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  • il y a 11 heures
Alors que le taux d’incidence poursuit son ascension en France et explose en Île-de-France, l’Humanité a fait le point avec Loïc Pen, médecin urgentiste de l’hôpital de Creil (Oise)

“On constate qu’on est à la limite de nos capacités hospitalières. L’hôpital est plein, il n’y a plus de place et les patients continuent à arriver. Nous avons même dû transférer des gens sur Saint-Malo” avertit Loïc Pen, qui souligne au passage le taux d’incidence élevé du bassin Creillois.

D’après lui, les services hospitaliers vont être contraints d’opérer le tri des patients, comme lors du premier confinement. “On arrive à un moment où l’on va mettre en danger nos capacités à prendre en charge. On va faire un tri clinique, avec ceux qui ont le plus de chance de survivre”.

Une situation d’autant plus insoutenable qu’elle aurait pu être évitée d’après le médecin urgentiste: “On nous force à faire du tri, car on n’a pas augmenté depuis le premier confinement le nombre de places en réanimation. On n’a pas non plus commencé de formations massives pour plus de médecins, plus d’infirmières, plus d’aides soignantes", fustige-t-il. Pour s’en sortir, “il faut changer de logique, confiner et donner des moyens à l’hôpital, sinon, on n’y arrivera jamais”.

Autre urgence: la levée des brevets sur les vaccins. “On ne nous permet pas d’utiliser toutes les capacités de production du monde, car ces brevets appartiennent à quelques industriels. Or, l’article 31 de l’OMS nous donne le droit de lever ces brevets pour produire sur notre territoire les vaccins nécessaires à notre population. Aujourd’hui, ce n’est pas fait, pour des intérêts financiers”. . Sans ça, pas de vaccination massive s’inquiète-t-il, pour l’Europe mais également pour les pays pauvres, encore plus impactés par la pénurie de vaccins.

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00:00On constate qu'on est à la limite de nos capacités hospitalières, c'est-à-dire que là, partout, on
00:08est plein, il n'y a plus de place, les patients continuent à arriver.
00:11Il y a eu des transferts qui se sont faits, puisque faute de place, on a transféré des gens sur
00:16Saint-Malo, en transport sanitaire aérien.
00:21Mais voilà, pour l'instant, il n'y a pas eu de rupture, c'est-à-dire qu'on n
00:25'a pas eu une catastrophe où on aurait des gens intubés dans nos urgences, mais on n'est pas très
00:35très loin quand même, on voit que les patients continuent à arriver et que nous, on est déjà un petit
00:40peu au taquet et on a des taux d'incidence qui montent très fort, particulièrement sur Bas-Saint-Craybois.
00:44En nombre de patients sur la France et en taux d'incidence, on est même au-delà de ce qui
00:50avait provoqué le premier confinement, c'est-à-dire qu'on est au-delà de la première vague.
00:54On a plus de patients, on a plus de malades, donc plus de patients hospitalisés et plus de malades touchés.
01:01Mais la différence, en fait, on serait un peu entre ce premier et ce deuxième confinement, parce que le premier,
01:08on a été pris un peu par surprise quand même, il faut se rappeler, il n'y avait pas de
01:11geste barrière,
01:12il y avait une sous-estimation de ce qui allait se passer et on a eu une montée très très
01:18rapide du nombre de cas parce qu'on laissait filer le virus, faute de préparation,
01:24ce qui nous a conduit à confiner très rapidement pour arrêter ça.
01:30Et donc, on a vu, lors de ce premier confinement, on voyait arriver des vagues de patients comme ça, de
01:35façon très brutale.
01:36Là, on a quand même une cinétique qui a été différente, c'est-à-dire que c'était beaucoup plus
01:42progressif,
01:43on n'avait pas tout à coup dix patients qui déboulaient, mais c'était tous les jours, c'était plus
01:48long.
01:49Et là, finalement, on arrive à peu près au même niveau.
01:52Alors, on a eu une capacité à réagir meilleure, puisqu'on était, enfin voilà, les choses se sont moins précipitées,
01:59donc nos capacités de réaction étaient plus adaptées.
02:01Mais à un moment donné, on arrive quand même au bout de nos moyens, parce que, bon, là, on ne
02:06va pas revenir dessus encore que quand même un petit peu,
02:10la question des moyens à l'hôpital, c'est un serpent de mer.
