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  • il y a 12 heures
Pierre Louette, le pdg du groupe Le parisien-Les Echos, a présenté aux salariés en visioconférence, son nouveau projet éditorial axé vers le digital ainsi que la stratégie du groupe après 3 mois de confinement.
Le plan prévoit une économie sur la masse salariale d'une trentaine de postes, essentiellement sur les cdd et les pigistes avec le départ volontaire de séniors.
L'Humanité s'est entretenu avec Guillaume Goutte, correcteur et représentant syndical du SGLCE-CGT du quotidien.

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Transcription
00:00Bonjour Guillaume Goutte, vous êtes correcteur et représentant syndical du SGLCE au CSE du Parisien
00:07et hier Pierre Louet, PDG du groupe Le Parisien Les Echos, a présenté aux salariés son nouveau projet éditorial
00:13axé vers le digital et la stratégie du groupe après trois mois de confinement.
00:18Alors pouvez-vous nous décrire quelles sont les grandes lignes de ce projet éditorial ?
00:22En effet c'est un projet éditorial qui vise à mettre le paquet sur le numérique
00:29puisque l'objectif du projet c'est que dans cinq ans on arrive à 200 000 abonnés numériques
00:35donc c'est un projet qui se veut être une réponse à la crise de la vente au numéro
00:40et à une nécessité de poursuivre à marche forcée au coût la transition vers le numérique
00:47ce qui au parisien pose beaucoup de questions puisque le parisien est encore à plus de 90%
00:53il tire son chiffre d'affaires du papier et que du coup c'est encore une économie du papier
00:56et que de vouloir aller à marche forcée sur le web en dévitalisant un peu le print
01:04ça n'augure pas forcément de bonnes choses pour la suite du parisien.
01:07En gros les cahiers départementaux quels qu'on les connaît actuellement
01:11ils vont être supprimés et ils vont être remplacés par une édition régionale
01:15Île-de-France unique avec une une différente par département
01:20donc en gros il y aura un éditionnement de chacune des unes selon les apportements
01:23mais par contre le contenu de ces cahiers sera unique
01:27et pour l'instant la direction est table sur des cahiers de 12 pages
01:33Alors ce cahier régional unique aura-t-il le même maillage que les éditions départementales en termes d'information ?
01:42Alors ça c'est la grande question encore
01:43on ne sait pas dans ces cahiers la place qui sera réservée justement à l'information locale
01:48de fait on peut imaginer qu'elle sera moins bien traitée
01:52puisqu'il y aura moins de place
01:54puisqu'il faut faire rentrer tous les départements d'Île-de-France dans un seul cahier de 12 pages
01:59donc voilà après ils envisagent du coup de traiter l'information locale différemment
02:03à travers les grands sujets transversaux comme ils disent
02:07donc moins directement centré sur la localité que sur des grands thèmes qui traverseraient plusieurs départements
02:14c'est ce qu'ils proposent en tout cas aujourd'hui dans le cadre du nouveau projet éditorial
02:19Alors ça c'est le projet de développement sur un cahier régional
02:22et parallèlement à ça il y a un développement des éditions départementales sur le numérique qui va se renforcer ?
02:28Il parle en effet d'essayer en tout cas de renforcer la place de l'information locale sur le site
02:33internet
02:34de la rendre en tout cas plus accessible, plus visible aussi, de lui offrir plus de visibilité
02:39après c'est pareil c'est pas des points dans lesquels ils sont encore entrés précisément
02:43et de toute façon je pense qu'on aura l'occasion de y revenir dessus tout à l'heure
02:47le projet éditorial on nous a donné les grands contenus, les grandes lignes de ce à quoi il pourrait ressembler
02:53mais ça reste encore assez flou
02:55et aujourd'hui la seule chose qui est claire c'est que ce projet éditorial est conditionné
02:58un plan d'économie qui aujourd'hui en tout cas pour nous à la CGT est le cœur du problème
03:06actuellement
03:07L'information locale on sait que ça fait partie de l'ADN du Parisien
03:11toutes ces éditions départementales ce qui en fait presque un quotidien de PQR
