- il y a 12 heures
En direct de l’hôpital de Creil (Oise), Loïc Pen, urgentiste, membre du collectif des médecins CGT, fait le point sur la situation sanitaire, les annonces du gouvernement, et revient sur les mesures qui auraient pu être prises.
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00:00Bonjour Loïc Pen.
00:02Bonjour Nicolas.
00:04Alors vous êtes en direct de l'hôpital de Creil.
00:06Vous sortez d'une permanence de 24 heures,
00:08donc vous êtes évidemment fatigué, renté,
00:10mais vous acceptez de répondre à nos questions.
00:11Encore une fois, merci.
00:13Quelle est la situation en ce moment même à l'hôpital de Creil ?
00:18Je crois qu'elle ressemble à ce qui se passe un peu partout.
00:22On n'a pas encore la même situation qu'en mars,
00:25c'est-à-dire qu'on n'a pas le nombre de malades,
00:27mais par contre, on a beaucoup plus de malades que les semaines qui viennent de passer.
00:32Et déjà, on se retrouve en tension sur nos capacités d'hospitalisation,
00:36c'est-à-dire qu'on n'a plus de place.
00:39On a là, a priori, environ une trentaine de patients Covid,
00:43dont la moitié en réanimation.
00:44Donc on arrive déjà à la saturation des places libres,
00:49puisqu'on n'a pas arrêté nos autres activités.
00:52Depuis hier, il y a un passage national en plan blanc.
00:57Il se décline naturellement dans tous les hôpitaux, et donc le nôtre.
01:00Donc on va devoir déprogrammer certaines activités,
01:05certaines opérations jugées de non urgentes.
01:07On ne veut pas, personne d'ailleurs ne veut déprogrammer aussi lourdement
01:12qu'on a pu le faire durant la première phase de Covid,
01:15parce que ça a des conséquences.
01:17Et on l'a mesuré au déconfinement,
01:19puisqu'on avait retrouvé des patients qui étaient altérés,
01:22qui s'étaient dégradés.
01:23Donc on ne veut pas retrouver cette situation.
01:26Mais néanmoins, on est poussé là déjà à déprogrammer
01:29le plus déprogrammable pour pouvoir accueillir des gens.
01:34Il faut bien comprendre qu'il y a certaines opérations
01:36qui pourraient nécessiter une place de réanimation.
01:39Or, on n'a pas de place de réanimation disponible.
01:43Et donc on ne programme pas ces opérations,
01:45parce que le risque est trop grand de se retrouver avec des patients
01:48qu'on ne pourrait pas ensuite prendre dans de bonnes conditions.
01:52Comment en est-on arrivé là ?
01:56On est arrivé là, les mêmes causes, les mêmes effets.
01:59C'est un petit peu ce qu'on avait dit lors de la première nappe de Covid.
02:02On a une politique nationale de santé qui est désastreuse depuis des années,
02:07avec un affaiblissement extrêmement sensible de l'hôpital public
02:12dans ses capacités d'hospitalisation,
02:14puisqu'on a répété ce chiffre à l'envie,
02:17mais c'est bien de l'avoir en tête,
02:19100 000 nids en 20 ans,
02:20c'est-à-dire 20% de nos capacités hospitalières.
02:23Et ça a continué ces dernières années.
02:25On a perdu aussi des milliers depuis l'arrivée du nouveau président de la République.
02:31Alors, j'ai entendu dire,
02:34oui, mais on ne va pas modifier les capacités hospitalières
02:37en l'espace de quelques mois.
02:39Déjà, il y a quand même des choses à faire.
02:42On a embauché des agents hospitaliers,
02:44la formation est très rapide,
02:45et qui soulagent de toute partie des tâches de manipension,
02:49mais le personnel soignant,
02:51on va embaucher des gens pour travailler dans les secrétariats,
02:55qui ont été bien attaqués ces dernières années,
02:57qui pouvaient aussi la soulager,
02:58les soignants des tâches administratives,
03:00qui ont pris un poids extrêmement lourd dans le capital.
