00:00La Poste propose aux gens, ce sont des pubs qui circulent actuellement sur Internet en plein confinement coronavirus.
00:07La Poste propose aux gens de créer leur colis, de le déposer dans leur boîte aux lettres pour que le
00:11facteur vienne le chercher.
00:13C'est un service qui existe à la Poste. En gros, elle incite les gens à envoyer des colis.
00:18La Poste propose et insiste sur le fait qu'on peut envoyer nous-mêmes des choses et imprimer nos timbres
00:23nous-mêmes, sans passer par un bureau de Poste.
00:25Donc la Poste incite les gens quand même à continuer à envoyer du courrier et des colis.
00:28S'il y avait quelque chose d'urgent, si un hôpital attend des masques, des besoins vitaux pour la population,
00:33nous les facteurs, on ne serait pas contre.
00:34Mais là, c'est vrai qu'en ce moment, on distribue l'habituel.
00:38C'est-à-dire que le business prime sur l'intérêt d'une partie de la population et c'est
00:42la population ouvrière.
00:43Dans les rues, quand on va au travail le matin, dans le métro, vous voyez les femmes de ménage, les
00:47agents de sécu, les ouvriers du bâtiment, les postiers, les éboueurs.
00:51Et on trouve que cette situation, pour une partie d'entre nous, est anormale.
00:54Certes, il faut bien ramasser les poubelles, certes, il faut bien encore créer des liens de services publics, il n
00:59'y a aucun souci.
00:59Mais la grosse majorité des gens qui travaillent actuellement, c'est vraiment pour faire continuer le business.
01:04On pourrait le fermer en fait.
01:06Actuellement, sur 200 postiers dans le 15e arrondissement sur le centre de distribution, il y a plus de 100 absents.
01:15C'est-à-dire que la majorité des postiers sont absents actuellement du bureau.
01:18Droits de retrait, arrêt maladie, garde d'enfants.
01:21Sachant qu'on a actuellement 40 intérimaires sur le bureau.
01:24Donc, une situation au niveau effectif qui n'est évidemment pas normale.
01:27Beaucoup d'inquiétude des collègues par rapport au coronavirus, par rapport au manque de protection, par rapport au fait qu
01:32'on travaille, tout simplement.
01:33Depuis la semaine dernière, depuis lundi dernier, il y a eu une grosse assemblée générale à l'initiative du syndicat.
01:38On a fait une AG avec les collègues où on a décidé de refuser de distribuer les recommandés.
01:42Dans ce que nous, on appelle les recommandés, ce sont les remises à domicile.
01:45Dans les remises à domicile, il y a beaucoup de colis en fait.
01:48Ce sont les colissimaux, les chronopostes, beaucoup de colis contre signature.
01:52La poste faisait style de rien, les collègues étaient inquiets, on était les seuls à aller travailler.
01:56Et on se doutait bien que nous, facteurs, qui allons chez des gens qui peuvent être des personnes âgées,
02:00des personnes malades, des femmes enceintes, des maisons de retraite, des EHPAD.
02:04On a des facteurs dans les hôpitaux, etc., qui passent dans les hôpitaux.
02:07Donc, on a refusé en fait.
02:09Donc, depuis la semaine dernière, la situation des objets suivis et recommandés était gelée.
02:12Du coup, ça s'est accumulé.
02:14Et là, ce que nous propose donc la poste, c'est de les distribuer maintenant
02:17et de les mettre ou de les aviser ou de les mettre en recommandé.
02:20Donc, on a une situation où en fait, on a plein plein de colis, ce que nous, on appelle en
02:25instance,
02:25c'est-à-dire qu'ils sont bloqués dans le centre de distribution du 15e et en fait, on doit
02:30les remettre
02:31ou dans les boîtes aux lettres si on peut ou mettre des avis de passage pour que les gens aillent
02:35les chercher
02:35dans les deux bureaux de poste réacquisitionnés sur le 15e.
02:38Les colis en fait, que nous avons, ils sont déjà, c'est plusieurs produits parce que depuis plusieurs mois,
02:44il y a une grosse restructuration en interne en sein du groupe La Poste.
02:46Donc, nous sommes amenés à distribuer du colissimo des chronopostes
02:51et ce qu'en jargon interne, on appelle des PPI, des petits paquets import,
02:55dont la majorité par ailleurs vient de Chine parce que c'est l'usine du monde aujourd'hui.
03:01Dans ces paquets, tout simplement, je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de choses qui soient vitales à
03:04la population.
