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  • il y a 8 heures
Les syndicats ont établi une liste de six revendications à laquelle Sébastien Lecornu n’a pour l’heure pas donné suite : « l’abandon de l’ensemble du projet de budget », « la justice fiscale, avec la mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus, et contraignent le versement des dividendes » ; « la conditionnalité sociale et environnementale des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises privées » ; « des moyens budgétaires à la hauteur pour les services publics » ; « l’abandon du recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans » et « des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation ».

On fait le point sur la journée de mobilisation du 2 octobre avec Aurélien Soucheyre, chef de la rubrique politique et Cyprien Boganda, chef de la rubrique « Capital/Travail ».

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Transcription
00:00On va parler aujourd'hui de la grande mobilisation sociale, aujourd'hui le 2 octobre, c'est la 3ème, après
00:04le 10 et le 18 septembre,
00:05donc pour la justice fiscale, pour la justice sociale, à l'appel de l'intersyndical et contre les mesures qui
00:11étaient celles de François Bayrou,
00:13mais qui n'est plus Premier ministre, puisqu'il n'a pas obtenu son vote de confiance.
00:15Désormais, c'est le corps nu, il joue la montre, même s'il a fait quelques annonces, on va en
00:19parler.
00:20Déjà, pour commencer, Cyprien Boganda, tu es chef de service Capital Travail, tu viens de devenir, félicitations.
00:26Où est-ce qu'on en est à la mi-journée, sur cette mobilisation du 2 octobre ?
00:33Salut Aurélien, ce qu'on peut dire pour l'instant, c'est que c'est évidemment en recul par rapport
00:38à la dernière journée,
00:40qui était celle du 18 septembre, comme tu l'as dit.
00:43Les chiffres qui nous remontent, là, c'est qu'il y a quand même moins de monde dans les cortèges,
00:47a priori.
00:49Le taux de grévis est un peu plus faible aussi que la dernière fois.
00:53Après, ce n'est pas très étonnant, dans la mesure où, il faut quand même se rappeler que la mobilisation
00:56du 18 septembre,
00:57en fait, elle a été inespérée, enfin, c'est un succès inespéré pour les syndicats.
01:01Comme le rappelle, un excellent article, est-ce que je vais pouvoir vous le...
01:06Oui, en fait, c'est cet article-là.
01:11Non, ce n'est pas ça.
01:12Et voilà.
01:14Un excellent article publié dans les colonnes de Lima, écrit par Naïm Saki.
01:19Ici, en fait, quand on regarde au cours des 10, 15 dernières années,
01:21toutes les fois où les syndicats ont réussi à rassembler un million de personnes dans les rues,
01:26puisque c'était le cas le 18, en fait, c'était très souvent contre des réformes des retraites.
01:31Parce qu'en France, la réforme des retraites, en général, c'est ce qui fédère le plus contre elle,
01:35puisque tout le monde est concerné.
01:37Or là, ce qu'il faut quand même souligner, c'est que le 18, il n'y avait ni réforme
01:40des retraites,
01:40ni réforme du tout, d'ailleurs,
01:41puisque la mesure qui avait été annoncée par François Bayrou l'été dernier
01:47et qui a le plus énervé les gens, c'était de laisser cette proposition de supprimer deux jours fériés.
01:52Or, trois jours avant la mobilisation du 18, Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre,
01:55avait dit « ne vous inquiétez pas, je laisse tomber cette mesure ».
01:57Et les gens sont quand même sortis.
01:59Et les gens sont quand même sortis.
02:00Donc ça dit quelque chose quand même du niveau de colère sociale dans le pays,
02:02mais il faut quand même souligner que faire descendre beaucoup de gens dans la rue,
02:06quand il n'y a ni réforme, puisqu'il n'y en a pas encore,
02:09ni même gouvernement, puisque le gouvernement n'est toujours pas nommé,
02:12c'est extrêmement difficile.
02:13Donc les résultats, la journée d'aujourd'hui, finalement, ce n'est pas très étonnant.
02:18Quel est l'objectif de l'intersyndical ?
02:20Tu l'as dit, ce n'est pas très étonnant qu'il y ait un petit recul par rapport au
02:2318,
02:23mais leur but, c'est que ce soit une étape parmi d'autres aujourd'hui
02:26et d'ancrer le mouvement dans le temps et dans la profondeur,
02:30sachant que même si, tu l'as dit, Bayrou est tombé,
02:33même si la mesure des jours fériés est tombée,
02:35l'objectif, c'est d'être contre un budget aussi d'austérité,
02:38de cas des services publics, un budget qui consacre une fois de plus
02:41l'injustice fiscale et l'injustice sociale.
02:43Oui, c'est ça.
02:44Quand on regarde un peu les revendications de l'intersyndical aujourd'hui,
02:48en gros, les grandes revendications, c'est l'abandon de la réforme de 2023,
02:51tu sais, qui reculait l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans
02:54et qui avait mobilisé vraiment tout le pays contre elle à l'époque.
02:58C'est l'abandon du projet de doublement des franchises médicales.
03:00Donc les franchises médicales, c'est ce qu'on paye sur les boîtes de médicaments,
03:03c'est ce que tout le monde paye en fait à chaque fois qu'il achète une boîte de médicaments
03:06qui n'est pas remboursée par la Sécu.
03:08L'abandon aussi des suppressions de postes des fonctionnaires
03:13et puis la taxation des gros patrimones.
03:16Il y a toute une polémique en France depuis plusieurs semaines
03:19autour de la taxe Zucman qui consiste à essayer de taxer.
03:23On en parlera.
03:23Donc voilà, ça fait partie des grandes revendications de l'intersyndicale.
03:30D'ailleurs, aujourd'hui, Sébastien Lecornu, le Premier ministre,
03:34qui jusque-là jouait la montre, a fait des annonces.
