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  • il y a 12 heures
Initialement prévu pour le printemps 2020 et repoussé en raison de la crise sanitaire, le gouvernement souhaite maintenir coûte que coûte sa réforme de l’assurance chômage qui entrera en application dès juillet.
Pierre Garnodier, secrétaire du comité national CGT des privés d’emplois, décrypte pour l’Humanité les conséquences d’une telle réforme pour les jeunes et les plus précaires.

Qui seront les grands perdants de cette réforme ?
Pierre Garnodier : Ce sont les travailleurs précaires, ceux qui alternent des périodes de travail courtes et de chômage et ce sont plus particulièrement les jeunes qui occupent majoritairement ces emplois. Ensuite, ce sont les plus précaires d'entre nous, les intérimaires, les salariés à activitées discontinues, on pense notamment aux maitres hôteliers et aux guides conférenciers. Tous ceux dont le rythme de travail est saisonnier.

Citez-nous un exemple concret
Il y a des travailleurs précaires qui sont gardiens d'expositions, donc leur rythme de travail est particulier. Il peut y avoir par exemple une exposition de trois mois, puis une coupure de l'expo durant quatre mois et ensuite une nouvelle exposition démarre pour trois mois. Actuellement, son indemnisation n'est calculé qu'à partir des seuls jours travaillés, c'est à dire les trois mois du premier contrat et les trois mois du suivant.
Avec la réforme, on va prendre en compte aussi les jours non travaillés, donc les 4 mois entre ces 2 contrats.
Cela aura pour conséquence de baisser automatiquement l'indemnisation d'un montant proche de 40% alors que c'est bien le travailleur qui subit la précarité puisque si il y a ces 4 mois de coupure c'est parce que le musée ne lui propose pas de CDI ou ne lui permet pas de travailler entre ces 2 contrats. Avec cette réforme, on rend le précaire coupable de sa précarité.

L'ouverture des droits au chômage sera-t-elle facilitée ?
Ce sera plus difficile demain de percevoir une allocation chômage pour la simple et bonne raison que le nombre de mois nécessaire, pour pouvoir ouvrir des droits, sera de 6 mois au lieu de 4 mois aujourd'hui. Actuellement, il faut travailler un jour sur 7 pour pouvoir ouvrir des droits à l'assurance-chômage, demain, Il va falloir travailler un jour sur 3, donc travailler 2 fois plus longtemps pour pouvoir ouvrir des droits à l'assurance chômage.

Les chômeurs sont-ils les "oubliés du quoi qu'il en coûte" ?
Les précaires sont effectivement les oubliés du "quoi qu'il en coûte" puisque depuis le premier confinement, la principale mesure de protection sociale que le gouvernement a annoncé, c'est la mise en place du chômage partiel.
Mais pour pouvoir être allocataire du chômage partiel, il faut avoir un CDI. Tous les précaires et les privés d'emploi qui n'ont pas de CDI par définition, ont été oubliés. Alors le gouvernement a mis en place des mesurettes, la première, c'est la prolongation des droits de mars à juin.
Quand celle-ci sera terminée, ce seront des centaines de milliers de travailleurs précai

