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  • il y a 2 jours
Avec la participation de nombreux signataires de l'appel « Retraites : pour une réforme de progrès social et de civilisation », dont Frédéric Boccara, membre du comité exécutif du PCF, Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, Jean-Marc Canon, secrétaire général de l'Union fédérale des syndicats de l'État (UFSE-CGT), Denis Durand, économiste et Sophie Binet, co-secrétaire générale de l'UGICT-CGT.

L'Humanité vous propose quelques extraits des différentes interventions.

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Transcription
00:00Cette réunion, c'est une réunion de l'appel qui a été lancée sur les retraites pour une réforme de
00:07progrès social et de civilisation et pour le retrait du projet actuel, ça critique, mais pour mettre quelque chose d
00:15'autre à la place.
00:16Alors, d'abord, je vous remercie à tous d'être là. Je remercie nos invités d'être ici et je
00:22les présente les unes après les autres. Donc, Sophie Binet de Lugicte, Jean-Marc Canon. Alors, chacun n'a pas
00:32signé nécessairement en tant que tel, mais je présente vos appartenances. Voilà. C'est vous qui me dites comment vous
00:38sentez.
00:39Donc, Jean-Marc Canon, qui est premier responsable de la CGT Fonctions Publiques. Benoît Tesse, qui est premier responsable de
00:47la FSU, donc toute la fédération avec le SNES, le SNESUP, le SNIPP.
00:53Tu l'as oublié. Oui, mais bon, le SNEP, tout ça. C'était un bon tentaculaire. Bon, c'est d
00:58'accord. Donc, vous voyez, la diversité.
01:02Denis Durand, qui est directeur d'économie et politique, économiste, mais qui est aussi syndicaliste à la Banque de France,
01:08donc il devra s'absenter tout à l'heure parce qu'il y a la lutte en cours à la
01:11Banque de France.
01:12Et puis, tout à l'heure, on inversera. Des cheminots, camarades de la RATP, sociodémographes, Arthur Jatteau, économiste adhéré, ils
01:21viendront et on inversera.
01:23Alors, voilà. Cet appel est très, très large. Les signataires, vous avez vu l'appel, on l'a édité, avec
01:33une liste de signataires qu'on a extraite un peu, qui permet de voir la diversité.
01:38Mais je le redis, outre les organisations dont on a parlé, il y a aussi des syndicalistes, beaucoup du CESE,
01:45mais par exemple, Hélène Adam n'a pas signé en tant que son organisation,
01:49mais c'est la représentante au CESE de Sud. CESE, c'est le Conseil économique, soutien environnemental.
01:55Véronique Berner-Roche n'a pas signé en tant que telle, bien sûr, mais elle est la représentante au CESE,
02:00une des représentantes de la CGC et de la Fédération chimique
02:03et la fédération du président de la CGC. Elle sait très bien ce qu'elle a signé. Bon, aujourd'hui,
02:07il y a une séance du CESE que moi, je sèche, mais elles y sont.
02:10Hervé Le Bouler, qui était d'ailleurs engagé écologique et qui est aussi membre du CESE du groupe environnement assigné,
02:16à titre personnel.
02:18On a un vice-président du CESE aussi qui a signé. Ce n'est pas un hasard, j'y reviendrai,
02:22si autant de gens du CESE ont signé.
02:23On s'est mangé pour la petite histoire. Deux fois, Édouard Philippe, qui vient nous présenter dans le grand hémicycle
02:28du CESE,
02:29qui est l'endroit des forces vives de la nation, où il y a les associations, les organisations syndicales, les
02:33organisations patronales, les organisations de jeunesse,
02:36sans pouvoir lui répondre. Édouard Philippe, qui nous présente deux fois, se réforme dans ce qu'on appelle pourtant le
02:42lieu du dialogue social.
02:45Jacques Pasquet, de la Confédération Paysanne, a signé avec sa coprésidente. C'est une camarade à lui aussi.
02:50Ils ne sont pas coprésidents, mais qui est aussi dirigeants de la Confédération Paysanne.
02:53Donc un vice-président du CESE, Jean-François Nathon.
02:55Les deux coprésidentes du planning familial, Véronique Seyer et sa collègue, dont j'ai oublié le nom.
03:01Un gilet jaune aussi très engagé dans le mouvement gilet jaune, a signé.
03:06Le président de la JOC, Benjamin Hamard, qu'on connaît sur les plateaux pour les uns et les autres.
03:12Un certain nombre d'intellectuels, dont Roland Gory.
03:16Des économistes.
03:18Il y a Arthur Jatteau, qui est ici, économiste atterré.
03:21Il y a Anaïs Saint-Niguel, qui a participé à la table ronde.
03:24Il y a aussi Philippe Batifoulier, qui est un des spécialistes français de la protection sociale, aussi économiste atterré, qui
03:30a signé.
03:31Gilles Perrier, celui qui a fait le fameux documentaire sur la sociale et sur Ambroise Croizat, a signé.
03:36De même que Michel Etievan, le biographe d'Ambroise Croizat.
03:38Donc beaucoup d'économistes.
03:39Presque autant de sociologues, deux ou trois de moins.
03:41Comme je suis économiste, j'aime bien les sociologues.
03:44Mais peut-être qu'en cherchant bien, il y a des économistes sociologues, donc il y en a autant.
03:51Des créateurs aussi.
03:53J'ai dit Gilles Perrier, Julie Malle, et des responsables politiques.
03:56J'en suis moi-même un, tout en étant économiste.
03:59Mais on a aussi Jacques Bouteau, qui est le maire ELV du 2e arrondissement.
04:03On a Nicolas Bonnet, qui est le communiste de Paris, qui dit le reste.
04:06Enfin, j'en oublie.
04:07Forcément, c'est de la loi du genre, mais c'est pour montrer.
04:09Alors, j'essaye d'aboutir vite.
04:13La démarche de l'appel.
04:15Il est venu tôt, l'appel.
04:16Et je remercie tous ceux qui ont accepté de signer dans les conditions en été.
04:20Mais c'est ça, la bataille.
