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Transcription
00:00Une date de mobilisation de l'intersyndicale a été annoncée, il s'agit du jeudi 2 octobre.
00:05Les syndicats ont rencontré ce mercredi 24 septembre le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu
00:11et en sont ressortis à mer.
00:13Naïm, tu es journaliste au service social de l'humanité.
00:17Quels sont les premiers enseignements à tirer de cette rencontre tant attendue ?
00:23Déjà, il faut rappeler que cette rencontre faisait suite à l'ultimatum
00:27que l'intersyndicale avait fixé à Sébastien Lecornu au lendemain de la journée du 18 septembre
00:33qui avait vu plus d'un million de personnes défiler dans les rues de France.
00:36Donc l'intersyndicale cherche à tirer à son avantage dans ce contexte de question budgétaire
00:43puisque depuis le 15 juillet, il y a un budget de 44 milliards d'euros qui est sur la table
00:47avec des mesures absolument uniques comme une nouvelle réforme de l'assurance chômage,
00:52le doublement des franchises médicales, une année blanche, la suppression de 3000 postes de fonctionnaires
00:57et donc suite à la chute de François Béroux, les deux journées de mobilisation des 10 et 18 septembre,
01:06la France est dans l'inconnu et les syndicats essaient de tirer leur avantage.
01:09Donc la réponse à l'ultimatum fixée, c'est donc une rencontre aujourd'hui avec Sébastien Lecornu, Premier ministre,
01:18en présence quand même, il faut le dire, de trois ministres démissionnaires qui ont pris la parole.
01:24Donc en fait, il y a quand même un jeu un peu bizarre puisque le gouvernement est tombé
01:28mais des ministres démissionnaires préparent toujours le budget.
01:31Tu peux toujours rappeler qui sont-ils ?
01:32Alors oui, c'est Laurent Marc-Angeli, ministre de la fonction publique,
01:35Catherine Vautrin qui est en charge d'un super ministère de la santé et du travail
01:39et Astrid Ponos-Sambouvé qui est la ministre du travail et de l'emploi.
01:43Et donc en fait, il n'est absolument rien sorti de cette rencontre
01:46puisque selon les déclarations syndicales, Sébastien Lecornu s'accroche aux objectifs austéritaires
01:52et ne lâche du lest sur rien.
01:54Et donc Marie-Lise Léon, secrétaire générale de la CFDT, au nom de l'intersyndicale,
01:59des huit centrales syndicales du pays, a appelé une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre prochain.
02:04D'accord. Alors une nouvelle journée de mobilisation, sachant que la dernière du 18 avait rassemblé
02:09un peu plus d'un million de personnes dans la rue.
02:12Est-ce que tu peux nous rappeler cette intersyndicale qui reste...
02:16Est-ce qu'elle est toujours très unie déjà ?
02:18Et qui est autour de la table ce matin ?
02:21Alors oui, unis, oui, puisqu'ils sont arrivés ensemble et ils repartent ensemble.
02:26Et on voit bien le jeu de l'exécutif et d'une partie du patronat
02:31de vouloir tordre ce front syndical, arracher des centrales comme la CFDT
02:35pour proposer des accords et des compromis.
02:37Sauf qu'en face, l'exécutif est prêt à lâcher sur rien.
02:41Par exemple, Sophie Binet a rappelé à la sortie, donc la secrétaire générale de la CGT
02:44a annoncé à la sortie de cette rencontre que Sébastien Lecournu ne s'est engagé à rien
02:52sur la taxation des plus riches ou sur la conditionnalité des aides aux entreprises
02:56qui sont deux débats, enfin deux tensions dans la société qui s'expriment
03:01sur la question du partage des richesses.
03:05Donc les huit organisations syndicales étaient présentes,
03:09elles sont arrivées ensemble, elles sont reparties ensemble
03:11et ensemble les appellent à une journée d'action.
03:14Le 2, maintenant, il faut quand même voir le coup de force réussi
03:18le 18 septembre par intersyndical, parce qu'en définitive,
03:22l'intersyndical a mobilisé, selon la CGT, à 1,1 million de personnes dans la rue
03:27pour s'opposer à aucun texte officiellement sur la table.
03:30Il n'y a pas, comme en 2023, une réforme des retraites.
03:34Il y a un budget qui est tombé avec l'ancien Premier ministre
03:38et pour le moment le flou, le vide artistique.
03:41Il faut aussi dire un mot sur Sébastien Lecournu,
03:44qui avait promis une rupture et du dialogue.
03:47Au moment de vérité, en fait, c'est patouche à la politique de l'offre
03:52d'Emmanuel Macron, qui a d'un côté enrichi les plus riches
03:56et les grosses entreprises, et de l'autre, creusé le déficit,
03:59puisqu'Emmanuel Macron est responsable à lui seul
04:02du tiers du déficit de la France.
04:04D'accord. Alors, comme tu le disais, le 18,
04:071,1 million de personnes dans la rue, c'était un énorme...
04:11Voilà, un raz-de-marée.
04:13À quoi faut-il s'attendre pour cette nouvelle journée du jeudi 2 octobre ?
04:17Et quel va être l'enjeu pour que les syndicats réussissent leur pari ?
04:21Alors déjà, le 2 octobre, on commence à se rapprocher
04:24des dates légales où l'exécutif doit présenter son budget au Parlement.
04:29Donc on va vraiment avoir un mois d'octobre-novembre
04:32décisif dans le rapport de force.
04:34L'enjeu pour les syndicats, c'est de faire mieux.
