- il y a 14 heures
Alors que plus de 300 établissements sont perturbés ou bloqués dans toute la France, la contestation lycéenne prend une ampleur inattendue. Rejet massif de Parcoursup, dégradation matérielle des établissements, manque de moyens, stress du contrôle continu ou violences policières, les raisons du mécontentement de la jeunesse s'accumulent.
Chloé B., 17 ans, élève en terminale à Gardanne (13) et conseillère nationale du Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF), témoigne de la réalité des blocus sur le terrain, de la réponse autoritaire du gouvernement et revient sur les perspectives d'une convergence des luttes.
Avec Anthony Cortes, journaliste à l'Humanité, et le streamer RiboDansLaSauce.
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00:00 338 lycées mobilisés en France
00:59 Le blocage du lycée à Gardanne : le déroulé des événements
04:10 Les revendications des lycéens
12:07 Une jeunesse plus politisée qu'avant ?
18:01 Répression policière et intimidation des élèves mineurs
33:19 Quelle suite pour le mouvement ?
Chloé B., 17 ans, élève en terminale à Gardanne (13) et conseillère nationale du Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF), témoigne de la réalité des blocus sur le terrain, de la réponse autoritaire du gouvernement et revient sur les perspectives d'une convergence des luttes.
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04:10 Les revendications des lycéens
12:07 Une jeunesse plus politisée qu'avant ?
18:01 Répression policière et intimidation des élèves mineurs
33:19 Quelle suite pour le mouvement ?
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00:01Donc on va parler des manifestations de lycéens et de lycéennes. Je te propose de commencer.
00:06Les manifestations lycéennes, donc hier, ça a rassemblé 338 établissements. On va en parler avec notre invitée, Chloé Barbet. Salut
00:15!
00:16Salut !
00:16Alors, tu es conseillère nationale du MJCF et lycéenne à Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône.
00:23Peut-être on va commencer là-dessus, en parlant de ces derniers jours, comment tu les as vécues au lycée.
00:29Juste avant, je précise que du coup, Rayad Rani, président de l'USL, devait nous rejoindre.
00:34Mais il a été freiné par une réunion de dernière minute avec Madame Sophie Binet.
00:39Avec Sophie Binet. Donc ça va, c'est une bonne excuse. Ce n'est pas qu'il ne s'est
00:41pas réveillé.
00:42C'est la dernière fois.
00:43Quoi ? Tu n'es pas là ? Mais pourquoi ? Chloé avec Sophie Binet ? Ça va du coup.
00:47Bonne excuse.
00:48Alors Chloé, donc tu as 17 ans, tu es en terminale, au lycée Gardanne.
00:52Par contre-nous tout simplement, comment tu as vécu ces derniers jours de mobilisation ?
00:56Comment ça s'est passé autour de ton lycée ?
00:58Oui. Alors, si je dois me concentrer principalement sur mon lycée, on avait déjà prévu depuis, en fait, dès la
01:05rentrée, de bloquer le lycée, sans en parler, en faisant quelque chose d'assez discret et tout ça.
01:10Voilà. Puis le principal, si vous voulez tout savoir, a envoyé un message la veille du blocage pour dire attention,
01:18n'emmenez pas vos enfants, tout ça.
01:20Bon, donc c'était un peu tendu dès la veille du blocage.
01:23Mais le blocage a quand même tenu dans mon lycée personnellement.
01:27Donc voilà, on s'est donné rendez-vous vers 6h30.
01:28On a commencé à monter les poubelles, poubelles qui ont tenu jusqu'à 9h.
01:32Donc, sachant que les cours commencent à 8h, les lycéens ont pu voir et se rendre compte de ce qui
01:37se passait.
01:39Ensuite, voilà, les policiers ont enlevé les poubelles.
01:41Et à ce moment-là, les lycéens se sont assis devant le portail du lycée.
01:47Vous avez peut-être vu des images qui ont circulé de Gardanne, il y en a pas mal.
01:51Et donc, très peu d'élèves sont rentrés, même s'il y a deux entrées, dont une qui n'était
01:55pas bouchée.
01:56En fait, c'était, on bloquait, mais aussi et surtout, les lycéens, ils entendaient et ils avaient envie de venir
02:02avec nous, en fait.
02:03D'accord.
02:04Tout ça, parce qu'en soi, ils avaient la possibilité de rentrer.
02:07Il y en a même qui sont rentrés en enjambant quelques élèves qui étaient assis.
02:11Puis il y avait une autre entrée, quand il y avait les poubelles, l'entrée des professeurs qui était aussi
02:15ouverte.
02:16Et pourtant, très peu d'élèves sont rentrés, vraiment.
02:19Et il y avait un gros attroupement devant le lycée avec tous les lycéens qui nous soutenaient, qui voulaient rester
02:24avec nous, en fait.
02:25D'accord.
02:26Donc, les lycéens étaient avec vous.
02:28Et en amont, comment ça s'est passé, l'organisation ?
02:30Parce que tu disais, on en parlait un petit peu avant, on a essayé de garder ça secret.
02:34Comment est-ce que ça s'est passé ?
02:35Les discussions, elles ressemblaient à quoi ?
02:38Quel point vous avez mis en avant ?
02:39Comment vous avez organisé tout ça ?
02:41Oui, bien sûr.
02:42Alors, ce qu'on fait en général, nous, à l'AGC, dans les Bouches-du-Rhône, partout en France et
02:48à Gardanne,
02:48c'est qu'en amont d'un blocage, on organise un atelier à fiches, en fait, pour rassembler les élèves
02:54lycéens qui ne sont même pas forcément du mouvement,
02:56mais qui vont peut-être découvrir le mouvement par le biais de ce blocage et de cette organisation.
03:01Et donc, là, c'est un moment vraiment convivial, chacun apporte de quoi dessiner, on discute, on commence un petit
03:10peu à organiser, à préparer.
03:12Voilà, il va falloir aller chercher les poubelles, voilà, où on peut en trouver dans la ville, voilà, l'heure
03:17à laquelle il faut arriver, un peu le matériel, voilà, si vous avez une enceinte, des choses comme ça.
03:22Voilà, et donc, voilà, ça, ça se fait en général le week-end d'avant, on fait ce petit atelier,
03:27on rencontre les lycéens, soit qui viennent arriver de seconde,
03:30soit qui ont entendu parler du blocage et qui ont envie de nous retrouver.
03:34Et aussi, on tracte, on a tracté aussi dès la rentrée avec le MJCF, donc on a écrit un tract
03:39qu'on a distribué dans beaucoup de lycées France.
03:44Dès le 2 septembre, voilà, des lycéens étaient mobilisés et tractés pour ce blocage.
03:50Donc, c'est vraiment quelque chose qui est prévu, en fait, depuis le début de l'année.