04:21Et je pense qu'il a beaucoup aidé à ce qu'on commence à se parler et qu'on commence
04:26à réfléchir en prenant aussi de l'avance.
04:29Parce que, il est venu tôt, et ensuite il y a eu un autre appel des forces de gauche, donc
04:35je vais dire un mot.
04:37Notre appel, il développe beaucoup l'idée d'alternative.
04:42Parce qu'on pense que c'est très important, pas seulement d'affirmer la possibilité alternative, mais de commencer à
04:47y décrire, à réfléchir dessus.
04:48Enfin, c'est ce qu'affirme l'appel.
04:52L'appel des forces de gauche qui existent et qui est absolument nécessaire, il affirme qu'un arc important de
05:00forces de gauche est pour le rejet,
05:03et dit qu'il y a des possibilités d'un autre, de faire autre chose.
05:09Et c'est très important face à un pouvoir qui prétend jouer sur la division, en termes d'alternative politique.
05:15Mais, une fois qu'on dit qu'il y a quelque chose de possible, quoi ?
05:19Et vous avez peut-être vu Edouard Philippe, dimanche, qui dit, il n'y a aucune proposition.
05:23Ce qui est déjà un mensonge, puisque vous le savez bien, dans la période des deux ans où vous avez
05:27rencontré Delevoye,
05:29vous avez, j'en suis certain, et je l'ai lu, soumis des propositions, mais, en tout cas, il faut
05:35occuper ce terrain,
05:36développer des propositions précises, et je pense qu'il faut organiser le dialogue avec les appels qui existent.
05:43Élever le niveau de conscience, de compréhension des enjeux, parce qu'en réalité, moi, ce que je vis, mais peut
05:49-être vous aussi,
05:49c'est ce que souhaitent les gens. Il y a une envie.
05:55Parce que, on est d'autant mieux contre quelque chose qu'on voit ce qu'on peut faire à la
06:00place de ce qui existe.
06:01Si on ne voit pas ce qu'on peut faire, on est dans le moindre mal, on compense un peu
06:05ce qui existe.
06:07Et voilà.
06:09Et donc, vraiment, pour renforcer la bataille, pour le retrait, les comptes-propositions sont, à mon avis, très importants.
06:18Et puis, l'appel, c'est aussi l'interprétation politique.
06:21C'est d'ailleurs une autre façon de faire de la politique.
06:25Parce que ce n'est pas l'idée qu'il y a le mouvement social d'un côté qui, ne
06:31dialoguant pas avec les politiques,
06:32peut du coup se faire avoir, mais ce n'est pas le mouvement social enrôlé dans la politique,
06:37la politique qui, disant le mouvement social, ne se taire sous prétexte d'union.
06:40Non, nous disons que la politique ne doit pas se faire à la place des contenus.
06:43Et nous interpellons, c'est écrit dans l'appel, les politiques.
06:47Il ne suffit pas d'affirmer des objectifs sociaux généreux, mais avec quels moyens et quels pouvoir on le fait.
06:53Et c'est bien un enjeu.
06:54Et je pense qu'il va falloir pousser, c'est-à-dire même clarifier les questions du débat.
06:58Pourquoi ça bloque ? Qu'est-ce qu'il y a ? Quels sont les enjeux ?
07:00Parce que ça bloque dans les têtes.
07:01On voit bien.
07:02Sinon, on va à nouveau avoir des éléments de transformation sociale affirmés,
07:06et puis ça va voler en éclats s'il se passe des choses.
07:09Et pourtant, on a besoin d'une alternative à ce gouvernement.
07:12Et donc, cette exigence de cohérence, que moi j'appelle cohérence entre les objectifs,
07:18les moyens et les pouvoirs, elle est fondamentale.
07:22Mais au-delà, l'appel, et je crois que c'est Jean-Marc qui me l'avait proposé,
07:26il ajoute l'idée de dépassement du capitalisme.
07:28Mais ça a plu à l'ensemble des signataires, parce qu'on voit bien qu'à travers les retraites,
07:32c'est un collecteur de tout un ensemble de choses,
07:34et ça pose des questions, à la fois toute la vie passée au travail,
07:38toute la suite, toute la relation entre travail et non-travail,
07:41le développement des personnes, le rôle du capital, qu'on affirme très fort,
07:45comme l'obstacle majeur.
07:48Donc, il y a besoin d'aller plus loin.
07:50Et a été avancé, je le dis tout de suite,
07:52parce que c'est à mon avis aussi un élément qui va orienter notre discussion,
07:55par Anaïs Engel quand on a eu la table ronde à l'humanité,
07:59l'idée de lancer un processus d'assise économique et sociale.
08:03C'est très ambitieux, on est fous, mais il faut être fous.
08:08Comment ils ont fait quand en 1941-1942, ils se réunissaient,
08:141941-1942, au pire des moments noirs, en disant on va pouvoir changer des choses,
08:17pas seulement faire reculer l'envahisseur, le retrait de l'envahisseur, s'ils osent dire,
08:21mais déjà penser à autre chose, le Conseil social de la résistance, tout ça.
08:24Ils étaient fou, et bien ils ont une raison.
08:26Heureusement qu'ils se préparaient, parce que ça a fait lever la patte.
08:30Et donc, cette idée d'assise, elle pourrait être lancée,
08:34on en a discuté comme ça à bâton rompu, mais je le redis,
08:38à partir d'un lieu symbolique, qui serait le CESE,
08:42le Conseil économique, social et environnemental,
08:44ce grand hémicycle de Parlement,
08:45qui devrait être la maison des citoyens,
08:48de leurs organisations syndicales, du mouvement associatif,
08:54des forces vives aussi, y compris petites entreprises, artisanats,
08:58mais aussi patronates, parce qu'on veut tirer les entreprises vers le bon,
09:03le lancer à partir de là, mais non pas pour clore,
09:05mais on aurait une journée entière, peut-être, je ne sais pas,
09:09qui lance un processus qui, du coup, viendrait au contraire
09:13dans les régions, les départements, et qui pourrait remonter ensuite.