03:03Et puis, je trouve que c'est facile de nous expliquer ça.
03:07C'est en quatre mois qu'on change les choses.
03:09Par contre, c'est vrai que du travail qui s'est fait
03:12pendant des dizaines d'années pour les détruire,
03:16c'est vrai que c'est compliqué de changer en quatre mois.
03:18Et ce n'est pas normal.
03:21J'ai trouvé ça gonflé.
03:25plus que gonflé.
03:26De nous expliquer,
03:28enfin, de s'exémérer un petit peu de la chose.
03:30Notre président de la République, aujourd'hui, Emmanuel Macron,
03:33était déjà le rapporteur de la commission attaille sur Sarkozy,
03:36qui expliquait qu'il fallait attaquer l'article de la sécurité sociale
03:40et les transférer sur la CSG.
03:42D'ailleurs, c'est ce programme qu'il a appliqué
03:45quand il est arrivé au pouvoir,
03:47avec l'article de la CSG d'article.
03:49C'était ensuite toujours lui qui était secrétaire général de l'Elysée,
03:54sous Hollande,
03:55enfin ministre sous Hollande.
03:56Et on a vu toutes les attaques qu'on a subies à l'hôpital
03:59durant la fin de Sarkozy et la fin de Hollande aussi.
04:02Et puis, c'est encore lui, désormais, comme président,
04:05qui a fait la même politique libérale
04:08de classe de l'hôpital public.
04:10Donc, c'est vrai que c'est un petit peu dur à entendre
04:13de voir quelqu'un qui, finalement, dit
04:15« C'est pas moi, c'est comme ça depuis des années ».
04:17Non, il est là depuis des années.
04:18C'est pas à la fin de trois jours, quand même.
04:22Et par ailleurs, ça correspond aussi à cette provocation
04:25que vous avez faite il y a quelques semaines
04:28en allant visiter un hôpital parisien
04:29et devant la colonne des soignants.
04:31Il paraît d'expliquer, mais c'est pas un problème de mondial,
04:33c'est un problème de organisation.
04:34Les organisations, ça fait moult fois qu'on en change,
04:38on a pas la même problématique,
04:39parce que c'est un problème de capacité d'organisation,
04:43de nombre de vies, de nombre de personnels.
04:46Et parmi les autres choses qu'il y avait à faire
04:48dans les quatre mois qu'il y avait de passés,
04:49plutôt que de faire un séjour au rabais,
04:51et on ne crache pas sur les augmentations de salaire
04:53particulièrement pour le paramédical
04:54qu'on avait largement besoin.
04:57Mais un véritable choc d'attractivité,
04:59c'est-à-dire pas le monde qui a été fait aux paramédicaux,
05:02mais véritable augmentation de salaire
05:04pour reconnaissance des qualifications,
05:07des conditions de travail différentes,
05:08c'était aussi un message à lancer
05:10aux dizaines de milliers de soignants
05:13qui ont quitté l'oculat public,
05:14c'est-à-dire que c'est eux qu'il faut tout de suite
05:16aller rattraper pendant qu'on lance
05:19un grand plan de recrutement et de formation
05:21des personnels médicaux et paradoxaux,
05:24parce que là encore, on aurait pu le faire,
05:25dès juin, augmenter le nombre de 5 ans d'enfants,
05:28juste un décret, 1 000, 1 000, 1 000 ou plus,
05:311 000 ou plus, 1 000 ou plus, ça n'a pas été créé.
05:33Il faut arrêter de prendre le cas,
05:35parce que cette épidémie est difficile,
05:38elle ne sera sûrement pas la seule dans l'avenir,
05:41on ne va pas revenir sur toutes les zoonoses,
05:43et on va nous réarmer pour prendre en charge
05:46la santé publique, tout simplement.
05:49Alors, montée en puissance des cas de Covid,
05:51on a des questions, beaucoup de monde qui nous suivent,
05:53merci beaucoup.
