- il y a 20 heures
Avec plus de 69 000 lits supprimés entre 2003 et 2017, un manque de personnel criant et une logique financière basée sur la tarification à l’activité, la pandémie a signé le point de non-retour pour les hospitaliers. Les différents intervenants proposent leurs pistes pour revenir aux fondements d’un hôpital public pour tous.
Avec:
Alain Bruneel, député communiste du Nord qui s’était érigé contre la baisse de dotation à l’hôpital de Douai pendant le confinement
Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France,
Yasmina Kettal, infirmière, membre du collectif inter-urgences à l’hôpital Delafontaine Saint-Denis,
Mireille Stivala, secrétaire générale de la fédération CGT de la Santé
Un débat animé par Cécile Rousseau, journaliste à l’Humanité
📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ
La fête de l'Humanité : https://fete.humanite.fr/
Tous nos articles : https://www.humanite.fr/
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/humanite.fr/
Twitter : https://twitter.com/humanite_fr
Avec:
Alain Bruneel, député communiste du Nord qui s’était érigé contre la baisse de dotation à l’hôpital de Douai pendant le confinement
Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France,
Yasmina Kettal, infirmière, membre du collectif inter-urgences à l’hôpital Delafontaine Saint-Denis,
Mireille Stivala, secrétaire générale de la fédération CGT de la Santé
Un débat animé par Cécile Rousseau, journaliste à l’Humanité
📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ
La fête de l'Humanité : https://fete.humanite.fr/
Tous nos articles : https://www.humanite.fr/
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/humanite.fr/
Twitter : https://twitter.com/humanite_fr
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bienvenue dans le débat « Quel hôpital pour demain ? ».
00:02Nous sommes en présence de plusieurs personnalités politiques et du monde de la santé.
00:06Bonjour Amiris Sivala, vous êtes secrétaire générale de la CGT Santé.
00:10Christophe Prudhomme, vous êtes médecin urgentiste, porte-parole de la MUF et également membre de la CGT Santé.
00:16Yasmina Kettal, vous êtes infirmière urgentiste à l'hôpital de La Fontaine à Saint-Denis et également membre du collectif
00:22Interurgence.
00:23Et Alain Brunel, vous êtes député communiste du Nord, spécialiste de la question des hôpitaux
00:26et vous avez notamment organisé un tour de France des hôpitaux en 2018.
00:31Donc nous sommes en présence d'une situation particulière avec le Covid,
00:36avec le passage aux urgences qui augmente, les services de réanimation qui deviennent de plus en plus remplis.
00:42Force est de constater que le CGT de la Santé n'a pas du tout rempli sa mission,
00:45avec notamment 7 500 embauches promises, 400 lits supplémentaires et un crime de 183 euros octroyés au personnel.
00:55On a l'impression évidemment que le système n'a pas changé, que la situation n'est pas en voie
00:59d'amélioration.
01:00Donc moi je voulais un petit peu vous poser la question, Miri Stivala,
01:03qu'est-ce qui fait un petit peu que ce Ségur de la Santé a complètement échoué ?
01:07Il a échoué pour plusieurs raisons.
01:10Depuis plus d'un an, tous les salariés de ce secteur de la santé et de l'action sociale se
01:14sont mis en mouvement,
01:16se sont mobilisés, ont dénoncé déjà des grandes difficultés de prise en charge de la population
01:21et aussi qu'un système hospitalier qui ne pouvait plus répondre à la demande.
01:26Donc il a échoué parce que beaucoup d'annonces ont été faites concernant ce Ségur,
01:31beaucoup de promesses qui n'ont pas été tenues.
01:33Et il y a une grande déception du personnel, étant donné que les mesures salariales contenues à l'intérieur du
01:40protocole
01:40ne sont pas à la hauteur en tout cas de ce que les salariés revendiquaient en la matière.
01:44Mais derrière, c'est un protocole donnant-donnant où on demande aux salariés de faire encore plus d'efforts de
01:50ce secteur
01:51puisqu'ils devront travailler plus.
01:53Il y a une partie de ce protocole d'accord qui attaque frontalement en tout cas l'organisation du temps
01:58de travail.
01:59Ça va être possible avec des négociations locales.
02:02Et c'est pour ça que le personnel considère qu'il a été finalement grugé en tout cas dans les
02:07annonces qui ont été données.
02:08Et on ne répond pas à l'ensemble en tout cas des problématiques de santé et notamment notre système de
02:15santé et son financement
02:16puisque sur les volets en tout cas de financement et surtout des emplois nécessaires pour améliorer les conditions de travail,
02:23il n'y a rien dans ce Ségur.
02:25Et vous vous demandiez par exemple 400, 300 euros d'augmentation de salaire.
02:29Là, on en est loin avec 180 euros dans le cas du Ségur d'Assemblée.
02:33On se demandait, et c'était de manière très large puisque les luttes et les organisations syndicales avaient un socle
02:43commun.
02:44La CGT et d'autres organisations ont lutté ensemble.
02:46Et le socle commun, c'était 300 euros pour tout le personnel.
02:52Ça fait 20 ans qu'il n'y a pas d'augmentation notoire, en tout cas significative dans ce secteur.
02:56Mais au-delà de ça, la demande c'était aussi de regarder toutes les grilles salariales, les rémunérations
03:02qui ne sont pas au niveau de ce qu'il faudrait.
03:05Et ça veut dire enclencher pour toutes les professions ces discussions-là.
03:09Ce Ségur a focalisé essentiellement, le gouvernement a focalisé sur le personnel soignant.
03:13Mais l'hôpital, nos établissements, la santé et l'accent social sont composés de différents professionnels
03:19qui font vivre en tout cas les établissements et prennent en charge la population ou l'accueil.
03:24Et donc ça veut dire qu'il faut aussi regarder les filières ouvrières dont on ne parle jamais,
03:30qui ont fait l'hôpital.
03:31Et c'est un peu l'illustration de ce gouvernement qui a beaucoup encensé toutes ces personnes
03:36qui pendant la crise Covid ont agi, notre secteur, aussi d'autres secteurs.
03:42Et aujourd'hui, finalement, ils ont le sentiment que les négociations en tout cas ne sont pas à la hauteur
03:48et ne répondent pas en tout cas à leurs demandes.
03:50Et surtout la question de l'emploi, puisque notre champ professionnel pourrait recruter des milliers d'emplois,
03:56des centaines de milliers d'emplois, ce qui aujourd'hui dans la crise qu'on vit sociale,
04:01on pourrait être une solution en tout cas en termes d'emplois pour recruter des jeunes dans notre secteur.
04:06On a 100 000 emplois qu'il faudrait créer immédiatement pour l'hôpital,
04:10200 000 emplois dans les EHPAD et encore d'autres emplois pour le secteur social
04:16et pour le secteur de la psychiatrie.
04:19Et en ce moment, en tout cas, notre organisation va aller sur cette campagne
04:22et va aussi recenser dans les établissements, avec les salariés, leurs besoins.
04:27Et ces prochaines semaines, c'est dans cette action qu'on se lancera
04:31pour effectivement recenser et que le personnel puisse défendre cette condition
04:36qui pour, en tout cas, elle est importante.
04:39Enfin, ces conditions, c'est le recrutement de personnel.
04:42Parce que c'est le seul indicateur qui leur fera voir
04:45qu'effectivement, on se préoccupe d'améliorer leurs conditions de travail
04:48pour qu'ils puissent effectivement être aux 35 heures réelles
04:52et partager le travail avec d'autres.
04:54Yasmina Quétal, vous, vous n'étiez pas conviée pour le collectif Interurgence
04:57aux négociations du Ségur, donc vous avez suivi un petit peu tout ça de loin.
05:01Et qu'est-ce qui, le résultat, qu'est-ce qui vous en a inspiré ?
05:06Alors, pour rajouter déjà ce qu'a dit Mireille,
05:10je pense qu'on n'a pas interrogé ce qui nous a tous poussés à nous mobiliser,
05:15c'est-à-dire l'objet de notre travail.
05:17On n'a pas du tout parlé ni amélioré,
05:23ni proposé des choses réelles et tangibles
05:25qui permettent à la fois d'améliorer nos conditions de travail,
05:28mais aussi d'améliorer les conditions de soins.
05:31Et c'est ce qui a été montré pendant le Covid,
05:34c'est que ça a interrogé la manière dont on envisage l'hôpital
05:38et comment est-ce qu'il doit répondre aux prérogatives de la société.
05:42Et ça, ça a été totalement absent,
05:45puisqu'en fait, on n'a pas du tout ni changé de paradigme
05:49sur la manière dont on envisage les soins,
05:52ni l'accès aux soins, ni même...
05:55Tout simplement, les conditions de travail,
05:56en fait, ce qu'elles peuvent nous donner au quotidien,
06:00c'est de pouvoir permettre de soigner les gens correctement.
06:02Et c'est ce qui nous a souvent animés.
06:04Et aussi, le fait d'arrêter de nous maltraiter, nous,
06:07mais aussi d'arrêter de maltraiter les gens.
06:09Et c'est quelque chose qui a été un peu le fil rouge
06:12de toutes les mobilisations qu'on a eues dans le secteur de la santé.
06:16C'est ce qui a aussi beaucoup mobilisé les gens.
06:18C'est le sens, c'est l'objet du travail.
06:21L'objet de notre travail, c'est pas simplement un objet,
06:25c'est des gens, des vies.
06:26Et nous aussi, on s'est retrouvés dans nos vies personnelles
06:31à devenir l'objet du travail.
06:33Et on a vu à quel point ça pouvait être violent
06:35et à quel point ça pouvait être difficile.
06:37Donc tout ça, ça a été totalement absent.
06:39Au-delà de toutes les revendications qui n'ont pas été écoutées
06:43et qui sont restées sans suite,
06:46je pense que c'est ce qui a manqué
06:48et c'est ce qui manque pour redonner un peu de sens et d'attractivité
06:54parce que la question des salaires, c'était aussi de se dire
06:57qu'on avait des problématiques de recrutement qui étaient importantes
07:01aussi parce qu'on a des métiers qui ne sont pas valorisés
07:03et au vu des conditions de travail, il y avait des gens qui partaient.
07:05Dans les services d'urgence, c'est au-delà en fait.
07:07Enfin là, mais effectivement, spécifiquement aussi dans les services d'urgence.
07:10Oui, chez nous comme ailleurs en réalité,
07:12mais c'est vrai qu'aux urgences, c'est un peu le carrefour de toutes les galères.
07:16Donc forcément, on se retrouve dans une situation assez catastrophique.
07:22Mais vraiment, c'est la question de l'attractivité de nos métiers
07:26et puis des lits, de toutes ces questions-là.
07:33Elle a été absente des débats et c'est dommage
07:36puisqu'il a fallu une crise sanitaire pour qu'on commence à grappiller de trois trucs.
07:42Et ce qui est assez terrible, c'est qu'au vu de ce qui s'est passé
07:45et au vu de l'investissement des collègues,
07:49se retrouver face à un demi-Ségur et une demi...
07:55C'est extrêmement... Enfin voilà, c'est pas satisfaisant.
07:58C'est une grosse déception qui soit à la fois professionnelle comme personnelle et politique.
08:03Il y a par exemple la question aussi d'absence de moratoire sur les fermetures de lits,
08:07les fermetures de services.
08:08Ça, c'est quelque chose qui aurait pu être fait dans le cadre du Ségur aussi.
08:12Bien sûr.
08:12Et puis c'est des choses qui nous ont cruellement manqué
08:16à un moment où c'était nécessaire, voire même vital.
08:20Et c'est nous qui nous sommes retrouvés à faire des choix douloureux.
08:23C'est nous qui nous sommes retrouvés à devoir encore une fois
08:26maintenir les murs dans des conditions dégradées.
