- il y a 2 jours
La grande soirée de solidarité avec l'Algérie sera diffusée dès ce soir en intégralité sur www.humanite.fr. Cette initiative, avec des acteurs du mouvement de libération algérien – militants, artistes, écrivains, journalistes –, prend corps en partenariat avec le collectif Agir pour le changement démocratique en Algérie (ACDA) et le festival Raconte-Arts. Comme le disent les Algériens, à la Fête de l’Humanité, « nous vendredirons ! ».
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00:00Dès le début de la soirée Algérie, alors je vais vous expliquer très rapidement, on devait commencer avec la projection
00:10d'un film sur le festival Racontard, mais compte tenu, s'il vous plaît les amis, voilà, c'est les
00:20retrouvailles, c'est ça la fête et c'est ça l'Algérie.
00:24Mais compte tenu de cette luminosité et qu'on ne regrette pas de toute façon, quand même, la projection du
00:30film est programmée pour après. Donc on a fait juste une petite adaptation. Alors est-ce que presque tout le
00:38monde est là ? Alors il y en a encore qui sont bloqués sur la route, mais qui sont en
00:44train d'arriver. Je crois que l'essentiel des intervenants sont là.
00:49Alors, non, alors je voulais excuser ceux qui ne sont pas là. Autre contre-temps, la faillite d'Aigle Azur
00:57a fait que certains de nos intervenants devant venir d'Algérie n'ont pas pu venir.
01:05Ils avaient des billets, des vols Aigle Azur. Et nous en avons un qui a pu venir, c'est Yanis...
01:12Yanis... Adjria, mais voilà, Yanis, on va lui dire de venir aussi parmi nous.
01:20Qui lui...
01:23Non, Sarah, je vais en parler, mais en fait, Yanis est un rescapé. Il avait un billet Aigle Azur et
01:29grâce à la solidarité, grâce notamment à la solidarité de Nadia Matoub,
01:33qui est ici, présente, il a pu avoir un autre billet pour être parmi nous.
01:40Voilà, donc, je vais très rapidement vous présenter les invités qui sont là.
01:46Révedine Larjam, qui est metteur en scène de théâtre, sur ma gauche.
01:51Malek Belsmaïl, réalisateur.
01:56Sarah Heidel, qui est romancière, chroniqueuse, féministe, blogueuse.
02:07Il se cache derrière moi, Yanis Aljia, qui est du...
02:11Alors, du mouvement des brassards rouges de Béjaya.
02:14Il vient de là-bas.
02:18Denis Martinez, du festival Racontard, artiste plasticien.
02:23Alors, voilà.
02:24Et puis Rosa Moussaoui, journaliste à l'Humanité quotidienne.
02:30Et va arriver, au cours du débat, Senha Dja Akrouf, de l'ACDA, l'Association pour le changement et la
02:38démocratie en Algérie.
02:40Donc, nous avions donc prévu un premier temps, avec le festival Racontard, qui est un des partenaires de cette soirée,
02:48comme l'ACDA et, bien sûr, Panji Network et Naïma Yahi, qui sont, quelque part, qu'on remercie beaucoup,
02:56qui vont clôturer en beauté cette soirée avec un karaoké, voilà, franco-algérien.
03:03Et donc, voilà, j'ai cité les partenaires.
03:06Donc, comme on ne peut pas voir le film tout de suite, on va donner la parole à Denis Martinez,
03:12qui va nous dire ce qu'est le festival Racontard.
03:16Alors, pourquoi c'est important ?
03:17Le Hiraq, le mouvement que vit l'Algérie aujourd'hui, depuis le 22 février, n'est pas né de nulle
03:24part.
03:25Il est le résultat d'un processus et d'une accumulation de luttes et d'initiatives.
03:30Et parmi ces initiatives, des initiatives dans le monde de la création, de la création culturelle et artiste et de
03:37la démocratie locale.
03:38Et un des exemples, c'est le festival Racontard, qui a été créé en 2004,
03:44notamment par Denis Martinez et Hassan Maitref, que j'excuse, je l'ai excusé tout à l'heure, qui ne
03:50peut pas être là.
03:51Un festival qui a été créé trois ans après le printemps noir, le fameux printemps noir, la répression du mouvement
03:58Kabyl de 2001.
04:00Et donc, c'est un des précurseurs de ce que l'Algérie est en train de vivre aujourd'hui.
04:05Donc, la parole tout de suite est à Denis Martinez, qui va se présenter, qui est un artiste algérien, artiste
04:10plasticien,
04:10qui a été enseigné en Beaux-Arts, etc.
04:12Il a beaucoup d'art, de doigts, de, voilà, vous avez compris, de talents.
04:20Et à toi la parole.
04:26Bonsoir tout le monde.
04:29Vous m'entendez ?
04:32Alors, bon, ce n'est pas facile de présenter un festival avec des mots.
04:40Surtout le nôtre, le Festival Racontard.
04:43Bon, d'abord, je regrette énormément l'absence de Hassan Maitref,
04:49qui est un des membres fondateurs principaux de ce festival,
04:54et qui est vraiment le maître moteur de ce festival depuis 2004.
04:59Il n'a pas pu venir à cause, justement, des problèmes provoqués par Eglasur dans les vols en Algérie.
05:08Alors, bon, d'abord, artiste plasticien, oui, algérien, bien entendu, et attention, bien algérien, bien entendu, pas plus que ça.
05:17Et donc, professeur Bossard d'Alger, de 63 à 93, l'année où nous avons été obligés, un certain nombre
05:30d'entre nous,
05:31de prendre le chemin de l'exil pour les menaces directes que nous avons eues avec, bon, les islamistes qu
05:41'on sait.
05:41Et donc, le temps est passé.
05:47Hassan Maitref, qui était un très grand complice des activités avec les Bossard d'Alger et la Kabylie avant les
05:54années noires,
05:56il était animateur du centre culturel des Madras, avec qui nous avons beaucoup collaboré, avec les étudiants des Bossard.
06:03Et donc, depuis ces années-là, les années 80, etc., on a regardé de très grands liens de complicité, d
06:10'activité dans les milieux populaires.
06:16Et les années noires qui ont provoqué l'éclatement que tout le monde connaît, a été à un moment donné
06:25très dur pour les uns et pour les autres.
06:28Mais en 2003, quand il y a eu l'année de l'Algérie en France, les activités culturelles pouvaient recommencer
06:39plus ou moins en Algérie.
06:41Je parle des activités ouvertes, avec les gens qui étaient menacés pouvaient retourner sur le terrain.
06:47Donc, nous avons fait... J'ai organisé à Marseille un grand événement, qui a duré un mois, en 2003,
06:59et où j'avais invité Hassan Maitref et un certain nombre de personnalités d'Al-Blet pour parler de la
07:07situation du vécu,
07:09en plus de la présentation de mon travail.
07:11Et à ce moment-là, il y avait Salah Silem, qui était originaire de Benny Yenny, qui était un grand
07:17ami avec Hassan Maitref.
07:19Je vous raconte tout ça parce que c'est l'aube de Racontard.
07:22Donc, nous nous sommes rencontrés, nous nous avons dit qu'il est temps maintenant de remettre les pieds sur le
07:29terrain,
07:29de reprendre le terrain, de ne pas laisser le terrain qui pouvait être rangé par les autres.
07:35Alors, on a tout simplement décidé, avec Salah Silem et Hassan Maitref,
07:40d'abord, de créer un événement dans la commune de Benny Yenny.
07:46Et il n'était pas question à l'époque que ce soit un festival.
07:51Donc, ça a été un moment très, très fort où on était très peu nombreux.
07:58On a inauguré un espèce de festival sans financement.
08:03C'est-à-dire que c'était les autorités culturelles et autres politiques des villages
08:14qui prenaient en charge avec la population les festivaliers, qui les nourrissaient, etc.
08:20Et donc, ils s'occupaient des transports des uns et des autres.
08:24Donc, je faisais moi-même une intervention dans une tajemette, à chaque fois, dans un lieu précis,
08:30une intervention symbolique, en participation avec le village.
08:35Et ce qui était important dans tout ça, c'était la participation, au départ, avec les villageois, d'un bout
08:42à l'autre.
08:42Donc, il s'est avéré que, pendant notre festival, la première fois, des gens sont venus de tous les villages
08:49environnants
08:49parce qu'il faut savoir que le mouvement associatif culturel était très fort en Kabylie.
08:55Dans la dernière des deschras très éloignées, il y avait une association culturelle très conséquente.
09:02Donc, ils se sont tous venus assister et les gens ont commencé à nous réclamer,
09:08ils nous ont demandé de déplacer, les années suivantes, le festival chez eux.
09:14Et donc, c'est comme ça que notre festival est né.
09:17Il est né de la volonté des villages.
09:20Il est né de la forte volonté des villages.
09:23Et donc, il s'est passé une chose, c'est que, en 2004, les villages étaient en train de se
09:29restructurer en Kabylie.
09:32Ils étaient en train de reprendre à la fois les anciennes traditions d'organisation,
09:37mais avec des conceptions modernes.
09:40C'est-à-dire, la Jema'a reprenait la place qu'elle avait dans le passé,
09:44mais avec des nouvelles générations.
