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  • il y a 12 heures
L’Humanité.fr s’est rendu au cœur de la manifestation nationale des personnels hospitaliers, où des milliers de médecins, aides-soignants et infirmiers sont venus réclamer davantage de moyens et d’effectifs pour sauver l’hôpital public.

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Transcription
00:00En direct de la manifestation des hospitaliers qui part aujourd'hui de Port-Royal
00:06et qui va se diriger tranquillement, remonter et traverser Paris.
00:10Avec vous, nous allons remonter la manifestation, faire parler des hospitaliers.
00:15Pour certains, cette manifestation est un mouvement quasiment historique
00:19puisque c'est effectivement une des rares fois où ce sont toutes les composantes du corps médical
00:25qui se retrouvent pour manifester.
00:27Les soignants, infirmières, chefs de service, tous sont là pour dire des moyens pour l'hôpital
00:32et tous sont là pour poser un diagnostic alarmant.
00:35L'hôpital public se meurt.
00:43Bonjour, c'est pour l'humanité.
00:46Quelques mots, d'abord, est-ce que vous pouvez nous dire qui vous êtes
00:48et quelles sont les trois principales raisons qui vous font manifester aujourd'hui ?
00:51Alors moi, je suis Olivier Youinou, je suis infirmière anesthésiste de métier
00:54et je suis secrétaire général du syndicat Sud de la PHP
00:58et puis membre de la commission exécutive Sud Santé Sociaux.
01:02On est là aujourd'hui comme on est là depuis le printemps avec le collectif Interurgence,
01:07aujourd'hui avec le collectif Interbiteux et puis les usagers,
01:10et puis des délégations de provinces, et puis des délégations d'autres pays.
01:14Je saluais tout à l'heure les camarades belges.
01:16On est là pour demander trois choses, trois choses dans une enveloppe.
01:20Des budgets pour avoir des effectifs,
01:24des budgets pour avoir des effectifs, pour être suffisamment nombreux,
01:27pour prendre en charge, en sécurité, les patients.
01:32Et on demande des budgets pour être mieux payés,
01:35parce qu'ils ne servira à rien de nous créer des postes
01:37si on n'est pas capable de faire venir les gens.
01:39Et ce n'est pas en les payant 1 500, 1 600 euros pour des jeunes infirmières qu'on est
01:43attractifs.
01:44Donc il faut des augmentations de salaire.
01:47Et puis, dans tout ça, il nous faut des lits,
01:50parce que tout n'est pas ambulatoire, tout n'est pas hôpital debout.
01:55Des lits pour coucher les patients, c'est nécessaire.
01:58Ils en ont trop fermé, et depuis des années.
02:00Il faut les réouvrir aujourd'hui, et peut-être même en créer,
02:02parce que les besoins ont augmenté.
02:04Tout ça, ça ne peut pas se faire dans le budget qui est alloué.
02:07Tout ça ne peut pas se faire dans le budget que les parlementaires sont en train de voter.
02:11On est venu le leur dire aujourd'hui.
02:13On en a assez de le dire à la ministre.
02:15On veut le dire au président et au premier ministre,
02:18parce que c'est eux qui ont la main aujourd'hui.
02:20La ministre, ça fait trop longtemps qu'elle nous méprise,
02:22qu'elle ne nous entend pas, et qu'elle le botte en touche sur le dossier.
02:25Merci.
02:28Quelque chose à ajouter ?
02:29Oui.
02:31Déjà, excusez-moi, présente-toi, s'il te plaît.
02:32Rosemary Rousseau, infirmière, secrétaire générale de l'USAP-CGT.
02:40La santé est un bien, c'est le bien de tous,
02:44pour lequel on doit avoir un accès de qualité en sécurité.
02:49Aujourd'hui, nous sommes dans un véritable choix de société,
02:53sur des questions de fonds, avec le financement de la sécurité sociale.
02:59C'est essentiel que nous arrivions à une évolution des dépenses
03:04pour la maladie de 5%, pour donner des chiffres clairs.
03:09Ceux que nous n'avons pas, et pour lesquels nous avons une évolution de 2,1%,
03:15qui ne peut même pas nous permettre de maintenir aujourd'hui les hôpitaux ouverts.
03:21Donc nous voulons des lits, des budgets,
03:23et nous voulons une autre conception de la santé.
03:26La santé ne peut pas être une marchandise, c'est le bien de tous.
03:30On parle beaucoup de la souffrance des personnels hospitaliers.
03:34Est-ce que vous qui êtes infirmière, comment vous vivez ça dans votre chair ?
03:36Concrètement, c'est quoi la souffrance des personnels hospitaliers ?
03:40C'est des suicides de médecins, d'infirmières, de personnels hospitaliers,
03:45parce qu'il y a une perte de sens de notre travail, de nos missions,
03:50et que des collègues viennent pour mourir au travail.
03:54Parce que quand on a choisi cette profession, on l'a choisi volontairement,
04:00parce que nous sommes au service de la population et des patients.