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Transcription
00:00C'est une réforme assassine.
00:02Assassine parce qu'elle va massacrer le droit à l'indemnisation de tous ceux qui sont privés d'emploi,
00:07alors qu'actuellement, il faut le rappeler, seulement 20% des privés d'emploi sont indemnisés.
00:19Ce sont les travailleurs précaires, ceux qui alternent des périodes de travail courtes et des périodes de chômage.
00:26Et puis, plus particulièrement, ça va être les jeunes, puisque ce sont les jeunes qui occupent le plus les emplois
00:33précaires.
00:34Et donc après, ce sont les travailleurs les plus précaires parmi d'entre nous,
00:39notamment les intérimaires ou les salariés à activité discontinue.
00:45On pense notamment aux maîtres hôteliers, guides conférenciers, voilà, tous ceux dont le travail, le rythme de travail est saisonnier.
00:55Il y a des travailleurs précaires qui sont gardiens des expositions.
00:59Donc le rythme de travail de ces travailleurs-là, c'est il y a une expo de trois mois, je
01:03travaille.
01:03Et puis ensuite, il y a une coupure de l'expo pendant quatre mois et puis une autre reprend.
01:07Actuellement, son indemnisation n'est calculée qu'à partir des seuls jours travaillés,
01:12c'est-à-dire les trois mois du premier contrat et les trois mois du suivant.
01:15Avec la réforme, on va prendre en compte aussi les jours non travaillés,
01:19donc c'est-à-dire les quatre mois entre ces deux contrats.
01:22Et ça, automatiquement, ça va baisser l'indemnisation d'un montant proche de 40%.
01:26Alors que c'est bien lui qui subit la précarité, puisque s'il y a ces quatre mois de coupure,
01:32c'est parce que le musée ne lui fait pas un CDI ou ne lui permet pas de travailler entre
01:36ces deux contrats.
01:37Avec cette réforme, on rend le précaire coupable de sa précarité.
01:44Alors ce sera plus difficile demain de percevoir une allocation chômage qu'aujourd'hui,
01:48pour la simple et bonne raison que le nombre de mois nécessaires à travailler pour pouvoir ouvrir des droits,
01:56ce sera six mois au lieu de quatre mois aujourd'hui.
01:59Actuellement, il faut travailler un jour sur sept pour pouvoir ouvrir des droits à l'assurance chômage.
02:04Demain, il va falloir travailler un jour sur trois,
02:06donc travailler deux fois plus longtemps pour pouvoir ouvrir des droits à l'assurance chômage.
02:13L'allocation chômage est définie à partir d'un salaire journalier de référence.
02:19Le montant perçu des revenus sur une période divisé par le nombre de jours de cette même période.
02:28Actuellement, le chômage partiel, donc il y a une réduction du salaire,
02:31puisqu'on perçoit 86% seulement au lieu de 100%,
02:35et donc Pôle emploi banalise, si on peut dire, cette baisse de salaire sur le numérateur,
02:41c'est-à-dire qu'il ne rentre pas dans le calcul du IJR,
02:43mais par contre, dans le diviseur, la période de chômage partiel va rentrer en compte.
02:48Donc automatiquement, oui, le chômage partiel va entraîner une baisse de l'indemnisation des chômeurs,
02:54au même titre que les congés maternité ou que les congés maladie,
02:57si le gouvernement met en place sa réforme de modification des règles d'indemnisation chômage à partir du 1er juillet.
03:04L'UNEDIC l'a quantifié, ce sont donc 1,15 millions de travailleurs privés d'emploi et précaires
03:10qui vont perdre en moyenne 17% de leur indemnisation.
03:15Et justement, ces travailleurs-là, qui sont concernés par ces périodes de chômage partiel,
03:19congés maladie, congés maternité, leur indemnisation pourrait être réduite jusqu'au plancher,
03:24c'est-à-dire de 30 à 40%.
03:29Les chômeurs et les précaires sont effectivement les oubliés du quoi qu'il en coûte
03:32puisque depuis le 1er confinement, la principale mesure de protection sociale
03:37que le gouvernement a annoncée, c'est la mise en place du chômage partiel.
03:41Mais le chômage partiel, pour pouvoir être allocataire du chômage partiel,
03:46il faut avoir un CDI.
03:47Donc tous les précaires qui n'ont pas de CDI et les privés d'emploi
03:51qui ne sont justement privés d'emploi et donc n'ont pas de CDI par définition,
03:55oui, ils ont été oubliés.
03:57Alors le gouvernement, il a mis en place des mesurettes.
04:01La première mesurette, c'est la prolongation des droits de mars à juin.
04:06Et quand cette prolongation-là a terminé, il faut bien se rendre compte
04:09que c'est des centaines de milliers de travailleurs précaires
04:12qui ont basculé de l'indemnisation chômage à l'allocation spécifique de solidarité,
04:17donc qui ne perçoivent aujourd'hui seulement 504 euros ou au RSA 560.
04:23Il y a eu une explosion de la misère.
04:25Et puis les travailleurs précaires, effectivement, le gouvernement leur a promis,
04:31soi-disant, une aide de 900 euros, alors qu'on regarde dans la réalité,
04:35déjà très peu l'ont touché, cette fameuse aide.
04:37Et en plus, ceux qui l'ont perçu, le montant moyen est de 300 euros,
04:42bien loin des 900 euros annoncés.
04:43Donc oui, les chômeurs, les précaires sont les oubliés du quoi qu'il en coûte,
04:46très clairement.
04:50Depuis le 4 mars, il y a un formidable mouvement qui s'amplifie dans ce pays
04:55à partir de la centaine de lieux de théâtre qui est occupé.
04:59Il faut le rappeler, ce mouvement-là revendique l'annulation de la réforme assurance chômage.
05:03Il faut amplifier cette mobilisation-là avec les camarades du spectacle,
05:07les travailleurs du spectacle, de la culture qui occupent ces lieux-là.
05:10Voilà, cette mobilisation-là, elle est formidable.
05:12On l'attendait depuis un moment, mais là, ça y est, il y en a une.
05:14Donc il faut qu'on s'engage tous dedans.

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