08:28Et je pense qu'on ne peut pas continuer à tout simplement charger la mule
08:35sans penser qu'il ne va pas y avoir à moyen et long terme
08:39des conséquences dramatiques à la fois pour les patients comme pour les soignants.
08:43Et Christophe Rudhomme, du coup, vous, en termes de gouvernance,
08:46est-ce que vous avez l'impression que le Ségur, ça a été quelque chose d'efficace ?
08:49On sait qu'on a beaucoup critiqué le rôle des agences régionales de santé
08:53dans le cadre de la crise, la gestion de la crise du Covid.
08:55Est-ce que là, on se sort de ce Ségur avec une révolution à ce niveau-là ?
09:00Non, non, absolument pas.
09:01Il y en a changé puisque de toute façon, dans le cadre du Ségur,
09:04c'est le Premier ministre lui-même qui a annoncé qu'une des solutions
09:09est la mise en œuvre plus rapide de la loi Ma Santé 2022
09:13qui ne change rien en termes de gouvernance,
09:16qui maintient ces agences régionales de santé qui ne servent à rien,
09:20qui parfois même sont contre-productives.
09:22On voit que là, aujourd'hui, ce sont les agences régionales de santé
09:25qui organisent les prélèvements.
09:28Les prélèvements, les tests Covid.
09:32Et on voit bien que c'est une catastrophe.
09:33On voit bien que ces structures ne sont pas adaptées.
09:35Et puis surtout, nous avions pris le pouvoir pendant la crise.
09:42C'est-à-dire que les directions n'étaient là que pour répondre techniquement
09:48à ce que nous, nous demandions.
09:50Voilà.
09:51Et comme visiblement l'argent ne comptait pas pendant ces deux mois,
09:56on a pu avoir des moyens.
09:57Mais souvent avec retard parce qu'il n'y avait pas de réserve.
10:01Voilà.
10:01Et là, le problème que l'on a aujourd'hui, c'est que nous sommes revenus,
10:04en termes de gouvernance, à la situation antérieure,
10:08voire même pire, parce qu'aujourd'hui, nous sommes moins nombreux.
10:11Un certain nombre de collègues n'ont pas repris le travail.
10:13D'autres, à la fois, étaient épuisés et déçus par les résultats du Ségur,
10:19démissionnent en ce moment de l'hôpital.
10:21Or, comme il n'y a pas d'embauche.
10:22Alors, les embauches, c'est la possibilité d'ouvrir des lits.
10:25Eh bien, regardez ce qui se passe aujourd'hui.
10:26Alors que nous n'avons pas de deuxième vague.
10:28Nous avons des malades.
10:30Tant qu'on n'aura pas de vaccin, et même si on a un vaccin,
10:32on aura toujours des malades.
10:33Ce sont des malades supplémentaires.
10:35On a repris l'activité classique.
10:38Or, nous sommes revenus au même nombre de lits de réanimation
10:41que nous avions avant la crise.
10:43Nombre que nous avons tous jugé comme très insuffisant.
10:45Et quand nous nous sommes comparés à d'autres pays,
10:48on a bien vu que la crise n'a pas été la même,
10:50voire même qu'il n'y a pas eu de vraie crise
10:52en termes de capacité d'hospitalisation
10:55dans ces pays qui disposaient de plus de lits de réanimation.
10:58Donc, aujourd'hui, alors que le nombre de malades augmente,
11:01nous avons vu qu'à Marseille,
11:02pour quelques dizaines de malades supplémentaires,
11:05dans un département très peuplé,
11:08eh bien, un certain nombre de médecins alertent
11:12sur leur incapacité à accueillir plus de malades.
11:16Donc, ce que nous demandons aujourd'hui,
11:17c'est que si nous voulons passer l'hiver dans de bonnes conditions,
11:20cet hiver-ci, mais le prochain, et puis l'été,
11:23puis tous les longs week-ends,
11:24il nous faut ouvrir immédiatement,
11:27non pas des lits provisoires, saisonniers,
11:29comme l'a annoncé M. Véran dans le Ségur de la Santé,
11:32mais des lits pérennes.
11:33Il faut qu'on augmente de 50% immédiatement
11:35nos lits de réanimation.
11:37Et il faut accepter qu'à l'hôpital,
11:39l'activité n'est pas constante,
11:40il faut accepter qu'il y ait en permanence des lits vides.
11:43Si on gère un hôpital comme un hôtel,
11:46avec un taux d'occupation de 100%,
11:48nous le savons, nous médecins,
11:50ça entraîne une surmortalité,
11:51parce qu'on ne peut pas faire fonctionner un hôpital à flux tendu.
11:53Donc il faut accepter qu'il y ait des lits vides,
11:55il faut accepter des personnels qui, de temps en temps, se reposent,
11:58qui puissent partir en formation,
11:59et puis qui prennent des pauses dans la journée.
12:03Voilà.
12:03Et donc, pour ça, dans un hôpital,
12:05il doit y avoir en permanence au minimum 20% de lits libres,
12:08et dans les réanimations,
12:10au moins 30 à 35% de lits libres en permanence,
12:13parce qu'ils seront disponibles
12:15quand on a une augmentation d'activité.
12:17Et donc, la question de l'emploi est essentielle.
12:20Et quand le gouvernement nous dit,
12:21quand le ministre nous dit,
12:22oui, mais nous n'avons pas le personnel formé,
12:25eh bien, écoutez, il y a des personnes
12:27qui se sont désignées comme volontaires
12:31pour aller travailler en réanimation,
12:32qui se sont formées,
12:33on aurait pu les affecter en réanimation.
12:35On a du personnel des urgences
12:37qui demande à travailler en réanimation,
12:40donc on a ce personnel.
12:41Et pour les remplacer dans les services,
12:43eh bien, écoutez,
12:43oui, il faut 3 ans pour former une infirmière,
12:46il faut 10 ans pour former un médecin,
12:48d'accord ?
12:48Mais on peut travailler différemment.
12:50Et pour soulager le travail
12:52des médecins, des infirmières,
12:54des aides-soignants,
12:55eh bien, on peut embaucher
12:56ce qu'on appelle
12:56des agents des services hospitaliers.
12:58Il n'y a pas besoin de formation,
12:59ils sont formés sur le tas.
13:00Et ensuite, quand ils ont la capacité,
13:02eh bien, ils partent dans les écoles
13:03et puis ils peuvent progresser
13:04dans leur carrière.
13:05Et il y a beaucoup de chômeurs aujourd'hui
13:07qui pourraient être embauchés
13:08comme agents des services hospitaliers.
13:09Et ça permettrait que sur une question
13:11comme l'hygiène,
13:12qui est essentielle,
13:13eh bien, nous n'ayons pas
13:14des entreprises de sous-traitance
13:17dont les employés ont un travail minuté.
13:20Et quand on a besoin, effectivement,
13:23de mettre un coup de propre quelque part,
13:25eh bien, l'agent est parti
13:26dans un autre service.
13:27Donc, si on a des agents
13:28des services hospitaliers,
13:29ce qu'on appelle les ASH,
13:30qui sont affectés dans les équipes,
13:32eh bien, ça soulagera
13:32le travail de tout le monde.
13:33Et c'est ce qu'on demande.
13:34Aujourd'hui, on veut
13:36du personnel supplémentaire.
13:37Et si on ne le fait pas immédiatement,
13:39eh bien, nous allons être
13:41dans une situation très difficile
13:42avec la démission de personnel
13:45toutes catégories confondues
13:46parce qu'ils sont déçus.
13:48Et vous avez même des gens,
13:49j'ai discuté hier
13:50avec un collègue infirmier,
13:51ils pensent même abandonner,
13:54abandonner son métier d'infirmier.
13:56Il est usé,
13:57il a 35 ans,
13:58et il dit,
13:59je vais faire libraire.
14:00Voilà, parce que j'en ai marre.
14:02Voilà la situation.
14:04Et c'est un petit peu
14:05la question de départ aussi
14:06de la gouvernance,
14:06parce que tant qu'il n'y a pas
14:07de prise de conscience
14:08au niveau des ARS,
14:09des directions d'hôpitaux,
14:11c'est pour l'instant,
14:12la politique continue
14:13parce qu'il y a toujours,
14:13comme on disait,
14:14cette technostructure
14:15qui supervise un petit peu
14:16tout l'hôpital public.
14:17Oui, oui,
14:17on a besoin d'administratif,
14:19on a besoin de structures,
14:21de gestion,
14:23mais le problème,
14:24le problème fondamental,
14:26c'est la démocratie.
14:27Voilà,
14:27qui décide,
14:28pouvoir contre pouvoir.
14:30Aujourd'hui,
14:30on a mis des directeurs généraux
14:32de l'ARS,
14:32qui sont des préfets sanitaires,
14:33sans aucun contre-pouvoir,
14:34que ce soit du côté des soignants
14:36ou de la population
14:36ou des élus.
14:37Les élus,
14:38maintenant,
14:38ils n'ont plus rien à dire
14:39dans les ARS.
14:39Ils viennent à quelques commissions,
14:41mais le maire,
14:42avant,
14:42il était président
14:43du conseil d'administration,
14:44et il avait quand même
14:44un droit de veto
14:45sur le budget,
14:46sur le plan d'établissement.
14:47Aujourd'hui,
14:49voilà,
14:49il n'a rien le droit de dire.
14:51Bon,
14:51donc,
14:52c'est un véritable problème.
14:53Nous,
14:53ce que nous souhaitons,
14:54la question,
14:54ce n'est pas une question de pouvoir.
14:55Vous voyez,
14:56un certain nombre
14:56de mes collègues médecins,
14:57ils sont dans des relations de pouvoir.
14:58La question,
14:58ce n'est pas de dire
14:59« il faut supprimer les directeurs ».
15:02Non,
15:02mais par contre,
15:03le directeur,
15:04eh bien,
15:04il doit y avoir un contre-pouvoir.
15:07Et plusieurs contre-pouvoirs,
15:08le personnel,
15:09pas que les médecins,
15:10l'ensemble du personnel
15:14sont les élus.
15:14S'il n'y a pas ces deux
15:15contre-pouvoirs dans l'hôpital,
15:17eh bien,
15:18on va vers une situation
15:19catastrophique
15:21avec des tensions.
15:22Vous savez que les tensions
15:23sont quand même très fortes
15:24aujourd'hui à l'hôpital.
15:25Il y a un certain nombre
15:25de directeurs
15:26qui sont quand même
15:29en difficulté,
15:29même personnellement.
15:31Parce que,
15:33voilà,
15:33il y en a un certain nombre
15:34qui ont quand même
15:34des valeurs de service public
15:36et ils ne croient même plus
15:38aux mesures
15:38qui sont censées appliquer.
15:40Et puis,
15:40ils ont en face d'eux
15:41des gens très agressifs
15:42et ils ont du mal
15:43à leur répondre.
15:44Et justement,
15:45Alain Brunel,
15:45vous êtes fin connaisseur
15:47du dossier.
15:48Vous aviez initié
15:48un tour de France
15:49des hôpitaux en 2018,
15:50donc bien avant
15:50la crise du Covid.
15:52Déjà,
15:52à l'époque,
15:53le bilan de ce tour
15:53des hôpitaux,
15:54c'était de constater
15:55que la situation
15:56était dégradée
15:57et très tendue
15:58à la limite
15:59de la rupture
15:59par endroits.
16:00Donc là,
16:01on a l'impression,
16:02en écoutant tout le monde,
16:03qu'effectivement,
16:04le Ségur n'a pas du tout
16:05été le moment,
16:06le point de départ
16:07de rénovation
16:07de l'hôpital public.