09:47Et notre festival s'est amplifié chaque année.
09:52On peut dire qu'au début, si on était peut-être une vingtaine de participants,
09:59on a eu tout doucement des gens qui sont venus même de l'étranger.
10:03On a eu des gens d'Espagne, de la région de Marseille, d'Italie, de la Corse, du Liban, etc.
10:09qui ont entendu parler de notre expérience et qui ont essayé de participer avec leurs moyens.
10:14C'est-à-dire qu'il faut savoir que personne n'est payé dans ce festival.
10:18Les gens sont accueillis, ils se prennent en charge pour leur déplacement,
10:22et ils sont accueillis par les villageois.
10:27Les villageois et leur structure.
10:30Bon, nous nous sommes arrivés maintenant depuis quatre ans à un festival national et international.
10:40C'est-à-dire qu'auparavant, on me disait,
10:43« Où est-ce que c'est un village fermé en Kabylie ? »
10:46Vous savez que maintenant, depuis quatre ans,
10:50surtout ça a commencé à Egersaffen,
10:52qui était un village très organisé déjà,
10:54et très porté sur l'écologie.
10:56Vous savez, c'est très, très porté.
10:59Donc, on avait 400 participants,
11:04à la fois des groupes nationaux et des gens venus d'ailleurs.
11:09400 participants accueillis, logés, nourris par les gens du village.
11:15Mais à Egersaffen, c'était un problème.
11:18Nous étions dans un village très proche des maquis,
11:23des forêts.
11:27Les gens savent très bien qu'en Algérie,
11:29les maquis étaient islamistes quand même.
11:30Ce n'était pas autre chose.
11:32Alors, s'il faut leur expliquer à chaque fois,
11:34quand même, ne pas exagérer.
11:36Non, non, non, non, non, non, non.
11:41Non, non, non, non, non.
11:42Non, non, non, je m'excuse.
11:45En Egersaffen, il n'y avait plus de maquis du F.
11:48Bon.
11:49Donc, il y avait des terroristes qui traînaient dans la région,
11:53comme ça.
11:53Et d'habitude, l'armée avait donné l'ordre aux gens du village
11:58d'assurer la sécurité
12:01à l'intérieur du village
12:04parce que nous avons pas mal
12:05de participants étrangers etc
12:07et qu'ils allaient assurer
12:09la sécurité tout autour
12:11de façon invisible
12:14mais il faut savoir
12:15que quelques années auparavant
12:17nous avons eu des interdits
12:20quand il y a eu
12:21le grand panafricain
12:23le dernier panafricain
12:24nous étions
12:27à Abouzguen
12:29vous étions à Abouzguen
12:31et il y avait
12:33un mouvement de terroriste
12:36dans le coin qui passait par là
12:38et l'armée avait donné l'ordre
12:40la région militaire avait donné l'ordre
12:42au chef de Zaira
12:43de stopper le festival
12:46et d'expulser tous les étrangers
12:48vers Alger
12:51et bon
12:52ça a été très difficile
12:55heureusement que le festival
12:56était presque terminé
12:57mais il a fallu
12:58qu'on freine
13:00une émeute du village
13:02parce que les gens du village
13:04ne voulaient pas
13:04que le festival s'arrête
13:06etc
13:06c'était très difficile
13:08nous avons eu pas mal
13:09vous savez quand vous faites
13:10un festival avec la fête
13:12et que vous entendez
13:13bombarder tout autour
13:14on a eu ça
13:15même au village
13:18de l'Unis
13:20à une brilette
13:22on faisait
13:23notre festival là
13:25puis on voyait
13:26les hélicoptères
13:28bombardés tout autour
13:29etc
13:29on a eu pas mal
13:30de problèmes
13:31de ce genre là
13:32mais maintenant
13:34les autorités
13:36ont compris
13:37que notre festival
13:38pouvait
13:39ne pouvaient
13:40je veux dire
13:41il ne fallait pas trop
13:42le coincer
13:43quoi
13:44donc à partir
13:45des gaz à faim
13:48on s'est rendu compte
13:49qu'il y a eu
13:51une évolution
13:52dans l'organisation
13:54des villages
13:57un développement
13:58de l'organisation
14:02à la fois économique
14:04culturelle
14:05et autres
14:05etc
14:05des villages
14:07les gens ont compris
14:08qu'il fallait
14:09ne pas attendre
14:10que ça vienne d'ailleurs
14:11il fallait qu'ils s'organisent
14:12et c'était très fort
14:13nous sommes arrivés
14:14maintenant
14:14le dernier festival
14:16qu'on a eu
14:17à Sahel
14:17l'année dernière
14:18avec 2000 participants
14:20non 2000
14:22je parle de ceux
14:24qui fréquentent
14:24le public
14:262000 visiteurs
14:27par jour
14:27pendant une semaine
14:312000
14:31alors
14:32et avec
14:32un espace
14:34pour les conférences
14:35des espaces
14:36pour eux
14:37nous avions
14:38des groupes
14:39de jeunes
14:39venus de tout le pays
14:40de tout le pays
14:42d'Aitmojan
14:43Velabes
14:44Saïda
14:44de Hordaya
14:46à la fois
14:48des plasticiens
14:49des musiciens
14:50qui ont
14:50occupé
14:52tout le lieu
14:52ils ont fait vivre
14:54le village
14:55de façon intense
14:56et il y avait aussi
14:58une organisation
14:58forte
14:59à la fois
15:00de notre comité
15:02de Racontard
15:03et ceux du village
15:04même
15:04des jeunes
15:05des volontaires
15:06vous savez
15:06que pour
15:08assurer la circulation
15:11assurer la nourriture
15:12et tout le reste
15:14je veux dire
15:14qu'il y a eu
15:16un travail
15:17et puis en même temps
15:18avec dans la joie
15:19le sourire
15:19les gens pouvaient
15:21circuler
15:21chanter
15:22jusqu'à une heure
15:23du matin
15:24sept heures
15:25très très tard
15:26des passagers
15:27jusqu'à sept heures
15:28du matin
15:29nous on était fatigué
15:31les gens ne voulaient pas
15:32quitter le village
15:33ça c'était
15:35comme ça
15:35donc
15:36et on a eu
15:37l'année dernière
15:38on a eu
15:38en plus
15:40on a eu
15:40une grande délégation
15:41de Nouvelle Calédonie
15:43qui a un très grand lien
15:45avec la Kabylie
15:46je veux dire
15:47du point de vue historique
15:47on sait que
15:48dans le passé
15:50il y a eu pas mal
15:50de déportés
15:51de l'époque
15:53début de la colonisation
15:55beaucoup de déportés
15:56de Kabylie
15:57en Nouvelle Calédonie
15:58donc il y a tout un groupe
15:59de kanak
16:00qui sont venus
16:00et des gens
16:01qui ont fait un travail
16:02extraordinaire
16:03parce que
16:03ce qu'il faut dire
16:04c'est que dans notre festival
16:05en dehors des participations
16:07dans les rues
16:08en dehors des conférences
16:10en dehors des concerts
16:11et autres
16:12il y a des ateliers
16:15des ateliers
16:16en direction des jeunes
16:17et des adolescents
16:18un atelier
16:19clown
16:20un atelier
16:20échasse
16:21un atelier chant
16:22etc
16:22et tous les gens
16:23qui viennent proposer
16:24des ateliers
16:24comme les kanaks
16:25enfin un atelier chant
16:26kanak
16:27et des groupes
16:28de Marseille
16:28pareil etc
16:29un travail extraordinaire
16:32en direction des jeunes
16:33et ça c'est terminé
16:35avec une démonstration
16:36formidable
16:37alors voilà
16:38bon
16:38quand on me dit
16:40tu vas prendre
16:41on doit dire deux mots
16:42moi je dis non
16:42c'est difficile
16:43de dire deux mots
16:43je ne peux pas parler
16:45étant donné qu'on n'a pas présenté
16:47on devait présenter un film
16:49un documentaire
16:50sur un des
16:53le festival
16:53à
16:54à
16:55qui aurait mieux dit
16:57que mes paroles
16:58cette histoire là
16:59donc moi
17:00on ne peut pas parler
17:02de racontard
17:03sans préciser
17:04certaines choses
17:05voilà
17:05alors ce que je peux dire
17:07c'est que nous avons
17:07on a pu voir
17:08dans notre festival
17:10depuis les années
17:11on a pu voir
17:12les jeunes
17:13qui venaient
17:13qui venaient
17:14s'imposer
17:15s'imposer
17:16dans notre
17:16dans notre
17:18dans notre
17:18dans notre festival
17:19ce besoin
17:20de liberté
17:21ce besoin
17:22d'envie
17:22de dire des choses
17:23ce besoin
17:24fort
17:24de s'exprimer
17:26et donc
17:26on a eu
17:27l'année dernière
17:28ça a été
17:29l'apothéose
17:30vraiment l'apothéose