04:03Il y a ceux qui font cet acte-là ultime,
04:06et il y a tous ceux qui s'en vont aussi, qui changent de profession.
04:08Aujourd'hui, nous avons une perte d'attractivité à l'hôpital public,
04:12où les collègues, soit par désespoir, soit par dégoût,
04:16avec des salaires tirés vers le bas, qui sont impensables,
04:22il y a des gens qui sauvent des vies.
04:24Il faut se rappeler, on est à un jour de l'anniversaire du Bataclan,
04:33nous étions alors qualifiés de héros.
04:35Nous avons dû porter secours à la population,
04:39et à l'époque, on nous avait qualifiés de héros.
04:42Les héros, ils ont besoin d'avoir un salaire décent pour pouvoir vivre,
04:47mais aussi qu'on arrête de fermer des lits.
04:49Parce que nous, on veut tout simplement coucher nos malades dans des lits,
04:53et qu'ils soient bien soignés dans de bonnes conditions.
04:56Merci beaucoup, bonne manifestation.
04:59Merci.
04:59Merci. On continue, on va continuer à remonter cette manifestation.
05:05Donc comme le disait la personne juste avant,
05:09on entend qu'il y a une belle ambiance sur cette manifestation.
05:13Donc comme le disait la personne juste avant,
05:15aujourd'hui, un des problèmes est celui de l'attractivité du métier.
05:19La PHP ne parvient toujours pas à recruter selon ses besoins,
05:23puisque 490 postes d'infirmières et d'infirmiers n'ont pas été remplis jusqu'à présent.
05:31Pascal Comot, je suis logisticien à l'hôpital de Necker.
05:33D'accord.
05:34Vous, vous avez vu concrètement vos conditions de travail
05:36et les conditions de travail de vos collègues se dégrader à Necker ?
05:39Ça fait 39 ans que je suis à Necker.
05:4139 ans que je suis à Necker, donc j'en ai vu passer des choses.
05:44Là, on en arrive maintenant, je suis fini logisticien dans ma carrière.
05:46On s'aperçoit qu'en fin d'année, je ne peux même pas commander des seringues,
05:49parce que les fournisseurs ne sont pas payés.
05:51Et c'est véridique.
05:52C'est-à-dire que quand on appelle les fournisseurs,
05:53« Attends, j'ai pas su ma commande de seringue ou de cathéter. »
05:56Ah ben oui, mais quand l'hôpital nous payera, on vous enverra le matériel.
05:59Donc même un hôpital comme Decker, sur les enfants malades,
06:02on pourrait se dire qu'il y a le mieux ou le moins mal doté,
06:04se retrouve dans des situations de ne pas pouvoir finir ces fins de mois.
06:07Tout à fait.
06:08Les fins d'année, généralement, novembre, décembre, je suis logisticien,
06:11donc je sais les commandes.
06:12Et malheureusement, on en arrive à ces choses-là.
06:14D'accord.
06:15Donc c'est pour ça que vous aussi, vous vous mobilisez avec vos collègues de l'hôpital.
06:19Ce n'est pas que les soignants, donc c'est vraiment tout l'hôpital qui se mobilise.
06:21Parce qu'il faut bien se dire, la première chaîne, le départ, c'est la logistique.
06:23Si jamais le médecin n'a pas son bistouri ou l'infirmière n'a pas ses seringues,
06:26on ne peut pas travailler.
06:27Donc on est vraiment au départ de la page.
06:29Et si nous, on ne peut pas leur fournir le matériel,
06:31derrière, les soins ne peuvent pas se réaliser.
06:32Ou se réaliser avec du matériel qui n'est des fois pas en bricolant, disons.
06:36Voilà, on en arrive à là maintenant.
06:38D'accord. Merci. Bonne manifestation.
06:41Comme nous le disait ce monsieur qui était logisticien, donc un équerre,
06:46le manque de moyens, aujourd'hui, met en péril la sécurité des soins et la qualité des soins.
06:51C'est pas à qui vous parliez.
06:53Mais justement, puisque je vous tiens sous la main, on est de l'humanité, on fait un Facebook live.
06:58Est-ce que vous acceptez de répondre à une ou deux questions ?
07:00On vient de voir, vous êtes un équerre, c'est ça aussi ?
07:02On vient de voir ce monsieur qui est logisticien, qui nous expliquait,
07:04qui se retrouve sur les fins d'année, à ne plus pouvoir passer de commande de matériel médical,
07:12seringues, bistouri, que sais-je, parce que les fournisseurs n'étaient pas payés.
07:16Donc ça, c'est concrètement le premier maillon de la chaîne.
07:18Mais vous, je ne sais pas, qu'est-ce que vous faites ?
07:21Moi, je suis une europédiatre.
07:22D'accord. Donc médecin européen.
07:24Donc vous, vous avez vu les conditions de travail se dégrader aussi ?
07:26De manière extrêmement importante sur les dernières années, et la dernière année de manière flagrante.
07:33C'est-à-dire que nous, les lits sont fermés maintenant.
07:36Donc on n'a plus d'infirmières pour les faire tourner, les lits sont fermés.