03:53D'accord, ok. Et au niveau des points, disons, de doléance ou d'inquiétude, plutôt, les débats se sont concentrés
04:01autour de quoi, que ce soit entre vous et même après, avec les lycéens qui vous ont rejoints peut-être
04:06ensuite.
04:07Qu'est-ce qui vous préoccupe vraiment ?
04:10Là, c'est vrai que ce qui revient le plus hier et depuis déjà un certain temps, c'est vraiment
04:16Parcoursup.
04:17C'est, je pense, je dirais que c'est vraiment la revendication première.
04:22Voilà, cette sélection des élèves qui est faite chaque année, le manque d'informations sur celle-ci, la sélection genrée,
04:32la sélection même, la concurrence qu'elle est établie entre nous, ce climat de tension, de stress.
04:38Dès la seconde, on en entend parler et on se sent concerné.
04:42Donc, voilà, ça, je dirais que c'est vraiment le premier point qui est revenu.
04:47Et nous, au MJF, ce qu'on répond, c'est un service public de l'orientation.
04:52Donc, c'est ce qu'on demande, des moyens pour mettre en place ce service public et orienter d'une
04:59bien meilleure façon de ce qu'elle est aujourd'hui.
05:03D'accord, j'imagine qu'il y a peut-être aussi d'autres revendications, aussi en termes de conditions d
05:08'études, tout simplement, en termes de manque de budget.
05:11On a beaucoup entendu parler de précarité, enfin, pas précarité, mais de mauvaise condition, de salles qui sont mal chauffées,
05:17insalubres, vraiment d'établissements qui tombent quasiment en ruine.
05:21Est-ce que toi, dans ton établissement ou de manière générale, de ce que tu as pu entendre autour de
05:24toi, ça se jouait aussi à ce niveau-là en termes de revendication et en termes de motivation à se
05:29mettre en action ?
05:30Oui, oui, bien sûr, c'est vrai que voilà, je vous parle de la revendication première qu'est Parcoursup, mais
05:34derrière, on en a plein.
05:37On a évidemment, comme vous le dites, les établissements qui sont insalubres, avec des manques de place, un manque de
05:46personnel, surtout, des profs pas remplacés, des classes surchargées.
05:51C'est vraiment quelque chose qu'on appelle. Par exemple, pour prendre un exemple de moi, dans mon établissement, c
05:57'est vrai que la cantine, par exemple, est beaucoup trop petite.
05:59Il y en a beaucoup qui n'ont pas le temps en une heure de manger. C'est vrai que
06:03les toilettes, elles se font vieilles.
06:06Enfin, il y a plein de problèmes à ce niveau-là des établissements, mais aussi dans toute la logistique de
06:13budget qui est autour des professeurs, des remplacements, de la dotation à l'heure globale aussi.
06:22C'est vrai que ça, en plus, ça crée de fortes inégalités territoriales, surtout en fonction de voilà, par là,
06:30on n'a plus d'argent, on enlève l'option latin.
06:32Là-bas, le théâtre, là-bas, la musique. Et puis finalement, tout ça, encore une fois, réuni sur Parcoursup, encore
06:40les inégalités.
06:42On parle beaucoup de Parcoursup, mais il y a le bac, forcément. Est-ce que là aussi, ça joue le
06:47fait que le contre-continu, la réforme macroniste qu'on doit à Emmanuel Macron ?
06:53Blanquer en particulier, au début de Macron, au début de son premier mandat, c'était juste avant que je devienne
06:57prof.
06:58Côté prof, côté élève, je sais un peu moins, mais côté prof, ça avait vraiment révolté le corps enseignant au
07:02lycée.
07:03C'était dramatique à l'époque, vraiment.
07:04Et du coup, côté élève, comment vous vivez cette réforme-là avec du stress, j'imagine ?
07:09Et est-ce que ça joue dans la mobilisation aussi ?
07:12Oui, évidemment, ça joue forcément parce que là, il y a cette idée de jusqu'à quand on va encore
07:17pouvoir bloquer,
07:19sachant que nos revendications, elles sont fortes, qu'on a envie que ça change et qu'on veut être là.
07:23Mais en même temps, à côté, on a ce contrôle continu qui fait qu'on ne sera peut-être pas
07:30bachelier
07:30si on ne fait pas tout ce qu'il faut faire pour l'être.
07:34Et si on rate trop de cours, tout ça, c'est compter en permanence.
07:39On est sous tension, c'est un stress permanent.
07:42Et puis, on se sent noté à chaque fois, pour chaque note.
07:45Et puis, encore une fois, il y a cette idée de concurrence aussi.
07:48Ça nous monte les uns contre les autres parce que tout se joue en fonction de la moyenne de classe
07:52aussi.
07:53Donc, on oublie ce truc de solidarité où on s'entraide et tout.
07:58Et on part vite sur chacun pour soi.
08:02C'est vraiment un problème.
08:04Non, non, mais tu as dit tout se joue sur la moyenne de classe.
08:07Donc, qu'est-ce que tu veux dire par là ?
08:08Je n'ai pas les datas par rapport à ça.
08:10Oui, pardon.
08:10Non, mais c'est vrai que, bon, encore une fois, par cours simple, j'y reviens.
08:14Mais voilà, quand ils vont différencier deux dossiers, voire par rapport aux notes qu'a un élève et un note
08:21dans la classe,
08:22si le professeur note assez sévèrement les nœuds, les élèves en général, la moyenne de classe, elle baisse un peu.
08:29S'ils notent mieux.
08:31Donc, en fait, c'est tout est un peu centré au niveau des notes, beaucoup autour de la moyenne de
08:36classe.
08:37Parce qu'on se compare.
08:39Est-ce qu'on est au-dessus ? Est-ce qu'on est en dessous ?
08:42Et après, c'est recalculé en fonction de ça, en fait.
08:45D'accord.
08:45Donc, c'est par rapport à sa propre classe que Parcoursup va décider est-ce qu'on a fait partie
08:49des bons ou des meilleurs.
08:50Donc, si on est dans une bonne classe, ça crée une compétition interne à la classe.
08:53Donc, quoi qu'il en soit, on n'échappe pas à cette compétition entre les élèves.
08:56Ok, d'accord.
08:56Ça, je le savais pas.
08:57Typiquement, c'est intéressant.
08:58C'est vrai que l'héritage macroniste, c'est aussi ça.
08:59C'est d'avoir mis cette concurrence-là à tous les étages un petit peu.
09:03Parce que si tu parles de cette concurrence-là, on pourrait parler de celle entre les établissements, au niveau de
09:06Parcoursup, etc.
09:08Entre les profs et les contractuels aussi, entre les fonctionnaires et les contractuels, ce genre de choses.
09:12Exactement.