17:31il fallait voir
17:31comment
17:32les jeunes
17:33qui ont envahi
17:33les lieux
17:34venus de partout
17:35et ça
17:35je veux dire
17:36que nous
17:37on avait senti
17:38venir les choses
17:39dans le festival
17:40on avait senti
17:41que
17:41il y a des générations
17:43qui allaient bouger
17:44on le savait ça
17:45on le savait
17:46voilà
17:47merci Denis
17:48merci
17:49alors
17:52et peut-être
17:53pour en savoir plus
17:55alors on va
17:55on va essayer
17:57de projeter
17:58le documentaire
17:58plus tard
17:59pour ceux qui sont
18:00intéressés
18:01et sans doute
18:02vous pouvez aussi
18:03en savoir plus
18:03il y a une
18:05page facebook
18:05de racontard
18:07et il y a aussi
18:08un site
18:09et donc voilà
18:11et puis on aura
18:11l'occasion
18:13sans doute
18:14d'en reparler
18:15alors
18:15aujourd'hui
18:17en Algérie
18:18c'était le 30ème
18:19le 30ème vendredi
18:22de la révolution
18:23en marche
18:24le 30ème
18:25depuis le 22 février
18:27ce jour
18:28où les algériennes
18:29et les algériens
18:29ont commencé
18:30à écrire
18:30une nouvelle page
18:31de leur histoire
18:33alors la mobilisation
18:34ne fléchit pas
18:36malgré les manœuvres
18:37du pouvoir
18:38et aujourd'hui
18:38on a une pensée
18:39très forte
18:40particulière
18:40pour Karim Tabou
18:42qui est un militant
18:44démocrate de l'UDS
18:45qui a été arrêté
18:46et pour tous les autres
18:48détenus d'opinion
18:51et donc je voulais
18:52je voudrais tout de suite
18:53demander
18:56à Yanis
18:57à Yanis Adjliya
18:59qui est du mouvement
18:59des brassards rouges
19:00de Béjaya
19:01on a envie de lui demander
19:03plein de choses
19:03bien sûr
19:04de nous dire
19:05où on en est
19:06aujourd'hui
19:06comment se fait-il
19:07que cette mobilisation
19:08ne fléchit pas
19:09au contraire
19:11où on en est
19:12et qu'ils nous en disent
19:13justement
19:14peut-être un peu plus
19:15sur effectivement
19:16les brassards rouges
19:17qu'est-ce que c'est
19:18comment c'est né
19:19donc c'est vrai
19:20que le temps
19:20le temps de parole
19:22est un peu court
19:23mais voilà
19:24on va te solliciter
19:25on en profite
19:26parce que tu viens
19:27directement de là-bas
19:28tu es un des acteurs
19:29de ce hérac
19:31du mouvement
19:32donc voilà
19:33écoute à toi la parole
19:34regarde prends ce micro
19:35tu me dis si ça marche
19:36sinon je te donne celui-là
19:39un deux
19:40on va essayer de ne pas faire
19:42de la scène
19:51bonjour tout le monde
19:51c'est un honneur
19:53d'être ici
19:54parmi vous aujourd'hui
19:56ça fait vraiment plaisir
19:57de voir des gens
19:58lutter pour leurs idéaux
19:59tels que vous
20:00donc c'est un plaisir
20:02d'être ici aujourd'hui
20:03donc voilà
20:04ça fait deux jours
20:05que je suis venu d'Algérie
20:06plus précisément
20:07de Béjaïa
20:08donc c'est une région
20:09Kabylie
20:11effectivement aujourd'hui
20:12j'aurais aimé marcher
20:14à Béjaïa
20:15c'est le 30ème vendredi
20:16donc de la révolution
20:18du sourire
20:19nous on l'appelle
20:19la révolution du sourire
20:20et non le hérac
20:22la révolution du sourire
20:24voilà
20:24donc parce que c'est
20:25une révolution
20:25non seulement pacifique
20:27mais aussi
20:29dans une ambiance
20:30bon enfant
20:30voilà
20:31il y a
20:32nous en Algérie
20:33on a une certaine façon
20:34on avait
20:35une certaine façon
20:37de manifester
20:38comme les Gilets jaunes
20:41maintenant on peut le dire
20:42on avait une certaine façon
20:43de manifester
20:44mais maintenant
20:45le peuple est conscient
20:47que la violence
20:49et tout ce qui est
20:51tout ce qui est violence
20:53ne peut engendrer
20:55que violence
20:55et le pouvoir algérien
20:57parmi tous les
20:58les pouvoirs oppresseurs
21:00se nourrissent
21:01justement de la violence
21:02et c'est pour ça
21:03qu'on appelle
21:03notre révolution
21:04la révolution du sourire
21:05c'est pour justement
21:07c'est grâce à ça
21:08qu'on tient
21:09c'est le septième mois déjà
21:10le septième mois
21:11et le trentième vendredi
21:12il faut dire aussi
21:13que la révolution du sourire
21:14n'a pas démarré
21:15le 22 février
21:16comme tout le monde le pense
21:17mais c'était le 16 février
21:19à Harata
21:20donc Harata
21:21c'est une région
21:22en Kabylie
21:22plus précisément
21:24à Béjaya
21:24donc des milliers
21:26de personnes
21:27d'hommes et de femmes
21:28sont sortis
21:28manifestés
21:29contre
21:30non seulement
21:31le cinquième mandat
21:32parce qu'il s'agissait
21:33d'un cinquième mandat
21:34de Bouteflika
21:36donc le dernier
21:37l'avant-dernier
21:38l'un des tyrans
21:39en Algérie
21:41donc après 20 ans
21:4220 ans de règne
21:4320 ans où il avait
21:45il a pu constitutionnaliser
21:46malheureusement
21:47la corruption
21:47donc le peuple
21:49le peuple algérien
21:51et à travers la région
21:52d'Ahrata
21:52s'est mobilisé
21:54pour montrer
21:55quoi qu'on ne voulait plus
21:57ni de cinquième mandat
21:58ni qu'on rejetait carrément
21:59le système
21:59donc il y a eu
22:00la manifestation
22:01d'Ahrata
22:01le 16 février
22:02et je pense qu'il a pu
22:03donner naissance
22:04aux manifestations
22:05du 22 février
22:06et ce qui est beau
22:07avec la manifestation
22:08du 22 février
22:09que ça s'est passé
22:10quasiment dans
22:11toutes les wilayas du pays
22:12donc l'Algérie
22:13qui compte 48 wilayas
22:15donc quasiment
22:16c'était la majorité
22:17des wilayas
22:17qui sont soulevés
22:18insurgés
22:19contre le régime
22:20en place
22:20le régime Bouteflika
22:21et après
22:23elle s'est insurgée
22:24contre tout le système
22:26le système
22:26depuis 62 jusqu'à aujourd'hui
22:2862
22:29donc c'est la date
22:30d'une indépendance
22:31qui a été malheureusement
22:32confisquée
22:33donc voilà
22:35c'est la beauté
22:36de la révolution
22:36du sourire
22:377 mois
22:38de résistance
22:40et le peuple
22:41qui est vraiment
22:42très très conscient
22:43à travers les 40
22:44wilayas du pays
22:45il sait ce qu'il veut
22:45et il sait ce qu'il ne veut pas
22:46malgré qu'il y a
22:48une très grande tyrannie
22:49surtout
22:49ces dernières semaines
22:51où le général-major
22:52Gaït Salah
22:53pour ne pas le citer
22:55est en train
22:56de dire clairement
22:57au monde entier
22:58même
22:58que l'Algérie
22:59est sous un régime
23:01militaire
23:01même si ça l'a toujours été
23:03ça l'a toujours été
23:04mais ce n'est plus
23:04un secret de polichinelle
23:06mais aujourd'hui
23:06c'est
23:07voilà
23:08je suis là
23:09et
23:10comme il dit
23:12et aujourd'hui
23:13je suis vraiment triste
23:14de ne pas avoir pu marcher
23:16au 30ème vendredi
23:17surtout que
23:18d'autant plus
23:18que j'ai vu des vidéos
23:19et des photos
23:20où il y avait des millions
23:21d'Algériens
23:22et d'Algériennes
23:23qui ont marché
23:24aujourd'hui
23:25c'était une réponse
23:26à la répression
23:27non seulement
23:28de M. Tabou
23:29mais d'autres militants
23:30il n'y a pas
23:30uniquement M. Tabou
23:31qui est emprisonné
23:32malheureusement
23:33il y a des dizaines
23:34et des dizaines
23:34d'autres militants
23:35qui sont emprisonnés
23:37il y a une soixantaine
23:38de militants
23:39qui ont été embarqués
23:40à cause du port
23:41du Darapourg à Mésir
23:42donc
23:43comme vous le savez
23:44l'Algérie
23:45la Bafl'Afrique du Nord
23:46est un territoire
23:47à Mésir
23:47et en Algérie
23:49il y a aussi
23:50en tant qu'Algérien
23:51aussi
23:51on nous sommes à Mésir
23:52donc ils ont été embarqués
23:55à cause du port
23:55d'un drapeau
23:56un drapeau à Mésir
23:57il y a des jeunes filles
23:58qui ont été embarqués
23:59à cause d'un t-shirt
24:00avec des couleurs
24:01du drapeau à Mésir
