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  • il y a 12 heures
Avec les gilets jaunes, les ronds-points sont devenus le lieu des convergences sociales où se réinvente une société plus solidaire. Comme ici à Montpellier, au rond-point des près d'Arènes.

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Transcription
00:00Vous voulez savoir pourquoi je suis là ?
00:01Et bien simplement parce que je suis retraitée
00:03et que je viens soutenir
00:05tous ceux qui travaillent et qui ne peuvent pas être ici.
00:09Donc je me dis que mon rôle
00:10c'est d'apporter un peu de soutien à ce mouvement
00:12parce que je suis tout à fait pour.
00:14Alors les décisions prises
00:16aujourd'hui par le gouvernement,
00:18vraiment, on se moque de nous.
00:19Mais on s'est toujours moqué, mais alors là, c'est encore plus grave.
00:22Ceci étant, je n'ai pas grand chose à dire.
00:24On n'a qu'à regarder la télévision, surtout BFM.
00:26Alors, toutes les vérités qu'ils nous disent
00:28sur BFM, la 16 et la 26,
00:31venez avec nous voir
00:32qui se trouve sur les ronds-points
00:34et puis vous verrez un peu la misère
00:36parce que moi, je ne suis pas une misérable,
00:38loin s'en faut, mais depuis que je fais ce mouvement,
00:40j'ai pris conscience qu'il y a
00:42du travail à faire et qu'on a besoin d'aider les gens.
00:45Alors Macron joue bien, aujourd'hui,
00:46Madame Macron s'occupe de la décoration
00:47de ses lustres à l'érisée. Bon, ça va très bien.
00:50Qu'elle vienne chez moi, je vais lui en donner des gratos.
00:52J'en ai plein de garages.
00:54Ceci étant, c'est quand même un peu triste
00:56qu'elle soit en train de s'occuper de ses lustres à l'Élysée
00:58pendant que les gens n'ont pas de quoi boire et manger.
01:01On a toujours eu des riches, du coup,
01:02ça c'est certain, mais la misère
01:04augmente de plus en plus et nous ne sommes pas
01:06au bout du tuyau. Alors voilà,
01:07j'ai fait mon petit speech, j'invite
01:10tout le monde à venir nous rejoindre, si possible,
01:12si possible, le plus longtemps possible
01:14et avec le plus d'énergie possible.
01:15Macron !
01:18Macron est dénissé à Macron !
01:20On va l'enculer, vous, ça s'aime !
01:22On va l'enculer, ça s'aime !
01:26Regarde, regarde à quoi ils sont !
01:28Tu vas le voir, tu vas voir la tête qu'il a...
01:30Ah bah regarde !
01:32Regarde la tête qu'il a !
01:33Et ils y vont !
01:34Et ils y vont, et vas-y, regarde !
01:35Ah oui, vous, des étudiants, franchement !
01:38Et alors, c'est où la violence, c'est où là ?
01:40Coup de pied, un coup de bosse !
01:41Et après, c'est temps que le samedi,
01:42ils se retrouvent avec 300, 400, 500 personnes
01:46qui commencent à tout casser,
01:48on leur rentrait dedans parce qu'ils n'ont pas peur.
01:50Tu sais que t'as rien à perdre, hein ?
01:51Ah oui !
01:52Il y a des gens, ils n'ont rien à perdre.
01:54Il n'y a pas de moratoire pour le gasoil.
01:56Il n'y a pas de moratoire pour mettre les aides,
01:58il n'y a pas de moratoire pour les retraités,
02:00il n'y a pas de moratoire pour ceux qui sont au chômage,
02:03qui ont le droit aux aides par rapport au logement,
02:06tout comme ça, qui diminuent les aériels,
02:07qui diminuent les trucs,
02:08et il n'a rien parlé de tout ça.
02:10Et il le spique !
02:11Ben oui, il le spique !
02:12Il n'a pas parlé d'ISF, il n'a pas parlé...
02:16Il n'a rien parlé du tout !
02:17Il a parlé de ce qu'il voulait parler, quoi !
02:26C'est pas en faisant un moratoire qu'il va nous acheter les motos,
02:29c'est une fumée !
02:31Tant que c'est clair, honnête, un moratoire !
02:33Si il a mieux de le faire, si ça lui fait plaisir de le faire,
02:35qu'il le fasse !
02:36Mais on fera tout le temps, là !
02:38On fera tout le temps, là !
02:40Mais ça ne convient pas, en fait !
