00:00Total prévoit de forer plus de 400 puits, dont plus de 130 à l'intérieur même de l'air naturel
00:07des Murchison Falls,
00:09qui est la plus grande aire protégée en Ouganda.
00:12Et les autres puits sont en bordure de l'air et sur les terres agricoles.
00:15Et par ailleurs, l'oléoduc, du coup, c'est un oléoduc qui s'appelle l'East African Crude Oil Pipeline,
00:21donc ICOP, qui lui va faire 1445 kilomètres de long et il va traverser toute une série d'espaces protégés
00:30aussi.
00:31400 kilomètres du tracé se trouve dans le bassin du lac Victoria, qui est la plus grande réserve d'eau
00:36douce en Afrique.
00:38Et tout ça pour arriver jusqu'en Tanzanie.
00:59L'urgence, en fait, aujourd'hui, elle est sociale, parce que pour construire toutes ces infrastructures,
01:04toutes les infrastructures liées au projet, Total, au travers de ces filiales et sous-traitants,
01:10est en train d'exproprier des dizaines de milliers de personnes en Ouganda et en Tanzanie.
01:15Les communautés, clairement, ont peur de nous parler.
01:18Donc, il y a tous nos témoignages qui sont mis dans le rapport,
01:21sont des témoignages anonymes pour essayer de protéger les personnes.
01:24Mais on a aussi, quand les communautés, les personnes étaient d'accord,
01:29on a aussi versé des témoignages directement dans la procédure judiciaire,
01:33parce que, de son côté, Total mit complètement les faits et nous dit qu'il n'y a pas de
01:38problème.
01:38Pourquoi ces gens, ces compagnies de l'eau, qui viennent et détruisent nos crops ?
01:49Pourquoi j'ai été surpris de laisser mon pays ?
01:57Il faut savoir que l'agriculture était à la fois la ressource principale d'alimentation,
02:01mais aussi de revenus.
02:02Donc, concrètement, les témoignages nous parlent de situations de famine,
02:06de situations de déscolarisation, qu'ils n'ont plus d'argent pour payer les prêts de scolarité,
02:11de difficultés d'accéder aux soins médicaux
02:14et, d'une façon générale, d'un désespoir et d'une peur,
02:18parce que beaucoup témoignent aussi du fait qu'ils ont dû signer les formulaires de cession de leur terre
02:25suite à des pressions et intimidations, que ce soit de Total, des sous-traitants ou de la police locale.
02:38Ça sera aussi surtout un désastre climatique,
02:41puisqu'on sait que si on veut éviter l'emballement du réchauffement climatique,
02:45il ne faut plus commencer aucun nouveau projet pétrolier,
02:49il faut laisser le pétrole dans le sol.
02:51Et là, non seulement Total prévoit de plorer plus de 400 puits,
02:55mais en plus, il prévoit de transporter ce pétrole au travers d'un oléoduc géant
02:58et il se targue que cet oléoduc sera le plus long oléoduc chauffé au monde,
03:03parce qu'en fait, ils devront chauffer à 50 degrés,
03:06parce que le pétrole est visqueux et donc il puisse bien couler dans l'oléoduc.
03:10Donc c'est une catastrophe à la fois écologique,
03:13parce que l'oléoduc traverse aussi de nombreux sites protégés,
03:16des zones humides classées Ramsar, etc.
03:19Donc un grand nombre d'écosystèmes sensibles qui vont être détruits
03:23et aussi qui sont très menacés en cas de fuite pétrolière.
03:27Et là, sur ce point, Total nous dit,
03:29enfin en fait dit dans sa response au rapport d'Oxfam qui était sorti il y a un mois,
03:33qu'il considère que les fuites de pétrole sont peu probables,
03:38alors qu'on sait que même dans des pays censés être plus stricts
03:41comme les États-Unis, etc.,
03:43il y a toujours des fuites quand on a des oléoducs.
03:53Cette loi sur le devoir de vigilance des multinationales,
03:55c'est une loi pour laquelle les Amis de la Terre se sont battus
03:57aux côtés d'autres associations et syndicats.
03:59Ça a été tout un parcours du combattant de réussir à la faire adopter,
04:02donc finalement en 2017.