24:02d'autres personnes
24:03qui ont été embarquées
24:04à cause des pins
24:05des petits pins
24:06sous forme à Mésir
24:07ils ont été embarqués
24:08donc ça c'est
24:09la politique du général-major
24:11c'est divisé pour mieux régner
24:13il a bien appris
24:14de ses maîtres
24:15voilà
24:17donc c'est ça
24:18divisé pour mieux régner
24:21et c'est pour ça
24:22qu'il y a plusieurs collectifs
24:24en Algérie
24:25qui demandent
24:25non seulement
24:25la libération
24:26des détenus d'opinion
24:27mais ce qui est beau
24:28ce qui est vraiment beau
24:29c'est que les détenus eux-mêmes
24:30savent pourquoi
24:31ils sont emprisonnés
24:32ils ont une certaine détermination
24:33à chaque fois
24:34que l'un des détenus
24:35sort de prison
24:36il a encore plus la rage
24:38pour continuer le combat
24:39et c'est ce qui est beau
24:40donc toujours pacifique
24:41toujours pacifique
24:43il raconte son histoire
24:44en prison
24:44il raconte
24:45qu'en quoi il est convaincu
24:46que le pouvoir
24:47joue sur la carte
24:48de la division
24:48et ce qui est aussi
24:50encore plus beau
24:51c'est que les autres régions
24:52du pays
24:52donc les régions dites
24:54arabophones
24:54et les régions d'autres
24:56ethnies
24:56sont solidaires
24:57avec cette communauté
24:58justement
24:59qui prend le drapeau
25:00à Mazir
25:00qui est l'étendard à Mazir
25:02et c'est ce qui est
25:03c'est ce qui fait
25:04la beauté
25:04de cette révolution
25:05du sourire
25:06c'est l'union
25:07du peuple algérien
25:07parce qu'il faut le savoir
25:08que le peuple algérien
25:11c'est en réalité
25:12c'est plusieurs régions
25:13c'est plusieurs régions
25:14et c'est à travers
25:16cette diversité
25:17qui fait la beauté
25:18de cette Algérie
25:19il y a les Kabyles
25:20il y a les Chahouils
25:21il y a les Mzab
25:22il y a les Touareg
25:23elle est vraiment
25:25diversifiée
25:25cette belle Algérie
25:26bon je ne dis pas
25:27belle Algérie
25:28parce que je suis algérien
25:28parce que c'est la réalité
25:30donc voilà
25:31et c'est aussi
25:32c'est sa force aussi
25:34c'est sa diversité
25:34la force
25:35et le peuple algérien
25:35il l'a compris
25:37parce que le pouvoir
25:38il est dans son rôle
25:39d'opprimer
25:39de réprimer
25:40il est dans son rôle
25:41le peuple algérien
25:43compris c'est à travers
25:43l'union
25:44et à travers l'union
25:45qu'on pouvait lutter
25:46contre ce gouvernement
25:47à travers
25:47plusieurs clans
25:49parce que les clans
25:50quand il s'agit
25:51d'intérêts
25:51quand il s'agit
25:52de lobbies
25:53quand il s'agit
25:53d'intérêts
25:53ils s'unissent entre eux
25:55le peuple algérien
25:55il a compris
25:56qu'il fallait s'unir
25:57pour pouvoir
25:59écraser ce système
26:00changer de système
26:01par exemple
26:02chez nous
26:02en Kabylie
26:02on l'a déjà essayé
26:03en 2001
26:04je pense que vous connaissez
26:05pour la plupart
26:06vous connaissez
26:07les événements
26:08du printemps noir
26:09en 2001
26:09il y a eu 128 jeunes
26:11assassinés par l'armée
26:12par le pouvoir algérien
26:14donc c'est quasiment
26:15la même révolution
26:16c'est toujours
26:17les mêmes mots d'ordre
26:19la liberté
26:20la démocratie
26:20la laïcité
26:21tout
26:22voilà
26:22pour une Algérie progressiste
26:24pour une Algérie meilleure
26:25une démocratie
26:26majeure
26:27comme l'a dit
26:27notre regretté
26:28Mathieu Blounès
26:29donc voilà
26:30c'est la continuité
26:31mais ce qui a changé
26:32maintenant c'est 48 wilayah
26:34c'est tout le peuple algérien
26:35pas uniquement une région
26:37et c'est ce qui fait aussi
26:38la beauté de cette révolution
26:39du sourire
26:40parce que le terme
26:41Herak
26:41quand vous dites Herak
26:42ça veut dire
26:43vous amendrez
26:45Herak c'est
26:46c'est pas moi
26:47c'est mouvement
26:48voilà
26:48Herak c'est mouvement
26:49c'est
26:50ça amoindrait un petit peu
26:51de la beauté
26:53parce que nous sommes
26:54dans un processus révolutionnaire
26:55nous sommes dans une révolution
26:56il faut le dire
26:57parce que ce qui s'est passé
26:58du 16 février
26:59ou du 22 février
27:00jusqu'à aujourd'hui
27:01c'est exceptionnel
27:02quand vous voyez
27:03que les Algériens
27:05rejettent
27:06parce que vous savez
27:07nous on a des mosquées
27:08et à travers les mosquées
27:09il y a la prêche du vendredi
27:11et chaque vendredi
27:12il y a les imams
27:12qui lisent
27:13ce que le pouvoir
27:14leur dit de lire
27:15donc ils leur dictent
27:17chaque vendredi
27:18ils leur donnent
27:18des copies
27:19voilà ce qu'il faut dire
27:19en mosquée
27:20et bien le 22 février
27:22il y a beaucoup
27:23de croyants
27:23des gens qui font la prière
27:25et bien
27:26ils sont sortis de la mosquée
27:27parce que les imams
27:28leur disaient
27:30ils leur interdisaient
27:31de faire la marche
27:32ils savaient qu'il y avait
27:32une marche le 22 février
27:33là où ça a commencé
27:35pour les 48 wilayah
27:36et bien il y a eu des gens
27:37qui sont sortis des mosquées
27:39pour dire à l'imam
27:41on ne veut pas
27:42de cet islam politique
27:43donc c'est révolutionnaire
27:44depuis 62 jusqu'aujourd'hui
27:45ça ne s'est jamais passé
27:47donc c'est révolutionnaire
27:48la femme algérienne aussi
27:49la femme algérienne aussi
27:51elle est en train
27:52de se battre
27:52pour ses droits aussi
27:53et en masse
27:54pas uniquement au Kabyli
27:55c'est à travers toute l'Algérie
27:56c'est aussi
27:56c'est révolutionnaire aussi
27:58parce que vous savez
27:59tous en Algérie
27:59il y a aussi la femme
28:00qui est vraiment
28:02persécutée par le régime
28:04et par les effets aussi
28:06du régime
28:06parce qu'il ne faut pas aussi
28:07blâmer le peuple
28:08mais nous sommes
28:09malheureusement victimes
28:10victimes d'un système éducatif
28:11victimes d'un abrutissement
28:13excusez-moi pour le terme
28:14de ce pouvoir
28:16qui se maintient
28:16grâce à ça
28:17son obscurantisme
28:18qui se maintient
28:19grâce à l'ignorance
28:21et à travers maintenant
28:22les réseaux sociaux
28:23à travers le Facebook
28:24les directs
28:24on a pu comprendre
28:25on a pu s'ouvrir au monde
28:27et voir les peuples
28:28qui luttent pacifiquement
28:30et voir la diversité
28:31con quoi c'était en force
28:33et c'est grâce à ça
28:34qu'on a pu se construire
28:35et on est en train
28:36de se construire
28:37quand je dis ça
28:38je parle du peuple algérien
28:40il est en train
28:40vraiment de se construire
28:41à travers ces 7 mois
28:43de contestation
28:45donc populaire
28:45il se construit
28:46à travers les marches
28:47voilà
28:48à travers les marches
28:49il se document
28:49on essaie maintenant
28:51les autres wilayah du pays
28:53par exemple
28:53vous avez des autres wilayah
28:54par exemple
28:55à Al-Bord
28:56ou des wilayah
28:57à la wilayah de Béjaïa
28:58ils viennent manifester
28:59avec nous
28:59les gens de Béjaïa
29:01vont manifester à Alger
29:02et ainsi de suite
29:03il y a des échanges
29:04et on réapprend
29:05à se connaître
29:06donc les algériens
29:07ils sont en train
29:08de réapprendre
29:09à se connaître
29:09on dort des clichés
29:10on dort tout ce que
29:11le pouvoir algérien
29:12a tenté de faire
29:13pour justement
29:15nous diviser
29:15diviser pour mieux régner
29:17donc le peuple algérien
29:18commence à se connaître
29:21on commence à se connaître
29:21et à s'accepter
29:22ce qui est très important
29:24c'est de s'accepter
29:24parce que l'Algérie
29:25c'est la diversité
29:27c'est plusieurs cultures
29:29c'est plusieurs traditions
29:30c'est plusieurs
29:31on a compris
29:32que c'était en force
29:32c'était une force
29:33pour nous justement
