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À l'occasion du 150ème anniversaire de la Commune de Paris, l'Humanité vous invite à replonger dans les souvenirs de ce mouvement insurrectionnel du peuple de 1871.

L'association les Amies et Amis de la Commune de Paris retrace, au travers d'une balade parisienne, des moments forts de cette révolte populaire de 72 jours (du 18 mars au 28 mai 1871).

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00:00​ La Commune de Paris, c'est quoi ?
01:23​ Place de la Bastille, un lieu emblématique
02:19​ 17 rue Saint-Antoine, devant la maison d'Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt
03:39​ Rue des Tournelles, une victoire militaire de la Commune
04:02​ Devant la maison de Victor Hugo, correspondant de Louise Michel
05:06​ Église Saint-Paul-Saint-Louis, "La République ou la mort"'
05:45​ Mairie du IVème arrondissement, arrondissement à l'époque tragiquement pauvre
07:17​ 4 rue de Lobau, l'un des théâtres des massacres de la Semaine sanglante
08:26​ Place de l'Hôtel de Ville, dont l'ancien édifice a été incendié par les Communards
10:43​ Retrouvez le hors-série de l'Humanité sur la Commune de Paris

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Transcription
00:00Bonjour à toutes et à tous, nous sommes avec l'association des Amis de la Commune
00:03pour commémorer le 150e anniversaire de la Commune de Paris.
00:06Une révolution très courte, puisqu'elle a duré 72 jours,
00:09mais une révolution très importante qui a marqué l'histoire de France
00:12et l'histoire du mouvement ouvrier international.
00:14On doit à la Commune de Paris l'école gratuite et obligatoire pour tous et laïque.
00:18On doit aussi à la Commune de Paris, enfin elle instaure très rapidement,
00:21la séparation de l'Église et de l'État.
00:23Elle réquisitionne les logements vacants pour les sans-abri,
00:25elle réquisitionne les ateliers de production,
00:27elle reconnaît la citoyenneté pour les étrangers.
00:29La Commune de Paris organise des premières ébauches de droits du travail,
00:32puisqu'il y a les premiers pas pour l'encadrement du travail de nuit,
00:36les premiers pas pour une échelle des salaires, un salaire minimum et un salaire maximum,
00:39et les premiers pas pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes.
00:43D'ailleurs, les femmes prennent une place prépondérante dans la Commune de Paris,
00:46qui fait de cette révolution une étape majeure dans l'histoire du mouvement féministe.
00:49Mais la Commune de Paris va être écrasée, massacrée dans le sang,
00:51par les trous versaillaises et Adolphe Thiers.
00:53C'est la semaine sanglante.
00:54Entre 17 000 et 30 000 Parisiens sont abattus dans les rues de la ville.
00:59importants de l'histoire de la ville de Paris.
01:01Malgré tout le travail des anticommunards et des adversaires de la Commune de Paris
01:04pour effacer jusqu'à son souvenir,
01:06il existe toujours un souvenir très vivace de la Commune de Paris
01:09et le mot refleurit régulièrement dans les mouvements sociaux.
01:12Avec les amis de la Commune de Paris,
01:13aujourd'hui, nous allons déambuler dans les rues de Paris,
01:16sur les lieux même de la Commune de Paris,
01:18pour nous rappeler le souvenir et l'œuvre majeure de la Commune de Paris.
01:21Vous êtes les bienvenus, suivez-nous.
01:23La place de la Bastille, c'est un lieu emblématique depuis 1789
01:27où on y est venu en 1830, en 1832, en 1848 et à nouveau en 1871.
01:35C'est presque un réflexe de venir à la Bastille pour ce que ça représente.
01:40Dès le 18 mars 1771, alors que les troupes gouvernementales,
01:44les troupes de Thiers veulent récupérer les canons qui se trouvent place des Vosges,
01:48viennent pour occuper la place,
01:50il y avait déjà eu des tentatives dans les semaines précédentes.
01:54Et donc, à ce moment-là,
01:56on a déjà entendu parler de ce qui se passait à Montmartre.
01:59Et donc, le quartier, ce barricade,
02:01on a de superbes photos d'une barricade à l'entrée là-bas de la rue de la Roquette.
02:08Elle est datée du 18 mars, on est sûr que c'est une barricade du 18 mars.
02:12Et donc, le quartier se met en état de défense, en quelque sorte.
02:26Nous nous trouvons devant le 17 rue Saint-Antoine,
02:28ici même où se tenait une barricade munie de canons défendant la Bastille.
02:32Elle résistera pendant deux jours.
02:34C'est ici que la révolutionnaire Anne-Joseph Terwagne, dite de Méricourt,
02:38a vécu en 1789.
02:40Son engagement pour l'émancipation des femmes en pleine Révolution française
02:44fait ici écho à celui des femmes de la Commune
02:47qui se sont donnés corps et âme pour défendre Paris et l'idéal socialiste.
