- il y a 10 heures
Contre l’austérité, pour l’abrogation de la réforme des retraites, des moyens pour les services publics, des mesures pour les salaires ou la justice fiscale… À l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires), une journée de grève et de manifestations d’ampleur est attendue ce jeudi après la première salve du mouvement « Bloquons tout » le 10 septembre.
À 12 heures, 450 000 manifestants ont été recensés par la CGT dans 95 rassemblements. Plus de 260 rassemblements et manifestations sont prévues ce jeudi à l’appel de l’intersyndical (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires). « La mobilisation est déjà un succès », a affirmé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet tandis que son homologue de la CFDT Marylise Léon estime que cette journée « lance un avertissement très clair à Sébastien Lecornu ».
Cyprien Caddeo et Stéphane Guérard, journalistes à l'Humanité, font le point.
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00:00Est-ce que la journée est réussie, on peut le dire ? Ça a pris, ça n'a pas pris
00:03?
00:03On peut compulser quelques chiffres ?
00:05Tout à fait, allons-y.
00:08Alors la CGT, elle, elle revendique pour le moment, à la mi-journée, 450 000 manifestants sur 95 rassemblements.
00:17Ça veut dire que sur la journée, là, il y en a à peu près 250 des rassemblements.
00:23Donc on n'est pas à la moitié de ce qui a été recensé sur tous les rassemblements de la
00:28journée.
00:28Donc on est déjà à 450 000 selon la CGT.
00:31Donc a priori, le million peut être atteint d'ici la fin de la journée.
00:39C'est marrant parce que si on reprend du coup les chiffres plutôt polices, là, on est sur un étiage
00:45qui est vraiment bien moindre.
00:48On est à 76 500 manifestants qui ont été comptés par la police, là aussi à la mi-journée.
00:55Mais c'est sur 476 actions.
00:59Donc ça montre aussi qu'il y a eu des manifestations qui ont été répertoriées par la CGT, des cortèges
01:07classiques, donc 250, ou alors des piquets de grève aussi classiques.
01:11Mais il y a aussi eu beaucoup d'actions en dehors de ces rendez-vous syndicaux classiques, des types de
01:21blocages.
01:22J'ai vu par exemple à Toulouse un truc marrant.
01:25Ils font la stratégie du canard pour bloquer la circulation sans vraiment la bloquer, mais en traversant très doucement.
01:35On traverse très doucement la rue et donc ça bloque un petit peu.
01:40Les flics, la police, au bout d'un moment, a verbalisé.
01:44Il y a quelques gens qui se sont pris une amende de 640 euros.
01:48Donc ce n'est pas négligeable.
01:50En tout cas, il y a toujours de la créativité dans le mouvement social.
01:54Il y a toujours de la répression, même contre les choses, à ses bons enfants.
01:57Alors là, oui, c'est bien sûr.
02:00Tu parlais tout à l'heure des chiffres et des écarts.
02:02Il y a des gens dans le chat qui ironisaient sur l'écart, notamment à Marseille, entre la préfecture qui
02:06annonce 13 000 personnes et la CGT qui annonce 120 000, je crois.
02:10Oui, c'est toujours le cas.
02:12Bon là, c'est Marseille.
02:14Peut-être qu'il y a des exagérations des deux côtés à Marseille, je ne sais pas.
02:18C'est toujours le cas.
02:19Après, ce serait intéressant de voir les chiffres à Paris.
02:22Parce qu'à Paris, ce n'est pas qu'une manif parisienne.
02:25Il y a grosso modo l'île de France qui s'est mobilisée le matin et qui, après, convergeait vers
02:32Bastille, entre Bastille et Nation.
02:33Peut-être que tu regardes des images, d'ailleurs, en parlant d'action, parce que là, effectivement, la manif s
02:37'élance.
02:38Mais avant la manif, notamment ce matin, c'était à Bercy.
02:41Oui, c'est ça, à Bercy.
02:42Donc, c'était les cheminots de Sud dans l'ensemble du ministère de l'Autonomie.
02:51C'était un petit groupe, mais...
02:53C'était un petit groupe qui a réussi à s'immiscer.
02:56Oui, c'est ça. Le symbole est quand même toujours...
02:59Je ne sais pas si c'est les cheminots ou alors c'est des solidaires finances publiques.
03:03Je crois que c'était les cheminots, mais j'ai un doute.
03:06Je ne veux pas dire de bêtises.
03:07En tout cas, comme ils le chantent, ils sont là.
03:09Oui, change, change, gilet jaune.
03:11On est là, toujours présent.
03:13Il y a des gilets jaunes, d'ailleurs, dans le cortège.
03:15Je vais vous montrer quelques images encore.
03:18Ça, c'est des images qui ont été prises à Nantes, je crois.
03:20Oui, c'est ça, à Nantes.
03:22Aujourd'hui, voilà.
03:25Donc, il y a du monde un peu partout, quand même.
03:27Oui, alors après, en regardant les images, on peut aussi voir les différentes couleurs syndicales.
03:33Qui sont bien toutes, elles, présentes.
03:35On voit le rouge de la CGT.
03:39On voit le orange de la CFDT qui est bien présent.