02:13Il faut se rappeler, avant ce premier confinement, tous les hôpitaux étaient en lutte en France.
02:19Il y avait des manifs, réprimés d'ailleurs assez durement, des soignants qui exigeaient une reconnaissance, des moyens pour l
02:26'hôpital.
02:27Enfin, ce ne sont pas des choses qui tombent du ciel.
02:29Et auparavant, il y avait eu plusieurs années de lutte sporadique, de mouvements, hôpitaux par hôpitaux,
02:36avant que ça se fédère sur l'année précédente, le Covid, pour réclamer des moyens, des conditions d'exercice décentes,
02:45la capacité d'accueillir les gens, puisque le Covid déborde de nos capacités hospitalières,
02:51mais toute l'année, quand il n'y a pas de Covid, tous les longs week-ends, toutes les vacances,
02:56nos capacités sont débordées.
02:58On n'a pas assez de place dans les réanimations, on ne peut pas envoyer le personnel en vacances,
03:01parce qu'obligatoirement, on ferme des lits et on ne peut plus accueillir, donc on est en flux tendu toute
03:05l'année.
03:06Enfin voilà, cette crise sanitaire et la difficulté à y répondre, ça ne tombe pas de nulle part.
03:14Oui, ça touche plus les jeunes. Il y a plus de jeunes contaminés.
03:18D'ailleurs, la question, elle est aussi qu'on pouvait hésiter, toujours pas sûr en fait,
03:23on pouvait hésiter sur la problématique des enfants à contracter et à transmettre la maladie au premier confinement,
03:31on n'hésite plus aujourd'hui. Ils la contractent, ils la transmettent.
03:34Et on a vu les cas, particulièrement en région parisienne d'ailleurs, de lycées,
03:40où il y a un nombre de patients très important et où les lycées s'arrêtent, les classes fermes.
03:46Donc, les jeunes sont plus touchés.
03:48Il y a plus de formes graves, mais ce n'est pas du tout, du tout, du tout au même
03:54niveau
03:55que les formes graves qu'on a connues pour les personnes âgées.
03:57Il faut quand même raison garder.
03:59On a un danger plus important.
04:02On n'est pas dans ce qu'on a vécu avec les patients polypathologiques très âgés qui venaient des EHPAD.
04:07On n'est pas dans cette masse-là de formes graves.
04:11Après, on a une petite diminution de la moyenne d'âge dans les réanimations.
04:18Deux ans, je crois.
04:19Ce n'est pas non plus énorme, mais on a des patients jeunes qui n'avaient pas de comorbidité qui
04:24s'y retrouvent.
04:24On avait eu aussi quelques cas lors de la première vague, du premier virus avant le variant.
04:31C'est plus fréquent, mais il y a aussi des biais puisqu'il faut bien mesurer qu'on a une
04:38priorité vaccinale
04:40qui a été donnée aux personnes âgées de façon assez logique et que ceux qui sont vaccinés ne font plus
04:45la maladie
04:46et donc, naturellement, réduisent la proportion de formes graves chez les personnes plus âgées.
04:51Donc, voilà, on a tous ces éléments.
04:53Donc, on a en tout cas plus de contaminations.
04:56Ça, c'est une réalité.
05:01Moi, ce qui m'énerve le plus, c'est finalement que ça nous tombe comme le Deus Ex Machina.
05:08Finalement, on a Macron qui nous fait les annonces.
05:11Et donc, ça a été en janvier, je ne confine pas, je fais un pari.
05:15Enfin, voilà, moi, je n'apprécie pas trop les paris.
05:19Voilà, c'est son pari et finalement nos morts.
05:23Donc, quand même, il faut bien avoir conscience.
05:26Alors, après, je ne vais pas dire qu'Emmanuel Macron est responsable de la pandémie.
05:29Il ne l'est pas.
05:30Mais je pense que la gestion de la crise aurait mérité de mobiliser les professionnels de santé,
05:36la représentation nationale, les élus territoriaux d'une autre façon,
05:40et essayer collectivement de définir des stratégies,
05:45pas d'attendre que les stratégies nous tombent.
