00:00Le frais de furroviaire, transporter les marchandises dans des trains,
00:02fait partie des missions fondamentales de la SNCF.
00:05Puis ce deal de France, qui ont vu dans le symbole du Perpignan,
00:10agissent un élément d'incompréhension.
00:13D'abord, baisser le niveau des pérennes du fret,
00:16parce que vous l'avez dit, pendant la crise,
00:18les opérateurs ont fonctionné, se sont engagés.
00:21C'est comme toujours avec le gouvernement,
00:23on a des annonces de milliards qui tombent des poches de l'État,
00:27mais on n'a pas de concret.
00:28Et quand je dis, nous commencerons à croire au plan de relance
00:32quand on verra des créations d'emplois, de l'achat de matériel,
00:35de la création de lignes, bref, de la création d'activités,
00:38à ce moment-là, on y croira.
00:39Mais pour l'instant, malheureusement, on nous annonce toujours
00:42150 suppressions d'emplois de conducteurs aux frettes
00:45et des restructurations un peu de partout.
00:48Donc on est plutôt dans l'incantation que dans le réel.
00:50C'est un effondrement continu depuis les plans de relance de 2003,
00:55quand la droite est revenue au pouvoir après la gauche plurielle.
01:00Et des plans qui, successivement, ont tout tenté dans les règles libérales,
01:04que ce soit les subventions directes, les recapitalisations,
01:07et tout un tas de projets, de hubs, et de choses comme ça.
01:11Et dans la réalité, la seule constante, c'est qu'on est passé
01:15de restructuration en restructuration, de fermeture d'installations en branchées
01:19desservant les entreprises, de suppression d'effectifs en suppression d'effectifs.
01:24Et donc, aujourd'hui, on est 4 500 agents pour 12 000 en 2010, par exemple.
01:29C'est une vraie saignée.
01:31Et donc, la réalité du fret, pour l'instant, c'est ça.
01:34C'est la chute.
01:35Est-ce qu'on va aller sur un rebond ?
01:37On l'espère.
01:38On va militer pour ça.
01:39Et en même temps, on a vu que, du côté gouvernemental,
01:43on est toujours sur la politique de la demande.
01:46Donc, on va subventionner la demande.
01:48Bon, pourquoi pas ?
01:50Mais on n'est toujours pas sur la politique de l'offre,
01:53avec un réseau ferroviaire qui puisse donner envie
01:56de mettre ses marchandises sur le train.
01:58Le débat lui-même, il a été de bonne qualité,
02:01comme à chaque fois à la fête de l'UMA.
02:04Et puis, la contradiction, ça permet justement
02:06de rendre un peu vivantes les différentes options politiques.
02:09Après, on regrette quand même l'absence des festivaliers,
02:15des gens, du public, des camarades, en fait,
02:18qui mettent un peu d'ambiance, quand même, un peu plus.
02:20Peut-être un des points de consensus qu'on a acquis,
02:23c'est de savoir si la crise actuelle était finalement
02:25une rupture ou une continuité.
02:27Et je crois que tout le monde appelle de ses voeux
02:29une forme de rupture.
02:30Parce qu'on voit bien que les transports correspondent
02:32à des logiques qui ne s'accommodent pas tout à fait.
02:35D'ailleurs, ni de la planification autoritaire,
02:37parce que la réalité est toute autre,
02:38ni d'une activité laissée aux libres forces du marché,
02:42pour vous dire comme ça.
02:43L'activité des transports, ça nécessite une concurrence
02:45qui soit régulée.
02:46Ça nécessite aussi de lutter contre les formes contemporaines
02:49de dumping social.
02:50On a parlé un peu du ferroviaire, mais aussi du maritime,
02:52de la route, évidemment.
02:53Et ça nécessite de retrouver la dimension du temps long,
02:56de planifier davantage et de poser des actes qui régulent.
03:02Ça a été dit d'ailleurs par un contradicteur,
03:04par le haut et par le bas, en prenant pleinement appui
03:07sur la dimension sociétale, sur les nouvelles impulsions.
03:10Et moi, je pense que ce moment que nous connaissons
03:12permettra de ramener d'activités industrielles
03:15et donc de ramener du transport ferroviaire,
03:17de faire en sorte de le développer de façon harmonieuse,
03:19au bénéfice, évidemment, de l'emploi en France et en Europe.
03:22Là, je connais bien maintenant Laurent Brun,
03:24on est en désaccord sur beaucoup de choses.
03:25On est aussi, je crois, de quelques points d'accord,
03:27en tout cas une volonté commune de faire avancer
03:30le monde des transports et singulièrement
03:31le ferroviaire au sein de celui-ci.
03:32Donc je m'apprenne pleinement et évidemment,
03:34tout ça m'intéresse.
03:35Je reviendrai, j'espère, avec un peu plus de bruit.