07:38Moi, j'ai des enfants tous les jours qui sont chez eux.
07:41Aujourd'hui, j'ai des enfants qui sont chez eux, qui devraient être à l'hôpital.
07:44Mais est-ce que ce n'est pas dangereux pour ces enfants-là ?
07:46Bien sûr que c'est.
07:47On fait de la gestion du risque, on prend le risque pour l'enfant.
07:51On juge l'enfant le un peu moins dangereux.
07:52Du coup, celui-là, on le laisse chez lui.
07:54Et le un peu plus dangereux, on le prend à l'hôpital.
07:56On n'a pas le choix aujourd'hui.
07:57On rentre chez nous, la boule au ventre, le soir.
07:59D'accord.
08:00Et parce qu'on entend beaucoup parler aussi de la souffrance des soignants.
08:03Je suppose que ça, vous disiez la boule au ventre, vous le vivez vous aussi, dans votre cher.
08:07Bien sûr, puisqu'on prend des décisions qui ne sont pas les décisions qu'on voudrait prendre.
08:11On prend des mauvaises décisions de santé pour nos patients.
08:15Les infirmières, elles n'ont plus que des enfants extrêmement lourds à s'occuper.
08:18Tous les enfants, les moins lourds, ils sont chez eux.
08:21Donc la charge de travail a augmenté.
08:24La charge de travail augmente.
08:25On prend les mauvaises décisions.
08:27On rentre chez nous le soir.
08:28Et la boule au ventre.
08:30Donc vous attendez quoi de cette manifestation ?
08:31Vous attendez quoi du gouvernement ?
08:34On va laisser passer les...
08:41Ça met l'ambiance.
08:42Ça veut dire qu'il y a une bonne ambiance.
08:44Donc je disais, vous attendez quoi de cette manifestation ?
08:47Et vous voulez dire quoi au gouvernement ?
08:48On attend une augmentation du budget des hôpitaux publics qui est contrainte depuis des années,
08:53qui n'augmente pas à la vitesse où ils devraient augmenter.
08:56Et donc ça, ce n'est plus possible.
08:58On n'est pas une entreprise.
09:00Les patients, ils sont là.
09:01Il faut s'en occuper.
09:02On ne peut pas choisir de ne pas s'en occuper en fait.
09:04D'accord.
09:04Merci beaucoup et bonne continuation, bonne lutte, bonne manifestation.
09:14Donc on le voit, le manque de moyens, ça met vraiment en péril la question des soins apportés aux patients.
09:21On parle d'insécurité.
09:22Ah, du monde qui veut parler directement.
09:23Bonjour.
09:24Est-ce que cette insécurité des soins vis-à-vis des patients, est-ce que vous, vous la vivez aussi
09:28?
09:28On la vit, oui, parce qu'on ne peut d'abord pas voir tous les patients chaque jour,
09:32parce qu'on n'est pas assez nombreux.
09:33Donc il faut qu'on fasse une sélection de nos patients.
09:36Donc ça veut dire que ce sont des gens dont on ne s'occupe pas tous les jours,
09:38qui vont rester hospitalisés certainement beaucoup plus longtemps,
09:41ou alors être envoyés chez eux à leur domicile en n'ayant pas fait de rééducation,
09:46en n'ayant pas remarché, etc.
09:48Donc ils reviennent en fait trois jours après, même pas.
09:51Bon, nous, notre problème, c'est surtout qu'on est en sous-effectif tout le temps, tout le temps,
09:54parce qu'en deux mots, on n'arrive pas à recruter,
09:57parce que nos stages, enfin les élèves kinés ont cinq ans d'études,
10:01première année de médecine, et ensuite quatre années dans des écoles privées,
10:05à payer 8000 euros par an.
10:07Donc ils ont un emprunt à rembourser de 32 000 euros à peu près,
10:10et on leur propose un salaire de 1400 euros quand ils rentrent à l'hôpital.
10:15Donc vous comprenez qu'ils ne peuvent pas vivre, se nourrir, se loger,
10:18et rembourser leurs prêts avec 1400 euros sur la région parisienne.
10:21Donc il faudrait augmenter ces salaires là aussi.
10:23Donc ils vont dans le privé ou en libéral pour gagner plus, c'est vrai,
10:29et rembourser plus facilement.
10:30Et peut-être qu'on a besoin de kinés ?
10:31Pour lever les gens, pour les faire respirer, on a besoin de kinés à l'hôpital.
10:35On a l'impression que les kinés, c'est que des kinés en ville,
10:38alors qu'à l'hôpital, en réanimation, en orthopédie, en pneumologie, en neurologie,
10:44en gériatrie, en pédiatrie, que ce soit de la kiné fonctionnelle,
10:47de la kiné respiratoire pour les petits qui ont la mucoviscidose,
10:49pour les gens qui ont des bronchites chroniques, les cancéreux, on est toujours là,
10:53il faut les élever, il faut s'occuper d'eux, physiquement, moralement,
10:57on a un rôle très important.