03:38Il a fait plusieurs annonces, on va en parler.
03:40Il a dit sur la réforme de la retraite, j'y reviens pas.
03:42Sur l'âge de départ légal, il n'y reviendra pas.
03:44Peut-être qu'on peut remettre la caméra habituelle pour changer d'article ensuite.
03:50Sur les retraites, il a dit je ne change rien.
03:53Par contre, il a annoncé une petite hausse des retraites pour les femmes.
03:57En fait, il a annoncé quelques petites mesures.
04:01Il y a effectivement ce que tu dis, qui serait une amélioration.
04:04C'est toujours bon à prendre, évidemment, pour les syndicats,
04:06mais ce n'est pas considérable.
04:09Une petite amélioration pour les retraites des femmes.
04:12Il a dit aussi qu'il est hors de question de mettre en place
04:19et de faire revenir à l'ISF un impôt de solidarité sur la fortune
04:24qui avait été supprimé par Macron.
04:28En revanche, ce qu'il a dit, c'est assez marrant quand tu regardes,
04:31c'est qu'il essaie de faire un peu du neuf avec du vieux.
04:33Donc, a priori, ça pourrait en tout cas être le grand retour
04:36de la défiscalisation des heures supplémentaires,
04:38qui était une mesure qui avait été prise sous Nicolas Sarkozy il y a longtemps.
04:41Le retour aussi de la prime Macron, première mouture.
04:45et puis, peut-être une baisse de l'impôt sur le revenu
04:47pour les couples payés au SMIC.
04:50En sachant quand même qu'il y a beaucoup de couples payés au SMIC
04:52qui, de fait, ne payent pas d'impôt sur le revenu
04:54dès lors qu'ils ont des enfants.
04:56Donc, de ce qui semble se dessiner là,
04:57je ne vois pas bien comment ces mesures-là
04:58pourraient vraiment satisfaire et la gauche et les syndicats.
05:01Ça paraît quand même très très en deçà de ce qu'ils demandent.
05:03Et donc, pour en parler plus en détail,
05:06la défiscalisation, ils disent des charges patronales,
05:09mais non, on a des cotisations.
05:11Des cotisations, évidemment, mais non pas des charges.
05:13Sur les heures supplémentaires, en quoi c'est un problème, selon toi ?
05:16Le problème en France, en fait, il y a une bataille idéologique
05:19autour du travail en France.
05:20C'est-à-dire qu'à la droite et les libéraux nous expliquent
05:22que le problème, c'est qu'on ne travaille pas assez longtemps,
05:26alors que la gauche et les syndicats ont tendance à dire
05:29que la question, ce n'est pas de savoir combien de temps on travaille,
05:31c'est surtout que tout le monde travaille.
05:32Aujourd'hui, en France, le vrai problème,
05:33ce n'est pas qu'on ne travaille pas assez au cours d'une semaine,
05:35c'est qu'il n'y a pas assez de gens qui travaillent.
05:37Donc l'idée d'y fiscaliser les heures supplémentaires,
05:39c'est rentrer dans une logique très libérale
05:40qui consiste en gros à permettre à des gens
05:43qui sont déjà dans l'emploi de gagner un peu plus d'argent,
05:46alors qu'il y a quand même des millions de personnes
05:48qui n'ont pas de travail.
05:49Donc à mon avis, c'est prendre le problème à l'envers.
05:52Donc à la fois, ça bouche l'accès à l'emploi
05:54de personnes qui sont sans emploi,
05:55et de l'autre, ça fait perdre des recettes
05:57de cotisations sociales pour financer notre modèle social.
05:59Exactement, parce que ça crée un manque à gagner pour l'État
06:01qui sera obligé de le compenser,
06:02mais c'est effectivement autant d'argent
06:04qu'il ne pourra pas investir ailleurs.
06:05Et le retour à la prime Macron,
06:07qu'il appelait la prime de partage de la valeur ?
06:09Oui, c'est pareil.
06:12L'objectif du gouvernement,
06:13et globalement de tous les gouvernements libéraux,
06:15c'est de faire des gestes en faveur du pouvoir d'achat,
06:17mais sans contraindre les employeurs à augmenter les salaires.
06:21Donc tout ce qui reste dans la logique des primes,
06:23typiquement de la prime Macron,
06:24c'est au beau vouloir de l'employeur.
06:25C'est lui qui décide d'attribuer une prime,
06:28ce qu'ils appellent une prime de partage de la valeur ajoutée
06:31à la fin de l'année,
06:32qui effectivement est intéressant parce que c'est défiscalisé,
06:35mais ce n'est pas du salaire.
06:36L'idée, c'est que c'est vraiment,
06:37il ne faut surtout pas contraindre l'employeur à augmenter les salaires.
06:40Donc ça ne donne pas des droits pour la vie,
06:42notamment la retraite.
06:43Ça ne donne pas des droits pour la retraite, effectivement.
06:44Et puis encore une fois,
06:44c'est au beau vouloir de l'employeur,
06:46il peut tout à fait décider de ne pas le faire.
06:48Et donc tu l'as dit,
06:48il y a une baisse d'impôt annoncée,
06:50on ne sait pas quelle ampleur pour les couples au SMIC.
06:51Ça concerne en fait très peu de personnes
06:53puisque la plupart des couples au SMIC déjà ne payent pas forcément.
06:56Il faudrait vraiment avoir les chiffres globaux
06:59pour savoir exactement qu'est-ce que ça va concerner.
07:00Mais tout ce qu'on peut dire aujourd'hui,
07:02c'est que ce sera largement insuffisant
07:03pour répondre aux problèmes du pouvoir d'achat.