09:16Et c'est fou. Mais à mon avis, on a besoin de ça.
09:19Donc c'est autre chose que d'ailleurs le CNR clandestin dans un truc.
09:24Mais bon, ça demande, et ça peut être très enthousiasmant,
09:27ça demande du boulot, mais ça peut être très enthousiasmant.
09:29Peut-être qu'il ne faut pas faire trop tôt, pas trop tarder,
09:32peut-être qu'au début mars, ça peut être quelque chose d'important.
09:34Donc, quelques mots sur l'appel, et j'ai conclu, et je conclue.
09:37On demande le retrait, et on veut s'ouvrir un débat pour une réforme.
09:42Le projet Macron, Delevoye, Philippe, rend possible une régression chaque année.
09:48Tout est ramené à la valeur du point qui est contrôlé par en haut.
09:53Et en plus, je ne sais pas si vous avez remarqué maintenant qu'on nous parle de la conférence financement,
09:59la discussion pour les partenaires sociaux est uniquement la discussion sur les dépenses,
10:04et les recettes, elles sont retirées de la discussion,
10:06on n'est pas plus les cotisations sociales,
10:08alors que jusqu'ici, même si Medef refusait, il y avait débat sur les cotisations sociales.
10:12Est-ce qu'on peut les augmenter ?
10:13Donc, on est dans une sorte de folie, un double-bine qui rend fou en psychanalyse.
10:17On dit, soyez libres, dites-nous ce qu'il faut pour financer,
10:21mais pas un moyen supplémentaire, vous n'avez même pas le droit d'en discuter,
10:24même pas le droit de discuter de l'assiette.
10:26Donc, c'est terrible, ça.
10:27C'est pour ça qu'il faut le retrait du projet.
10:29Parce qu'on ne peut pas discuter financement avec ce projet, il enferme déjà.
10:33Et nous refusons le statu quo.
10:35Il faut ouvrir le débat, non pas pour aménager le système, mais pour développer.
10:40Denis reviendra, mais en réalité, et Arthur, je pense aussi, on en a parlé tout à l'heure,
10:44ce qui s'est passé dans la société,
10:46bien sûr, le nombre d'actifs, relativement au nombre d'inactifs, a baissé.
10:52Le nombre d'inactifs a été multiplié.
10:54Le poids des inactifs a été multiplié par 3.
10:57De 1960 à 2040, il sera multiplié par 3.
11:00Mais les richesses concrètes, en volume, seront multipliées par 6,5.
11:06Donc, deux fois plus.
11:08Donc, en réalité, il y a de la marge.
11:09Mais dans les dernières périodes, ça se tend.
11:11Et le capital financier est aux abois.
11:13Et il veut prélever son argent.
11:15On le voit bien avec BlackRock.
11:17Mais il n'y a pas de lui.
11:18Il y a vraiment l'idée de faire une retraite baissée et seule.
11:21Et puis, ça va faire un inspirateur pour les fonds de pension
11:25et pour les moyens pour le capital financier avec moins de dépenses.
11:27Donc, je conclue les propositions.
11:30Nous disons qu'il faut élargir l'assiette, 5 axes.
11:34Réfléchir à l'élargissement de l'assiette,
11:36notamment en faisant contribuer les revenus financiers des entreprises,
11:38qui ne contribuent pas aujourd'hui.
11:41Entrer dans une autre relation avec les entreprises, c'est très important.
11:45Parce qu'on ne peut pas dire que la croissance est tombée en haut.
11:47Comment le système agit dessus et ne reste pas à côté ?
11:50À mon avis, c'est un des éléments de débat.
11:51Parce qu'il y a des gens qui disent, par ailleurs, il faut augmenter les salaires.
11:54Mais à mon avis, c'est une façon de fuir le débat.
11:56Comment le système, justement, doit évoluer
11:58pour ne pas avoir laissé faire cette diminution des salaires
12:04ou cette croissance financière ?
12:05Comment il permet sa pérennisation parce qu'il agit sur les entreprises ?
12:08Il entre dans une autre relation avec les entreprises.
12:10Nous ne sommes pas contre les entreprises, en tout cas pour ma part,
12:13mais nous sommes contre leur domination par les objectifs du grand capital et de la finance.
12:18C'est des vieux mots, mais c'est vrai, le grand capital.
12:20Ça existe.
12:21Je l'ai vu, je l'ai rencontré.
12:24La fois où je l'ai dit au CESE, il y avait un grand capital qui était en face de
12:27moi
12:27et là, vraiment, j'ai senti que ça existe.
12:29Et vous, vous le savez quand vous les rencontrez, les syndicalistes.
12:31Troisièmement, il faut des services publics nouveaux
12:34et des institutions de sécurisation.
12:36C'est très important, ne serait-ce que pour organiser les transitions de départ
12:39et l'entrée des jeunes.
12:40Parce qu'on nous dit, on veut faire travailler plus longtemps,
12:45mais on va en fait mettre au chômage, comme on parle des gens.
12:48Quatrièmement, une question de démocratie qui est fondamentale,
12:50et j'en ai parlé avec le fait de retirer le débat sur les recettes aux syndicats.
12:54C'est quand même une question, un coup de force antidémocratique profond.
12:58Et cinquièmement, il faut unifier le système.
13:00Il est déjà universel.
13:01Il y aura, je pense, une intervention là-dessus.
13:05Contrairement à ce qu'ils disent, ils touchent tout le monde.
13:06Mais il faut une unification.
13:08Eux, ils nous parlent de l'uniformisation.
13:10Et on peut discuter des uniformes d'ailleurs.
13:12Mais en tout cas, quand il y a des inégalités,
13:14ce n'est pas une uniformisation qu'il faut.
13:16C'est au contraire, contrecarrer des inégalités
13:19dans une unification vers le haut, ce que nous disons.
13:22Et puis nous élargissons aux questions européennes
13:23et aux questions, effectivement, de dépassement de la société capitaliste, comme je l'ai dit.
13:28Nous parlerons des suites tout à l'heure.
