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Élèves de Terminale générale au lycée Le Corbusier d'Aubervilliers, Jasmine et Kadidia nous révèlent les raisons de leur mobilisation afin d'obtenir un bac en contrôle continu après plus d'un an sous contrainte sanitaire. Les deux amies se projettent avec beaucoup de doutes sur leur avenir. Témoignages.

"Vous avez passé le bac en quelle année ? Ah, l'année covid, vous n'avez pas beaucoup travaillé..." Jasmine et Kadidia, amies et camarades de classe en Terminale au lycée Le Corbusier d'Aubervilliers sont déterminées à ne pas finir leur scolarité de lycéenne avec la peur au ventre.
Elles dressent un constat accablant de leur enseignement qui a été stoppé net depuis plus d'un an avec quelques reprises en pointillé.

Dès novembre 2020, elles ont été confinées une nouvelle fois lors de la seconde vague de coronavirus. Enfermées chez leurs parents, elles enchaînent les cours par visio et les devoirs à distance dans une profonde solitude.

Inégalités indéniables
Consciente que les conditions de préparation du bac sont marquées par des inégalités indéniables, Kadidia s'inquiète : "À Paris, certains lycées sont restés en présentiel pendant très longtemps et on sait qu'on a du retard par rapport à eux"..

"On est tellement stressés que certains élèves sont sous anxiolytiques, on est quand même des adolescents" s'inquiète Jasmine.

Depuis une semaine, elles participent avec les conseils de quelques enseignants, au mouvement lycéen qui revendique un bac en contrôle continu total, sans réaliser le blocage de leur lycée.

Déterminées à aller jusqu'au bout
Depuis le 3 mai, elles sont déterminées à aller jusqu'au bout et espèrent voir leur mouvement s'étendre à tous les lycées de la commune, puis au département avec l'espoir d'un grand mouvement national.

"Être jeune en 2021 c'est dur mais être jeune en 2021 et se projeter dans l'avenir, c'est encore plus dur" s'indigne Jasmine.

Un mouvement pacifique et collectif qui ne souhaite pas déclencher de blocus de leur établissement mais qui dénonce les "mesures de façade" du ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.
Le grand oral de français doit avoir lieu du 21 juin au 2 juillet.

#bacnoir

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Transcription
00:00Vous avez passé le bac en quelle année ? Ah, le bac année Covid, vous n'avez pas trop travaillé.
00:04On a peur d'avoir perdu cette valeur qu'apporte le présentiel, cette valeur qui était là avant le Covid.
00:13Ça a été quelque chose de quand même assez difficile parce qu'à Paris, par exemple,
00:16il y a certains lycées qui sont restés en présentiel pendant très longtemps
00:19et on sait qu'on a du retard par rapport à eux.
00:27On n'a pas peur de ne pas avoir notre bac, on a juste peur de faire un burn-out
00:31à 18 ans ou à 17 ans,
00:33d'être tellement stressé que certains élèves commencent à être sous anxiolytique.
00:37On est quand même des adolescents, on est des jeunes adultes.
00:40Ça, c'est plutôt un truc de personnes plus mûres, plus âgées, le stress, du travail, etc.
00:45On veut juste être libéré de ce fardeau et de ce stress permanent.
00:55Nos professeurs nous comprennent, on leur a expliqué, on est partis dans la salle des profs,
00:58on leur a expliqué, ils nous apportent leur soutien.
01:01Même s'ils ont un devoir de réserve, ils essayent de nous donner des contacts,
01:04ils font en sorte vraiment à ce que notre mouvement prenne de l'ampleur.
01:08On vit ensemble en fait, en quelque sorte, on vit dans le lycée ensemble, on les voit énormément.
01:12On comprend leur état d'esprit et ils comprennent notre état d'esprit.
01:15Eux-mêmes sont dans une situation très délicate.
01:17On est tous fatigués de la situation et on se serre les coudes et c'est important.
01:21C'est une prof qui nous a donné l'idée de faire une grève et non pas un blocus.
01:26Elle nous a un peu dit que si on criait, qu'on cassait, notre parole n'allait pas être légitime.
01:31Donc en fait, elle nous a un petit peu ensufflé l'idée de faire un mouvement pacifique.
01:34Nos profs sont là pour nous éduquer, non pas uniquement à nos cours en histoire, en géo, en sciences.
01:40C'est vraiment aussi nous éduquer, nous apprennent à devenir de vrais bons citoyens.
01:49On sait que déjà, les études supérieures, ce n'est pas évident.
01:51Si en plus, ça continue en distanciel, ça sera de moins en moins évident.
01:57On a peur de ne pas avoir le niveau.
01:59On espère tout de même que, encore une fois, l'enseignement supérieur s'adaptera à nous.
02:03Parce que ce n'est pas de notre faute et qu'on n'y peut vraiment rien.
02:07On est dans une optique de ne pas gêner, mais de se faire entendre, d'être légitime et d'avoir
02:12une parole qui vaut quelque chose.
02:14Et on essaie de faire valoir cette parole par nos actes.
02:16Être jeune en 2021, c'est dur, on l'a déjà dit.
02:20Être jeune et se projeter en 2021, c'est encore plus dur.
02:23Parce que se projeter dans quoi ? Dans un avenir ?
02:26En fait, dans cet avenir-là, est-ce qu'il y aura encore le Covid ?
02:29Est-ce qu'il ne sera plus ? Est-ce qu'on sera en présentiel ? Est-ce qu'on
02:31sera en distanciel ?
02:32Est-ce qu'on pourra avoir une année normale ? Est-ce qu'on aura encore une année un petit
02:36peu, enfin très compliquée ?
02:38On se projette difficilement et c'est vrai qu'on se projette aussi dans beaucoup de peurs, beaucoup de doutes.
02:50En fait, il y aura une vie avant le Covid et une vie après le Covid.
02:53Je ne pense pas qu'on pourra retourner en arrière.
02:56En plus, avec les variants, c'est quelque chose de tellement incertain qu'on sait que ça ne sera plus
03:01jamais pareil.
03:01C'est vrai qu'il y a quelque chose qui s'est perdu et on a peur d'être dévalorisé
03:05et d'être un petit peu stigmatisé sur ça.
03:08On a peur à la stigmatisation à cause du Covid.
03:11Et ça, je pense que c'est important de dire.
03:21On est en contact avec d'autres lycées d'Aubervilliers.
03:23On est aussi en contact avec des lycées du 93, notamment le lycée Jacques Brel à la Courneuve,
03:28où on essaie de créer des choses à une plus grande échelle.
03:32Donc comme le disait Kadija tout à l'heure, c'est au niveau de notre lycée.
03:35Ensuite, ce sera au niveau de notre ville.
03:36Ensuite, ce sera au niveau de notre département.
03:38Et on espère aller jusqu'au niveau national, de toutes les régions de France
03:43et d'inviter un peu à cette mobilisation qui est légitime et qui se veut être grande.
03:56On n'arrêtera pas tant qu'on ne sera pas écouté et qu'on ne sera pas entendu surtout.
03:59Et on gardera des souvenirs inoubliables de ces moments,
04:01parce que c'est vrai que c'est des moments de fraternité et de solidarité.
04:03On est tous ensemble, on est tous solidaires et on s'aime tous en fait.
04:07Donc c'est joli dans ce sens-là.
04:09On abandonne toutes nos différences pour lutter et pour se mettre derrière un seul et même but.
04:16Et c'est vrai que ça, c'est beau.
04:18Sous-titrage Société Radio-Canada

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