07:05Mais ça, ça répond en partie à ce que demande la gauche
07:08puisque la gauche,
07:10même si aujourd'hui le nouveau populaire
07:12n'est plus une coalition aussi soudée qu'elle l'était
07:14il y a quelques mois,
07:16dans le programme du NFP,
07:17dans le programme de quasiment tous les partis de gauche,
07:19il y a l'idée de baisser les impôts sur le revenu
07:21pour les plus modestes,
07:23pour les personnes au SMIC,
07:24en fait pour toutes les personnes
07:24qui sont en dessous de 4 000 euros de mémoire
07:26et de l'augmenter avec différentes tranches pour les autres.
07:29Et donc la justice fiscale,
07:30ce n'est pas seulement baisser l'impôt sur les plus modestes,
07:33c'est l'augmenter pour les autres.
07:35Et donc augmenter pour les autres,
07:36il y a la proposition de Tach Zuckman,
07:38là tu l'as dit,
07:39le cornu dit non,
07:39et il propose autre chose à la place.
07:41Il propose d'augmenter la CSG
07:43sur les revenus du patrimoine
07:45et des placements financiers d'un point,
07:46enfin non, ça c'est le PS qui propose,
07:48d'augmenter d'un point,
07:49de 9,2% à 10,2%,
07:51et le cornu propose de l'augmenter de 0,5 point,
07:54donc une petite hausse de la CSG
07:57sur les revenus du patrimoine
07:59et des placements financiers.
08:00Oui c'est ça,
08:00donc la CSG c'est la contribution sociale généralisée,
08:03et c'est en fait tout le monde paye la CSG grosso modo,
08:06et l'idée là ce serait effectivement d'augmenter
08:08très légèrement, tu l'as dit, cette CSG,
08:10mais en ciblant les hauts patrimoines.
08:12Alors d'après les infos qui commencent à sortir,
08:15si jamais cette hausse devait avoir lieu,
08:17elle serait très très faible,
08:18je crois que même le parti socialiste avait chiffré sa hausse,
08:21et je crois qu'elle chiffrait le produit de cette hausse
08:23à 1,9 milliard d'euros je crois,
08:25donc on est quand même très très loin de ce que pourrait rapporter
08:26la taxe Zuckmann,
08:27donc c'est une taxe dont on parle un peu depuis tout à l'heure,
08:30donc le projet de Gabriel Zuckmann,
08:32qui est un économiste français extrêmement,
08:35enfin de plus en plus connu du coup,
08:36et qui lui a réfléchi à une manière de taxer
08:39les plus hauts patrimoines,
08:40donc en gros l'idée ce serait de taxer à hauteur de 2%
08:42tous les patrimoines situés au-dessus de 100 millions d'euros,
08:44donc ça concerne 1800 foyers fiscaux en France,
08:47donc c'est très peu de gens,
08:49mais malgré ça,
08:51ça a suscité une espèce de bronca complètement hallucinante
08:54de tous les plus riches,
08:56et pas seulement,
08:57mais la taxe Zuckmann,
08:58le produit de cette taxe,
08:59ça pourrait aller jusqu'à 15 ou 20 milliards d'euros,
09:02il y a des estimations qui varient,
09:04les plus pessimistes disent que ça ne fera pas plus de 5 milliards,
09:06mais les plus optimistes sont plutôt autour de 15 milliards,
09:09donc là,
09:10ce qu'on peut dire,
09:10c'est que les quelques mesurées proposées par Sébastien Lecornu
09:14seraient très très loin du compte,
09:15en tout cas de ce que réclame la gauche.
09:17Sachant qu'en réalité,
09:19il faudrait aller beaucoup plus loin que la taxe Zuckmann,
09:21l'obtenir puis aller beaucoup plus loin,
09:22et s'il y a une telle bronca contre la taxe Zuckmann,
09:25ce n'est pas tant parce qu'elle va prendre 20 milliards aux plus riches,
09:29parce qu'à la limite,
09:30sur l'ensemble des riches concernés,
09:32ce n'est pas grand-chose.
09:33En fait, ce qu'ils ont peur,
09:34c'est que ça vient toucher le patrimoine.
09:36C'est ça qu'ils ont peur,
09:37qu'il y ait un pied dans la porte qui soit mis de ce point de vue-là,
09:40et que derrière,
09:41il y ait une volonté d'aller taxer encore plus le patrimoine,
09:43sachant que le patrimoine aujourd'hui
09:45est le lieu principal des inégalités en France,
09:48devant les revenus,
09:49puisqu'il y a un transfert des richesses du revenu vers le patrimoine,
09:52et du coup, des inégalités qui sont complètement enracinées,
09:56puisqu'elles se font au-delà du salaire et du revenu,
09:58mais elles se font dès la naissance
09:59avec des patrimoines par français
10:01qui sont très, très, très différents.
10:03Oui, c'est ça.
10:04En fait, plus vous êtes riche,
10:06et plus vous avez une grosse proportion de votre revenu,
10:08qui dépend non pas de votre salaire,
10:10mais des revenus du capital,
10:11notamment des actions et du patrimoine que vous possédez.
10:14Donc c'est vrai que c'est à la fois très inégalitaire,
10:16puisque comme tu l'as dit,
10:17le patrimoine est très, très mal réparti en France, évidemment,
10:21mais c'est aussi très inique fiscalement,
10:25parce qu'en fait, grosso modo,
10:26pour aller vite, le patrimoine est moins taxé que le travail en France,
10:29pour plein de raisons,
10:30qui tiennent à la fois au fonctionnement de notre système fiscal,
10:33et puis aussi à la défiscalisation que pratiquent les plus riches.
