00:00On a vu sur un accident mortel un 10 000 euros avec sursis
00:02pour un jeune de 21 ans qui est mort, enseveli au fond d'un silo.
00:0610 000 euros avec sursis, c'est du foutage de gueule.
00:23Moi personnellement j'ai été victime d'un accident du travail,
00:26heureusement pas très grave,
00:28mais qui m'a quand même valu un mois d'arrêt de travail
00:30en gros je me suis pris du béton projeté,
00:33c'était sur un chantier de travaux publics,
00:34c'était mon premier jour de chantier dans cette entreprise,
00:36première fois de ma vie que j'étais affecté à cette tâche de travail
00:39et j'ai eu aucune consigne, aucune mise en garde sur ce travail
00:42et bon voilà, j'ai eu l'accident,
00:44on s'est pris un jet de béton projeté comme une lance d'incendie de pompier,
00:48mais c'est du béton qui est projeté sous forte pression
00:51et on s'est retrouvé, moi et mon collègue à l'hôpital en fin de matinée.
00:55C'est un exemple, mais un exemple qui, à travers mon accident à moi,
00:59c'est encore une fois, c'est un manque de formation,
01:02d'information et d'encadrement, enfin de supervision en fait sur les chantiers
01:04qui se recoupent avec un très gros turnover en tout cas sur les chantiers,
01:08donc du coup qui est en fait une précarité des travailleurs
01:11et qui a beaucoup d'implication en fait.
01:13Tous les lundis matin, en fait on redécouvre un nouveau chantier,
01:16on redécouvre un autre cadre de travail,
01:17des nouvelles tâches à faire
01:18et auxquelles on n'est pas forcément armé en fait pour y faire face.
01:22Mais les fois où on a conscience en fait d'un danger,
01:24même là, c'est difficile de dire non, de dire stop,
01:27de faire valoir sur notre droit de retrait,
01:28parce que en fait le risque, enfin la conséquence qui est quasiment automatique
01:32dans ces cas-là, c'est de ne pas revenir travailler le lundi suivant
01:35parce que ça rend des contrats à la semaine.
01:39Il y a besoin de cette journée internationale de commémoration
01:43pour rendre visibles les morts au travail et ne pas les oublier.
01:46L'inspection du travail en 10 ans a perdu 16% de leurs salariés.
01:51Aujourd'hui en France, il n'y a plus que 2000 inspecteurs du travail.
01:55C'est rien.
01:55Comment voulez-vous qu'il puisse y avoir des contrôles ?
01:58Comment voulez-vous qu'il puisse y avoir des sanctions sur les entreprises
02:01qui finalement n'assurent pas les conditions de travail imposées par la loi ?
02:06On pense évidemment aux ordonnances Macron.
02:09Les ordonnances Macron qui ont été mises en oeuvre en 2017
02:13ont fait fusionner les instances syndicales,
02:16notamment le CHSCT
02:17et ont réduit les pouvoirs d'intervention des salariés dans l'entreprise,
02:21notamment sur les conditions d'hygiène et de sécurité.
02:28On a un turnover générationnel dans les entreprises
02:31où nous, nous semble-t-il que nos plus jeunes sont un peu plus conscientisés
02:35sur l'aspect santé, travail et préservation de sa santé,
02:40ce qui est revigorant.
02:41Mais ça prendra du temps.
02:43Par rapport à nous plus anciens, dont je fais partie,
02:47où nous, à l'embauche, si on cherchait à se protéger,
02:50nous étions déconsidérés tant par la chaîne de commandement,
02:53ce qui est toujours le cas,
02:54que par nos collègues.
02:56Ça, ce sont des choses qui sont en train de changer.
02:58Il suffit de comparer les moyens mis en place
03:00pour le respect du code républicain de la route
03:03et les moyens mis en place
03:04pour le respect du code républicain du travail.
03:07Et à partir de là, on sait où on est.
03:09On maîtrise notre environnement.
03:11Donc il y a bien un déni,
03:13il y a bien voire une ringardisation.
03:15La suppression des CHSCT, c'est quoi ?
03:17C'était dans le BTP la principale instance,
03:21la plus importante, la plus politique.
03:23Et on touchait à l'organisationnel.
03:25C'est ça qui dérangeait.
03:27Pour éviter de toucher à l'organisationnel dans le travail,
03:29on a supprimé les comités
03:30et on met cette coquille vide de ces deux SCT
03:33qui est sous tutelle du CSE,
03:35qui ne sert plus à rien.
03:37D'ailleurs, il y a des pertes de savoir-faire
03:38et de savoir-être immenses.
03:41Puisque ce sont des gens qui étaient plutôt,
03:43auparavant, en comité d'entreprise,
03:44délégués du personnel,
03:45mais qui n'avaient pas forcément la fibre santé,
03:48même si ce sont des élus courageux,
03:52mais qui n'avaient pas forcément cette spécialité.
03:54Et là, on perd des pans entiers de savoir-faire.
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