- il y a 12 heures
- #metoo
La vague #MeToo n'est plus simplement virtuelle mais s'incarne dans les entreprises (scandale Ubisoft, révélations de viol et harcèlement dans le milieu du sport), en politique (manifestation après la nomination de Darmanin et Dupont-Moretti, Christophe Girard obligé de démissionner de la Mairie de Paris pour avoir couvert Gabriel Matzneff), dans l'espace public (affichage sauvage des colleuses depuis 2019 dénonçant les féminicides) et présents désormais dans toute la France, quel combat et quelles formes de luttes féministes en 2020 pour en finir avec le patriarcat ?
Débat dans le cadre de la fête de l'Humanité, le samedi 12 septembre 2020 à La Bellevilloise (Paris).
Avec :
Camille Lextray, Féministe, mouvement des Colleuses
Hélène Bidard, adjointe PCF à la maire de Paris, chargée de l'égalité femmes-hommes,
Bibia Pavard, historienne spécialisée en histoire contemporaine et en histoire des femmes et du genre
Le débat est animé par Eugénie Barbezat, Journaliste à l’Humanité
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NewsTranscription
00:00:01Bonjour, bonjour à tous et à toutes et bienvenue à ce débat, ce débat consacré au féminisme après MeToo, une
00:00:10nouvelle génération à l'offensive.
00:00:12C'est donc ce qu'on va interroger durant une heure avec trois invités que je vais vous présenter.
00:00:17Alors durant ce débat, on va se demander comment, après donc cette vague de MeToo, cette prise de parole des
00:00:25femmes dénonçant sur les réseaux sociaux
00:00:27les violences qu'elles ont suivies de la part d'hommes qui ont abusé de leur force ou de leur
00:00:31pouvoir contre elles.
00:00:33On va voir comment ces témoignages ont changé les pratiques, à la fois dans les entreprises, on peut parler d
00:00:39'Ubisoft par exemple,
00:00:40où il y a eu une vague de licenciements après des révélations concernant du sexisme et des violences faites aux
00:00:48femmes.
00:00:49Sur les réseaux sociaux, on peut avoir l'exemple de la Ligue du LOL, où il y a eu aussi
00:00:54des sanctions dans le sport,
00:00:57bien sûr dans la musique, grâce à des victimes qui osent prendre la parole pour dénoncer des faits qu'elles
00:01:04ont subis,
00:01:06eh bien les choses commencent à changer.
00:01:09Alors ce n'est pas le cas partout, parce qu'à la tête de l'État, des hommes accusés d
00:01:14'agression sexuelle ou de viol
00:01:16restent en poste malgré des manifestations publiques.
00:01:19On va s'interroger aujourd'hui sur les formes que prennent les luttes féministes et sur les méthodes qu'elles
00:01:26ont pour tenter d'en finir avec le patriarcat,
00:01:30parce que bien sûr, c'est le but.
00:01:32Alors avec nous, pour parler de tous ces sujets, je commence par la plus éloignée de moi,
00:01:40Bibiapavar, vous êtes historienne, maîtresse de conférences à l'Université Paris 2,
00:01:45et vous venez de publier un livre que je vais montrer à la caméra,
00:01:50« Ne nous libérez pas, on s'en charge », une histoire des féminismes de 1789 à nos jours.
00:01:57C'est un livre que vous avez co-écrit avec Florence Rochefort, Michel Zancarini-Fournel.
00:02:03On en reparlera et vous serez donc à la fin de ce débat.
00:02:06Pour ceux qui sont présents physiquement à la Belgiloise, vous pourrez leur dédicacer.
00:02:12Autour de cette table également, Hélène Bida, bonjour, vous vous êtes adjointe PCF à la mairie de Paris,
00:02:19où vous êtes en charge depuis 2014 des questions d'égalité femmes-hommes,
00:02:24maintenant de jeunesse aussi d'ailleurs, et toujours de lutte contre les discriminations.
00:02:29Et puis à côté de moi, Eina, bonjour, vous vous êtes membre de celles qu'on appelle communément les coleuses,
00:02:36mais vous préférez qu'on dise coloreuses pour être plus inclusives, vous nous expliquerez d'ailleurs pourquoi.
00:02:43Alors, on ne vous connaît pas forcément, mais on connaît vos slogans qui s'affichent pour les Parisiens sur les
00:02:48murs de Paris,
00:02:49et ça a essaimé un petit peu dans toutes les villes de France.
00:02:53Vous nous parlerez de ce collectif et de cette nouvelle vague féministe d'empowerment
00:02:59qui permet aux femmes de reprendre la parole et aussi de reprendre possession de l'espace public
00:03:06qui leur a été confisqué depuis bien longtemps déjà.
00:03:09Alors, on va commencer avec vous, Viviane Pavard, parce qu'on parle de l'après MeToo.
00:03:14J'aimerais qu'on revienne sur la portée historique de ce mouvement MeToo.
00:03:18Est-ce que c'est vraiment quelque chose qui est nouveau ?
00:03:22Est-ce que les revendications portées par ces femmes qui dénoncent ce qu'elles ont subi sont quelque chose de
00:03:28nouveau ?
00:03:28Ou est-ce que dans la longue histoire du féminisme et des mouvements féministes, ça trouve sa place ?
00:03:33Est-ce que c'est des choses qui sont dénoncées de manière assez récurrente malgré tout dans l'histoire ?
00:03:39Oui, alors c'est vrai que c'est une question que nous sommes posées avec mes deux co-autrices
00:03:43lorsque nous avons rédigé cette partie sur MeToo dans le livre.
00:03:46On ne voulait pas, d'une part, réduire la portée révolutionnaire, le moment de rupture que ça représente,
00:03:53mais en même temps, vu qu'on avait une histoire sur le temps long,
00:03:56on voulait aussi la replacer dans des développements qui s'ancrent dans un passé plus lointain.
00:04:04Alors nous, on voit vraiment l'émergence de ces questions de dénonciation des violences faites aux femmes
00:04:08au moment des années 1970, avec la revendication « Mon corps m'appartient »,
00:04:14qui donc porte à la fois la dénonciation du viol, des violences à ce moment-là.
00:04:22Et ensuite, ces questions-là ont été portées tout au long des années 80-90,
00:04:27alors par un féminisme institutionnel, on peut penser évidemment au féminisme d'État
00:04:32ou au féminisme qui se déploie dans les collectivités locales.
00:04:37Et donc ces questions ont amené à des campagnes.
00:04:40Il y a eu aussi des études universitaires, de féministes universitaires
00:04:44qui ont produit des travaux, des réflexions, des chiffres.
00:04:47Et donc finalement, on est dans la continuité de ces dénonciations, de ces revendications.
00:04:54Néanmoins, on a voulu vraiment parler de « moment me too » parce qu'on a quand même un phénomène
00:05:00de rupture
00:05:01qui s'est donc produit, qui a été décuplé par la dimension transnationale, évidemment,
00:05:07et puis par l'écho donné par les réseaux sociaux, par les médias, et puis par cette prise de parole.
00:05:14Alors non plus seulement des féministes militantes, qui ont joué un rôle très important de relais et d'écho,
00:05:21mais aussi par des femmes ordinaires qui ont commencé à raconter leur vécu.
00:05:25Et les réseaux sociaux ont permis de rendre visibles ces récits et leur accumulation.
00:05:31C'est ce qui a vraiment fait l'impression d'un basculement,
00:05:36mais qui s'inscrit évidemment dans cette durée que nous avons pu décrire effectivement dans le livre.
00:05:42Alors est-ce que la société était prête quand même ?
00:05:45Parce qu'on voit que « me too », ça s'est un petit peu tari, ce hashtag-là,
00:05:50qui est, vous faites bien de dire que c'est transnational,
00:05:52et on va rappeler quelque chose, c'est que c'est né en Inde, en fait, après un viol collectif,
00:05:56et pas forcément aux États-Unis, comme on peut le lire souvent.
00:06:00Mais il y a par exemple le mouvement I Was, avec l'âge à lequel on a subi des agressions
00:06:06sexuelles,
00:06:06qui touche à la fois les jeunes garçons, les jeunes filles,
00:06:08et qui a un écho formidable en ce moment, en Corse notamment,
00:06:12où ce n'est pas seulement sur les réseaux sociaux, c'est-à-dire que ça a des traductions concrètes.
00:06:17Ces femmes corses notamment, elles vont dans la rue tous les dimanches, depuis plusieurs mois déjà.
00:06:21C'est-à-dire que ce déplacement d'une dénonciation parfois anonyme, virtuelle,
00:06:29arrive à avoir des conséquences.
00:06:30Ça, est-ce que c'est nouveau ?
00:06:32Alors, effectivement, vous faites bien de le rappeler,
00:06:34c'est un mouvement qui, effectivement, est sème sur les réseaux sociaux,
00:06:38mais aussi dans la rue, en fait, c'est très important de le dire.
00:06:42Donc, c'est en ligne et hors ligne.
00:06:45Et donc, est-ce que c'est nouveau ?
00:06:47En fait, moi, je pense que la vraie question, c'est quelle est la portée,
00:06:51quel est l'impact ?
00:06:52Alors, on voit déjà que les lignes bougent,
00:06:54que les choses sont en train de changer,
00:06:56mais comme on est en plein dans ce moment qui n'est pas terminé,
00:06:59on en voit les développements tous les jours,
00:07:03ce n'est qu'avec le recul escorique qu'on pourra vraiment voir
00:07:06à quel point ce moment a été fondateur,
00:07:10a été un moment clé dans l'histoire des féminismes.
00:07:13Mais on peut déjà le pressentir quand même.
00:07:15On reviendra également sur les revendications de MeToo,
00:07:19qui sont les revendications du respect de la loi.
00:07:21On n'est plus à conquérir de nouveaux droits,
00:07:23c'est-à-dire à faire respecter ces droits.
00:07:27On y reviendra, mais Hélène Lida, je voudrais vous donner la parole.
00:07:29Vous, en tant qu'élu de la mairie de Paris,
00:07:32vous avez pris de plein fouet, en fait, cette vague MeToo,
00:07:35qui vous concernait directement, puisque c'était dans vos attributions.
00:07:38Comment vous avez vécu ça, en tant qu'élu,
00:07:40en tant que femme, qui a un pouvoir sur cette question ?
00:07:44D'abord, moi, je l'ai vécu comme, en fait, une énorme chance
00:07:50d'être élue à ce moment-là sur ces questions-là.
00:07:53Parce que, pour revenir un petit peu en arrière,
00:07:55je suis élue en charge de l'égalité femmes-hommes en 2014.
00:07:58Donc, c'est même avant l'affaire Beaupin
00:08:01qui, déjà, avait beaucoup bousculé les politiques
00:08:05et libéré la parole ensuite.
00:08:09Mais, donc, en 2014, je me rappelle,
00:08:12je rencontre énormément d'associations féministes
00:08:14qui étaient présentes, déjà, qui faisaient un gros travail,
00:08:18qui, c'est elles, qui ont fait le travail
00:08:21d'aller voir les parlementaires et de faire, justement,
00:08:23qu'on ait des lois, notamment sur les violences faites aux femmes
00:08:26en France, qui sont, voilà, qui ont, qui permettent,
00:08:31qui devraient permettre de condamner toutes ces violences.
00:08:34Donc, il y avait toutes ces associations qui étaient là.
00:08:37Elles avaient tout un corpus théorique extrêmement puissant.
00:08:41Ces associations, par exemple, utilisaient le mot féminicide.
00:08:45Toutes, toutes celles qui luttent contre les violences,
00:08:46utilisaient ce mot.
00:08:48Et, moi, j'ai le souvenir très clair en Conseil de Paris
00:08:51d'utiliser le mot féminicide, que la mère le reprenne,
00:08:55mais nous étions deux.
00:08:57Aucun autre conseiller de Paris ne reprenait ce terme,
00:09:00ce mot n'existait pas.
00:09:02Et du moment où arrive MeToo, je pense que beaucoup se sont dit
00:09:08que ça n'allait pas durer, que ça allait être uniquement
00:09:10sur les réseaux sociaux et n'ont pas compris la portée mondiale
00:09:14et ne l'ont pas compris comme un mouvement social.