13:30J'en ai dit il y a quelques mots, mais je préfère me taire maintenant.
13:34Alors à qui la parole d'entre vous ?
13:35Peut-être à Denis qui est le plus pressé.
13:37Et mon propos, c'était de développer un peu ce que Frédéric vient de signaler.
13:41En particulier, ce paragraphe de l'appel
13:44qui commence par un intitulé
13:46« Entrer dans une autre relation avec les entreprises,
13:49avec par exemple un système de modulation des taux de cotisation ».
13:51L'idée est d'essayer d'apporter au mouvement des arguments
13:57dans le débat sur le financement d'une alternative à la réforme Macron.
14:02Parce que, d'un côté, on entend le gouvernement lever les bras haussiers
14:05en disant « Mais vous ne vous rendez pas compte, c'est affreux.
14:11La sécurité sociale est au bord du gouffre.
14:13Il faut absolument bloquer les dépenses de retraite à 14% du PIB.
14:17Sinon, le système va s'effondrer », ce qui est faux.
14:19Et donc, des économistes, des spécialistes du sujet
14:27qui répondent immédiatement que tout ça n'est pas exact,
14:30qu'il y a des dépenses à équilibrer,
14:33mais que l'ampleur du problème n'est pas telle que justifie
14:37qu'on casse le système aujourd'hui,
14:38comme la réforme Macron est en train d'essayer de le faire.
14:41et qu'il y a d'ailleurs des réserves.
14:43Alors, on cite toute une série de réserves des différentes caisses de retraite,
14:49la CADES qui va arrêter de pomper des ressources.
14:53On fait des estimations jusqu'à 150 milliards d'euros.
14:56Mais le problème, c'est qu'il est double.
14:58C'est que 150 milliards d'euros, une fois, c'est bien,
15:02mais il faut pouvoir gérer le système pendant des années,
15:05jusqu'à très longtemps.
15:07Et deuxièmement, nous ne voulons pas seulement maintenir le système tel qu'il est.
15:11Il y a des revendications syndicales qui sont sur la table.
15:14La retraite à 60 ans, avec 75% du dernier salaire,
15:17le salaire de pension en dessous du SMIC,
15:19tout ça, ça coûte forcément de l'argent.
15:20Il faut bien aller le prendre quelque part.
15:22Et pour ça, évidemment, il faut aller plus profondément, simplement,
15:25que de la tuyauterie dans les différentes ressources existantes de la sécurité sociale.
15:29Et donc, nous, on a essayé, à l'économie politique de...
15:32Alors, c'est vraiment très embryonnaire.
15:36Je ne prétends pas du tout, aujourd'hui, présenter un chiffrage.
15:39Mais on a essayé de réfléchir à ce que ce sera une certaine cohérence
15:42de l'ensemble des dispositifs qu'on pourrait prendre
15:46dans l'hypothèse où ce que nous disons,
15:48c'est-à-dire faire émerger une nouvelle logique de gestion des entreprises
15:53axée sur la réponse aux exigences sociales et écologiques,
15:57et pas à la même occasion,
15:59qu'est-ce que ça pourrait donner en termes d'ordre de grandeur
16:01par rapport à ce que représente l'économie française aujourd'hui
16:05et à la place de la protection sociale dans cette économie.
16:08Alors, la réponse fondamentale, elle est connue,
16:12c'est qu'il y a des gains de productivité dans notre économie
16:16et qui vont continuer, probablement,
16:17même si l'avenir est très incertain, même sur ce plan-là aussi.
16:21Alors, on sait que le corps prévoit que le rapport nombre d'actifs
16:26sur nombre de retraités par rapport à nombre d'actifs
16:29va augmenter d'un tiers d'ici à 2040.
16:35Entre 2000 et 2040, pour être plus précis.
16:38Mais dans le même temps, le même rapport du corps prévoit
16:40une augmentation du PIB en volume
16:48de 60% au moins et probablement davantage.
16:51Ça veut donc dire qu'on va créer assez de richesses
16:53pour répondre à l'augmentation du nombre de retraités
16:56par rapport au nombre d'actifs.
16:58Comptablement, le problème, c'est que ce n'est pas ça
16:59qui est en train de se passer.
17:01Et ça n'est pas en train de se passer parce qu'il y a des forces,
17:04qu'on a les forces du capital, qui s'y opposent.
17:06Et c'est tout le sens de la réforme de Macron
17:08qui veut bloquer la part des dépenses de retraite
17:11à 14% du PIB, quoi qu'il arrive,
17:13quel que soit le nombre de retraités, etc.
17:15Donc, priver la population française,
17:17et en particulier les retraités,
17:19des gains de productivité à venir.
17:21Et donc, nous, notre idée, c'est que précisément,
17:24c'est à ça qu'il faudrait s'attaquer.
17:26Donc, il s'agit vraiment de libérer les entreprises
17:28d'une domination qui est celle des critères de gestion capitaliste.
17:32Alors, parce qu'aujourd'hui, quand il y a des gains de productivité
17:35dans une grande entreprise, liée aux nouvelles technologies,
17:37la réponse de la direction, du capital,
17:40c'est de dire aux employés dont le travail est censément supprimé
17:44parce que des machines peuvent le faire à leur place,
17:47pour simplifier exagérément le discours,
17:50c'est de dire à ces salariés,
17:51allez voir sur le marché du travail si vous êtes employable.
17:54Et en attendant, vous serez chauveur.
17:55Donc, c'est ça que nous n'acceptons pas,
17:56et que la société française accepte de moins en moins.
17:59Et donc, nous, nous voulons imaginer
18:01une autre type de croissance de la productivité,
18:04une autre façon de produire.
18:05Donc, l'image qui est devenue populaire,
18:08c'est de dire qu'on veut une plus grosse part de gâteaux pour les retraites,
18:10mais c'est possible,
18:11mais il faut quand même un gâteau plus gros,
18:13parce qu'il faut aussi une plus grosse part pour la santé,
18:16pour l'éducation, pour la recherche, etc.