29:34ça c'était une force
29:36l'Algérie est un pays
29:37tel incontinent
29:39il a la taille d'un continent
29:40il fait 5 fois la France
29:42donc c'est ça
29:44c'est pour ça
29:45qu'il attise la convoitise
29:48que ce soit de l'Orient
29:50ou de l'Occident
29:50et malheureusement
29:51c'est notre malheur
29:52on se bat justement
29:53pour une Algérie algérienne
29:55malheureusement
29:55il y a des lobbies
29:56bon c'est le lobby
29:57qui dirige le monde
29:57mais aussi il y a l'Orient
29:59il y a l'Occident
30:00tel que le pouvoir
30:01le pouvoir français aussi
30:03par exemple
30:03qui a la main mise
30:04sur l'échec algérienne
30:06et ce n'est un secret
30:07pour personne
30:08pour nous c'est ça
30:09même il n'y a qu'à voir la presse
30:11la presse par exemple
30:12elle n'en parle plus
30:13avant
30:14c'est toujours
30:14des millions d'Algériens
30:15et d'Algériennes
30:16mais la presse internationale
30:17c'est personne qui n'en parle
30:18ou presque
30:19voilà
30:20et c'est malheureux
30:20c'est malheureux
30:21pour des événements
30:22de millions d'Algériens
30:23et d'Algériennes
30:24qui manifestent
30:24il n'y a aucune presse
30:26qui couvre les événements
30:27c'est malheureux
30:28on en a la presse locale
30:30mais elle sert le régime
30:31Algem maintenant
30:32c'est un régime militaire
30:34bon ça l'a toujours été
30:35maintenant c'est
30:36au vu au sud
30:37de tout le monde
30:37c'est l'heure de Pinochet
30:39qui est en train
30:40de se reproduire
30:41donc voilà
30:42la presse
30:43de Gayet Salah
30:44pour ne pas le citer
30:45elle fait son travail
30:46de propagande
30:46il y a aussi
30:47ce qu'on appelle
30:47les mouches électroniques
30:48les mouches électroniques
30:49donc c'est des gens
30:52comme ça
30:52qu'on paye
30:523000 à 5000 dinars
30:54la journée
30:54qu'est-ce qu'ils font
30:55leur travail
30:56c'est d'inonder la toile
30:57avec des fake news
31:00avec de la propagande
31:03voilà
31:03donc de la propagande
31:05pour Gayet Salah
31:06donc Gayet Salah
31:07c'est général
31:08l'état-major
31:09donc il y a des milliers
31:11des milliers
31:11de mouches électroniques
31:12qui font le travail
31:13ce travail-là
31:14travaille avec les réseaux sociaux
31:15après avoir
31:16mis la main
31:17sur la télévision nationale
31:18et sur les médias
31:19de propagande
31:20maintenant ils l'ont dit
31:22les réseaux sociaux
31:23mais la réalité
31:24elle est tout autre
31:24sur le terrain
31:26on a pu le voir
31:27heureusement qu'on a aussi
31:28nos directs
31:30nos Facebook
31:30nos comptes
31:31nos pages
31:32qui font un travail
31:33on espère
31:34on espère un avenir
31:35meilleur pour notre Algérie
31:36et que l'Orient
31:38et l'Occident
31:39se mêlent de ses affaires
31:40au lieu de se mêler
31:41des affaires des autres
31:42et qu'on puisse vivre
31:43en harmonie
31:43en toute humanité
31:45merci Yanis
31:46merci beaucoup
31:57pour une Algérie libre
31:58et démocratique
31:59c'est le thème
32:00de cette soirée
32:01de ce débat
32:01effectivement
32:02je vois que Yanis
32:03a dit beaucoup de choses
32:04et il a encore
32:06beaucoup de questions
32:07bien évidemment
32:08qu'on se pose
32:09on peut se demander
32:10bien sûr pourquoi
32:11après neuf mois
32:13en fait
32:147 mois
32:16voilà
32:16pourquoi on en est là
32:17pourquoi ça ne débouche pas encore
32:19enfin
32:20on est peut-être
32:21un peu impatients
32:22et pressés
32:22mais beaucoup de questions
32:23et moi je voulais
32:25Yanis
32:26tu as parlé
32:26du rôle des femmes
32:28bien évidemment
32:28les femmes
32:30dans ce mouvement là
32:31dans cette révolution
32:32du sourire
32:33comme tu l'as dit
32:34et je voudrais
32:35alors en profiter
32:37parce que
32:37Sarah Haider
32:38est avec nous
32:39elle est féministe
32:40elle est aussi
32:41romancière
32:42elle a écrit
32:43La morsure du coquelicot
32:46qui est un roman
32:47qui est sorti en 2018
32:49et elle avait aussi publié
32:50précédemment
32:51Virgule en trombe
32:53un premier récit
32:54qui a obtenu
32:55c'était en 2013
32:56qui a obtenu
32:57le prix des escales littéraires
32:58à Alger
32:59et je voudrais demander
33:02à Sarah
33:02puisque dans ce roman
33:04La morsure du coquelicot
33:06écrit en 2018
33:07c'est comme un roman
33:08d'anticipation
33:09en quelque sorte
33:11puisqu'elle parle
33:11effectivement
33:12de cette résistance
33:13des Algériennes
33:14et des Algériens
33:15au pouvoir
33:16et donc
33:17Sarah
33:18je vais te donner le micro
33:19et te demander
33:20un peu justement
33:21à la fois
33:22quelle est
33:23pour toi
33:25la fonction
33:26de l'écrivain
33:27aujourd'hui en Algérie
33:28on sait que
33:28on a eu beaucoup
33:29d'écrivains
33:30qui ont été d'avant-garde
33:32des lanceurs d'alerte
33:32et toi aussi
33:33tu l'es à ta façon
33:35alors en tant qu'écrivain
33:36et femme
33:37quel sens justement
33:39quelle est ta part
33:40dans ce mouvement
33:41et quel sens
33:42tu lui donnes
33:44Bonsoir tout le monde
33:45On m'entend ?
33:47C'est bon
33:49Bonsoir tout le monde
33:51En fait
33:52la morsure du coquelicot
33:53est sortie une première fois
33:55en Algérie
33:55en 2016
33:56chez Apic
33:58et il a été republié
33:59chez les éditions Blast
34:00en 2018
34:01en France
34:04Comme la plupart
34:05des femmes
34:06et des hommes
34:07en Algérie
34:08je sors depuis
34:09le 22 février
34:10parce que
34:10Il faut crier
34:13D'accord
34:15comme ça
34:15Ouais
34:15Je sors depuis
34:17le 22 février
34:19parce que je vis à Alger
34:20donc c'était
34:21ma première manif
34:22dans le cadre
34:22de ce mouvement
34:24Bien sûr
34:26c'était tout de suite
34:27l'enthousiasme
34:28l'émerveillement
34:29parce que
34:30les manifestations
34:32étaient interdites
34:33dans la capitale
34:34depuis 2001
34:36justement
34:36au lendemain
34:37du massacre
34:38du printemps noir
34:39par le régime
34:41et la gendarmerie
34:42de Bouteflika
34:43et il y avait
34:45des appels
34:46à la manifestation
34:49immédiatement
34:49après l'annonce
34:50d'un cinquième mandat
34:52pour ne pas vous mentir
34:54on n'était pas
34:54vraiment sûr
34:55que ça allait être
34:56la marée humaine
34:58que nous avons vue
34:58ce jour là
34:59donc oui
35:01la première réaction
35:02qui est tout à fait naturelle
35:03c'était l'émerveillement
35:04le bonheur
35:07et puis
35:08voilà
35:09cette envie
35:09de vivre
35:10ce moment révolutionnaire
35:13par la suite
35:14pendant plusieurs semaines
35:16il y a eu
35:18des victoires considérables
35:19qui se sont succédées
35:20notamment l'annulation
35:21du cinquième mandat
35:23puis la démission
35:24du président
35:26enfin du chef de l'état
35:29en tant qu'écrivaine
35:32surtout concernant
35:33la morsure du coquelicot
35:34on me pose souvent
35:36la question
35:37par rapport justement
35:39à cette corrélation
35:41qu'on pourrait établir
35:42entre ce que j'ai écrit
35:43en 2016
35:45et ce qui se passe
35:46aujourd'hui en Algérie
35:48je nuance un peu
35:49cette corrélation
35:50parce que dans mon roman
35:52il s'agit
35:53d'une lutte armée
35:54engagée par
35:56des groupes anarchistes
35:58contre un état
35:59dans un pays
36:00qui n'est pas forcément
36:01l'Algérie
36:01c'est-à-dire
36:02c'est-à-dire
36:03c'est assez
36:04comment dire
36:06libre
36:07en matière
36:08d'interprétation
36:09et de lecture
36:09du contexte
36:11géographique
36:12et temporel
36:12et ensuite
36:16il y a bien sûr
36:17cette soif
36:18de liberté
36:19cette soif
36:20de changement radical
36:20que je retrouve
36:22depuis le 22 février
36:23chez des centaines
36:26de milliers
36:26de personnes
36:27qui sortent
36:27chaque vendredi
36:28et chaque mardi
36:29pour les étudiants