00:09:17Or, il se trouve que non seulement ça s'est traduit dans la rue,
00:09:20mais plus que ça, à Paris, on a eu 30 % de plaintes déposées
00:09:24en plus, entre janvier et avril, après que le mouvement ait commencé
00:09:29sur les réseaux sociaux.
00:09:30Et donc, ce caractère massif, il montre en fait le côté systémique
00:09:37des violences patriarcales, et il se traduit par des plaintes en plus.
00:09:42Or, il se trouve, et moi, vraiment, je pense qu'il faut aussi en revenir à ça,
00:09:46pourquoi il y a ces dénonciations MeToo et IWAS sur les réseaux sociaux.
00:09:50D'abord, parce que la justice a été déceptive pendant des années et des années,
00:09:55parce qu'il y avait des refus de plaintes,
00:09:57parce que les viols étaient correctionnalisés,
00:10:00et ils le sont encore.
00:10:02Et donc, ils le sont encore.
00:10:07Mais, vraiment, je pense qu'il faut vraiment avoir en tête
00:10:10que s'il y a eu ces dénonciations sur les réseaux sociaux,
00:10:13c'est avant tout parce qu'il y avait des manquements,
00:10:14et de manière internationale, sur la justice,
00:10:20sur le fait d'être reconnue comme victime,
00:10:22et de faire condamner les agresseurs,
00:10:24des agresseurs qui sont multirécidivistes.
00:10:26On sait, quand on parle de pédocriminalité,
00:10:29que ce sont des multirécidivistes.
00:10:30Et donc, du coup, cette parole, elle se libère.
00:10:35En réalité, il y avait une parole qui existait,
00:10:37mais surtout, c'est le caractère massif,
00:10:40je crois, vraiment, qui émerge à ce moment-là.
00:10:43Et, du coup, on passe...
00:10:45Moi, je suis élue en charge de l'égalité femmes-hommes,
00:10:47avec, pour la première fois, une femme maire de Paris, quand même.
00:10:50Je pense que ça aide aussi,
00:10:54qui a porté ces questions-là, et qui est féministe.
00:10:57Du coup, au lieu d'être relativement isolée
00:11:00dans mon mandat, je me retrouve poussée,
00:11:04aidée vraiment par les mouvements sociaux
00:11:08qui déferlent dans la vague MeToo.
00:11:11Et alors qu'il y a des restrictions budgétaires
00:11:14dans toutes les délégations,
00:11:17que c'est extrêmement compliqué,
00:11:18les budgets des collectivités,
00:11:19parce que nous avons des coûts pré-financiers
00:11:22qui tombent par la mise en place de l'austérité
00:11:24des gouvernements.
00:11:25Eh bien, moi, je me retrouve avec des augmentations
00:11:28trois années d'affilée,
00:11:30après MeToo, donc 2016, 2017, 2018,
00:11:33trois années d'affilée,
00:11:34des augmentations de subventions.
00:11:37On a pu augmenter de 25 % à chaque fois
00:11:41les budgets des associations
00:11:42sur les violences faites aux femmes.
00:11:44Et je ne le disais pas trop fort,
00:11:46parce que mes collègues pouvaient être un peu jaloux,
00:11:48mais franchement, c'est formidable
00:11:50de pouvoir bénéficier de cette poussée
00:11:52des mouvements sociaux
00:11:53pour porter des politiques publiques.
00:11:56Merci beaucoup.
00:11:57Et on va voir également,
00:11:58on va donner la parole maintenant
00:11:59à celle qui pousse,
00:12:00et qui pousse dans la rue,
00:12:02à INAV.
00:12:02Donc, vous êtes membre d'un groupe
00:12:05de collage contre les féminicides.
00:12:07Alors, vous, vous collez,
00:12:08c'est dans le Val-d'Oise, c'est ça ?
00:12:10Oui.
00:12:10Voilà.
00:12:11Mais chacun qui est venu ici,
00:12:13à pied à la Belle-Villoise,
00:12:14a pu croiser ses lettres noires
00:12:17sur fond blanc.
00:12:18Qui, voilà, qui donne des slogans
00:12:22particulièrement confortants
00:12:23quand on est une femme
00:12:24et qu'on marche dans la rue.
00:12:25Et je pense que quand on est un homme aussi,
00:12:26ça peut être confortant, d'ailleurs,
00:12:28de lire « On te croit »,
00:12:30de lire « Stop au patriarcat »,
00:12:34de lire « 64e féminicide, elle nous manque ».
00:12:39Enfin, voilà, je pense que vous nous donnerez
00:12:40plein d'autres slogans.
00:12:41Mais j'aimerais que vous nous racontiez
00:12:43un peu comment est né ce tout jeune mouvement
00:12:45qui a un an, qui a fêté ses un an,
00:12:47il y a quelques, même pas une dizaine de jours.
00:12:51Et donc, comment ça s'est créé ?
00:12:53Et comment ça a pris, surtout ?
00:12:55Oui, nous avons organisé une commémoration
00:12:58il y a une dizaine de jours,
00:12:59donc le 30 août, précisément,
00:13:01pour la première réunion
00:13:04où nous étions retrouvés
00:13:07après l'appel de Marguerite Stern
00:13:09qui proposait donc de nous former
00:13:12pour l'écolage.
00:13:15Ensuite, donc là,
00:13:17effectivement, il y a une dizaine de jours,
00:13:19nous avons commémoré
00:13:20depuis un an
00:13:22les 122
00:13:25victimes de féminicides
00:13:27qui ont eu lieu,
00:13:28que nous avons décomptées.
00:13:32Et, alors, pour l'origine du mouvement,
00:13:34effectivement, donc,
00:13:35comme je vous le dis,
00:13:36c'était une rencontre organisée
00:13:39par Marguerite Stern.
00:13:40Ensuite, le mouvement des coloreuses
00:13:43s'est désolidarisé
00:13:45à cause de propos sur la transphobie,
00:13:47enfin, de propos transphobes.
00:13:49Donc, nous, notre positionnement,
00:13:51il est totalement inclusif,
00:13:53comme le nom l'indique,
00:13:54coloreuses
00:13:56et non-coleuses.
00:13:58On peut dire collage,
00:13:59si c'est plus simple
00:14:00pour les personnes.
00:14:02Alors, ça veut dire quoi ?
00:14:02Ça veut dire qu'il y a des hommes
00:14:03ou pas d'hommes ?
00:14:04J'avais pu comprendre
00:14:04qu'il n'y avait pas d'hommes.
00:14:05Non, nous ne collaborons pas
00:14:08avec les hommes cis,
00:14:10qu'on appelle cis,
00:14:11c'est-à-dire cisgenres,
00:14:12c'est-à-dire le genre masculin
00:14:16leur a été assigné à la naissance
00:14:18et ils s'identifient
00:14:20dans ce genre-là.
00:14:21Donc, c'est ce qu'on appelle
00:14:22une personne cisgenre.
00:14:23Donc, moi, je suis une femme cisgenre,
00:14:25on m'a assigné le sexe féminin
00:14:27à la naissance
00:14:28et je m'identifie comme femme.
00:14:30Voilà.
00:14:30Donc, tout le monde
00:14:32peut participer à notre mouvement,
00:14:34tout le monde est bienvenu,
00:14:36sauf, effectivement,
00:14:38les personnes qui représentent pour nous
00:14:42les oppresseurs
00:14:42ou les agresseurs, etc.
00:14:44Donc, nous le faisons
00:14:45dans un souci de sécurité
00:14:47pour nous protéger
00:14:48dans nos actions,
00:14:49ce qui ne les empêche pas
00:14:50d'être des alliés
00:14:51s'ils en ont envie.
00:14:53Voilà.
00:14:53Voilà.
00:14:54Donc, il n'y a pas d'hommes
00:14:56cisgenres qui collent.
00:14:57Exactement.
00:14:58Voilà.
00:14:59Alors, l'idée, c'était quoi ?
00:15:00C'était de se réapproprier
00:15:02l'espace public ?
00:15:03C'était d'aller coller des slogans
00:15:05à la vie de tous ?
00:15:06C'était de faire de l'éducation populaire ?
00:15:08Il y avait quoi là-dedans ?
00:15:08Alors, pour revenir aux origines,
00:15:10l'idée première a été
00:15:12de dénoncer
00:15:14l'augmentation fulgurante
00:15:17de féminicides
00:15:18qui ont eu lieu
00:15:20dans l'après-me-tout.
00:15:21Parce que, comme vous le disiez,
00:15:22il y a eu des dénonciations
00:15:24qui ont été faites.
00:15:25La parole s'est libérée.
00:15:26Alors, en libérant
00:15:27la parole des femmes,
00:15:28évidemment,
00:15:28ça ne plaît pas aux messieurs.
00:15:31Donc, il y a eu
00:15:32une augmentation
00:15:33des violences faites aux femmes
00:15:35et qui a débouché
00:15:36sur des féminicides.
00:15:37Donc, on est passé
00:15:38d'un féminicide
00:15:39tous les trois jours
00:15:39à un féminicide
00:15:40tous les deux jours.
00:15:40et nous avions voulu
00:15:42dénoncer cela,
00:15:44le rendre visible,
00:15:45dire que ces personnes
00:15:46nous manquaient,
00:15:46que ce n'était pas normal,
00:15:48qu'elles subissent
00:15:49ces violences intrafamiliales.
00:15:53Et ensuite,
00:15:55comme je vous le disais,
00:15:57nous avons voulu créer
00:15:58un mouvement inclusif
00:15:59et on a voulu dénoncer
00:16:02toutes les formes
00:16:02de sexisme
00:16:03et toutes les formes
00:16:03d'oppression
00:16:04qu'il peut y avoir
00:16:05sur les femmes
00:16:05ou les personnes
00:16:06perçues comme femmes.
00:16:07Donc, on parle
00:16:08de la grossophobie
00:16:10aux discriminations
00:16:11envers les personnes
00:16:13handicapées.
00:16:14Exactement.
00:16:14Le validisme
00:16:16que nous dénonçons,
00:16:17évidemment,
00:16:18nous estimons
00:16:18que c'est la société
00:16:19d'être adaptée
00:16:20et ce n'est pas
00:16:21aux personnes
00:16:22en situation de handicap
00:16:23de s'adapter.
00:16:25Nous dénonçons
00:16:26effectivement la grossophobie,
00:16:28nous dénonçons
00:16:28les LGBTQIA plus phobies,
00:16:31c'est-à-dire
00:16:32toutes les phobies
00:16:34qui peuvent concerner,
00:16:36on peut dire aussi
00:16:36queerphobies,
00:16:37toutes les phobies
00:16:39qui concernent
00:16:40les identités de genre
00:16:42et ou les orientations
00:16:45sexuelles.
00:16:46Nous dénonçons aussi
00:16:47le classisme,
00:16:49c'est-à-dire
00:16:51une hiérarchisation
00:16:52d'ordre social.
00:16:55Nous dénonçons également,
00:16:57alors j'ai toujours peur
00:16:58avec les listes
00:16:59d'oublier quelqu'un,
00:17:01donc je préfère prévenir,
00:17:03mais en gros,
00:17:04nous dénonçons
00:17:05toutes les formes
00:17:05d'oppression
00:17:06qui peuvent avoir
00:17:07un lien
00:17:08avec l'identité
00:17:11de genre
00:17:12de la personne
00:17:13ou son orientation
00:17:14sexuelle
00:17:15ou sa situation,
00:17:17voilà,
00:17:17situation de handicap.
00:17:18Non seulement
00:17:18vous les dénoncez,
00:17:19mais si je puis dire,
00:17:20vous allez aussi
00:17:20les inclure,
00:17:21c'est ça qui est important,
00:17:22c'est que non seulement
00:17:23vous portez leur parole,
00:17:24mais vous les invitez
00:17:24à vous rejoindre.
00:17:26Vous faites tout
00:17:27pour qu'une personne,
00:17:29même si elle se sent
00:17:30en général agressée
00:17:31dans l'espace public,
00:17:32puisse y aller
00:17:33ou en tout cas
00:17:34être représentée
00:17:36au plus près
00:17:36de ce qu'elle pense
00:17:37en portant un slogan
00:17:38de sa part,
00:17:39etc.