03:44Bon, après, il y a les couleurs bariolées de Sud.
03:47Mais là, la CFTC, les hommes en bleu.
03:50L'UNSA qui ne doit pas être très, très loin.
03:53Et ça, c'est vrai dans tous les cortèges en France.
03:57Ce qui donne une coloration un peu, un retour en arrière, un retour vers le futur.
04:03de 2023, avec des cortèges, là aussi, très fournis.
04:08Et puis, on dit souvent, de toute façon, ils mobilisent toujours leur base.
04:13Non, il y a aussi beaucoup, beaucoup de jeunes.
04:16Ce qui était un point intéressant du conflit sur les retraites de 2023,
04:22c'est que les jeunes étaient en nombre, notamment après l'utilisation du 49-3.
04:28Là, c'était sur une question, bon, les retraites, mais aussi une question sur la démocratie.
04:33bafouée.
04:34Donc là, on les retrouve.
04:36Ce qui corrobore un peu l'analyse que l'on a faite dans le journal du jour
04:43sur le fait que, finalement, on peut voir une continuité entre 2023.
04:50Aussi, 2023, bon, même s'il y a eu, finalement, ça s'est achevé sur l'échec avec le 49
04:57-3.
04:57Mais après, il y a eu une répercussion qui est le NFP qui a été, qui est arrivé en tête
05:03des élections de l'année dernière.
05:06Et puis là, hop, un nouveau rebond du mouvement social avec possiblement des répercussions politiques.
05:12Je mets l'article de Maxime.
05:14Oui, de Maxime qui joue.
05:16C'est ça, qui parle de cet acte 3.
05:18Oui, c'est assez important de dire qu'effectivement, c'est pas tant le jour 2 du 10 septembre
05:23que le jour 3 d'un mouvement social long qui prend ses racines dans la colère sur les retraites.
05:30Oui, et ce qui est intéressant dans le papier, ce qu'il dit, c'est...
05:33Alors, en 2023, parce que ce que je vous disais, c'est d'abord les syndicats sur les retraites,
05:38puis après, avec le 49-3, des jeunes qui se mobilisent.
05:42Et là, en fait, c'est un peu le...
05:43On reprend le mouvement de 2023, puisque là, pour le 10, il y a eu beaucoup, beaucoup de jeunes
05:51qui se sont mobilisées dans un mot d'ordre du bloc-ontout qui agrégeait pas mal de modes d'action.
06:01Et là, on retrouve à nouveau toute cette jeunesse et avec les syndicats.
06:05Donc voilà, c'est à noter, en tout cas, pour la journée.
06:09Alors après, j'ai une question à te poser qui est un peu négative, on va dire,
06:15mais c'est sur le...
06:16Précisément, les retraites.
06:18On dit que c'est un écho de l'intersyndical des retraites.
06:20Mais au moment des retraites, il y a eu beaucoup de déceptions,
06:23parce qu'Uniel Macron s'est complètement assis et sur le Parlement,
06:26puisqu'il y avait aussi une majorité contre sa loi au Parlement,
06:29et contre le pays, puisqu'il y avait une majorité dans le pays contre sa loi,
06:32et contre l'intersyndical qui était unie contre encore la réforme.
06:37Est-ce que ça, c'est...
06:39Comment dire ?
06:39Cette nature a démoralisé et a affaiblir, en fait, le mouvement social.
06:43C'est-à-dire qu'en fait, ça sert à rien de...
06:45Enfin, ça sert à rien.
06:47Il y a beaucoup de déceptions, quoi, et de lassitudes.
06:49Alors, même dès avant, comment dire, l'arrivée de...
06:55Enfin, la concrétisation de ce mouvement social,
06:57il y a eu quand même quelques gains.
06:59Bon, c'est pas...
07:01Enfin, il faut souligner que François Bayrou a sauté avant même le 10,
07:07que les deux jours fériés ont aussi sauté dans le projet de budget.
07:13Donc, il y a comme un contexte de recul du pouvoir en place.
07:18Et en fait, tout l'enjeu des syndicats, là, pour cette journée,
07:22mais a priori, il devrait y en avoir une autre.
07:25Alors, il reste à savoir à quelle date.
07:27Mais tout l'enjeu des syndicats, c'est justement de dégonfler au maximum,
07:32si ce n'est de l'anéantir totalement, le projet de budget austéritaire.
07:37Donc, c'est pousser son avantage pour mettre en difficulté le camp d'en face,
07:46qui lui-même est en difficulté, alors, parce qu'il y a la bataille de la rue,
07:51mais il y a la bataille des esprits.
07:52Et ça, il faut le souligner aussi.
07:54Il y a deux choses qui ont enfoncé un coin dans la doxa libérale.
07:58D'abord, le rapport sénatorial sur ce qui a décompté les aides publiques aux entreprises.
08:08Le chiffre de 211 milliards a fortement frappé les esprits
08:14sur le fait que, finalement, le premier budget de dépenses publiques,
08:19c'est le soutien aux entreprises.
08:21Un rapport signé par Fabien Gué, qui est par ailleurs directeur de l'Humanité,
08:24je le dis par transparence.
