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A l’occasion du Forum Social de la Fête de l’Humanité 2020, un plateau télévisé exceptionnel a été monté pour débattre de l’avenir du fret ferroviaire. Autour de la table Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots et Pierre Garzon, maire de Villejuif (PCF), mais aussi Vice-président en charge des transports du Val-de-Marne, avec pour interlocuteurs le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari et le président de la SNCF Jean-Pierre Farandou.

A l’issue de ce débat, les quatre invités nous livrent leurs impressions.

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#FretFerroviaire

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Transcription
00:00Le frais de furroviaire, transporter les marchandises dans des trains,
00:02fait partie des missions fondamentales de la SNCF.
00:05Puis ce deal de France, qui ont vu dans le symbole du Perpignan,
00:10agissent un élément d'incompréhension.
00:13D'abord, baisser le niveau des pérennes du fret,
00:16parce que vous l'avez dit, pendant la crise,
00:18les opérateurs ont fonctionné, se sont engagés.
00:21C'est comme toujours avec le gouvernement,
00:23on a des annonces de milliards qui tombent des poches de l'État,
00:27mais on n'a pas de concret.
00:28Et quand je dis, nous commencerons à croire au plan de relance
00:32quand on verra des créations d'emplois, de l'achat de matériel,
00:35de la création de lignes, bref, de la création d'activités,
00:38à ce moment-là, on y croira.
00:39Mais pour l'instant, malheureusement, on nous annonce toujours
00:42150 suppressions d'emplois de conducteurs aux frettes
00:45et des restructurations un peu de partout.
00:48Donc on est plutôt dans l'incantation que dans le réel.
00:50C'est un effondrement continu depuis les plans de relance de 2003,
00:55quand la droite est revenue au pouvoir après la gauche plurielle.
01:00Et des plans qui, successivement, ont tout tenté dans les règles libérales,
01:04que ce soit les subventions directes, les recapitalisations,
01:07et tout un tas de projets, de hubs, et de choses comme ça.
01:11Et dans la réalité, la seule constante, c'est qu'on est passé
01:15de restructuration en restructuration, de fermeture d'installations en branchées
01:19desservant les entreprises, de suppression d'effectifs en suppression d'effectifs.
01:24Et donc, aujourd'hui, on est 4 500 agents pour 12 000 en 2010, par exemple.
01:29C'est une vraie saignée.
01:31Et donc, la réalité du fret, pour l'instant, c'est ça.
01:34C'est la chute.
01:35Est-ce qu'on va aller sur un rebond ?
01:37On l'espère.
01:38On va militer pour ça.
01:39Et en même temps, on a vu que, du côté gouvernemental,
01:43on est toujours sur la politique de la demande.
01:46Donc, on va subventionner la demande.
01:48Bon, pourquoi pas ?
01:50Mais on n'est toujours pas sur la politique de l'offre,
01:53avec un réseau ferroviaire qui puisse donner envie
01:56de mettre ses marchandises sur le train.
01:58Le débat lui-même, il a été de bonne qualité,
02:01comme à chaque fois à la fête de l'UMA.
02:04Et puis, la contradiction, ça permet justement
02:06de rendre un peu vivantes les différentes options politiques.
02:09Après, on regrette quand même l'absence des festivaliers,
02:15des gens, du public, des camarades, en fait,
02:18qui mettent un peu d'ambiance, quand même, un peu plus.
02:20Peut-être un des points de consensus qu'on a acquis,
02:23c'est de savoir si la crise actuelle était finalement
02:25une rupture ou une continuité.
02:27Et je crois que tout le monde appelle de ses voeux
02:29une forme de rupture.
02:30Parce qu'on voit bien que les transports correspondent
02:32à des logiques qui ne s'accommodent pas tout à fait.
02:35D'ailleurs, ni de la planification autoritaire,
02:37parce que la réalité est toute autre,
02:38ni d'une activité laissée aux libres forces du marché,
02:42pour vous dire comme ça.
02:43L'activité des transports, ça nécessite une concurrence
02:45qui soit régulée.
02:46Ça nécessite aussi de lutter contre les formes contemporaines
02:49de dumping social.
02:50On a parlé un peu du ferroviaire, mais aussi du maritime,
02:52de la route, évidemment.
02:53Et ça nécessite de retrouver la dimension du temps long,
02:56de planifier davantage et de poser des actes qui régulent.
03:02Ça a été dit d'ailleurs par un contradicteur,
03:04par le haut et par le bas, en prenant pleinement appui
03:07sur la dimension sociétale, sur les nouvelles impulsions.
03:10Et moi, je pense que ce moment que nous connaissons
03:12permettra de ramener d'activités industrielles
03:15et donc de ramener du transport ferroviaire,
03:17de faire en sorte de le développer de façon harmonieuse,
03:19au bénéfice, évidemment, de l'emploi en France et en Europe.
03:22Là, je connais bien maintenant Laurent Brun,
03:24on est en désaccord sur beaucoup de choses.