05:54En ce moment, une question de Julie qui demande
05:58quelles sont les conséquences du Covid
06:00et quelles sont les mesures de prise en charge
06:02et de soins, les signes qui doivent t'amener à consulter ?
06:06On le voit, il y a encore des questions de base
06:08qui se posent face à la maladie.
06:10Oui, j'avoue que je suis un peu surpris,
06:13parce que c'est quand même vraiment qu'on en parle.
06:15Le Covid, c'est une maladie compliquée,
06:17parce que finalement, l'expression de cette maladie
06:22n'est pas la plus plus suivant les patients.
06:25La plupart des gens jeunes,
06:26sans problème de santé majeur,
06:30font des formes mineures,
06:33voire asymptomatiques,
06:34on en a quand même, aujourd'hui,
06:36on a presque 50%.
06:38Ce qui doit inciter à consulter à l'hôpital,
06:40parce qu'on voit peut-être qu'il y a des médecins de ville,
06:44quand même, qui sont le premier recours,
06:47qui doivent le rester.
06:49Ils ne sont pas assez nombreux,
06:50mais enfin, ils se doivent être tout autant qu'à l'hôpital.
06:54Et donc, ce qui doit se faire consulter,
06:56voilà, si ça est fait pour la route,
06:58ça peut aller tranquillement chez les médecins de ville,
07:02avec toutes les précautions de l'âge.
07:03Là où on doit venir à l'hôpital,
07:05c'est quand on commence à avoir des troubles respiratoires.
07:07de faire respirer, des oppressions thoraciques,
07:11voilà, des échoufflements au moindre effort.
07:14C'est surtout ça qui fait la difficulté de la maladie.
07:18Mais les gens le sentent.
07:19C'est très honnêtement,
07:23on a quand même une situation,
07:25pour pouvoir afficher ce type de patients,
07:27ils savent eux-mêmes que c'est urgent.
07:28Donc, il faut garder le bon sens, finalement.
07:32Et puis, si on s'est trompé,
07:34qu'on est allé voir son médecin généraliste,
07:35alors qu'on a une chance qu'on s'est grave,
07:37celui-ci va nous réinviter directement
07:39avec une patiente sur l'hôpital.
07:41Heureusement d'être en train de se mettre le bon sens.
07:44Alors, vous avez entendu, évidemment,
07:46les mesures annoncées de confinement,
07:49un confinement national,
07:50mais un confinement allégé,
07:52d'une certaine façon.
07:54Est-ce que, selon vous,
07:56ces mesures sont de nature à endiguer la pandémie ?
08:01Non, ce n'est pas la première fois
08:04qu'on fait un live de ce type.
08:07Je n'ai jamais annoncé des choses que je ne savais pas.
08:08Et là encore, je ne peux pas la mire pas.
08:10C'est-à-dire qu'on sait aujourd'hui
08:13qu'on va arriver,
08:15on est en train de le vivre,
08:16ça va continuer,
08:17à une situation où, de nouveau,
08:19nos capacités hospitalières
08:20ne peuvent plus répondre
08:21à la progression de la pandémie.
08:24Donc, il faut faire quelque chose.
08:25On a tenté le couvre-feu.
08:26La dernière fois, un live, à ce moment-là,
08:28j'avais dit que je ne pouvais pas.
08:30Très honnêtement,
08:31m'élever contre cette communion,
08:34elle me semble indiscutable,
08:35mais à un moment donné,
08:38on sait qu'on va être obligé
08:40de diminuer les contacts politiques
08:41entre les gens
08:42pour minimiser la propagation de ce virus.
08:44Donc, le couvre-feu est aboyant,
08:46sûrement pas le plus adapté,
08:47mais c'est ce qu'il avait.
08:48Ça n'a même pas le temps
08:50de montrer son efficacité,
08:52une fonction d'une efficacité,
08:53puisque la montée des 4 vides,
08:56des malades,
08:57ce n'est pas que les tests,
08:58c'est des gens malades
08:59qui arrivent à l'éducation,
09:00qui savent qu'on était déjà
09:01loin de cette operation.
