00:00Bonjour Damien Mourgue, vous êtes délégué syndicale Force Ouvrière à Ryanair et la compagnie aérienne, dans un mail envoyé aux
00:08élus du personnel, menace de licencier 27 salariés, hôtesse, steward, si votre syndicat majoritaire, le SNPNC Force Ouvrière, ne s
00:18'engage pas rapidement à accepter une baisse des salaires.
00:21Eh bien en fait cela remonte au 11 mai où nous avons eu une habitation dans le cadre, nous supposons,
00:30d'une réunion bilatérale syndicale où la compagnie souhaitait nous faire un topo, une information sur l'aspect commercial, financier
00:41de la compagnie.
00:41On a expliqué un petit peu la situation, effectivement la compagnie n'a pas de vol, est à l'arrêt
00:49et donc la compagnie nous a expliqué qu'elle cherchait à réduire les coûts de toutes les manières possibles et
00:54donc initialement nous a dit, nous souhaitons réduire les salaires, bien sûr pour les membres d'équipage qui sont déjà
01:05au SMIC, ce n'est pas possible.
01:06En revanche pour les autres, chef de cabine, on vous demande de considérer une réduction de 20% sur votre
01:15salaire. On vous laisse quelques jours pour réfléchir et revenir avec nous avec une proposition.
01:19Ça c'était le 11, le 14, nous avons répondu que nous n'avions aucun document financier pour nous aider
01:31dans notre décision et que de toute manière les réductions de salaires devaient être adressées lors d'une réunion du
01:40comité social et économique.
01:42Ça c'était le 14 et donc le 15, nous avons reçu ce mail de la compagnie qui nous expliquait
01:48qu'ils étaient déçus quand ils nous ont demandé de travailler avec eux, de faire des propositions.
01:56Ils nous ont demandé plus d'informations sur la santé financière alors qu'une personne aveugle pouvait bien voir que
02:03le secteur aérien en tout cas a été en grande crise.
02:08Ensuite, effectivement, on nous a proposé des mesures visant à sauver notamment 27 personnes puisqu'il était expliqué que si
02:20nous n'acceptions pas, la police se retrouverait en France, en tout cas avec un surplus de 27 membres d
02:25'équipage.
02:25Donc parmi les mesures, il y avait effectivement une baisse, une réduction de 10% sur les salaires, 10%
02:33aussi en plus pour les nouvelles embauches,
02:37et une sorte de passage à un temps partiel à 80% qui réduirait le CIPRUS, 1539 euros, à 1231.
02:49Nous avions cinq jours pour répondre jusqu'au 20 mai et nous devions avoir répondu le 18, expliquant que, encore
02:57une fois,
02:57puisque ces propositions n'étaient pas faites dans le cadre du Conseil social et économique, nous n'avions toujours pas
03:04de documents dans la situation financière de la compagnie.
03:10Quelle est la situation économique de l'entreprise ?
03:12Effectivement, la compagnie s'attend à avoir une perte de 200 millions pour la période, effectivement, qui est la période
03:20pleine pour l'été.
03:23Après, la même semaine, la compagnie a révélé ses résultats pour l'année financière 2019 avec un milliard de bénéfices
03:34nets.
03:35Le Ryanair, aujourd'hui, c'est 15 milliards de trésorerie. Les caisses sont pleines de Ryanair. Ils n'ont aucun,
03:44aucun motif de demander aux salariés, aujourd'hui, de faire des efforts.
03:48Ils pourraient travailler parce qu'ils n'ont pas perdu un rond pendant la crise du Covid. En plus, c
03:53'est des salariés qui étaient au SMIC.
03:54Et là, ils veulent faire passer des plans de baisse de rémunération, y compris pour amener les salariés dans la
04:00misère,
04:01alors qu'ils avaient tous les moyens. Ils ont tous les moyens, aujourd'hui, pour faire autrement. C'est des
04:05salauds.
04:06Après avoir très largement utilisé le chômage partiel.
04:12Bien sûr. Bien sûr. C'est des gens qui, entre guillemets, ne connaissent pas le droit social, mais ils connaissent
04:18le droit de la finance.
04:20Ryanair est une entreprise qui a bénéficié d'aides publiques, notamment du chômage partiel, ces dernières semaines, ces derniers mois.
04:26Pour les hôtesses et les stewards payés au SMIC, notamment, la compagnie entend réduire leur temps de travail à 80
04:33%,
04:34une manière détournée encore de baisser les salaires. Comment cette proposition est vécue en interne ?
04:41Ce qu'il faut savoir, c'est que beaucoup de nos collègues sont jeunes et étrangers.
04:47Et c'est vrai qu'il y a une certaine peur, la menace de renvoyer jusqu'à 27 personnes,
04:58alors que l'on ignore les conditions du marché du travail, qui sont sûrement difficiles pour les prochains mois ou
05:07même années à venir.
05:09Donc voilà, effectivement, nos collègues ont peur.
05:13Les pouvoirs publics ont donné de l'argent public aux entreprises pendant les semaines qui viennent de se passer.
05:20Il faut exercer du contrôle.
05:23Ils ne leur ont pas quand même donné de l'argent public uniquement pour remplir les caisses de leur trésorerie,
05:28nous.