00:17:40Donc il y a vraiment
00:17:41dans l'action,
00:17:42ce n'est pas simplement
00:17:42une dénonciation,
00:17:43c'est-à-dire que
00:17:44c'est une dénonciation
00:17:45qui se fait aussi
00:17:46par la prise de parole
00:17:46de ces gens-là.
00:17:47Tout à fait.
00:17:48Toute personne
00:17:49qui souhaite coller
00:17:52son message
00:17:53parce qu'elle a envie
00:17:54de témoigner
00:17:55des violences
00:17:57qu'elle subit
00:17:57est évidemment
00:17:58la bienvenue,
00:17:59nous allons tout faire
00:18:00pour essayer
00:18:00de l'aider.
00:18:02Donc ça peut
00:18:03concerner des personnes
00:18:04qui sont victimes
00:18:06de racisme,
00:18:07nous allons réfléchir
00:18:09ensemble au slogan,
00:18:10nous allons essayer
00:18:11aussi de nous organiser
00:18:12de manière à pouvoir
00:18:13inclure des personnes
00:18:13en situation de handicap
00:18:15ou leur donner les moyens
00:18:16de s'exprimer également.
00:18:19D'accord.
00:18:20Alors, le but,
00:18:21c'est quoi ?
00:18:22C'est d'aller coller
00:18:23par petits groupes,
00:18:24parfois c'est plus nombreux,
00:18:25mais en général
00:18:26c'est deux, trois,
00:18:28voilà,
00:18:28l'un tient le saut de colle,
00:18:29l'autre,
00:18:29les feuilles qu'elle a préparées
00:18:31avec son slogan inscrit,
00:18:33c'est d'aller remplir
00:18:35l'espace public
00:18:37de messages féministes
00:18:40et contre le patriarcat,
00:18:42en fait.
00:18:43Ça représente quoi ?
00:18:44C'est pour que les femmes
00:18:46se sentent libres
00:18:48de l'avoir fait ?
00:18:49C'est pour que celles
00:18:49qui le voient
00:18:50et ceux qui le voient
00:18:51se sentent conscientisées ?
00:18:52C'est tout ça à la fois ?
00:18:53Dites-nous un peu.
00:18:54Alors, la rue est un espace
00:18:57qui n'est pas neutre,
00:18:59c'est un enjeu de pouvoir,
00:19:01occuper l'espace,
00:19:02qu'il soit,
00:19:03enfin, public,
00:19:04ça veut dire être visible,
00:19:06ça veut dire exister,
00:19:07et nous avons besoin
00:19:09de réoccuper cet espace,
00:19:10de dire que nous aussi,
00:19:11nous avons le droit
00:19:13de sortir en toute liberté,
00:19:14en toute sécurité.
00:19:17Et à n'importe quelle heure.
00:19:18Et à n'importe quelle heure,
00:19:19du jour et de la nuit,
00:19:20et dans n'importe quelle tenue,
00:19:21également.
00:19:23Donc, nous avons décidé
00:19:25de réoccuper cet espace public
00:19:27en rendant visibles
00:19:28les souffrances invisibles
00:19:30qui sont tues
00:19:31parce qu'elles n'entrent
00:19:32dans aucune statistique,
00:19:35ou que les statistiques
00:19:37sont totalement incomplètes,
00:19:38par exemple,
00:19:40sur le viol.
00:19:41On sait très bien,
00:19:42en discutant entre nous,
00:19:43qu'il y a beaucoup plus
00:19:44de victimes
00:19:44que ce que l'on dit,
00:19:45en tout cas,
00:19:46qui se déclarent.
00:19:48Pareil pour les violences
00:19:49intrafamiliales,
00:19:50beaucoup de choses
00:19:51sont sues et tuent
00:19:53à cause des violences
00:19:56un peu systémiques
00:19:57du patriarcat
00:19:58qui nous empêchent
00:19:59de porter plain,
00:20:00qui nous empêchent
00:20:00d'avoir une aide réelle,
00:20:03efficace,
00:20:04pour lutter
00:20:05contre nos oppresseurs.
00:20:08Donc, l'idée,
00:20:09effectivement,
00:20:10on dénonce,
00:20:11par exemple,
00:20:11le harcèlement de rue
00:20:12et occuper l'espace
00:20:14et, justement,
00:20:17se réapproprier la rue.
00:20:19Je vois que vous
00:20:20opinez du chef,
00:20:21Hélène Bidard.
00:20:22Le harcèlement de rue,
00:20:23ça a été un de vos combats
00:20:24en tant qu'élu ?
00:20:25Ça a été un de mes combats.
00:20:27En fait, à la base,
00:20:28il y a un collectif
00:20:30qui s'appelait
00:20:30Stop harcèlement de rue
00:20:31qui a vraiment porté
00:20:33cette question en 2015
00:20:35et elle faisait à Paris
00:20:36ce qu'elles appelaient
00:20:36des zones anti-reloues.
00:20:39C'est-à-dire qu'elles mettaient
00:20:40du scotch,
00:20:41par exemple,
00:20:41rue de Lappe
00:20:42à côté de Bastille.
00:20:44Et puis,
00:20:46elles interpellaient
00:20:47les femmes qui passaient,
00:20:48les hommes qui passaient
00:20:49sur le harcèlement de rue.
00:20:51Et donc,
00:20:52on a...
00:20:52Moi, je les ai reçus
00:20:54tout de suite.
00:20:55J'ai découvert après,
00:20:56mais peut-être
00:20:56Bibi Abavard
00:20:58pourra en parler
00:20:59parce que nous,
00:20:59à cette époque-là,
00:21:00on avait l'impression
00:21:01d'avoir un...
00:21:02de découvrir
00:21:03un continent
00:21:04de lutte,
00:21:05de découvrir
00:21:06que oui,
00:21:07tous les matins,
00:21:08on réfléchissait
00:21:08à comment on allait s'habiller
00:21:09en fonction de à quelle heure
00:21:11on allait passer,
00:21:11dans quel quartier.
00:21:13Et je me sentais concernée
00:21:15comme toutes les femmes.
00:21:16Et on avait l'impression
00:21:16que cette question
00:21:17n'avait jamais été portée
00:21:18et Bibi le dira peut-être,
00:21:20mais j'ai découvert après
00:21:21que, en fait,
00:21:22ce n'était pas une question neuve,
00:21:24que d'autres générations
00:21:25avaient porté cette question-là.
00:21:27En tout cas,
00:21:28on a travaillé
00:21:29surtout à Paris,
00:21:31du coup,
00:21:32avec l'institution
00:21:33Ville de Paris,
00:21:34à réfléchir
00:21:35sur pourquoi ça arrive,
00:21:38pourquoi il y a
00:21:38du harcèlement de rue,
00:21:40pourquoi c'est en réalité
00:21:42dans tous les quartiers,
00:21:43parce qu'il faut le dire,
00:21:44la droite,
00:21:45avec une instrumentalisation
00:21:46d'idées,
00:21:48d'extrême droite
00:21:49et en marche,
00:21:50bien sûr,
00:21:51on utilisait ça
00:21:52pour stigmatiser
00:21:53certains quartiers,
00:21:54certaines personnes
00:21:55en pointant,
00:21:56en disant,
00:21:56en gros,
00:21:57le harcèlement de rue,
00:21:57ce serait les quartiers populaires,
00:22:00la chapelle,
00:22:01etc.
00:22:01On a eu énormément
00:22:02de presse là-dessus,
00:22:04alors que c'est faux.
00:22:06Nous,
00:22:06on a travaillé là-dessus
00:22:07avec des chercheurs
00:22:08et des chercheuses
00:22:09qui travaillaient sur le genre
00:22:10dans l'espace public,
00:22:11sur, par exemple,
00:22:12le partage
00:22:13des espaces sportifs
00:22:15lorsqu'ils sont ouverts,
00:22:17comment ça s'organise,
00:22:19le fait qu'en réalité,
00:22:20plus de 80%
00:22:21de ces lieux-là,
00:22:22c'est de la fréquentation
00:22:23d'hommes,
00:22:24donc des lieux non mixtes,
00:22:26et apparemment,
00:22:27quand c'est non mixte
00:22:28avec des hommes,
00:22:28ça ne dérange pas.
00:22:29Ce qui gêne,
00:22:30c'est quand c'est non mixte
00:22:30avec des femmes,
00:22:31donc voilà,
00:22:32ça permettait de reposer
00:22:33un peu les choses.
00:22:34et oui,
00:22:35il y a des quartiers
00:22:37qui dysfonctionnent,
00:22:38où des hommes stagnent
00:22:40dans l'espace public
00:22:40et qui, du coup,
00:22:42sont des quartiers
00:22:43où les femmes vont passer
00:22:45et subir
00:22:46du harcèlement de rue,
00:22:48qui est une forme
00:22:49de violence
00:22:50très concrète,
00:22:51qui n'a pas pour but
00:22:52de vous draguer,
00:22:53en réalité,
00:22:53mais qui a pour but
00:22:54de vous chasser
00:22:55de l'espace public.
00:22:57Et donc,
00:22:58on voit que les images sexistes,
00:22:59les publicités sexistes
00:23:02participent à cette ambiance-là
00:23:03de rendre le corps de la femme
00:23:05comme un objet
00:23:06que l'on peut acheter,
00:23:07que l'on peut posséder.
00:23:09Donc, il y a tout un travail
00:23:10à faire sur l'image,
00:23:11mais aussi sur l'urbanisme,
00:23:13sur l'aménagement,
00:23:14pourquoi il y a des endroits...
00:23:15qu'est-ce que vous pouvez faire
00:23:16en tant que...
00:23:17Ah, mais concrètement,
00:23:18ça veut dire,
00:23:19en termes d'aménagement,
00:23:21penser la ville
00:23:21par et pour les femmes.
00:23:23Ça veut dire qu'aujourd'hui aussi,
00:23:24dans les écoles d'architecture
00:23:26et d'urbanisme,
00:23:27cette question-là
00:23:27n'était pas pensée
00:23:28que ce sont les hommes,
00:23:31architectes, urbanistes,
00:23:32qui créent des projets
00:23:34sans penser
00:23:35à la vie des femmes
00:23:36et à la question
00:23:37du harcèlement de rue.
00:23:38Ça veut dire que,
00:23:39tout simplement,
00:23:40dans un endroit
00:23:41où on a un sentiment
00:23:43d'insécurité plus fort,
00:23:44il faut aménager autrement.
00:23:45Je veux juste dire
00:23:46qu'il y a du harcèlement de rue
00:23:47dans des quartiers
00:23:48où des hommes vont stagner,
00:23:50en effet,
00:23:50comme à la chapelle,
00:23:51on ne peut pas le nier.
00:23:52Mais il y en a tout autant
00:23:53au Sénat.
00:23:54Parce que le Sénat
00:23:55dysfonctionne
00:23:56avec aussi
00:23:57une présence d'hommes
00:23:58qui stagne
00:23:59et pas une parité.
00:24:00Donc,
00:24:01il ne faut pas,
00:24:01je crois que c'est très important
00:24:02d'avoir en tête
00:24:03que la question,
00:24:04elle est partagée
00:24:05dans tous les milieux
00:24:07sociaux,
00:24:08avec des gens
00:24:09de toute origine
00:24:10et que c'est une question
00:24:13qui traverse
00:24:14les problématiques de genre
00:24:16des relations hommes-femmes,
00:24:17mais en aucun cas
00:24:19à dévoyer
00:24:20pour, en réalité,
00:24:22aborder des thématiques
00:24:23racistes sous-jacentes.
00:24:26Aïna,
00:24:26je crois que vous vouliez réagir,
00:24:27après ça,
00:24:28je donnerai la parole
00:24:29à Vivian Parra.
00:24:29à propos du harcèlement
00:24:31de rue et des solutions
00:24:32concrètes,
00:24:32justement,
00:24:34alors nous,
00:24:34nous proposons
00:24:35une solution concrète,
00:24:37nous exposons
00:24:38dans les rues
00:24:39des messages
00:24:40de sensibilisation.