10:36Donc c'est vrai qu'on a un système fiscal
10:38qui est finalement assez inégalitaire,
10:40et tu disais tout à l'heure,
10:41l'une des solutions, ce serait
10:42d'augmenter la progressivité de l'impôt sur le revenu,
10:46de faire en sorte que les gens qui gagnent beaucoup d'argent
10:47en payent plus que ce qu'ils payent aujourd'hui,
10:49mais aussi de taxer, évidemment, le patrimoine,
10:52sauf que le patronat et une partie de la bourgeoisie
10:54ne veulent absolument pas en entendre parler.
10:55Donc il y a une vraie bataille, en fait, idéologique
10:58autour de cette question-là.
11:00Une vraie bataille de l'impôt.
11:01D'ailleurs, tout ça arrive alors que cette mobilisation du 2 octobre
11:04intervient dans un calendrier politique assez chargé,
11:07puisque Sébastien Lecornu doit normalement annoncer
11:09son gouvernement ce week-end,
11:11ou en tout cas avant sa déclaration de politique générale,
11:14qui doit intervenir la semaine prochaine.
11:15Donc on devrait savoir qui sont les nouveaux ministres
11:18ou qui sont les ministres renommés,
11:20puisqu'il y a beaucoup de ministres qui sont partis
11:22pour, malgré la démission de François Bayrou,
11:24malgré même la confiance en accordée par le Parlement,
11:27on est partis pour repartir globalement avec la même équipe
11:30et avec le même cap politique.
11:32C'est tout l'enjeu d'alors de la mobilisation sociale,
11:34d'imposer, de mettre une pression
11:36pour enfin obtenir un changement politique.
11:38Donc il y a Lecornu qui doit normalement la semaine prochaine
11:40faire son discours de politique générale,
11:42c'est-à-dire s'adresser aux députés
11:43et donner son cap politique.
11:46Pour l'instant, globalement,
11:48il fait la même chose que Barnier Bayrou,
11:49à peu de choses près.
11:50Donc à voir s'il pourra tenir
11:52et quel sera le niveau de colère
11:54et de refus dans le pays de ces politiques-là.
11:57Et par ailleurs, dans deux jours,
12:00c'est le 4 octobre,
12:01et c'est les 80 ans de la sécurité sociale
12:02qui est au cœur de cette bataille,
12:05enfin les 80 ans, je ne sais pas,
12:06mais en tout cas la sécurité sociale
12:07est au cœur de la bataille pour l'impôt,
12:09pour la cotisation sociale,
12:10pour le modèle social,
12:12et au cœur de la bataille
12:13entre ce que veut faire la Macronie
12:15qui veut casser notre modèle social
12:17et l'intersyndicale qui essaye de le défendre.
12:20Oui, tout à fait.
12:20Alors il y a plusieurs choses dans ce que tu as dit,
12:22il y aurait presque trois émissions à faire à chaque fois.
12:24Pour ce qui est du casting,
12:26j'avoue que tant c'est plus que moi,
12:27effectivement, je ne suis pas au courant
12:28des ministres qui vont être nommés.
12:30Ce qui est sûr, en tout cas,
12:31l'intersyndicale l'a vraiment redit,
12:32c'est qu'elle, ce qui l'intéresse,
12:33ce n'est pas tant le casting,
12:34c'est vraiment les politiques qui sont conduites.
12:36Il y a de fortes chances
12:37que même si Sébastien Lecornu
12:39décide d'aller un peu moins loin
12:40que ce que faisait François Bayrou,
12:42notamment sur le volume des économies
12:44qu'il veut réaliser,
12:45parce que François Bayrou,
12:45il était autour de 40 milliards,
12:47je crois, ou 44 milliards,
12:48je ne sais plus, d'économies,
12:49ce qui est absolument considérable.
12:50A priori, Lecornu n'ira peut-être pas aussi loin,
12:53mais il y aura forcément des économies.
12:55Pareil sur la réforme de l'assurance chômage,
12:57c'est vraiment un des vrais pommes de discorde
12:59entre le gouvernement et les syndicats,
13:01parce que François Bayrou, lui,
13:03avait annoncé une réforme
13:04de l'assurance chômage extrêmement violente.
13:06Quand on sait qu'il y a déjà eu
13:07beaucoup de réformes
13:08depuis l'arrivée au pouvoir de Macron en 2017,
13:09on n'a jamais autant réformé
13:10l'assurance chômage
13:11que depuis Emmanuel Macron.
13:12Et donc à chaque fois,
13:13c'est des tours de vis très importants
13:15qui concernent vraiment
13:16l'indemnisation des privés d'emploi.
13:18Et ça a des conséquences dévastatrices
13:20sur des centaines de milliers de personnes.
13:22Donc ça, là-dessus,
13:22a priori, il est possible
13:24que Lecornu n'aille pas aussi loin
13:25que ce que voulait faire Bayrou,
13:26c'est sûr.
13:28Mais on reste quand même toujours
13:29dans cette même logique libérale
13:30et qui consiste quand même aussi
13:32à punir quelque part
13:34les privés d'emploi,
13:34comme si c'était eux
13:35qui étaient responsables
13:35du sort, de leur sort.
13:38Donc voilà,
13:39l'intersyndicale, vraiment,
13:40ce qu'elle espère,
13:41c'est un changement radical de politique
13:43et pas uniquement
13:43quelques changements de casting.
13:46Et ensuite, pour la sécurité sociale,
13:48là, effectivement,
13:48on fait d'ailleurs une une
13:50dans le journal de demain
13:53sur les 80 ans.
13:55Et en fait, ce qui est intéressant,
13:56c'est que la Sécu,
13:57c'est qu'elle a toujours fait
13:58l'objet d'une bataille politique
14:00en fait depuis sa création
14:01jusqu'à aujourd'hui.
14:02Pourquoi ?
14:03Parce que derrière
14:04la question de la Sécu,
14:05en fait, c'est la question
14:06du rapport de force
14:07entre le travail et le capital.