04:37Ce qui va être compliqué, parce que c'était déjà une grosse réussite,
04:41faire mieux à la fois dans le nombre de personnes mobilisées dans la rue,
04:45mais faire mieux aussi sur les grèves.
04:47Il y a eu des grèves importantes à la RATP, à la SNCF,
04:50dans la fonction publique, chez les professeurs, dans les hospitaliers.
04:56Mais les syndicats, et notamment singulièrement la CGT, FSU et Solidaires,
05:00chercheront à amplifier ces taux de grève pour créer un rapport de force.
05:04Parce qu'on le voit, il y a un exécutif qui navigue à vue,
05:08qui est minoritaire et qui cherche à passer des compromis,
05:10enfin qui veut passer des compromis sans rien se compromettre de sa politique.
05:14Et de l'autre, on a un patronat qui se radicalise,
05:17puisque lui aussi n'entend pas participer davantage à l'effort national.
05:22Et donc voilà, les syndicats auront la tâche d'ancrer la grève
05:26sur l'ensemble du territoire et de réussir de plus grandes manifestations de rue.
05:31Alors tu parles du patronat, ça tombe bien.
05:38Sébastien Lecornu reçoit les représentants patronaux qui menacent eux aussi.
05:43Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
05:47Oui, il y a quand même un vent de panique qui se dégage du côté des possédants
05:53et de l'exécutif de la bourgeoisie, pour faire simple.
05:56C'est qu'ils nous dictent déjà, ça c'est une victoire de l'intersyndicale,
05:59ce n'est plus eux qui dictent l'agenda politique ou médiatique,
06:01c'est l'intersyndicale et le mouvement social.
06:04Et le mouvement social, il veut des comptes sur, d'un côté, le partage des richesses,
06:08et ça se matérialise par le débat autour de la taxe Zuckmann,
06:12et de l'autre côté sur les dépenses publiques qui aident les entreprises.
06:17Et ça, ça se matérialise par les 211 milliards d'aides publiques aux entreprises
06:22qui se sont versées chaque année, et le rapport parlementaire de Fabien Gué,
06:24et par ailleurs directeur de notre journal.
06:27Et on voit bien qu'il y a une crispation du côté du patronat,
06:32qui eux, ne veulent pas participer à l'effort collectif
06:35que l'ancien Premier ministre François Béroud avait appelé.
06:39Et cette panique prend des formes assez amusantes,
06:43puisqu'il y a deux semaines, Patrick Martin, le président du MEDEF,
06:47avait promis lui aussi une mobilisation des patrons
06:50en réponse à l'immobilisation de l'inter-syndicale.
06:52Donc c'est vrai qu'on peut voir, moi j'attends de voir une manifestation de patrons,
06:55déjà premièrement, qu'est-ce que ça va gêner dans le pays,
06:57et puis de voir le nombre de personnes qui sont en capacité de mettre dans la rue.
07:00Je pense que dans l'élévation du rapport de force des uns des autres,
07:03ça peut être intéressant à voir.
07:05Et maintenant, Patrick Martin souhaite faire un meeting
07:09pour dire qu'il ne faut pas taxer les puristes.
07:13Là encore, je pense que le témoignage de Bernard Ardault
07:16pourrait être intéressant à entendre.
07:18Alors tout à l'heure, tu nous expliquais qu'effectivement,
07:21les 1,1 million de personnes dans la rue,
07:24le 18 avait été, allait être un score assez difficile à battre, à dépasser.
07:30Ça va sûrement être aussi un des enjeux, au moins à maintenir.
07:33Quels sont les secteurs, selon toi, les secteurs professionnels,
07:36où on peut faire mieux,
07:39ou qui pourraient descendre dans la rue,
07:41et qui n'étaient pas là le 18, cet an dernier ?
07:44Bon, la question du rapport à la grève est très, très compliquée.
07:48Déjà, il faut...
07:49Et la séquence du 10 et du 18 a torse du bras,
07:52c'est-il est reçu qu'il y avait un bouton général,
07:54un bouton rouge sur le bureau des secrétaires généraux,
07:57le syndicat, d'appeler à la grève,
07:58et qu'il suffit de dégretter la grève générale pour qu'elle ait lieu.
08:01Non, ça dépend de sociologie militante,
08:03de rapport au travail,
08:04d'isolement du salarié face au patron,
08:06ça dépend de plein, plein de facteurs.
08:08Et on a une faiblesse dans le mouvement social,
08:11qui est la grève par procuration,
08:12où beaucoup de gens sont contre la réforme des retraites,
08:14mais regardent le cheminot et lui disent,
08:16allez, vas-y, va au charbon pour moi.
08:18Ça, ce schéma-là, il n'existe plus.
08:22Donc, il y a encore des secteurs dits stratégiques,
08:26comme l'énergie, d'ailleurs l'énergie,
08:27où il y a un mouvement de grève à l'impulsion de la CGT,
08:30qui a lieu depuis le 2 septembre.
08:32La santé, les transports, les éboueurs,
08:34qui sont en capacité d'impulser un mouvement social,
08:36mais on le voit par le coup de semence
08:41adressé par l'intersyndicat, le 18 et l'ultimatum,
08:43il n'y a aucune réponse en face.
08:45Et donc, c'est à charge de chacun et chacune,
08:47en fait, à s'organiser pour élever le rapport de force
08:50dans les entreprises.
08:52Merci Naïm pour tous tes éclaircissements.
08:56Et puis, on se retrouvera très vite
08:58pour vous donner de nouvelles informations
09:00sur ce mouvement.
09:02À très bientôt.

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