09:03Cette montée des tests
09:04au livre
09:04a incité ce gouvernement
09:07à prendre des mesures
09:08plus importantes
09:09de distanciation physique.
09:10Voilà.
09:11Après leur choix,
09:12c'est un confinement,
09:15version compliquée quand même,
09:16parce qu'on a du mal
09:17à y comprendre quelque chose,
09:18pour être honnête,
09:19comme c'est toujours
09:21pas des choses simples,
09:23mais en gros,
09:24on le sent bien,
09:26qu'ils veulent diminuer
09:26les contacts physiques,
09:27et ça ne peut pas dire
09:28que c'est une mauvaise idée,
09:29c'est une bonne idée,
09:29parce que ça va trop vite.
09:32En même temps,
09:33ils ne veulent pas
09:33que le pays se mette à l'arrêt
09:35pour des raisons économiques,
09:36par exemple,
09:37pour discuter sur le fait
09:39qu'il y a des raisons
09:39à voir,
09:41de permettre à tous les gens
09:42de ne pas être en utilité
09:43et de ne pas être en chômage,
09:44ou permettre de maintenir
09:45les ressources et d'actionnaires,
09:47on pourra tout discuter,
09:48mais de toute façon,
09:50limiter les contacts,
09:52c'est impératif.
09:54Donc là,
09:54ils font ce choix-là,
09:55d'un confinement
09:56où finalement,
09:57c'est la vie de loisirs,
10:00c'est la vie de famille
10:02qui va être retouchée.
10:05Alors,
10:05sans jugement de valeur,
10:07sur le plan juste épidémiologique,
10:11c'est déjà ça.
10:12C'est-à-dire que
10:12si on limite des contacts,
10:14c'est déjà ça.
10:15Après,
10:15on peut toujours discuter
10:16est-ce que c'est ça
10:17qui va les toucher
10:17ou autre chose ?
10:18Voilà,
10:18moi,
10:19je ne vais pas rentrer
10:19dans ce débat-là.
10:20Ce que je veux dire,
10:21c'est qu'il y a une utilité
10:23aux mesures.
10:24Je ne peux pas être
10:25en suspect
10:26d'être un grand soutien
10:28de ma production
10:29du gouvernement,
10:30mais il est évident
10:32qu'il faut limiter
10:33les contacts de jour
10:34parce qu'on ne pourra pas
10:35subir une vague
10:39beaucoup plus forte ampleur
10:40que ce qu'on vit actuellement.
10:41On va être en vraie difficulté.
10:43Après,
10:46les écoles sont maintenant
10:48et il y a des contaminations
10:49fortes aux lycées
10:50durant un protocole
10:51sanitaire renforcé,
10:52il y a quelques profs
10:53qui doivent quand même
10:54s'inquiéter
10:54parce qu'on a vu
10:55ce que ça nous met
10:56déjà sur la rentrée.
10:57Après le confinement,
10:59les écoles,
11:00il n'y en a pas vraiment.
11:01C'est parfois
11:01une lutte d'esprit
11:02quand on connaît
11:03les locaux
11:03de s'inquiéter,
11:05la capacité,
11:05parce qu'on dit
11:06qu'il faudra nettoyer
11:07les types à nettoyer.
11:08Certainement pas
11:08les profs
11:09qui ont trouvé
11:09les classes
11:10ou ils ont deux minutes.
11:11Il y a des choses
11:12à mettre en place
11:13et on est plus
11:14parfois dans l'incantation
11:15que dans les choses
11:16très pratiques.
11:17Mais néanmoins,
11:18on est arrivé
11:19à cette situation
11:21de confinement
11:21parce que
11:23c'est toujours
11:24le problème.
11:26La santé en France,
11:27l'hôpital public
11:28en particulier,
11:28ne sont plus capables
11:30de gérer
11:31une épidémie
11:32de ce type.
11:32C'est aussi simple
11:33que ça
11:33parce que
11:36déjà quand il n'y a pas
11:37l'épidémie,
11:38c'est des choses
11:39qu'on a dit
11:39depuis des années.