16:09Vous,
16:09à travers ces observations-là,
16:11depuis 2018,
16:12vous avez proposé
16:13à l'Assemblée nationale,
16:14au mois de mai,
16:15une loi de programmation
16:16pour la défense
16:17de l'hôpital public
16:17et des EHPAD.
16:18Donc on rappelle quand même
16:19qu'il y a eu 30 000 morts
16:20du Covid en France,
16:21dont la moitié
16:22dans les EHPAD.
16:22Donc je voulais savoir un petit peu,
16:24je veux que vous nous expliquiez
16:25un petit peu
16:25ce qu'il y avait
16:26dans ce projet de loi.
16:28Ce projet de loi,
16:29il part d'abord du terrain
16:30et puis il s'inspire également
16:32de ce tour de France
16:33des parlementaires communistes.
16:35On a fait 160 établissements.
16:37On n'a pas été non plus
16:38dans l'idée,
16:39voilà,
16:40nous on connaît,
16:40voilà ce qu'il faut faire.
16:41On était dans un esprit
16:42d'écoute.
16:44On a entendu beaucoup
16:45de cris d'alerte,
16:47de cris de colère,
16:48de souffrance exprimée,
16:50mais aussi force de proposition.
16:52Et j'ai trouvé ça
16:53quelque chose de formidable.
16:54Et on a,
16:55à partir de là,
16:56fait une proposition de loi
16:57qu'on a déposée
16:58en octobre 2019
16:59parce qu'on a fait
17:00quatre propositions de loi.
17:01Celle que je viens
17:02de vous présenter,
17:03il y a aussi
17:04une proposition de loi
17:05sur un moratoire
17:06qui n'a jamais eu le jour
17:07et puis une proposition de loi
17:08aussi concernant les maternités
17:10et là,
17:10on est sur une proposition
17:11de loi de programmation.
17:15J'ai interrogé, moi,
17:16le ministre Véran
17:17suite aux conclusions
17:18du Ségur
17:19en disant
17:20Ségur,
17:21demi-mesure,
17:22Ségur,
17:23il ne répond pas aux besoins,
17:24aux aspirations,
17:27des professionnels
17:28de la santé
17:28ou des soignants
17:30d'une manière générale
17:30donc il est à côté.
17:32Je lui ai dit
17:33mais...
17:33Donc il me répond
17:34toujours à côté.
17:34On a un gouvernement
17:36qui ne répond jamais
17:37aux questions.
17:38C'est l'auto-satisfaction.
17:40Et le Ségur,
17:41c'est un coût médiatique
17:42parce qu'on ne va pas
17:43me la faire,
17:44si vous voulez,
17:45le coût du Ségur,
17:47ça fait plus de deux ans
17:48qu'il y a des initiatives,
17:49qu'il y a des manifestations,
17:51qu'il y a des expressions.
17:52Et maintenant,
17:53on va dire
17:53on va faire un Ségur
17:54pour essayer de voir
17:55comment on peut faire.
17:56Mais on avait sur le terrain
17:59le diagnostic
17:59qui avait été posé,
18:01on avait des propositions
18:02qui étaient sur le papier,
18:04tout était là.
18:05Et aujourd'hui,
18:06on dit non,
18:06on va faire le Ségur.
18:07Et on met quelqu'un
18:08pour diriger le Ségur
18:09qui n'est pas du tout
18:11quelqu'un qui va de l'avant
18:12et qui est révolutionnaire
18:13avec la présence
18:14de Nicole Nota.
18:16On a choisi cette personne-là.
18:19Donc déjà,
18:20au départ,
18:20quand on choisit
18:21qui va présider le Ségur,
18:22on sait que c'est foutu.
18:24On sait que c'est foutu.
18:25On sait que ça ne va pas
18:26aller de l'avant.
18:26Et c'est ça qui est dramatique.
18:28Et c'est ça qui est grave.
18:29Aujourd'hui,
18:29quand on ne répond pas
18:30et quand le ministre
18:31fait de l'autosatisfaction,
18:33moi je dis,
18:34il faut qu'on arrête.
18:35Qu'il arrête le docteur Véran.
18:38Qu'il arrête.
18:39Qu'il arrête parce que
18:40ils font tout,
18:41regardez sur les enseignants,
18:42ils vont faire aussi
18:43le grenelle des enseignants.
18:44Ils font plein de choses
18:46comme ça pour faire dire
18:47écoutez, nous on est tranquille,
18:48vous voyez,
18:48on fait,
18:49c'est le discours,
18:50c'est le dialogue
18:51avec les uns et les autres.
18:52Non, il n'y a rien qui répond.
18:53Et moi, je partage aussi
18:54ce qu'il dit Christophe.
18:56Quand on lit
18:57les conclusions du Ségur
18:58et notamment
18:59le discours de Véran,
19:00c'est de dire
19:02on ne va pas changer de cap,
19:04mais on va changer de rythme.
19:05Donc changer de rythme
19:06pour aller plus vite
19:07dans le cadre de
19:08Ma Santé 2022,
19:09dont je rappelle
19:10qu'il était le rapporteur général
19:12et qu'il a co-écrit
19:13ou qu'il a écrit,
19:14tout simplement.
19:14Donc il défend son propre projet de loi.
19:17Mais on n'a pas,
19:18on a fait vraiment abstraction
19:19de tout ce qui a été dit,
19:20de tout ce qui a été fait.
19:22Et quand on parle du Covid
19:23et tout ce qui s'est passé
19:25dans les hôpitaux
19:25et toute cette solidarité
19:27se dynamise,
19:28comment tout a été inventé,
19:30comment de la femme de ménage
19:31jusqu'au chef de pôle
19:32aux chirurgiens
19:32en passant par tous les infirmiers,
19:34il y a eu cette solidarité
19:35qui s'est exprimée
19:37et il y a eu des inventions.
19:38On n'a pas eu besoin
19:39de projet de loi,
19:40on n'a pas eu besoin
19:40de Ségur pour mettre ça en place.
19:42On a fait la preuve
19:43qu'on est en capacité
19:45d'organiser la santé.
19:46On a fait la preuve
19:47qu'on a en capacité
19:48de recevoir des patients.
19:49C'est ça.
19:50Et on a fait la preuve
19:51qu'on est en capacité
19:51de faire tourner l'hôpital.
19:52D'abord, je le signale toujours
19:54et je le dis, je le répète,
19:56les hôpitaux tournent
19:57grâce au personnel soignant.
19:59Ils ne tournent pas
19:59grâce au gouvernement,
20:00ils tournent grâce
20:01au personnel soignant.
20:02Il n'y a plus de personnel soignant,
20:03il n'y a plus d'hôpitaux.
20:04Donc voilà ce que je veux dire.
20:05Je reviens sur ma loi de programmation,
20:06c'était la question.
20:09La loi de programmation,
20:10l'idée forte était la suivante,
20:12c'est de dire,
20:12nous, on est toujours
20:13au niveau de l'Assemblée nationale,
20:15donc à ce qu'on appelle
20:16le projet de loi de finance
20:17de la sécurité sociale
20:18qui tombe en octobre.
20:19Et là, il y a une enveloppe,
20:23on dit, voilà,
20:23pour l'hôpital,
20:24il y a une enveloppe,
20:25ce qu'on appelle l'ONDAM,
20:26l'objectif national
20:27de dépense d'assurance maladie.
20:29Et on dit, cette enveloppe,
20:31voilà, on va l'augmenter de 2%,
20:32elle est de 84 milliards
20:33pour les hôpitaux,
20:34on va l'augmenter de 2%, etc.
20:36Là, c'était le contraire.
20:37Qu'est-ce qu'on va faire
20:38aujourd'hui pour les hôpitaux
20:40et comment on va trouver l'argent
20:41pour satisfaire l'orientation
20:43et comment on va le faire
20:44sur les 5 ans ?
20:45Qu'est-ce qu'on a besoin aujourd'hui ?
20:47Est-ce qu'il ne faut pas faire
20:47mettre tout à plat
20:48au niveau des bassins de vie,
20:49bassin de vie par bassin de vie,
20:51qu'on appelle un moratoire ?
20:52Qu'est-ce qu'il manque
20:52dans le bassin minier,
20:53par exemple ?
20:54Donc, on manque cruellement
20:55de, parce que j'y suis,
20:57évidemment,
20:57on manque cruellement
20:58de moyens sanitaires.
20:59Qu'est-ce qu'on va faire
21:00sur le bassin minier ?
21:00Qu'est-ce qu'on va faire
21:01aussi dans les hôpitaux ailleurs ?
21:03Voilà, c'est ça l'idée forte.
21:04C'est-à-dire qu'on programme,
21:05mais on ne programme pas tout seul.
21:07On programme avec
21:09les professionnels de la santé.
21:10On programme aussi
21:11avec les citoyens
21:12parce que là,
21:12on parle du personnel de santé.
21:14Mais les patients,
21:14ils ont aussi leur mot à dire.
21:16Et les familles,
21:17ils ont aussi leur mot à dire.
21:18Ils ont des choses à exprimer.
21:19Il y a des associations
21:20de patients
21:23avec les familles
21:24qui s'organisent
21:25et ils ont raison.
21:26On a besoin de tout le monde.
21:27Et quand on parle des élus
21:28qui y sont ou qui ne sont pas,
21:30il y a des élus
21:30qui s'en foutent.
21:31L'hôpital peut crever.
21:33Ils disent toujours
21:33« Oui, amen ».
21:34Bon, si je prends la majorité,
21:35c'est ce qu'elle fait.
21:36La majorité,
21:37elle peut crier au scandale
21:38dans un endroit
21:39en disant
21:39« Ouais, c'est pas bien,
21:40mon hôpital. »
21:41Mais ils votent.
21:41Ils votent le PLFSS,
21:43ils votent toutes les lois.
21:44Et quand on présente
21:45la loi de programmation,
21:46ils disent
21:46« C'est compliqué.
21:49On ne peut pas faire.
21:50Ou on va trouver l'argent.
21:52Mais vous ne mettez pas
21:52le privé dedans,
21:53M. Brunel.
21:54Vous ne mettez pas le privé. »
21:55Mais je dis
21:56« Où on a supprimé 100 000 lits,
21:58c'est dans le public.
21:59Où il manque du personnel,
22:01c'est dans le public.
22:02Où il y a une souffrance,
22:03c'est dans le public.
22:04Qui c'est qui crie ?
22:05C'est les urgences. »
22:06Je dis « On va comparer aussi
22:08les dividendes
22:09qui sont distribués
22:09dans les groupes privés. »
22:12Et ça,
22:12quand on pose cette question-là,
22:14« Elle privée,
22:14elle privée, elle privée. »
22:16C'est qu'on dit
22:16« Nous, on n'a pas envie
22:17de répondre pour l'hôpital public. »
22:18C'est ça que ça veut dire.
22:19Il y a un malaise.
22:20Il y a un malaise.
22:21Moi,
22:22sincèrement,
22:23je vais aller jusqu'au bout.
22:24J'ai toujours été jusqu'au bout
22:25avec mes collègues parlementaires
22:27communistes
22:28et puis d'autres collègues
22:29qui sont aussi
22:30sur ces questions-là.
22:31Je pense que ce n'est pas fini.
22:32Le Ségur n'a pas enterré
22:36cette mobilisation
22:36très très forte des soignants
22:38et n'a pas enterré non plus
22:39cette mobilisation des citoyens.
22:41Et je pense qu'on va
22:42continuer à le faire
22:43pour montrer de toute façon
22:44ici,
22:44comme deuxième vague,
22:46comment on va faire.
22:47Tout le monde est déjà épuisé.
22:48Comment on va faire ?
22:49Et c'est ça qu'il faut
22:51qu'on regarde de plus près.
22:52Et du coup,
22:53dans cette autre programmation,
22:54comment ça se passerait ?