04:04Et il faut savoir qu'on a perdu quand même des éléments dans la bataille face au lobby.
04:09Mais malgré tout ça, ça reste une loi qui est pionnière au niveau mondial,
04:13puisqu'elle reconnaît pour la première fois la responsabilité légale
04:17des maisons-mères des multinationales ou des sociétés d'honneur d'ordre
04:19par rapport aux activités qu'elles ont dans le monde entier,
04:23y compris celles qui sont réalisées au travers de filiales,
04:25de sous-traitants ou de fournisseurs.
04:28Et donc concrètement, elles ont l'obligation légale
04:32de prévenir les risques d'atteinte grave aux droits humains,
04:39aux libertés fondamentales, à la santé, à la sécurité des personnes
04:41et à l'environnement dans leurs activités dans le monde entier.
04:43Il faut savoir que notre affaire, c'est la toute première action en justice
04:47utilisant cette loi sur le devoir de vigilance des multinationales.
04:49Donc il n'y a aucune jurisprudence qui existe pour l'instant.
04:52Les juges, c'est la première fois qu'ils voyaient cette loi.
04:55Et donc ce cas entraîne beaucoup de débats sur l'interprétation de la loi.
05:00Et le premier débat aujourd'hui, c'est quel est le tribunal compétent
05:04pour juger une telle affaire.
05:06Donc en effet, en première absence, le tribunal judiciaire de Nanterre
05:09s'est déclaré incompétent.
05:10Nous, on considère que cette décision repose sur une interprétation erronée du droit.
05:18Et c'est pourquoi on fait appel.
05:20Et donc mercredi 28 octobre, il y aura l'audience en appel à la cour d'appel de Versailles.
05:25Et donc cette audience devra à la fois redécider sur quel est le tribunal compétent,
05:31puisque le tribunal judiciaire de Nanterre renvoyait vers le tribunal de commerce.
05:37Et donc ça, nous, on le conteste.
05:39Et par ailleurs, vu l'urgence de la situation sur le terrain que je décrivais,
05:44on demande à la cour d'appel de juger aussi le fond de l'affaire.
05:48Parce que c'est voir qu'en première instance, comme le tribunal s'était déclaré incompétent,
05:52il n'a rien dit sur est-ce que oui ou non, Total viole les droits humains en Ouganda et
05:57à Taizani.
05:58Est-ce que oui ou non, Total viole cette nouvelle loi sur le devoir de vigilance.
06:02Nous faisons une demande de jugement sur le fond à la cour d'appel de Versailles du fait d'urgence.
06:10Trois, il faut bien voir qu'aujourd'hui, près de 100 000 personnes n'ont pas accès à leur terre.
06:16Énormément de témoignages et tant le rapport des annulataires et de survie
06:19que d'autres rapports comme celui d'Oxlam qui est sorti en septembre,
06:23comme celui de la FIDEAS qui est sorti en septembre,
06:26comme aussi de nombreux reportages de médias tant ougandais qu'internationaux
06:31parlent de situation de grande précarité, de famine,
06:36de déscolarisation massive des enfants dans les familles impactées.
06:44Du coup, du fait de cette urgence-là, nous demandons que la cour d'appel de Versailles
06:48juge directement le fond dans l'idée de diminuer les délais.
06:52Pourquoi ? Parce que pendant ce délai-là, Total ne change pas ses pratiques sur place
06:58et ça, ça veut dire des conséquences dramatiques pour les populations.
07:02Du coup, l'idée, c'est vraiment une course contre l'âme.
07:05L'idée, c'est vraiment d'essayer d'arrêter au plus vite toutes ces violations en Afrique de l'Est.
07:19Pour nous soutenir, les citoyens peuvent le faire et se mobiliser à nos côtés.
07:22On a un site internet qui s'appelle totalautribunal.org
07:25sur lequel il y a une pétition pour soutenir cette action en justice.
07:31On a besoin de ce soutien, ces citoyens.
07:32Il faut savoir qu'il y a aussi une autre pétition qui a été lancée au niveau international
07:37et qui réunit déjà plus d'un million de signatures.
07:40et on pense qu'avec ce poids, on peut, en plus de l'action en justice,
07:45faire pression sur Total et on espère que cette pression portera ses fruits.
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