05:48Après, quand j'ai dit ça, voilà, ça c'est le préambule, le propos luminaire,
05:53ce qu'on peut constater de façon très pragmatique,
05:56c'est que là, on arrive à un moment où on va mettre en danger nos capacités
06:00à prendre en charge les patients et puis on va faire un tri clinique
06:05avec ceux qui ont le plus de chance.
06:07Un tri clinique, c'est aussi un tri de système,
06:10parce qu'on a l'impression que ce serait un tri très médical.
06:17Celui-là a des chances, celui-là a peu de chances.
06:20On n'a que ça comme moyen.
06:22Mais il y a surtout, on n'a que ça comme moyen.
06:24On nous met dans une situation aussi à faire du tri
06:27parce qu'on n'a pas augmenté depuis le premier confinement
06:30le nombre de places en réanimation.
06:31Celles qu'on avait développées n'ont pas été pérennes,
06:34qu'on n'a pas commencé le début d'une formation de façon massive
06:39pour plus de médecins.
06:41Le numus closus n'a pas vraiment bougé.
06:43Pour plus d'infirmières, pour plus d'aides-soignantes.
06:47Et puis, on n'a pas, ce qu'on pouvait faire tout de suite,
06:49embauché des agents hospitaliers ou des secrétaires
06:53pour renforcer les secrétariats et permettre aux soignants
06:57de se dégager des tâches administratives ou techniques
07:01de manutention, tout simplement, des patients,
07:04d'aller chercher des pharmacies, des commandes.
07:08Tout ça aurait pu être géré différemment
07:11et permettre de gagner du temps de soins.
07:14Tout ça n'a pas été fait parce qu'on reste dans ce dogme
07:16de réduction des dépenses, des moyens.
07:18Et on continue même à organiser des fermetures de lits
07:23et d'hôpitaux.
07:23Moi, je suis quand même effaré de voir en Seine-Saint-Denis
07:27et Jean-Verdier, Bojon-Bichat qui se regroupe
07:30avec 300 lits de perdus pour un grand hôpital regroupé
07:34mais qui perdra 300 lits.
07:35Et puis, qui est plus éloigné des populations.
07:38Enfin, on garde cette logique de fermeture.
07:42Donc, c'est déjà la première chose qu'il faut arrêter.
07:45Il faut changer de logique.
07:48Et si on ne commence pas par ça, on n'y arrivera jamais.
07:51On n'y arrivera jamais parce qu'on sera toujours
07:53en train de courir après notre capacité à soigner les gens.
07:57Finalement, on confine plus parce que l'hôpital est malade
07:59que parce que les gens sont malades.
08:00C'est quand même une réalité tout à fait triste,
08:03mais une réalité.
08:04Donc, la première chose, c'est ça.
08:06Ensuite, sur le plan très pratique,
08:09comme on ne l'a pas fait,
08:10on va bien être amené à un moment donné
08:12à prendre des mesures de confinement.
08:14Il faut le dire, ils n'emploient jamais ce mot.
08:16Bon, ils ont surtout privilégié ce gouvernement,
08:20à mon sens, la logique économique sur la logique sanitaire.
08:23Il fallait laisser ouverte l'économie.
08:26Alors, on a tapé sur la transmission dans les familles,
08:31dans les loisirs, parce que c'est une part de la transmission.
08:33On n'a pas tapé sur la transmission dans les écoles,
08:37et dans les usines, et dans les bureaux, et dans les transports.
08:39Parce que cette partie-là, on voulait absolument la garder
08:42pour maintenir l'économie en place.
08:44Alors, je ne dis pas que ce n'est pas important.
08:45On a bien vu les drames économiques et de revenus
08:49qu'ont vécu une bonne partie de la population.
08:52Mais à un moment donné,
08:53c'est parce que c'est important qu'il faut complètement le sanctuariser.
08:59Quand on arrive à des problèmes de décès
09:02et d'incapacité à prendre en charge les patients,
09:05là, il y avait une belle formule qui disait
09:08que nos vies valent plus que leurs profits.
09:11Donc, je pense qu'il faut le remettre un petit peu au bout du jour
09:14quand même, à ce moment de la pandémie.
09:17Donc, oui, on a une vague qui, pour l'instant,
09:20semble non maîtrisable avec le variant anglais,
09:22parce que c'est celui-là qui nous a foutu dedans.