11:41Toutes les périodes
11:42de vacances
11:43en tous les longs week-ends,
11:45toutes les périodes
11:45épidériques
11:46de type gérif,
11:47on est débordés déjà.
11:49On est déjà débordés.
11:50Là, on est débordés
11:50plus tôt.
11:52L'hôpital public
11:52c'est plutôt
11:53fin décembre
11:54et demi-en-l'hôpital.
11:56Là, c'est marrant.
11:57Et le croisement
11:59des épidémies
12:00thermales
12:01et du Covid
12:01doit être redoutable.
12:03D'ailleurs,
12:03on incite tout le monde
12:04pour ceux
12:05qui trouveront le vaccin
12:06parce que là encore
12:07à se faire vacciner
12:10pour la vie.
12:12Alors,
12:13toujours beaucoup
12:13de commentaires,
12:14beaucoup de commentaires
12:14de soutien
12:16à votre action,
12:18à l'action
12:18des médecins.
12:21Une précision à demander.
12:22Je n'entends pas très bien.
12:23Je dis
12:24beaucoup de messages
12:25de soutien,
12:26beaucoup de messages
12:26de soutien
12:27en particulier
12:28pour vous
12:29et pour tous les médecins
12:30et l'action des médecins
12:31et des personnels
12:33hospitaliers
12:33aujourd'hui.
12:34Et on a
12:35Julie Cerise
12:37qui demande
12:37de préciser
12:38la question
12:39des lésions
12:40à long terme.
12:41Quelles sont
12:41les lésions
12:42connues
12:43à long terme
12:44du Covid-19 ?
12:46Pour l'instant,
12:47on sait qu'en fait,
12:48il y a
12:49des conséquences
12:50et des séquelles
12:50sur les gens
12:51qui sont passés
12:52en réanimation
12:53après des formes graves.
12:54ça, oui,
12:56on en a quelques.
12:57Pour ceux
12:58qui font des formes
12:59plus modérées,
13:00même s'ils ont hospitalisés
13:02d'ailleurs,
13:03si l'oxygénothérapie
13:04n'est pas allé
13:05beaucoup plus loin
13:06que ça
13:06dans la prise en charge,
13:07finalement,
13:08ce sont des rituels.
13:09On n'a pas grand-chose.
13:11Et dans les formes
13:12asymptotactiques,
13:12pour l'instant,
13:13on n'a pas grand-chose.
13:14Là encore,
13:15c'est des choses
13:16qu'on a déjà dit,
13:16c'est-à-dire,
13:17il n'a pas un an.
13:18Il n'a pas un an.
13:19Donc,
13:20le recul
13:20qu'on a sur ce virus,
13:21c'est celui
13:23de Christophe Colomb
13:24qui découvre le mec.
13:25C'est-à-dire qu'on va le prendre
13:26pour les Indes
13:26encore un petit moment.
13:28On a plein de choses
13:29qu'on découvre
13:30au fur et à mesure.
13:31On a bien avancé
13:32sur la façon
13:35de gérer
13:35les complications
13:37de ce virus.
13:38Par rapport à Mars,
13:39ça, c'est du...
13:40Voilà,
13:41on a un gros travail
13:42qui a été fait
13:42par les chercheurs,
13:46par les médecins
13:47de l'équipe médicale
13:47pour faire
13:48des études
13:49et des recherches
13:50et des constats cliniques.
13:52Donc,
13:52les gens qui sont
13:53aujourd'hui en régulation
13:53ont beaucoup plus de chance
13:56qu'en Mars
13:57puisqu'on s'est venu
13:58traiter la phase
13:59inflammatoire
14:00en plus de la particothérapie
14:01qu'on avait du mal
14:02à utiliser le virus
14:02parce qu'on pensait
14:03que ça pouvait l'aggraver.
14:05On utilise surtout
14:06les anticoagulants
14:07parce qu'il y a
14:07beaucoup plus de complications
14:08avec les protocoles
14:10qu'on établit
14:10sur à quel moment
14:12on met quelle dose.