05:29Il y a bien une finalité sociale, ou alors, j'ai pas compris.
05:32Ou là, on ne nous l'a pas dit, peut-être.
05:34Et dans tous les cas, oui, il faut faire des contrôles.
05:37Oui, il faut s'opposer aux licenciements, bien sûr.
05:40Oui, il faut refuser les mises en cause des conditions de travail.
05:44Voilà ce que c'est Ryanair.
05:46Je dirais, les billets à 20 balles, ça a un coût.
05:50C'est que les salariés aujourd'hui, qui sont les hôtesses et les stewards, alors, ils ont les uniformes qui
05:56brillent, mais c'est des smicards.
05:59C'est des smicards.
06:00Les smicards, y compris, pour quand même que vos auditeurs en aient bien conscience, y compris au démarrage, quand ils
06:07sont arrivés en France, ils avaient des feuilles de paix qui n'étaient même pas au smic.
06:11Alors, la nouvelle loi, dénommée APC, pour Accord de performance collective, l'une des dispositions de cette fameuse réforme du
06:21Code du travail adoptée par ordonnance au début du quinquennat Macron,
06:25la loi fixe, encadre et dure cinq ans, doit être acceptée par la majorité des syndicats représentatifs, pour être validée.
06:34Alors, les dispositions, c'est d'accord, prévalent sur son contrat de travail des salariés et en cas de refus,
06:41celui-ci peut être licencié.
06:43Cette information, j'imagine qu'elle a circulé au sein de l'entreprise.
06:47Si on veut travailler ensemble, il faudra vous donner plus d'informations et faire des propositions raisonnables.
06:55Encore une fois, mettre les employés au niveau du seuil de pauvreté, on peut considérer que les efforts que le
07:04collègue, membre d'équipage payé au smic,
07:08les efforts qui leur sont demandés, ils les ont fournis déjà depuis qu'ils sont basés en France, puisque c
07:14'est le salaire qu'ils ont toujours eu.
07:16Madame Pellicot et M. Macron leur ont ouvert la porte, les autres, ils ont mis un piétan, maintenant ils s
07:20'en ouvrent.
07:21Donc, c'est bien clair que sur les bases du droit actuel, effectivement, s'il y a un accord dans
07:25l'entreprise qui prévoit qu'il y a des accords collectifs,
07:32les ACP, que Madame la ministre du Travail demande de tous ses meaux, effectivement, l'accord collectif pourrait l'emporter
07:42sur le droit individuel.
07:43Alors, ils disent « Ah ben non ! » Je dirais « Ah ben non ! » Je dirais «
07:45Attends, il y a un pays quoi ? » Il dit « C'est quoi ? » Ben non, non,
07:47non, non.
07:47Ce qu'aujourd'hui, le salarié qui refuse la modification de son contrat de travail, il est tiré.
07:53Dans la période actuelle, tout le monde le sait, en fonction des craintes qu'il y a, si ça, c
07:59'est pas du chantage, je serai bientôt à prendre la paix.
08:01L'appareil de production serait à terre. On aurait connu la guerre. Grosso modo, tout serait foutu.
08:10C'est du cinéma, tout ça. C'est du pipeau. Ce que les patrons, ce que le patronat n'a
08:17pas réussi à mettre en place jusqu'à présent,
08:19ils profitent de la crise sanitaire pour essayer de le mettre en place.
08:23Aujourd'hui, les patrons, ils passent à l'offensive. C'est ça qui est en train de se produire.
08:27Et ça, c'est inacceptable. Parce qu'ils veulent profiter d'une crise sanitaire, ni plus ni moins que pour
08:33mettre à bas le minimum de ce qu'on a encore pu garder.
08:38Donc, le danger, il est évident. Il est évident.
08:42Moi, ce que je souhaite, c'est surtout que les salariés soient bien conscients et qu'ils laissent pas faire.
08:46Quand vous êtes qualifiés aujourd'hui dans un secteur où 95% de l'activité est par terre,
08:57entre guillemets, faut pas se raconter d'histoire, hein, le chantage, il est vraiment là.
09:02C'est bien pour ça qu'on demande que les pouvoirs publics, ils interviennent.
09:05Parce que c'est à eux de faire respecter l'ordre public, aujourd'hui.
09:09C'est à eux de faire en sorte que, justement, on ne soit pas dans ces situations de chantage.
09:14Je fais ici, quelque part, que M. le maire refuse le chantage et considère que c'est pas des méthodes.
09:20Eh bien, si c'est pas des méthodes, qu'ils fassent respecter l'ordre public.
09:23Si M. Djibari considère, lui aussi, qu'il ne respecte pas le droit et les règles,
09:30qu'ils fassent respecter l'ordre public.
09:32Très bien, merci M. Edou.
09:34Et puis, de toute façon, on continuera à suivre votre actualité dans les jours qui viennent.
09:40Pas de soucis.
09:41Et je vous dis à très bientôt, au revoir.
09:45A bientôt, en souhaitant que Ryanair se remette, je dirais, dans le droit chemin.
09:52On sera attentif à tout ça.
09:56Merci beaucoup.
09:57A bientôt.
09:58Au revoir.
09:58Au revoir.