03:05Nous, depuis le début avec les collègues, ce qu'on demande à la direction,
03:08c'est qu'on ne distribue plus les publicités et ces petits paquets
03:12parce qu'en fait, on risque la santé des postiers, on risque la santé de nos proches en revenant du
03:17boulot
03:17et évidemment, on risque aussi de contaminer les usagers en allant chez eux.
03:21Moi, j'imagine très bien la situation d'une mère de famille ou d'un père de famille
03:25confinée depuis deux semaines avec des bambins, où ça ne doit pas être très évident,
03:29où on a envie peut-être de commander un jeu de société.
03:33Je peux comprendre les gens qui s'ennuient parce que quand on est sur Paris confinée
03:36depuis deux semaines, dix jours maintenant, pardon, dans un studio dix mètres carrés
03:41et qu'on est incité sur Internet à commander, parce que regardez tous les sites de distribution
03:46qui ne sont pas d'un enjeu vital pour la société, il y a des promotions en ce moment.
03:50Regardez sur Internet, au jour d'aujourd'hui, la livraison est gratuite par exemple,
03:55on nous incite à commander, donc moi je n'en veux pas aux usagers.
03:57Mes reproches, c'est qu'à un moment, dans une situation de crise sanitaire,
04:01la puissance publique doit intervenir, doit réguler, doit réguler ce marché
04:05et les entreprises de livraison doivent fermer.
04:07Il est inacceptable actuellement de voir le matin, de voir le facteur de chronoposte,
04:14d'UPS, de la poste, de coliposte se balader avec des publicités, des catalogues
04:20et des petits colis où on sait que non, il n'y a rien, il n'y a rien d
04:22'alimentaire,
04:23il n'y a rien de médical, il n'y a rien d'important.
04:25Et ça, le fautif, ce n'est pas tant l'usager qui commande et qui est incité à commander
04:29et qui s'ennuie.
04:30Le fautif, c'est l'entreprise qui ne ferme pas et c'est la puissance publique
04:34qui ne prend pas ses responsabilités et qui sous-estime la crise sanitaire actuellement.
04:37On est confiné dans le pays, on n'a pas le droit de sortir, on ne nous dit pas
04:40de voir plus de 5 personnes par jour, on a une limitation de nos libertés individuelles,
04:46on ne peut pas enterrer nos proches et par contre, il est tout à fait normal
04:49qu'on aille le matin dans un bureau de poste où 150 personnes devraient travailler.
04:53Mais c'est irresponsable, c'est totalement irresponsable et l'état premier actionnaire
04:57de la poste par exemple est le premier coupable.
04:59Nous, sur le bureau de Paris 15, comme sur l'ensemble des bureaux de Paris
05:02ou sur l'ensemble des bureaux de poste, notre entreprise refuse de communiquer
05:06sur ce qui se passe sur les bureaux d'à côté en termes de droits de retrait
05:09mais également en termes de personnes contaminées.
05:11On ne sait pas actuellement à la poste le nombre de personnes qui sont contaminées
05:14par le coronavirus qui peuvent le transmettre, on ne sait pas le nombre de bureaux
05:18qui auraient été fermés pour confinement suite à des maladies graves
05:21et on a l'impression vraiment qu'il y a une omerta sur ce qui se passe dans l'entreprise
05:25tout simplement pour que le business continue et qu'on travaille au maximum.
05:29Sud PTT par exemple, actuellement, met à jour tous les jours une carte virtuelle
05:34des alertes coronavirus dans les bureaux de poste
05:36mais on sait très bien qu'elle est totalement partielle.
05:39On n'a pas assez d'informations de remontée de terrain, on n'est pas présent partout
05:42et par contre la poste l'a.
05:44Et nous, on trouve que la poste devrait le faire
05:46et qu'on sache si c'est plus le facteur en distribution, le guichetier qui l'a, etc.
05:51Et ça, on n'a aucune info.
05:52Tout ce qu'on peut voir et ce que je peux lire et entendre en discutant avec des camarades
05:56c'est tant à Amazon, qu'à UPS, qu'à La Poste, qu'à Le Coliposte
06:00il y a une très forte inquiétude des personnels, une très très forte inquiétude
06:04inquiétude de tomber malade, inquiétude de transmettre la maladie aux usagers
06:07qu'on côtoie tous les jours et une inquiétude de le ramener à nos proches.
06:10Nous, on demande à la puissance publique, à notre premier actionnaire qui est l'État
06:14à nos directions, à nos différentes entreprises de fermer les établissements postaux
06:19car on distribue de la pub et des babioles à acheter sur Internet
06:24qui ne correspondent pas à une vision de service public en temps de crise.