00:24:42nous l'écrivons,
00:24:45en gros,
00:24:45stop harcèlement,
00:24:47ma tenue,
00:24:48c'est mon choix,
00:24:49mon corps,
00:24:49c'est mon choix,
00:24:50on n'a pas à subir
00:24:51les commentaires des hommes.
00:24:53Ça n'empêche pas
00:24:54que vous en ayez parfois
00:24:55quand vous êtes en train
00:24:56de coller,
00:24:56que certains groupes
00:24:59aient pu être agressés,
00:25:01y compris criminalisés.
00:25:03On a vu qu'à Nantes,
00:25:04il y avait eu
00:25:04des arrestations violentes,
00:25:06donc je veux dire,
00:25:07la lutte est rude,
00:25:07quand même.
00:25:08Alors,
00:25:08à Montpellier,
00:25:10récemment,
00:25:10vous l'avez vu sans doute
00:25:12dans l'actualité,
00:25:14un groupe de quatre
00:25:15coloreuses
00:25:16a été agressé
00:25:17extrêmement violemment,
00:25:19une personne
00:25:20leur a pensé dessus
00:25:21en voiture,
00:25:23enfin,
00:25:24un homme leur a pensé
00:25:24dessus en voiture.
00:25:26Effectivement,
00:25:27on est victime aussi
00:25:28au moment où on colle
00:25:29d'agressions verbales,
00:25:32d'agressions même physiques
00:25:35de la part de toutes les personnes,
00:25:38mais tout type de personnes.
00:25:40et dans tout type de quartier.
00:25:42Là,
00:25:42je vous rejoins totalement.
00:25:44Après,
00:25:45nous,
00:25:45ce que nous demandons,
00:25:46c'est une campagne.
00:25:47Alors,
00:25:48on a fait la demande
00:25:49officiellement
00:25:49à la préfecture
00:25:50du Val d'Oise
00:25:51avec le groupe
00:25:52avec lequel je travaille,
00:25:54mais nous voulons
00:25:56une campagne
00:25:57à l'échelle nationale
00:25:58parce que vous dites
00:25:59que ça existe
00:26:00depuis plusieurs générations
00:26:02de mouvements féministes
00:26:04de réclamer
00:26:06une campagne
00:26:07de sensibilisation.
00:26:09Vous avez même initié
00:26:10une campagne
00:26:11de sensibilisation
00:26:12à la ville de Paris,
00:26:13mais nous souhaitons
00:26:15une campagne nationale
00:26:16parce qu'il y a une loi
00:26:17qui a été créée
00:26:18il n'y a pas longtemps,
00:26:19la loi Chiappa,
00:26:20c'est 750 euros
00:26:21d'amende
00:26:22pour du harcèlement sexiste
00:26:24dans la rue.
00:26:26elle n'est pas appliquée,
00:26:27elle n'est pas connue
00:26:29ni des personnes
00:26:30qui harcèlent
00:26:31ni des victimes.
00:26:31C'est-à-dire que les victimes
00:26:32ne savent pas
00:26:33qu'elles sont en droit
00:26:34de ne pas se laisser faire,
00:26:35de réagir,
00:26:36d'appeler la police,
00:26:37de trouver un moyen
00:26:39de se sortir de là.
00:26:40Et je pense aussi
00:26:42que beaucoup de harcèleurs
00:26:43ne savent pas
00:26:44ce qu'ils risquent
00:26:47depuis cette loi
00:26:48et donc nous voulons
00:26:49que cette loi
00:26:50soit médiatisée,
00:26:52elle soit connue,
00:26:52nous voulons une campagne
00:26:53de sensibilisation
00:26:55sur ce sujet
00:26:55à l'échelle
00:26:58de celle
00:26:59qui est faite
00:27:00pour le Covid.
00:27:01C'est vrai qu'on sait
00:27:02combien on risque
00:27:03quand on ne porte pas son masque.
00:27:04Voilà.
00:27:04On ne sait pas
00:27:04combien on risque
00:27:05quand on a sa mise en place.
00:27:05Tout le monde connaît
00:27:06les règles pour le Covid
00:27:08de distance physique,
00:27:12de protection,
00:27:13de respect de l'hygiène.
00:27:15Tout le monde sait
00:27:16que dans son quartier
00:27:17le port du masque
00:27:18est obligatoire,
00:27:20qu'on soit sur les réseaux sociaux
00:27:21ou pas,
00:27:22qu'on lise le journal,
00:27:23ou pas,
00:27:25tout le monde est informé.
00:27:26Eh bien, nous voulons
00:27:27la même chose
00:27:27pour le harcèlement de rue.
00:27:28Eh bien, voilà,
00:27:29une revendication concrète.
00:27:31Voilà, je fais la demande
00:27:32officiellement.
00:27:32Voilà, officiellement,
00:27:33c'est relayé,
00:27:34on vous a entendu.
00:27:37Eina, je voudrais qu'on en vienne
00:27:39à une spécificité,
00:27:40notamment des coloreuses.
00:27:43D'abord, je voudrais
00:27:43votre regard d'historienne
00:27:45sur ce mouvement
00:27:47Bibiapavar,
00:27:48et aussi sur ce mouvement
00:27:49qui ne met en valeur,
00:27:51nous, on a une éminente représentante,
00:27:53mais c'est vraiment
00:27:54l'horizontalité
00:27:55qui est vraiment promue
00:27:58dans ce collectif,
00:28:00dans ce mouvement,
00:28:01l'horizontalité,
00:28:02la décentralisation.
00:28:04C'est vraiment quelque chose
00:28:06d'une grande liberté.
00:28:07Et puis, c'est aussi
00:28:08une manière de faire masse
00:28:09avec des idées,
00:28:10avec des mots,
00:28:11avec des slogans,
00:28:12pas avec des personnes.
00:28:13Et ça, je crois
00:28:14que c'est quelque chose
00:28:14qui, dans votre manière
00:28:16de faire de l'histoire,
00:28:17est très importante aussi.
00:28:19Vous avez toujours insisté
00:28:20sur les collectifs de femmes
00:28:22et les féminismes aussi.
00:28:25Donc, je voudrais
00:28:26votre réaction
00:28:26sur ce mouvement
00:28:27qui correspond peut-être
00:28:29justement au fait
00:28:30qu'on commence à comprendre
00:28:31que ce n'est pas
00:28:32avec un exemple de femme
00:28:33héroïque
00:28:34qu'on va sauver,
00:28:35qu'on va nous toutes
00:28:36se sauver du patriarcat,
00:28:38mais avec une masse,
00:28:42un mouvement collectif.
00:28:44Oui, c'est vrai
00:28:45que c'est assez frappant
00:28:47que cette question
00:28:48de l'espace public
00:28:49et de la place des femmes
00:28:50dans la rue
00:28:51et dans cet espace commun
00:28:53est une question
00:28:54qui est prise en charge
00:28:55par les féministes
00:28:57depuis la Révolution française,
00:29:00renouvelée à la Belle Époque
00:29:02avec cette idée
00:29:03que rien que le fait
00:29:05de prendre la parole,
00:29:06de faire des débats,
00:29:08de s'exprimer en public,
00:29:10c'est déjà scandaleux
00:29:11au moment où émerge
00:29:14un mouvement féministe
00:29:15à la Belle Époque.
00:29:17Et on peut juste
00:29:18s'appuyer sur le terme,
00:29:19sur la différence
00:29:20entre homme public
00:29:21et femme public.
00:29:23Et donc,
00:29:23femme public,
00:29:23évidemment,
00:29:24ça a été un synonyme
00:29:25de prostituée
00:29:26pendant longtemps.
00:29:28Et donc,
00:29:28cette idée que,
00:29:29voilà,
00:29:29on est dans la transgression
00:29:30et les féministes
00:29:31ont vraiment toujours essayé
00:29:32de montrer
00:29:33qu'il était nécessaire
00:29:35que cet espace
00:29:36soit réapproprié
00:29:37par les femmes
00:29:37alors qu'on comprenait
00:29:39le monde
00:29:39avec cette division,
00:29:40l'espace privé
00:29:41réservé aux femmes
00:29:42et l'espace public
00:29:42réservé aux hommes.
00:29:43Donc,
00:29:43c'est vraiment une histoire
00:29:44très longue
00:29:44de cette réappropriation.
00:29:46Dans les années 1970,
00:29:48effectivement,
00:29:49il y a de nouveau
00:29:50cette question
00:29:50qui est posée
00:29:51du harcèlement.
00:29:52Alors,
00:29:52le terme n'est pas
00:29:53celui de harcèlement,
00:29:53le terme,
00:29:54c'est celui
00:29:55de drag-bourde
00:29:56ou de violence,
00:29:58de continuum
00:29:59des violences.
00:30:00Moi,
00:30:00j'ai été frappée
00:30:01de retrouver
00:30:01un tract
00:30:02d'un groupe femme
00:30:03de la RATP
00:30:04des années 1970
00:30:05qui parle
00:30:06des petits viols
00:30:07quotidiens
00:30:07et notamment
00:30:08des agressions
00:30:08dans le métro.
00:30:09Donc,
00:30:10on aurait dit
00:30:11qu'il avait été écrit
00:30:12aujourd'hui.
00:30:13Donc,
00:30:13il y a vraiment
00:30:13des formes
00:30:14de continuité
00:30:15et puis des manifestations
00:30:16de rues
00:30:16qui se sont installées
00:30:17à la fin des années 1970
00:30:19dans les années 1980
00:30:19pour justement dire
00:30:20à minuit,
00:30:21la rue est à nous aussi.
00:30:23Donc,
00:30:24voilà,
00:30:24il y a cette continuité
00:30:25mais effectivement,
00:30:26ce qui est nouveau,
00:30:27c'est cette idée de,
00:30:28c'est le terme
00:30:29de harcèlement de rue
00:30:30qui s'est imposé
00:30:31et qui permet aussi
00:30:32de mettre un mot
00:30:33sur un ensemble
00:30:35de pratiques
00:30:36et de violences
00:30:37et qui permet du coup
00:30:38d'agir à la fois
00:30:40à la fois des militantes
00:30:42et puis des politiques publiques.
00:30:44On voit bien
00:30:44comment tout s'articule
00:30:46dans un espace
00:30:46de la cause des femmes
00:30:47qui est à la fois
00:30:48donc militant
00:30:49et institutionnel.
00:30:51Et donc,
00:30:52pour répondre plus spécifiquement
00:30:53à votre question,
00:30:54ce qui est frappant
00:30:56avec ces colleuses
00:30:57ou ces coloreuses
00:30:58ou ces collages,
00:30:59c'est qu'on a à la fois
00:31:01la création de collectifs
00:31:03qui sont des lieux
00:31:03de socialisation militante.
00:31:05Je pense,
00:31:06vous allez peut-être
00:31:06pouvoir nous en dire plus,
00:31:07mais des nouvelles militantes,
00:31:08des très jeunes
00:31:09qui arrivent
00:31:10et qui se socialisent
00:31:11au militantisme comme ça
00:31:12et qui rejoignent
00:31:13des militantes
00:31:14qui étaient déjà impliquées
00:31:15depuis plusieurs années
00:31:17voire plusieurs décennies
00:31:18et donc,
00:31:18il y a des formes
00:31:18de transmission
00:31:19qui se font aussi
00:31:20par l'action
00:31:20parce que c'est très important
00:31:22en fait
00:31:24d'avoir des revendications
00:31:26qui aussi s'inscrivent
00:31:28dans l'action
00:31:29parce que l'action
00:31:29fait mouvement
00:31:30et donc,
00:31:31il y a vraiment
00:31:31une spécificité
00:31:33de ces collages
00:31:33qui me semble-t-il
00:31:35sont vraiment
00:31:35une spécificité française.
00:31:37Il faudrait voir
00:31:37que je pense
00:31:38qu'il y a des types
00:31:39de pratiques
00:31:39qui ont été reprises
00:31:40il me semble
00:31:41d'Amérique du Sud
00:31:41mais là,
00:31:42on a quelque chose
00:31:42d'un point de vue esthétique
00:31:44et d'un point de vue
00:31:45de la forme
00:31:47que ça prend
00:31:47qui est véritablement
00:31:49ancrée
00:31:49dans le contexte français
00:31:50aujourd'hui.