14:08Et ce que cherchaient à faire
14:09les pères fondateurs de la Sécu
14:10en 1945 et puis un petit peu après,
14:12c'était de rééquilibrer,
14:13d'inverser ce rapport de force.
14:15Ce qui impliquait notamment
14:16par l'intermédiaire
14:16de la cotisation sociale
14:17de reprendre de l'argent
14:20finalement au patronat
14:21et leur distribuer
14:22sous forme d'allocations, etc.
14:24Mais c'est vrai que ça,
14:25cette question-là,
14:26elle est aujourd'hui centrale
14:27et d'ailleurs,
14:28Sébastien Lecornu
14:28l'a redit encore
14:29au syndicat il n'y a pas longtemps.
14:31Il a dit qu'il fallait absolument
14:32revoir notre modèle
14:33de financement
14:33de la Sécurité sociale
14:34parce qu'il considère
14:35que c'est un modèle
14:35qui repose trop
14:36sur le travail, évidemment.
14:38Toute la bataille en fait
14:39ce qu'essayent d'imposer les libéraux
14:40c'est de dire
14:41il faut arrêter de taxer
14:42le travail
14:42et de financer
14:43notre modèle social autrement
14:45notamment par l'intermédiaire
14:46de la TVA.
14:47C'est évidemment extrêmement
14:48inégalitaire puisqu'il faut le rappeler
14:50la TVA c'est l'impôt
14:51le plus inégalitaire de tous
14:52parce que tout le monde le paye
14:53et quelque part
14:54les plus pauvres
14:54le payent davantage
14:55le payent plus
14:55que les plus riches.
14:56Tout le monde le paye
14:56le même montant
14:58quand on achète
14:58ses oranges
15:00c'est le même montant
15:01pour tout le monde de TVA
15:02quel que soit ses revenus.
15:03Donc il y a vraiment
15:04une bataille idéologique
15:05au sens fort du terme
15:07en fait
15:07une bataille politique
15:08autour de la question
15:09de savoir comment est-ce
15:10qu'on finance
15:11la protection sociale
15:13est-ce qu'on continue
15:14à la faire financer
15:15par le travail ou pas.
15:17Tu parlais des efforts
15:18de l'effort
15:19de 40 milliards d'euros
15:20qu'avait annoncé
15:20François Bayrou
15:22avant de chuter.
15:24Là-dessus
15:25le Cornu a fait une annonce
15:26et il a dit
15:26qu'il allait reprendre
15:27le mode de calcul
15:28des efforts financiers
15:29qui existaient avant Barnier
15:30parce que Barnier
15:30avait changé
15:31la méthode de calcul
15:32et ce qui faisait
15:33gonfler l'effort
15:34et en fait
15:34en termes de com
15:35l'objectif de Barnier
15:37c'était de dire
15:38que bon
15:38imaginons
15:39dans l'ancien calcul
15:39j'annonce
15:40un effort de 20 milliards
15:41mais dans le nouveau
15:42ça fait 30.
15:44Et donc l'idée
15:45c'était de montrer
15:45de donner des gages
15:46à la droite
15:47de donner des gages
15:47à ceux qui disent
15:48il faut vraiment
15:49une purge
15:49il faut vraiment
15:50aller chercher
15:50des milliards
15:51il faut vraiment
15:52baisser la dépense publique
15:53alors que la dépense publique
15:55c'est des salaires
15:55pour les fonctionnaires
15:56c'est des services
15:57pour les français
15:58et c'est un circuit économique
16:00puisque les services publics
16:01c'est de l'emploi induit
16:03la dépense publique
16:03c'est l'emploi du canton
16:04baisse par exemple
16:05la dépense publique
16:06sur les communes
16:07donc c'est des services
16:08publics en moins
16:09c'est des gens
16:09moins bien payés
16:10mais c'est aussi
16:10par exemple
16:12toute une activité économique
16:13de gens qui vont
16:14rénover des écoles
16:15d'entreprises
16:16qui vont rénover la voirie
16:17d'entreprises
16:17qui vont installer
16:18la fibre
16:19etc.
16:19donc plus tu réduis
16:21la dépense publique
16:22plus tu réduis
16:23plus tu réduis
16:23l'activité économique
16:25non mais c'est extrêmement
16:26pervers
16:26parce que comme tu le dis
16:27plus tu réduis
16:27la dépense publique
16:28plus tu réduis
16:29l'activité économique
16:29et donc plus tu réduis
16:30quelque part
16:31la recette fiscale
16:32donc finalement
16:32tu augmentes le déficit
16:33alors que tu fais
16:34semblant d'essayer
16:35de le réduire
16:36et sous couvert
16:37de bonne gestion annoncée
16:39tu vas droit
16:40dans le mur
16:40de la récession
16:41c'est ça
16:42mais si on pourrait
16:43faire une émission
16:44là dessus
16:44non mais derrière ça
16:45en fait la question
16:45c'est la question
16:46de la dette publique
16:48c'est à dire
16:48qu'en France aujourd'hui
16:49on a une dette publique
16:50de 3300 milliards d'euros
16:51donc c'est vrai
16:51que c'est beaucoup
16:53il s'agit pas de dire
16:53que c'est rien
16:54d'ailleurs personne
16:54même à gauche
16:55n'explique que
16:56c'est une dette publique
16:57tout le monde s'en fiche
16:57et qu'on pourrait
16:58comme ça continuer
16:58à s'endetter indéfiniment
17:00mais les deux questions
17:01absolument centrales
17:02c'est de savoir
17:02qu'est-ce que tu fais
17:03de cet endettement
17:04quel type de politique
17:06tu finances
17:06et puis si jamais
17:07tu décides de le réduire
17:08comment est-ce que
17:09tu t'y prends
17:10et le problème