36:30il y a
36:31cette envie
36:32d'en découdre
36:35cette résistance
36:36face à toutes
36:37les manœuvres
36:38du pouvoir
36:39face à la répression
36:40aussi
36:43et je pense
36:44que
36:44moi-même
36:46pour l'instant
36:47je ne suis pas sûre
36:48de pouvoir
36:49de pouvoir
36:51appeler cela
36:52révolution
36:53c'est certes
36:53un processus
36:55révolutionnaire
36:57mais
36:58il y a
36:58un tel
36:59un tel rapport
37:00de force
37:00qui s'est installé
37:01ces derniers mois
37:02contrairement
37:03aux premières semaines
37:04où les populations
37:05étaient vraiment
37:08avaient un rapport
37:09de force
37:10très favorable
37:10par rapport
37:11au pouvoir
37:12mais
37:13j'ai l'impression
37:14que
37:16il y a eu
37:17des moments
37:17où nous avons
37:18manqué
37:18un peu
37:19de vigilance
37:20où nous étions
37:21très concentrés
37:23sur cette
37:25plastique
37:25disons
37:26cette esthétique
37:26du mouvement
37:27du mouvement
37:28comme le décrit
37:29très bien
37:30Yanis
37:30donc
37:31cette révolution
37:32du sourire
37:33cette
37:33silmia
37:34qui serait
37:35quasiment
37:36miraculeuse
37:37parce que
37:37je ne sais pas
37:38on est censé
37:38être des barbares
37:39qui nous sommes
37:40civilisés
37:41d'un coup
37:41pour faire
37:42des manifs
37:42pacifiques
37:43alors que
37:43ce n'est pas
37:44du tout
37:44la première fois
37:45que des Algériens
37:46sortent
37:46de manière
37:47pacifique
37:48en 2001
37:49la marche
37:50du 14 juin
37:51justement
37:51était pacifique
37:53ce sont
37:54des milliers
37:55des dizaines
37:56de milliers
37:56de personnes
37:57qui ont marché
37:58et ça n'a pas
38:00empêché le pouvoir
38:01de leur tirer dessus
38:02donc
38:04le côté
38:05non violent
38:05des manifs
38:07n'est pas
38:07vraiment
38:08inédit
38:09et
38:10on a vécu
38:11ce moment
38:13comme étant
38:14aussi
38:15une occasion
38:17d'une
38:20réappropriation
38:21de l'estime
38:21de soi
38:22justement
38:22parce que
38:22nous avons
38:23tellement été
38:23humiliés
38:25méprisés
38:27rabaissés
38:28par le pouvoir
38:29ces relais
38:30par
38:32notre
38:32propre regard
38:33parfois
38:34sur nous-mêmes
38:35que vivre
38:36ce soulèvement
38:37vivre cette capacité
38:38de refuser
38:39de se soulever
38:41de désobéir
38:42était
38:43d'abord
38:46récupérer
38:47non seulement
38:47notre dignité
38:48mais notre amour
38:49de nous-mêmes
38:50et de l'autre
38:51de l'autre
38:51Algérien
38:51je veux dire
38:53ça nous a permis
38:54de nous rencontrer
38:55de nous connaître
38:57de nous découvrir
38:58parfois
39:01tout cela
39:02bien sûr
39:02fait partie
39:03de la beauté
39:03de ce mouvement
39:05de son côté
39:07véritablement
39:08révolutionnaire
39:09dans ce sens là
39:09mais politiquement
39:11justement
39:12vu le verrouillage
39:13et le massacre
39:14politique
39:14opéré par
39:15Boutefléka
39:15depuis son arrivée
39:17nous avons
39:19nous avons
39:19disons
39:19perdu
39:22nous avons perdu
39:25l'expérience
39:27disons
39:28dans la
39:29manif politique
39:30c'est
39:31c'est une espèce
39:32de
39:33on a été
39:33ankylosé
39:34par
39:35par cette
39:36paralysie
39:36et cette
39:37ce paysage
39:39politique
39:39complètement
39:39piégé
39:40et
39:41anesthésié
39:43par le régime
39:43Boutefléka
39:45que nous
39:46nous sommes
39:46vraiment
39:46concentrés
39:47justement
39:47sur
39:48ce pacifisme
39:51dogmatique
39:52ce qui nous a
39:53empêché
39:53de voir
39:54les dangers
39:54à venir
39:55c'est à dire
39:55ce pouvoir
39:57ce nouveau pouvoir
39:58qui s'installe
39:59qui serait peut-être
40:00pire que le précédent
40:01parce que c'est
40:02un pouvoir militaire
40:03qui s'affirme
40:04comme tel
40:04et qui s'assume
40:05comme tel
40:07et ça nous a
40:09aussi
40:10poussé
40:10vers des
40:11dissensions
40:12que je trouve
40:13quand même
40:13dramatique
40:13parce que
40:15contrairement aux
40:15premières semaines
40:16où nous étions
40:17dans une cohésion
40:18totale
40:19cohésion ne veut pas
40:20dire une unité
40:21qui efface les
40:22reliefs
40:22et les diversités
40:24mais une cohésion
40:25dans le sens
40:25où nous avons
40:26un ennemi commun
40:27et nous allons
40:29lutter ensemble
40:29pour
40:32le faire partir
40:34il y a eu
40:35certaines dissensions
40:37qui sont plutôt
40:37liées
40:38à
40:39des
40:40considérations
40:41purement
40:42sociales
40:42je veux parler
40:43des violences
40:44policières
40:44qui existent
40:46depuis le 22 février
40:49contrairement aux images
40:50d'épinales
40:51que vous
40:52notamment
40:52vous avez vu
40:54sur vos télés
40:56et je parle aussi
40:57de la riposte
40:58des jeunes
41:00des quartiers populaires
41:01qui ne voulaient pas
41:02se laisser taper dessus
41:03parce que eux
41:04contrairement à beaucoup
41:05qui sont
41:06sortis
41:07pour la première fois
41:08le 22 février
41:09pour la première fois
41:10de leur vie
41:11je veux dire
41:12contrairement à cela
41:13ces jeunes des quartiers
41:14populaires
41:15savent ce qu'est
41:16ce que sont
41:16les violences policières
41:17et
41:19cette révolution
41:20devait aussi
41:21leur profiter
41:22dans le sens
41:23où on devait
41:23les défendre
41:24face à ces
41:25à cette machine
41:27de répression
41:27qui les ciblait
41:31spécialement eux
41:31c'est à dire
41:32c'était vraiment
41:33une répression
41:34politique
41:35mais une répression
41:36de classe aussi
41:37parce qu'ils avaient
41:38l'habitude
41:38de se faire matraquer
41:40sous n'importe quel
41:40prétexte
41:41dans les stades
41:42dans la rue
41:43de se faire emprisonner
41:44pour trois fois rien
41:46et c'était l'occasion
41:47pour eux
41:48justement de profiter
41:49de cette mobilisation
41:50massive
41:52pour cesser
41:53de se faire taper dessus
41:54et pour résister
41:55à ces violences
41:56malheureusement
41:57la solidarité
41:58n'était pas toujours
41:59au rendez-vous
42:01justement
42:02ce dogmatisme
42:03pacifique
42:03a fait
42:05a poussé
42:07beaucoup
42:08de manifestants
42:10à rejeter
42:11à stigmatiser
42:12ces jeunes
42:13des quartiers
42:14à la limite
42:15il y avait des voix
42:15qui leur demandaient
42:16de rentrer
42:17dans leur ghetto
42:17et de ne plus
42:18participer aux manifs
42:19parce que ça gâchait
42:20l'ambiance
42:20comme si une manif
42:22était censée être
42:22une fête
42:24on leur imposait
42:26des règles
42:29du bon manifestant
42:30en disant
42:31j'entends
42:31le manifestant
42:32qui ne dérange personne
42:33même pas le pouvoir
42:34donc
42:36et petit à petit
42:38il y avait
42:39une espèce
42:40de système
42:40de classe
42:41qui s'est installé
42:41au sein même
42:42du mouvement
42:42qui était vraiment désolant
42:44et
42:46et ces personnes là
42:47n'ont pas voulu voir
42:49les violences policières
42:50jusqu'au jour
42:51où un jeune de 23 ans
42:52est mort
42:53sous les coups de matraque
42:54de la police
42:55c'est là
42:56que tout le monde
42:57s'éveille
42:57aux violences policières
42:58mais sans pour autant
42:59justement remettre
43:00en cause
43:01cette doctrine
43:04très rigide
43:05d'une
43:06d'une silmia
43:07qui
43:08qui nous pousse
43:10souvent
43:10à
43:11à nous soumettre
43:12finalement
43:13au désidérata
43:14de la police
43:14ça veut dire que
43:15ce sont les
43:16les forces de répression
43:17qui nous
43:18qui nous imposent
43:20les parcours
43:20que nous devons
43:21emprunter
43:22ce sont les forces
43:23de répression
43:24qui tracent
43:25ces parcours là
43:26qui ne s'empêchent pas
43:27de barricader
43:29des chemins
43:31des passages
43:31des boulevards
43:32symboliques
43:33et
43:36stratégiques
43:36disons
43:36pour la manifestation
43:37et
43:39contre tout cela