18:17Mais si on fait une plus grosse part comme ça,
18:19si on changeait la recette du gâteau,
18:21non seulement on n'arrivera pas à faire un gâteau plus gros,
18:23mais en plus, il sera indigeste, empoisonné,
18:26socialement, écologiquement, etc.
18:27Donc, on veut d'autres critères de gestion des entreprises.
18:30Et pour ça, on compte beaucoup sur la mobilisation sociale,
18:33et celle qui est en cours, à mon sens, en fait partie.
18:36Mais il faudrait, bien sûr, aller sur une échelle beaucoup plus vaste
18:39et dans l'ensemble du tissu social.
18:43Et d'autre part, on a évidemment des propositions de politique économique,
18:46des outils d'intervention.
18:48Dont ceux qui sont évoqués, sans être détaillés dans la paire,
18:54en particulier, pénaliser l'activité financière des entreprises
18:57en exerçant un prélément sur les revenus financiers
19:00perçus par les entreprises,
19:02et moduler les cotisations sociales
19:04pour inciter les entreprises à prendre des décisions
19:06qui ne sacrifient pas l'emploi, les salaires,
19:09la capacité à répondre à des besoins sociaux,
19:12mais qui, à l'inverse, fassent reculer la domination des capitales.
19:16— L'UGIC, t'es partie prenante de cet appel,
19:18parce que nous considérons que, notamment en période de mobilisation,
19:23l'articulation entre les forces sociales et les forces politiques
19:25est fondamentale, parce que la façon dont Macron veut verrouiller les choses
19:31et ancrer le fatalisme dans les têtes,
19:33c'est justement de dire qu'il n'y a pas d'alternative.
19:35Et donc on sait que c'est ce logiciel qui nous est proposé depuis Thatcher
19:38et que Macron en est la conséquence ultime.
19:40Donc la question des alternatives, elle est déterminante,
19:43justement, pour amplifier le rapport de force
19:45et déverrouiller les choses dans les têtes.
19:49Et puis vous dire que le travail d'unité qui a été fait des forces de gauche
19:54est très utile et nécessaire,
19:57et qu'on espère qu'il sera amplifié dans la durée,
20:00notamment à l'occasion de la bataille parlementaire qui s'annonce.
20:04Deuxième chose, on l'a vu, la stratégie de Macron,
20:08elle a reposé essentiellement sur la stratégie des égoïsmes,
20:12à penser qu'il pourrait se débarrasser de cette mobilisation
20:15à travers des clauses du grand-père par-ci par-là
20:18ou des négociations catégorielles.
20:19Ce qui a mis en échec cette stratégie de l'égoïsme,
20:22c'est justement que ce qui est repoussé,
20:25ce qui est rejeté dans cette réforme,
20:27c'est un projet de société qui n'a plus aucun sens aujourd'hui.
20:29C'est le projet de société que le Premier ministre a été obligé de dévoiler
20:32et d'assumer clairement en disant « il va falloir travailler plus longtemps »,
20:36eh bien, désolé.
20:37À l'heure actuelle, alors que nous sommes au moment
20:40où nous vivons une révolution technologique majeure,
20:43avec la révolution numérique,
20:44que l'automatisation est partout à l'œuvre,
20:48avec des risques très importants,
20:50et d'ailleurs, ce n'est pas que des risques,
20:51on le vit dans le concret,
20:52des suppressions d'emplois massives,
20:54dès lors qu'il n'y a pas de réduction collective du temps de travail.
20:57Imposer encore un allongement du temps de travail,
21:00ça n'a aucun sens.
21:02Imposer encore un allongement du temps de travail à l'heure
21:04où nous sommes dans un contexte de défi environnemental très fort,
21:08ça n'a aucun sens.
21:09Imposer encore un allongement du temps de travail
21:11alors que les jeunes ont un accès à l'emploi toujours plus tardif,
21:16et qu'à 60 ans, les 60-64 ans sont seulement un tiers à être en emploi,
21:23qu'il y a un énorme problème de chômage des seniors,
21:25tout simplement parce que les entreprises n'en veulent pas,
21:27ça n'a aucun sens.
21:28Et je finirai par ça.
21:30Allonger la durée du temps de travail
21:33quand on prétend faire de l'égalité femmes-hommes
21:36une grande cause nationale,
21:37c'est un non-sens total.
21:39Pourquoi ?
21:40Parce que quand on se place, comme la CGT,
21:42dans une perspective féministe,
21:44on pense au contraire
21:45que pour gagner l'égalité entre les femmes et les hommes,
21:48il faut baisser le temps de travail de toutes et tous.
21:51Le temps de travail des femmes
21:52est encore bien différent du temps de travail des hommes
21:54parce que les tâches domestiques,
21:56vous savez qu'elles sont assumées à 80% par les femmes.
21:58C'est ce qui explique que les durées de carrière
22:01sont plus faibles pour les femmes que pour les hommes.
22:03Aujourd'hui, il y a 40% des femmes
22:05qui liquident leur retraite avec une carrière incomplète.
22:07C'est pour ça que la promesse des 1 000 euros minimum de pension
22:12pour les femmes, c'est vraiment de nous prendre pour des quiches
22:14puisque c'est conditionné au fait d'avoir une carrière complète
22:17et que justement, les femmes n'ont pas de carrière complète
22:19du fait des interruptions pour enfants.
22:21Et donc, toute réforme des retraites
22:24qui vise à allonger encore les durées de travail
22:27est défavorable pour tout le monde,
22:29mais particulièrement pour les femmes
22:30qui ont des carrières plus courtes.
22:31Et donc, nous, nous disons, dans un horizon féministe,
22:34est-ce qu'il faut dire et imposer aux femmes et aux hommes
22:38de travailler toujours plus longtemps
22:39ou est-ce qu'il faut réduire la durée collective du temps de travail
22:42pour permettre aux femmes de travailler un peu plus,
22:45lutter contre le sous-emploi, les temps partiels
22:47et le fait qu'un certain nombre de femmes
22:51soient contraintes de cesser leur carrière
22:52pour s'occuper des enfants,
22:53et de l'autre côté, permettre aux hommes de travailler moins
22:57pour pouvoir avoir un vrai partage domestique des tâches.