17:10des libéraux
17:11et de ce gouvernement
17:12en particulier
17:13c'est que
17:13leur obsession
17:18alors même
17:19que tu l'as rappelé
17:19il y a des risques
17:21surtout quand on est
17:21dans une période
17:22de quasi récession
17:23en tout cas
17:24une période
17:24de grosse instabilité économique
17:26c'est sûr
17:27que faire ce que veut
17:30faire le gouvernement
17:30c'est à dire
17:31couper drastiquement
17:32dans les dépenses publiques
17:34ça aura très certainement
17:35un effet récessif
17:36c'est à dire
17:36que ça risque
17:37effectivement
17:37de casser encore
17:39un peu plus
17:39la croissance
17:39qui n'est déjà
17:40pas très folichonne
17:42et donc au final
17:43de produire
17:44des effets économiques
17:45extrêmement néfastes
17:46alors qu'au lieu
17:47de baisser la dépense publique
17:48le chemin proposé
17:49par la gauche
17:49c'est d'aller chercher
17:50des recettes
17:51notamment avec la taxe
17:52Zuckman
17:52mais aussi en remettant
17:53le niveau des cotisations sociales
17:55au niveau qu'elles étaient
17:56avant Emmanuel Macron
17:57parce qu'Emmanuel Macron
17:57a organisé le déficit
17:58de la sécu
17:59en faisant un transfert
18:00des cotisations sociales
18:01en supprimant des cotisations
18:03donc derrière
18:04il y a des trous
18:04pour les retraites
18:05pour les hôpitaux
18:06pour tout ce qui concerne
18:06la sécurité sociale
18:07et donc on est en plein
18:08dans la bataille
18:09des 80 ans de la sécu
18:11on l'évoquait
18:11sachant que tout à l'heure
18:12tu parlais de la sécu
18:13qui est financée en France
18:15parce qu'en Angleterre
18:15il y a un autre modèle
18:16de beverage
18:17en France
18:18c'est financé
18:19sur le travail
18:20sur le capital
18:21et sur le travail
18:23sachant que le travail
18:24n'a jamais autant rapporté
18:26depuis qu'on travaille
18:28les richesses créées en France
18:30n'ont jamais été aussi importantes
18:31et on n'arrive pas
18:33et enfin apparemment
18:34le gouvernement
18:34n'arrive pas
18:35à mieux
18:35à répartir
18:37de façon digne
18:38et juste
18:39c'est ça
18:39c'est mesurer
18:41à quel point
18:41le vol
18:42et le rap
18:42t'es organisé
18:43c'est toujours une question
18:44de volonté politique
18:45évidemment qu'on pourrait
18:46si on voulait
18:47redistribuer cette richesse
18:48autrement
18:48mais il n'y a absolument
18:49aucune volonté
18:49au sein du gouvernement
18:50de le faire
18:53et du coup
18:54on va voir ce que vont donner
18:55ces mobilisations
18:56si elles vont s'ancrer
18:56dans la durée
18:57si elles vont se poursuivre
18:58on va voir ce que
18:59ce que va annoncer
19:00Sébastien Lecornu
19:01il est vraiment parti
19:03j'ai l'impression
19:03pour ne rien lâcher
19:05les petites concessions
19:07au parti socialiste
19:08sur la hausse de la CAG
19:09je ne pense pas
19:10que ça va valoir
19:11enfin il y a peu de chances
19:12que ça va aller non censure
19:13vu l'ensemble
19:13de ce qu'il propose
19:15et des mesures budgétaires
19:16qu'il propose
19:16et là ce qui est en train
19:17de se passer à l'Assemblée nationale
19:18aussi
19:19et tout ça est en lien
19:20c'est que
19:21très vraisemblablement
19:23Lecornu
19:23comme Bayrou
19:24et comme Barnier avant lui
19:26vont dealer
19:27enfin vont devoir leur survie
19:28au Rassemblement national
19:29et à l'extrême droite
19:31et l'extrême droite
19:32d'ailleurs c'est assez
19:32assez hallucinant
19:33comment
19:34à la fois
19:35elle prétend vouloir
19:36des plus hauts salaires
19:37elle prétend vouloir
19:39plus de justice sociale
19:40plus de justice fiscale
19:41elle prétend vouloir
19:43défendre les français
19:44les plus modestes
19:45et en même temps
19:46elle organise
19:47le maintien
19:49des politiques macronistes
19:50à l'Assemblée nationale
19:50là hier ce qui s'est passé
19:51c'est que
19:52les macronistes
19:53ont voté
19:54pour donner
19:55deux postes de vice-président
19:56de l'Assemblée
19:57au Rassemblement national
19:58aujourd'hui ce qui est possible
19:59de se passer
19:59c'est que l'extrême droite
20:01va rendre l'appareil
20:02à la Macronie
20:04s'ils y arrivent
20:04en retirant
20:06des présidences
20:06de commission
20:07à la gauche
20:08que par exemple
20:09Aurélie Trouvé
20:10qui est députée insoumise
20:12est présidente
20:12de la commission
20:13des affaires économiques
20:14visiblement
20:15les macronistes
20:15sont en train
20:16de dealer avec le RN
20:16pour la dégager
20:18et en tout état de cause
20:19on est en train de voir
20:20que même si c'est pas
20:21lumineux
20:22dans l'esprit
20:23de tous dans le pays
20:23il y a une alliance
20:24objective
20:25entre l'extrême droite
20:26et la Macronie
20:26pour maintenir
20:27les politiques
20:29macronistes
20:29et injustes
20:30alors que le NFP
20:31qui était arrivé en tête
20:32du deuxième tour
20:33des législatives
20:34est privé de gouverner
20:35et est privé
20:36d'augmenter le SMIC
20:37d'abroger la réforme