09:24On avait des projections qui étaient plutôt rassurantes
09:26avant que ce variant arrive.
09:29Et donc, il va falloir en tenir compte.
09:32On avait donc deux choses à faire.
09:35C'était développer, changer de politique hospitalière,
09:38ce n'est pas fait,
09:39et vacciner massivement, ce n'est pas fait.
09:41Alors, là encore, moi, j'entends des cœurs de pleureuses
09:44qui nous expliquent que,
09:45ah oui, mais les vaccins ne sont pas là,
09:46donc on fait ce qu'on peut, ma brave dame.
09:49Sauf que les vaccins seraient là
09:50si on avait permis de les produire.
09:52Or, on n'a pas levé les brevets sur les vaccins.
09:55C'est-à-dire qu'on permet aujourd'hui
09:57à l'industrie pharmaceutique
09:59de gérer une situation sanitaire dans le monde
10:02qui est désastreuse,
10:03en fonction de leur intérêt.
10:05C'est-à-dire qu'on ne permet pas d'utiliser
10:07toutes les capacités de production du monde,
10:10et dans certains pays du tiers-monde,
10:11il n'y a rien qui arrive.
10:13On ne permet pas d'utiliser toutes ces capacités de production
10:16parce que les brevets appartiennent à quelques industriels,
10:21enfin, à quelques financiers plutôt.
10:23D'ailleurs, la recherche sur ces brevets a été payée
10:25par de l'argent public,
10:27par la commune, par l'Europe,
10:28en partie, par la France,
10:30puisqu'on prétise à l'Union européenne.
10:32Donc, on paye deux fois en finançant la recherche
10:35et en payant les vaccins
10:36bien au-delà de leur coût de production.
10:39Alors qu'on a le droit aujourd'hui,
10:42dans le cadre des accords même de l'OMC,
10:44ce n'est pas l'organisation la plus démocratique du monde,
10:48mais on a l'article 31 qui nous permet
10:50de décider en France
10:53qu'on lève le brevet
10:55pour produire sur notre territoire
10:58les vaccins nécessaires à notre population.
11:00On a le droit de le faire.
11:01Simplement, aujourd'hui,
11:03cette décision n'est pas prise,
11:05forcément, pour des intérêts financiers.
11:07Et je ne vois pas d'autres raisons de ne pas la prendre.
11:09Sur le plan sanitaire, en tout cas,
11:10ce serait une évidence.
11:10Et on aurait, ça aurait une autre gueule
11:12de dire aux gens,
11:13voilà, là, on est bloqué, en effet,
11:14parce qu'on va être bloqué.
11:16On confine,
11:17mais on vaccine massivement.
11:19Et quand on ressort,
11:20on ressort avec une protection.
11:22Là, on confine.
11:24On est toujours dans le flou sur les vaccins.
11:26Alors, on s'annonce toutes les semaines,
11:28ça y est, il y a un million de doses,
11:29trois millions de doses,
11:30deux millions de doses.
11:32Oui, c'est surtout,
11:33Al-Masra ne veut rien venir,
11:35parce que, bon,
11:35on a encore appris hier
11:37que finalement,
11:37les AstraZeneca n'arrivaient pas,
11:39que c'était compliqué.
11:41On a plutôt des choses rassurantes
11:42sur les Pfizer
11:43qu'on pourrait utiliser,
11:45enfin, conserver à moins 20
11:47plus longtemps que prévu,
11:47et donc faciliter les distributions.
11:49Mais ça ne suffira pas.
11:51Et il faut aujourd'hui
11:52que massivement,
11:53on s'y mette.
11:54Et il n'est pas trop tard
11:54pour produire massivement.
11:55parce qu'on aura,
11:58alors on a une pénurie
11:59extrêmement grave
12:00déjà chez nous,
12:02mais imaginez ce que c'est
12:04dans les pays du tiers-monde.
12:05Or, c'est une pandémie,
12:07la définition,
12:07c'est que c'est mondial.
12:09Et on ne peut pas imaginer
12:11qu'on règle le problème
12:13qu'en Europe
12:14ou dans certains pays.