10:58Parce qu'on essaye de rester assez longtemps avec nos patients pour pouvoir échanger,
11:03mais par contre, il faut sélectionner le nombre de patients qu'on voit par jour.
11:06On pourrait vous dire que ça fait très longtemps que les kinés sont mal payés,
11:08pourquoi ça explose aujourd'hui ?
11:10Est-ce qu'il y a des choses qui sont dégradées sur ces dernières années ?
11:12On n'en fait plus !
11:13Aujourd'hui, tout le personnel est concerné, il y a des lits qui ferment,
11:16les médecins sont en burn-out parce qu'ils ont un travail fou,
11:18eux, ce n'est peut-être pas trop au niveau financier, mais c'est plus le vivre tous les jours.
11:23Les infirmières, c'est pareil, on n'en trouve pas parce qu'une infirmière,
11:27globalement, je crois qu'elle reste en moyenne 7 ans à l'hôpital et encore,
11:30dans les meilleurs des cas, et après, elles sont exténuées,
11:33elles partent travailler ailleurs, dans des structures médecine du travail
11:36ou à la rigueur, en privé aussi, pour gagner au moins un peu plus quand même.
11:41Donc, il y a vraiment une menace sur la survie de l'hôpital public.
11:43Tout à fait. On est dedans.
11:45L'hôpital se meurt et nous, la profession de kinésithérapeute à l'hôpital va disparaître.
11:49On va être les derniers, là. Nous, on va bientôt être à la retraite.
11:51Ça va être terminé.
11:52Alors, ça vous fait quoi d'être une espèce en voie de disparition ?
11:55Ça nous fait beaucoup de mal.
11:56On souffre beaucoup parce qu'on se demande ce que nos patients vont devenir.
11:59Et du coup, cette manifestation, avec le nombre que vous êtes,
12:02toute la profession, on va dire, qui se retrouve,
12:05est-ce que ça vous donne confiance pour la suite ?
12:06Eh bien, on espère. On espère que Macron va nous entendre.
12:10Parce que c'est lui qui détient les cordons de la bourse.
12:13Et c'est lui qui ne veut pas donner.
12:14Merci beaucoup. Bonne manifestation.
12:16Merci.
12:16Et bonne continuation.
12:19Bonne continuation.
12:27C'est les restrictions budgétaires dont nous parlent tous les manifestants depuis tout à l'heure.
12:33Dans l'humanité de ce matin,
12:40on en parlait également,
12:42puisque nous avions le Philippe Lévy,
12:47chef du service de pancréato-grestro-entérologie
12:51de l'hôpital Beaujon à Cliché,
12:53qui nous racontait qu'il y avait deux ans,
12:55avait été inauguré en présence de Martin Hirsch
12:58un deuxième scanner dans cet hôpital.
12:59Sauf que ce scanner a été fermé il y a trois mois,
13:02faute de personnel.
13:03Donc on voit que ça manque de personnel,
13:05que la sécurité des soins est menacée
13:08par ce manque de moyens et de personnel.
13:10Et que c'est pour ça qu'aujourd'hui,
13:11tous les personnels de l'hôpital manifestent.
13:15Médecins, infirmiers, brancardiers, logisticiens.
13:18C'est vraiment l'ensemble de l'hôpital public qui est dans la rue
13:20pour réclamer des moyens supplémentaires,
13:22pour réclamer d'être mieux traités,
13:25pour réclamer tout simplement d'avoir les moyens
13:26de faire correctement leur travail
13:28et de soigner correctement les gens.
13:37Bonjour.
13:38Vous êtes interne, donc ça veut dire que vous avez choisi
13:40il y a quelques années de faire profession de médecine.
13:44Oui, tout à fait.
13:44Est-ce que vous ne le regrettez pas aujourd'hui
13:46quand on voit le manque de moyens flagrants
13:49qui vous oblige à manifester ?
13:50Notre formation, elle est conditionnée à l'hôpital public.
13:54Et donc maintenant, si on ne donne pas les moyens
13:56aux professeurs de nous encadrer,
13:59on sait que mes potes...
14:01Moi, je ne fais plus de la clinique,
14:02parce que j'en pouvais plus.
14:05mes potes qui font de la clinique...
14:08De la quoi ?
14:09De la clinique.
14:10En gros, qui voient des patients.
14:11D'accord.
14:11Voilà.
14:12Qui voient des patients tous les jours,
14:13qui sont les premiers au lit du patient.
14:16Jamais...
14:16Enfin, ils ne leur donnent jamais les moyens
14:18de se former.
14:19Ils ont toujours des obligations.
14:21Leur journée, elles sont à rallonge.
14:23Et...
14:23Enfin, voilà.
14:25Moi, mon choix, je ne le regrette pas,
14:27parce qu'on part d'une passion quand même,
14:28on part d'une vocation.
14:29Tous les gens, tous les internes qui sont là,
14:31c'est des métiers de vocation, quoi.
14:34Mais en réalité...
14:36Qu'est-ce qui reste de la vocation
14:37quand on n'a pas les moyens de soigner ?