43:40il n'y a malheureusement
43:41aucune résistance
43:42justement
43:42parce que
43:43il ne faut pas
43:44provoquer la police
43:45il ne faut pas
43:46chercher plus d'espace
43:47et il faut rester
43:49dans ce petit espace
43:50très très exigu
43:51qu'il nous impose
43:52donc c'est un regard
43:53plutôt mitigé
43:54que je porte
43:55je l'avoue
43:55mais je ne reste pas
43:57moins
43:58comment dire
43:59confiante
44:00en ce processus
44:02révolutionnaire
44:03en espérant
44:03justement
44:04qu'il récupère
44:05le rapport
44:05de force
44:06du début
44:07et qu'il
44:10enrichit
44:10ses modes
44:11d'action
44:12et de protestation
44:13voilà
44:13merci
44:14merci Sarah
44:19alors
44:23effectivement
44:24le témoignage
44:25de Sarah
44:25est extrêmement
44:26intéressant
44:26et on voit
44:27qu'effectivement
44:28en rapport
44:29à celui
44:31de Yanis
44:32il y a vraiment
44:33débat
44:33et peut-être
44:34que ce qu'a dit Sarah
44:35c'est peut-être
44:36qui explique en partie
44:37ce sentiment
44:38que certains
44:39peuvent avoir
44:40de blocage
44:41entre guillemets
44:42aujourd'hui
44:44en Algérie
44:45sept mois après
44:46ce mouvement
44:48pacifique
44:48effectivement
44:51qui pour le moment
44:52ne semble pas
44:53déboucher
44:54je dis bien
44:54ne semble pas
44:55parce qu'il y a
44:56beaucoup de choses
44:56qui se passent
44:57et Rosa
44:58Rosa Moussaoui
44:59San Hadja
45:00entre autres sont là
45:00j'espère pour nous
45:02éclairer un peu plus
45:03à ce sujet
45:05je voudrais
45:06un peu comme
45:07Sarah
45:07elle est donc
45:09écrivaine
45:10lanceuse d'alerte
45:11demander alors
45:13m'adresse à Malek
45:14Ben Smaïl
45:17qui est réalisateur
45:19de documentaires
45:20très connus
45:22qui ont eu
45:22beaucoup de prix
45:23je vais vous en citer
45:24quelques-uns
45:24vous connaissez peut-être
45:27alors
45:27Aliénation
45:28Boudiaf
45:29un espoir assassiné
45:30la Chine
45:31est encore loin
45:32contre-pouvoir
45:33qui était sur la campagne
45:35présidentielle
45:36une des campagnes
45:36présidentielles
45:37de Bouteflika
45:38et le dernier en date
45:40la bataille d'Alger
45:40un film dans l'histoire
45:42Malek Ben Smaïl
45:43a écrit le scénario
45:45de Meursault
45:46contre enquête
45:46adaptation du livre
45:48de Kamel Daoud
45:48et ce sont
45:50des films
45:51qui scannent
45:53au plus près
45:54vraiment
45:55l'histoire
45:56immédiate
45:57l'histoire contemporaine
45:58de l'Algérie
45:59alors je voudrais
46:01demander à Malek
46:03lui qui est vraiment
46:04un fin observateur
46:06s'il devait scanner
46:07ce qui se passe aujourd'hui
46:09avec le mouvement
46:11tu ferais quoi
46:12tu dirais quoi
46:12vraiment en résumé
46:14essayez d'être plus bref
46:15s'il vous plaît
46:16pour qu'on puisse avoir
46:18tout à l'heure
46:18un échange
46:19avec le public
46:20merci
46:21bonjour
46:22salam alaikum
46:23en tout cas
46:23ravi que vous soyez
46:24tous là
46:26quand on m'avait invité
46:27j'avais pas
46:28bon j'ai dit
46:29mais qu'est-ce que je peux dire
46:30parce que
46:32à la fois
46:32c'est un mouvement
46:33que j'accompagne
46:34bien évidemment
46:35c'est un mouvement
46:36qui est en moi
46:38depuis
46:39très très longtemps
46:41je pense qu'il y a
46:44une réalité algérienne
46:45qu'il faut peut-être
46:46mettre en perspective
46:47de par
46:48je pense
46:49l'aspect historique
46:50de notre pays
46:53je pense que le corps
46:55algérien
46:56le corpus
46:57dans le sens
46:58plus large
46:59du terme
47:00c'est un corps
47:01qui a été tellement
47:02humilié
47:03pendant la colonisation
47:04qui a été
47:05tellement enseveli
47:06massacré
47:07et qui tout au long
47:09de
47:09à la fois
47:10d'une colonisation
47:11je dirais
47:12de 130 années
47:13de 8 années de guerre
47:15qui ont été
47:168 années de guerre
47:16effroyables
47:17que ça soit
47:18une guerre
47:18bien sûr
47:19franco-algérienne
47:20mais aussi
47:20une guerre
47:21fratricide
47:22puisque nous avons eu
47:22une guerre fratricide
47:23donc il y a eu
47:24des violences
47:26il y a eu
47:26une indépendance
47:28extraordinaire
47:29et peut-être
47:30qu'il y a eu
47:30juste après
47:30ce qu'on appelle
47:31une frustration
47:32alors pour rappel
47:33on a eu aussi
47:35en 62
47:36c'est bien
47:37ça suffit
47:39ça a été une guerre
47:39du pouvoir
47:40il y a eu
47:41un coup d'état
47:42ce coup d'état
47:43a permis
47:43à Beaumédienne
47:44de mettre en place
47:45aussi
47:46de par le conseil
47:47de la révolution
47:48etc
47:49le principe
47:50de la sécurité
47:50militaire
47:51et probablement
47:52d'un certain nombre
47:53pas probablement
47:53sûrement
47:54d'un certain nombre
47:55de tortures
47:56et d'éliminations
47:59tout ça fait que
48:00tout au long
48:01de ces années
48:02jusqu'à
48:03jusqu'à la décennie noire
48:05que vous connaissez tous
48:06on est arrivé
48:07à plus de 200 000 morts
48:08avec 100 000 disparus
48:09etc
48:09c'est un pays
48:10comme ça
48:11qui a été balotté
48:12énormément
48:12dans des questions
48:14extrêmement violentes
48:15et des questions
48:16du rapport au corps
48:17ce qui arrive aujourd'hui
48:18c'est probablement
48:19que le corps algérien
48:20a envie de renaître
48:22a envie simplement
48:23d'éclater
48:25d'envie de danser
48:27a envie d'exprimer
48:28son humour
48:28Dieu sait
48:29et vous le savez très bien
48:30que l'humour algérien
48:31est extraordinaire
48:32il a envie de crier
48:34c'est un cri du peuple
48:36véritablement
48:36mais qui a été
48:37tellement enfui
48:38depuis la colonisation
48:39et vraiment
48:40que là
48:41il y a quelque chose
48:41qui se passe
48:42qui est beaucoup plus profond
48:43que simplement
48:44une simple révolution
48:45contre un régime
48:46pour moi
48:47à mon sens
48:48il y a ce qu'on appelle
48:49des idéologies
48:50qui ont été tellement
48:52imposées
48:53dans l'endoctrinement
48:54même du système
48:55éducatif algérien
48:56depuis fort longtemps
48:57j'en ai fait aussi partie
48:58puisque j'ai fait mon
48:59système éducatif
49:00en Algérie
49:01etc
49:02le chiffre 1
49:04est omniprésent
49:05un dieu
49:06un président
49:07un phélène
49:08un parti
49:08un peuple
49:09etc
49:10alors que
49:11bien au contraire
49:12c'est le pays
49:13qui a une
49:15multiplicité linguistique
49:16une multiplicité
49:17de populations
49:18une multiplicité
49:19de régions
49:21de décors
49:22de paysages
49:23de corps
49:24de peau
49:25la peau noire
49:26n'est pas du tout
49:26représentée dans le cinéma
49:27algérien
49:28ou si peu
49:29le désert algérien
49:31est très peu représenté
49:32il y a quelques films
49:32maintenant qui émergent
49:33le cinéma algérien
49:35n'a fait que travailler
49:36sur la question
49:36de la révolution algérienne
49:38et donc
49:38de la guerre
49:39de la guerre
49:40de libération
49:42et si peu
49:43sur sa représentation
49:45de soi
49:45aujourd'hui
49:46donc
49:47la population algérienne
49:48ne se retrouve pas
49:49dans ce cinéma
49:50elle s'est retrouvée
49:51dans ce cinéma
49:52peut-être avec la bataille
49:53d'Alger
49:53au sortir de la guerre
49:54puisque Ali Lapointe
49:56était véritablement
49:57un héros
49:57et pour la première fois
49:59on donnait
49:59à voir à l'algérien
50:01la représentation
50:02de ce qu'il était
50:03peut-être
50:05et aujourd'hui
50:07il y a peut-être
50:07ce manque de représentation
50:09et peut-être
50:09c'est peut-être pour ça
50:10que j'ai pris cette caméra
50:11depuis les années 90
50:12et que j'ai tenté
50:14de filmer
50:15au quotidien
50:17régulièrement
50:17un peu comme
50:18la psychiatrie d'urgence
50:19c'est un cinéma d'urgence
50:21prendre corps
50:22et filmer
50:25ce que j'appelle
50:26la mémoire contemporaine