08:25Et oui, et vous pourrez retrouver aussi, il est passé par cette émission,
08:30et vous pourrez retrouver aussi tout son récit de cette commission,
08:34et c'est assez intéressant et assez rigolo.
08:38Donc, il y a ces 211 milliards qui ont mis en difficulté,
08:43je le dis, l'université de rentrée du MEDEF, la REF,
08:48et c'était vraiment en difficulté.
08:49Et puis, il y a le deuxième coin, c'est l'attaque Zuckman,
08:55qui montre que la droite, ni la droite, ni le MEDEF,
09:03ne sont prêts à lâcher sur la défense des ultra-riches.
09:08Parce que là, on parle d'un millier de contribuables,
09:12les gens qui ont 100 millions et plus de patrimoine.
09:16Donc, on est là, vraiment, sur la défense du cœur du capitalisme français.
09:23Et à ce propos, tu peux nous toucher un mot de l'appel à...
09:27Alors, je ne sais pas si c'est manifesté, mais se mobiliser,
09:29de Patrick Martin, qui dit, je vais mettre les patrons dans la rue,
09:32quand on l'attaque Zuckman.
09:32Là, c'est le chantage classique.
09:36C'est, d'une part, si vous mettez la taxe Zuckman, nous, on s'en va.
09:41Donc, ça, c'est ce qu'il a dit à l'université de rentrée du MEDEF.
09:45Et pourquoi pas en Italie, puisque l'Italie a mis en place un régime fiscal.
09:50Finalement, quand on regarde, ce n'est pas si intéressant pour les investisseurs.
09:55C'est plus intéressant pour les revues du retraité.
09:57Mais bon, voilà.
09:58Donc, ce n'est pas forcément son cœur de cible.
10:00Donc, il y a ça.
10:02Il y a les menaces.
10:03Et puis après, oui, il y a la manif de patron.
10:04Alors, ça pourrait être rigolo de voir ce que ça donne.
10:08En tout cas, le mouvement social peut peut-être avoir des leçons d'une tenue d'un cortège.
10:15On va bien voir.
10:16Mais pour le moment, c'est un horizon lointain.
10:19Et c'est plus une menace de lobbying, quoi.
10:25Et d'un événement très, très médiatisé.
10:29Mais au final, forcément, ils ne rempliront même pas la place de la Bastille.
10:34Oui, bien sûr.
10:35Et puis, politiquement, il va falloir y aller.
10:37Enfin, être un patron et aller se prêter à ce jeu-là.
10:41Ce n'est pas trop dans leur habitus militant.
10:44Oui, mais en plus vis-à-vis de l'opinion publique et vis-à-vis des salariés.
10:47De se dire, ben non, on n'a envie de rien lâcher.
10:49Les aides aux entreprises, on ne lâche rien.
10:52Les salaires, en parallèle, dans les boîtes, les salaires, on ne lâche rien.
10:56L'inflation, c'est fini.
10:57Donc, vous rentrez dans le rang.
10:59Et puis, non, non, on ne lâche rien sur la taxe Zuckman.
11:02Et on protège les ultra-riches.
11:04Je souhaite bien du courage au grand patron pour aller défiler avec les caméras face à eux.
11:09Et puis, de toute façon, je crois que c'était Éric Coquerel, le président insoumis de la commission des finances,
11:13qui disait, de toute façon, si ce sont les gens concernés par la taxe Zuckman qui manifestent,
11:17ça considère qu'il y aura mille personnes dans la rue.
11:19Je les invite au 18 septembre pour comparer les effectifs.
11:23Effectivement, il y a le rapport de force numérique qui n'est pas le même.
11:27Je voulais te poser une question aussi.
11:29On va écouter.
11:31Il y a plusieurs personnes, dont Sophie Binet, ce matin, qui se sont plaint du dispositif policier
11:36qu'avait annoncé en amont Bruno Retailleau.
11:40On va écouter la Marine Tondeliers, que je suis tombé sur cet entretien de Marine Tondeliers ce matin,
11:44sur à la fois le traitement médiatique des manifestations et la répression.
11:49On va l'écouter.
11:51En France, on ne peut plus manifester Marine Tondeliers sans qu'il y ait des violences ?
11:54Je pense que le futur ex-ministre de l'Intérieur n'attend que ça.
11:58Et je vais vous dire, je suis extrêmement choquée.
12:00C'est quoi ? C'est de la faute de Bruno Retailleau s'il y a des tentatives de blocage,
12:03de sabotage ?
12:04Il n'attend que ça.
12:06Il n'attend que ça.
12:06Et je vais vous dire, je suis extrêmement choquée quand j'allume ma télé et que je vois,
12:10pour annoncer la manifestation cet après-midi, des visuels de cajots qui brûlent.
12:14C'est-à-dire qu'ils ont déjà des images, des dérapages de cet après-midi.
12:17C'est fort quand même.
12:18On voit bien qu'il y a une espèce dans ce pays de riot porn.
12:21C'est-à-dire que pour faire de l'audience et pour que les gens restent sur la télé,
12:24il faut des flammes, des trucs, etc.
12:26On a vu un restaurant brûlé toute l'après-midi la semaine dernière,
12:29où on nous expliquait que c'était des manifestants.