14:39Eh bien, en fait, on capitalise un peu
14:41sur notre vocation pour nous faire passer
14:43des choses comme les suppressions de postes,
14:46d'aides-soignants, d'infirmiers, etc.
14:48Des missions qui vont se décaler,
14:51des choses qu'on n'en aurait pas à faire
14:52s'il y avait les moyens.
14:53Enfin, des postes, voilà.
14:54On se retrouve à faire de l'administratif
14:55quasiment la moitié de la journée.
14:58Alors qu'en fait, nous, on devrait être
15:00au lit du patient
15:01et vraiment pouvoir s'occuper des patients.
15:03Est-ce que vous pensez qu'on en est
15:05au moment où c'est carrément
15:06la sécurité des soins,
15:07la sécurité des patients
15:08qui peut être aux enjeux ?
15:11Oui, carrément.
15:12Parce que quand on en arrive à faire des choix...
15:14Enfin, moi, je lisais les témoignages d'infirmières
15:16quand elles ont le choix entre
15:18laisser un pansement ouvert
15:19d'un patient qu'ils sont en train de faire
15:20et aller s'occuper d'un patient
15:22qui vient de tomber
15:23parce qu'il n'y a pas les moyens.
15:24Parce que voilà,
15:25forcément, la qualité des soins,
15:26elle est réduite.
15:27On ne peut pas assurer
15:29une sécurité des soins
15:30pour le patient optimal.
15:32Il y a des choses où, par exemple,
15:34on fait sortir les patients
15:35possiblement plus vite que prévu
15:36parce qu'il y a de l'attente,
15:38parce qu'on nous met la pression
15:39pour laisser des lits libres
15:42pour la vale, etc.
15:43Donc voilà.
15:44Vous, la tarification à l'acte,
15:46vous pouvez m'en parler ?
15:48Oui, alors moi, en plus,
15:49c'est un peu mon champ d'activité.
15:52Mais voilà, j'avais dévidé.
15:54En fait, globalement,
15:57ça part d'une logique comptable
15:59où on se dit
15:59qu'un patient coûte tant,
16:02donc on va donner tant.
16:04Sauf qu'en fait,
16:05avec cette politique de base,
16:07c'est qu'on va devoir optimiser les soins.
16:11Et en fait, c'est un service
16:12de sortir la tête de l'eau.
16:13Ce qu'il va devoir faire,
16:14ça va être de faire
16:16beaucoup plus de patients
16:17parce qu'en fait,
16:18le même patient,
16:18si on le traite plus vite
16:20et pas forcément mieux,
16:22en fait,
16:22puisqu'il n'y a pas de qualité,
16:23forcément,
16:24eh bien, ce qui va se passer,
16:26c'est qu'on va faire plus d'argent.
16:29Surtout que le remboursement
16:30de la tarification à l'acte
16:31baisse, c'est plus.
16:32Voilà, c'est le principe.
16:33C'est l'onde dame
16:34qui évolue moins vite
16:35que l'inflation.
16:37Et donc, même si chaque année,
16:39il y a de l'argent en plus,
16:40il y en a moins que les besoins.
16:43Enfin, il y a moins
16:44que l'augmentation naturelle
16:46de la masse salariale
16:47ou des frais de fonctionnement.
16:51Et donc, en fait,
16:51on arrive à faire des économies,
16:53enfin, à renier partout, quoi.
16:55Mais c'est une course infernale
16:56que vous ne pourrez jamais gagner, ça ?
16:58Bah, sauf si on remet en cause
17:02l'onde dame,
17:04si on passe sur des modes de financement
17:06qui ne sont pas liés
17:07que à l'activité.
17:08Et ça, c'est des exemples
17:09qui existent dans d'autres pays,
17:11mais il y a des expérimentations
17:14qui commencent à être mises en place.
17:15Mais il ne faut pas que ça soit
17:19le seul moyen
17:19de le mode de financement
17:20de la T2A, quoi.
17:22Donc, quand un jeune
17:22qui voudrait se lancer
17:24en médecine aujourd'hui,
17:25vous lui dites,
17:26malgré tout, fonce ?
17:27Eh bien, si c'est une vocation,
17:30ouais, parce que ça reste
17:31quand même un des plus beaux
17:31métiers du monde.
17:34Voilà, quand on voit,
17:35quand on parle à des chirurgiens,
17:37quand on parle à des cardiologues
17:39ou des choses comme ça
17:39qui vont directement
17:40soigner le patient.
17:41Enfin, moi, j'ai une copine
17:42gynécologue obstétrienne
17:43et qui fait naître des bébés.
17:46Enfin, en termes de vocation,
17:47vous n'avez pas mieux.
17:48Enfin, voilà.
17:49Et quand vous savez
17:50que vous pouvez faire ça,
17:51quand vous savez que
17:52dès votre plus jeune,
17:53c'est ce que vous voulez faire,
17:54il faut le faire.
17:54Et puis, on trouvera
17:55des moyens de comment.
17:57En tout cas, vous allez vous battre
17:58pour avoir ces moyens-là.
17:59Très bien.