09:13Et est-ce que ça fait aussi partie de ce bilan-là, du côté des jeunes communistes aussi, de se
09:18dire, on se mobilise pour les raisons dont on a parlé, mais aussi pour un autre modèle de société, j
09:25'imagine.
09:25Oui, bien sûr.
09:26C'est un tout, en fait.
09:28Tout ce qu'on pourra changer au lycée pour l'améliorer en mieux, pour défendre mieux nos droits, dans de
09:35meilleures conditions, mieux apprendre.
09:37Bien sûr, ça changera, évidemment.
09:40Et toi, comment est-ce que tu vis le fait de te projeter ? Parce que du coup, tu es
09:43en terminale, donc ensuite, les études supérieures.
09:47On a parlé de ce stress de Parcoursup, mais après, comment est-ce que tu envisages ta condition d'étudiante,
09:53peut-être ?
09:53Alors, je ne sais pas si tu veux faire des études supérieures, mais est-ce que ça aussi, ça joue
09:57dans la volonté de se mobiliser, en se disant, déjà, c'est compliqué aujourd'hui avec le contrôle continu, avec
10:01Parcoursup, mais ce sera compliqué aussi après ?
10:03Après, on a parlé tout à l'heure de la réduction du gel des APL, par exemple.
10:07Est-ce que ça fait partie des conditions de se mobiliser aussi ?
10:11Oui, bien sûr, on y pense tous, aussi, notamment quand, personnellement, je vois les chiffres, donc, sur tous les élèves
10:22qui s'inscrivent sur Parcoursup,
10:25qu'il y en a un élève sur trois qui, en fait, ne sort pas de la terminale, en fait,
10:30c'est des réorientations.
10:31Et ça aussi, c'est compliqué, la réorientation, si on doit se projeter, qu'on n'est pas trop sûr,
10:37en fait, de ce qu'on veut faire l'année prochaine,
10:39parce que c'est difficile de choisir.
10:41Et puis, en plus, avec la réforme du bac, ou par rapport aux spécialités, en fait, concrètement, il y a
10:47des spécialités que, si tu n'as pas,
10:49tu as beaucoup moins de chances de faire certaines études.
10:53Et ça aussi, ça rentre dans la réforme du bac, qui est assez difficile, voilà, pour se projeter sur un
10:59avenir.
11:00C'est pas facile.
11:02D'habitude, j'ai l'impression, en tout cas, que les mouvements sociaux, en tout cas de la jeunesse,
11:06naissent plutôt à l'université, et puis après, ils se propagent au lycée, là, c'est l'inverse.
11:10Comment est-ce que tu l'expliques ? C'est parce qu'aujourd'hui, la souffrance des jeunes, elle est
11:14en particulier au lycée, tu trouves ?
11:17Oui, moi, je trouve ça, ça se voit aussi quand, dans les organisations, les syndicats se concentrent vraiment sur les
11:24lycées,
11:25on voit qu'il y a un vrai changement.
11:26Alors, attention, les étudiants aussi, c'est très difficile, avec les étudiants étrangers, tout ça, il y a beaucoup de
11:34revendications aussi.
11:35Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, dans nos lycées, c'est très difficile d'étudier.
11:40Et donc, il faut se mobiliser, il faut trouver d'autres solutions, en fait, pour apprendre et échanger les choses,
11:48parce que ça va plus, quoi.
11:50Tout à l'heure, on parlait de la manif d'hier, et je crois qu'il y avait pas mal
11:55de jeunes.
11:56Est-ce que toi, tu y étais, est-ce que tu espères une convergence de lutte ?
11:59Nous, entre nous, on se disait qu'on est...
12:01Oui, on parlait beaucoup de ça.
12:02...que ça converge et que ça fasse sa juile. Est-ce que tu penses que c'est quelque chose qui
12:05est possible dans les semaines à venir ?
12:07Ben, ouais, je pense vraiment... Honnêtement, moi, quand je me suis réveillée lundi matin et que j'ai vu que,
12:12dès lundi, des lycées étaient bloqués, je m'y attendais pas du tout.
12:15Parce que l'appel, c'était vraiment le mardi, enfin, c'était le 29.
12:18Moi, j'avais pas entendu que, dès lundi, il y aurait... Et je m'y attendais pas du tout à
12:22ça.
12:23Et là, encore aujourd'hui, donc ça fait déjà trois jours que certains lycées sont bloqués.
12:28Alors, c'était vraiment concentré sur le 29, mais là, dès lundi, ensuite mercredi, aujourd'hui, nous, on a le
12:35lycée Saint-Charles à Marseille, qui est encore bloqué aujourd'hui, qui est bloqué depuis hier.
12:39Donc, ouais, c'est vraiment quelque chose qui s'étend.
12:42Et puis, dans les cortèges lycéens, par exemple, moi, du coup, hier, je suis descendue à la manifestation à Marseille.
12:48Et le cortège lycéen, c'était le plus gros de la... Enfin, l'un des plus gros, ouais, c'était
12:52bien le deuxième, peut-être.
12:53Il y avait beaucoup de lycéens qui menaient la marche. Et oui, je pense que ça se réveille, là.
12:58OK. OK. C'est intéressant, ça.
12:59Alors, du coup, le fait que certains blocages ont commencé dès le lundi, c'est quoi ?
13:02C'est que le mot d'ordre a été modifié au fur et à mesure et ça a été dépassé
13:06au lundi ?
13:06Ou c'est qu'à la base, ça devait être le mardi et par la base, en vérité, ça a
13:10été dépassé avec certains élèves, pardon,
13:12qui ont décidé de bloquer dès le lundi de manière un petit peu spontanée ?
13:14Tu as pu l'observer, toi, peut-être dans ton lycée ou dans d'autres lycées ?
13:17C'est quoi ? C'est que le mouvement est plus balèze que ce à quoi on s'attendait ?
13:20C'est dépassé par la base ? Ou en fait, c'est plus qu'au fur et à mesure, certains
13:23organisateurs ont décidé de commencer dès le lundi ?
13:25Je ne sais pas si tu as un recul, toi, là-dessus.
13:27Alors là, c'est vraiment, moi, ce que je pense, parce que je n'ai aucune vraie info, mais je
13:31pense vraiment que c'est plutôt ce truc de...
13:35Les revendications sont tellement grandes, en fait, que finalement, on se retrouve avec des lycéens qui ont besoin, qui ont
13:40vraiment l'envie et le courage, là, dès lundi, non, il faut que ça cesse, on s'y met.
13:45Mais non, vraiment, moi, je n'en avais pas du tout entendu parler, c'était le 29 partout et là,
13:51ça a commencé dès le 28 et ça continue encore le 30.
13:54D'accord, d'accord. Ça fait plaisir, en vrai, ça fait plaisir à entendre, puis voir aussi que la nouvelle
13:59génération, nous, c'est un truc que nous autres, millenials, trentenaires, parfois, on se dit, oh là là, politiquement, la
14:04nouvelle génération, elle a l'air déterre, elle a peut-être l'air plus déterre que nous.
