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  • il y a 1 minute
Alors que la période de confinement rentre dans sa quatrième semaine, l'Armée du Salut s'adapte afin d'assurer la distribution de repas dans les bidonvilles, foyers et suats de la Seine-Saint-Denis. Reportage.

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Transcription
00:00Ici on est au siège de la Fondation Armée du Salut, dans le 20e arrondissement.
00:04Et on est derrière le siège, il y a une épicerie sociale qui était ouverte jusqu'alors
00:09et qui a fermé avec le confinement du Covid, enfin lié au Covid-19.
00:13Et donc nous on a récupéré ces locaux pour monter un dispositif de distribution alimentaire.
00:18On récupère des paniers repas et des livraisons tous les matins
00:21et on va livrer environ 1400 personnes par jour, donc 2800 repas par jour.
00:31On a ciblé des sites très sensibles qui n'avaient pas d'appui associatif
00:35ou qui ont perdu un appui associatif dû au confinement du Covid.
00:39Donc on parle de campements avec des exilés en errance,
00:42on parle de bidonville rhum, de squads d'Africains de l'Ouest,
00:47notamment beaucoup de Maliens, des personnes qui aussi travaillaient au black
00:51ou travaillaient de petits métiers qui se sont arrêtés du jour au lendemain
00:55et qui se sont retrouvés en insécurité alimentaire.
00:57On a ciblé ces personnes-là et on arrive avec deux paniers repas par jour
01:00et l'accueil s'est bien fait, mais en fonction de chaque site et de chaque public,
01:03il a fallu mettre en place une procédure spéciale
01:06parce que ce n'est pas rien d'arriver avec des repas.
01:09On a dû un peu au départ tout faire, un peu pas tout seul,
01:13parce qu'il y a eu une énorme coopération interassociative
01:16qui a communiqué très fortement pour savoir qui était encore ouvert,
01:20qui n'était pas ouvert, est-ce qu'on s'envoie des bénévoles,
01:22on s'est vraiment entraîné, que ce soit en termes de ressources humaines,
01:25de ressources matérielles. Pareil pour la ville de Paris,
01:28nous sur un projet, on est avec la ville de Paris,
01:30ils ont des collègues qui n'étaient plus là,
01:32donc ils ont dû aussi repenser la manière d'intervenir auprès de nous.
01:36Les masques, on n'en avait pas du tout au départ,
01:38le gel hydroalcoolique bien sûr non plus.
01:40Donc ça, ça a été la grosse difficulté.
01:41Et puis là, après trois semaines, on s'est retrouvés,
01:44on sait qui est où, on sait où est le matériel
01:46et on s'en sort pas mal au niveau des ressources.
01:55Le matin, arrivent les trois traiteurs aux alentours de 8h du matin.
01:59À partir de là, on dispatche l'ensemble de la livraison dans les chambres froides,
02:06en attendant que les différentes équipes arrivent sur site ici aux alentours de 9h30.
02:11Et à partir de là, on charge des camions,
02:13on contacte les personnes pour leur donner approximativement notre heure de passage.
02:18Et à partir de là, on est accueillis.
02:19C'est drôlement bien organisé,
02:21parce que les personnes prennent le soin de nous accueillir,
02:25de décharger avec nous la marchandise.
02:27Et ensuite, ils assurent au sein du campement,
02:30au sein de l'hôtel social,
02:32la distribution pour les personnes qui y sont.
02:36On est que des roms ici sur le camp.
02:38On est des gens pauvres.
02:38On ne peut pas sortir, on ne peut pas procurer tout ça de la nourriture.
02:42Ça nous aide vraiment, parce que c'est un truc spécial qu'ils font pour nous.
02:49C'est déjà très bien,
02:51parce que nous, on a des enfants à nourrir.
02:54Avec leur aide, on peut vivre un peu.
02:56C'est juste pour nos familles, pour les mères, les grands-pères,
02:59tout ça qu'on a un peu inquiets.
03:01Mais sinon, pour nous, on n'a pas peur.
03:08Avec cette crise, avec le confinement et les mesures sanitaires,
03:12il y a eu une régression des prestations apportées aux sans-abri.