18:00On a besoin de vous, surtout.
18:01On a besoin de tout le monde.
18:03Sinon, on n'y arrivera pas.
18:04Mais là, déjà, on voit
18:05qu'il y a toute la profession,
18:06tout l'hôpital qui est dans la rue.
18:07Tout le monde, toute la société.
18:09Parce que le système de santé,
18:11il implique certes les soignants,
18:13mais surtout vous, les patients.
18:15Donc ça, il faut vraiment
18:18se battre pour ça, tout le monde.
18:19Parce que c'est un projet.
18:20L'hôpital est un projet
18:22au sein d'une société
18:22que tout le monde ait accès
18:24à des soins.
18:25Et ne pas oublier
18:27que les médecins
18:28sont formés
18:28par l'hôpital public.
18:31Donc, des moyens
18:31pour l'hôpital public.
18:32Eh bien oui, sinon,
18:34quelle médecine
18:34souhaitons-nous avoir ?
18:36Quels soins souhaitons-nous avoir ?
18:37Donc, nous sommes formés
18:38par l'hôpital public
18:39et nous voulons
18:40qu'ils survivent.
18:42Parce que nous croyons
18:43notre métier.
18:44D'accord.
18:44Merci beaucoup.
18:45Bonne manifestation.
18:48On continue à remonter
18:50la manifestation.
18:54Il y a beaucoup,
18:55beaucoup,
18:55beaucoup de monde.
18:57Aujourd'hui,
18:58on demande
18:59des moyens
19:00d'une autre politique
19:01de l'hôpital public.
19:03On l'a entendu,
19:04tous les témoignages
19:06vont dans le même sens.
19:07Aujourd'hui,
19:07l'hôpital public
19:08est en train
19:09de mourir
19:10du manque de moyens.
19:12Les lits se ferment.
19:15Les postes
19:16d'infirmières
19:17ne sont pas remplis.
19:18De plus en plus
19:19de monde
19:21quitte
19:21l'hôpital
19:23pour passer
19:24dans le privé.
19:25Les médecins
19:26sont obligés
19:26de renvoyer
19:27certains patients
19:28chez eux
19:28alors que dans
19:29d'autres temps
19:30ils les auraient gardés.
19:32Alors,
19:32on voit
19:33des salariés
19:34et des hospitaliers
19:35de l'hôpital Paul-Bruce
19:36qui sont juste là.
19:39Expliquez-nous
19:39en quelques mots
19:40en quoi vous trouvez
19:41que la situation
19:42à l'hôpital
19:42s'est dégradée
19:43ces dernières années.
19:44Alors,
19:45moi je suis Sarah,
19:46j'ai 21 ans,
19:46je suis assistante sociale
19:47à l'hôpital Paul-Bruce.
19:49Et moi,
19:50Muriel Desclous,
19:51médecin à l'hôpital Paul-Bruce
19:52en soins palliatifs.
19:54Alors,
19:54du coup,
19:55par rapport aux conditions
19:56à l'hôpital,
19:57c'est surtout...
19:58Nous,
19:58on réclame surtout
19:59au niveau de l'augmentation
20:00des salaires
20:00parce que c'est vrai
20:01qu'on n'est plus attractifs
20:03et on a des postes vacants
20:04et personne ne veut
20:05venir travailler
20:06à l'hôpital.
20:07Donc,
20:07on manque de personnel,
20:09on manque de lit
20:10parce qu'on est obligé
20:11de fermer.
20:11Parce que vous n'êtes pas
20:12assez nombreuses,
20:13assez nombreux
20:13pour accueillir les patients.
20:15Exact.
20:15C'est combien
20:16le salaire moyen
20:17d'une infirmière ?
20:18Moi,
20:19je ne suis pas infirmière
20:20mais du coup,
20:20les assistantes sociales,
20:22c'est...
20:22On commence à 1500.
20:24D'accord.
20:24Voilà.
20:26Et en fin de carrière,
20:27c'est moins de 2000 euros.
20:28D'accord.
20:29Voilà.
20:30Et du coup,
20:31vous avez évalué
20:31sur Paul-Bruce,
20:32combien il manquait
20:32de personnel ?
20:34C'est variable
20:35mais c'est vrai
20:36qu'il y a pas mal
20:36de départs
20:37qui ne sont pas remplacés
20:39et notamment
20:40les infirmiers
20:40et les aides-soignants
20:41qui ont de plus en plus
20:42de travail.
20:43on voit dans mon service
20:43de soins palliatifs,
20:45on a de moins en moins
20:45de temps à passer
20:46auprès des patients,
20:47auprès de leur famille
20:48et c'est quelque chose
20:50de très important
20:51dans notre travail
20:51de les accompagner.
20:52Ça nécessite du temps,
20:54ça nécessite d'être
20:55en état de le faire
20:56et pas dans l'urgence
20:57et pas...
20:58Voilà,
20:58d'avoir des moyens.
20:59De la même façon,
21:01je suis aussi ici
21:01pour lutter
21:02pour l'hôpital en général
21:03parce que ça ne fait pas longtemps
21:05que je suis médecin
21:06donc j'étais interne.