14:13Donc, voilà,
14:14on est mieux armé.
14:16Après,
14:16on ne peut pas encore
14:18dire
14:19s'il y a quelque chose
14:20qu'on ne voit pas
14:21pour l'instant
14:21qui arrivera
14:22dans quelques mois.
14:23Ça,
14:23ce n'est pas possible.
14:24Ça ne semble pas être le cas.
14:25Les gens
14:26qui ont fait des formes mineures
14:27guéritent du Covid,
14:28même s'ils sont restés
14:29épuisés pendant longtemps
14:30avec cette sensation
14:31d'oppression
14:32pendant longtemps
14:32parce qu'il y a
14:33cette espèce de difficulté
14:34à remplir
14:35ces fous mondaires,
14:36c'est le sentiment
14:37qui est rapporté,
14:38la sensation
14:39qui est rapportée
14:39par les patients
14:41qui ont fait le Covid.
14:41ça passe au bout
14:43de quelques semaines
14:43et on n'a pas l'air
14:44d'avoir de choses compliquées.
14:46Là où c'est plus dur,
14:47c'est quand,
14:48en effet,
14:49il y a eu
14:49des poumons
14:51très atteints
14:53et on a
14:54de la fibrose
14:55en quelque sorte,
14:56y compris
14:57les gestes de réanimation
14:58qu'on a dû faire
14:58pour sauver les patients
14:59sont eux aussi,
15:00ce ne sont pas des gestes
15:01à donner du tout,
15:02c'est quelque chose
15:02très violent
15:03pour les patients,
15:04peuvent avoir
15:05aussi des conséquences.
15:06Alors,
15:07une question de Ourdia,
15:09le Covid-19
15:10prendra-t-il fin
15:10un jour ?
15:16Pas forcément,
15:18pas forcément,
15:19c'est,
15:20on a plein de virus
15:21qu'on a intégrés,
15:22ce n'est pas
15:23le premier coronavirus,
15:24il y en a d'autres
15:26qui sont apparus,
15:27qui nous ont donné
15:28des formes
15:29parfois graves,
15:30SARS-CoV-1,
15:31c'était beaucoup
15:32moins virulent
15:33mais c'était
15:33des pneumopathies
15:34très graves,
15:35il y en a d'autres
15:35qui étaient,
15:37finalement,
15:37vous avez des rumes,
15:38voilà,
15:38vous avez peut-être
15:40vous-même fait déjà
15:41un coronavirus
15:41mais pas celui-là
15:42qui vous a donné
15:43une petite duripette
15:44et un rhume
15:45et puis,
15:45voilà,
15:46ça s'est passé,
15:47vous ne savez pas
15:47que vous l'avez fait.
15:48En fait,
15:49ce virus va peut-être
15:50s'intégrer
15:51dans le bol
15:51de virus hivernaux
15:52qu'on récupère
15:53chaque année
15:54parce qu'on en a plein,
15:55il n'y a pas
15:55que la grippe,
15:56on a un vaccin
15:57et puis c'est une maladie
15:59que vous connaissez
15:59depuis longtemps
15:59qui a fait beaucoup de morts
16:00donc on y fait
16:00très attention.
16:02Ce coronavirus
16:03sera peut-être
16:05aussi de la couverture vaccinale
16:08dès qu'on aura trouvé
16:09ce vaccin
16:09qu'on pourra développer
16:11mais c'est peut-être
16:12quelque chose
16:12qui va s'intégrer
16:13simplement
16:14ce sera
16:16quand il y a
16:17un grand variant
16:18de la grippe,
16:18il y a des grandes épidémies
16:19et on a parlé
16:20pendant toute cette période
16:22de la grippe espagnole,
16:23de la grippe asiatique,
16:24de la grippe de Hong Kong
16:25qu'on fait beaucoup de morts
16:26parce que
16:27les populations
16:28n'étaient pas immunisées
16:29contre ces variants de la grippe.