12:15Si on laisse ce virus filer
12:17au niveau mondial,
12:18on aura des variants,
12:19parce que, évidemment,
12:20il se développera,
12:21il fera des variants,
12:22qui nous reviendront
12:24par toutes les possibilités
12:28de voyage, d'avion,
12:29de train,
12:29de contamination directe.
12:32Et ils nous reviendront
12:33jusqu'à ce qu'on en ait un
12:34qui soit résistant à ce vaccin.
12:36Et il faudra là se réadapter.
12:38Alors, on a des capacités
12:39de se réadapter
12:40avec les vaccins ARN
12:41de façon beaucoup plus rapide
12:42que par le passé,
12:43mais quand même,
12:44ça voudra dire
12:45qu'il faudra tout recommencer.
12:46Donc, c'est fou
12:48de ne pas raisonner comme ça.
12:50Et c'est fou de ne pas voir
12:52que là, on a un problème
12:54commun à l'humanité
12:55et qu'il faut le régler
12:56de façon commune,
12:58pas en privilégiant
12:59des logiques de profit.
13:04C'est surtout sur les mesures
13:06qui vont être prises, pas prises.
13:07Là, on est encore de nouveau,
13:08on se retrouve au pied du mur,
13:09faute d'anticipation.
13:10Voilà, c'est très clairement.
13:12On n'a pas changé de politique,
13:13on n'a pas une politique
13:14vaccinale correcte.
13:15Je ne reviens pas sur
13:16toutes les périodes,
13:17le masque n'est pas utile.
13:19Enfin, voilà, on a eu à peu près
13:20tout ce qu'il ne faut pas faire.
13:22Dans une gestion de crise
13:23et en plus,
13:23une communication gouvernementale
13:24aujourd'hui qui n'est plus crue.
13:28On est même dans une communication
13:30délétère parce que ça fait
13:31des semaines qu'on nous dit
13:32« Oh, ben, dites-donc,
13:34ça s'aggrave,
13:35il va peut-être y avoir
13:35un confinement. »
13:36Alors, on prépare les esprits,
13:37mais comme on a fait ça
13:39depuis un an
13:39à préparer les esprits aujourd'hui,
13:41plus personne n'y croit.
13:42On voit le...
13:43Enfin, c'est flou,
13:44il y a un loup,
13:44on le voit arriver.
13:45Et finalement,
13:46c'est plus un truc
13:47très anxiogène
13:48plutôt qu'un appel
13:51à l'intelligence collective.
13:52Et là encore,
13:53on est toujours sur
13:53ces mêmes logiques
13:54de refus de l'intelligence collective.
13:56Donc, il va,
13:57à mon avis,
13:58falloir revenir
13:59à des logiques
14:00d'intelligence collective.
14:03Et puis après,
14:05une fois qu'on a ça,
14:07c'est « Est-ce qu'on lève
14:08les brevets ? »
14:09On peut toujours le faire, là.
14:11Là, tout à coup,
14:12les choses peuvent changer
14:13et on peut commencer
14:14à produire
14:14au niveau mondial
14:16des vaccins.
14:17Et tous les vaccins.
14:19Alors, on m'en répondra
14:21que les Chinois
14:21n'ont pas fait de demande
14:22d'autorisation
14:23de mise sur le marché
14:25sur la Commission européenne.
14:27Oui, bon, peut-être.
14:28Mais peut-être qu'on peut aussi
14:29nous solliciter le dossier.
14:30Enfin, voilà.
14:31Je pense qu'il faut tout utiliser
14:32sans exclusives
14:34et sans préjugés.
14:36Si le vaccin chinois fonctionne,
14:38utilisons-le.
14:39Si le russe fonctionne,
14:40utilisons-le.
14:40Si l'américain fonctionne,
14:41utilisons-le.
14:42L'anglais, pareil.
14:43Enfin, voilà.
14:44Moi, je n'ai pas de problème
14:45du moment que ça soit...
14:46Enfin, que ça prévient,
14:48en plus,
14:48parce que c'est ça,
14:48c'est ça l'idée du moment
14:49que ça a réussi à prévenir.
14:51Donc, levons ces brevets,
14:53utilisons tout ce qu'on peut utiliser.
14:55Et puis après,
14:57essayons de développer
14:58une politique
14:59sous l'égide
15:01de l'Organisation mondiale
15:02de la santé
15:04qui permette à tous les pays
15:05de vacciner.