03:17mais la vente en kiosque selon votre PDG qui était sur France Inter ce matin
03:22ne représenterait plus que 5000 exemplaires par département et le journal aurait perdu 110 000 exemplaires en 5 ans
03:29Oui c'est les chiffres qu'ils nous ont donné au CSE extraordinaire hier
03:35où on a été lourdement assommé de chiffres un peu catastrophiques
03:44après c'est sûr on ne peut pas nier, on ne nie pas qu'il y a une crise aujourd
03:48'hui de la vente au qu'au numéro
03:52après bon oui il y a 4000 entre 4000 et 5000 ce qui disait en tout cas vente au numéro
03:56par département
03:57auquel il faudrait quand même rajouter les abonnés
04:00le Parisien a quand même des abonnés et voilà donc oui après il y a une crise du papier
04:06après est-ce que pour autant quand on voit les chiffres et la part que représente encore le papier dans
04:11l'économie du Parisien
04:12est-ce que c'est une raison pour tout balancer en espérant qu'on trouvera davantage de lecteurs sur le
04:18web
04:18ce qui pour l'instant n'est pas encore avéré
04:21c'est là tout le problème
04:24et notre position à nous à la CGT c'est pas de dire qu'il ne faut pas aller sur
04:29le numérique
04:30c'est de dire que oui il faut continuer à aller sur le numérique
04:34il faut renforcer notre implantation sur le numérique
04:37mais pour autant le Parisien ne peut pas faire sans le papier
04:41et qu'aujourd'hui ce qu'on voit c'est qu'au fil des plans ou des restructurations
04:46ou des nouveaux projets éditoriaux qui se font
04:48c'est qu'en effet on investit plus ou moins dans le web
04:52et c'est toujours au détriment du print parce qu'ils ne veulent pas embaucher par exemple
04:57et du coup les moyens qu'on donne au web on les prend souvent au print
05:01et je ne pense pas en effet qu'on puisse aller au delà de 4000-5000 ventes au numéro
05:07ou qu'on puisse redresser la barre de la vente au numéro
05:09et même des abonnements print
05:11si on continue à dévitaliser ce support là
05:15et qui du coup la qualité en prend un coup
05:18Vous nous annonciez tout à l'heure que l'ambition du Parisien
05:22était d'atteindre les 200 000 abonnés sur le numérique
05:25aujourd'hui il est de 37 000 abonnés
05:29de quelle manière la direction compte-t-elle obtenir ce résultat en 5 ans ?
05:36Alors il faudrait surtout lui poser la question à elle
05:38ce qui est sûr c'est qu'il propose un vrai projet
05:43sur ce qui nous a été présenté hier au CSE
05:46je pense que c'est un vrai projet éditorial
05:48après on pense à ce qu'on veut, à la pertinence des choix qui sont faits
05:51mais ils ont réfléchi à quelque chose qui pour eux en tout cas est cohérent
05:55et qui de fait peut faire sens à mon avis sur certains aspects
05:59alors après est-ce qu'ils veulent chercher du coup de nouveaux lecteurs ?
06:04puisque de fait le web patine un peu
06:06il y a quand même peu d'abonnés numériques pour le Parisien
06:09par rapport à d'autres grands quotidiens
06:10comme Le Monde par exemple
06:11qui sont à plus de 200 000 abonnés numériques
06:14c'est vrai que les 37 000 abonnés du Parisien
06:16ne font pas de figure à côté
06:18donc du coup ils repensent un peu complètement
06:22la démarche éditoriale du Parisien
06:24en particulier sur le web
06:26avec la création de nouvelles cellules
06:30notamment sur les questions féministes
06:31des cellules sur la sexualité aussi
06:34des cellules sur...
06:36ils veulent développer aussi les...
06:37alors après c'est pareil c'est pour le web et pour le print aussi
06:39ces cellules là qui travailleront
06:41mais en gros de développer aussi les récits
06:45les sujets long format
06:48développer les rubriques technologie et sciences
06:50enfin tous ces espèces de sujets
06:53qui semblent, enfin qu'ils ont identifié
06:55comme étant dans l'air du temps
06:56et comme pouvant générer de l'intérêt
06:59ils veulent créer des cellules
07:00une espèce de task force sur ces sujets là
07:02pour produire du contenu en lien avec
07:04et ainsi espérer attirer de nouveaux lecteurs
07:08Alors concernant les 130 journalistes
07:10qui travaillent sur les éditions départementales papier
07:14aujourd'hui
07:16comment vont-ils travailler demain
07:18sur le print et le web ?