14:07Et moi, j'ai l'impression que, voilà, quand on voit les manifestations lycéennes, je trouve qu'il y a
14:11ce côté-là, quoi.
14:11Mais c'est peut-être aussi que les conditions de vie des Français sont de moins en moins bonnes et
14:14que, naturellement, ça se fait, quoi.
14:16Oui, mais d'ailleurs, c'est quoi ton regard là-dessus ? Est-ce que tu trouves qu'il y
14:20a une conscientisation accrue des plus jeunes ?
14:24Comment elle se construit aussi, peut-être cette politisation ? Parce que là, tu racontais que le cortège des jeunes
14:30était le plus fourni.
14:31Ça veut dire que, alors oui, ils viennent d'Ether, mais est-ce qu'ils viennent aussi avec un bagage
14:35politique important ?
14:37Alors, je ne pense pas tous. Ils ne sont pas tous encartés, tous syndiqués, les lycéens qui sont là.
14:45Mais s'ils suivent, ce n'est vraiment pas pour rater des cours, parce qu'encore une fois, c'est
14:50une menace.
14:51Mais nous, à Gardanière, quand on allait voir les lycéens pour leur demander, voilà, vous en pensez quoi et tout,
15:01c'était surtout, en fait, on vous avait raison, voilà, on vous suit, mais sans carter, en fait, c'est
15:07que pour beaucoup,
15:08ce n'est pas du tout quelque chose auquel ils pensent et ils n'ont pas forcément envie.
15:11Mais les revendications, ils les comprennent, ils les entendent et vraiment, ils étaient d'accord avec nous, tous.
15:20En tout cas, dans le chat, je ne sais pas ce que tu en penses, mais il n'y a
15:22que des messages de soutien.
15:24De fou.
15:24Normalement, c'était, voilà, on est avec vous, force à toi, basez les lycéens.
15:28Ça le dit beaucoup. Alors que normalement, c'est plutôt un chat de 31.
15:31Ma chaîne Eluma, c'est plutôt sur un chat de 31, même s'il y a des jeunes quand même.
15:34Il y en a quelques-uns, il y a peut-être quelques lycéens qui traînent.
15:38Mais c'est vrai que, ouais, notre génération, les gauchistes de notre génération, c'est vrai qu'on est assez
15:42enthousiastes par rapport à ça.
15:43Et ouais, vraiment un côté où ça fait plaisir à voir.
15:45En plus, sachant que ce n'est pas tout à fait isolé, puisqu'il y a d'autres manifestations, et
15:49voilà.
15:50Moi, il y avait une question que je voulais poser.
15:51Après, on passera peut-être plus à l'aspect aussi répression, à l'aspect plus de la réponse politique de
15:55la part de la Macronie,
15:55qui est aussi un truc très intéressant, parce qu'il y a des images absolument terribles qu'on a pu
15:58voir,
15:58et des blessés par, pas des bavures policières, mais par un maintien de l'ordre violent.
16:02Mais avant de passer à tout ça, je voulais faire un petit tour, on en a déjà parlé tout à
16:05l'heure,
16:06c'est un truc qui m'obsade un peu sur les bords.
16:07C'est, je suppose que tu en as entendu parler, il y a un appel, ou en tout cas il
16:12y a un bruit qui court
16:12sur un éventuel retour des Gilets jaunes le 17 octobre.
16:15Et moi, je sais que j'avais un viewer qui m'a envoyé un message pour dire,
16:18je suis prof dans un lycée, et moi, mes élèves, ils parlent à fond du 17 octobre.
16:21C'est une génération qui a connu les Gilets jaunes vraiment quand ils étaient petits,
16:25mais du coup, ils ont envie de le faire eux à leur tour,
16:27et puis c'est aussi parfois, c'est dans un lycée de banlieue,
16:28des gens qui ont été victimes de violences policières, alors que c'est des élèves, des mineurs,
16:33et que du coup, ils sont assez révoltés, et lui, il sentait un petit peu cette odeur de Gilets jaunisme
16:37dans son lycée auprès de ses élèves.
16:38Est-ce que toi, de ton côté, dans ton établissement ou ailleurs, dans ta génération de manière générale,
16:42cette espèce de retour des Gilets jaunes, on en parle.
16:46Alors oui, moi, sur mon lycée hier, après le blocus, c'était vraiment,
16:51on fait quoi après, quand est-ce qu'on recommence, tout ça,
16:54et on a sorti donc le 17 octobre.
16:58Bon, cependant, le 17 octobre, c'est un samedi,
17:00donc ce sera compliqué de bloquer un lycée le samedi,
17:03mais oui, ça commence à en parler,
17:06alors après, c'est vrai que voilà, en cette année d'élection présidentielle,
17:10c'est ces choses-là qui reviennent encore,
17:13et puis avec cette mobilisation dès la rentrée des lycéens,
17:17ils ont envie de continuer,
17:18et comme c'est le prochain truc qui, a priori, s'organise,
17:22c'est dans cette idée-là, en fait, de continuer,
17:24de suivre le mouvement qui est commencé,
17:28pour apporter, en fait, encore une fois, nos revendications.
17:32OK, c'est presque comme si, au final,
17:34un truc comme le Gilet jaune, qui est pourtant hors des cadres syndicaux,
17:37et qui, par contre, a commencé en 2018,
17:39ça a surpris toute la gauche, en mode, qu'est-ce que c'est que ce mouvement, etc.
17:41Donc, c'est parce qu'il y a un côté où, voilà,
17:43se joindre à d'éventuels Gilets jaunes,
17:44ça paraît être la suite logique, en vérité,
17:46quand on se mobilise pour quelqu'un de ta génération, on pourrait dire.
17:49Un peu ça.
17:49OK, d'accord.
17:50Ça me fait plaisir d'entendre ça en réalité.
17:52Ça me fait vraiment plaisir.
17:52Moi, c'est le genre de convergence que j'appelle de mes vœux depuis 2018.
17:56Donc, en vrai, je suis assez content d'entendre ça.
17:58Carrément.
17:58Et dans ce qui peut freiner forcément un mouvement social,
18:01il y a l'idée de la répression.
18:03On en a vu pas mal des images autour de ça.
18:05Peut-être qu'on va en regarder une.
18:07Ouais, avant de commencer.
18:07On va regarder ça.
18:08Et puis, on t'invitera à réagir par rapport à ces images-là.
18:13Pas mal de lycéens qui ont quand même pâti des consignes policières.
18:17On va regarder cette vidéo.
18:19Alors, c'est la première fois que je dis 7 touches sur le Stream Deck.
18:21C'est bon.