22:56Vous feriez une consultation
22:57des personnels
22:58comme en 2018 ?
22:59Enfin,
23:00concrètement,
23:00comment pourriez avoir
23:01un peu cette évaluation
23:03des besoins
23:04sur l'ensemble du territoire ?
23:05Alors,
23:05tout seul,
23:06on ne peut pas le faire.
23:06C'est pour ça que j'ai dit
23:07qu'il faut un moratoire.
23:08Il faut qu'on fasse
23:09un moratoire,
23:09qu'on fasse l'état des lieux
23:10de ce qui existe
23:11au niveau des bassins de vie.
23:12Moi,
23:12je parle par bassin de vie,
23:13pas forcément par territoire.
23:15Un territoire,
23:15c'est vaste,
23:16un bassin de vie,
23:16c'est plus restreint.
23:18Donc,
23:18je parle à ce niveau-là.
23:19Donc,
23:20bassin de vie,
23:21bassin de vie,
23:21on va pas s'apercevoir
23:22qu'il va manquer
23:23au nombre de lits,
23:25qu'il va manquer
23:25au nombre de médecins,
23:26qu'il va manquer
23:26des aides-soignants,
23:27qu'il va manquer aussi
23:28des spécialités,
23:29qu'il faut qu'une offre
23:29de soins
23:30sont beaucoup plus grandes.
23:31Il y a des endroits,
23:32il n'y a pas d'offres de soins,
23:32il faut partir
23:33quelques kilomètres
23:34pour pouvoir
23:34se faire soigner.
23:36Il faut aussi regarder
23:37dans cette loi de programmation,
23:38c'est-à-dire,
23:39il ne faut pas
23:39qu'on dépasse 30 minutes.
23:4230 minutes
23:42pour pouvoir se soigner.
23:44Quelqu'un qui habite
23:45dans un pays,
23:47le plat pays
23:47qui est le mien,
23:49lui,
23:4930 minutes,
23:50ça va vite.
23:51Voilà.
23:51En montagne,
23:5230 minutes,
23:53c'est pas pareil.
23:54Voilà,
23:54c'est ça la différence.
23:55Quand on dit,
23:55c'est pas au niveau
23:56des kilomètres
23:57que ça doit se regarder,
23:58ça doit se regarder
23:58au niveau du temps
24:00qu'on va passer
24:00sur les routes.
24:01Bon,
24:01c'est ça qui est très fort
24:03de cette loi de programmation,
24:04c'est-à-dire que
24:05cette loi de programmation,
24:06elle doit mettre en place
24:07l'expression,
24:08l'aspiration,
24:09les revendications
24:10et les propositions
24:11que font les soignants
24:12à travers leur organisation
24:14parce qu'eux,
24:14ils savent mieux que nous.
24:16Nous,
24:16on n'est que des relais,
24:16les politiques.
24:18Un député,
24:18ça fait la loi.
24:19Mais s'il fait la loi
24:20tout seul,
24:21ça ne sert à rien.
24:22Il doit faire une loi
24:23en fonction de ce que
24:24expriment les citoyens.
24:26Et sortir du coup
24:26de cette logique gestionnaire
24:28qui est à l'œuvre maintenant,
24:29renverser un petit peu
24:30le système.
24:31Je n'ai pas compris.
24:32Vous voulez renverser
24:32un petit peu le système,
24:33sortir de ce système
24:35gestionnaire
24:35qu'il y a maintenant ?
24:36Le système tel qu'il est
24:37actuellement,
24:38c'est le Ségur.
24:39C'est-à-dire qu'il roule
24:41aujourd'hui simplement
24:42pour une politique
24:43ultra-libérale.
24:44Il ne roule pas en fonction
24:45des patients,
24:46des soignants
24:46et des citoyens.
24:47Quand on regarde l'argent
24:48qu'ils mettent sur les entreprises,
24:50avec le plan de relance,
24:5220 à 30 milliards,
24:53quand ils exonorent
24:55les cotisations sociales,
24:57il y a,
24:57sur 2019,
25:00il y a eu 63 milliards
25:03d'exonérations
25:04au niveau des cotisations sociales.
25:06Il y a plus de 93 dispositifs
25:08qui permettent aux uns et aux autres
25:09de ne pas payer
25:10les cotisations sociales.
25:11L'État, lui,
25:12doit rembourser à l'euro près.
25:13Sauf que l'État a dit,
25:15à un moment donné,
25:18lorsque il y a les heures
25:19supplémentaires,
25:20puisqu'il va avoir,
25:21c'était Darman à l'époque,
25:21puisqu'il va y avoir
25:22un excédent
25:24au niveau de la sécurité sociale,
25:26à peu près de 2 milliards
25:27à 3 milliards,
25:28on va demander
25:29à la sécurité sociale
25:30de payer
25:31d'exonération
25:33des heures supplémentaires,
25:34des charges sociales
25:35d'heures supplémentaires,
25:36qui revient à 2 milliards.
25:37C'est scandaleux, ça.
25:38C'est complètement scandaleux
25:39de faire.
25:41Et la grande nouveauté,
25:43c'est de dire,
25:43on va présenter
25:45le budget recette de l'État
25:47et le budget recette
25:49de la sécurité sociale
25:50en même temps.
25:50il y aura une discussion
25:52commune.
25:52Vous vous rendez compte ?
25:54Ça veut dire que
25:55là où il y a de l'argent,
25:56on va...
25:57Et après,
25:58je termine là-dessus
25:59parce qu'il faut vraiment
26:00changer la tendance.
26:02L'État, il dit,
26:03moi je prends 10 milliards
26:04sur la dette
26:05des investissements
26:06des hôpitaux,
26:07sur les 30 milliards,
26:07je prends un tiers.
26:09Et il dit,
26:11avec les intérêts,
26:12ça va nous amener
26:13à 13 milliards.
26:15Qui c'est qui va payer ?
26:17C'est les citoyens.
26:19Et si vous avez
26:19qui vont payer comment ?
26:20Ils ont le CRDS
26:21qui devait se terminer
26:23en 2024,
26:23il va se prolonger
26:24jusqu'en 2033.
26:26Et donc,
26:26ça rentre dans la dette sociale.
26:28C'est dit comme ça.
26:30Donc, l'État décide
26:31et en même temps,
26:32c'est les citoyens
26:33qui payent.
26:3390 milliards par rapport
26:35aux dispositifs
26:36qu'ils ont pris
26:36au niveau du Covid
26:38avec le temps partiel,
26:41les cotisations
26:42qui ne sont pas payées,
26:43etc.
26:4390 milliards.
26:45L'État a décidé
26:4690 milliards
26:47et c'est les citoyens
26:49qui vont payer
26:49avec la cotisation
26:50au CRDS.
26:51C'est ça le fond du problème.
26:53L'État ne prend pas
26:53ses responsabilités.
26:55Là, on a adressé
26:57un constat d'échec total
26:58du Ségur de la Santé
27:00pour ceux
27:00qui n'auraient pas compris.
27:02Si on vous demandait
27:03pour imaginer
27:04l'hôpital de demain
27:04à chacun d'entre vous
27:05une mesure,
27:06je vous parle à vous
27:07Yasmina Kettal,
27:08par exemple,
27:09pour là,
27:09on voit bien
27:09qu'il y a de nouveau
27:10un afflux
27:10dans les services d'urgence.
27:12Qu'est-ce qui pourrait faire
27:13là qu'on améliore
27:15la situation
27:15et qu'on imagine
27:16un meilleur fonctionnement
27:17du service d'urgence
27:18dans l'avenir ?
27:21Une seule,
27:21ce serait quand même
27:23assez difficile.
27:25Je pense qu'être
27:26en nombre suffisant
27:28pour pouvoir
27:28s'occuper des gens
27:30ce serait la base,
27:32honnêtement.
27:33Parce que,
27:35pour nous,
27:36c'est à la fois
27:36le fait de pouvoir
27:39faire notre travail
27:40correctement
27:41et puis rendre
27:42un service public
27:42de qualité
27:43et pas la qualité
27:44comme on entend
27:45à l'hôpital
27:45qui serait une qualité
27:46statistique
27:47ou une qualité
27:49qui répondrait
27:50à des objectifs
27:51chiffrés ou normés,
27:52mais bien
27:53le sentiment
27:54de pouvoir
27:56véritablement
27:56avoir des effets
27:58bénéfiques
27:58sur la population
27:59ce qui est la base
28:00de notre boulot.
28:01Je pense que ce serait
28:02les effectifs.
28:03En fait,
28:04là-dessus,
28:05il y a des endroits
28:06où c'est normé,
28:07notamment la réanimation
28:09où on se dit
28:10que pour tant de patients,
28:12il faudrait tant de soignants
28:13parce qu'on estime
28:14qu'il y a
28:18besoin de pouvoir
28:20correctement
28:21prendre en charge
28:21les patients.
28:22Je pense que ça pourrait
28:23être envisagé
28:24dans plein d'endroits
28:24et ça pourrait être
28:27bénéfique pour tous.
28:28Après,
28:29je pense que c'est
28:29tout simplement
28:30arrêter de penser
28:32la logique de l'hôpital
28:33à flux tendu.
28:34C'est juste ça
28:34et ça nous a bien montré
28:36que ce soit
28:37pendant le Covid
28:38comme à d'autres moments
28:40que le flux tendu,
28:41ça ne peut pas marcher
28:41dans un système de santé
28:43puisque l'objet
28:44de notre travail,
28:45ça ne peut pas être
28:45à flux tendu.
28:47Et tout ce qui nous a manqué,
28:48que ce soit en termes
28:49de matériel,
28:49d'effectifs,
28:50de lits,
28:51ça a bien montré
28:51qu'on a grappillé,
28:53grappillé,
28:53et qu'il n'en reste
28:55plus qu'un gruyère
28:56et ça,
28:59je pense que ça a été
29:01l'une des plus grosses
29:02problématiques
29:03pendant le Covid
29:04notamment,
29:05mais qui était déjà
29:06visible bien avant.
29:08Alors là,
29:09pour éviter aussi
29:09l'afflux
29:10dans les services d'urgence,
29:11est-ce qu'il ne faudrait pas
29:12aussi améliorer
29:13un petit peu
29:13la prise en charge
29:14en amont des patients
29:15parce qu'effectivement,
29:16on dit toujours déjà
29:17en temps normal
29:17que les urgences
29:18sont trop engorgées.
29:19Là, évidemment,
29:19avec le Covid,
29:20ça a explosé
29:21de manière exponentielle.
29:23Est-ce qu'il n'y a pas
29:23aussi une solution
29:24à faire
29:25même avant
29:26d'arriver
29:26dans votre service
29:27d'urgence ?
29:28Oui et non
29:29parce qu'il y a déjà
29:29des patients
29:30qui vont aux urgences.
29:33On dit souvent
29:34que les patients
29:36ne viennent pour rien
29:36et tout,
29:37ce n'est pas vrai.
29:40Souvent,
29:41c'est aussi
29:41parce qu'effectivement,
29:42il y a une problématique
29:43de prise en charge
29:43au long cours.
29:45Moi,
29:45dans mon département,
29:47c'est quand même
29:48un désert médical,
29:49les prises en charge
29:50des pathologies,
29:53notamment les pathologies
29:54chroniques,
29:55le suivi.
29:56Il y a plein de choses
29:56qui pourraient être évitées,
29:57des états de santé
29:58qui pourraient être évités,
29:59notamment par un meilleur suivi.
30:00Après,
30:01je pense que
30:02ancrer,
30:04c'est un peu bateau à dire,
30:05mais ancrer la santé
30:06dans le territoire
30:07avec ses spécificités
30:08et ses particularités
30:09et que les moyens
30:12nécessaires soient donnés
30:13dans les territoires
30:14qui en ont plus besoin,
30:15ça devrait être la base
30:16et effectivement,
30:17améliorer tout le maillage.
