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  • il y a 2 semaines
Salaires gelés, manque de personnel et de financements… Les services publics sont au bord de l’asphyxie. Les fonctionnaires étaient dans la rue, ce mardi 29 septembre, pour obtenir les moyens d’exercer dignement leur métier et de fournir un service de qualité aux usagers. Alors que le gouvernement prévoit une nouvelle cure d’austérité à 54 milliards d’euros pour le prochain budget, dont la copie doit être détaillée par Sébastien Lecornu jeudi 1ᵉʳ octobre en Conseil des ministres, l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA) des trois fonctions publiques appelait à la mobilisation.

On fait le point avec nos journalistes.

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Transcription
00:01La grande journée de mobilisation du 29 septembre est-elle le point de départ d'un mouvement social d'ampleur
00:06?
00:06Ce mardi, les syndicats de la fonction publique s'avançaient, unis pour un ultime bras de fer budgétaire contre Emmanuel
00:11Macron.
00:12Soignants, pompiers, personnel éducatif, mais aussi lycéens ont défilé, bloqué, fait grève pour dénoncer l'abandon des services publics.
00:19On va revenir sur cette journée de mobilisation, sur les grandes revendications de cette journée, sur le contexte actuel,
00:25mais aussi sur la suite que pourrait prendre le mouvement social, avec Cyprien Boganda, chef du service Capital Travail de
00:32l'Humanité.
00:33Bonjour Cyprien.
00:34– Salut. – Ça va ? – Ça va et toi ?
00:35– Ça va, ça va. Emmanuel Macron laisse les services publics délabrés, c'est le titre d'un papier de
00:43l'Humanité d'hier.
00:45Quels sont les arguments, les chiffres, les données qui permettent d'établir ce constat ?
00:50Je me disais, pour les gens qui nous regardent, avancer ces chiffres, ces données, ces arguments à leurs proches,
00:56ça peut être des arguments solides en ce contexte actuel.
00:59Qu'est-ce qui permet d'établir ce constat des services publics délabrés par le gouvernement d'Emmanuel Macron ?
01:04– Écoute, pour te répondre, en fait, ça me permet de donner un peu la liste des revendications des syndicats
01:10qui appelaient à la grève aujourd'hui.
01:11En fait, il y a deux revendications principales, c'est vraiment les meilleurs salaires et les meilleures conditions de travail.
01:16Il faut savoir que depuis dix ans, il y a beaucoup, beaucoup de fonctionnaires qui se sont appauvris en France,
01:21tout simplement parce que le point d'indice qui sert au calcul de la rémunération n'a pas ou peu
01:27évolué, alors que l'inflation, elle, a grimpé.
01:30– Les fonctionnaires ont perdu 15% de pouvoir d'achat en dix ans ?
01:33– Oui, alors après, ça dépend comment tu regardes. Quand tu regardes les salaires moyens,
01:36alors je précise bien que c'est des salaires moyens pour ne pas me faire détruire en commentaire,
01:39donc ça veut dire qu'évidemment qu'il y a plein de fonctionnaires qui gagnent moins que ça.
01:43Mais c'est vrai que selon les stats très officiels d'ailleurs de la DGAFP,
01:46donc c'est la Direction Générale de l'Administration de la fonction publique,
01:49j'ai été regarder les chiffres encore une fois tout à l'heure,
01:51en gros, dans le privé, il y a eu une légère augmentation des salaires.
01:56C'est-à-dire que quand tu regardes les salaires nets en moyenne en 2023,
01:58un salarié du privé gagne à peu près 100 euros de plus par an que ce qu'il gagnait en
02:022011.
02:03Pour les fonctionnaires, c'est zéro euro.
02:06C'est encore pire pour certaines fonctions publiques,
02:09notamment pour la fonction publique d'État, où là, il y a vraiment clairement une baisse de salaire.
02:14Et quand tu regardes sur une période plus courte, c'est-à-dire en gros depuis 2020,
02:17là, tout le monde perd privé-public parce qu'on s'est pris quand même beaucoup moins d'inflation.
