00:00C'est une réforme assassine.
00:02Assassine parce qu'elle va massacrer le droit à l'indemnisation de tous ceux qui sont privés d'emploi,
00:07alors qu'actuellement, il faut le rappeler, seulement 20% des privés d'emploi sont indemnisés.
00:19Ce sont les travailleurs précaires, ceux qui alternent des périodes de travail courtes et des périodes de chômage.
00:26Et puis, plus particulièrement, ça va être les jeunes, puisque ce sont les jeunes qui occupent le plus les emplois
00:33précaires.
00:34Et donc après, ce sont les travailleurs les plus précaires parmi d'entre nous,
00:39notamment les intérimaires ou les salariés à activité discontinue.
00:45On pense notamment aux maîtres hôteliers, guides conférenciers, voilà, tous ceux dont le travail, le rythme de travail est saisonnier.
00:55Il y a des travailleurs précaires qui sont gardiens des expositions.
00:59Donc le rythme de travail de ces travailleurs-là, c'est il y a une expo de trois mois, je
01:03travaille.
01:03Et puis ensuite, il y a une coupure de l'expo pendant quatre mois et puis une autre reprend.
01:07Actuellement, son indemnisation n'est calculée qu'à partir des seuls jours travaillés,
01:12c'est-à-dire les trois mois du premier contrat et les trois mois du suivant.
01:15Avec la réforme, on va prendre en compte aussi les jours non travaillés,
01:19donc c'est-à-dire les quatre mois entre ces deux contrats.
01:22Et ça, automatiquement, ça va baisser l'indemnisation d'un montant proche de 40%.
01:26Alors que c'est bien lui qui subit la précarité, puisque s'il y a ces quatre mois de coupure,
01:32c'est parce que le musée ne lui fait pas un CDI ou ne lui permet pas de travailler entre
01:36ces deux contrats.
01:37Avec cette réforme, on rend le précaire coupable de sa précarité.
01:44Alors ce sera plus difficile demain de percevoir une allocation chômage qu'aujourd'hui,
01:48pour la simple et bonne raison que le nombre de mois nécessaires à travailler pour pouvoir ouvrir des droits,
01:56ce sera six mois au lieu de quatre mois aujourd'hui.
01:59Actuellement, il faut travailler un jour sur sept pour pouvoir ouvrir des droits à l'assurance chômage.
02:04Demain, il va falloir travailler un jour sur trois,
02:06donc travailler deux fois plus longtemps pour pouvoir ouvrir des droits à l'assurance chômage.
02:13L'allocation chômage est définie à partir d'un salaire journalier de référence.
02:19Le montant perçu des revenus sur une période divisé par le nombre de jours de cette même période.
02:28Actuellement, le chômage partiel, donc il y a une réduction du salaire,
02:31puisqu'on perçoit 86% seulement au lieu de 100%,
02:35et donc Pôle emploi banalise, si on peut dire, cette baisse de salaire sur le numérateur,
02:41c'est-à-dire qu'il ne rentre pas dans le calcul du IJR,
02:43mais par contre, dans le diviseur, la période de chômage partiel va rentrer en compte.
02:48Donc automatiquement, oui, le chômage partiel va entraîner une baisse de l'indemnisation des chômeurs,
02:54au même titre que les congés maternité ou que les congés maladie,
02:57si le gouvernement met en place sa réforme de modification des règles d'indemnisation chômage à partir du 1er juillet.
03:04L'UNEDIC l'a quantifié, ce sont donc 1,15 millions de travailleurs privés d'emploi et précaires
03:10qui vont perdre en moyenne 17% de leur indemnisation.
03:15Et justement, ces travailleurs-là, qui sont concernés par ces périodes de chômage partiel,
03:19congés maladie, congés maternité, leur indemnisation pourrait être réduite jusqu'au plancher,
03:24c'est-à-dire de 30 à 40%.
03:29Les chômeurs et les précaires sont effectivement les oubliés du quoi qu'il en coûte
03:32puisque depuis le 1er confinement, la principale mesure de protection sociale
03:37que le gouvernement a annoncée, c'est la mise en place du chômage partiel.
03:41Mais le chômage partiel, pour pouvoir être allocataire du chômage partiel,
03:46il faut avoir un CDI.
03:47Donc tous les précaires qui n'ont pas de CDI et les privés d'emploi
03:51qui ne sont justement privés d'emploi et donc n'ont pas de CDI par définition,
03:55oui, ils ont été oubliés.
03:57Alors le gouvernement, il a mis en place des mesurettes.
04:01La première mesurette, c'est la prolongation des droits de mars à juin.
04:06Et quand cette prolongation-là a terminé, il faut bien se rendre compte
04:09que c'est des centaines de milliers de travailleurs précaires
04:12qui ont basculé de l'indemnisation chômage à l'allocation spécifique de solidarité,
04:17donc qui ne perçoivent aujourd'hui seulement 504 euros ou au RSA 560.
04:23Il y a eu une explosion de la misère.
04:25Et puis les travailleurs précaires, effectivement, le gouvernement leur a promis,
04:31soi-disant, une aide de 900 euros, alors qu'on regarde dans la réalité,
04:35déjà très peu l'ont touché, cette fameuse aide.
04:37Et en plus, ceux qui l'ont perçu, le montant moyen est de 300 euros,
04:42bien loin des 900 euros annoncés.
04:43Donc oui, les chômeurs, les précaires sont les oubliés du quoi qu'il en coûte,
04:46très clairement.
04:50Depuis le 4 mars, il y a un formidable mouvement qui s'amplifie dans ce pays
04:55à partir de la centaine de lieux de théâtre qui est occupé.
04:59Il faut le rappeler, ce mouvement-là revendique l'annulation de la réforme assurance chômage.
05:03Il faut amplifier cette mobilisation-là avec les camarades du spectacle,
05:07les travailleurs du spectacle, de la culture qui occupent ces lieux-là.
05:10Voilà, cette mobilisation-là, elle est formidable.
05:12On l'attendait depuis un moment, mais là, ça y est, il y en a une.
05:14Donc il faut qu'on s'engage tous dedans.