50:27il faut
50:28nous avons eu
50:29une guerre
50:30sans image
50:31pendant la guerre
50:31de libération
50:32et nous avons eu
50:33une deuxième guerre
50:34sans image
50:34puisque du côté
50:36algérien
50:36la guerre de libération
50:37n'a pas été filmée
50:38et pendant la décennie noire
50:39il y a eu aussi
50:40une guerre sans image
50:41ou très très peu d'images
50:42donc nous ne faisons
50:44que répéter
50:45tout en tout
50:46dans quelque chose
50:47qui est de l'ordre
50:47de l'amnésie
50:48et d'une image
50:49qui est manquante
50:50donc nous devons
50:52faire ce travail
50:53je sais qu'il y a
50:53beaucoup de jeunes
50:54aujourd'hui
50:54qui pendant les mouvements
50:56filment énormément
50:58Dreyfa Alger
51:00qui est une jeune cinéaste
51:01qui fait un travail
51:02formidable
51:03elle prend acte
51:04il y a beaucoup
51:05de jeunes
51:05qui tentent de filmer
51:06et qui prennent acte
51:08de ce qui se passe
51:08aujourd'hui
51:09ça c'est très important
51:10voilà
51:18merci beaucoup
51:19Malik Ben Smaïl
51:21alors tu parlais
51:22de cinéma
51:24de l'urgence
51:25j'ai envie
51:26ça va me faciliter
51:28l'enchaînement
51:29et le lien
51:30avec Khirdin Larjam
51:31qui fait aussi
51:32un théâtre de l'urgence
51:34Khirdin Larjam
51:35donc qui a créé
51:36en 1998
51:37la compagnie
51:39Lajoued
51:39à Oran
51:40du nom d'une pièce
51:41célèbre
51:42de Abdelkader Aloula
51:44cet grand homme
51:45de théâtre
51:45qui a été assassiné
51:46durant la décennie noire
51:48et Khirdin
51:50a présenté
51:51au festival
51:52d'Avignon
51:52Désintégration
51:53un spectacle
51:55dans lequel
51:55il fait entendre
51:56la voix
51:56d'une génération
51:57inaudible
51:58entre guillemets
51:59invisible
51:59celle issue
52:00de l'immigration
52:01et il y a 8 ans
52:03il a aussi
52:03créé
52:04avec Mustapha Benfodil
52:06Inde Igné
52:07dans lequel
52:09il a mis en scène
52:09une jeunesse
52:11désespérée
52:12acculée au suicide
52:13alors j'ai envie
52:14de lui demander
52:14aujourd'hui
52:15donc plusieurs années
52:17après
52:18comment il voit
52:19la jeunesse
52:20aujourd'hui
52:22elle n'est pas
52:22acculée au suicide
52:23du coup
52:24ou alors
52:24elle est plutôt
52:25en train de se
52:27révolter
52:27de s'exprimer
52:28ou
52:29voilà
52:30donc voilà ma question
52:32bonsoir
52:33je vais
52:35je vais essayer
52:36de répondre
52:39moi je suis
52:40de nature
52:41un homme inquiet
52:43voilà
52:43je suis tout le temps
52:44inquiet
52:45je suis un homme
52:46pessimiste
52:47intellectuellement
52:48mais optimiste
52:49dans l'action
52:50et
52:51c'est quelque chose
52:53c'est quelque chose
52:54qui
52:54voilà
52:56moi aujourd'hui
52:57je suis totalement
52:58d'accord avec tout
52:59ce qu'il vient de se dire
53:00mais je suis inquiet
53:00inquiet pour cette jeunesse
53:02inquiet par rapport
53:03à ce qui se passe
53:04en Algérie
53:05et
53:06je vous
53:07voilà
53:08en ce moment
53:08je travaille
53:09à Oran
53:10sur un projet
53:11avec les étudiants
53:13du département
53:14de théâtre
53:14de l'université
53:16d'Oran
53:16il y a un seul
53:17département
53:18de théâtre
53:19à l'université
53:20il est à Oran
53:21et c'est Aloula
53:22qui a été
53:23l'initiateur
53:24de cette idée
53:25on travaille
53:26aujourd'hui
53:27et en fait
53:28je vais vous
53:29je suis un artiste
53:31donc je vais vous
53:32parler de mon travail
53:33à partir de
53:34de ce que j'essaie
53:35de faire
53:35désolé
53:35je ne sais que
53:36faire que ça
53:38et
53:39parce que j'ai rencontré
53:41des jeunes
53:41des jeunes docteurs
53:42en théâtre
53:43des jeunes
53:45le département
53:46de théâtre
53:46d'Oran
53:46c'est un département
53:48de l'université
53:49qui est un peu calqué
53:50sur les grandes écoles
53:51de théâtre
53:52en France
53:52donc c'est un département
53:54qui forme
53:55des metteurs en scène
53:56des comédiens
53:57mais aussi
53:58des critiques de théâtre
53:59et
54:00de futures
54:01critiques de théâtre
54:02et
54:03la première chose
54:04voilà
54:05moi quand il y a eu
54:06ces manifs
54:07voilà
54:07tout ça
54:07je me suis dit
54:09voilà
54:09qu'est-ce que tu sais faire
54:11à part marcher
54:11je sais créer des spectacles
54:14et travailler avec des gens
54:14j'ai rencontré
54:15une jeunesse
54:16qui était aussi inquiète
54:18et
54:19on a travaillé
54:21on travaille en ce moment
54:22avec Mustapha Benfodil
54:23qui est un journaliste
54:25à l'Ouatan
54:26mais qui est aussi
54:27et surtout
54:27un poète
54:29et un homme de théâtre
54:30et un romancier
54:31et
54:32avec Mustapha
54:33on avait envie
54:34Mustapha il est au quotidien
54:35il écrit tous les jours
54:37sur l'Ouatan
54:39sur ce qui se passe
54:40en Algérie
54:41mais
54:41je l'ai invité
54:42je lui ai dit
54:43j'aimerais bien que le soir
54:45c'est le poète
54:46et c'est la fiction
54:47j'aimerais bien qu'on travaille
54:49sur la fiction
54:49et on est parti
54:51comme point de départ
54:52avec les jeunes
54:53et je vous invite
54:54si vous ne l'avez pas lu
54:55de lire
54:56j'ai couru vers le Nil
54:58de Alal Aswani
54:59auteur égyptien
55:00qui raconte
55:02de l'intérieur
55:02la révolution
55:03et je trouve
55:03qu'il fait un écho
55:05énorme
55:06à travers la fiction
55:07par rapport à ce qui se passe
55:08en Algérie
55:09et aujourd'hui
55:11on travaille
55:11sous forme de labo
55:12et on essaye
55:14de
55:14à travers la fiction
55:16parce que la fiction
55:16moi je crois énormément
55:17j'adore les documentaires
55:19mais je suis un homme
55:20qui croit dans la fiction
55:21parce que la fiction
55:21nous permet
55:22de regarder
55:24comme dans tes romans
55:25d'avoir un étage supérieur
55:28pour avoir
55:29une vue d'ensemble
55:30et on travaille
55:31on a inventé des personnages
55:33et aujourd'hui
55:34les personnages
55:35sur lesquels
55:36on est à Oran
55:37avec ces jeunes
55:37sont inquiets
55:39parce que
55:40je pense qu'en Algérie
55:41on est en train
55:42d'arriver
55:43je vous parle
55:44des personnages
55:44qui sont sur le plateau
55:45et à vous
55:47de faire la métaphore
55:48aujourd'hui
55:48on est dans une
55:49avec ces personnages
55:51on arrive
55:51à un endroit
55:52de crise économique
55:53le pays est paralysé
55:56énormément d'Algériens
55:57n'ont plus
55:58leur salaire
55:58de fin de mois
56:00sur leur compte
56:02bancaire
56:02et aujourd'hui
56:04au plateau
56:05sur scène
56:06nous sommes
56:06dans une crise
56:07économique
56:08la crise
56:10n'est plus
56:10politique
56:11elle est économique
56:13nous avons
56:13des personnages
56:14qui ont faim
56:17on a un personnage
56:18qui vient d'avoir
56:20un enfant
56:21et qui n'a plus
56:22les moyens
56:22de payer le lait
56:23pour son enfant
56:25et on est à cet endroit là
56:27et un des personnages
56:29j'ai quitté l'équipe
56:30il y a une semaine
56:32il a fini
56:32sur cette phrase là
56:33c'est Mustapha
56:34qui parle aussi
56:35à travers
56:36pour détourner l'avion
56:38il faut être
56:39dans l'avion
56:56merci
56:57merci beaucoup
56:59alors après cette succession
57:00de témoignages
57:03moi j'ai
57:04j'ai envie qu'on passe
57:05un peu
57:05à la
57:06comment dire
57:07à essayer de répondre
57:08à des questions
57:09qu'on se pose
57:11alors je vais
57:12interpeller Rosa
57:13Rosa Moussaoui
57:14qui est notre spécialiste
57:15de l'Algérie
57:16à l'humanité
57:17qui s'est déplacée
57:19qui est allée là-bas
57:19sur place
57:20qui est restée longtemps
57:21donc plusieurs fois
57:22vous avez dû lire
57:24ses articles
57:24j'espère
57:25et donc j'ai envie
57:26de demander
57:27à Rosa
57:29bon on sait
57:29que depuis le 20
57:30de l'Université
57:30je ne le sais