18:22Donc, c'est Emma Fourreau, eurodéputée de la France Insoumise.
18:25Eurodéputée, ouais, qui vient de Caen, pour être précis.
18:27La circonscription de Caen.
18:30Qui partage ça en disant, Sébastien Lecornu, condamnez-vous ces violences.
18:33Donc voilà, d'ailleurs, on en profite pour dire que, effectivement, LFI,
18:35pas que LFI, mais principalement LFI, soutient ce mouvement lycéen.
18:38On les a vus d'ailleurs.
18:39Louis Boyard s'emparait pas mal du sujet.
18:41Bali Bagaglioco aussi, venir dans les blocus lycéens.
18:44Donc là, c'est Emma Fourreau qui en parle et qui nous montre, du coup, ces images.
18:47Ouh là là !
18:48De violences policières.
18:49Je vais juste reculer un peu.
18:50Hop là.
18:51Allez, allez, allez !
18:52Ouais !
18:53On nous balle là !
18:54On nous balle là !
18:55Hé !
18:57Hé !
18:57Hé !
18:58Hé !
19:09On a fait le tour.
19:10J'avais pas vu cette compilation-là.
19:11J'avoue qu'elle avait fait un petit peu froid dans le dos.
19:13On va pas se mentir.
19:14Je suis habitué à avoir des images de violences policières.
19:15Mais là, quand même, il faut rappeler un truc à toute son inutile.
19:17Dans l'écrasante majorité des cas, les lycéens sont mineurs.
19:20Donc, normalement, le maintien de l'ordre devait être pris de manière un petit peu différente.
19:23Donc, ouais.
19:23Oui, puis c'est une mobilisation pacifique aussi, pacifiste.
19:26Comment est-ce que tu observes ces images-là ?
19:29Et est-ce que tu t'attendais à un tel niveau de répression ?
19:31Alors, ça fait peur.
19:33C'est vrai que ça dissuade beaucoup de continuer et c'est le but pour eux.
19:37Mais en fait, c'est surtout que c'est pas nouveau.
19:41En fait, ça fait longtemps que ça dure.
19:44Moi, si vous voulez, sur Gardanne, sur mon lycée, le mardi 2 septembre, les secondes font leur rentrée au lycée
19:51Fourcade.
19:51Et sont fouillées, en fait, par les policiers dès le jour de rentrée.
19:55Avec des chiens pour détecter des substances et tout.
19:58Enfin, des élèves qui sortent du lycée.
20:00C'est tous les jours, ça ?
20:02Non, mais c'était quand même le premier jour de rentrée des secondes.
20:05Pour le symbole, quoi.
20:07Des élèves qui sortent du collège et qui, de la troisième passent à la seconde et sont accueillis comme ça.
20:13Enfin, c'était représentant, c'est une rentrée...
20:15Pour intimider, quoi.
20:16Voilà, c'est purement de l'intimidation.
20:18Et donc, ça se rejoint à ça.
20:20En fait, c'est un mouvement qui propage cette violence, qui diabolise vraiment la jeunesse.
20:28Alors qu'en vrai, vraiment, c'est quelque chose de très tranquille.
20:32Et il y a un maintien de l'ordre qui va dans l'excès, en fait.
20:39Ça, oui, effectivement, c'est pas tout à fait nouveau.
20:41Et même, d'ailleurs, moi, je me rappelle, au début de Macron, je rappelle mes souvenirs de prof,
20:44des choses qui avaient choqué absolument des collègues professeurs,
20:47c'est qu'au moment...
20:48Alors, il y avait toute une mobilisation contre la réforme du BAC.
20:51Je passe les détails, mais il y avait un truc qui était assez inédit.
20:53C'est que des policiers, des CRS, je crois, pour être précis,
20:56étaient rentrés à l'intérieur d'un établissement.
20:58Et ça, normalement, c'est un truc qui ne se fait jamais.
20:59La police ne rentre pas à l'intérieur d'un établissement.
21:01C'est pas du tout dans la tradition républicaine de l'école de la République, etc.,
21:04que des CRS aillent dans un bahut, quoi.
21:06Et là, c'est arrivé, c'était quelque chose d'assez inédit.
21:08Et il me semble, si je dis pas de bêtises, que sur ce mouvement des lycéens,
21:10on avait aussi vu, dans plusieurs établissements,
21:12en tout cas, dans au moins un établissement,
21:14des policiers rentrer à l'intérieur des lycées, quoi.
21:17Ce qui, normalement, est anormal, très, très anormal, quoi.
21:20Toi, dans ton établissement, par exemple, il y a eu ce genre de choses,
21:22ou ça n'a pas été jusque-là ?
21:24Ah non, non.
21:24Non, ça n'a pas été jusqu'à rentrer à l'intérieur même des bâtiments.
21:29Mais, en fait, donc, quand je vous disais une entrée
21:32qui est bloquée de 8h à 9h par les poubelles
21:34et une seconde au niveau du portail,
21:37c'est un peu...
21:40Disons qu'ils sont un peu rentrés, mais pas complètement non plus.
21:44Donc, c'est un peu un intermédiaire.
21:45Mais on n'est pas allé jusqu'à vraiment les bâtiments même du lycée, en fait.
21:51Donc, non, c'est vrai que c'est pas allé jusque-là.
21:52OK, OK.
21:53Avant de continuer sur la répression, je réagis au chat
21:56où on nous fait remarquer le MJCF, je vais y arriver,
22:00et le PCF, premier soutien des blocus, évidemment,
22:02parce que vu qu'on parlait d'Emma Fourreau...
22:05C'est vrai, c'est vrai.
22:06...d'autres vont demander de préciser.
22:07Et voilà, un temps que vous avez bloqué plus de 50 lycées, c'est vrai.
22:10Et d'ailleurs, c'est aussi pour ça qu'on t'a invité, Chloé,
22:12pour venir en parler.
22:13Chloé, qui est membre des jeunes communistes,
22:15je le précise pour ceux du chat qui viennent d'arriver,
22:17parce que certains nous demandaient.
22:20Encore une fois, sur la répression,
22:21j'ai vu un tweet du ministre de l'Éducation nationale,
22:25donc Édouard Geffray,
22:26qui dit, nous sommes face à des violences urbaines
22:30qui court-circuitent la démocratie scolaire.
22:32Comment est-ce que tu réagis à ces propos ?
22:35On a l'impression d'être face à une inversion accusatoire,
22:38en fait, quelque part.
22:39Tu nous décrivais des méthodes policières,
22:41et on voyait dans les images ce que sont ces méthodes policières.
22:44Et en même temps, là, on rejette la faute sur vous, en fait.
22:48Comment tu réagis à ça ?