02:51Elles n'ont pas de poste de responsabilité,
02:53elles prennent directement les places qui leur est due.
02:55C'est-à-dire qu'elles s'engagent dans la vie démocratique de la Commune.
03:00Et donc, elles ne sont pas élues, elles n'ont pas le droit de vote.
03:03Mais à la rigueur, excusez-moi l'expression, elles s'en fichent.
03:06Eux, ce qu'elles veulent, c'est changer leur vie.
03:08Et donc, pour pouvoir changer leur vie, c'est participer directement à cette grande aventure.
03:12Ça a été un temps très important, puisque ça a donné par la suite
03:17un élan pour les autres femmes, pour pouvoir revendiquer le droit de vote, par exemple.
03:22Et que les acquis, les conquis, qui n'ont pas forcément resté très longtemps,
03:29ont quand même servi à encourager les femmes de notre génération
03:33à rentrer dans la lutte et revendiquer des droits.
03:39Nous sommes à l'entrée de la rue des Tournelles.
03:41Au bout de cette rue se trouve la rue du Pas-de-la-Mule,
03:44où le 26 mai 1871, un régiment de ligne Versaillais a perdu 135 hommes et un colonel.
03:51C'est l'une des victoires militaires de la Commune, si on veut.
03:55Victoire temporaire, mais victoire quand même.
04:02Réuni devant la maison de Victor Hugo, il loi l'appartement au deuxième étage de 1832 à 1848.
04:09En 1876, Hugo mettra son talent d'écrivain en proposant une loi relative à l'amnistie.
04:15Il pensait que c'était injuste d'avoir fusillé ou massacré des populations
04:20qui voulaient la République sociale et la République universelle.
04:25Et c'est ce que les communards voulaient faire.
04:28Donc peut-être qu'il a réagi un peu tard parce qu'il a mis cinq ans à répondre.
04:33Hugo est Louise Michel.
04:35Elle fait partie de la frange des communards la plus révolutionnaire.
04:38La presse bourgeoise la nomme la Louvre Rouge.
04:42Elle sait faire le coup de feu et participe activement à l'affaire des canons de la Garde nationale
04:47sur l'habitement Marthe, entraînant avec elle les femmes de Paris.
04:51Toute jeune, Louise écrit à Victor Hugo.
04:54Monsieur, il faut que je vous écrive pour souffrir moins.
04:57Et le poète lui répond, leurs échanges épistolaires dureront près de 30 ans.
05:06Nous sommes devant l'église Saint-Paul-Saint-Louis
05:08qui, pendant la commune, a été transformée en club révolutionnaire.
05:12Et à la fin de la commune, pendant la semaine sanglante,
05:15un bataillon d'adolescents qui s'appelait les enfants du père Duchesne
05:20ont campé dans cette église avant de partir au combat
05:24où ils ont été largement décimés.
05:28Mais avant de partir, ils ont écrit un graffiti sur la deuxième colonne de droite
05:33sur lequel est marqué la République française ou la mort.
05:36Et aujourd'hui, sur le site de l'église, on dit
05:38« Il doit être content, il a eu les deux ».
05:47Le peuple a voté massivement pour la commune dans le quatrième arrondissement
05:51qui est un arrondissement très populaire et à l'époque tragiquement pauvre.
05:55Et j'ai mis une représentation aussi populaire.
05:57Ce que Paris, comme la plupart des grandes villes en France,
06:01était sous le second empire, souvent dans l'opposition.
06:04Dans le cas de Paris, c'était une opposition républicaine.
06:06Mais une républicaine plutôt plus modérée,
06:08qui était plutôt des intellectuels pour la plupart,
06:11donc des avocats, des médecins, des juges, etc.
06:17Mais qui était républicain.
06:18C'est la commune qui a permis vraiment au peuple d'accéder au pouvoir.
06:22Il n'y avait pas de parti politique.
06:24Donc c'était vraiment des élections locales
06:27qui étaient désignées des gens qui étaient des militants connus,
06:32pas tous des militants de l'international,
06:34mais enfin qui étaient des militants connus, des ouvriers connus,
06:36appréciés et aussi républicains au bout du compte.
06:39Ils étaient pour une république, une république sociale.
06:41Une république qu'on qualifierait de plutôt révolutionnaire.
06:44Toute la question de la démocratie est posée par la commune
06:48en des termes, pas de représentation,
06:51mais en des termes d'action directe, en quelque sorte.
06:53Dans le sens de représentation directe,
06:54et d'un lien direct avec le peuple,
06:57avec ses organisations et avec le mouvement en général.
07:01C'est assez exceptionnel quand même.
07:03Il va falloir attendre le XXe siècle
07:06pour qu'il y ait des représentations du peuple
07:10aussi marquées, aussi symboliques.