20:38des retraites
20:40d'augmenter les recettes
20:42fiscales
20:43sur les plus riches
20:44évidemment
20:44ce que tu décris
20:45c'est ce qui se passe
20:46dans tous les pays
20:47où l'extrême droite
20:48arrive au pouvoir
20:49je dis pas que l'extrême droite
20:50est arrivée au pouvoir
20:50en France
20:50mais en gros la logique
20:51c'est toujours un peu pareil
20:52c'est que l'extrême droite
20:53se fait élire
20:54grâce aux voix des ouvriers
20:55et grâce à un discours
20:56extrêmement social
20:57et puis une fois
20:58qu'elle arrive au pouvoir
20:58elle s'empresse
20:59de faire une politique
21:00qui sert avant tout
21:00les intérêts des possédants
21:01c'est un peu ce qu'on voit
21:02un peu partout dans le monde
21:03que ce soit en Amérique latine
21:04ou en Europe
21:05et le RN finalement en France
21:07c'est pas tellement différent
21:08de ces partis politiques là
21:09il y a eu tout un effort
21:10qui a été fait
21:11pour
21:13je sais pas comment dire
21:15gauchiser le discours
21:16sur le plan économique
21:17et social
21:18parce qu'il faut rappeler
21:18que l'extrême droite
21:19dans les années 80
21:20tu sais à l'époque
21:20où c'était Jean-Marie Le Pen
21:21avait un discours
21:22qui était néolibéral
21:23en fait en économie
21:25c'était quasiment
21:26du riganisme
21:27ou du tachérisme
21:28quand on écoutait
21:29Jean-Marie Le Pen
21:30et puis il y a quelques années
21:31l'extrême droite
21:31s'est rendu compte
21:32que si elle voulait vraiment
21:34élargir son socle électoral
21:35et essayer de gagner des voix
21:36dans l'électorat populaire
21:37il fallait absolument
21:38changer son fusil d'épaule
21:39ou en tout cas
21:39dans la forme
21:40et donc c'est vrai
21:40qu'il y a eu
21:41une tentative
21:43de produire
21:44un discours plus social
21:45avec comme ça
21:46des propositions
21:47qui sont faites
21:48mais on sait pas très bien
21:49d'ailleurs en général
21:49comment est-ce que
21:50tout ça est financé
21:51mais on se rend compte
21:52que quand il s'agit ensuite
21:53de voter vraiment concrètement
21:54à l'Assemblée nationale
21:55très souvent
21:55là on le voit
21:56depuis plusieurs mois
21:57l'extrême droite
21:58a plutôt tendance
21:59à voler au secours
22:00des plus riches
22:01et des libéraux
22:02plutôt que évidemment
22:03de soutenir
22:03des propositions
22:04vraiment de gauche
22:05on l'a vu sur la taxe
22:06enfin voilà
22:06sur la fiscalité
22:07des plus riches
22:08encore récemment
22:09sur l'ISF
22:09ils ont été contre
22:10le rétablissement
22:11de l'ISF
22:12et on voit
22:13qu'ils se rapprochent
22:13ils essaient de se rapprocher
22:14de plus en plus
22:15du MEDEF
22:15et du patronat
22:16dans une course
22:16un peu au sérieux
22:17et à la légitimité
22:18comme si la rigueur
22:20budgétaire
22:20comme si l'austérité
22:21c'était le chemin
22:22des gens raisonnables
22:23alors que c'est tout l'inverse
22:25et en trahison
22:26avec une partie
22:26de leurs promesses
22:28électorales
22:28même si c'est pas forcément
22:29les promesses programmatiques
22:31en tout cas
22:31l'esprit
22:31de ce qu'ils prétendent défendre
22:34tout à fait
22:34et on voit même d'ailleurs
22:36que le patronat
22:36n'est pas insensible
22:37à ces appels du pied
22:38puisque visiblement
22:39moi j'ai discuté
22:40avec un certain nombre
22:41de dirigeants
22:42ou de représentants
22:43patronaux
22:43qui expliquent très bien
22:45que dans le cadre
22:47d'un second tour
22:47par exemple
22:48de la présidentielle
22:49entre quelqu'un de gauche
22:51comme Jean-Luc Mélenchon
22:53et puis Jordan Mardella
22:55ou Marine Le Pen
22:55ils hésiteraient sans
22:56enfin ils voteraient
22:57sans aucun scrupule
22:58pour Marine Le Pen
22:59ou pour Jordan Mardella
23:00moi j'ai des dirigeants
23:01patronaux qui me l'ont dit
23:02tu vois
23:02donc ça veut dire
23:03qu'aujourd'hui
23:04et encore une fois
23:05c'est souvent le cas
23:05dans l'histoire
23:07le patronat
23:07ou le grand capital
23:08pour parler comme
23:09un vieux marxiste
23:10c'est bien
23:11je sais qu'ici
23:12c'est pas gênant
23:14aura systématiquement
23:15tendance à choisir
23:17l'extrême droite
23:18plutôt que
23:18plutôt que des politiques
23:19de gauche
23:19c'est la partie du patronat
23:21qui disait
23:23avant la seconde guerre mondiale
23:24plutôt Hitler
23:24que le front populaire
23:25c'est-à-dire plutôt
23:26l'extrême droite
23:27plutôt qu'un programme social
23:28qui vient répartir les richesses
23:30et on en revient là
23:31aux 80 ans de la sécu
23:32puisque au lendemain
23:32la seconde guerre mondiale
23:33donc la sécurité sociale
23:34a été créée
23:35avec l'idée marxiste
23:36et fondamentale
23:37pour moi
23:37c'est une conquête
23:38civilisationnelle
23:38incroyable
23:39que chacun cotise
23:40selon ses moyens
23:41et ensuite
23:42est soigné
23:43et reçoit
23:43selon ses besoins
23:44que ce soit à l'hôpital
23:46au chômage