30:19à Saint-Denis,
30:19on a assez peu
30:20de médecins traitants
30:21qui sont pris d'assaut.
30:23Il y a des centres de santé
30:24mais qui sont aussi
30:25pris d'assaut.
30:26Pouvoir prendre un rendez-vous
30:27avec un spécialiste,
30:29c'est compliqué.
30:30De toute façon,
30:31ce qu'avaient montré
30:32à l'époque
30:34les premiers moments
30:36de la crise des urgences,
30:37c'est qu'effectivement,
30:38on se retrouvait
30:39en plein milieu
30:40d'un carrefour
30:41de dysfonctionnement,
30:43que ce soit au sein
30:43de l'hôpital
30:44mais aussi en ville,
30:45malgré toutes les bonnes
30:46volontés des uns
30:47et des autres.
30:53On doit avoir
30:54une politique de santé
30:54qui ne soit pas
30:57une politique financière.
30:58C'est un peu bête
30:59à dire ça comme ça
31:00mais c'est la vérité,
31:00qui ne soit pas
31:01juste une politique financière
31:02mais bien une politique
31:03de services publics
31:04et de services rendus
31:05à la population.
31:06Aussi parce que les gens,
31:07si on les interroge,
31:08je pense que c'est
31:09extrêmement important
31:10de se faire bien soigner
31:12et d'avoir un accès
31:13facilité aux soins
31:14et que dans la mesure
31:16où c'est une priorité
31:17pour les gens
31:18qui constituent la cité,
31:19on devrait s'en occuper,
31:22s'en charger.
31:23Justement,
31:24sur la question
31:24du financement
31:25des hôpitaux,
31:26Christophe Prudhomme,
31:26on voit qu'on n'est pas
31:27du tout sorti
31:28de la T2A.
31:29Est-ce que là,
31:31ce ne serait pas le moment
31:32par exemple,
31:33comme mesure
31:33pour sortir de l'hôpital,
31:36la crise de l'hôpital actuelle ?
31:37Oui, il y a les mesures immédiates.
31:39Ce que dit Yasmina,
31:40c'est que la priorité
31:41aujourd'hui,
31:42c'est l'emploi.
31:44Ce sont des collègues
31:45supplémentaires.
31:46Mais on ne pourra pas
31:47accueillir tous les patients
31:48aux urgences.
31:49Donc la question,
31:49ce n'est pas l'hôpital,
31:50c'est le système de santé.
31:51Tant qu'on ne remettra pas
31:53le système de santé
31:56qui s'organise
31:58autour des deux principes
31:59qui sont le service public
32:03et donc un financement
32:06intégral par la sécurité sociale,
32:08on ne s'en sortira pas.
32:09C'est-à-dire que
32:10les dysfonctionnements majeurs
32:12de notre système de santé
32:13aujourd'hui,
32:13c'est la mixité publique-privé.
32:15Voilà,
32:16c'est générateur de surcoûts.
32:17Il n'y a aucune organisation
32:19territoriale.
32:20Et donc,
32:21il faut sortir de la logique
32:22que la santé
32:24ne peut relever
32:25du secteur marchand.
32:26Or, en France,
32:27nous avons un système mixte.
32:28On n'a jamais été
32:29jusqu'au bout
32:29des préconisations
32:31du programme
32:32du Conseil national
32:33de la résistance.
32:34On n'a jamais eu
32:35la sécurité sociale intégrale,
32:36on a conservé
32:37les assurances maladies
32:38complémentaires
32:38et on a conservé
32:40un système libéral
32:41et les clés privés.
32:42Il faut savoir
32:43que la France
32:44est le pays d'Europe
32:45où la part du secteur privé
32:47de l'hospitalisation
32:47est la plus puissante.
32:49Et alors,
32:49si on prend
32:50ce qu'ils appellent
32:51l'orgré,
32:51les EHPAD,
32:52c'est une catastrophe.
32:53Et on a vu
32:54qu'une partie de la mortalité
32:55dans les EHPAD
32:55était due justement
32:56au manque de personnel
32:58et à cette gestion marchande
32:59puisque l'objectif
33:00n'était pas d'améliorer
33:01la prise en charge
33:02des personnes âgées,
33:03mais c'était
33:04d'augmenter
33:05les dividendes.
33:06Parce que
33:07c'est antinomique,
33:08on peut être
33:08pour ou contre le marché,
33:09mais il arrive
33:10à un moment donné,
33:10si on dit
33:11qu'effectivement
33:12on laisse les investisseurs
33:13rentrer dans le monde
33:14de la santé,
33:15le rôle d'un investisseur
33:17c'est le meilleur retour
33:18sur investissement.
33:19Donc il faut être clair,
33:20le projet politique,
33:22il doit être
33:23plus de secteur privé,
33:26public ou parapublic,
33:28c'est-à-dire du privé
33:28non lucratif.
33:29Voilà.
33:30Et donc les propositions
33:31aujourd'hui,
33:31ce n'est pas de parler
33:32que de l'hôpital.
33:33Si on veut moins
33:33de passage aux urbains,
33:34il faut qu'on ait
33:34des centres de santé,
33:35comme ça existe
33:36dans un certain nombre
33:36de pays,
33:37qui sont ouverts
33:37pour certains jusqu'à
33:3822h jusqu'à minuit,
33:40ce qu'on appelle
33:40un petit plateau technique.
33:41Aujourd'hui,
33:41vous pouvez le médecin moderne,
33:43ce n'est plus le stéthoscope.
33:44Le stéthoscope,
33:44ça date de l'Aenec.
33:46L'Aenec,
33:46c'était un chirurgien
33:47du temps de Napoléon.
33:48Le stéthoscope moderne,
33:49c'est ça,
33:51avec une sonde
33:52et ça s'appelle
33:52un échographe.
33:54Voilà.
33:54Et donc on peut faire
33:54des échographies très facilement.
33:56Les infirmières en font aussi
33:57des échographies
33:57sur certains gestes.
33:58On peut faire
33:59sur une goutte de sang
34:00des examens biologiques.
34:02Donc si vous avez ça
34:03dans un centre de santé
34:05ouvert sur des plages horaires
34:06suffisantes,
34:07les gens ne viendront pas aux urgences.
34:08Parce que pourquoi
34:08les gens viennent aux urgences ?
34:09Vous allez voir votre médecin,
34:10il est dans son cabinet,
34:12même s'il est dans une maison
34:12de santé pluriprofessionnelle,
34:15ils saient les médecins
34:15les uns à côté des autres,
34:17ils vous prescrivent une radio,
34:18il faut prendre rendez-vous
34:18au cabinet de radiologie.
34:20Encore,
34:20il faut trouver
34:20un cabinet de radiologie,
34:22il faut prendre rendez-vous
34:23pour la prise de sang
34:24au centre de biologie,
34:25vous venez aux urgences,
34:25même si vous attendez 6 heures,
34:27vous avez tout sur place.
34:28Voilà.
34:28Donc ce n'est pas
34:29qu'une question de facilité.
34:31Les gens ne sont pas bêtes,
34:33c'est la performance.
34:34On est trop performant
34:35aux urgences.
34:35Voilà.
34:36Donc la question,
34:37c'est de réorganiser le système.
34:38Et bien réorganiser le système,
34:39c'est le service public
34:40de l'aménagement du territoire
34:42et un financement intégral
34:43par la sécurité sociale.
34:45Voilà.
34:45Et un financement intégral
34:45par la sécurité sociale,
34:46c'est la fin des assurances
34:47maladies complémentaires
34:48qui sont aujourd'hui
34:49les chevaux de trois
34:50pour tuer la sécurité sociale.
34:51Et bien un système
34:52de sécurité sociale unique,
34:54collecteur unique,
34:55financeur unique,
34:56c'est économique
34:57parce que le coût de gestion
34:58des assurances maladies complémentaires,
35:00c'est 20 à 25 %
35:01des cotisations
35:03des gens qui sont affiliés
35:04à ces assurances maladies complémentaires.
35:05Alors est-ce que ça serait
35:06un doux rêve
35:07de syndicalisme,
35:08de politique,
35:09et bien non,
35:10parce qu'il y a trois départements
35:11en France où ça existe,
35:12ça, un système un peu équivalent,
35:14et bien c'est l'Alsace-Moselle.
35:17Voilà.
35:17Donc la question aujourd'hui,
35:19c'est une question
35:19de volonté politique.
35:20Et je peux vous dire
35:21que dans un système
35:23service public,
35:24sécurité sociale unique,
35:25on fait des bonnes économies
35:27qui permettent
35:27de dégager de l'argent,
35:28non pas pour faire des économies
35:29et diminuer le budget,
35:30mais pour mieux utiliser l'argent
35:32et limiter la hausse des dépenses.
35:34Parce qu'il faut bien comprendre
35:35que dans un pays riche
35:36et développé,
35:37avec des progrès techniques,
35:38la part des dépenses de santé
35:40dans le produit intérieur brut
35:41ne pourra qu'augmenter,
35:43autrement on régressera.
35:44Et on a de la marge,
35:45parce que regardez,
35:45le pays où le secteur de la santé
35:47est le plus marchand,
35:48ce sont les États-Unis,
35:49ils sont à 17%
35:50de nos produits intérieurs brut
35:51consacrés aux dépenses de santé.
35:54Avec un système de santé
35:54qui est moins bon que le nôtre,
35:55en termes de performance,
35:57ils sont au niveau,
35:58de la 40e place au niveau mondial,
36:00c'est au même niveau
36:00que le Costa Rica.
36:02La différence entre les 12%
36:04qu'on dépense nous
36:05et leurs 17%,
36:06c'est le business,
36:07c'est la rémunération
36:08des actionnaires, etc.
36:10Voilà.
36:10Donc, il y a des solutions
36:11et nous, ce qu'on demande,
36:13et nous, ce qui nous intéresse
36:14de participer à des débats politiques,
36:15puisque la fête de l'Humas,
36:16c'est un grand espace politique,
36:18c'est qu'on invente
36:19ensemble des solutions
36:20et pas des solutions
36:21qui soient des solutions
36:21d'épiciers.
36:23Mais, si on veut
36:24une mobilisation
36:25et un espoir
36:26des personnels
36:26de la population,
36:28il faut placer
36:29des objets qui font assez haut.
36:30Alors, on peut dire
36:30oui, vous rêvez.
36:31Non, non, on ne rêve pas.
36:32Aujourd'hui,
36:32le service public,
36:33c'est une vraie question.
36:34Et aujourd'hui,
36:34la population pense
36:35que la santé relève
36:36du service public
36:37très majoritairement.
36:38Et quand on dit
36:38une sécu intégrale,
36:40on n'invente pas la poutre.
36:41C'est l'application intégrale
36:43du Conseil national de résistance
36:45et ça existe
36:45dans trois départements français.
36:47Juste pour revenir
36:47sur la question quand même
36:48de la T2A,
36:49qui est au cœur
36:50du système de l'hôpital public
36:51parce que là,
36:51on parle de système public,
36:52système privé,
36:53mais il y a aussi
36:53cette question
36:54de la tarification
36:55à l'activité
36:55qui a été mise en place
36:56depuis 2008
36:57et qui vraiment
36:58a grignoté petit à petit
36:59le financement
37:00de l'hôpital public
37:01et a généré
37:01des conséquences
37:03de déficit en cascade.
37:04Est-ce que ça,
37:05il ne faut pas
37:05complètement en finir aussi ?
37:07Il faut en finir
37:07quand, voilà,
37:08j'ai parlé de généralité.
37:09Après, ce sont les outils,
37:10les outils de gestion.