03:38D'abord, merci à l'UMA, quand même,
03:39de permettre ce genre de débat,
03:41parce que c'est une interpellation directe d'un ministre
03:44qui vient tenir un discours, mais qui est mis sur le grille
03:47des faits et des exigences
03:49que les élus locaux comme moi pouvons porter.
03:52Deuxièmement, sur la question précise de savoir
03:54si le ministre répond aux questions,
03:57je pense qu'on est encore en attente
03:59et sur notre fin sur le sujet.
04:01On oppose à la dérive libérale, à la dérégulation,
04:05la notion de planification autoritaire, dit-il.
04:08Bon, mais le choix n'est pas aussi machiavélique.
04:12Je pense qu'il y a un enjeu de régulation publique,
04:15de régulation par les citoyens eux-mêmes,
04:17qui sont en attente, justement, qu'on leur décharge
04:19les routes des camions,
04:22qu'on crée des politiques qui permettent de transporter
04:26mieux les marchandises dont ils ont besoin,
04:29mieux, c'est-à-dire qu'ils ne polluent pas,
04:30qu'ils ne génèrent pas de tensions sociales,
04:33qu'ils soient vertueuses en matière d'écologie,
04:35vertueuses en matière d'emploi, en matière de salaire.
04:38Et donc, de ce point de vue-là, il faut accepter l'idée
04:40que le marché n'est pas la réponse en la matière.
04:43Tant qu'on soumettra les projets d'investissement
04:46en matière de transport ferroviaire aux aléas,
04:48des financements aux aléas des majorités à l'Assemblée nationale,
04:53des changements de pieds, des contre-pieds
04:55des gouvernements successifs,
04:57là, un seul gouvernement, deux gouvernements, Macron,
05:00l'un qui dit fermeture du Perpignan-Ragis,
05:03l'autre qui dit réouverture.
05:04Bon, voilà, il faut éviter tout ça.
05:06Il faut écouter les habitants de Perpignan,
05:08il faut écouter les habitants d'Île-de-France
05:10qui disent qu'il y a trop de camions sur nos routes.
05:13On veut autre chose et on veut les financements
05:14qui permettent de le faire.
05:16Un train, ça pollue 20 fois moins que les camions.
05:19Voilà, donc c'est énorme.
05:20Sans parler des particules aussi,
05:21on voit la vallée de l'Arc, vous savez,
05:22dans la vallée de Chamonix,
05:23où les gens sont pollués, en fait,
05:25par les nombreux camions qui passent tous les jours
05:27entre la France et l'Italie.
05:28Il y a aussi l'aspect énergie.
05:29C'est-à-dire que le train, c'est tout bête,
05:31mais c'est une roue en fer qui roule sur un rail en fer.
05:34Donc il n'y a pas de frottement.
05:34Donc une tonne transportée par le train
05:37consomme six fois moins d'énergie que la route.
05:39Donc ces avantages écologiques et énergétiques
05:41qui sont énormes.
05:42Donc pour moi, qui suis président de la SNCF,
05:44il est évident qu'au cœur du projet de l'entreprise,
05:46il y a le transport de ferroviaire pour le fret.
05:49Ce n'est pas facile, on se bat,
05:50la période est compliquée,
05:51mais moi, je ne vois pas une SNCF
05:53qui abandonnerait le trafic de fret.
05:55Donc nous nous mobilisons avec l'ensemble des cheminots,
05:58avec l'ensemble des forces vives,
05:59toutes les parties prenantes,
06:00pour donner un vrai avenir
06:01au transport des marchandises par le train.
06:03Ce débat, moi, je le connaissais sous sa forme classique,
06:07où là, on était devant des gens
06:09qui réagissaient, parfois abroyamment.
06:11Donc il y avait un côté, bien sûr,
06:13beaucoup plus vivant
06:14quand on fait la fête de l'humanité pour de vrai.
06:16Mais ce qui est important, c'est le mot débat.
06:18Le débat, il y a eu débat,
06:20il n'est pas tout à fait de la même nature.
06:23Il est d'ailleurs plus profond
06:24quand on fait un débat comme ça, un peu plus posé.
06:27Chaque interlocuteur a un peu plus de temps
06:28pour développer ses arguments.
06:29Moi, ce qui me frappe,
06:30c'est que ce débat, il arrive à une convergence.
06:32Qu'on soit élu de la banlieue parisienne,
06:36qu'on soit patron d'un grand syndicat,
06:38la CGT et Cheminot,
06:40qu'on soit patron d'une entreprise,
06:41qu'on soit ministre des Transports.
06:42Moi, ce qui me frappe,
06:43c'est que le débat, il a montré
06:44une grande convergence de vues.
06:45Après, il y a toujours des discussions
06:47sur les moyens, sur le rythme.
06:48Mais déjà, ne serait-ce que ça,
06:50constater que chacun de notre place,
06:51nous convergeons vers cette vision,
06:52c'est très encourageant pour la suite.
06:53Si je fiche sur mon about toit,
06:54je suis là une blows!
06:54On peut vousgrades bien.
06:56Quellez-vous ?
06:57Sous-titrage FR ?