16:31Aujourd'hui,
16:34le coronavirus
16:36auprès de la réticulation
16:37c'est-à-dire
16:37qu'il n'y a pas
16:38d'immunisation collective
16:39les gens
16:40prennent de plein fouet
16:41une épidémie
16:43sans vaccination
16:43comme la grippe
16:44aujourd'hui
16:46comme on a pour la vie
16:47aujourd'hui
16:47donc évidemment
16:49même si
16:50la létalité
16:51parce que j'ai entendu
16:52beaucoup de gens dire
16:52c'est pas grave
16:54parce que ça va mourir
16:55beaucoup de monde
16:56ils ont
16:58superficiellement raison
16:59et totalement tort
16:59la létalité
17:01de virus
17:01est en fait
17:02sûrement
17:03assez faible
17:03et on aura
17:04sa létalité définitive
17:06quand on aura
17:06vraiment beaucoup
17:07beaucoup de dénominateurs
17:08parce qu'on ne teste pas encore
17:10de façon massive
17:11toute la planète
17:12mais
17:13elle semble évoluer
17:14entre 0,3 et 0,5
17:15mais en fait
17:16la létalité
17:16ça ne veut rien dire
17:17quand on ne sait pas
17:18le nombre de patients
17:19qui sont mises
17:19si vous multipliez
17:22la population française
17:23par 0,5
17:24vous avez
17:24des dizaines
17:25et des dizaines
17:26de milliers de morts
17:27voilà
17:27et donc c'est grave
17:29on ne peut pas
17:30enfin à chaque fois
17:31je reviens là-dessus
17:32parce qu'à chaque fois
17:33on n'est pas bien compris
17:35oui
17:35ça peut être
17:36pour plein de gens
17:36une grippette
17:37oui
17:37ce sont des gens
17:38plutôt déjà malades
17:40qui font des formes graves
17:41c'est un petit pourcentage
17:43mais multiplié
17:43par le nombre de patients
17:44parce qu'on n'est pas protégé
17:46on n'est pas immunisé
17:46ça peut être une catastrophe
17:48et c'est pour ça aussi
17:49qu'on a cette situation
17:50parfois un peu surréaliste
17:52où dans la rue
17:53on a l'impression
17:53que tout le monde va bien
17:54et pourtant
17:54on est en train de confiner
17:55mais parce que dans les hôpitaux
17:56ça ne va pas en fait
17:57on reçoit beaucoup de patients
17:58et on ne peut pas les prendre en charge
18:00alors une question de David
18:02qui dit
18:02j'ai une question
18:03avez-vous du matériel
18:04et du personnel soignant
18:06en plus
18:07après le premier confinement
18:08la réanimation
18:09a-t-elle eu un lit supplémentaire
18:11ou des lits supplémentaires
18:13en gros
18:14avez-vous eu du soutien humain
18:16et logistique
18:17en retour d'expérience
18:18du confinement
18:191.0
18:20courage
18:20à vous tous
18:23alors on a
18:24on a eu du matériel
18:25supplémentaire
18:26déjà on a plus
18:27de protection individuelle
18:30des masques
18:31des banques
18:32voilà
18:32quelque chose simple
18:33parce que quand même
18:34il faut se rappeler
18:35qu'au début
18:36de la première vague de Covid
18:37on manquait de tout
18:38de tout
18:39on nous expliquait
18:41il y a même eu des batailles
18:42dans les services
18:43parce qu'on nous expliquait
18:44que les masques de protection
18:46FFP2
18:47n'étaient pas utiles
18:47qu'on pouvait prendre
18:48des chirurgicaux
18:48que ça suffisait de bien
18:49on sait que non
18:51le masque chirurgical
18:52c'est une protection
18:53collective
18:54c'est-à-dire pour des vides
18:55de se cracher dessus
18:55les arraisons
18:56mais c'est pas une protection individuelle
18:57si un patient Covid
18:59qui n'a pas de masque
19:00vient cracher
19:01sur votre masque chirurgical
19:02il y a de tant que chances
19:03que vous puissiez
19:04contracter le Covid