07:22Alors ils travaillent déjà pour les deux
07:23puisqu'il y a eu un accord bi-média
07:24qui fait qu'aujourd'hui la production d'un journaliste
07:28elle peut être utilisée aussi bien sur le print que sur le web
07:32alors après on ne sait pas trop ce qui va se passer après
07:35pour les salariés des éditions
07:36puisqu'il y a des agences qui vont fermer
07:39il y en a 4 qui vont fermer
07:40et il va y avoir du coup beaucoup de mouvements dans la rédaction
07:44à la fois pour mettre du personnel sur ces nouvelles cellules
07:48il va y avoir en tout cas des appels à candidature
07:50pour toutes ces nouvelles cellules qui sont créées
07:54qui vont donc recycler des journalistes des éditions
07:59après il y aura toujours des journalistes dans les éditions
08:02mais il y en aura moins
08:04puisqu'il passe je crois
08:05il passe à 7 journalistes par édition
08:08avec 2 encadrants
08:11ce qui va d'ailleurs poser des problèmes pour les rotations
08:13les week-ends et compagnie
08:14ça pose aussi du coup des problèmes sur les conditions de travail après
08:17mais voilà donc il y a une partie
08:18qui vont continuer à bosser dans les éditions
08:20une partie qui vont être recyclées dans les nouvelles cellules
08:23et peut-être une partie qui vont
08:26qui malheureusement vont partir du journal
08:28si en tout cas le projet n'évolue pas
08:30alors ce plan d'économie de 30 personnes
08:34est-ce que vous pouvez nous le détailler ?
08:36alors on n'en sait pas beaucoup plus
08:37on sait juste que la direction a dit qu'elle ne voulait pas
08:39de licenciement contraint
08:40que du coup elle ne faisait pas de PSE
08:43elle parle de départ volontaire
08:44mais ce ne sera pas non plus un plan de départ volontaire
08:46elle veut en fait négocier une GPEC
08:48avec les syndicats
08:49donc en gros elle veut associer les syndicats au licenciement
08:53puisque c'est à rien que ça une GPEC
08:56et du coup
08:58GPEC c'est une gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences ?
09:01c'est ça voilà
09:04et du coup dans le cadre de cette GPEC
09:07est censée fixer les conditions des départs volontaires
09:10alors après c'est pareil
09:12la direction communique abondamment dans les médias
09:14sur le fait que le plan de départ qu'elle propose
09:18c'est volontaire mais en fait c'est pas vrai
09:19parce que sur les 30 postes supprimés
09:23il y a 16 CDD
09:26donc ces CDD là on ne leur dit pas
09:28vous avez le choix de rester c'est vous qui décidez de partir ou pas
09:31eux ils sont liquidés dans tous les cas
09:34et il y aurait 14 départs volontaires
09:36donc des personnes qu'on inciterait à partir
09:38particulièrement chez les seniors
09:39ce que nous a dit la direction
09:40avec un certain nombre d'accompagnements
09:42pour pousser
09:44pour les pousser vers la sortie
09:47après c'est pareil
09:47le chiffre de 30 départs
09:49il est
09:50il n'est pas tout à fait juste
09:51puisqu'ils annoncent aussi la suppression d'un certain nombre de piges
09:55dans certains services
09:56la question se pose notamment pour les pigistes des sports régionaux
09:58qui devraient être licenciés
09:59donc ça rajoute aussi des
10:01ça rajoute aussi du coup des
10:03des personnes dans la charrette
10:04donc du coup dans le cas d'une GPEC
10:06avec des départs plus ou moins volontaires
10:07des non-reconduction de CDD
10:09et des suppressions de piges
10:11avec des pigistes qui vont une nouvelle fois
10:13devenir la variable d'ajustement de ce plan
10:17puisque j'imagine c'était des pigistes de longue durée
10:20donc qui étaient apparentés à des CDI quoi
10:23c'est ça
10:23de toute façon le pigiste après est un CDI
10:26de fait
10:27particulièrement où il signe pas de contrat de travail
10:28il est assimilé comme étant en CDI à temps plein même
10:32même si bon dans la réalité on sait bien que ça marche pas comme ça
10:35auprès des employeurs
10:37mais oui c'est ça
10:38et de toute façon ça pose même plusieurs problèmes au delà
10:42donc en effet c'est un plan d'économie qui repose sur les précaires une fois de plus
10:45donc c'est les CDD et les pigistes qu'on dégage
10:48mais ça pose aussi des problèmes sur ce qui va rester du coup dans les services
10:52et les conditions de travail
10:53parce que ces départs là ne vont pas être remplacés
10:56y compris les 14 départs volontaires de seniors
11:03donc qu'est-ce que vont devenir les services où ces gens travaillaient
11:08et desquels ils vont partir
11:09puisqu'on va pas les remplacer
11:10du coup ça veut dire que la charge de travail va être plus importante
11:13déjà que les services aux parisiens sont souvent en tension en termes d'effectifs
11:17voilà on a aussi beaucoup d'inquiétudes sur le devenir des conditions de travail
11:22dans les services qui vont être affectés par ces départs volontaires et forcés de salariés
11:30Quelles sont les répercussions sur l'imprimerie du Parisien
11:35notamment celle de Mitrimori ?