22:49Cette démocratie dont tu parles, en fait,
22:51je pense que c'est ce gouvernement, en fait,
22:54qui en est le premier à l'origine,
22:56et en fait, qui refuse concrètement
22:58de mettre les moyens nécessaires
23:00pour changer et améliorer les choses.
23:03Et donc, dans cette idée de diabolisation de la jeunesse,
23:07va, en fait, tout finalement,
23:09pour éviter de payer ce qu'il doit payer.
23:11– D'ailleurs, en termes de démocratie scolaire et lycéenne,
23:15elle existe vraiment ?
23:16Comment est-ce que, toi, en tant que militante politique,
23:22militante lycéenne,
23:23comment est-ce que tu fais collectivement,
23:25évidemment, avec les camarades,
23:26pour essayer de peser sur la décision politique,
23:28pour essayer de pousser des revendications ?
23:30– Alors, c'est vrai que c'est assez compliqué,
23:32parce que, voilà, on parle de démocratie,
23:33il n'y en a pas vraiment, et tout, c'est assez compliqué.
23:36Mais donc, pour militer sur un lycée,
23:38c'est surtout quelque chose qui se fait à l'entrée du lycée,
23:41en dehors, en fait, à l'extérieur.
23:43Et dans des mouvements comme les blocages
23:46qui ont lieu ces derniers jours,
23:48comme hier, moi, j'ai distribué
23:50je ne sais combien de cartes du mouvement,
23:53on a fait adhérer beaucoup de jeunes à Gardanne,
23:55et c'est pareil dans toute la France.
23:57C'est des moments qui rassemblent,
23:59comme je vous le disais,
23:59donc avec ces ateliers affiches qu'on fait au début
24:02pour présenter ce qu'on revendique.
24:03Mais c'est vrai qu'à l'intérieur même d'un lycée,
24:06c'est très compliqué aujourd'hui de faire ce jeu-là.
24:09Donc, ça se passe surtout devant, à l'extérieur,
24:12du bouche à oreille, des amis.
24:15– D'accord.
24:17On va peut-être regarder, justement, on va rebondir.
24:19– Oui, on va parler du ministre de l'Éducation.
24:20– Voilà, de notre bien-aimé ministre de l'Éducation nationale
24:23qui était invité de BFM TV.
24:26Et puis voilà, puis après, on réagira.
24:27– On a un petit extrait de 54 secondes
24:29pour aller un petit peu plus dans le discours.
24:30Il y a le discours du pouvoir en place, de manière générale,
24:33qui est toujours un peu le même, de dire,
24:34oh là là, nous disons non à ces violences.
24:36Mais là, c'est carrément le ministre de l'Éducation nationale
24:38dans un moment de mouvement lycéen
24:41qui n'est pas inédit, mais qui est quand même
24:42d'une ampleur assez inédite.
24:43Donc, c'est intéressant de voir comment Edouard Giffray,
24:45en particulier, se positionne par rapport à ça.
24:48Comme ça, tu pourras nous dire ce que toi, tu en penses,
24:49même si on a une petite idée de la réponse en réalité,
24:52parce qu'on a déjà vu un peu l'extrait,
24:54on connaît déjà un peu son discours,
24:55et c'est catastrophique, on va dire ce qu'il y a.
24:57Donc, je te propose de regarder ça.
24:59– Là aussi, il faut rétablir des vérités.
25:01Parce que derrière tout ça, en fait,
25:02il y a un double phénomène.
25:04Il y a un discours, j'allais dire,
25:06enfin, il y a des actes d'intimidation violents.
25:10Et puis, il y a aussi un discours qui tend à faire croire
25:13qu'une partie de la France serait moins bien traitée que l'autre.
25:16En l'occurrence, la Seine-Saint-Denis.
25:18Simplement, juste deux mots sur la Seine-Saint-Denis.
25:20Dans le premier degré, donc au niveau des écoles,
25:23les moyens mis en Seine-Saint-Denis,
25:26le coût, si je puis dire, d'un élève en Seine-Saint-Denis
25:28par rapport à la moyenne nationale, c'est 13% de plus.
25:30Ça veut dire qu'on investit 13% de plus par élève en Seine-Saint-Denis
25:33que par rapport à la moyenne nationale.
25:35Et dans le second degré, si je prends les collèges et les lycées,
25:37enfin, le lycée, pardon, parce qu'on parle des lycées,
25:39la moyenne, c'est 30,5 élèves par classe en France.
25:43En Seine-Saint-Denis, c'est 28,6.
25:45Donc oui, il y a un effort qui est fait supérieur en Seine-Saint-Denis
25:48par rapport aux élus du territoire national, mais on en déplaise
25:51à certains élus qui prétendent l'inverse.
25:52Là aussi, il faut rétablir des vérités.
25:54OK, ça repartit en boucle.
25:56Donc oui, voilà, le ministre de l'Éducation nationale,
25:59un discours qui consiste à dire
26:00« Mais non, il n'y a pas d'inégalité au sein de la République. »
26:02Au contraire, les lycées de banlieue et en Seine-Saint-Denis en particulier
26:04ont tendance à être plus chouchoutés.
26:06Alors que quand on regarde, pour le coup,
26:08tu ne viens pas du 93 ou quoi que ce soit,
26:10mais dans les manifs lycéennes, au contraire,
26:11dans les lycées de banlieue, il y a comme une effervescence particulière.
26:15Donc quelle vision, toi, tu as de tout ça ?
26:19Ce que j'ai envie de dire, c'est que tout est faux, en fait.
26:22Ce n'est pas vrai.
26:23Et puis, on parle de 13% de plus, de chouchoutés, tout ça.
26:27Mais en fait, à l'échelle de ce que c'est aujourd'hui,
26:30ce n'est rien, finalement.
26:32Si on dit « Non, mais dans ces lycées-là,
26:34il y a deux élèves de moins dans les classes et tout.
26:37Mais passer de 34 à 32 élèves dans les classes,
26:41ça ne reste pas le 25 élèves qui est préconisé. »
26:44Et puis, le privé, en fait, il est toujours favorisé aujourd'hui en France.
26:49Aujourd'hui, Parcoursup, il invite beaucoup plus à aller dans le privé.
26:53Les établissements privés, ils sont bien plus, en fait, chouchoutés
26:57que ces établissements-là.
27:00Et non, moi, je pense que c'est faux que la répression, en fait,
27:04elle a lieu essentiellement dans ces endroits-là
27:06parce que c'est les endroits les plus difficiles, en fait, justement.
27:11– Et je voulais te poser une question aussi sur…
27:13On ne pose pas assez la question sur le rôle des parents
27:15dans les mouvements lycéens, évidemment,
27:17que les parents, normalement, n'ont pas un rôle à jouer
27:19parce que les lycéens sont autonomes, indépendants, etc.,
27:21et surtout politiquement.
27:22Mais on a vu notamment Jean-Luc Mélenchon
27:24qui a appelé les parents à se rendre sur place.