02:42Mais maintenant, ce n'est plus seulement une question de taxes, en fait,
02:45sur la taxe du pétrole pour l'écologie.
02:49Il ne s'agit pas que de ça, parce qu'on sait, par exemple,
02:51que les poids lourds, les bateaux pour les ports,
02:56les bus, les Ouibus et tout,
02:58les Ouibus qui ont été mis en place par Macron,
03:00et les petites lignes ferroviaires qui ont été réduites,
03:05tout ça, ça ne correspond pas à cette taxe d'écologie
03:08qu'on doit nous payer contribuable,
03:10alors que les gros bonnets ne payent pas, par exemple.
03:13Et donc, du coup, la mobilisation continue.
03:16Et ce qu'on veut, c'est au-delà de la taxe,
03:17c'est une destitution de ce gouvernement
03:19qui ne correspond plus aux attentes,
03:20qui ne correspondait déjà pas aux attentes dès le départ,
03:23avec la suppression de l'ISF.
03:24On a déjà eu un premier G qu'on a bien compris,
03:27et là, ça a empiré.
03:28Maintenant, au bout de même pas deux ans
03:30de gouvernement sous Macron,
03:32on en a un ras-le-bol général et on n'en peut plus.
03:35Le problème, c'est que ce n'est pas ces solutions qu'on atteint.
03:39Nous, on atteint plutôt un changement radical.
03:43Et dans ce changement radical,
03:44on aimerait que les citoyens aient le droit de...
03:49Comment dire ?
03:51Qu'ils aient la possibilité de pouvoir s'exprimer
03:53sur les lois qui vont sortir ou qui sont en préparation.
03:57On se sentira un peu plus concernés
03:58et on se sentira surtout moins volés
04:01par l'euro de la pyramide,
04:04parce que ça ne va pas du tout.
04:06Ça devient catastrophique.
04:08C'est de plus en plus.
04:24C'est du mépris, ça.
04:26C'est du mépris.
04:28C'est du mépris vis-à-vis de tout ce qu'on fait,
04:31de tout ce qu'on arrête.
04:32C'est pas possible.
04:35Parce que c'est reporter le problème,
04:38apaiser les tensions.
04:39Mais non, on n'apaisera pas les tensions.
04:41Parce que ce qu'il y a au fond de nous,
04:42c'est beaucoup plus que la taxe carbone.
04:44On a faim.
04:46Les fins de mois, c'est pas le 15 du mois,
04:48c'est le 10 du mois.
04:49On ne peut plus se loger aujourd'hui.
04:51On ne peut plus se loger,
04:52on ne peut plus manger.
04:53Donc il ne faut pas s'étonner
04:54si à l'Arc de Triomphe,
04:55on fracasse les choses.
04:57Il ne faut pas s'étonner
04:58de cette violence-là.
04:59Si on nous méprise comme ça,
05:01si on nous méprise tout le temps comme ça,
05:04il ne faut pas s'étonner qu'on casse.
05:06Moi, je ne suis pas une casseuse,
05:07je ne vais pas casser les choses.
05:10Mais moi, je les comprends,
05:10les gens qui font ça.
05:11Parce que depuis Maastricht,
05:12le peuple, il n'en peut plus,
05:13le peuple.
05:14Ça ne cesse d'augmenter
05:15le taux d'abstention depuis Maastricht.
05:17Parce que moi, j'ai vécu Maastricht.
05:19Je suis allé voter.
05:20J'ai pris la peine d'aller voter.
05:22Je ne comprenais pas,
05:23j'ai voté blanc.
05:24Ce n'est pas le blanc
05:24qui l'a emporté.
05:25Pourtant, au niveau du chiffre,
05:27il ressortait vainqueur.
05:28Ce n'est pas le blanc
05:29qui l'a emporté.
05:30Et depuis,
05:31le taux d'abstention
05:33n'a cessé d'augmenter.
05:34Posez-vous les bonnes questions.
05:35Arrêtez de dire
05:36que ce sont des fainéants
05:37qui ne veulent pas aller voter.
05:39Les gens, ils en ont marre.
05:40Ils n'ont plus confiance
05:40en nos politiques.
05:41Et je ne parle pas
05:42que des politiques.
05:43Ils n'ont plus confiance.
05:46Même entre nous,
05:47l'État a bien réussi
05:48à nous diviser.
05:49C'est une inconsidération totale.
05:51Les hôpitaux,
05:52moi, je ne suis pas infirmière,
05:53je ne suis pas médecin.