12:32Pardon Marine Tondelier, quand il y a des commerçants à Paris qui doivent baisser le rideau ?
12:36Attendez s'il vous plaît.
12:36Donc j'ai toujours condamné toutes les formes de violence, toutes, mais je le dis,
12:40cet après-midi, on nous parle des casseurs qu'il y aura dans la rue,
12:42il y aura surtout et avant tout des manifestants,
12:45dont le rôle des forces de l'ordre est de les protéger.
12:48Je te fais un résumé, en gros, on lui pose l'éternel question de
12:54est-ce que vous condamnez par anticipation et violence,
12:57puisque là, c'était ce matin, c'était avant même les manifestations.
12:59Et on lui demande en gros, est-ce qu'on peut faire une manifestation sans qu'il y ait la
13:02casse ?
13:03Et on lui pose directement la question.
13:05Je voulais te montrer aussi, ça, c'était hier sur BFM, je suis tombé dessus,
13:08j'avais envie de le montrer.
13:10Ce bandeau de BFM, c'est même pas pour te faire écouter l'extrait,
13:12c'est juste pour le bandeau.
13:13Vous le sentez, ça, que demain ?
13:15Voilà. On voit le cadrage médiatique dominant quand même.
13:19Là, je n'ai même pas mis ces news, parce que là, ce serait presque triché.
13:23Mais voilà, là, on a eu France Inter le matin,
13:25où directement, on parle des violences, on parle des magasins
13:27qui doivent fermer les rideaux sur les Champs-Elysées,
13:29ou sur le trajet de la manif, par peur des casses.
13:33Et là, le chaos, c'est demain.
13:35Ça, plus la répression dont on a parlé tout à l'heure.
13:39Comment les syndicats appréhendent cette difficulté, cet obstacle ?
13:43Alors, bon, déjà, les syndicats, eux, ont leur service d'ordre,
13:48ils essayent de sécuriser au mieux.
13:50Et c'est de moins en moins facile, avec des forces de sécurité
13:56qui interviennent comme des Robocop,
14:00et qui ont pour particularité...
14:02Enfin, la France a la particularité d'adorer les NAS, par exemple.
14:06Donc, de conserver les manifestants, de les coincer,
14:11pour après prélever ce qu'elles semblent utiles pour faire après du chiffre.
14:16Ce qu'il faut dire aussi, c'est que le 10 septembre,
14:19on a eu quand même pas mal d'interpellations.
14:23Il y a aussi des comparutions immédiates,
14:26et qui n'ont pour la plupart rien donné du tout.
14:28Mais c'est juste du chiffre,
14:31et puis de l'intimidation pour faire peur
14:35et essayer de faire comprendre aux gens qu'il ne faut pas aller manifester.
14:38Donc ça, c'est pour ceux qui peuvent aller dans les cortèges.
14:42Et puis, il y a tout le grand public,
14:43tous les gens qui essayent de s'informer dans l'humanité,
14:47mais aussi avec BFM TV.
14:50Et alors, eux, c'est vraiment...
14:51Comme pour le 10, c'est une sorte de tapis médiatique
14:55pour expliquer aux gens que ça va être très dangereux
14:58et qu'il ne faut pas y aller.
14:59Et en plus, pour jeter le discrédit en avance
15:03sur le mouvement social.
15:07Bon, malheureusement, c'est courant.
15:09Ça fait depuis quand même facile dix ans que c'est comme ça.
15:13Les lois de travail, c'était déjà ça.
15:16On a eu des...
15:17Les gilets jaunes, n'en parlons pas.
15:19C'était la répression tous azimuts.
15:22Voilà.
15:23Donc après, quand on est syndicat,
15:26on essaye de ne pas prêter le flanc.
15:28Mais c'est...
15:29Voilà, on ne peut pas non plus...
15:31Les syndicats ont des services d'ordre,
15:32mais qui ne sont pas là pour faire la police.
15:34Donc si la police ne gère pas l'ordre public,
15:38mais préfère faire du chiffre
15:40et montrer, regarder les violences
15:42et susciter les violences,
15:43bon, ben voilà.
15:45Et puis après, alors ce qui est intéressant,
15:46c'est aussi les prises de position politiques.
15:51Aussi, ce matin,
15:52je pensais à Jean-Luc Mélenchon
15:53qui disait surtout les amis,
15:55restez tranquilles dans les manifs
15:56parce qu'ils n'attendent qu'une chose,
15:58c'est que les caméras convergent
16:01vers la poubelle qui sera incendiée
16:04ou la vitrine cassée.
16:06Donc il y a cet écueil,
16:10ce danger de finalement,
16:12au bout du bout d'une journée de mobilisation
16:16qui sera quand même un petit peu historique,
16:18on sera à nouveau sur un niveau de manif
16:22de celle des retraites, a priori,
16:24ou au moins les retraites de mouvements de 2019.
16:27Mais bref, il y a la possibilité aussi
16:29qu'on se retrouve avec une focalisation
16:31sur les images de violence.
16:33Et puis au final, on essaye de faire comprendre
16:36au grand public qu'il n'y a que ça à retenir.
16:40Mais quand même, la ficelle est quand même assez grosse.