02:23Il y a eu très, très peu de mesures pour le compenser.
02:25Il y a deux choses qui énervent vraiment beaucoup les syndicats de fonctionnaires.
02:29La première, c'est qu'il y a de plus en plus d'agents de la fonction publique
02:31qui sont rémunérés sous le SMIC.
02:33Tout simplement parce que, comme je le disais, le point d'indice n'étant pas revalorisé à la hauteur de
02:40l'inflation,
02:40contrairement au SMIC qui est l'huile et automatiquement, il y a un décrochage.
02:43Donc c'est plus de 800 000 personnes, 800 000 agents de la fonction publique
02:47qui sont rémunérés en dessous du SMIC aujourd'hui.
02:49Pour compenser ça, on leur donne ce qu'on appelle une indemnité différentielle.
02:54Mais la réalité, c'est que leur salaire de base, en tout cas, est sous le SMIC.
02:57Et l'autre chose qui énerve énormément les syndicats de fonctionnaires,
02:59c'est la part prise par les primes dans le calcul global des salaires.
03:03C'est à peu près un quart des salaires.
03:06Or, les primes, il faut savoir déjà que ça ne te permet pas...
03:09Enfin, ce n'est pas pris en compte dans le calcul des pensions de retraite.
03:11Donc quelque part, on perd de l'argent à la retraite.
03:13Et par ailleurs, c'est des primes qui sont distribuées un peu à la tête des clients.
03:18Donc c'est fait de façon discrétionnaire et souvent discriminatoire.
03:21En tout cas, c'est l'angle d'attaque des syndicats.
03:23Ça, c'est que sur les salaires.
03:24Oui, c'est que sur les salaires, peut-être qu'on peut faire des points un petit peu par type
03:28de service public.
03:29Parce que je le disais, il y a à la fois les soignants, à la fois les pompiers, à la
03:33fois l'éducation.
03:34Enfin, il y a vraiment tous les services publics qui étaient dans la rue aujourd'hui.
03:37Peut-être qu'on peut commencer par l'éducation.
03:39Oui, alors pour le coup...
03:40Oui, vas-y, vas-y.
03:41Non, mais pour poursuivre justement, essayer de répondre à la question que tu faisais.
03:45C'est vrai, quand on regarde, alors c'est le papier dont tu parlais.
03:47C'est un papier qui a été écrit par Naïm Saki, qu'on a d'ailleurs retrouvé dans quelques minutes.
03:52Il a fait tout un papier pour expliquer, en fait, pour essayer de faire le bilan des dix ans de
03:55macronisme sur les services publics.
03:59Et bon, il y a pas mal de choses à dire.
04:01Mais en tout cas, il y a un manque de moyens qui est absolument criant dans l'éducation nationale.
04:05Ça explique d'ailleurs pourquoi il y a autant de lycées qui sont bloqués aujourd'hui.
04:08Parce que les lycées, en tout cas les syndicats se plaignent de manquer de tout, de manquer de profs, de
04:12manquer d'infirmières médicales, d'infirmières à l'école, d'assistantes...
04:16Et puis de bâtiments, d'infrastructures, juste corrects, même pas plutôt haut de gamme, juste corrects.
04:21Oui, juste corrects.
04:22Qui ne suit pas, qui ne font pas cassettes partout.
04:25Et à l'hôpital, alors c'est les chiffres que donne Naïm dans son papier.
04:28En dix ans, on a perdu 43 000 lits hospitaliers, enfin lits d'hospitalisation, pardon.
04:33Et selon quelqu'un de la CGT Santé, je crois que c'est la responsable de la CGT Santé citée
04:38par Naïm,
04:39elle explique que cette seule statistique suffit à résumer le bilan des monnaies de Macron.
04:45Donc c'est un bilan qui est quand même assez catastrophique.
04:47Et je crois que la personne que tu cites parle aussi justement des hôpitaux vétustes.