00:31:52Et donc,
00:31:52voilà,
00:31:52on a quelque chose
00:31:54qui est à la fois ouvert
00:31:55sur le débat public
00:31:57et en même temps
00:31:57qui permet aussi
00:31:58de faire mouvement,
00:31:59donc de forger
00:31:59cette nouvelle génération
00:32:01féministe
00:32:02qui aussi
00:32:05trouve,
00:32:06vous avez parlé
00:32:07d'empouvoirment
00:32:08tout à l'heure,
00:32:09qui trouve une façon
00:32:09en fait très positive
00:32:11de pouvoir prendre
00:32:13des outils
00:32:14et puis s'approprier
00:32:16un espace
00:32:16qui leur est refusé
00:32:18la plupart du temps.
00:32:21Alors justement,
00:32:22cet espace,
00:32:22je m'adresse à vous
00:32:23parce que vous êtes
00:32:24à la mairie de Paris,
00:32:26ce que font les colleuses,
00:32:27alors on n'a pas forcément
00:32:28toujours le droit,
00:32:29enfin on n'a en fait
00:32:30jamais le droit
00:32:32de coller des affiches
00:32:33sur un mur privé,
00:32:35comment la mairie de Paris
00:32:36qui est aussi chargée
00:32:37de faire respecter
00:32:38la loi gère ça ?
00:32:39Parce que vous,
00:32:40j'imagine que vous regardez
00:32:41ça avec un regard
00:32:41très bienveillant
00:32:42mais qu'en même temps,
00:32:44vous ne pouvez pas
00:32:45parfois,
00:32:46enfin voilà.
00:32:47Eh bien justement,
00:32:48je pense que
00:32:48précisément parce qu'on est
00:32:50dans une vague MeToo
00:32:52qui dure
00:32:52et que les mentalités
00:32:55sont prêtes
00:32:56même s'il y a
00:32:58des bâclages,
00:32:58même si c'est parfois
00:32:59très dur
00:33:00mais les mentalités
00:33:02comprennent quand même
00:33:03la puissance
00:33:04des mouvements sociaux
00:33:04féministes actuellement.
00:33:07Du coup,
00:33:07moi je suis intervenue
00:33:09en Conseil de Paris
00:33:09sur cette question
00:33:10donc on a une position
00:33:12officielle
00:33:13de la ville de Paris,
00:33:14de la majorité,
00:33:15de la maire
00:33:16en disant
00:33:18oui aujourd'hui
00:33:19l'affichage saufage
00:33:20est interdit
00:33:21et puni d'amende
00:33:22et d'ailleurs
00:33:24nous on serait pour
00:33:24que les publicités
00:33:25soient réduites,
00:33:27voilà,
00:33:28clairement.
00:33:29Mais néanmoins,
00:33:31la position de la ville
00:33:31c'est de dissocier
00:33:33cet affichage militant
00:33:35revendicatif
00:33:36de ces collages
00:33:38et peut-être même
00:33:40de comprendre
00:33:41le côté artistique
00:33:43aussi
00:33:43et de reconnaître ça
00:33:45et donc on demande
00:33:47aux agents
00:33:47sur le terrain
00:33:49de verbaliser
00:33:50les affichages sauvages
00:33:51en général
00:33:52mais d'avoir
00:33:54la tolérance
00:33:55et de ne pas verbaliser
00:33:56les colleuses
00:33:59spécifiquement.
00:34:00Donc voilà,
00:34:01on demande aux agents
00:34:02de dissocier,
00:34:03c'est pas toujours facile,
00:34:04ça veut dire que
00:34:04il faut qu'ils les comprennent.
00:34:08Voilà,
00:34:09les grandes enseignes
00:34:10qui s'amusent
00:34:11à faire de l'affichage sauvage,
00:34:12on doit déposer plainte
00:34:14et les faire payer
00:34:16contrairement
00:34:17pour la nuisance
00:34:19qu'ils créent
00:34:19avec ces affichages sauvages
00:34:21mais on demande
00:34:22aux agents
00:34:22de ne pas verbaliser
00:34:24les colleuses
00:34:25féministes
00:34:26et de les laisser.
00:34:27Ça nous arrive
00:34:28d'enlever les collages
00:34:29quand ils sont détériorés
00:34:31et quelques maires
00:34:32d'arrondissement
00:34:33de gauche d'ailleurs
00:34:34avaient pris du coup
00:34:35cette habitude
00:34:36que je voudrais
00:34:37qu'on généralise,
00:34:38c'est-à-dire que
00:34:39quand un collage
00:34:40était détérioré,
00:34:41l'idée c'était
00:34:41de le prendre en photo
00:34:42de l'afficher
00:34:44dans un autre endroit
00:34:45avant de nettoyer l'espace.
00:34:48Mais pour garder néanmoins
00:34:49une trace
00:34:50de ce moment-là
00:34:52qui est en effet
00:34:52qui s'inscrit
00:34:53pour nous pleinement
00:34:54dans le fait
00:34:56de reprendre la rue,
00:34:58du travail
00:34:58sur l'espace public.
00:34:59Nous on fait
00:35:00des marches exploratoires
00:35:01beaucoup
00:35:02dans les quartiers populaires
00:35:03avec des jeunes filles,
00:35:04avec des femmes plus âgées
00:35:06pour justement
00:35:07pour que les femmes
00:35:08des quartiers
00:35:08s'approprient
00:35:09l'espace public
00:35:11et on est pleinement
00:35:12dans la même logique.
00:35:14Là il y a
00:35:14une logique militante
00:35:16revendicative
00:35:17spécifiquement
00:35:18sur les violences,
00:35:19mais quand on fait
00:35:20des marches exploratoires,
00:35:22pour moi on est vraiment
00:35:23dans une même logique
00:35:25d'empowerment
00:35:26dans l'espace public
00:35:28et qui est très important
00:35:30parce qu'en fait
00:35:30c'est le continuum
00:35:31des violences faites aux femmes
00:35:32qu'on voit derrière ça.
00:35:33Tout à l'heure
00:35:34Biblia disait
00:35:35à juste titre
00:35:36c'était
00:35:36les femmes seraient
00:35:38en insécurité
00:35:39dans la rue
00:35:39et en sécurité
00:35:40à la maison
00:35:41donc il faut
00:35:42qu'elles rentrent
00:35:42à la maison.
00:35:43C'est précisément
00:35:44le contraire quand même
00:35:45parce que si on regarde
00:35:45les chiffres,
00:35:47les viols,
00:35:48c'est les incestes,
00:35:49les viols,
00:35:49c'est à la maison
00:35:50et en réalité
00:35:51les femmes sont malheureusement
00:35:53beaucoup plus en insécurité
00:35:54à la maison
00:35:55qu'à l'extérieur
00:35:56donc il faut renverser
00:35:58complètement la manière
00:35:59de penser
00:36:00et permettre aux femmes
00:36:01de pouvoir
00:36:02prendre pleinement
00:36:03l'espace public
00:36:04en tout lieu
00:36:05mais en toute heure
00:36:06aussi
00:36:06vous le disiez
00:36:07tout à l'heure.
00:36:08A propos
00:36:12des sanctions
00:36:13comme les amendes
00:36:16nous aimerions bien
00:36:17que les agents
00:36:18vous entendent
00:36:19aujourd'hui
00:36:20pour éviter
00:36:21justement
00:36:22d'en avoir
00:36:23parce qu'on en a eu
00:36:24encore il n'y a pas
00:36:24très longtemps
00:36:26donc apparemment
00:36:27le message
00:36:27n'est pas totalement
00:36:28bien passé.
00:36:29C'est bien qu'on se parle.
00:36:33En fait
00:36:33vous avez des agents
00:36:35de la propreté
00:36:36de la ville de Paris
00:36:37et en fait
00:36:38il y a un devoir
00:36:39d'un travail
00:36:40d'employeur
00:36:41à avoir
00:36:42avec tous les agents
00:36:43là on parle de ça
00:36:44mais la ville de Paris
00:36:45c'est un employeur
00:36:45avec 60 000 agents
00:36:47vous le dites
00:36:47et bien
00:36:48il y a
00:36:48je ne sais pas
00:36:50on a pu avoir
00:36:50des cas
00:36:51dans des vestiaires
00:36:53les gens
00:36:53dans la vestiaire
00:36:54qui affichent
00:36:55des images sexistes
00:36:56vous voyez
00:36:57on a un vrai travail
00:36:58en tant qu'employeur
00:36:59à faire
00:37:01pour expliquer
00:37:02ce qu'est la loi
00:37:03pour lutter aussi
00:37:04contre le harcèlement
00:37:05sexiste et sexuel
00:37:06et puis
00:37:07pour faire tout ce travail
00:37:09là
00:37:09qui n'a pas
00:37:10été fait avant
00:37:12et qui parfois
00:37:13est une découverte
00:37:14pour certains
00:37:16donc c'est vrai
00:37:17qu'il y a un gros travail
00:37:18à faire
00:37:18en tout cas
00:37:18le message politique
00:37:20qui est envoyé
00:37:20par la majorité
00:37:23c'est
00:37:23laisser
00:37:24les colleuses
00:37:25faire
00:37:26parce que
00:37:27les colle heureuses
00:37:28faire
00:37:28parce que
00:37:29c'est un message
00:37:31de santé publique
00:37:33de bien-être public
00:37:34et donc
00:37:34on doit le partager
00:37:35pleinement
00:37:36d'accord
00:37:37alors justement
00:37:38vous parlez
00:37:38de faire changer
00:37:39les mentalités
00:37:40les lois ont déjà
00:37:42évolué
00:37:43vers plus d'égalité
00:37:45on n'y est pas
00:37:46il y a encore
00:37:47sans doute
00:37:47des lois
00:37:48à voter
00:37:49et à faire voter
00:37:49mais
00:37:50il y a surtout
00:37:51à faire respecter
00:37:52les lois
00:37:54pendant longtemps
00:37:55les féministes
00:37:55ont essayé
00:37:56de conquérir
00:37:57des droits
00:37:57là elles essayent
00:37:58de faire respecter
00:38:00des droits
00:38:00qui existent
00:38:01est-ce que la révolution
00:38:03parce que vous allez peut-être
00:38:04y revenir
00:38:04Bibia Pavard
00:38:06les femmes ont été
00:38:07motrices
00:38:07de toutes les révolutions
00:38:09pas simplement
00:38:09les révolutions
00:38:10dites féministes
00:38:11de toutes les révolutions
00:38:13sans elles
00:38:14il n'y aurait pas eu
00:38:14de révolution
00:38:16et donc
00:38:17est-ce que la révolution
00:38:18c'est pas une révolution
00:38:19peut-être la plus compliquée
00:38:20c'est l'affaire
00:38:21dans les têtes
00:38:22dans les mentalités
00:38:23et après ça
00:38:23on verra ensemble
00:38:24comment on fait
00:38:25et ça
00:38:25on n'aura pas
00:38:26assez du temps
00:38:27qu'il nous reste
00:38:27pour en parler
00:38:27mais justement
00:38:30cette relation
00:38:30à la loi
00:38:31les lois existent
00:38:32et maintenant
00:38:33il s'agit
00:38:33de les faire respecter
00:38:34c'est un combat
00:38:35qui est quand même
00:38:35un petit peu différent
00:38:36là
00:38:37c'est vrai que
00:38:39il faut rappeler
00:38:39voilà vous l'avez bien dit
00:38:41que les féministes
00:38:42ont fait progresser
00:38:43le droit
00:38:44donc à toutes les époques
00:38:46à commencer par
00:38:49la mise en place
00:38:50d'un véritable suffrage
00:38:51universel
00:38:52et puis évidemment
00:38:53la liberté
00:38:55de disposer
00:38:56de son propre corps
00:38:57autour de la question
00:38:58de l'avortement
00:38:59autour de la lutte
00:39:01contre le viol
00:39:01même dans les années 70
00:39:03Gilië Lalimi
00:39:04lorsqu'elle fait le procès
00:39:05de l'avortement
00:39:07à Aix-en-Provence
00:39:08lorsqu'elle défend
00:39:09ces deux jeunes lesbiennes
00:39:11qui ont été violées
00:39:11par trois hommes
00:39:13c'est déjà en fait
00:39:15un crime
00:39:15simplement
00:39:16c'était déjà correctionnalisé
00:39:18comme ça
00:39:18on peut le voir
00:39:19aujourd'hui
00:39:19donc elle combattait aussi
00:39:21pour dire
00:39:21mais ça suffit
00:39:22en fait
00:39:22de ne pas
00:39:24de ne pas condamner
00:39:26à la juste mesure
00:39:27en fait
00:39:27ces violences