37:11La rémunération à l'acte,
37:13que ce soit la tarification
37:13d'activité à l'hôpital
37:14ou la rémunération
37:15à l'acte en ville,
37:15il faut en sortir.
37:16D'ailleurs, regardez,
37:18là, depuis quelques mois,
37:20nous assistons
37:21à la création
37:22de centres de santé
37:24municipaux, départementaux
37:25avec des médecins salariés.
37:26Donc, il n'y a plus
37:26de rémunération à l'acte
37:27et ça répond,
37:28effectivement,
37:29à une demande
37:30des citoyens
37:31parce qu'un médecin salarié,
37:34il fait le tiers payant intégral.
37:36Donnez votre carte vitale,
37:37c'est bon.
37:37Il n'y a plus
37:37de dépassement d'honoraires.
37:39Voilà.
37:40Et donc,
37:40et ils travaillent en équipe.
37:42Donc,
37:42l'accessibilité
37:43est améliorée.
37:44et ça permet
37:45de réguler l'installation.
37:50Une méthode de gestion,
37:51c'est de la comptabilité analytique.
37:53La comptabilité analytique,
37:54c'est pour savoir
37:54ce qu'on a dépensé.
37:56Ce n'est pas pour programmer
37:57ce qu'on doit dépenser.
37:59Puisque la logique
38:02que décrivait tout à l'heure
38:04Alain,
38:04c'était quoi ?
38:05C'est, on nous vote,
38:06enfin,
38:06les parlementaires votent
38:08la loi de finances
38:09et la sécurité sociale.
38:10On dit,
38:10cette année,
38:10vous ne pouvez pas dépenser plus.
38:12Mais cette année,
38:12s'il y a une grosse épidémie de grippe,
38:13on va dépenser plus.
38:14Donc, on fait un déficit
38:15et après,
38:16on est dit,
38:16il faut faire des économies.
38:17Donc, c'est la logique
38:18de la tarification à l'activité.
38:19Non,
38:19on veut des lois de programmation
38:21qui nous permettent
38:22qu'effectivement,
38:24il y ait une fourchette
38:25de dépenses
38:26qui soit prévue.
38:27Et puis,
38:28si on dépasse
38:29parce qu'il y a des raisons
38:30objectives
38:30qui font qu'on dépasse,
38:32eh bien,
38:32on réajuste
38:33le niveau de cotisation
38:34à hauteur
38:35pour qu'on ne soit pas
38:36en déficit.
38:37Et puis,
38:38il y a des discussions politiques
38:39pour savoir si l'argent
38:40est bien utilisé,
38:41bien sûr.
38:41Ce n'est pas un guichet ouvert.
38:43Mais le déficit
38:46de la sécurité sociale,
38:48c'est un artifice politique
38:49des libéraux
38:51pour casser le système
38:52de santé
38:52en nous disant,
38:53regardez,
38:54vous êtes des mauvais,
38:55vous êtes en déficit,
38:56donc il faut faire des économies.
38:57Et comme les économies
38:58dans le système de santé,
38:59c'est quoi ?
38:59C'est majoritairement
39:00les emplois.
39:01Eh bien,
39:02on supprime les emplois.
39:02Et on est dans la situation
39:03qu'on connaît aujourd'hui.
39:05Du coup,
39:05dans le cadre de Ségor de la Santé,
39:07beaucoup d'acteurs se sont dit,
39:08c'est le moment
39:09de faire table rase,
39:10changeons le système.
39:11On a compris
39:11que ça n'avait pas eu lieu.
39:12Mireille Stivala,
39:13vous,
39:13pour la CGT,
39:14vous aviez présenté
39:14un plan ambitieux
39:15pour repenser
39:18un petit peu
39:18tout ce système
39:19et notamment
39:19au niveau du financement
39:20en disant,
39:21voilà,
39:21nous,
39:21on a un plan ambitieux
39:22avec des embauches
39:24pour un goût
39:25de 57 milliards d'euros
39:26mais qui finalement
39:27serait amorti
39:28par des exonérations
39:29de cotisations,
39:29des choses comme ça.
39:30Est-ce que vous pouvez
39:30nous rappeler un petit peu
39:32quel programme
39:33vous avez mis sur la table
39:34qui n'a pas du tout
39:34été entendu par le gouvernement ?
39:36On avait plusieurs propositions.
39:37On s'est déjà supprimé
39:38la taxe sur les salaires,
39:40un impôt injuste
39:41en tout cas
39:41dans notre secteur.
39:42Ensuite,
39:43la reprise de la dette totale
39:44parce que ça a été dit.
39:46Le gouvernement a repris
39:47partiellement.
39:48Nous,
39:48on a considéré
39:49que c'est toute la reprise
39:51puisque là aussi,
39:52une partie de la dette
39:53est reprise
39:53pour certains établissements
39:54ou par d'autres.
39:55Donc,
39:55il va y avoir
39:57à nouveau une forme
39:57de concurrence
39:58entre les établissements.
40:00Certains sont toujours
40:01endettés,
40:02génèrent encore
40:03des fermetures,
40:04des restructurations,
40:06des licenciements.
40:08Donc,
40:08voilà,
40:08c'est des propositions
40:10que nous,
40:10on a faites
40:11qui étaient concrètes
40:12pour dégager tout de suite
40:13en tout cas des finances
40:14pour pouvoir financer
40:16certaines mesures
40:16pour demander aux revendications.
40:18Au-delà de ça,
40:19on a fait des propositions
40:20aussi d'emploi
40:21parce qu'on considère
40:22et ça a été dit,
40:23l'hôpital n'est pas
40:24une entreprise.
40:25C'est-à-dire,
40:25elle ne peut pas se résumer
40:26à des recettes
40:27et des dépenses.
40:28Et on a, nous,
40:30à faire les professionnels
40:31à de l'humain.
40:32Et Yasmina l'a dit,
40:33la revendication salariale
40:35est une revendication
40:36forte des professionnels.
40:37mais avant tout,
40:38c'est des professionnels
40:39qui ont choisi
40:40cette mission
40:43d'être au service
40:44des autres.
40:45Et donc,
40:45ils veulent avoir
40:46les moyens de le faire
40:47et surtout en nombre
40:48avec des équipes
40:49plus rédicilinaires.
40:50Et donc,
40:51nous,
40:51on a effectivement
40:52accès surtout
40:53sur l'emploi aussi
40:54dans les demandes
40:55qu'on a formulées
40:56parce qu'on considère
40:57que c'est un des leviers
41:00inconditionnels
41:01avec, bien sûr,
41:02la question salariale
41:03pour rendre
41:04nos métiers attractifs
41:05mais pour améliorer
41:06considérablement
41:07le quotidien
41:09au travail.
41:10Ce qu'on a beau dire,
41:12là,
41:12actuellement,
41:13Yasmina l'a développé,
41:15le personnel
41:15n'en peut plus.
41:16C'est-à-dire,
41:17il est réduit
41:18à des producteurs
41:19de dates
41:20alors que dans le quotidien,
41:22il faut des relations humaines.
41:24C'est cette dimension-là aussi
41:25qu'on a voulu aussi porter
41:27dans nos demandes
41:27parce que sinon,
41:29on reste sur des choses
41:29très terre à terre
41:31mais à un moment donné,
41:32il faut aussi développer
41:32ce qu'est notre métier,
41:34le sens de notre métier
41:35dans une société
41:37où quand même
41:37qui se délite,
41:38qui a beaucoup
41:39de problématiques
41:40en tout cas
41:41qui sont issues
41:42de la crise aussi
41:43parce qu'on parle aujourd'hui
41:44de la crise sociale d'ampleur
41:46mais on a déjà,
41:47on était déjà en crise avant
41:49notamment sur l'emploi.
41:50L'emploi,
41:51on n'a jamais réussi
41:51à défendre
41:52en tout cas dans ce pays
41:56la masse
41:56de perte d'emploi
41:59qu'on doit absorber
42:01pour donner
42:01enfin du travail.
42:03Donc ça,
42:03c'est quand même
42:04quelque chose
42:04qui a été fortement porté
42:06pour dire,
42:07voilà,
42:07nous,
42:07on peut être une solution
42:08pour permettre à la jeunesse
42:09d'accéder à nos métiers
42:11d'autant plus
42:11quand on regarde les jeunes,
42:13on a observé
42:14que sur Parcoursup,
42:15plus d'un million de jeunes
42:17voudraient faire ces métiers.
42:18Après,
42:20effectivement,
42:20on n'a pas les capacités
42:22d'ensemble
42:22pour les former.
42:24Ensuite,
42:24beaucoup finalement
42:25quittent ce métier
42:27parce que derrière,
42:28on l'a expliqué,
42:29les salaires
42:30plus les conditions de travail
42:31font fuir
42:31qu'il faut totalement
42:33changer de politique.
42:34Alors,
42:35là,
42:35ça a été développé.
42:36Le financement
42:37est important
42:37puisque là aussi,
42:38le financement,
42:39c'est ce qu'on dit.
42:40Nous,
42:41on ne peut pas entendre
42:42que dans un protocole,
42:43on signe
42:44des heures supplémentaires
42:46pas soumis
42:47à cotisation.
42:48C'est une proposition
42:50qui tue
42:51notre système
42:52de santé
42:53puisque derrière,
42:54quand on va demander
42:55à nos salariés
42:56de travailler plus,
42:57ça ne sera pas soumis
42:58à cotisation salariale.
43:00Donc,
43:00on va se retrouver
43:01dans la situation
43:02à cotisation sociale.
43:03Donc,
43:04on a nos propres salariés
43:05qui eux-mêmes
43:06ne cotisent plus
43:07pour le financement
43:08dont ils auraient besoin.
43:10Donc,
43:10voilà,
43:11on a l'impression
43:11que là,
43:12on a un gouvernement
43:13qui,
43:13de toute façon,
43:14reste toujours
43:14sur sa même politique
43:16et accélère d'ailleurs
43:17les choses.
43:19Et ça a été dit,
43:20on a beaucoup d'annonces
43:22mais concrètement
43:22dans les actes,
43:23non seulement
43:23elles ne sont pas
43:25effectives,
43:25au contraire,
43:26derrière,
43:27il y a des mesures
43:28encore plus destructives
43:30du système.
43:31Mais du coup,
43:32100 000 embauches
43:33à l'hôpital public,
43:34ce serait un minimum,
43:35200 000 dans les EHPAD,
43:36100 000 du côté
43:37des aides à domicile.
43:38Du coup,
43:39pour vous,
43:39ça c'est un minimum presque ?
43:41Oui,
43:42c'est un minimum
43:42d'autant plus
43:43qu'il faut vraiment
43:46qu'on regarde
43:47en tout cas
43:48le nombre de personnels
43:50qu'on a besoin
43:50dans les différentes structures.
43:52Autant dans les EHPAD,
43:53ça a été chiffré.
43:54Et d'ailleurs,
43:55là aussi,
43:55on ne comprend pas aujourd'hui,
43:56il y a eu plusieurs rapports
43:58sur le sujet.
43:59C'est chiffré,
44:00c'est objectivé
44:01par d'autres acteurs
44:02qui ne sont pas forcément
44:03les organisations syndicales
44:04et on n'arrive toujours pas
44:06à avoir en tout cas
44:07les effectifs
44:07qu'il faudrait dans ce secteur.
44:09Avec la crise Covid,
44:10ça a montré encore plus
44:11que ce secteur a été sinistré.
44:13une personne pour chaque patient,
44:16c'est ça ?
44:16Nous, la CGT,
44:17on demande une personne,
44:19un soignant
44:20pour un patient accueilli.
44:22Et Yasmina l'a développé.
