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  • il y a 12 heures
Alice Coffin, élue EELV au Conseil de Paris, revient sur son opposition à l'adjoint à la Culture démissionnaire Christophe Girard, entendu comme témoin dans l'affaire Matzneff.
Elle estime que le tollé provoqué constitue une question politique et symbolique, "de la mairie de Paris à la présidence de la République".

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Transcription
00:00Bonjour Alice Coffin, vous êtes une ancienne journaliste, notamment passée par 20 Minutes.
00:03Vous êtes cofondatrice de l'association des journalistes LGBT en 2013.
00:08Vous êtes militante au sein de l'association féministe La Barbe.
00:11Et depuis peu, vous êtes élue Europe Écologie Les Verts à la mairie de Paris.
00:15Il y a une semaine, votre participation à une manifestation sur le parvis de l'hôtel de ville
00:19en opposition à Christophe Girard a fait polémique alors que les personnes présentes
00:22brandissaient des pancartes assimilant la mairie de Paris à Pédolande.
00:26L'adjoint à la culture a ensuite démissionné.
00:28Anne Hidalgo, la maire de Paris, s'est dite écurée par votre prise de position.
00:32Elle vous estime désormais en marge de la majorité municipale.
00:36Vous avez subi tout le week-end dernier du cyberharcèlement.
00:38Vous êtes désormais bientôt sous protection judiciaire.
00:41Et vous avez annoncé avoir porté plainte en mentionnant le rôle joué par certains élus dans ce harcèlement.
00:46Alors Alice Coffin, la question c'est, est-ce qu'au bout de seulement un mois de mandat,
00:51c'est une désillusion pour vous cette absence de soutien en politique ?
00:54C'est très révélateur en fait ce qui se passe.
00:56Parce que dès qu'on est bien dans le champ politique et qu'on s'attaque à certains sujets,
01:05immédiatement il y a une mise en danger au sens littéral et une volonté de faire taire.
01:14Et d'ailleurs, moi ce que je regrette c'est que finalement, vous savez les attaques que je retrouve sur
01:18les réseaux sociaux,
01:19qui sont à base de psychiatrisation à l'épaule, d'insultes sexistes, de menaces de viol,
01:27c'est des attaques pour certaines que j'ai retrouvées dans l'hémicycle du Conseil de Paris.
01:31C'est-à-dire qu'il y a des gens, dans les élus, dans mes confrères-conseurs, qui disaient exactement
01:36ça,
01:36qui disaient, qui criaient, faites la terre et il faut l'interner.
01:40De fait, vous êtes intégrée dans une majorité qui est de gauche, qui se revendique féministe,
01:44la mairie de Paris soutient les LGBT notamment, mais il y a quand même ce décalage.
01:50Christophe Girard ce matin sur France Inter a parlé d'une nouvelle génération,
01:53dont vous étiez dans votre combat, qui n'était même pas étonnée que vous preniez cette position-là,
01:57parce que c'était une nouvelle génération de féministes entre autres.
02:00Est-ce qu'aujourd'hui il y a deux féministes, deux féminismes pour vous, qui sont irréconciliables ?
02:04Les générations de féministes, c'est compliqué parce que je pense qu'il y a toujours eu,
02:08ce n'est pas nouveau, qu'il y ait une approche différente entre ce que peuvent faire des femmes
02:18dans certaines sphères, elles le font d'une certaine manière, d'autres qui sont à d'autres niveaux.
02:25Ce qui m'a étonnée dans l'argumentation, par exemple, de Christophe Girard,
02:28c'est que je crois qu'il parle de Gisèle Halimi en se prévalant et personne n'a à s
02:38'accaparer d'héritage ou quoi.
02:40En revanche, moi c'est clairement une source d'inspiration.
02:44Pourquoi ? Parce que qu'est-ce qu'elle fait et ce qui se retrouve maintenant comme combat,
02:49si on veut parler de Gisèle Halimi, elle fait ce qu'Alexandria Ocasio-Cortez appelle
02:53« inside » et « outside », dedans, dehors.
02:57C'est-à-dire que quand elle plaide à un procès, Gisèle Halimi,
03:00elle a besoin de la rue à l'extérieur.
03:03À l'extérieur, elle a ou des personnes, par exemple à Bobigny,
03:06sur l'avortement, elle a ou des personnalités comme l'actrice Delphine Sérig,
03:11très très chère à mon cœur, et des nombreuses manifestantes
03:15qui la soutiennent à l'extérieur et elle joue avec la rue.