05:53Et pourtant,
05:54je les soutiens.
05:55Parce que quand on est malade
05:56et qu'on va dans l'hôpital public,
05:58on voit un médecin,
06:00on voit un chirurgien,
06:01on voit les infirmières,
06:02on voit les aides-soignantes,
06:04on voit les femmes
06:04qui font le ménage
06:05et qui sont là,
06:07qui me fourrissent,
06:08qui débattent avec nous,
06:09qui nous disent
06:09« ne vous inquiétez pas,
06:10il va passer le... »
06:11Mais ils font des...
06:12Mais on supprime leur sommeil,
06:14donc on supprime leur travail,
06:15et on supprime leur efficacité,
06:18leur bien-être.
06:19Et ça, c'est intolérable.
06:20L'éducation nationale,
06:22c'est intolérable.
06:22C'est des biens publics.
06:23C'est ce qui fait notre nation,
06:25c'est ce qui fait notre démocratie
06:26et notre liberté.
06:27Moi, c'est grâce...
06:28Je l'ai dit,
06:29j'ai été naturalisée française
06:30à 18 ans,
06:31mais c'est grâce à l'éducation nationale
06:33que j'ai pu évoluer,
06:35que j'ai pu grandir.
06:36Il ne faut pas avoir peur de l'étranger.
06:38La peur, c'est l'ignorance.
06:39Alors nous, l'extrême droite,
06:40ce n'est pas du tout quelque chose
06:41qui ressort dans le mouvement
06:43des Gilets jaunes
06:43sur Montpellier, par exemple.
06:45Et moi, quand j'étais à Perpignan,
06:46sur Perpignan.
06:47Ça, ça peut être une utilisation
06:49des médias
06:50pour décrédibiliser le mouvement.
06:52Mais alors,
06:53la radicalisation sur l'extrême droite
06:54des Gilets jaunes,
06:55pas du tout.
06:56Mais pas du tout.
06:57Ce n'est pas ce qu'on veut.
06:57On ne veut pas de l'extrême droite
07:00qui soit représentante
07:01des Gilets jaunes.
07:02On ne veut pas que ce mouvement
07:03ressorte de ce mouvement
07:04des Gilets jaunes.
07:05On ne veut pas entendre parler
07:06de l'expulsion des migrants,
07:08de moins de droits
07:10pour les migrants,
07:11de l'insécurité
07:12à cause des migrants.
07:13Ce n'est pas le cas.
07:14Ce n'est pas ce que nous vivons.
07:15Moi, je suis là depuis le début.
07:17Les noms,
07:17on ne s'y a pas tous les jours.
07:19Mais que je travaille.
07:22On a ici,
07:23la nourriture,
07:23c'est les noms.
07:25Il y a des gens qui passent,
07:25on le sent qu'ils s'arrêtent.
07:27C'est ça.
07:29C'est tout simple.
07:29C'est les gens qui passent
07:31et qui prennent les noms.
07:33On les reverse
07:34au SDF.
07:38À la ville.
07:40On les reverse
07:41sur les points
07:42de rassemblement
07:42qui est un peu partout.
07:44C'est Jean de Védas,
07:45Cotignan,
07:47etc.
07:48Et bien sûr,
07:49ici,
07:49les gens qui viennent ici
07:52se ravitaillent ici
07:53et ça leur permet de manger.
07:55Il y en a qui sont
07:55un peu plus démunis
07:56que d'autres.
07:57On leur fait des colis,
07:58ils partent avec des colis.
07:59C'est solidarité, quoi.
08:04Je viens d'en réfléchir, ça.
08:06De voir plusieurs classes,
08:08de plusieurs personnes
08:10de classes différentes,
08:12c'est vraiment
08:12vraiment très intéressant.
08:14De pouvoir partager,
08:15de voir les problèmes
08:17qu'on certaine,
08:19les problèmes des retraités,
08:20les problèmes des SDF,
08:22des actifs,
08:23qui ont du mal à se loger,
08:25qui ont du mal à se nommer,
08:26à payer les factures.
08:27C'est...
08:29Franchement,
08:30je suis très content
08:31de ce moment-là.
08:32Très, très, quoi.
08:33Solidaires du mouvement, alors ?
08:35Complètement.
08:36Oui ?
08:36Complètement.
08:37Ah oui, oui, à fond.
08:38À fond.
08:39Moi, je trouve que c'est
08:40un mouvement populaire,
08:41un mouvement citoyen,
08:43quelque chose
08:43qu'il faut valoriser.