00:39:29donc effectivement
00:39:30il y a eu
00:39:30ces mouvements
00:39:31qui sont allés
00:39:34vers le droit
00:39:35mais
00:39:35depuis les années 1970
00:39:37on a aussi cette idée
00:39:38que les féministes
00:39:40ont un rôle à jouer
00:39:40pour changer
00:39:41les mentalités
00:39:42et pour agir
00:39:44sur les représentations
00:39:45donc ça va passer
00:39:46par exemple
00:39:47par la dénonciation
00:39:48du sexisme
00:39:49dans les médias
00:39:50du sexisme
00:39:51dans la publicité
00:39:52on connaît
00:39:53ou peut-être
00:39:54c'est moins connu
00:39:55de l'égalité salariale
00:39:56alors qu'il n'y a pas
00:39:56de loi qui dit
00:39:57que les femmes
00:39:58doivent être moins payées
00:39:58que les hommes
00:39:59exactement
00:39:59alors par exemple
00:40:00Yvette Roudy
00:40:00la ministre
00:40:02des droits de la femme
00:40:03de François Mitterrand
00:40:05en 1980
00:40:05elle va donc
00:40:07favoriser
00:40:07cette égalité professionnelle
00:40:09mais elle va aussi
00:40:10essayer d'agir
00:40:11sur les mentalités
00:40:12avec cette fameuse
00:40:13loi antisexiste
00:40:14qui sur le moment
00:40:15n'arrive pas à passer
00:40:16parce qu'on a
00:40:17des reproches
00:40:18qui fusent de toute part
00:40:19en disant
00:40:19voilà c'est le féminisme
00:40:22puritain
00:40:23on va censurer
00:40:24la liberté d'expression
00:40:25donc on va renaître
00:40:27ces débats aussi
00:40:28aujourd'hui
00:40:28sur la question
00:40:29de voilà
00:40:29quel peut être
00:40:31le rôle des féministes
00:40:32pour alerter
00:40:33sur ce sexisme
00:40:34ambiant
00:40:35permanent
00:40:36dans la culture
00:40:37notamment
00:40:37et puis il y a aussi
00:40:38l'instauration
00:40:40l'idée
00:40:41qu'il y a une différence
00:40:42entre
00:40:44les droits
00:40:45qu'on peut
00:40:46avoir
00:40:47et puis
00:40:47l'égalité réelle
00:40:49celle
00:40:49dont on peut jouir
00:40:51et donc il y a
00:40:52toujours un écart
00:40:53entre ces droits
00:40:55et la jouissance
00:40:55de ces droits
00:40:56et donc c'est aussi
00:40:57par ça que passe
00:40:58le féminisme institutionnel
00:41:00c'est informer
00:41:01sur ces droits
00:41:02on l'a dit
00:41:03faire des campagnes
00:41:04publiques
00:41:05c'est permettre
00:41:06un accès aussi
00:41:07par un féminisme
00:41:09qui est ancré
00:41:10localement
00:41:11des associations
00:41:12qui dans les quartiers
00:41:13vont aider
00:41:14informer les femmes
00:41:15donc effectivement
00:41:17je pense
00:41:17que ce qui se joue
00:41:18aujourd'hui
00:41:19c'est beaucoup
00:41:20cette question
00:41:21d'essayer
00:41:22de transformer
00:41:23les manières
00:41:24de percevoir
00:41:25le monde
00:41:25et c'est
00:41:27une dimension
00:41:28tout à fait
00:41:30révolutionnaire
00:41:30des féministes
00:41:31parce qu'elle propose
00:41:32une autre vision
00:41:33du monde
00:41:34qui évidemment
00:41:35s'oppose
00:41:36et on l'a peut-être
00:41:37pas encore assez dit
00:41:38à d'autres visions
00:41:40du monde
00:41:41et donc à un
00:41:41anti-féminisme
00:41:42et à des résistances
00:41:44très fortes
00:41:45et donc il faut rappeler
00:41:46que ces mouvements
00:41:46féministes
00:41:47tout au long de l'histoire
00:41:48s'opposent aussi
00:41:49à des contre-mouvements
00:41:50qui essayent de freiner
00:41:52en fait
00:41:52ces transformations
00:41:54parce qu'elles sont
00:41:55profondément
00:41:56déstabilisantes
00:41:57absolument
00:41:57si je parle de révolution
00:41:59aussi c'est parce que
00:41:59la révolution
00:42:00c'est lié à l'abolition
00:42:02des privilèges
00:42:02et de fait
00:42:03quand on demande
00:42:04et ça il est mis d'art
00:42:05on pourrait sans doute
00:42:06en parler
00:42:06quand on demande
00:42:08l'égalité en politique
00:42:09c'est-à-dire la parité
00:42:10c'est-à-dire autant d'hommes
00:42:11que de femmes sur les listes
00:42:12et bien du coup
00:42:13c'est pas contre les hommes
00:42:15mais ça veut dire
00:42:15qu'il va falloir laisser la place
00:42:16et pareil
00:42:18dans le milieu professionnel
00:42:19bon si on veut
00:42:20que les femmes
00:42:22soient capables
00:42:23de s'émanciper
00:42:24financièrement
00:42:25il faut qu'elles puissent
00:42:25travailler
00:42:26et être payées
00:42:28à un juste niveau
00:42:29et bien ça veut dire
00:42:30que voilà
00:42:31il va falloir laisser
00:42:32la place
00:42:33de dirigeant aussi
00:42:34à des dirigeantes
00:42:35et ça c'est renoncer
00:42:37à des privilèges
00:42:38acquis
00:42:38et là c'est pour ça
00:42:40que de toute façon
00:42:40ça se fera pas
00:42:42enfin peut-être
00:42:43vous allez me contredire
00:42:43justement j'aimerais
00:42:44votre avis là-dessus
00:42:45est-ce que ça peut se faire
00:42:46sans heure
00:42:46parce que voilà
00:42:47il va falloir
00:42:48que si les femmes
00:42:51prennent la moitié
00:42:52de la place
00:42:53la moitié de tout
00:42:54comme disait
00:42:55Christiane Taubira
00:42:55et bien il faudra
00:42:56leur laisser cette moitié
00:42:57et forcément
00:42:58ce sera des hommes
00:42:59qui devront
00:43:00laisser leur place
00:43:02est-ce que ça se fera
00:43:03sans heure
00:43:03alors ça c'est vraiment
00:43:04c'est compliqué
00:43:05d'y répondre
00:43:06ce qu'on peut
00:43:07ce qu'on peut dire
00:43:08c'est qu'à chaque
00:43:09à chaque époque
00:43:10il y a des résistances
00:43:11qui sont très fortes
00:43:12et qui sont
00:43:13qui se
00:43:14qui se
00:43:14qui se
00:43:15marquaient à la fois
00:43:16voilà
00:43:17des violences
00:43:18des oppositions politiques
00:43:19des débats
00:43:20très vifs
00:43:21et ce n'est que
00:43:22a posteriori
00:43:23que l'on
00:43:24que l'on voit
00:43:25comment les choses
00:43:26ont pu
00:43:27ont pu bouger
00:43:28donc effectivement
00:43:29par exemple
00:43:29je pense à un grand débat
00:43:31à la belle époque
00:43:32en France
00:43:33autour de
00:43:34la non-condamnation
00:43:37des maris
00:43:38qui tuent leurs femmes
00:43:38adultères
00:43:39et donc
00:43:40c'était quelque chose
00:43:41qui était
00:43:42donc voilà
00:43:43pris en charge
00:43:44sous le terme
00:43:44de crimes passionnels
00:43:45et qui était souvent
00:43:47donc pardonné
00:43:48à ces hommes
00:43:49et donc
00:43:49les féministes
00:43:50ont vraiment combattu
00:43:51pour cela
00:43:51et ça paraissait scandaleux
00:43:52à ce moment-là
00:43:53de vouloir défendre
00:43:54les femmes adultères
00:43:55et donc ce n'est qu'avec le recul
00:43:57qu'on se rend compte
00:43:58que ça nous paraît évident
00:43:59aujourd'hui
00:44:00de vouloir condamner
00:44:02ces maris
00:44:03qui tuent leur femme adultère
00:44:04donc je pense que
00:44:05voilà
00:44:05il faut aussi se laisser le temps
00:44:06de voir comment les choses bougent
00:44:08mais sur la question
00:44:09des heures
00:44:10et des oppositions
00:44:11je crois que
00:44:12l'Embida a envie
00:44:13d'en parler
00:44:13en tant que politique
00:44:14vous avez
00:44:15tout amené à répondre
00:44:17aujourd'hui
00:44:17ça ne se fait pas
00:44:18sans heure
00:44:20moi
00:44:21j'ai la protection fonctionnelle
00:44:23pour subir
00:44:24du cyber-rinseillement
00:44:27enfin voilà
00:44:28pour dénoncer
00:44:29publicité sexiste
00:44:30du cyber-harcèlement
00:44:31sur l'écriture inclusive
00:44:32du cyber-harcèlement
00:44:33la grossophobie
00:44:34du cyber-harcèlement
00:44:34donc moi
00:44:35j'ai des avocats
00:44:37et des plaintes
00:44:38déposées
00:44:39très régulièrement
00:44:40et franchement
00:44:41quand on est élu
00:44:42à la base
00:44:43on ne s'imagine pas
00:44:44devoir subir
00:44:46ces violences-là
00:44:47et aujourd'hui
00:44:48les heures
00:44:48elles se font
00:44:48contre les féministes
00:44:50concrètement
00:44:50la plupart des féministes
00:44:52qui prennent fortement
00:44:53la parole
00:44:55subissent
00:44:56aujourd'hui
00:44:57de manière très forte
00:44:58des violences
00:44:59des menaces
00:45:00ça peut être des menaces physiques
00:45:01mais énormément
00:45:02de violences
00:45:03aujourd'hui
00:45:04les heures
00:45:05elles se font
00:45:05contre les féministes
00:45:06donc je ne sais pas
00:45:08si on peut
00:45:10imaginer
00:45:11que ça va se faire
00:45:12dans l'autre sens
00:45:12moi je ne le souhaite pas
00:45:14je veux que la honte
00:45:16change de camp
00:45:17mais je ne souhaite pas
00:45:20utiliser la violence
00:45:22à l'encontre
00:45:22je souhaite
00:45:23qu'on construise ça
00:45:25et qu'on arrive
00:45:26à convaincre
00:45:27dans le respect
00:45:28du droit
00:45:28c'est-à-dire que moi
00:45:29je ne souhaite pas
00:45:30qu'on cyber-harcèle
00:45:30en retour
00:45:31mais par contre
00:45:32je ne veux pas subir
00:45:33du cyber-harcèlement
00:45:34et laisser ça impuni
00:45:35donc voilà
00:45:36pour l'instant
00:45:37les heures
00:45:37elles sont du côté
00:45:38des féministes
00:45:39donc je ne sais pas
00:45:40si dans l'histoire
00:45:41on verra
00:45:41comment les choses
00:45:43vont évoluer
00:45:44et je n'ai pas
00:45:45ce recul-là
00:45:46ce qui est sûr
00:45:47c'est que ça ne se fera pas
00:45:49sans moyens concrets
00:45:51et je pense que la grande arnaque
00:45:53elle est là
00:45:54parce que le Grenelle
00:45:55sur les violences conjugales
00:45:57il a été fait
00:45:57avec zéro moyen
00:45:59et que en réalité
00:46:01tout à l'heure
00:46:02je vous disais
00:46:02après MeToo
00:46:03il y a 30% de plaintes en plus
00:46:04zéro moyen
00:46:06à la police
00:46:06et à la justice
00:46:07pour gérer ça
00:46:08donc oui
00:46:09aujourd'hui
00:46:09il y a des grands services publics
00:46:11parce que c'est des services publics
00:46:12la police
00:46:13la justice
00:46:14ces grands services publics
00:46:15de l'état
00:46:16où les gens
00:46:17n'ont pas du tout
00:46:18été formés
00:46:18sur ces questions-là
00:46:19donc
00:46:20bah oui
00:46:21dans la justice
00:46:22on va correctionnaliser
00:46:23les viols
00:46:23parce qu'on n'est pas formés
00:46:24parce qu'ils vivent
00:46:26dans un monde
00:46:27patriarcal
00:46:28ils n'ont jamais eu
00:46:29aucune formation
00:46:29ne serait-ce que connaître
00:46:31les lois françaises
00:46:32l'ordonnance de protection
00:46:34tout ce qui existe
00:46:35l'outrage sexiste
00:46:36il y a eu combien de formation
00:46:37des policiers nationaux
00:46:38pour s'approprier cette loi ?