03:16Fermeture des centres d'accueil de jour,
03:18fermeture de certaines distributions alimentaires,
03:20accès aux toilettes et aux besoins vitaux beaucoup plus restreints.
03:24Et aujourd'hui, on arrive à coordonner des collectifs.
03:30Et ça, c'est ça qui est formidable.
03:32Peut-être qu'on ne le dit jamais assez.
03:33Mais les associations ont parfois des désaccords de modèles associatifs
03:39entre les grosses associations professionnalisées,
03:41dont on peut dire que la Fondation en fait partie,
03:44et puis des collectifs plus militants, parfois,
03:47mais aussi plus autonomes, plus mouvants et parfois plus politisés.
03:51Et je crois que ce qu'on arrive à démontrer là,
03:53c'est que des grosses associations professionnalisées
03:56peuvent travailler avec des associations qui parfois sont contestataires.
04:00Et on y arrive, parce qu'il y a une solidarité.
04:02Chacun avec sa culture.
04:04Et ça aussi, c'est le bénévolat.
04:11Aujourd'hui, ce qui est un peu nouveau pour nous,
04:12c'est qu'il y a beaucoup de matériel disponible,
04:14notamment des voitures, ce qu'on n'a pas trop au niveau associatif,
04:17et surtout beaucoup, beaucoup de personnes disponibles,
04:21des citoyens qui sont confinés et qui sont confinés seuls
04:25ou confinés avec quelqu'un qui est en bonne santé
04:26et donc qui proposent leur service.
04:28Donc on a beaucoup de gens qui viennent nous aider sur les projets.
04:32Beaucoup de nourriture, parce que les grandes distributions,
04:34pareil, n'arrivent pas à tout revendre,
04:36les marchés ont fermé.
04:37Donc on court un peu partout,
04:39mais il faut bien coordonner tout ça,
04:41mais les envies et la dynamique interassociative
04:45sont hyper intéressantes.
04:46Ça vous va à tous ?
04:47De passer un peu de temps avec chaque site
04:49et de savoir un peu qu'est-ce qui se passait avant pour eux.
04:52Et si nous, on part,
04:53comment ils comptent reprendre le relais au niveau alimentaire ?
04:56On n'est sur que des sites très, très sensibles,
04:58très, très isolés.
04:59Donc les gens vivaient beaucoup de la mendicité,
05:03de petits boulots, de boulots au black.
05:05On ne sait pas comment la machine va reprendre
05:07et comment eux vont reprendre les choses.
05:12À l'heure où nous parlons,
05:15je sais que les autorités sont en train de répondre
05:19à une de nos demandes,
05:20qui était de faire passer dans l'urgence
05:22des médecins,
05:24tester, créer les conditions de confinement
05:27pour les personnes qui ont des symptômes
05:29ou qui sont malades.
05:30La ville, elle, va continuer à faire son travail,
05:35c'est-à-dire apporter de la nourriture,
05:38apporter des moyens d'hygiène,
05:39apporter des kits sanitaires.
05:43Ce qui est certain, c'est que dans la ville seule,
05:45il n'y a pas les moyens de relogement.
05:47C'est à l'échelle de l'île de France
05:50qu'on peut trouver les moyens
05:52pour mettre à l'abri
05:53ces centaines et ces centaines de personnes.
05:56La principale difficulté des populations,
05:58c'est dans l'accès à la santé,
06:01c'est l'isolement,
06:03c'est la faiblesse de leurs revenus,
06:06c'est aussi parfois leur situation irrégulière.
06:09Il y a un certain nombre de sans-papiers
06:11qui n'ont pas accès au système de soins
06:13de la même manière
06:15parce qu'ils sont privés de droits
06:16et parce qu'ils n'osent pas aller
06:18dans un certain nombre de permanences.
06:21Et donc, pour moi,
06:23ce qui est à l'ordre du jour,
06:24c'est reconnaître que les inégalités sociales
06:27sont meurtrières.
06:28qu'elles ont des conséquences
06:30sur la vie des populations
06:32et on le voit là, clairement,
06:34avec la crise sanitaire que nous connaissons.

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