16:44Il y a toujours un enjeu,
16:45tu l'as un peu dit sur la question de la répression
16:47et du cadrage médiatique,
16:48il y a toujours une guerre de récits
16:49autour d'une manifestation.
16:52Est-ce que là, le récit de gauche,
16:55en tout cas le récit syndical,
16:57peut s'imposer,
16:59étant donné qu'on l'a dit tout à l'heure
17:00d'un point de vue politique,
17:02une partie des items qui sont défendus,
17:04y compris par les syndicats,
17:05sont majoritaires ?
17:06Notamment, je pense à la question des retraites,
17:07par exemple.
17:08Mais même l'attaque Zuckman,
17:09elle est largement majoritaire dans le pays.
17:12Est-ce que ça, ça peut dire
17:13qu'en fait, quand bien même les médias
17:17font un cadrage qui est libéral,
17:20anti-manif,
17:20vous empêchez les gens d'aller travailler,
17:21on connaît le classique,
17:23malgré ça, est-ce qu'on peut avoir
17:26un narratif syndical qui s'impose ?
17:28Oui, alors il est assez simple en ce moment.
17:33Il est clair d'une part,
17:35parce qu'il y a l'intersyndical
17:37avec toutes les huit organisations
17:39qui disent toutes la même chose.
17:40Ils parlent d'une seule voix.
17:41Voilà.
17:42Donc les mots d'ordre sont...
17:44Alors ils sont nombreux.
17:45Je vous invite à regarder
17:46le communiqué commun
17:47qui avait annoncé la journée
17:49de mobilisation.
17:51Je crois que c'est un communiqué du 29 août.
17:54Donc les mots d'ordre sont très clairs
17:57et sont partagés par tout le monde.
18:00Je vois après les premières réactions
18:04des leaders syndicaux.
18:05Bon, c'est Sophie Binet qui dit
18:07déjà, cette journée est déjà un succès.
18:10Léon, qui est Maryse Léon
18:11pour la CFDT, qui dit
18:12c'est un avertissement envoyé
18:14à Sébastien Lecornu.
18:17Donc là, pareil,
18:19sur l'appréciation de la journée,
18:21on est sur le même point de vue.
18:26Alors, après,
18:31le narratif syndical est assez simple
18:33par rapport à ce budget.
18:35C'est que quand on regarde
18:36qui est tapé au portefeuille
18:40dans ce budget,
18:41c'est uniquement les travailleurs
18:43ou alors les retraités.
18:46Les travailleurs...
18:47Alors il y a tout ce qui est fiscalité
18:49avec le gel de l'imposition
18:52pour cette année.
18:55Après, il y a une catégorie
18:56qui est vraiment, vraiment bien
18:58bien matraquée,
19:00c'est celle des fonctionnaires
19:01à travers la suppression des...
19:04Enfin, donc, eux,
19:05on le gèle sur l'imposition.
19:07Donc, a priori,
19:08peuvent payer plus d'impôts.
19:11Mais aussi, on le gèle
19:12de leur salaire.
19:14On les 3 000 postes
19:16dans la fonction publique d'État
19:18qui sont supprimés.
19:19En attendant,
19:21un fonctionnaire sur trois
19:22non remplacé
19:23pour les départs à la retraite.
19:27Donc, eux, ils savent
19:29à quoi s'en tenir.
19:30Et c'est pour ça qu'on a
19:30beaucoup d'agents
19:32de la fonction publique
19:33qui y sont...
19:34Alors, État,
19:35mais aussi collectivité territoriale
19:36et hôpitaux,
19:38ils sont très présents
19:39dans les cortèges aujourd'hui.
19:41Mais tous les travailleurs
19:43sont tapés au portefeuille.
19:50Depuis 2023,
19:51on sait qu'on va tous devoir
19:53travailler deux jours de plus.
19:55Deux ans de plus.
19:56Deux ans, c'était les jours fériés.
19:57Oui, voilà.
19:58Il y a eu les jours fériés.
19:59Il y a eu cette affaire
20:00des jours fériés,
20:01mais c'est l'arbre
20:02qui cache la forêt
20:03de tous les lagages
20:05du pouvoir d'achat
20:08des Français.
20:09On en est même jusqu'à proposer
20:11de valoriser
20:14la cinquième semaine
20:15de congé
20:16pour dire,
20:16tant pis,
20:17vous ne la prendrez pas,
20:18mais elle vous sera payée
20:20en bonifié.
20:21Donc, là, on voit...
20:22Est-ce qu'il y a du chantage
20:23pour les plus précaires
20:23à renoncer à leur cinquième semaine ?
20:25Oui, et de l'autre côté,
20:28il y a ce narratif du...
20:31Ben non, les riches,
20:32c'est ceux qui ruissellent,
20:33donc il ne faut pas toucher.
20:34Et les entreprises,
20:35c'est celles qui font l'activité,
20:36donc il ne faut pas toucher.
20:37Mais dans les entreprises,
20:38il y a des salariés.
20:39Donc, sans salariés,
20:40les entreprises ne fonctionnent pas.
20:41On voit bien que le budget Bayrou
20:45avait pris bille en tête
20:48le fait de faire payer,
20:50finalement,
20:52la classe laborieuse,
20:53si je puis dire,
20:54plus les retraités aussi,
20:55parce qu'il y avait le gel
20:56de leurs pensions, etc.