23:00Donc, nous pensons que dans un horizon féministe,
23:02il faut bien sûr réduire le temps de travail
23:05sur la carrière tout entière,
23:06mais aussi, bien sûr, sur l'année et sur la semaine.
23:11Et puis, deuxième chose centrale
23:13qui est refusée dans ce projet de société,
23:16c'est le déclassement généralisé qu'on nous propose.
23:18Parce qu'à travers le discours sur les prétendus favorisés
23:21et l'alignement de tout le monde, l'égalité, etc.,
23:25c'est bien sûr un alignement vers le bas,
23:27et pire que ça, on l'a démontré,
23:29et je pense que là, on a réussi à convaincre,
23:31même s'il y a encore un travail à faire
23:33sur les salariés du privé,
23:35que c'était réussir à tirer encore vers le bas
23:39celles et ceux qui sont déjà au niveau le plus bas
23:41en termes de droits et de garanties collectives.
23:42Il suffit, encore une fois, de reprendre l'exemple des femmes.
23:45On a fait la démonstration que,
23:46contrairement au discours du gouvernement,
23:48les femmes seraient les grandes perdantes de la réforme,
23:50alors qu'elles sont déjà les grandes perdantes du système actuel,
23:53puisque les écarts de pension sont de 40%.
23:55Donc réussir à tirer encore leur situation vers le bas,
23:58il faut être champion,
23:59et c'est ce que le gouvernement a réussi.
24:01Donc un projet de déclassement généralisé
24:03et de sacrifice des jeunes générations.
24:05L'argumentation qui a été celle du gouvernement,
24:08qui est quand même très intéressante à analyser,
24:10alors c'est vrai que c'est le nouveau monde,
24:12Macron, donc il y a une forme nouvelle d'argumentation,
24:16et en tout cas ils sont très bons dans la communication,
24:18et ce qui est intéressant,
24:19c'est que justement,
24:20ils n'ont pas insisté,
24:21comme aurait pu le faire à la droite,
24:23et comme ils le font un petit peu maintenant avec Édouard Philippe,
24:25ils n'ont pas insisté et mis au centre de leur argumentaire
24:28la question des financements.
24:30Ils n'ont jamais dit,
24:32la mine contrite,
24:33on ne peut plus financer,
24:34alors ils le disent maintenant un petit peu
24:35avec cette histoire d'âge pivot, etc.,
24:37mais depuis deux ans,
24:38ça n'est que justice,
24:40équité,
24:41cette réforme va être plus juste,
24:43elle va permettre
24:46de grands progrès de l'égalité femmes-hommes,
24:48de grands progrès pour les carrières heurtées.
24:51Alors bien sûr,
24:52je pense que dans cette salle,
24:53et au-delà,
24:54on sait tous que ce sont des éléments de langage,
24:58et c'est même l'inverse de ce qu'ils font,
24:59ce qui est parfois à se frapper la tête contre les murs,
25:02quand on les entend dire
25:03les carrières heurtées vont être favorisées,
25:06alors que justement,
25:06ils prennent toutes les carrières,
25:08et plus le meilleur,
25:09et que donc,
25:09tout ce qui permet le lissage des mauvaises périodes
25:12n'existe plus dans cette réforme,
25:14quand ils osent dire
25:15que du coup,
25:16ça va favoriser les carrières heurtées,
25:18on se frappe la tête contre les murs,
25:19parce que c'est l'inverse qui se passe.
25:21Alors ils le disent
25:21parce qu'il y a un tout petit bout
25:23de la réforme qui va permettre effectivement,
25:25quand on fait quelques heures par-ci par-là,
25:27d'avoir quelques microscopiques points
25:29et quelques microscopiques droits à la retraite,
25:31mais tout ce qu'ils font
25:33concourt à augmenter au contraire
25:36la précarité et la précarisation
25:37des déjà plus précaires.
25:39Mais en tout cas,
25:40ce qui est intéressant,
25:41c'est vraiment cet argument
25:43sur la justice et l'équité,
25:44finalement,
25:45moi je pense,
25:46et nous pensons,
25:47que ça vient du fait que
25:48dire aujourd'hui,
25:49on ne peut plus financer,
25:51on n'a pas les moyens, etc.,
25:52ben finalement,
25:53on a un peu gagné idéologiquement,
25:55en tout cas,
25:55moi j'ai envie de le croire,
25:56et ce ne sont plus des arguments
25:58qui fonctionnent.
25:59Le fait de dire
26:00« il va falloir absolument
26:02travailler plus »,
26:03etc.,
26:03ils le disent encore
26:04et ça fonctionne encore,
26:05mais je pense
26:06qu'il contourne
26:08cette difficulté,
26:09et à nous,
26:10de fait,
26:11de poser la question du financement,
26:13de dire
26:13« la vraie question,
26:14c'est celle du financement »
26:15et de les mettre
26:16face à leurs responsabilités
26:17et de dévoiler
26:18leur vrai projet
26:19qui est effectivement
26:20de reculer l'âge de la retraite
26:22et de supprimer des droits.
26:25Je voudrais très rapidement,
26:27parce que les arguments sont connus,
26:28mais réinsister sur le fait que,
26:30donc,
26:31quand je disais
26:31« les gens se sont saisis du projet »,
26:33c'est vraiment
26:34en tant que projet de société.
26:36Et effectivement,
26:37il y a eu aussi
26:37une tentative de division
26:39et de dire
26:40« ce sont des intérêts catégoriels
26:41que défendent les uns,
26:42les unes et les autres »
26:43dans ce combat.
26:44Et il y a notamment
26:45la question des enseignants,
26:47sur laquelle,
26:48dans la FSU,
26:49Première Fédération
26:49dans l'éducation nationale,
26:51nous,
26:52on a toujours dit
26:53qu'il y avait
26:53un sujet de revalorisation,
26:54mais d'abord,
26:55il concerne l'ensemble
26:55des personnels
26:56et pas que les enseignants.