21:07J'ai travaillé notamment
21:08aux urgences
21:08où la situation actuellement
21:10est catastrophique
21:10dans tous les services
21:11d'urgence,
21:12en tout cas d'Île-de-France,
21:14avec des conditions d'accueil
21:15des patients
21:15qui sont catastrophiques,
21:18des patients
21:19qui sont mis en danger,
21:20des soignants
21:20complètement épuisés.
21:22C'est vraiment plus possible
21:23de travailler
21:24dans ces conditions
21:24et une urgence
21:25à faire quelque chose
21:26parce que l'hôpital public
21:27est en train de vraiment
21:29de s'écrouler.
21:30D'accord.
21:31Ce matin,
21:31dans l'Humanité,
21:32on avait Christophe Trival,
21:33chef de service chez vous.
21:34Oui, tout à fait.
21:35Il fait partie du collectif
21:36inter-hôpitaux
21:37de notre hôpital aussi
21:38avec nous.
21:39Tout à fait.
21:39Il nous expliquait
21:40que vous étiez obligés
21:42de faire des heures supplémentaires
21:43pour compenser
21:44le manque de personnel
21:45et que ces heures supplémentaires
21:46n'étaient pas payées.
21:47C'est vérité ?
21:49Oui, bien sûr.
21:51Alors, en tant que médecin,
21:51nous, on ne compte pas
21:52vraiment nos heures
21:53mais c'est le cas
21:54de nos assistantes sociales
21:55qui font des heures supplémentaires
21:57absolument tous les jours.
21:58Les infirmiers
21:58qui ne peuvent pas
21:59quitter leur poste
22:00parce que les choses
22:02qu'ils ont à faire
22:03ne sont pas terminées.
22:04Ça paraît évident
22:05quand un patient
22:06est dans le besoin
22:07devant nous,
22:09malade et fragilisé.
22:11On ne peut pas
22:11le laisser tomber.
22:12Bien sûr qu'on a notre humanité.
22:14On va continuer
22:14à travailler sans être payé.
22:16D'accord.
22:17Merci beaucoup
22:17et bonne manifestation en tout cas.
22:22Oui, je le disais
22:23ce matin
22:24dans l'humanité quotidienne.
22:26Christophe Trival,
22:27le chef des services
22:28de gériatrie
22:28à l'hôpital Paul-Brusse
22:29de Villejuif
22:31racontait comment
22:32en gériatrie
22:33il manquait
22:34tellement de personnel
22:34comment ils étaient
22:35obligés de faire
22:36venir dépanner
22:39demander à des personnels
22:40de venir
22:40faire des heures supplémentaires
22:42pour dépanner
22:43pour prendre
22:44pour que le service tourne
22:45tout simplement
22:46et comment ces heures-là
22:47ils n'avaient même pas
22:47les moyens de les payer.
22:50On continue
22:50à remonter
22:51à la manifestation.
23:09Pour ceux qui nous prennent en cours,
23:12on est sur la manifestation
23:13des hospitaliers.
23:27Beaucoup de blouses blanches,
23:28de blouses bleues.
23:57pour ceux qui nous prennent en cours,
24:15comme ce qui nous prennent en cours,
24:15enespériment.
24:28Bonjour, on fait un Facebook live pour l'humanité.
24:32Est-ce que quelqu'un accepterait de répondre à deux ou trois questions ?
24:38Bonjour, vous ne pourriez pas être humide.
24:54Bonjour, on fait un Facebook live pour l'humanité, le journal de l'humanité.
24:57Est-ce que quelqu'un accepterait de répondre à une ou deux questions ?
25:00Juste sur un peu comment vous voyez la dégradation de vos conditions de travail.
25:07D'accord, mon osto prend l'eau.
25:10Et donc vous vous êtes à quel hôpital ?
25:13D'accord, très bien. Bon ben bon, l'unifestation.
25:17Il n'y a pas de mal.
25:24Bonjour, je fais un Facebook live pour l'humanité.
25:27Est-ce que quelqu'un accepterait de répondre à une ou deux questions ?
25:30Si vous voulez. D'accord.
25:31Ah bah oui, j'ai bien reçu.
25:33Les deux, il n'y a pas de mal.
25:34Oui, donc c'était pour savoir que vous êtes infirmière ?
25:37Oui, tout à fait.
25:38Donc les conditions de travail des infirmières dont tout le monde dit qu'elles sont dégradées,
25:43font qu'aujourd'hui, sur l'APHP, il y a un peu moins de 500 postes d'infirmières qui n
25:47'ont pas été pourvues.
25:48Concrètement pour vous, ça se traduit comment d'avoir tous ces postes-là non pourvues ?
25:52Alors en fait, on est du Havre.
25:54Ah.
25:55Je suppose que la situation doit être à peu près identique sur les postes non pourvues.
26:00Effectivement, la situation, elle est précaire en France, de toute façon, au niveau des postes pourvues en infirmiers.