03:18Donc, ce qu'on me dit, ou quand Christophe Girard ou d'autres disent là,
03:21c'est des combats autres, on ne peut pas, en tant qu'élu, faire pression par la rue,
03:28sur le parvis de l'hôtel de ville, on ne peut pas avoir recours à ces méthodes-là,
03:33on ne peut pas en même temps, dans ce cas-là, dire « ouais, Gisèle Halimi par-ci »,
03:37vous voyez, c'est des méthodes très anciennes.
03:40Gisèle Halimi et beaucoup d'autres ont utilisé cette méthode du « dedans » et du « dehors ».
03:45C'est aussi ce que fait Alexandria Ocasio-Cortez la première fois de ses premières séances au Congrès.
03:50Elle vient voir à la sortie, elle vient voir les militants, en fait,
03:53qui sont là en sit-in, et elle utilise aussi ce double combat
04:00d'agir à l'intérieur des institutions et de s'appuyer sur la revendication extérieure.
04:06Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous répondez aux personnes
04:09qui vous disent que Christophe Girard aujourd'hui n'est accusé de rien ?
04:12Ça tombe bien parce que si j'exagérais, si je caricaturais,
04:16en gros, Christophe Girard, je ne lui reproche rien.
04:18Donc voilà, ça tombe bien.
04:20Ce n'est pas à Christophe Girard la question,
04:26même si elle l'est par ailleurs, mais elle l'est pour, effectivement.
04:29Ce n'est pas de mon ressort, moi.
04:33La question, c'est la mairie de Paris.
04:34C'est les choix de la mairie de Paris et plus généralement les pouvoirs politiques
04:37et les choix symboliques qu'ils font.
04:40Donc ça ne change rien, en fait, que cette question judiciaire
04:44n'a absolument pas d'incidence pour moi.
04:48C'est vraiment une question, je crois, symbolique.
04:50D'abord, avant de faire des interventions publiques,
04:51j'ai longtemps essayé, depuis plusieurs mois, en privé,
04:54d'alerter, je n'étais pas la seule, les responsables socialistes.
04:58Donc on évite, justement, d'en arriver là.
05:01Ils n'ont pas entendu.
05:02La deuxième chose, la première intervention publique que j'ai faite,
05:06début juillet, je ne le cite même pas.
05:08Je ne le cite même pas, parce que ce n'est pas le but, ce n'est pas lui,
05:11ce n'est pas lui, ce n'est pas sa personne.
05:13C'est un choix politique.
05:15C'est ce pouvoir politique français qui, de la mairie de Paris
05:18à la présidence de la République, ne comprend toujours pas
05:23qu'il faut qu'il change ses logistiques,
05:26qu'il faut qu'il se mette clairement du côté des militantes féministes.
05:31Et qu'en tout cas, toute son action, que ce soit la mairie de Paris
05:34ou la présidence de la République récente,
05:38et ses choix politiques, les place en complice, en agent
05:45de l'oppression des femmes.
05:48Vous avez sorti un livre à la rentrée aux éditions Grasset
05:51qui s'appelle « Le génie lesbien ».
05:53Est-ce que vous pouvez nous en parler un petit peu
05:54et nous expliquer son rapport aux politiques ?
05:57Il n'y a pas encore…
05:58Moi, quand j'ai fini « Le génie lesbien »,
06:01je n'étais pas encore élue.
06:03C'est un livre auquel je travaille depuis un certain temps.
06:07Donc, après, il est bien sûr très politique.
06:11En gros, c'est un livre qui retrace mon parcours de journaliste
06:14et de militante, et pas encore de politique, justement,
06:18et qui s'attache à raconter comment les rédactions françaises,
06:27les journalistes, travaillent par rapport notamment aux questions
06:30des minorités, que ce soit des minorités lesbiennes ou autres.
06:37Comment en France, on a du mal, on se crispe complètement
06:43sur cette histoire dite de communautarisme,
06:46à un point absolument grotesque et qui vide les propos de sens.
06:52Alors, je crois qu'à ce moment-là, la nouvelle tendance
06:53à dire communautarisme, c'est de dire séparatisme.
06:56En tout cas, sur ces points-là,
07:00qui parle aussi évidemment de génie lesbien
07:02et rend un hommage assez vibrant à toutes les combattantes
07:06et toutes les lesbiennes qu'on retrouve sur le devant de la scène
07:09dans les grandes luttes historiques,
07:13et pas seulement les luttes lesbiennes et féministes,
07:15mais bien au-delà.
07:16Et puis, qui parle aussi, qui développe, en fait,
07:19j'ai vu qu'il y avait certains propos que j'avais tenus
07:23il y a deux ans sur le concept de paternité
07:29ou les violences des hommes qui avaient suscité un peu de réaction.
07:38Alors, je n'ai pas une très bonne nouvelle pour ceux à qui ça allait plus,
07:42c'est que dans le livre, c'est dit avec encore plus de force et de détail.

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