, je l'espère,
20:43d'avancer dans un sens que nous souhaitons les uns et les autres.
20:46En tous les cas, vous êtes d'accord pour dire
20:49que c'est un dossier européen absolument crucial ?
20:51Majeur.
20:51Et que c'est un des points sur lesquels vont se jouer
20:55l'opinion que les électeurs,
20:57que les citoyens en général peuvent se faire de l'Union européenne ?
21:00Il faut tout changer.
21:01Ne serait-ce que dans la manière dont on va négocier
21:03la nouvelle PAC,
21:05il y a là des questions
21:07qui renvoient au réchauffement planétaire.
21:10Enfin, tout est lié.
21:12Merci à vous.
21:13On aura l'occasion, bien sûr,
21:14de revenir sur cette question centrale
21:16qui n'arrête pas d'être débattue ici au Parlement européen.
21:19Merci à vous qui nous avez suivis.
21:21Au revoir.