20:58Oui, parce que les plus pauvres,
20:59on ne se pose jamais
21:00la question de leur exil.
21:01On ne se dit jamais
21:03« Ah, les plus pauvres vont partir
21:04si on les impose trop. »
21:06La TVA, par exemple,
21:08ce sont des contribuables captifs,
21:10contrairement aux riches,
21:11mais les riches qui ne parlent pas
21:13tant que ça, d'ailleurs.
21:14On a déjà débunké
21:15cette question
21:15de la grande hémorragie des riches
21:17en cas de taxation Zuckman.
21:20Je voulais te poser une dernière question,
21:21peut-être avant de lâcher ce chat
21:23et ce stream.
21:24C'est sur l'articulation
21:25avec le 10 septembre,
21:26parce qu'on n'a pas oublié
21:28la journée du 10 septembre,
21:30qui avait des particularités,
21:30tu l'as dit,
21:31notamment sur la jeunesse, etc.
21:32Tu en as parlé tout à l'heure.
21:34Il y a un article
21:35qui a été fait par Cyprien Boganda
21:37de ta rubrique
21:37qui est « Escarlette Bain,
21:39journaliste société.
21:42Est-ce que les gens du 10
21:43sont là le 18 ? »
21:44Est-ce qu'il y a eu
21:44cette articulation-là ?
21:46Alors, pour les gens
21:47qui étaient syndiqués
21:48et qui étaient déjà là le 10,
21:49la question est vite répondue,
21:50comme dirait l'autre.
21:51Ils sont là, bien sûr.
21:52C'est plus sur les gens
21:53qui sont des profils
21:55« gilet jaune »
21:56parce que les comparaisons
21:57ne sont pas forcément
21:58toujours exactes,
21:59mais des gens, en tout cas,
22:00qui n'ont pas une culture syndicale
22:01et qui ont même une culture
22:02plutôt de la méfiance
22:03du mouvement syndical.
22:06Je vous mets l'article en fond,
22:07mais si tu peux nous en toucher
22:08un mot,
22:10il y a des profils
22:11quand même qui restent
22:11réfractaires au 18,
22:13quoi qu'il arrive ?
22:13Alors, même côté syndical,
22:15dans le papier,
22:16il y a un syndiqué de 2 Sud
22:18qui dit « Franchement,
22:19je n'y crois pas trop. »
22:21Alors là, ce n'est pas forcément
22:22qu'il ne croit pas trop
22:23au syndicat,
22:23ce n'est pas ça.
22:24C'est qu'il ne croit pas trop
22:25au mode d'action
22:25avec des manifs
22:26en saut de mouton.
22:28Chaque semaine,
22:29une grosse manif,
22:30comme pour les retraites,
22:31lui, il a été échaudé.
22:32Mais quoi qu'il arrive,
22:33il est dans les cortèges
22:36aujourd'hui.
22:37Mais après,
22:40alors,
22:41dans le mouvement du 10,
22:43bon, il a été très...
22:44On a essayé de le suivre
22:46dans sa pluralité.
22:47Il y a eu énormément
22:47de modes d'action différents,
22:49énormément de gens différents.
22:50Effectivement,
22:51il y a des Gilets jaunes
22:52qui sont venus
22:54et qui ont revendiqué
22:54le fait d'avoir été
22:55Gilets jaunes
22:56et de continuer le mouvement
22:58qui ont été visibles.
22:59Et puis,
22:59il y a aussi tous ceux
23:00qui n'avaient pas l'habitude
23:03de manifester
23:03parce que, franchement,
23:04oui,
23:05il y a une défiance
23:05vis-à-vis des syndicats
23:07comme des partis politiques,
23:09enfin,
23:09de tous corps intermédiaires
23:12et qui se sont dit
23:13« Tiens, là,
23:13c'est sympa
23:14parce que ça part
23:15d'on ne sait où
23:16et il y a un mot d'ordre
23:18qui est suffisamment
23:19à Trappetout
23:19pour que tout le monde
23:20y aille. »
23:22Et voilà,
23:23ils y étaient.
23:24Mais il faut aussi
23:26souligner que ce mouvement-là
23:27du 10,
23:28au final,
23:29il a été
23:31finalement structuré
23:32en fonction des modes
23:33d'action syndicaux
23:35parce qu'à un moment donné,
23:37dans les conversations
23:38sur Telegram,
23:40la question de
23:41« Qu'est-ce qu'on fait,
23:42les amis ? »
23:43s'est posée.
23:44Et donc,
23:44forcément,
23:45c'est des blocages,
23:47c'est des piquets de grève,
23:48c'est aussi les syndicats
23:50qui sont venus
23:51pour dire
23:52« Vous voulez faire quelque chose,
23:53on vous protège
23:54si vous voulez faire grève
23:55» en posant des préavis
23:57parce que sinon,
23:57vous êtes en abandon de poste
23:58et vous pouvez vous faire virer.
24:00Donc il y a aussi ça.
24:02Alors tous ces gens...