04:5060% des hôpitaux publics en France seraient vétustes.
04:53Et c'est notamment un constat, alors qui a été fait depuis longtemps, mais qui a été exacerbé par la
04:57canicule de cet été.
04:58On voyait bien que les hôpitaux publics n'étaient pas du tout conçus, aménagés pour supporter ce genre d'épisode.
05:05Sur l'éducation, un point qui a été une actu, qui a été importante, c'est le classement PISA.
05:12Le classement PISA qui, encore une fois, montre à quel point les élèves français, le niveau des élèves français a
05:20été dégradé.
05:21Qui montre aussi et surtout, et ça peut-être on en parle moins, une très forte inégalité dans la dégradation
05:26du niveau.
05:28Les élèves issus plutôt de familles aisées s'en sortent plutôt bien.
05:31Et au contraire, les élèves issus de familles plutôt défavorisées s'en sortent beaucoup moins bien.
05:36Quelque chose que ne montre pas le classement PISA, c'est les conditions d'éducation.
05:40C'est le système éducatif français.
05:42Et c'est aussi là-dessus que portaient beaucoup les revendications d'aujourd'hui.
05:46C'était un manque de moyens, etc.
05:49Oui, tout à fait.
05:50Alors il y a effectivement beaucoup de débats sur le sens qu'il faut donner à ce classement PISA,
05:55ce qu'il montre, ce qu'il ne montre pas.
05:56Mais en tout cas, c'est vrai que c'est quelque chose d'assez unanime.
05:58Dès que tu as interrogé n'importe quel prof en France, pour le coup,
06:00ils disent effectivement ce que tu viens de dire.
06:02Et on est vraiment en train de basculer dans un système d'éducation à deux vitesses.
06:06En gros, quand tu as la chance d'être bien né,
06:08tu sais que tu pourras faire une grande école, par exemple une école de commerce.
06:11Et que tu as de fortes chances en tout cas d'avoir un boulot et d'être correctement payé.
06:15À l'inverse, des autres contribuables, des autres citoyens,
06:19qui eux, risquent de se retrouver dans une éducation nationale dégradée.
06:23Je pense que c'est quand même un énorme échec pour Emmanuel Macron,
06:26qui est quand même quelqu'un qui nous avait promis en 2017,
06:29à l'époque où il était auréolé de cette image de progressiste moderne, etc.
06:33Ni de gauche, ni de droite.
06:34Ni de gauche, ni de droite, bien au contraire.
06:37Il nous promettait de projeter vraiment la France,
06:39de nous projeter dans l'avenir, de préparer l'avenir.
06:42Or, ce qu'il a fait, alors ce n'est pas le seul à le faire,
06:44puisque ses prédécesseurs avaient déjà commencé,
06:47mais il a laissé se dégrader l'éducation nationale dans des proportions assez inquiétantes.
06:51Des images aussi qu'on a vues pas mal tourner aujourd'hui,
06:53mais en fait depuis plusieurs semaines,
06:54c'est la mobilisation des pompiers,
06:56qui étaient aussi en manifestation,
06:57qui ne partaient pas du même endroit que la mobilisation des fonctionnaires,
07:00mais ils se sont rejoints, ils ont convergé.
07:03Globalement, c'est quoi le mot d'ordre des pompiers ?
07:05Pareil, en fait, de toute façon, le mot d'ordre, c'est toujours un peu pareil.
07:08Ils veulent de l'argent et des moyens.
07:11Tu parlais des salaires tout à l'heure,
07:12je ne veux pas assommer tout le monde de chiffres,
07:14mais les pompiers, en gros, professionnels qui commencent leur carrière,
07:17ils sont à 1 800 euros brut par mois.
07:19Donc c'est quand même très très faible.
07:21Alors on les a célébrés comme des héros cet été,
07:23puisqu'on a eu un été caniculaire.
07:25Je crois qu'il y a quasiment 100 000 hectares qui sont partis en fumée.