08:45C'est le résultat
08:47de tellement
08:47de rancœurs accumulés,
08:50de sentiments d'injustice
08:52qui contraignent
08:53depuis des mandatures
08:56et des mandatures
08:57des présidents de la République,
08:58les uns derrière les autres.
09:00On donne aux entreprises,
09:01on donne aux entreprises,
09:02on donne à ceux qui ont de l'argent
09:03et on laisse sur le côté
09:04les gens qui sont...
09:06Ben, les salariés
09:07ou les gens qui n'ont
09:08que leur travail comme revenu.
09:10Donc, tout ça
09:12est devenu insupportable.
09:14On est devenu insupportable
09:15pour beaucoup
09:15et moi, je comprends
09:17cette colère.
09:18Et cette colère,
09:19c'est...
09:19ce que les gens attendent,
09:21c'est un désir d'avenir.
09:22C'est qu'on leur propose
09:24un avenir désirable.
09:25Et pas simplement
09:26de dire
09:26on va mettre
09:2810 centimes de moins
09:29ou 5 centimes de moins
09:30sur leur facture d'essence.
09:31C'est pas ça.
09:32C'est un contexte,
09:33c'est un ensemble
09:35de modes...
09:35C'est un mode de vie
09:36qu'il faut changer.
09:37C'est un mode de fonctionnement
09:38de notre société,
09:39de notre politique,
09:40de nos politiques
09:41et de notre économie.
09:42Et ça,
09:43c'est une petite révolution.
09:45Enfin, c'est une grosse révolution.
09:46Ça prendra peut-être
09:47un petit peu plus de temps.
09:48Peut-être plus de temps
09:49que les Gilles et les Jaunes.
09:50Mais merci à eux
09:51de le faire
09:52et que ça continue
09:54et que si ça arrive
09:55à faire bouger les choses,
09:56c'est tant mieux,
09:56c'est une grande étape.
09:57Et je trouve ça très bien
09:58parce que c'est un lieu
10:00d'échange,
10:00un lieu où on rencontre
10:02plein de gens,
10:02la Luzoie des gens
10:03que je connais.
10:04Voilà,
10:05du coup,
10:05des gens de gauche,
10:06on en fait partie.
10:08Voilà.
10:09Parce que c'est la connexion
10:10qu'il y a entre les gens,
10:11le fait qu'on se parle,
10:12le fait qu'on se donne
10:12nos opinions,
10:13le fait qu'on échange
10:15ce qu'on a vécu séparément.
10:17On se raconte
10:18nos anecdotes
10:19et tout ça,
10:20c'est très riche
10:20humainement parlant
10:21et donc ça motive.
10:23Ça motive humainement parlant.
10:25On se mobilise
10:25les uns pour les autres
10:26et c'est ça
10:26que je viens chercher.
10:28Ça me ressource
10:29et comme ça,
10:29on continue en fait.
10:30C'est un mouvement
10:31qui se passe très bien,
10:32qui est très humain,
10:33qui est très fort.
10:34Et une bonne ambiance,
10:35un bon esprit,
10:37voilà,
10:37pas des casseurs,
10:38c'est pas des gens
10:39qui vont foutre le feu,
10:41mais tu veux...
10:41Non, non, non,
10:42ça c'est de la provocation
10:43et à mon avis organisée
10:44hélas par le gouvernement
10:45et par notre président
10:47pour discréditer ce mouvement
10:49qui est trop populaire à ses yeux
10:51et qui prend bien peur
10:52qu'il le dépasse.
10:54Je répète
10:55ce que tout le monde veut.
10:56Voilà.
11:01Merci pour l'attard,
11:03allons-y,
11:04allons-y,
11:04allons-y,
11:05c'est le peuple
11:07qui a offert.
11:09Mangez, mangez, mangez, mangez, mangez, mangez.
11:38Et vendredi,
11:39je monte sur Paris
11:40pour être présente
11:40sur la mobilisation de samedi.
11:42La première manif à Paris ?
11:43Alors moi,
11:43j'ai déjà vécu à Paris,
11:44donc j'ai fait les manifestations
11:46pour les réformes du travail.
11:48Donc je sais comment ça se passe
11:50au niveau des manifestants,
11:51des policiers en civil
11:52qui s'infiltrent,
11:53qui décrédibilisent le mouvement.
11:55Donc je sais comment ça va se passer
11:57et je suis préparée,
11:58je vais un petit peu m'équiper
12:00pour me protéger
12:00et puis je serai partie motivée.

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