00:46:43rien
00:46:43donc ce qui est sûr
00:46:44c'est que
00:46:45en tout cas
00:46:45le mouvement féministe
00:46:47il se heurte
00:46:48aux politiques d'austérité
00:46:49qui refusent
00:46:50de donner les moyens
00:46:51et les heurts
00:46:53ils se font
00:46:54beaucoup
00:46:55aussi
00:46:56à cause de ça
00:46:56par manque de moyens
00:46:58donnés aux services publics
00:46:59juste pour appliquer
00:47:00les lois qui existent
00:47:01donc on voit bien
00:47:03que
00:47:04cette arnaque
00:47:05de dire
00:47:06on peut communiquer
00:47:07ça va bien se passer
00:47:09parce qu'on vous écoute
00:47:11c'est une arnaque
00:47:12si on ne donne pas les moyens
00:47:13et je pense qu'il faut
00:47:14en effet
00:47:14que les mouvements
00:47:15continuent très fort
00:47:17de se mettre en colère
00:47:18pour réclamer
00:47:19ce qui nous revient de droit
00:47:20en fait
00:47:21les femmes payent
00:47:22autant d'impôts
00:47:23que les hommes
00:47:24donc on a le droit
00:47:26d'être en sécurité
00:47:27et que les lois existantes
00:47:29soient appliquées déjà
00:47:31Aïna je crois
00:47:31que vous voulez réagir
00:47:32oui tout à fait
00:47:33alors on parle
00:47:35de lois existantes
00:47:37mais moi je ne suis pas
00:47:37tout à fait d'accord
00:47:38les lois elles sont
00:47:39aussi à changer
00:47:40parce que
00:47:41quand on prend
00:47:42l'exemple de la loi
00:47:43sur le viol
00:47:45le fait qu'il y ait
00:47:46contrainte, menace
00:47:47ou surprise
00:47:47ben non je suis désolée
00:47:49c'est pas toujours le cas
00:47:50il n'y a pas toujours
00:47:51contrainte, menace
00:47:52ou surprise
00:47:54il y a emprise
00:47:56voilà exactement
00:47:56il y a emprise
00:47:58donc là
00:47:59tous les viols conjugaux
00:48:01passent complètement
00:48:02à la trappe
00:48:02c'est un exemple
00:48:04il y en a d'autres
00:48:06on demande donc
00:48:08à ce que cette loi
00:48:08soit changée
00:48:09que soit prise
00:48:10en considération
00:48:11aussi l'amnésie
00:48:12traumatique
00:48:13dans le cadre
00:48:14de cette loi
00:48:14parce que
00:48:15un viol subi
00:48:17quand on est mineur
00:48:18peut ressurgir
00:48:19des années plus tard
00:48:21on demande
00:48:22l'imprescriptibilité
00:48:23donc les lois
00:48:24elles sont aussi
00:48:24à changer
00:48:25c'est pas seulement
00:48:26les faire appliquer
00:48:27par contre
00:48:28en ce qui concerne
00:48:29les faire appliquer
00:48:30effectivement
00:48:31alors là
00:48:32c'est tout un jeu
00:48:34de pouvoir
00:48:34sur les moyens
00:48:35les budgets
00:48:36etc
00:48:36qui sont jamais
00:48:37mis en oeuvre
00:48:39par des choses
00:48:40toutes simples
00:48:41la formation
00:48:42déjà
00:48:42la formation
00:48:43des magistrats
00:48:44et magistrates
00:48:45la formation
00:48:46des policiers
00:48:46et policières
00:48:47donc des premières
00:48:48personnes
00:48:49qui vont être
00:48:50en charge
00:48:50de ces affaires là
00:48:52et quand on se rend
00:48:54au commissariat
00:48:55et que le policier
00:48:56à l'accueil
00:48:57je donne l'exemple
00:48:58que j'ai vécu
00:48:59ne sait même pas
00:49:00ce qu'il doit faire
00:49:02et qu'on est obligé
00:49:03de lui expliquer
00:49:04la loi
00:49:04en fait
00:49:05comment ça se passe
00:49:06voilà
00:49:07on a un gros souci
00:49:09de formation
00:49:10alors après
00:49:10en plus
00:49:11il y a aussi
00:49:11toutes ces personnes
00:49:13de mauvaise volonté
00:49:14qui ne sont pas
00:49:15déconstruites
00:49:16comme on dit
00:49:16c'est à dire
00:49:17qui n'ont pas réfléchi
00:49:18à leur position
00:49:20de dominant
00:49:23et de devoir
00:49:25on va dire
00:49:25de protection
00:49:26vis-à-vis
00:49:27des femmes
00:49:28ou des personnes
00:49:29perçues comme femmes
00:49:29ou des minorités
00:49:30de genre
00:49:31et qui vont
00:49:33juger
00:49:34voilà
00:49:34avoir un peu
00:49:35leur subjectivité
00:49:36à eux
00:49:37qui hantent
00:49:37dans le cadre
00:49:38de leur travail
00:49:39voilà
00:49:40donc c'est encore
00:49:40un autre problème
00:49:41et des médecins
00:49:42et des médecins
00:49:43ah oui alors
00:49:44la psychiatrisation
00:49:46des femmes
00:49:47pardon
00:49:49la psychiatrisation
00:49:50des femmes
00:49:50est absolument
00:49:51hallucinante
00:49:52en France
00:49:52quand on se rencontre
00:49:54on se rend
00:49:55chez le médecin
00:49:55pour des problèmes
00:49:57voilà on va décrire
00:49:58nos symptômes
00:49:58et qu'on nous répond
00:49:59mais vous êtes un peu
00:50:00stressé en ce moment
00:50:01ben non
00:50:02nous ne sommes pas
00:50:03stressés
00:50:04nous sommes en souffrance
00:50:06nous exprimons
00:50:07cette souffrance
00:50:07nous avons le droit
00:50:08d'être entendus
00:50:09et d'être diagnostiqués
00:50:11correctement
00:50:11donc la formation
00:50:12des médecins
00:50:13est également importante
00:50:14pour pouvoir accueillir
00:50:15la parole des femmes
00:50:17et des minorités
00:50:18de genre aussi
00:50:20nous manquons
00:50:22cruellement
00:50:22de médecins spécialisés
00:50:24dans les soins
00:50:26des personnes trans
00:50:30donc
00:50:30ou par exemple
00:50:31non-binaires
00:50:32mais voilà
00:50:33donc on a
00:50:34peu de moyens
00:50:35on est obligé
00:50:36de se débrouiller
00:50:37entre nous
00:50:37pour se refiler
00:50:39des numéros
00:50:40de médecins
00:50:41safe
00:50:42on va dire
00:50:42qui peuvent
00:50:43nous aider
00:50:44donc c'est très compliqué
00:50:46d'arriver à se faire soigner
00:50:48effectivement
00:50:48voilà
00:50:49on l'a vu récemment
00:50:51par rapport
00:50:51à la problématique
00:50:53du racisme
00:50:54qu'on refuse
00:50:56l'ordre des médecins
00:50:57refuse d'avoir
00:50:58des listes
00:50:58de médecins
00:51:00spécialisés
00:51:01dans les domaines
00:51:03dans certains
00:51:04voilà
00:51:04pour certaines personnes
00:51:06donc pour les personnes racisées
00:51:08enfin qu'on dit racisées
00:51:10et ça
00:51:12pour nous
00:51:12c'est juste incroyable
00:51:14c'est
00:51:14on a besoin
00:51:16de personnes
00:51:17qui nous connaissent
00:51:19qui nous comprennent
00:51:20alors en tant que femme
00:51:21en tant que minorité de genre
00:51:23en tant que personnes racisées
00:51:25évidemment
00:51:27évidemment
00:51:28quand vous avez un problème dedans
00:51:29vous n'allez pas voir votre généralisme
00:51:31là c'est pareil
00:51:33absolument
00:51:33et je voudrais qu'on en vienne
00:51:34Hélène justement
00:51:35je vais redonner la parole
00:51:36un instant
00:51:37parce que
00:51:37vous êtes aussi en charge de la jeunesse
00:51:39qui dit jeunesse
00:51:40dit éducation
00:51:41éducation à l'égalité
00:51:43ça c'est quelque chose
00:51:44qui est aussi
00:51:45j'imagine important
00:51:46pour vous
00:51:46et qui devrait l'être
00:51:48pour tous
00:51:48parce que
00:51:49ça passe par là aussi
00:51:50c'est les nouvelles générations
00:51:52auxquelles il faut faire entendre
00:51:55que l'égalité
00:51:56ça devrait être une évidence
00:51:58d'abord
00:52:00pour moi
00:52:00il y a une génération
00:52:02de jeunes
00:52:03là
00:52:04qui est absolument incroyable
00:52:06formidable
00:52:07qui s'est mobilisé
00:52:08sur les marches climatiques
00:52:10d'une manière
00:52:11quasiment spontanée
00:52:13qui se mobilise
00:52:14contre le sexisme
00:52:15et contre les violences
00:52:17de genre
00:52:17qui se mobilise aussi
00:52:18contre le racisme
00:52:19Black Lives Matter
00:52:20enfin ces jeunes là
00:52:23sont absolument incroyables
00:52:25et je crois
00:52:25que ces mouvements
00:52:26ont en commun
00:52:27une génération
00:52:29MeToo
00:52:29qui refuse
00:52:31les rapports violents
00:52:33entre eux
00:52:34et entre eux
00:52:35et la nature
00:52:35c'est à dire
00:52:37que je pense
00:52:37qu'il y a vraiment
00:52:38il y a l'aspiration
00:52:39d'une jeunesse
00:52:40à repenser
00:52:41l'ensemble de la société
00:52:42de manière non violente
00:52:43et pour cela
00:52:45à repenser
00:52:46les cadres
00:52:46et cette génération
00:52:48voit bien
00:52:48le caractère massif
00:52:49et donc systémique
00:52:50de ces violences
00:52:52dans le raciste
00:52:54de ces violences sexistes
00:52:56mais aussi
00:52:56de ces violences
00:52:57envers l'environnement
00:52:59et donc je trouve
00:52:59que c'est absolument formidable
00:53:01d'autant plus
00:53:02que cette jeunesse
00:53:03il faut se rappeler
00:53:04quand même
00:53:05le travail quasi à néant
00:53:07de l'éducation nationale
00:53:08le recul
00:53:09sur les ABCD
00:53:10de l'égalité
00:53:11a fortement marqué
00:53:12toute une génération
00:53:15parce que
00:53:16si on a reculé
00:53:18sur l'ABCD
00:53:18de l'égalité
00:53:19c'est donc
00:53:19qu'on a laissé avancer
00:53:20des idées
00:53:22nauséabondes
00:53:23autour
00:53:24des manifestations
00:53:25du mariage
00:53:27contre le mariage
00:53:28pour tous
00:53:28et donc ça marque
00:53:30très fortement
00:53:30ça marque
00:53:31les personnes
00:53:32mais ça marque aussi
00:53:33dans les institutions
00:53:34dans les écoles
00:53:36dans tout ce qui est éducatif
00:53:38et donc pour moi
00:53:39il y a un enjeu
00:53:40absolument central
00:53:41là
00:53:43en l'occurrence
00:53:44qui concerne ma délégation
00:53:45à faire le lien
00:53:46entre la lutte
00:53:48pour l'égalité femmes-hommes
00:53:49et cette jeunesse
00:53:51pour participer
00:53:52justement
00:53:53en fait