07:28C'est un record depuis 1976.
07:30Donc ces pompiers, on les a énormément sollicités,
07:32mais ils n'ont pas suffisamment de moyens humains,
07:35ils n'ont pas suffisamment de moyens matériels.
07:37On a beaucoup parlé des canadaires, mais ils manquent de tout, en fait.
07:40Et je discutais avec plusieurs syndicalistes de pompiers cet été,
07:43puisque j'ai un peu bossé sur les incendies.
07:46Il y en avait un, quelqu'un de la CGT,
07:47qui m'expliquait qu'il manquait 15 000 pompiers professionnels en France
07:50pour arriver à gérer la situation correctement.
07:53Et un autre parlait carrément de rupture capacitaire.
07:55C'est-à-dire qu'il me disait qu'aujourd'hui,
07:56on n'a plus les moyens techniques et humains
07:58pour gérer tout simplement les incendies.
08:00Ce qui est assez inquiétant quand tu sais qu'a priori,
08:02dans les années qui viennent, il risque d'y en avoir de plus en plus.
08:06Pour terminer sur les revendications et sur le système de santé,
08:09je vous renvoie aussi au papier de Cécile Rousseau,
08:12qui a été publié hier,
08:13qui est allé à l'hôpital des Mureaux dans les Yvelines.
08:16Et donc, ça montre bien, c'est un exemple très concret
08:19où il y a un hôpital qui menace de fermer
08:20avec une maternité, un système, un service de chirurgie,
08:24enfin bref, tout un hôpital qui menace de fermer,
08:26alors qu'il accueille des centaines, des milliers de personnes.
08:30Et donc, on voit bien un exemple très concret
08:31de ce service public délabré.
08:34Peut-être qu'on a fait le tour des revendications de cette journée,
08:38du contexte un petit peu général.
08:39On va retrouver Naïm Saki,
08:41qui sort, enfin non, qui est encore en direct
08:45de la manifestation qui avait lieu aujourd'hui.
08:48Naïm, bonjour.
08:49Tu es à Paris.
08:50La manif, j'imagine, se termine.
08:52Où ça en est, là ?
08:53Oui, oui, la manif est en train de se terminer.
08:56Les cortèges sont arrivés maintenant
08:57depuis une grosse demi-heure.
08:59Et la place de la nation se vide peu à peu,
09:04dans le calme, il faut le préciser.
09:06Est-ce qu'on a des premiers chiffres ?
09:09On entendait 300 000 personnes en France,
09:1170 000 à Paris.
09:12Est-ce que tu nous confirmes ces chiffres ?
09:15Oui, oui, c'est une très, très grosse mobilisation
09:17dans la fonction publique.
09:18Donc, la CGT revendique au minimum
09:20300 000 personnes en France et 70 000 à Paris.
09:23À Paris, il faut souligner qu'il y avait deux cortèges.
09:26Un qui partait de la place de la République publique
09:28pour les fonctionnaires.
09:29Et un autre qui partait de la place d'Italie
09:30avec les pompiers,
09:31qui ont convergé ensemble à Bastille
09:32pour arriver à la nation.
09:33Et il y avait plus de 10 000 pompiers mobilisés à Paris.
09:36Et c'est vrai que c'est assez impressionnant
09:38quand on est place de la nation
09:39de voir au milieu des cortèges ces pompiers
09:42venus avec une partie de leur matériel,
09:45avec des fumigènes, avec des pétards,
09:48avec des instruments pour faire du bruit,
09:51pour se faire entendre.
09:52Donc, c'est une journée de grève réussie
09:55pour les syndicats.
09:56Donc, l'intersyndical au complet
09:58appelé dans la fonction publique
09:59à faire de la démobilisation.
10:01Ils espéraient atteindre les niveaux
10:03du 5 décembre 2024.
10:05Et en fait, ils ont fait mieux
10:06puisqu'en termes de manifestations,
10:09il y a 100 000 manifestants de plus
10:11qu'en 2024.