03:25On est aussi, je crois, de quelques points d'accord,
03:27en tout cas une volonté commune de faire avancer
03:30le monde des transports et singulièrement
03:31le ferroviaire au sein de celui-ci.
03:32Donc je m'apprenne pleinement et évidemment,
03:34tout ça m'intéresse.
03:35Je reviendrai, j'espère, avec un peu plus de bruit.
03:38D'abord, merci à l'UMA, quand même,
03:39de permettre ce genre de débat,
03:41parce que c'est une interpellation directe d'un ministre
03:44qui vient tenir un discours, mais qui est mis sur le grille
03:47des faits et des exigences
03:49que les élus locaux comme moi pouvons porter.
03:52Deuxièmement, sur la question précise de savoir
03:54si le ministre répond aux questions,
03:57je pense qu'on est encore en attente
03:59et sur notre fin sur le sujet.
04:01On oppose à la dérive libérale, à la dérégulation,
04:05la notion de planification autoritaire, dit-il.
04:08Bon, mais le choix n'est pas aussi machiavélique.
04:12Je pense qu'il y a un enjeu de régulation publique,
04:15de régulation par les citoyens eux-mêmes,
04:17qui sont en attente, justement, qu'on leur décharge
04:19les routes des camions,
04:22qu'on crée des politiques qui permettent de transporter
04:26mieux les marchandises dont ils ont besoin,
04:29mieux, c'est-à-dire qu'ils ne polluent pas,
04:30qu'ils ne génèrent pas de tensions sociales,
04:33qu'ils soient vertueuses en matière d'écologie,
04:35vertueuses en matière d'emploi, en matière de salaire.
04:38Et donc, de ce point de vue-là, il faut accepter l'idée
04:40que le marché n'est pas la réponse en la matière.
04:43Tant qu'on soumettra les projets d'investissement
04:46en matière de transport ferroviaire aux aléas,
04:48des financements aux aléas des majorités à l'Assemblée nationale,
04:53des changements de pieds, des contre-pieds
04:55des gouvernements successifs,
04:57là, un seul gouvernement, deux gouvernements, Macron,
05:00l'un qui dit fermeture du Perpignan-Ragis,
05:03l'autre qui dit réouverture.
05:04Bon, voilà, il faut éviter tout ça.
05:06Il faut écouter les habitants de Perpignan,
05:08il faut écouter les habitants d'Île-de-France
05:10qui disent qu'il y a trop de camions sur nos routes.
05:13On veut autre chose et on veut les financements
05:14qui permettent de le faire.
05:16Un train, ça pollue 20 fois moins que les camions.
05:19Voilà, donc c'est énorme.
05:20Sans parler des particules aussi,
05:21on voit la vallée de l'Arc, vous savez,
05:22dans la vallée de Chamonix,
05:23où les gens sont pollués, en fait,
05:25par les nombreux camions qui passent tous les jours
05:27entre la France et l'Italie.
05:28Il y a aussi l'aspect énergie.
05:29C'est-à-dire que le train, c'est tout bête,
05:31mais c'est une roue en fer qui roule sur un rail en fer.
05:34Donc il n'y a pas de frottement.
05:34Donc une tonne transportée par le train
05:37consomme six fois moins d'énergie que la route.
05:39Donc ces avantages écologiques et énergétiques
05:41qui sont énormes.
05:42Donc pour moi, qui suis président de la SNCF,
05:44il est évident qu'au cœur du projet de l'entreprise,
05:46il y a le transport de ferroviaire pour le fret.
05:49Ce n'est pas facile, on se bat,
05:50la période est compliquée,
05:51mais moi, je ne vois pas une SNCF
05:53qui abandonnerait le trafic de fret.
05:55Donc nous nous mobilisons avec l'ensemble des cheminots,
05:58avec l'ensemble des forces vives,
05:59toutes les parties prenantes,
06:00pour donner un vrai avenir
06:01au transport des marchandises par le train.
06:03Ce débat, moi, je le connaissais sous sa forme classique,
06:07où là, on était devant des gens
06:09qui réagissaient, parfois abroyamment.
06:11Donc il y avait un côté, bien sûr,
06:13beaucoup plus vivant
06:14quand on fait la fête de l'humanité pour de vrai.
06:16Mais ce qui est important, c'est le mot débat.
06:18Le débat, il y a eu débat,
06:20il n'est pas tout à fait de la même nature.
06:23Il est d'ailleurs plus profond
06:24quand on fait un débat comme ça, un peu plus posé.
06:27Chaque interlocuteur a un peu plus de temps
06:28pour développer ses arguments.
06:29Moi, ce qui me frappe,
06:30c'est que ce débat, il arrive à une convergence.
06:32Qu'on soit élu de la banlieue parisienne,
06:36qu'on soit patron d'un grand syndicat,
06:38la CGT et Cheminot,
06:40qu'on soit patron d'une entreprise,
06:41qu'on soit ministre des Transports.
06:42Moi, ce qui me frappe,
06:43c'est que le débat, il a montré
06:44une grande convergence de vues.
06:45Après, il y a toujours des discussions
06:47sur les moyens, sur le rythme.
06:48Mais déjà, ne serait-ce que ça,
06:50constater que chacun de notre place,
06:51nous convergeons vers cette vision,
06:52c'est très encourageant pour la suite.
06:53Si je fiche sur mon about toit,
06:54je suis là une blows!
06:54On peut vousgrades bien.
06:56Quellez-vous ?
06:57Sous-titrage FR ?

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