44:24Nous demandons aussi
44:25effectivement
44:26qu'on regarde
44:26service par service
44:27le ratio d'encadrement
44:29avec un bornage
44:30qui est fait
44:30pour empêcher
44:31ce qui arrive
44:32la plupart dans nos services
44:33où finalement,
44:34on a tous les jours
44:35à composer
44:36avec des absences
44:38et on n'a pas
44:39de chiffre de sécurité
44:40et donc tout est possible.
44:42Il n'y a que
44:43dans certains services
44:44où c'est réglementé.
44:45En psychiatrie,
44:46on ne peut pas descendre
44:47au-dessus d'un seuil.
44:48Et donc, oui,
44:49il faut arriver
44:50à ce type de contrainte.
44:51Sinon,
44:52on se retrouve
44:53en situation
44:53où on ne remplace jamais
44:54en tout cas le personnel
44:56et on est dans
44:56ces difficultés-là.
44:58Et donc, nous,
44:59là, notre campagne,
45:00notre démarche,
45:00c'est maintenant
45:01que les salariés
45:02s'emparent justement
45:02de la question de l'emploi
45:04et qu'eux-mêmes,
45:05ils travaillent
45:06dans leur établissement
45:07pour chiffrer
45:08dans les différents secteurs
45:10et c'est sous forme
45:11d'enquête
45:11pour qu'on puisse
45:12objectiver vraiment
45:13les demandes.
45:14C'est quelque chose
45:16que vous êtes en train
45:16de faire ?
45:17Voilà, c'est une campagne
45:18qu'on est en train
45:18de mener
45:19et qu'on va mener,
45:20qu'on va poursuivre
45:21au-delà de la mobilisation
45:23qui nous semble nécessaire
45:24de nouveau
45:25puisqu'il faut poursuivre
45:26ce qu'on a commencé
45:27tous ensemble.
45:29D'ailleurs,
45:29je pense que ce Ségur,
45:32ça a été
45:36une séquence
45:37qui a eu lieu
45:39grâce à la mobilisation
45:41on l'a dit
45:42du personnel,
45:43des différents acteurs
45:44que nous sommes tous ici,
45:46de la population
45:47et il faudra bien sûr
45:48impliquer beaucoup plus
45:49la population
45:50et nous pensons
45:51que c'est un enjeu
45:52de société
45:52et qu'il faut vraiment
45:54que toute la société
45:55s'en empare
45:56et les usagers
45:57avec nous
45:58dans ce combat.
46:00Et sur les aides
46:01à domicile,
46:02100 000 personnes,
46:03ça c'est un besoin
46:04qui a un petit peu émergé
46:05au moment de la crise
46:05du Covid
46:05ou c'est une réflexion
46:07que vous aviez
46:07depuis longtemps ?
46:08Non,
46:09on avait identifié
46:10déjà dans ce secteur
46:11aussi de grandes difficultés
46:13d'accompagnement
46:15des personnes
46:16faute de moyens
46:17mais effectivement
46:18la crise Covid
46:19nous a encore
46:21mis en lumière
46:22d'autres problématiques.
46:24Il faut savoir
46:24qu'il y a eu
46:26pendant cette crise
46:27des personnes âgées
46:28qui étaient livrées
46:29à elles-mêles
46:29chez elles
46:30parce qu'effectivement
46:31ça ne s'il n'est plus derrière.
46:32Donc là,
46:33cette dimension
46:34est venue
46:34de manière plus prégnante encore
46:36et c'est vrai
46:37que les aides à domicile
46:38maintenant
46:39sont partie intégrante
46:40de nos demandes
46:41sur l'accompagnement
46:42des personnes
46:43alors personnes âgées
46:44ou personnes handicapées.
46:46Alors du côté
46:46de certains bords politiques
46:47on entend
46:47mais un plan
46:4857 milliards
46:49c'est complètement utopique
46:51de proposer ça
46:52la France n'a pas les moyens
46:53vous pensez
46:54que pour changer le système
46:55là il faut frapper
46:56un grand coup en fait.
46:58De toute façon,
46:58oui
46:58et puis les utopies
46:59d'aujourd'hui
47:00sont les grandes avancées
47:02de demain.
47:03Non,
47:04je pense que
47:04de toute façon
47:05on sait que
47:06malheureusement
47:07on a constaté
47:08que c'est souvent
47:09malheureusement
47:10par le rapport de force
47:10qu'on obtient des choses.
47:12Voilà,
47:13donc nous
47:14on en fait
47:15pour nous
47:16forcément une condition première
47:18il faut maintenir
47:19le rapport de force
47:19il faut élever
47:20le rapport de force
47:21pour essayer
47:22d'obtenir des moyens.
47:24Voilà,
47:25dans d'autres pays
47:25ça se passe autrement
47:26puisqu'on parle beaucoup
47:28de notre pays
47:29dans d'autres pays
47:30il y a eu des augmentations
47:32de salaire
47:32de nouveaux significatifs
47:34pour le personnel soignant
47:35donc on est nouveau
47:36en décalage
47:36malgré les augmentations
47:38actuelles
47:38et d'autres considérations
47:40qui sont faites
47:41pour les professionnels
47:42pour leur système de santé
47:43donc il n'y a pas de raison
47:44que dans notre pays
47:45si on tous ensemble
47:46on a des propositions
47:48qui de toute façon
47:49sont précises
47:50qui tiennent la route
47:51si on mobilise
47:52qu'on ne puisse pas
47:54obliger ce gouvernement
47:55enfin à nous entendre
47:56on a beaucoup d'espoir
47:58par rapport à ça
47:58puisqu'on considère
48:00qu'on a déjà franchi
48:01certains pas
48:01et que la question maintenant
48:03vient aussi dans le débat public
48:04et auprès de la population
48:05c'est vrai que la crise
48:07a permis que la population
48:08mesure plus
48:09l'état en tout cas
48:10de notre système de santé
48:11ou plutôt le mauvais état
48:13de notre système de santé
48:15et sur ce discours
48:16un peu qui consiste
48:16c'est-à-dire que c'est utopique
48:17vous Alain Brunel
48:18qu'est-ce que vous répondez ?
48:22moi je suis
48:24je pense qu'on est en capacité
48:26aussi de tout changer
48:27je pense qu'on a un rapport
48:28de force
48:29qui peut se créer
48:30il s'est déjà créé
48:31il s'exprime
48:32puis il y a des choses
48:33qui avancent
48:33j'ai vu que
48:35je ne sais plus dans quel coin
48:36vous allez me le dire
48:37mais les services d'urgence
48:40il y a les réouvertures
48:41de nuit
48:41assisteront
48:42assisteront
48:43voilà
48:44donc c'est des choses
48:45qui bougent
48:45et qui avancent
48:47et je pense que
48:48partout
48:49on peut avancer
48:50cette question-là
48:50pour revenir sur la taxe
48:52sur les salaires
48:52je précise pour ceux
48:53qui nous écoutent
48:54que dans la fonction publique
48:55il n'y a que les hôpitaux
48:57les salariés
48:58il y a une taxe
48:59sur les salaires
48:59il y en a aussi dans le privé
49:00je pense aux banques
49:01mais au niveau de la fonction publique
49:03il y a une égore
49:044 milliards
49:054 milliards
49:06que ça rapporte
49:07aussi pour travailler
49:08d'une autre manière
49:09ensuite
49:10il y a aussi d'autres moyens financiers
49:12par exemple
49:12l'égalité de salaire
49:14homme-femme
49:146 milliards et demi
49:15dans les caisses
49:176 milliards et demi
49:18voilà
49:18plein emploi
49:21la fraude
49:21aux cotisations
49:23moi j'ai dit
49:24une fois à Buzin
49:25j'ai dit écoutez
49:26il suffirait
49:26qu'on embauche
49:28là au niveau du fisc
49:29pour mettre des personnes
49:30qui a cherché
49:31de l'argent
49:32là sur la fraude
49:33vous n'avez même pas besoin
49:33de les payer
49:34ils se payent eux-mêmes
49:35avec ce qu'ils vont apporter
49:36ils vont se payer eux-mêmes
49:37vous n'avez pas besoin
49:38on m'a dit
49:39on va mettre
49:392-3 personnes
49:41etc
49:41il n'y a pas cette volonté
49:43il ne peut pas avoir
49:44cette volonté
49:44parce qu'ils sont
49:45une volonté ultra-libérale
49:46ils sont une politique
49:47pour casser
49:48la sécurité sociale
49:49pour casser le service public
49:51voilà
49:52après dans quelques temps
49:53si on laisse faire
49:54et bien on n'en aura plus
49:55la carte vitale
49:55on demandera la carte bleue
49:57c'est ça qu'ils veulent
49:58c'est plus la carte vitale
49:59c'est la carte bleue
50:00et bien nous c'est pas ça
50:01nous on dit
50:021- l'hôpital c'est pour les citoyens
50:04voilà
50:04parce que l'hôpital
50:05c'est un bien commun
50:06c'est le bien de tout le monde
50:08et c'est à nous de le défendre
50:09c'est à nous de le conserver
50:10on a la capacité de le faire
50:11on a les moyens
50:12on a des propositions
50:13on a des solutions
50:14il suffit de tout bouleverser
50:16il ne faut pas faire l'hôpital du fric
50:18nous on n'en veut pas l'hôpital du fric
50:19effectivement
50:20quand on marche
50:21quand on fonctionne
50:22au service des citoyens
50:24et pour les citoyens
50:25pour la santé de tous
50:26il y a un travail
50:27qui doit se faire en amont
50:27quand on sait qu'il y a 48 000 morts
50:29aujourd'hui par les particules
50:30qu'est-ce qu'on fait
50:32déjà à ce niveau-là
50:33pour travailler sur ces questions-là
50:34de santé en amont
50:35qu'est-ce qu'on fait aussi
50:36pour créer les moyens
50:37les centres de santé
50:39et bien on a discuté
50:40tout à l'heure
50:41un peu tous ensemble
50:42mais il va y avoir
50:43là ici les élections
50:45régionales
50:46c'est peut-être aussi des questions
50:47à poser aussi
50:48dans les régions
50:49dans les départements
50:50qu'est-ce qu'on met en place
50:51à ce niveau-là
50:52pour des relais
50:53de questions de santé
50:54la médecine de ville
50:56et de l'hôpital
50:57c'est aussi important
50:57qu'il y a ce trait d'union
50:58qu'il y ait ce lien
50:59voilà
51:00moi je pense
51:01qu'on est dans un tournant
51:04et je le dis
51:04parce que je le pense
51:05parce qu'il y a des choses
51:06qui se passent
51:07il y a
51:09la pression n'est pas tombée
51:10même si
51:11on a
51:12la pression
51:13avec l'effet médiatique
51:14il n'y a plus rien qui se passe
51:15dans les hôpitaux
51:15qu'ils ont tout accepté
51:16que ceux qu'ils ont signés
51:18ont raison
51:19etc etc
51:20on se gargarise
51:21quand on dit
51:21qu'il va y avoir 15 000
51:22emplois de créés
51:23alors qu'on vient de parler
51:24qu'il en faudrait 100 000
51:25et 200 000
51:26on est loin du compte
51:27et quand on dit
51:28qu'il faut ouvrir
51:284000 lits
51:29on est loin du compte
51:30je pense qu'il y a
51:301300 établissements
51:31de santé publique
51:32vous faites le calcul
51:33c'est pas grand chose
51:34par établissement
51:35mais à ceux qui le demandent
51:37à ceux qui le demandent
51:39ben nous on le demande
51:40nous on dit chiche
51:41mettez les en place
51:42il nous en faut plus
51:43la loi de programmation
51:44c'était ça
51:44j'ai pas bien répondu
51:45à votre question
51:45mais la loi de programmation
51:46c'était aussi ça
51:47pour les emplois
51:48pour les besoins humains
51:49et pour les besoins matériels
51:51c'était ça aussi
51:51qu'est-ce qu'on fait
51:52dans l'année 2021
51:53comment on programme
51:54et l'argent comment on le trouve
51:55là c'est tout l'inverse
51:56on va se retrouver ici
51:57à la sécurité sociale
51:58on va discuter du budget
52:00ben le budget il est fait
52:01puisque ça dépasse
52:02c'est le Ségur
52:03en fait on va dire
52:04voilà on a mis 9 milliards
52:06pour ceci
52:06on va mettre 19 milliards
52:07pour cela
52:07mais on n'a plus rien à dire
52:09il y a le PLF
52:10au mois d'octobre
52:11effectivement
52:13on a l'impression
52:14que tout est déjà décidé
52:15oui
52:15tout
52:15mais déjà avant
52:16c'était déjà décidé
52:17mais ça s'entendait moins
52:19parce que quand on dit
52:20vous avez une enveloppe
52:21de 84 milliards
52:22elles sont augmentées
52:232,5
52:23il faudra faire des économies
52:25donc je rappelle quand même
52:26sur l'économie sur la santé
52:27avec les PLFSS
52:28c'est depuis 2017
52:29c'est 3 milliards 2
52:30d'économies
52:31qu'on a demandé
52:32de faire
52:32sur les hôpitaux
52:34donc manque de moyens
52:35etc
52:36bon
52:37nous c'est pas ça
52:37qu'on dit
52:38la programmation
52:39c'est
52:39on a besoin de ça
52:40c'est immédiat
52:41il faut qu'on regarde
52:43comment on va faire
52:43pour répondre à ça
52:44et quels moyens financiers
52:46on met
52:46c'est ça la loi de programmation
52:48et c'était ça
52:49cette valeur
52:49de travailler
52:51avec l'humain
52:53parce que le plus important
52:54le centre du monde
52:55c'est l'humain
52:56et quand le président de la république
52:58il dit
52:58la santé n'a pas de prix
53:01et bien qu'il n'a qu'à le prouver
53:02la zone de la zone de la République
53:03il n'a qu'à arrêter
53:04de tousser dans son masque
53:05il le refile à tout le monde
53:06son masque
53:07déjà on commencerait par ça
53:09non mais voilà
53:09moi je reste persuadé
53:12ça bouge
53:13ça bouillonne
53:14et on peut dire
53:15bon il y a eu tous ceux
53:16qui s'applaudissaient à 20h
53:17maintenant il faut nous rejoindre
53:18et bien c'est déjà beaucoup
53:20parce qu'on a sensibilisé
53:21déjà de ce côté là
53:23et moi je l'ai fait dans mon quartier
53:25on m'a dit
53:25pourquoi tu fais ça
53:26parce que
53:27vous avez applaudi à 20h
53:28c'est ça ?