10:13Donc, c'est une réussite totale
10:15pour l'intersyndical.
10:17Est-ce que peut-être tu peux nous raconter
10:18ce moment de convergence
10:19entre le cortège des pompiers
10:20et le cortège de la fonction publique ?
10:22J'imagine que les pompiers
10:24ont été accueillis chaleureusement.
10:25J'imagine que les différents syndicats
10:27de la fonction publique
10:28étaient plutôt heureux d'unir ensemble
10:31leur combat, leurs revendications.
10:33Alors, je n'y étais pas, malheureusement.
10:35J'ai été pris par la rédaction
10:37de mon papier.
10:37Je pouvais retrouver un papier
10:38de ma collègue Scarlet de Bain
10:40qui suivait les pompiers
10:41en tant que tels.
10:42En tout cas, moi,
10:43quand j'étais dans le métro
10:45pour aller à la place de la République
10:47ou à l'arrivée à la place de Nation,
10:49les pompiers étaient fortement applaudis,
10:52que ce soit par des manifestants
10:53ou non.
10:55J'ai pu entendre dans le métro,
10:56par exemple,
10:57des gens dire merci
10:58pour ce que vous avez fait cet été.
11:01Donc voilà,
11:01il y a une certaine communion
11:03et peut-être une prise de conscience
11:05dans la population
11:05que les étés,
11:08leur réchauffement climatique
11:10s'avançant,
11:11les étés étant sans doute
11:12de plus en plus chaud,
11:13même très probablement,
11:14les épisodes caniculaires
11:15et les méga-feuilles
11:17qui rendent des coups
11:17qu'on a vécu cet été
11:18pourraient devenir la norme
11:19et que le système
11:21de sapeurs-pompiers en France
11:23est peut-être à bout de souffle
11:24et que l'investissement
11:25ne se ferra pas.
11:27J'ai vu une pancarte d'un pompier
11:28qui résume à ces états d'esprit,
11:30c'était vocation,
11:32oui,
11:32pas prostitution.
11:33Les mots sont forts,
11:34mais démontrent un peu
11:35l'état d'esprit
11:36chez les pompiers.
11:37Peut-être qu'on peut parler
11:38un petit peu de l'ambiance
11:38de cette manif
11:39puisque toi,
11:40tu y étais.
11:41Dans quel état d'esprit
11:42étaient les gens
11:43avec qui tu as discuté,
11:44les gens que tu as rencontrés ?
11:45Qu'est-ce qu'ils ont pu te dire ?
11:47Est-ce qu'elles sont plutôt
11:50combattives, volontaires ?
11:50Ou est-ce qu'on sent aussi
11:51une certaine fatigue
11:54vu le climat social,
11:55les conditions de travail
11:57et de vie des gens ?
11:59Alors non,
12:01combattives,
12:01oui.
12:03De toute façon,
12:03ceux qui viennent en manifestation,
12:05c'est toujours
12:05les personnes les plus combattives.
12:07On sait très bien
12:07que les syndicats
12:08dépassent largement leur aura,
12:10dépassent largement
12:10les personnes
12:11qui arrivent non seulement
12:12à s'indiquer,
12:12mais non plus à mobiliser.
12:13Donc oui,
12:14il y a de la combativité,
12:16une colère qui est démultipliée
12:17par deux choses.
12:18C'est l'été canitulaire
12:20qu'on a vécu.
12:21C'est tout vête,
12:22mais j'attendais
12:23dans le...
12:23J'attendais le...
12:25Comment ça s'appelle ?