27:27Qu'est-ce que tu en penses, d'abord, de cet appel-là ?
27:30Et est-ce qu'il y a eu des parents dans ton lycée
27:32qui sont venus vous soutenir ?
27:34Et des profs aussi, peut-être ?
27:36– Alors, qu'est-ce que j'en pense ?
27:38Je pense que ça dépend vraiment, en fait, des lycées
27:40et de leurs conditions géographiques, des moyens qu'ils ont.
27:45Je veux dire, par exemple, à Marseille,
27:47ça me paraît compliqué de faire venir des parents, des adultes,
27:51parce que c'est les lycéens qui gèrent,
27:53qui sont tout à fait légitimes et qui ont les moyens de le faire.
27:55Alors, je pense que c'est important de les laisser faire, en fait.
27:59Mais moi, à Gardanne, c'est plus compliqué,
28:01parce que je n'ai pas forcément…
28:03Ça arrive, mais au début, j'avais très peu de lycéens,
28:07et puis là, le mouvement grandit beaucoup.
28:09Mais j'ai encore besoin des forces de la CGT et du parti.
28:12Donc, voilà, j'ai mes camarades du parti qui nous aident le matin,
28:16s'il faut amener des poubelles, de la CGT,
28:18qui nous aident à faire un peu de médiation avec les policiers.
28:22Même là, on a vu des élus, hier, par exemple, en Seine-Saint-Denis,
28:26qui portaient vraiment beaucoup leur aide auprès des policiers,
28:29qui servaient à cette médiation.
28:30Donc, je pense, dans une certaine mesure, c'est assez utile.
28:33Mais il ne faut pas non plus que ce soit les parents
28:36qui fassent le blocus des lycéens, mais bien sûr.
28:39Oui, c'est ça.
28:39Et, ce que tu dis, c'est aussi une façon de répondre aux ministres
28:43qui, parfois, accusent certains représentants politiques
28:45de politiser ce mouvement-là.
28:47Ce mouvement-là, il est politique par essence, comme tu le dis.
28:49Voire de l'organiser, parfois.
28:51Il y a eu certains discours où c'était quasiment
28:52« Oh là là, c'est Jean-Luc Mélenchon, la France en Suisse,
28:54qui vient pervertir les esprits de notre jeunesse
28:56pour les inciter à aller cramer des poubelles. »
28:59Alors, ce que tu nous décris, c'est aussi un alliage
29:00beaucoup plus composite.
29:02Tu parlais du parti, tu parlais des mouvements jeunes,
29:04des mouvements étudiants aussi qui ont se mobilisés
29:06dans les universités, les syndicats, etc.
29:09Toi, tu appelles à un front uni, c'est ça ?
29:11Oui, bien sûr.
29:12Puis, nous, dès le 1er septembre, encore une fois,
29:15le MJCF était présent sur les lycées pour tracter,
29:18pour dire « Voilà, il y a ce blocage. »
29:19Il y a des syndicats lycéens aussi qui étaient…
29:23Enfin, c'est un tout.
29:24Il n'y a pas un parti qui est à la tête de tout ça.
29:26C'est faux.
29:27Oui, c'est ça.
29:28Alors, on va se tourner peut-être vers le tchat,
29:30parce qu'on arrive vers la fin.
29:32Voir si le tchat…
29:33C'est pour le tour.
29:33Si le tchat, vous avez des questions,
29:35mais on va peut-être prendre quelques remarques.
29:39Voilà, plutôt d'accord sur le constat avec toi.
29:41La situation dans les collèges se dégrade.
29:45Moi, ce que je trouve intéressant à chaque fois
29:47quand on parle d'un sujet comme l'école, tout simplement,
29:49c'est que tout le monde a un avis sur l'école,
29:50parce que tout le monde a été à l'école, en fait.
29:52Donc, de sa propre expérience,
29:53là, il y a des gens dans le tchat qui disent
29:53« Ah, moi, à mon époque, ça préconisait 20 élèves par classe au lycée. »
29:56On voit les plus anciens qui, du coup,
29:58nous rappellent comment c'était à l'époque,
29:59ce qui donne une idée de la dégradation.
30:01Puis, on voit aussi des gens qui étaient élèves il n'y a pas si longtemps,
30:03des profs.
30:04Vraiment, c'est un sujet.
30:04L'école, en vrai, tout le monde passe par les bancs de l'école.
30:06Donc, généralement, ça provoque pas mal de réactions.
30:08C'est le cas dans le tchat.
30:09Je ne sais pas si c'est la ligne sur laquelle tu veux rebondir.
30:10Oui, oui.
30:11Je regardais en même temps.
30:13Il y a, par exemple, M. Matani.
30:16Matani.
30:17C'est compliqué.
30:18Comme un prof, t'écorchais mon famille.
30:20Oui, c'est ça.
30:20Bravo.
30:21Donc, ils disent « Et puis, parler de récupération des lycéens,
30:23alors que la plupart n'ont pas l'âge de voter. »
30:24Mais d'ailleurs, c'est intéressant.
30:25Comment est-ce que tu te places par rapport à l'élection présidentielle qui arrive ?
30:29Il va falloir prolonger ce mouvement-là aussi,
30:31en faisant campagne, avec la menace de l'extrême droite.
30:36Je pense que cette mobilisation peut amener à une mobilisation des lycéens
30:40à battre le pavé, même si certains ne peuvent pas voter, évidemment.
30:44Oui, bien sûr.
30:45Je pense que ça commence par là et que c'est important.
30:47Parce que, moi, par exemple, j'ai étudié en janvier.
30:50Donc, évidemment, je vais voter pour cette élection.
30:52Et on est plein dans ce cas-là.
30:54Terminales qui vont bloquer, qui vont voter, pardon.
30:56Quasiment la moitié, quoi.
30:57Tous ceux qui sont nés avant mai.
30:58Voilà, ou des élèves qui ont redoublé aussi dans les lycées.
31:02Et puis même, c'est une réflexion qui prend du temps.
31:04Et même, commencer à réfléchir aux élections dès la seconde,
31:10ça ne paraît pas fou.
31:11Et puis, on en parle en cours aussi, selon l'ESPEC,
31:14que ce soit à GGSP, SES, ou même en histoire ou en EMC.
31:19C'est quelque chose dont on parle, les élections.
31:21Et quand on regarde l'abstention aujourd'hui,
31:23qu'à la sortie du lycée et pendant les études,
31:26et les jeunes travailleurs,
31:26c'est beaucoup de jeunes qui ne vont pas voter.
31:31Et je pense que ça commence par là.
31:32Il faut commencer à en parler pour inciter les jeunes à aller voter aujourd'hui.
31:36Oui, effectivement, il y a quand même des lycéens qui votent
31:40pour les terminales en fin de l'année.