53:28oui
53:28moi j'ai applaudi tous les soirs
53:29à 20h dans la rue où je suis
53:33mais petit à petit
53:34on a commencé à l'été 3
53:36puis on était 10
53:37et après on était 15
53:37et j'ai appelé tout le village
53:39à le faire
53:40bon
53:40tout le monde ne le fait pas
53:42ça ne veut pas dire
53:42que tout le monde sera à la manifestation
53:44ça veut dire que quelque part
53:46ces citoyens ont été bouleversés
53:48sur la situation
53:49des hôpitaux en France
53:50ils ont été bouleversés
53:51par rapport à ce qui se passe
53:52au niveau des médecins
53:53des soignants
53:53d'une manière générale
53:54et ça
53:55ça les a pris dans le coeur
53:56pardon je tape sur le micro
53:57ça ça
53:58ça a été vraiment pris au coeur
54:00ils se sont dit
54:01on va les soutenir
54:02et d'autre manière
54:02parce qu'on parle du 20h
54:04on peut aussi parler des commerçants
54:05qui a apporté de la nourriture
54:07on peut parler de cette solidarité
54:08qui a dépassé
54:09les portes de l'hôpital
54:11et qui vivait à l'intérieur
54:12pour aujourd'hui
54:13s'exprimer ailleurs
54:14et bien le Ségur
54:15il veut casser ça
54:16le Ségur
54:17il veut casser cette sécurité
54:18et bien
54:19il y en a un qui dit
54:19il faut un deuxième Ségur
54:21moi j'ai dit
54:21il faut se remettre
54:22sur la table des négociations
54:23il faut forcer ce gouvernement
54:25voilà
54:26à aujourd'hui
54:27à entendre ce qui se passe
54:28parce que de toute façon
54:29ça va être dramatique
54:31eux ils travaillent dans les hôpitaux
54:32moi je n'y arrive pas
54:33mais j'ai des témoignages
54:34ça va être dramatique
54:35dans ce qui va se passer
54:37le bout de souffle
54:39le confinement
54:40l'après confinement
54:41le Covid dans les hôpitaux
54:43les gens qui ne se sont pas soignés
54:45et qui reviennent se soigner
54:46parce qu'il y a toute cette partie de gens
54:47qui n'ont pas voulu se soigner
54:48parce que voilà
54:49ils ne se sont pas reposés
54:52c'est ce que vous dites
54:53c'est que le Ségur de la Santé
54:54n'a pas réussi à casser ses solidarités
54:56et il y a justement
54:57une journée d'action
54:58le 17 septembre
54:59la semaine prochaine
54:59alors pas que pour défendre les hôpitaux
55:01mais en tout cas
55:02il y aura des hospitaliers
55:02qui seront là pour défendre
55:04voilà
55:04des emplois pérennes
55:06et plus de moyens
55:06pour l'hôpital public
55:07il y a aussi une journée d'action
55:08le 15 octobre
55:09dans la santé
55:09du coup
55:10je voulais savoir un petit peu
55:12Mérice Kivala
55:13vous là
55:13c'est l'occasion
55:14de rassembler un peu
55:15tous ces gens
55:16qui ont applaudi
55:16à leur balcon
55:17ou à leur fenêtre
55:17à 20h
55:18pendant le confinement
55:19oui
55:20c'est dans la logique
55:21de la poursuite
55:22de notre mouvement
55:23c'est à dire que
55:24il y a encore
55:24beaucoup de choses à faire
55:25et donc nous
55:26on appelle les salariés
55:27avec les usagers
55:29à rejoindre le 15
55:31alors le 17
55:32parce que là
55:33c'est l'emploi
55:33je pense que c'est
55:34plus largement
55:35nous tous
55:36qui sommes
55:39nécessités
55:39vraiment vitales
55:40de rentrer
55:41avec une journée d'action
55:42pour montrer que
55:43ça va mal
55:44dans notre pays
55:45que l'emploi
55:46est une des premières questions
55:47qui nous percutent
55:49pour la rentrée
55:50et évidemment
55:51poursuivre dans notre secteur
55:52avoir une journée
55:53du 15 octobre
55:54qui remet le focus
55:56sur notre secteur
55:58sur nos difficultés
56:00pour bien expliquer
56:01aussi effectivement
56:02que ce Ségur
56:02voilà
56:03a grande annonce
56:04des grandes promesses
56:05mais au bout du compte
56:06ça ne règle pas
56:07la question
56:07et la question
56:08dans son ensemble
56:09notre système de santé
56:10son financement
56:12les emplois nécessaires
56:14pour le faire fonctionner
56:15et il y a une autre
56:17inquiétude
56:17il faut aussi effectivement
56:18alerter sur
56:19la difficulté
56:20qu'on va traverser
56:21cette fin d'année
56:23c'est à dire
56:23avec du personnel
56:24épuisé, fatigué
56:25déçu
56:26en tout cas
56:27de ce qu'on a pu
56:30à un moment donné
56:31leur brandir
56:32en termes de promesses
56:34qui aujourd'hui
56:35ne se traduisent pas rien
56:36parce que concrètement
56:37là actuellement
56:39les professionnels
56:40vivent exactement
56:41la même chose
56:42c'est à dire
56:42toujours à rythme infernal
56:44les conditions de travail
56:46ne sont pas améliorées
56:47elles ne pourront que
56:48s'améliorer par l'emploi
56:49et ça c'est une question
56:50importante
56:51cruciale
56:52et je l'ai dit tout à l'heure
56:53je pense que notre secteur
56:54peut avoir au moins
56:55un impact important
56:56dans cette société
56:57en termes d'absorbants
57:00de chômeurs
57:01qui aujourd'hui
57:02sont jeunes
57:03c'est aussi une grande
57:04catastrophe pour nous
57:05d'arriver dans cette rentrée
57:07en voyant
57:07de plus en plus
57:08de jeunes
57:08qui n'auront pas de travail
57:09qui ne pourront pas accéder
57:12et Christophe l'a dit
57:13on peut aussi
57:13nous avoir
57:14l'hôpital public
57:15nos établissements
57:16la possibilité
57:17dans ces emplois
57:18de faire évoluer
57:19ces professionnels
57:20par la formation
57:21on a aussi
57:22une vocation sociale
57:23nos établissements
57:24par ce biais là
57:25la formation professionnelle
57:27voilà
57:27tous ces éléments
57:28nous font dire
57:29qu'on va avoir
57:32en tout cas
57:32les prochains mois
57:33beaucoup de mobilisation
57:34et on espère
57:35qu'elles sont fortes
57:36soutenues
57:36avec des professionnels
57:38qui vont le faire
57:39et qui luttent déjà
57:40dans les établissements
57:41on a aussi des réussites
57:42il faut parler des réussites aussi
57:44on a des établissements
57:45où on a réussi
57:46effectivement
57:46à sauver des emplois
57:47des services
57:48et c'est une bataille au quotidien
57:50pour nos professionnels
57:51et pour nous
57:53en tant que syndicalistes
57:54dans les établissements
57:55de faire en sorte
57:55d'améliorer le quotidien
57:57des professionnels
57:58de continuer à nous battre
57:59pour avoir plus de moyens
58:00et de peser aussi
58:01sur la politique nationale
58:03maintenir la pression
58:04même en période de crise
58:06parce que là
58:06effectivement
58:07comme les cas
58:07repartent de plus belle
58:09que ce soit en réanimation
58:10ou en urgence
58:10l'idée c'est de surtout pas lâcher
58:12le morceau maintenant non plus
58:13oui oui
58:14il ne faut jamais lâcher
58:16et c'est l'essence même
58:17de notre mission
58:19en tant que professionnels
58:20on ne lâche jamais nos patients
58:22et en tant que syndicalistes
58:23on ne lâche jamais les salariés
58:26écoutez
58:26je vous remercie
58:27d'avoir participé
58:28tous les quatre
58:28à ce débat
58:29donc vous avez bien noté
58:30il y a deux journées d'action
58:31le 17 septembre
58:33là qui est plus générale
58:34ce contre l'emploi
58:34et la précarité
58:35et une autre
58:36qui sera donc le 15 octobre
58:38spécifiquement
58:38pour les personnels de santé
58:40donc merci Alain Brunel
58:41d'être venu spécialement
58:42du Nord
58:43pour le débat
58:44merci Yasmina Quétal
58:46voilà
58:46qui avait quitté son poste
58:48aux urgences
58:48quelques heures
58:49pour venir nous voir
58:50merci aussi Christophe Prudhomme
58:51vous êtes un habituel
58:52des pages de l'UMA
58:53mais en tout cas
58:53merci d'être venu
58:54pour donner votre parole
58:56en public
58:56et merci également
58:57Miri Stivala
58:58d'avoir
58:59voilà montré
59:00que finalement
59:01d'autres choses
59:01sont possibles
59:02que même si le Ségur
59:03a échoué
59:04c'est pas un aveu
59:05de on va dire
59:07de catastrophe définitive
59:08pour le système
59:09de la santé en France
59:10voilà
59:11merci
59:12merci à vous
59:13merci à vous
59:14merci à vous
59:15merci à vous