12:26De rentrer dans le carité
12:27de la manifestation,
12:28là où il y a les deux syndicaux
12:29et j'entendais deux personnes
12:30une service d'ordre
12:31vous citer
12:31et l'une entraîne
12:33a travaillé à l'hôpital
12:34et disait
12:35« Mais moi,
12:36quand je prenais ma journée
12:38dans la tournée du matin,
12:40j'étais déjà 36
12:41quand j'arrivais à l'hôpital. »
12:43Donc il y a une colère
12:44qui est démultipliée
12:44par la situation de canicule
12:47qu'on a vue,
12:47la non-préparation
12:48et la non-anticipation
12:49de la part du gouvernement,
12:50mais également la question
12:51des salaires
12:52puisque en moyenne
12:53les fonctionnaires
12:53ont perdu 15%
12:54de leur rémunération,
12:55qu'ils sont comme tout le monde
12:59et ils sont à la question
13:02de la hausse
13:02des prix du carburant
13:04posent problème
13:05et certains
13:07hésitent aujourd'hui
13:08à se rendre au travail
13:09parce qu'entre
13:10un plein pour la voiture
13:12ou d'ouvrir les enfants
13:13à la fin du mois,
13:14certains sont obligés
13:15de choisir.
13:15Donc il y a une vraie colère
13:18et donc non,
13:19l'esprit n'est pas du tout
13:21en berne.
13:23Le nombre de manifestants
13:24aujourd'hui le démontrent.
13:26Peut-être une dernière question
13:27et c'était en fait
13:28ma première question
13:28d'introduction,
13:29une dernière question
13:29pour tous les deux.
13:31Donc là,
13:31cette journée du 29
13:32se termine.
13:33On a aussi vu
13:34une énorme mobilisation
13:35des lycéens
13:35qui a commencé
13:37il y a quelques jours
13:37et qui va probablement
13:38continuer.
13:39La prochaine date
13:39de mobilisation
13:40c'est le 17 octobre.
13:42C'est quoi la suite
13:43après cette journée du 29 ?
13:44Selon vous,
13:45comment peut,
13:46comment va évoluer
13:47la colère sociale,
13:48les mouvements sociaux ?
13:50Est-ce qu'on se retrouve
13:51tous et toutes le 17 ?
13:53C'est quoi la suite là
13:53selon vous ?
13:54Cyprien peut-être ?
13:55Vas-y Naïm,
13:56c'est Naïm qui est sur le terrain.
13:58Le 17,
13:59il faut être prudent,
13:59c'est une mobilisation
14:00à reconstituer
14:02les gilets jaunes.
14:02Il y a Cyprien qui a fait
14:03un très bon papier
14:04qui montre que
14:04des gilets jaunes historiques
14:05ne sont pas sur cette date.
14:07C'est aussi une mobilisation
14:09qui a été montée en épargne
14:11aussi par les médias
14:12pour ne pas mettre
14:13la date du 29 septembre
14:14et ça,
14:15les syndicats avaient peur
14:15que les médias
14:19dominants,
14:19on va dire,
14:20appuient sur le 17
14:20et ne parlent pas du 29
14:21passent à ajourner
14:22cette mobilisation.
14:24Donc voilà,
14:24les suites,
14:25de toute façon,
14:25les syndicats vont se réunir.
14:29Il y a de l'ambiance
14:30à la place de la nation.
14:31Les syndicats vont se réunir,
14:33on aura très vite
14:34des nouvelles.
14:37Aujourd'hui,
14:37il n'y a pas d'autres dates
14:38au niveau de la terre syndicale
14:39de poser,
14:40mais les discussions vont
14:41au bon train.
14:41On imagine que la CGT
14:43ne met pas que mes pressions
14:45pour avoir une nouvelle date,
14:48mais pour le moment,
14:48il est un peu tôt.
14:49En fait,
14:50pour dire la vérité,
14:52j'ai vu des dirigeants
14:53confédéraux avant
14:54et après la manif,
14:55et en fait,
14:56au début,
14:57ils espéraient que ce soit
14:57un succès
14:58et à la fin,
14:59ils étaient même étonnés
15:00du succès.
15:01Donc voilà,
15:02il faut analyser tout ça,
15:03il faut voir les forces
15:04en présence,
15:04il faut voir s'il y a
15:05une capacité
15:06chez les ponctionnaires
15:07de rebondir.