26:57Et ensuite,
26:58effectivement,
26:58est-ce que les promesses
27:00n'engagent que ceux
27:01qui les croient
27:01et donc la revalorisation future,
27:03pour l'instant,
27:04on est quand même
27:05très dubitatif.
27:06Mais ce qui est intéressant aussi,
27:07au-delà de ça,
27:08c'est que
27:09pourquoi les enseignants,
27:11en fait ?
27:11Parce que
27:13dans d'autres corps
27:14de la fonction publique,
27:16on a gelé
27:17les salaires
27:18pour toute la fonction publique
27:19et on a traité
27:21la question
27:21des éventuelles revalorisations
27:23à coup de prime
27:24pour les uns
27:25mais pas pour les autres,
27:26à coup de prime
27:27ici mais pas là,
27:29à coup de prime
27:29parce qu'on se refuse
27:30à requalifier les postes,
27:32donc on se refuse
27:33à payer correctement
27:35les salariés
27:36de la fonction publique
27:37et donc
27:37on a revalorisé
27:39à coup de prime
27:40dans certains endroits seulement
27:41et il n'y a pas que
27:43les enseignants
27:43qui bénéficient
27:44de peu d'indemnités
27:45mais ça a été
27:46une méthode de gestion
27:48aussi dans la fonction publique
27:49et donc aujourd'hui
27:50le gouvernement dit
27:51la réforme des retraites
27:53regardez,
27:53c'est une opportunité formidable
27:55pour redessiner tout ça,
27:57pour imposer
27:58y compris
27:59à ceux
27:59qui ont peu d'indemnités
28:00et à ceux
28:01avec qui on peut
28:03un peu moins
28:03que les autres
28:04manier la carotte
28:05et le bâton
28:05leur dire l'an prochain
28:07attention
28:07si vous ne vous comportez pas bien
28:09si vous faites trop grève
28:10etc
28:10la prime vous ne l'aurez pas
28:11si vous n'acceptez pas
28:13la tâche supplémentaire
28:14que je vous impose ici
28:14ou là
28:15la prime vous ne l'aurez pas
28:16et bien
28:17aujourd'hui
28:18ce qui est sur la table
28:19en fait
28:19quand on dit
28:20les enseignants
28:20ça va être que des primes
28:21et quand nous les syndicats
28:22on dit plus
28:23de ne pas être tangible
28:25sous forme de prime
28:26ça ne va pas
28:26ce n'est pas par position de principe
28:28ce n'est pas une position idéologique
28:30c'est que justement
28:31ça renvoie
28:32à toute une conception
28:33de la fonction publique
28:34ou ce qui est
28:35le coeur
28:36de la rémunération
28:37d'un fonctionnaire
28:38c'est
28:38le salaire statutaire
28:41dans une grille
28:42dans le cadre
28:42d'une grille de salaire
28:43et on voit là
28:44qu'il y a
28:45à travers la réforme
28:46des retraites
28:47une volonté aussi
28:47d'imposer autre chose
28:48sur les fonctionnaires
28:50notamment
28:50pour les autres salariés aussi
28:51mais sur les fonctionnaires
28:52spécifiquement
28:53parce que
28:53cette idée de progression
28:55dans une grille
28:56avec les 6 derniers mois
28:57où on a effectivement
28:59les meilleurs salaires
28:59et qui servent de base
29:00au calcul de la pension
29:02et bien cette idée
29:03elle ne va pas
29:04parce que
29:05effectivement
29:06progresser tranquillement
29:06dans une grille
29:07et laisser tranquillement
29:08les gens faire leur travail
29:09ça c'est insupportable
29:11au nouveau monde
29:12de Macron
29:12c'est à dire
29:13effectivement
29:15pour Macron
29:15c'est de la routine
29:16c'est des gens
29:17qui s'enferment
29:17dans des routines
29:18etc
29:18et donc il faut les manager
29:19à coup de prime
29:21mais encore une fois
29:22on peut leur donner un coup
29:22on peut ne plus leur donner
29:23etc
29:24et donc il y a tout un ensemble
29:25là d'un puzzle
29:26effectivement
29:26qui se met en place
29:27sans vouloir dire
29:28que tout est dans tout
29:29mais malgré tout
29:30il y a aussi
29:31tout un projet de société
29:32et toute une conception
29:33du statut
29:34et on l'a vu aussi
29:35à l'occasion
29:35de la loi de la transformation
29:36de la fonction publique
29:38cette réforme
29:39elle est effectivement
29:41négative pour tout le monde
29:42parce que
29:43je disais
29:44les 6 derniers mois
29:44dans la fonction publique
29:45les 25 meilleures années
29:46ça devrait être
29:47les 10 meilleures
29:48mais pour nous
29:49ce qui est important
29:51et là aussi
29:51c'est pas une position idéologique
29:52c'est pas
29:53le système par points
29:54ce serait mauvais
29:54parce que
29:55juste parce qu'il serait nouveau
29:57et parce que ce serait autre chose
29:57c'est qu'aujourd'hui
29:59on a un système
30:00qui permet de calculer
30:01des pensions
30:02selon un meilleur salaire
30:04et c'est l'idée
30:05qu'un retraité
30:06il doit bénéficier
30:07du salaire
30:07d'une continuation
30:09de son traitement
30:10d'une continuation
30:11de sa rémunération
30:12qui correspond
30:13au meilleur niveau
30:14qu'il a atteint
30:14parce qu'une fois
30:16qu'il est retraité
30:16il doit pouvoir continuer
30:17à exercer sa vie
30:19de citoyen
30:19et on doit reconnaître
30:21la société doit reconnaître
30:22parce qu'il a cotisé
30:23qu'il a des droits
30:24au niveau du meilleur
30:25qu'il avait atteint
30:26durant sa vie active
30:27et ça
30:28ça disparaît
30:29complètement
30:30dans le système par points
30:31les points
30:32c'est plus des droits
30:32un euro cotisé
30:33donne les mêmes droits
30:34mais on ne dit pas lesquels
30:35quel droit on donne
30:37rien n'est dit là-dessus
30:37ça peut être 50%
30:3975%
30:4025% de votre dernier salaire