26:05La réponse qu'on nous dit, c'est qu'il n'y a jamais assez de sortants de l'école
26:09d'infirmières.
26:10Mais il faut dire aujourd'hui, ce qui se passe, c'est que les conditions salariales qu'on propose aux
26:17jeunes infirmiers en sortant du diplôme sont catastrophiques.
26:21Les grilles salariales sont très basses. On n'est pas revalorisés dans la fonction publique depuis dix ans. On a
26:26eu un petit geste il y a quelques années de la valeur du point d'indice.
26:31Et en plus, ce qui se passe, nous, à l'Hôpital du Havre, c'est qu'ils arrivent systématiquement en
26:34contrat.
26:35Quand on est en contrat, on ne déroule pas sa carrière, ce qui fait qu'on ne déroule pas son
26:38salaire, son évolution de carrière.
26:41D'accord. Et donc concrètement, vous, ça se traduit comment d'être en sous-effectif de vos horaires, de votre
26:47vie de tous les jours ?
26:48La vie de tous les jours, c'est de travailler toujours en effectif minimum.
26:51Moi, je suis infirmière en psychiatrie, c'est-à-dire qu'on est très peu pour beaucoup de patients et
26:56on fait le strict minimum et l'urgence.
26:58Et le travail en psychiatrie, c'est l'humain, c'est la parole. Et si on n'a plus ce
27:01temps-là, puisqu'on n'est pas assez pour le faire,
27:03parce qu'on a des prérogatives obligatoires, les traitements, les repas et s'occuper des patients au moins dignement,
27:10et ça, on n'arrive plus à le faire.
27:12Est-ce que vous pensez qu'il y a des fois des mises en danger de patients ?
27:15Il y a des mises en danger de patients et de soignants.
27:19Il y a plus d'un an, les perchers du Havre ont fait grève.
27:23Les choses qu'on dénonçait, ce n'était même pas des revalorisations salariales,
27:27c'était on demande d'accueillir dignement les patients.
27:30On était arrivés à un service d'urgence qui compte 5 lits où on accueillait jusqu'à 10 à 12
27:34patients.
27:35Donc je vous laisse imaginer où est-ce qu'on les installait.
27:37De par lit ?
27:39Pas de par lit, mais de par chambre dans un service d'urgence psychiatrique
27:43ou alors sur des malheureuses chauffeuses dans des lieux communs.
27:46D'accord, donc des conditions de travail très difficiles.
27:49Et du coup, vous êtes venue à combien du Havre ?
27:50Alors, on est une délégation de 70.
27:53Et pour une première au Havre, en fait, il y a eu un collectif qui s'est créé avec des
27:57médecins
27:57qui se sont impliqués là vraiment pour dénoncer le plan de financement de la Sécurité sociale.
28:02où on a un nom d'âme qui est très très bas et où du coup, on sait que c
28:06'est la case de l'hôpital public.
28:09Cette mobilisation de tout corps hospitalier confondu, ça change des choses sur la capacité à gagner, vous pensez ?
28:15Moi, je pense qu'aujourd'hui, le gouvernement, il va falloir qu'il entende que même les médecins aujourd'hui,
28:19qui jusqu'à présent étaient plutôt réservés, aujourd'hui, ils se mobilisent et dénoncent aussi que là, on va à
28:25la catastrophe,
28:26qu'on ne peut plus soigner dignement les gens et surtout aussi qu'on n'est plus attractif pour les
28:31personnels.
28:31D'accord. Merci beaucoup, bonne manifestation.
28:34On continue à remonter la manifestation, donc des patients aussi.
28:37C'est vrai qu'on a fait parler beaucoup d'hospitaliers, beaucoup de médecins, d'infirmières,
28:41des personnels de l'hôpital qui manifestent, mais on n'a pas fait parler des patients.
28:44On va essayer de regarder si on voit d'autres patients dans cette manifestation.
29:03Sous-titrage Société Radio-Canada
29:35Maltraité, hôpital, en danger, soignants, épuisés, patients, maltraités, hôpital, en danger !
29:56Soignants, épuisés, patients, maltraités, hôpital, en danger, soignants, épuisés, patients, maltraités, hôpital, en danger !
30:13Vous voyez, bonne belle ambiance sur cette manifestation.
30:16On en a bord !
30:21Visiblement pas décidé à se laisser faire.
30:24Bonne manifestation !
30:41On voit une belle manifestation qui rassemble beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde,
30:47qui rassemble tous les professionnels de l'hôpital, infirmiers, brancardiers,
30:53personnels techniques, mais aussi, et c'est une nouveauté, médecin, chef de service,
31:01des patients qui commencent à se mêler aussi à cette manifestation.
31:06Donc un vrai grand succès pour envoyer un message clair à Macron, au gouvernement,
31:12des moyens pour l'hôpital, pour des revolutions salariales, pour des lits supplémentaires
31:19et pour permettre tout simplement à tous ces personnels de l'hôpital de faire leur travail correctement,
31:24pour soigner correctement.
31:26Voilà, la manifestation continue.
31:29Merci.

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