00:00Vous avez passé le bac en quelle année ? Ah, le bac année Covid, vous n'avez pas trop travaillé.
00:04On a peur d'avoir perdu cette valeur qu'apporte le présentiel, cette valeur qui était là avant le Covid.
00:13Ça a été quelque chose de quand même assez difficile parce qu'à Paris, par exemple,
00:16il y a certains lycées qui sont restés en présentiel pendant très longtemps
00:19et on sait qu'on a du retard par rapport à eux.
00:27On n'a pas peur de ne pas avoir notre bac, on a juste peur de faire un burn-out
00:31à 18 ans ou à 17 ans,
00:33d'être tellement stressé que certains élèves commencent à être sous anxiolytique.
00:37On est quand même des adolescents, on est des jeunes adultes.
00:40Ça, c'est plutôt un truc de personnes plus mûres, plus âgées, le stress, du travail, etc.
00:45On veut juste être libéré de ce fardeau et de ce stress permanent.
00:55Nos professeurs nous comprennent, on leur a expliqué, on est partis dans la salle des profs,
00:58on leur a expliqué, ils nous apportent leur soutien.
01:01Même s'ils ont un devoir de réserve, ils essayent de nous donner des contacts,
01:04ils font en sorte vraiment à ce que notre mouvement prenne de l'ampleur.
01:08On vit ensemble en fait, en quelque sorte, on vit dans le lycée ensemble, on les voit énormément.
01:12On comprend leur état d'esprit et ils comprennent notre état d'esprit.
01:15Eux-mêmes sont dans une situation très délicate.
01:17On est tous fatigués de la situation et on se serre les coudes et c'est important.
01:21C'est une prof qui nous a donné l'idée de faire une grève et non pas un blocus.
01:26Elle nous a un peu dit que si on criait, qu'on cassait, notre parole n'allait pas être légitime.
01:31Donc en fait, elle nous a un petit peu ensufflé l'idée de faire un mouvement pacifique.
01:34Nos profs sont là pour nous éduquer, non pas uniquement à nos cours en histoire, en géo, en sciences.
01:40C'est vraiment aussi nous éduquer, nous apprennent à devenir de vrais bons citoyens.
01:49On sait que déjà, les études supérieures, ce n'est pas évident.
01:51Si en plus, ça continue en distanciel, ça sera de moins en moins évident.
01:57On a peur de ne pas avoir le niveau.
01:59On espère tout de même que, encore une fois, l'enseignement supérieur s'adaptera à nous.
02:03Parce que ce n'est pas de notre faute et qu'on n'y peut vraiment rien.
02:07On est dans une optique de ne pas gêner, mais de se faire entendre, d'être légitime et d'avoir
02:12une parole qui vaut quelque chose.
02:14Et on essaie de faire valoir cette parole par nos actes.
02:16Être jeune en 2021, c'est dur, on l'a déjà dit.
02:20Être jeune et se projeter en 2021, c'est encore plus dur.
02:23Parce que se projeter dans quoi ? Dans un avenir ?
02:26En fait, dans cet avenir-là, est-ce qu'il y aura encore le Covid ?
02:29Est-ce qu'il ne sera plus ? Est-ce qu'on sera en présentiel ? Est-ce qu'on
02:31sera en distanciel ?
02:32Est-ce qu'on pourra avoir une année normale ? Est-ce qu'on aura encore une année un petit
02:36peu, enfin très compliquée ?
02:38On se projette difficilement et c'est vrai qu'on se projette aussi dans beaucoup de peurs, beaucoup de doutes.
02:50En fait, il y aura une vie avant le Covid et une vie après le Covid.
02:53Je ne pense pas qu'on pourra retourner en arrière.
02:56En plus, avec les variants, c'est quelque chose de tellement incertain qu'on sait que ça ne sera plus
03:01jamais pareil.
03:01C'est vrai qu'il y a quelque chose qui s'est perdu et on a peur d'être dévalorisé
03:05et d'être un petit peu stigmatisé sur ça.
03:08On a peur à la stigmatisation à cause du Covid.
03:11Et ça, je pense que c'est important de dire.
03:21On est en contact avec d'autres lycées d'Aubervilliers.
03:23On est aussi en contact avec des lycées du 93, notamment le lycée Jacques Brel à la Courneuve,
03:28où on essaie de créer des choses à une plus grande échelle.
03:32Donc comme le disait Kadija tout à l'heure, c'est au niveau de notre lycée.
03:35Ensuite, ce sera au niveau de notre ville.
03:36Ensuite, ce sera au niveau de notre département.
03:38Et on espère aller jusqu'au niveau national, de toutes les régions de France
03:43et d'inviter un peu à cette mobilisation qui est légitime et qui se veut être grande.
03:56On n'arrêtera pas tant qu'on ne sera pas écouté et qu'on ne sera pas entendu surtout.
03:59Et on gardera des souvenirs inoubliables de ces moments,
04:01parce que c'est vrai que c'est des moments de fraternité et de solidarité.
04:03On est tous ensemble, on est tous solidaires et on s'aime tous en fait.
04:07Donc c'est joli dans ce sens-là.
04:09On abandonne toutes nos différences pour lutter et pour se mettre derrière un seul et même but.
04:16Et c'est vrai que ça, c'est beau.
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