07:17Nous sommes maintenant devant la caserne Lobo,
07:20qui fut l'un des principaux lieux des exécutions sommaires
07:22pendant la semaine sanglante.
07:24Il y avait énormément d'abattoirs dans Paris.
07:26C'était quoi un abattoir ?
07:27C'était un endroit où on venait fusiller
07:29ceux qui avaient été condamnés par une cour martiale,
07:32ou une cour prévotale,
07:33où, comme je l'ai dit,
07:35ils étaient jugés par groupes de 20, de 30,
07:37en un quart d'heure,
07:38et on les amenait se faire tuer ici.
07:47La semaine sanglante, c'est l'armée versaillaise
07:50qui rentre dans Paris.
07:51Cette armée française a perdu devant la Prusse.
07:54Elle a un grand désir de revanche,
07:56et cette revanche va se produire contre le peuple de Paris.
07:58Et elle va être aidée en cela par l'armée prussienne,
08:01puisqu'on va avoir une alliance de l'armée française
08:04et de l'armée prussienne contre le peuple de Paris,
08:07qui a osé se gouverner lui-même pendant 72 jours.
08:10Et là, ce sera véritablement un massacre effroyable,
08:13entre 20 et 30 000 morts.
08:14C'est-à-dire qu'on a eu affaire à une espèce d'ethnocide de classe.
08:19On a tenté d'éradiquer une classe sociale.
08:25Nous nous trouvons maintenant devant l'hôtel de ville de Paris.
08:28Lorsque l'insurrection éclate le 18 mars à Montmartre,
08:31et que le comité central de la garde nationale
08:34décide de l'étendre à toute la capitale,
08:36l'objectif ultime,
08:38c'est bien la prise de l'hôtel de ville.
08:40Dans les grandes décisions de la commune,
08:41il y en a énormément.
08:43C'est toute une série de décisions
08:45qui vont dans le sens social,
08:46parce que la commune de Paris se revendique
08:49d'être une république sociale.
08:50Ce sont le droit au travail,
08:53par la réquisition des ateliers qui ne fonctionnaient plus.
08:56Il ne s'agit pas seulement d'une réquisition,
08:58mais aussi de les donner
09:00sous forme d'associations coopératives
09:02aux associations ouvrières.
09:05C'est aussi le droit du travail
09:07que la commune invente,
09:08puisque l'on voit les premiers deux décrets sociaux,
09:14des minimums de salaire,
09:16les heures de travail qui sont limitées,
09:19les règlements du travail,
09:21et au-delà même,
09:22on voit avancer
09:25ce qu'on pourrait appeler,
09:27mais il faut éviter peut-être les anachronismes,
09:29des formes d'autogestion,
09:30puisque l'on voit,
09:31dans certaines entreprises,
09:34les ouvriers élirent leur chef d'atelier,
09:37élirent le directeur même,
09:39par exemple, des ateliers du Louvre,
09:41pas loin d'ici,
09:42où l'on fabriquait les munitions.
09:43Et puis, à côté de cette œuvre sociale,
09:46il y a une œuvre humaniste
09:47qui est extrêmement importante aussi pour les communards,
09:50par exemple,
09:51que l'on ait brûlé la guillotine
09:53devant la mairie du 11e arrondissement.
09:55C'est le fait que l'on ait voulu donner
09:59aux enfants naturels et légitimes
10:03les mêmes droits qu'aux enfants naturels.
10:06C'est aussi toute l'action de la commune
10:08dans le domaine de la culture
10:11qui est extrêmement importante
10:13et qui prend aussi sens de cette œuvre humaniste
10:17qui est aussi au cœur de la commune.
10:19Et enfin, c'est toute une œuvre démocratique
10:21avec l'idée que ces communards
10:24qui sont élus au Conseil communal de Paris
10:30sont les mandataires du peuple,
10:34sont révocables à tout moment par le peuple.
10:43Ainsi s'achève notre balade parisienne
10:45sur les traces de la commune de Paris.
10:47Mais les célébrations pour les 150 ans
10:49de la commune de Paris sont loin d'être terminées.
10:50Très bientôt, vous pourrez retrouver
10:52en kiosque un hors-série spécial de l'humanité
10:54consacré à la commune de Paris,
10:55son histoire, les communardes et les communards.
10:58Et vous trouverez aussi sur notre site internet
11:00un partenariat avec l'écrivaine Michel Audin
11:03qui, tous les jours, va raconter la commune de Paris
11:05au jour le jour, chaque jour,
11:07ce qui s'est passé il y a 150 ans.
11:09Et enfin, il y a un autre partenariat
11:10avec le dessinateur du Gudus
11:11qui, tous les jours, pendant 73 jours,
11:14va faire le portrait, dessiner le portrait
11:16d'une communarde ou d'un communard
11:17et nous ferons sa biographie.
11:18A très vite et vive la commune !
11:20Sous-titrage Société Radio-Canada
11:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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