24:04Enfin c'est compliqué
24:04de faire un bilan
24:08et de vous dire exactement
24:09si les gens du 10
24:10sont maintenant
24:11dans le 18.
24:12Je pense que
24:13ce que dit l'article,
24:14c'est qu'à priori,
24:15oui,
24:15il y a une bonne partie
24:16qui vont s'y retrouver,
24:17ne serait-ce que
24:17parce que les mots d'ordre restent,
24:19parce que le ras-le-bol
24:20et la colère sociale restent.
24:22Donc il y a une manière
24:23de l'exprimer.
24:26Donc on y va.
24:27Parce que le mouvement du 10
24:29a montré aussi
24:30aux syndicats
24:30qu'il y avait d'autres manières
24:31de faire
24:32et qu'au final,
24:34ça a obligé les syndicats
24:35à ouvrir leur cortège,
24:36même s'ils sont ouverts
24:38à tout le monde.
24:39Ce n'est pas ça.
24:39Mais en tout cas,
24:41le mouvement social
24:42n'est pas que l'apanage
24:45des syndicats.
24:47Bon, on verra sur la durée.
24:49Et en fait,
24:49c'est plus sur le côté
24:50mode d'action.
24:51Est-ce que c'est toujours efficace
24:53de proposer, par exemple,
24:57dans 15 jours,
24:58une nouvelle journée
24:59de mobilisation ou pas ?
25:00Est-ce qu'on rentre
25:01dans le tempo politique
25:04avec le budget
25:05qui devrait atterrir
25:07début octobre,
25:08a priori,
25:09qui est attendu
25:09à l'Assemblée nationale ?
25:10Donc est-ce qu'il y aurait
25:12une journée de mobilisation
25:13à ce moment-là ?
25:14Est-ce que,
25:15si les syndicats
25:16se calquent là-dessus,
25:17est-ce que ça va intéresser
25:18aussi les gens
25:19qui n'en ont rien à faire,
25:20mais qui sont là
25:20uniquement pour dire
25:21qu'il y en a ras-le-bol,
25:22il faut que ça change ?
25:25Je pense que
25:25cette interrogation
25:28va rester
25:28sur la longueur
25:30du mouvement.
25:31Justement,
25:31c'était ma dernière question.
25:33J'ai déjà dit ça,
25:33la question d'avant,
25:34mais cette fois,
25:34c'est vraiment
25:34la dernière question
25:35que je voulais te poser.
25:36C'est sur l'après 18,
25:37c'est-à-dire,
25:38est-ce que l'intersyndicale
25:39a la vocation
25:40à perdurer ?
25:41Est-ce que les grèves,
25:42les appels à la grève
25:43ont la vocation
25:44à être poursuivis
25:45de manière perlée
25:46ou continue ?
25:48Et on sait
25:48qu'il y a un parti politique,
25:50la France Insoumise,
25:50qui a appelé,
25:52Jean-Luc Mélenchon en tout cas,
25:53avait appelé à la grève générale,
25:54avait invité les syndicats
25:55à déclencher la grève générale.
25:56Pourquoi ?
25:57Ce n'est pas si simple
25:58que de simplement
25:59faire de l'incantation
26:00à la grève générale.
26:00Pourquoi c'est plus compliqué que ça ?
26:02Cyprien Boganda,
26:03la semaine dernière,
26:03quand on parlait du 10,
26:04nous disait
26:05qu'il n'y a que deux moments
26:05dans l'histoire
26:06où on a vraiment bloqué
26:07le pays,
26:07entre guillemets.
26:08C'était mai 68
26:09avec 7 millions de grévistes,
26:10je crois,
26:11dans les rues à l'époque.
26:13Et 95,
26:14le plan Juppé à l'époque.
26:16Donc,
26:18quel est l'avenir pour le 18 ?
26:20Et pourquoi la grève générale,
26:22ce n'est pas si simple ?
26:22Quel avenir ?
26:23A priori,
26:24même s'ils ne le disent pas,
26:26il y a l'intersyndicale
26:27qui se réunit
26:28ou en tout cas
26:29qui envisage les suites
26:31dès ce soir.
26:33Je ne sais pas
26:34si on aura
26:34une nouvelle date
26:35de mobilisation.
26:38A priori,
26:38oui,
26:40si celle-là est réussie,
26:41ce qui a l'air d'être le cas.
26:43Et puis,
26:43de toute façon,
26:44comment dire,
26:45la bataille contre l'austérité,
26:47elle est à mener maintenant.
26:48Donc,
26:48forcément,
26:49il y aura des suites.
26:51Après,
26:52les syndicats,
26:53ils font avec leurs forces
26:54et leurs faiblesses.
26:56C'est-à-dire qu'ils représentent...
26:58Enfin,
26:58déjà,
26:58le taux de syndicalisation
27:00n'est pas si élevé que ça
27:02en France.
27:03Que les syndicats,
27:05les confédérations,
27:05donc en haut,
27:07on n'a jamais vu
27:08une grève
27:09ou un mouvement social
27:10décrété
27:11par un secrétaire général
27:13d'une organisation.
27:14En tout cas,
27:14ces 20 dernières années,
27:17ça vient toujours
27:18de ce qu'ils entendent
27:21et ce qui leur remonte
27:22de la base.