00:53:54à donner
00:53:55les cadres
00:53:56à ces jeunes
00:53:56pour instruire
00:53:57les débats
00:53:58et surtout
00:53:59à ce que nous soyons
00:53:59en capacité
00:54:00de les écouter
00:54:01parce qu'ils ont
00:54:02énormément à dire
00:54:03sur comment ils veulent
00:54:04repenser cette société
00:54:05de manière non violente
00:54:06et c'est urgent
00:54:07de les écouter
00:54:08et de ne pas être déceptif
00:54:10pour eux
00:54:10et au contraire
00:54:11on a énormément
00:54:12à apprendre
00:54:12sur ce que cette jeunesse
00:54:14a
00:54:15enfin la manière
00:54:16dont elle veut voir le monde
00:54:17il faut je crois
00:54:18beaucoup s'en inspirer
00:54:19d'accord
00:54:21Bibià Favard
00:54:25votre livre
00:54:26est sous-titré
00:54:27une histoire
00:54:27des féminismes
00:54:29donc vous êtes
00:54:30très très très attachée
00:54:32à décrire
00:54:33la pluralité
00:54:34de ces mouvements
00:54:34et aussi
00:54:35la complémentarité
00:54:36avec d'autres mouvements
00:54:37ce que vient de décrire
00:54:39Hélène Bidard
00:54:40est-ce que vous pouvez
00:54:40nous expliquer
00:54:41si ça a toujours
00:54:43été le cas
00:54:43si les féministes
00:54:46ont toujours été
00:54:46des progressistes
00:54:48sur d'autres domaines
00:54:49s'il y a toujours eu
00:54:50ces intersections
00:54:51ces croisements
00:54:52de lutte
00:54:53oui alors effectivement
00:54:55dans cet ouvrage
00:54:56on a vraiment tenu
00:54:57à mettre
00:54:57le terme féminisme
00:54:59au pluriel
00:54:59mais ça c'est vrai
00:55:00chez les historiennes
00:55:01depuis maintenant
00:55:02de nombreuses années
00:55:03il suffit de travailler
00:55:04sur ces mobilisations
00:55:05pour voir
00:55:06à quel point
00:55:07elles sont diverses
00:55:08à la fois
00:55:08sur les revendications
00:55:09sur les stratégies
00:55:11sur les modes d'action
00:55:13et qu'elles sont aussi
00:55:15divisées
00:55:15et que ces divisions
00:55:16finalement font avancer
00:55:18la pensée
00:55:19ne sont parfois
00:55:20peuvent être des blocages
00:55:22mais aussi
00:55:23donc permettre
00:55:24de confronter
00:55:26les points de vue
00:55:26et ce qu'on veut montrer
00:55:27aussi c'est que
00:55:28cette diversité des féministes
00:55:30n'empêche pas
00:55:30l'action autour
00:55:31de grandes revendications
00:55:32le droit de vote
00:55:34par exemple
00:55:34la question de l'avortement
00:55:35la question des violences
00:55:37aujourd'hui
00:55:37et donc qu'il y a
00:55:39à la fois des forces
00:55:40d'éclatement
00:55:40mais aussi des forces
00:55:41de convergence
00:55:42ça c'est pour le pluriel
00:55:43et puis on a voulu
00:55:45aussi s'approprier
00:55:46un terme clé
00:55:48qui est celui
00:55:48de l'intersectionnalité
00:55:50qu'on a emprunté
00:55:52donc à la chercheuse
00:55:53noire américaine
00:55:55Kimberly Crenshaw
00:55:56qu'elle a forgé
00:55:56en 1989
00:55:57et qui montrait
00:55:59en fait la nécessité
00:56:00d'articuler
00:56:01les dominations
00:56:02de classe
00:56:03de race
00:56:04de genre
00:56:04pour comprendre
00:56:06en fait
00:56:07l'expérience spécifique
00:56:09de certaines femmes
00:56:10qui ne sont pas
00:56:11donc reconnues
00:56:12alors elle
00:56:13elle traitait particulièrement
00:56:14des femmes noires
00:56:14aux Etats-Unis
00:56:15qui étaient
00:56:15donc à la marge
00:56:17des revendications
00:56:18antiracistes
00:56:19plutôt portées par les hommes
00:56:20et à la marge
00:56:21des revendications
00:56:22donc féministes
00:56:23qui étaient plutôt
00:56:24tournées vers les femmes blanches
00:56:26et qui ne touchaient moins
00:56:28les femmes noires
00:56:29des classes populaires
00:56:29et donc cette articulation
00:56:31elle a été au coeur
00:56:32de nos réflexions
00:56:33évidemment c'est
00:56:34un terme qui est très débattu
00:56:35aujourd'hui
00:56:36dans l'espace public
00:56:37mais ce que l'on voit
00:56:39est-ce que l'on a
00:56:40on a essayé de retracer
00:56:41c'est à quel point
00:56:42ces mobilisations féministes
00:56:44s'articulent
00:56:45avec d'autres formes
00:56:46de mobilisation
00:56:47la lutte contre l'esclavage
00:56:49il y a des analogies
00:56:50qui sont faites
00:56:51avec l'exclusion
00:56:52de certaines catégories
00:56:53de la population
00:56:54de l'humanité
00:56:56donc notamment
00:56:57les esclaves
00:56:58et donc il y a une analogie
00:56:59qui est faite
00:56:59avec les femmes
00:57:00qui sont comparées
00:57:01à cette situation
00:57:03il y a aussi
00:57:04beaucoup de féministes
00:57:05on peut penser évidemment
00:57:06à Olympe de Gouges
00:57:07qui ont commencé
00:57:08leur combat aussi
00:57:09par l'émancipation
00:57:12la question de l'émancipation
00:57:13des noirs
00:57:15dans les colonies
00:57:16et donc on a voulu aussi
00:57:19montrer à quel point
00:57:20c'est articulé
00:57:21à la question
00:57:21des mouvements ouvriers
00:57:22même si les mouvements ouvriers
00:57:24ont mis du temps
00:57:25à reconnaître
00:57:26cette question importante
00:57:28de la place des femmes
00:57:29et du travail des femmes
00:57:30notamment
00:57:31il y a eu aussi
00:57:32cette volonté
00:57:33de rapprocher
00:57:34ces mouvements
00:57:34le socialisme naissant
00:57:36avec
00:57:37les mouvements féministes
00:57:39on a des grandes figures
00:57:40de militantes féministes
00:57:41et socialistes
00:57:43comme par exemple
00:57:43Madeleine Pelletier
00:57:44à la fin du 19e
00:57:45au début du 20e siècle
00:57:47donc on voulait
00:57:48vraiment montrer
00:57:49ces formes
00:57:50d'articulation
00:57:51ces moments
00:57:51où justement
00:57:52il faut
00:57:53se distinguer
00:57:55créer un mouvement
00:57:56de lutte spécifique
00:57:58mais aussi
00:57:59ces moments
00:58:00où il faut
00:58:01converger
00:58:01avec d'autres luttes
00:58:03et puis
00:58:03pour terminer
00:58:04pour expliquer
00:58:05ce slogan
00:58:06ne nous libérez pas
00:58:07on s'en charge
00:58:08donc c'est l'idée
00:58:09qu'il faut que les femmes
00:58:10fassent leur propre mouvement
00:58:11pour pouvoir revendiquer
00:58:12leur propre droit
00:58:14mais c'est aussi
00:58:15l'idée
00:58:15qu'il y a
00:58:16une diversité
00:58:17il y a
00:58:20des hiérarchies
00:58:21à l'intérieur
00:58:21de cette catégorie
00:58:22femmes
00:58:22et qu'il faut donc
00:58:23arriver à reconnaître
00:58:24cette diversité
00:58:25d'expériences
00:58:26en tant que femmes
00:58:27en tant que femmes
00:58:28des classes populaires
00:58:28en tant que femmes
00:58:30lesbiennes
00:58:31en tant que femmes
00:58:32racisées
00:58:33et que c'est vraiment
00:58:34en comprenant
00:58:35l'ensemble
00:58:35de cette articulation
00:58:36que les mobilisations
00:58:37féministes
00:58:38se sont déployées
00:58:40dans l'histoire
00:58:41et elles se rassemblent
00:58:42donc avec les coloreuses
00:58:44juste peut-être
00:58:45un dernier mot
00:58:46il nous reste très peu de temps
00:58:46mais si on veut devenir
00:58:48coloreuses
00:58:48tout le monde
00:58:49enfin toutes les femmes
00:58:50qui se perçoivent
00:58:51comme telles
00:58:51peuvent le devenir
00:58:53comment on fait ?
00:58:54juste un petit
00:58:54conseil pratique
00:58:56oui alors
00:58:56vous pouvez trouver
00:58:58sur les réseaux
00:58:59alors juste
00:59:00je reprécise
00:59:01tout le monde
00:59:02sauf les hommes cis
00:59:03bien sûr
00:59:04mais sinon
00:59:05vous trouvez
00:59:05sur les réseaux
00:59:06les contacts
00:59:07tout le monde
00:59:08peut aussi créer
00:59:09son petit groupe
00:59:11et même seul
00:59:13aller coller
00:59:14en fait
00:59:16c'est un mouvement
00:59:17totalement horizontal
00:59:19donc tout le monde
00:59:20peut participer
00:59:22évidemment
00:59:22tout le monde
00:59:23est légitime
00:59:24à le faire
00:59:25des petites sessions
00:59:25de formation
00:59:26quand même
00:59:26qui sont bien utiles
00:59:27pour le rappel
00:59:28de la loi
00:59:29vous avez des tutos
00:59:30en ligne
00:59:31déjà
00:59:32effectivement
00:59:33après si vous avez
00:59:34besoin d'aide
00:59:34vous contactez
00:59:36le groupe
00:59:36le plus proche
00:59:37de chez vous
00:59:38qui essaiera
00:59:39de vous introduire
00:59:42de vous initier
00:59:44ou de vous accompagner
00:59:45si vous avez besoin
00:59:46d'aide
00:59:48voilà
00:59:49juste pour terminer
00:59:50Heila
00:59:51un des slogans
00:59:52soit le dernier
00:59:53que vous avez collé
00:59:54soit un ou deux
00:59:54qui vous ont
00:59:55particulièrement touché
00:59:56alors
00:59:57en fait
00:59:58c'est très difficile
01:00:00de n'en choisir
01:00:01qu'un seul
01:00:03je suis passée
01:00:04de ce matin
01:00:05en venant
01:00:06devant un slogan
01:00:07qu'on avait collé
01:00:08le week-end dernier
01:00:09c'était
01:00:10elle le quitte
01:00:12il la poignarde
01:00:13six ans après
01:00:15il est toujours dehors
01:00:16ben voilà
01:00:17ce sera peut-être
01:00:18un peu le mot de la fin
01:00:19voilà
01:00:19donc je pense
01:00:20à cette femme
01:00:22victime
01:00:23qui est une survivante
01:00:24et c'est pour
01:00:26ces femmes
01:00:26et ces personnes
01:00:28et les minorités
01:00:30de genre
01:00:30que nous collons
01:00:30merci
01:00:31merci à toutes
01:00:32on doit s'arrêter
01:00:33merci
01:00:33merci
01:00:34merci
01:00:35merci
01:00:35merci
01:00:36merci
01:00:36merci
01:00:36merci
01:00:37merci
01:00:37merci
01:00:37merci
01:00:37merci
01:00:38merci
01:00:38merci