23:47ou dans la retraite
23:48même si
23:48c'est pas exactement fait
23:50de la même manière
23:50pour chacune des branches
23:51de la sécu
23:52mais l'idée
23:53qu'il y a un pot commun
23:54chacun donne selon ses moyens
23:55et chacun ensuite
23:58est soigné
23:58ou le reste
23:59selon ses moyens
24:00la sécu
24:01elle a été inventée
24:03pas uniquement
24:04en se disant
24:04que c'est juste
24:06même si c'est quand même
24:06un pilier de la sécurité sociale
24:07c'est de se dire
24:08qu'il est juste
24:09que ça fonctionne ainsi
24:09et que les gens
24:10ne soient plus
24:11dans la hantise
24:12de ne plus pouvoir travailler
24:13dans la hantise
24:14d'être au chômage
24:15dans la hantise
24:16de se blesser
24:17d'être malade
24:18et parce qu'à l'époque
24:18on ne pouvait pas
24:19payer les soins
24:19et si on était malade
24:20on ne pouvait pas travailler
24:21c'était toute une famille
24:21qui s'effondrait
24:22dans la pauvreté
24:23donc c'est pas uniquement
24:24parce que c'était
24:25plus juste
24:26c'était aussi parce que
24:28les gaullistes
24:28et les communistes
24:29qui ont rédigé ensemble
24:30et les résistants
24:30il y avait aussi
24:31des socialistes
24:31qui ont rédigé ensemble
24:32le programme
24:32Les jours heureux
24:33avaient analysé
24:34les causes profondes
24:35de la montée
24:35de l'extrême droite
24:36et de l'arrivée
24:37des fascistes
24:37et des nazis au pouvoir
24:38et ils avaient bien vu
24:39que la crise du capitalisme
24:41qui engendre
24:41de la pauvreté
24:42du désespoir social
24:43de la rancœur
24:45nourrit les fascistes
24:46et la sécurité sociale
24:47c'était l'idée
24:48que maintenant
24:48non seulement
24:49il y a la justice
24:50parce que la justice
24:51c'est bien
24:51mais il y a aussi la justice
24:53parce que la justice
24:55prémunit
24:55en fait
24:56empêche les gens
24:57enfin empêche
24:58les arnaqueurs
25:00d'extrême droite
25:00de séduire
25:02et de vendre la haine
25:04et de revenir au pouvoir
25:04Oui tout à fait
25:05c'est pour ça que j'encourage
25:07tout le monde
25:07à acheter l'humanité
25:08de demain
25:09qui revient sur
25:10toutes ces questions là
25:10Oui l'humanité de demain
25:11donc on revient sur
25:12les 80 ans de la sécu
25:13avec un papier que tu signes
25:14sur quelle serait
25:15une sécurité sociale
25:16du 21e siècle
25:17avec tous les défis
25:18que la sécurité sociale
25:19doit pouvoir
25:22relever complètement
25:23aujourd'hui
25:23que ce soit sur le soin
25:24sur les soins
25:25sur la retraite
25:25sur le chômage
25:26mais aussi d'autres défis
25:27que la sécurité sociale
25:28doit pouvoir relever
25:29soit sur la sécurité sociale
25:31alimentaire
25:31sur la sécurité sociale
25:34écologique
25:34il y a plein de choses
25:35à aller chercher
25:35il y a aussi un papier
25:36très intéressant
25:37de Christophe Deroubet
25:38sur comment ça fonctionne
25:39dans un pays
25:39sans sécurité sociale
25:40donc il raconte
25:42qu'aux Etats-Unis
25:42par exemple
25:43il y a des gens
25:44maintenant
25:44qui prennent des Uber
25:45pour aller se faire hospitaliser
25:46plutôt que des ambulances
25:47que des gens se font hospitaliser
25:49ils ne savent pas à la fin
25:50combien ça va leur coûter
25:52et des fois juste
25:52pour un examen bénin
25:53parce qu'ils ont mal au ventre
25:54finalement on leur dit
25:55bon bah vous avez rien
25:55mais par contre c'est 1500 dollars
25:57il explique comment
25:58il y a toute une bureaucratie capitaliste
26:00avec des mutuelles
26:01dans tous les sens
26:01et à la fin aux Etats-Unis
26:02les Etats-Unis payent plus
26:04en part de PIB
26:05en dépenses de santé
26:06que la France
26:07pour un accès aux soins
26:08moindre et plus injuste
26:09ça fait partie
26:10des grosses intox
26:11du débat public
26:12on nous rebat les oreilles
26:13sur l'idée qu'en France
26:14la sécurité sociale
26:15ça coûte cher
26:16mais en fait
26:16quand tu regardes le poids
26:17des dépenses privées
26:18dans le PIB
26:19tu te rends compte
26:19qu'aux Etats-Unis
26:20évidemment chacun
26:21paye beaucoup plus
26:22pour la santé
26:23que c'est le cas en France
26:24et pour une santé
26:25un excès à la santé
26:26qui est bien pris
26:27donc n'hésitez pas
26:28à acheter l'humanité
26:29demain
26:30poursuivre à la fois
26:31pour lire
26:32ce que ça a donné
26:32cette mobilisation
26:33du 2 octobre
26:33parce que là
26:34on vous donnait
26:34la situation
26:35à la mi-journée
26:36demain vous aurez
26:37la situation finale
26:39la vérité des prix
26:40la vérité des prix
26:41sur cette mobilisation
26:42et l'état d'esprit
26:43des syndicats
26:44et des adversaires
26:45de le corps nu
26:46pour la suite
26:46et il y a aussi
26:47ce dossier
26:48sur les 80 ans
26:49de la sécurité sociale
26:51merci beaucoup
26:51à toutes et à tous
26:52n'hésitez pas
26:52à aller sur l'humanité.fr
26:53et à vous abonner

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