27:23Parce que si
27:25l'intersyndical dit
27:26est allé ses grèves générales
27:28dans une semaine
27:30ou même dès demain
27:31est reconductible,
27:33franchement,
27:34ils savent
27:34qu'ils vont au casse-pipe.
27:35Parce qu'il faut que ça
27:36se suive dans les boîtes.
27:37Oui,
27:37mais parce qu'il n'y a plus
27:39les gros bataillons
27:42dans les secteurs,
27:44les gros services publics,
27:45parce que le patronat
27:46a aussi...
27:47les grosses centrales,
27:48les grosses usines
27:49qui concentrent
27:49la classe ouvrière.
27:50C'est ça,
27:50parce que le patronat
27:51a aussi œuvré
27:52depuis 40 ans
27:54pour casser
27:55les solidarités
27:56en multipliant
27:57les statuts
27:58entre les ubérisés,
27:59les CDD,
28:00les CDI,
28:01les intérimaires,
28:02les contrats d'usage,
28:04contrats saisonniers,
28:05etc.
28:05plus la sous-traitance,
28:07etc.
28:08On est face
28:08à un monde du travail
28:10qui est très disparate
28:12et où il est très difficile
28:14de mobiliser.
28:15Et puis après,
28:16les gens,
28:16ils se débattent
28:17avec leur salaire
28:19et leur pouvoir d'achat.
28:22Et faire une grève,
28:23c'est facile,
28:25effectivement,
28:25quand on est dans
28:26une grande entreprise
28:27qui a le savoir-faire
28:29et le rapport de force
28:32pour faire grève.
28:33Mais dans une petite
28:35boîte,
28:35c'est quand même
28:35très compliqué.
28:37Déjà,
28:37il faut savoir
28:38comment on fait grève.
28:39Ça,
28:40ce n'est pas facile.
28:42Et puis après,
28:42il faut la déclarer.
28:44Et puis,
28:46ne pas être tout seul
28:48à faire grève
28:48dans son entreprise.
28:51Donc,
28:51tout ça est devenu
28:52très compliqué.
28:54On pense à tous les gens
28:55qui sont dans des statuts
28:57d'auto-entrepreneurs
28:58ou ubérisés
28:59et qui précisément
28:59ne peuvent pas
29:01forcément faire grève
29:02même s'il y a des syndicats
29:02qui commencent à apparaître.
29:03Exactement.
29:04Et puis,
29:04la grève par procuration
29:05ça ne fonctionne plus.
29:06On l'a vu avec
29:06le mouvement de 2023,
29:08mais le fait de dire
29:09les cheminots
29:10et les transports
29:11vont bloquer la France,
29:13les fonctionnaires
29:14ils vont faire
29:14à notre place
29:15et puis c'est bon.
29:16Ça,
29:16ça ne fonctionne plus.
29:18Et même
29:19les cheminots,
29:20mais même
29:21Sophie Binet
29:23à la fête
29:24de l'humanité,
29:24elle disait
29:25au public
29:26de la fête
29:27attention,
29:28il faut que chacun
29:29se bouge
29:30parce que sinon
29:31les camarades
29:33de la SNCF
29:35ou d'autres
29:35bastions
29:36entre guillemets
29:36l'énergie,
29:37etc.
29:37Eux,
29:38ils ne vont pas se bouger
29:38parce que
29:39eux,
29:39ils ont perdu
29:40pas mal de...
29:41enfin,
29:41ils ont fait
29:42pas mal de jours
29:43de grève
29:44en 2023
29:45et voilà quoi.
29:47Après,
29:47on leur dit
29:47vous voyez,
29:48vous ne bloquez rien.
29:49Donc,
29:50c'est ça,
29:50c'est un rapport
29:51de force
29:52à poser
29:52et peut-être
29:53que aussi
29:54l'époque
29:55n'est pas plus
29:55forcément
29:56à bloquer la France,
29:57je n'en sais rien.
29:57Est-ce que c'est ça
29:58que les gens veulent ?
29:59Je ne sais pas.
30:00Sur la question
30:01de l'effort de grève
30:02qui repose beaucoup
30:03sur l'énergie
30:04et les transports,
30:05il y a des caisses
30:05de grève
30:05qui sont prévues
30:07pour l'instant ?
30:09Alors,
30:09il y a des caisses
30:10de grève
30:11dans les syndicats
30:13ou dans les fédérations
30:14ou dans les unions locales.
30:15Je pense que c'est plus
30:16lié à des batailles,
30:19des luttes sociales
30:20qui ont cours là
30:21mais pas forcément
30:22pour cette mobilisation-ci.
30:26Je n'ai pas entendu
30:27parler de ça
30:28pour soutenir la grève.
30:30Mais bon,
30:30si il y a un mouvement
30:31de grève générale,
30:33je pense que ça...
30:33Oui, la question
30:34se posera sur le long terme.
30:35Et puis,
30:35il y a des syndicats
30:36qui ont des réserves
30:39assez importantes
30:39puisqu'ils n'ont pas
30:40forcément fait grève
30:41depuis longtemps.
30:44Merci beaucoup Stéphane
30:45pour ton éclairage.