15:08Mais en tout cas,
15:09dans le cortège,
15:10l'idée de la convergence
15:11et pourquoi pas
15:13mobiliser le privé,
15:14parce que le privé
15:14aujourd'hui n'était pas
15:16mobilisé,
15:16la SNCF par exemple
15:17n'était pas mobilisée,
15:18alors ça n'était
15:19avant l'été.
15:20Voilà,
15:20il y a cette idée-là,
15:21mais il faut travailler
15:23les calendriers.
15:24Cyprien,
15:24est-ce que cette journée
15:25du 29
15:25et la convergence
15:27qui commence
15:27avec les lycéens,
15:28les soignants,
15:29la fonction publique,
15:29etc.,
15:30est-ce que cette journée
15:30peut être une étincelle
15:32pour la suite ?
15:33Oui,
15:33en tout cas,
15:33c'est ce qu'espèrent
15:34les syndicats.
15:34Moi,
15:34je suis d'accord
15:34avec ce qu'on dit
15:35mais on ne va pas
15:36lire dans le mar de café.
15:38En tout cas,
15:38ce qu'il faut quand même
15:38redire,
15:39c'est que cette manifestation
15:40est exceptionnelle.
15:42En fait,
15:42c'est la plus grosse
15:43mobilisation dans l'histoire
15:44de la fonction publique
15:44depuis 2017,
15:45donc ce n'est quand même
15:46pas rien.
15:47À l'époque,
15:47je crois qu'il y avait
15:474 000 personnes
15:48sur la CGT,
15:49donc c'est quand même
15:50des chiffres très importants.
15:52Et sans présager
15:53de ce qui va se passer,
15:54ce qu'on peut dire,
15:54c'est que pour parler
15:55comme un professionnel
15:56de la communication,
15:56on est quand même
15:57dans une séquence sociale
15:58qui s'est ouverte
15:59en septembre,
16:00où mine de rien,
16:01quand tu fais le compte
16:01de tous les gens
16:02qui ont manifesté
16:03leur mécontentement,
16:04que ce soit dans l'énergie,
16:05les pêcheurs,
16:06la fonction publique
16:07aujourd'hui,
16:07il y avait évidemment
16:08les pompiers,
16:09etc.
16:10On voit qu'il se passe
16:12quelque chose.
16:12Je veux dire,
16:13il y a un état
16:13de colère sociale
16:14qui est très important
16:16en France.
16:17Je pense qu'il est
16:17évidemment lié
16:18au contexte politique
16:19et économique.
16:20Enfin, je veux dire,
16:20la France ressort
16:21essorée par 10 ans
16:22de politiques macronistes.
16:24Tout le monde
16:24est très en colère.
16:25Après, la question,
16:26évidemment,
16:26c'est de savoir
16:26ce que ça peut devenir.
16:28Est-ce que toutes
16:29ces mobilisations-là
16:29peuvent se coaguler
16:31et est-ce qu'on va
16:32arriver vers quelque chose
16:33à faire un mouvement
16:33social d'ampleur ?
16:34Personne ne peut le dire
16:35aujourd'hui.
16:36Je suis assez,
16:36pour l'instant,
16:38raisonnablement sceptique,
16:39si on peut dire,
16:39sur la manifestation
16:40d'octobre
16:42à laquelle appellent
16:43certains gilets jaunes.
16:44On ne sait pas du tout
16:45ce que ça va devenir.
16:46Mais en tout cas,
16:46je pense que ce qu'il faut
16:47retenir,
16:47c'est qu'il y a un climat
16:48social qui est
16:49véritablement explosif
16:50aujourd'hui en France.
16:51Merci beaucoup,
16:52Cyprien Boganda
16:53et Naïm Saki
16:54pour ce décryptage
16:55et ce bilan
16:55de cette journée de mobilisation.
16:56Merci à tous les deux.
16:57Merci.
16:57Sous-titrage Société Radio-Canada

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