30:41on n'en sait plus rien
30:42et surtout ça peut varier
30:43tout le temps
30:43et donc effectivement
30:44c'est une réforme
30:46qui va engendrer
30:47une incertitude totale
30:49sur le montant des pensions
30:51imagine une seconde
30:52que si ce projet de loi
30:53est validé par le conseil
30:53du ministre 24
30:55ensuite
30:55lorsqu'il passe au parlement
30:56nous restions à tonnes
30:58c'est même pas envisageable
30:59pour moi
31:00je ne sais pas ce que ça sera
31:01est-ce que ce sera
31:01une nouvelle tendance
31:02de grève
31:03est-ce que ce sera
31:03des moyens
31:04l'encerclement de l'assemblée
31:05les saisines des députés
31:07des sénateurs
31:07peu me chaud
31:08je crois qu'à toutes
31:09et je crois que nous en sommes
31:10convaincus
31:11le mouvement
31:12il doit
31:13et il va continuer
31:14même s'il prend
31:15une coloration différente
31:16et nous avons des semaines
31:17devant nous là-dessus
31:18et moi je crois
31:19que nous avons encore besoin
31:20de labourer et d'irriguer
31:22je pense que
31:23un
31:24d'abord parce qu'il y a encore
31:25des gens qui ne sont pas convaincus
31:26la bataille idéologique
31:27est telle
31:27qu'il y a encore des gens
31:29et ils sont nombreux
31:29qui ne sont pas convaincus
31:31que cette contre-réforme
31:32va être un désastre
31:34et deux
31:35parce que probablement
31:36nous avons aussi un débat
31:37à voir sur l'utilité de la grève
31:39l'utilité de s'engager
31:40etc
31:40à un certain nombre de gens
31:42on le voit bien quand même
31:43dans la fonction publique
31:44où le soutien à la sympathie
31:46sur notre mouvement
31:47est certainement aussi fort
31:48que dans la population générale
31:49en revanche
31:50on n'arrive pas à voir
31:5160 ou 70% de grévistes
31:53ou 80% de grévistes
31:54fussent sur les journées
31:55et les temps forts
31:55donc ça veut dire
31:56qu'il y a probablement
31:57beaucoup de gens
31:57qui se posent des questions
31:59sur l'utilité de s'engager
32:00pourquoi, comment,
32:01qu'est-ce qu'on va gagner etc
32:02moi je crois qu'on a besoin
32:03de labourer, d'irriguer là-dessus
32:04et on peut le faire
32:05et je crois que, je voulais finir là-dessus
32:07c'est tout l'intérêt me semble-t-il
32:09de l'appel et de la réunion d'aujourd'hui
32:10c'est que je crois
32:11c'est de pouvoir justement
32:13être un des outils
32:14par le sol évidemment
32:15c'est pas l'ambition de cet appel
32:17mais être un des outils
32:18avec ces prolongements
32:19qui va permettre justement
32:21que ce mouvement continue
32:22et qu'il s'élargisse
32:23et qu'il s'élargisse
32:24par la conviction qu'on va gagner
32:26et c'est pourquoi
32:27moi je m'inscris
32:28quand je dis moi
32:28à la CGT Foussuit
32:29qu'on s'inscrit complètement
32:30dans ce qui est aujourd'hui
32:32mais demain
32:33nous sommes favorables aux assises
32:34à toutes les initiatives
32:35y compris déclinées dans les territoires
32:37parce que je crois
32:38qu'il va falloir aussi réfléchir
32:40à des déclinaisons territoriales
32:42et de proximité
32:42nous on s'inscrira résolument dedans
32:44et juste dernier point
32:45je pense en plus
32:46cet appel à le mérite
32:48je l'ai dit lors de la table ronde de l'IMA
32:50mais je le crois fondamentalement
32:51dans le respect de ce que nous sommes chacun
32:54moi je suis syndicaliste
32:55j'ai un mandat de la CGT etc
32:58et j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux
32:59mais je ne suis pas moi dans l'idée
33:01qu'il y aura des frontières absolument étanches
33:03et qu'il ferait que jamais
33:04on ne se parle avec les associations
33:06avec les mouvements politiques
33:07et je crois que cet appel
33:08c'est un des mérites
33:09qu'il a potentiellement
33:10de pouvoir poser de manière nouvelle
33:13de manière nouvelle
33:14le rapport entre toutes ces forces de progrès
33:16que nous représentons les uns les autres
33:18je crois
33:18moi je ne suis pas du tout
33:20pour revenir 20 ans ou 30 ans en arrière
33:22sur il faut bien le dire
33:23quelques travers
33:24que nous avons connus
33:25parfois subis les uns les autres etc
33:27mais je crois par ailleurs
33:28que ça n'a pas dû conduire
33:29à considérer que les forces progressistes
33:31que les partis de gauche
33:32que les syndicats progressissent
33:34que les associations
33:35n'auront rien à faire ensemble
33:36ça serait terrible de dire ça
33:38et donc je crois que cet appel
33:39c'est aussi une possibilité
33:40de faire du nouveau ensemble
33:42mais de le faire ensemble
33:43parce qu'on voit bien
33:44ne serait-ce qu'un aspect
33:44nous avons besoin
33:45tous et toutes
33:47nous avons besoin
33:48d'une traduction politique
33:49à nos luttes
33:49et qu'aujourd'hui
33:50dans les conditions actuelles
33:52du gouvernement
33:53et d'Emmanuel Macron
33:54on a bien la difficulté majeure
33:55qui nous est posée
33:56tous les jours
33:57et donc je crois
33:58qu'il n'y a rien d'obscède
33:59ni de dépassée
33:59au contraire
34:00moi je le revendique
34:01que dans le respect
34:01de ce que nous sommes
34:02les uns et les autres
34:03nous puissions travailler ensemble
34:05à comment encore une fois
34:06faire valoir
34:07une société alternative
34:09de Provan
34:09Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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