15:06Parce qu'on s'en tira
15:08collectivement ou pas.
15:09Enfin, on va tous mourir,
15:11ce n'est pas ce que je veux dire,
15:11mais on va voir traîner les choses
15:14et devoir changer,
15:15rajouter des mesures
15:17si on ne fait pas les choses
15:18une bonne fois pour toutes
15:19très correctement.
15:20Alors, sur ce qui va se passer,
15:22je pense,
15:23mais voilà,
15:23ça ne t'engage que moi,
15:25qu'à un moment donné,
15:25devant la catastrophe annoncée
15:28et le tri annoncé,
15:29le gouvernement va confiner.
15:31Voilà, je pense qu'ils vont faire ça.
15:32Enfin, en fait,
15:33je ne vois pas comment
15:34ils pourraient faire autrement.
15:35après,
15:36ils nous ont tellement surpris,
15:38pourquoi pas.
15:39Mais là,
15:40dans le contexte,
15:41ça devient un pari osé,
15:42cette fois-ci,
15:43très très osé.
15:44Déjà que la première fois,
15:45c'était un peu osé,
15:46on voit bien que ça n'a pas réussi,
15:48on voit la situation,
15:49par contre,
15:49il faut être très pragmatique,
15:51là encore.
15:51Donc, je pense qu'ils vont aller vers ça.
15:54si c'est qu'un confinement
15:55pour retarder,
15:56pour recommencer
15:58en pariant de nouveau,
15:59parce qu'on a l'impression
16:00de revivre un mauvais film,
16:02tout le monde a en tête
16:03que finalement,
16:04ça ne s'est pas si mal réglé
16:05que ça la dernière fois.
16:06En juin, ça a chuté,
16:07puis l'été n'était pas si mauvais.
16:09On avait toujours
16:11un virus endémique,
16:12mais on n'était plus dans un pic.
16:13Donc, il y a eu une saisonnalité
16:16à ce virus
16:17et on a le sentiment
16:18qu'on compte encore
16:19un peu là-dessus.
16:20Sauf qu'on est quand même
16:22dans un sacré pari,
16:23là encore.
16:24La saisonnalité,
16:25on l'a eu une fois.
16:26Quand on prend
16:27les modèles épidémiques
16:28du passé,
16:28ce n'est pas toujours le cas.
16:29C'est parfois une saisonnalité,
16:31puis autre chose,
16:31puis voilà,
16:32c'est un nouveau virus.
16:33Là encore,
16:35on fait des paris imposés.
16:37Donc, si en effet,
16:39on ne fait que confiner
16:40pour retarder
16:41et empêcher
16:42le débordement
16:43des services de santé,
16:44mais que derrière,
16:45on repart,
16:45on ne va faire que ça.
16:47Et sans politique vaccinale
16:49efficace, large,
16:51accessible,
16:52on va un peu
16:53dans une situation
16:55qui va s'éterniser.
16:57Alors après,
16:58on nous fait
16:58toutes les promesses possibles,
17:00on va en vacciner.
17:00J'ai même entendu
17:0170 millions,
17:02avait dit Véran
17:03fin août.
17:05Non, non, non,
17:06on n'est pas 70 millions,
17:07M. Véran.
17:08Donc, j'espère qu'il parlait
17:09de deux doses,
17:10donc 35 millions.
17:11Mais en fait,
17:11on ne comprend même plus rien,
17:12tellement les annonces
17:13sont un peu fantaisistes.
17:17la question,
17:18c'est de se donner
17:19une stratégie vaccinale
17:20maintenant très,
17:21très large
17:21et de faire
17:22des vaccinodromes,
17:23de faire des accès
17:25sur les pharmacies,
17:27les médecins libéraux,
17:29relancer tout ça,
17:30relancer,
17:31élargir le nombre
17:31de personnes
17:32qui peuvent vacciner.
17:32J'ai vu qu'il y avait
17:33des centres gérés
17:34par les pompiers
17:34qui vaccinaient.
17:35Et bien,
17:35tout est bon.
17:37Simplement,
17:37il faut le faire.
17:37Mais pour le faire,
17:38il faut avoir les doses.
17:39Il faut avoir les doses,
17:40il faut les produire
17:40et il faut lever les bras.

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