31:41Moi, je sais que je suis de mars,
31:43donc j'ai voté 18 ans ma première élection.
31:44C'était en 2012.
31:45Je ne vous dis pas pour qui j'ai voté.
31:46Non, j'ai voté pour Mélenchon déjà à l'époque.
31:47Déjà à l'époque.
31:49Oui, effectivement, je sortais du lycée.
31:52J'étais encore au lycée.
31:52Ah non, comme j'ai un an d'avance.
31:53Bref, j'avais l'âge d'être au lycée et j'ai pu voter.
31:55Donc les lycéens, en partie, votent.
31:58Oui, et puis souvent, ça se passe là.
31:59Moi, quand je me souviens du lycée,
32:00c'est à ce moment-là où il y a des...
32:02Après, ça se consolide après un âgé dans les facs, évidemment.
32:05Mais je veux dire, ça se passe les premières discussions politiques,
32:08un petit peu, la confrontation aussi face à d'autres idées.
32:10C'est dans les blocus.
32:11Je ne sais pas si dans votre blocus,
32:14il y avait des prises de parole.
32:15Enfin, j'imagine que oui.
32:17Comment ça se passait de ce côté-là, d'ailleurs ?
32:18Est-ce que les différentes orgas, les différents partis,
32:20les différents syndicats prenaient la parole ?
32:21Ou comment ça se passait de ce côté-là ?
32:23Alors, dans les blocus, pas à Gardanne, c'est comme ça.
32:25Non, mais oui, c'est vrai qu'à Marseille,
32:27et puis avec le cortège de la manifestation qui passe à côté,
32:30c'est toujours un départ de manif qui commence par les prises de parole, tout ça.
32:34À Gardanne, c'est vraiment différent parce qu'il y a le parti, la CGT et la JC.
32:38Mais enfin, ce n'est pas forcément de prise de parole.
32:41Donc, quand on est interrogé par les journalistes qui viennent,
32:43comme ça s'est passé hier,
32:45on dit ce qu'on a à dire, la Provence, la Marseillaise,
32:48qui sont là et qui nous posent des questions,
32:51on y répond, on leur parle de nos revendications.
32:53Mais personnellement, sur mon lycée,
32:54ce n'est pas forcément des prises de parole qui sont comme ça.
32:57Mais c'est le cas dans les autres lycées,
32:59dans les cortèges de manifestation, oui.
33:02Il y avait une question, on en a un tout petit peu parlé déjà,
33:04mais est-ce que vous avez organisé avec les profs
33:07et le personnel des lycées pour les manifs blocages ?
33:08Est-ce que la suite va se faire avec eux aussi ?
33:11Est-ce qu'il y a des moments de dialogue qui vont être organisés
33:13pour savoir un petit peu comment ça va se passer pour la suite
33:16et en créant des convergences entre toutes les parties ?
33:19Oui, il y a beaucoup d'endroits où, on l'a vu hier en Seine-Saint-Denis,
33:22les professeurs qui sortent du lycée Paul-Éloire,
33:24qui se mettent, qui défendent les...
33:26C'était un très beau moment.
33:28C'est un peu aussi ce qu'on cherche à retrouver.
33:30Voilà, vraiment cette cohésion entre humains, en fait,
33:33entre les professeurs, les AED, les surveillants, les AESH,
33:38tout ce personnel, en fait, qui est en difficulté,
33:40qui est en manque de moyens, qui a besoin d'aide,
33:42d'en fait, tout se rassembler et tout ça.
33:45Et nous, c'est vrai qu'au MJCF, on continue, là, après ces blocages,
33:49sur une nouvelle campagne, ce sont les cahiers de doléances
33:53qu'on va présenter après l'an.
33:54C'est, donc, encore une fois, par rapport à Parcoursup,
33:58ce qu'on va faire, c'est qu'au sein des lycées de France,
34:01où le MJCF est implanté, faire passer des cahiers rouges,
34:05comme celui-ci, où chaque lycéen pourrait écrire ce qu'il en pense,
34:10ce que de Parcoursup, en fait, ce que ça lui fait ressentir.
34:13Et voilà, c'est quelque chose qu'on va impulser, là,
34:16comme au lendemain de la Révolution, en fait, maintenant.
34:20Super, on suivra ça avec intérêt à l'humain,
34:22et puis on en profite pour saluer, évidemment, tous les camarades du PCF
34:25et des jeunes communistes, aussi, qui sont très actifs autour des établissements
34:28et autour des conditions de vie des lycéens et des étudiants.
34:32Et tu les as bien représentés aujourd'hui.
34:34Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'avoir accepté notre invitation
34:37et d'avoir pris le temps de répondre à nos questions en langueur.
34:40C'était passionnant.
34:40Et puis, le chat salue, évidemment, ton engagement
34:43et puis tout ce que tu as pu nous apporter.
34:45Donc, merci pour ça, Chloé.
34:47Merci beaucoup.
34:48Et puis, on va te laisser, parce que nous, on va continuer.
34:52Peut-être que tu veux un petit mot de la fin,
34:54parce que là, on va conclure et tout,
34:55mais peut-être que tu as un mot de la fin, quelque chose à dire.
34:57Peut-être à tes camarades, d'ailleurs, de ton lycée et des autres lycées.
35:00Peut-être un dernier truc pour la fin.
35:02Si jamais on peut te laisser le mot de la fin,
35:03ça serait peut-être mieux que juste dire...
35:04Carrément.
35:04On enchaîne, non ?
35:05Carrément.
35:07Je prends ce mot de la fin, alors.
35:09Non, ben oui, voilà.
35:10Déjà, remercier tous les lycéens, les lycéennes et les lycéens
35:14qui se sont mobilisés hier, lundi,
35:16et encore aujourd'hui, les féliciter.
35:19Leur dire qu'il faut continuer.
35:21Et puis, partir aussi avec eux, pour eux,
35:24sur ces cahiers de doléances, là.
35:26À partir de maintenant, ça va être une belle campagne,
35:30un beau mouvement qui s'annonce.
35:32Et voilà, je pense qu'on peut partir sur ça.
35:34Carrément.
35:35En tout cas, voilà, beaucoup de messages dans le chat
35:37qui te disent, force à vous, force à toi,
35:39merci camarades, on lâche rien, force à vous,
35:42gégé à toi, clairement, bravo et force.
35:44Vraiment, le chat est enthousiasmé de voir ce mouvement.
35:47Et nous, si on est enthousiasmé,
35:48pas de message d'Edouard Geffray, par contre,
35:50le moment, il est pour mieux.
35:52Attendez.
35:53Merci beaucoup, et puis bonne suite au mouvement,
35:56et puis on suivra ça avec intérêt, du coup.
35:58Merci beaucoup.
35:59Merci à toi.
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