11:37J'imagine que la fin des cahiers départementaux risque d'avoir des conséquences sur le secteur de l'imprimerie ?
11:44Pour l'imprimerie on en sait pas beaucoup plus
11:46parce que c'est plus l'imprimerie du Parisien
11:49puisque LVMH a racheté le Parisien sans son imprimerie
11:52la Sikavik a été fermée
11:54donc pour Mitrimori oui il va y avoir des conséquences de fait
11:57alors après les cahiers vont toujours être imprimés
11:59puisque après c'est un cahier unique
12:01mais il y aura toujours en tout cas du volume qui sera imprimé
12:05après de fait il va passer à 12 pages donc il sera moindre
12:09et du coup ça fait du volume en moins
12:11et voilà après on sait très bien que l'imprimerie Mitrimori
12:16il y a beaucoup d'inquiétude en ce moment autour de sa survie
12:21voilà après pour le coup c'est pas unique
12:24ça ne dépend pas uniquement de la bonne volonté de LVMH en la matière
12:30mais oui de fait de toute façon la presse c'est tellement une chaîne
12:34où tous les métiers sont imbriqués et interdépendants
12:37que quand on tape à l'un on tape à tout le monde
12:39et c'est ce qu'on voit d'ailleurs aujourd'hui aussi avec la question de la distribution de la
12:43presse
12:44c'est que quand il y a un maillon qui s'effondre
12:47c'est potentiellement tout reste de la chaîne qui menace de se casser aussi quoi
12:52alors aujourd'hui c'est tenu une assemblée générale avec l'ensemble des salariés
12:57qu'est-ce qu'il en est ressorti et qu'est-ce que vous avez décidé ?
13:00on a pris la température puisque le projet a été présenté après le CSE à l'ensemble des salariés
13:06par visioconférence aussi par Pierre Louet
13:09donc voilà donc évidemment de toute façon c'est le choc pour tout le monde
13:14aussi bien dans le fait que c'est un chamboulement profond de ce qu'est le parisien
13:18avec la suppression de ces cahiers départementaux tels qu'on les a toujours connus depuis des décennies
13:22et des incompréhensions totales aussi sur ce plan d'économie qui fait partir 30 personnes
13:29et c'est d'ailleurs aussi l'une des choses qu'on a du mal à comprendre
13:32c'est que d'un côté il se casse la tête à essayer de monter un projet éditorial nouveau
13:39qui a l'air d'avoir été quand même vraiment réfléchi et qui porte des ambitions
13:43même si à mon avis sur certains aspects ils font fausse route
13:46mais on peut pas leur enlever en tout cas qu'ils aient vraiment pensé un vrai projet éditorial
13:50et à côté de ça ils le sabordent en lui accolant un plan d'économie
13:54dont ils savent très bien que ça va braquer de façon les syndicats et les salariés
13:58et voilà de corréler les deux fait que du coup ça passe pas quoi
14:03aussi bien de retirer une partie de l'ADN du parisien
14:06et à côté de ça d'annoncer des dizaines de suppressions de postes
14:08notamment chez les publics locaires à la sortie d'une crise sanitaire sans précédent
14:13c'est quand même lourd quoi
14:15donc il y a plusieurs... il y a une motion qui...
14:18alors qui à l'heure où je te parle est en train d'être...
14:23est en train d'être mise au vote
14:25une motion commune donc présentée par l'ensemble des syndicats à l'Assemblée Générale
14:30donc on va voir si elle est votée ou pas
14:32en tout cas on demande un rendez-vous à la direction pour faire porter un certain nombre de revendications
14:41notamment l'abandon des suppressions de postes et le retour des pages départementales
14:49dans le nouveau projet éditorial
14:51et voilà et après en fonction de la réponse qui sera apportée à cette demande
14:56de toute façon personne ne se refuse quoi que ce soit pour rentrer après dans le rapport de force
15:02y compris s'il faut par la grève d'autant plus qu'il y a des échéances quand même importantes
15:06pour la presse quotidienne
15:08notamment les municipales le deuxième tour le 28 juin
15:11Merci Guillaume
15:13et l'humanité continuera d'être attentif à l'actualité du parisien
15:18Au revoir
15:19Merci
15:23Merci

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