19:04par contre
19:05si c'est un masque FFP2
19:06vous ne l'avez pas
19:07voilà donc
19:08même ça
19:09c'était très compliqué
19:10on n'est plus dans cette situation
19:11donc on a plus de matériel
19:12en Europe
19:13il y a eu même
19:14du matériel technique
19:16qui a été récupéré
19:18je discutais avec un collègue
19:19qui avait récupéré
19:20des échographes
19:21enfin voilà
19:21des choses
19:22qu'on attendait depuis longtemps
19:23donc on a vraiment des choses
19:25par contre le personnel
19:27le personnel
19:28ça
19:28ce serait
19:29alors
19:30sous toute réserve
19:31un de mes collègues
19:33expliquait que
19:33si on faisait le total
19:34du personnel en France
19:35aujourd'hui
19:35on était en dessous
19:36de celui de Mars
19:37c'est-à-dire qu'on a
19:38plutôt perdu des gens
19:39parce que
19:40il faut bien se mettre
19:41dans
19:42c'est pas que le personnel
19:43enfin les seuls
19:44vont lâcher la barre
19:46maintenant
19:46et dire
19:47on s'en fout
19:47mais individuellement
19:50ça fait quand même
19:50des
19:51voilà
19:52ça fait deux ans
19:53que l'hôpital est en lutte
19:54pour dire
19:54arrêtez
19:55cette politique de casse
19:57montrer
19:57enfin voilà
19:58remettait des moyens
19:59à l'hôpital public
20:00non seulement
20:01on n'a pas été entendus
20:02mais on a été très validés
20:03dans ce qu'on disait
20:04sur la période Covid
20:05on s'est aperçu
20:06qu'en effet
20:06on ne racontait pas
20:08des carabistouilles
20:08la situation
20:10était grave
20:11ce personnel
20:12a pris
20:12cette vague
20:13de plein fouet
20:14la sortie de confinement
20:16avec tous les patients
20:16qui s'étaient dégradés
20:17on reprend le Covid
20:18aujourd'hui
20:18certains sont partis
20:20certains individuellement
20:21craquent
20:22on a de la fatigue
20:23on a du burn-out
20:23on a de toute façon
20:25pour certains
20:26le sentiment
20:27que ça ne changera jamais
20:28ils ont tort
20:30c'est-à-dire
20:30ça changera
20:31parce que
20:32les conflits
20:32c'est la capacité
20:34de l'ensemble des Français
20:36à se rassembler
20:37et à porter cette idée
20:38qui va faire changer
20:39les choses à l'hôpital
20:40je ne suis pas du tout
20:41négatif là-dessus
20:42simplement
20:42il ne faut pas être résigné
20:44il ne faut pas accepter
20:45ces logiques
20:46de classe de l'hôpital public
20:47ces logiques
20:48néolibérales
20:49qu'on subit depuis des années
20:50elles n'ont rien de fatal
20:51elles sont faites par des hommes
20:53malheureusement
20:54quelles que soient leurs étiquettes
20:56on les a réunies
20:56et même depuis des années
20:58je ne renonce pas
20:59à ce qu'à un moment donné
21:00on se réveille collectivement
21:01et on change les choses
21:02mais dans les faits
21:03beaucoup de soignants
21:04se sont résignés
21:05certains sont partis
21:06faire autre chose
21:08travailler
21:09dans d'autres services
21:11en dehors de l'hôpital
21:12ou même des services
21:13plus horaires de l'hôpital
21:16de l'hôpital
21:17parce qu'ils ne peuvent plus
21:18supporter cette pression permanente
21:20ça fait des années
21:21qu'ils la supportent
21:21et on a eu des recrutements
21:24mais en fait
21:25je reprenais l'exemple
21:26des hôpitaux parisiens
21:27où leurs recrutements
21:28ont été compensés
21:30par autant de départ
21:30et finalement
21:31le résultat est nul
21:32ça n'a pas bougé
21:34et donc
21:34c'est ce que je disais
21:35en étude de live
21:37ce qu'il faut
21:38c'est un véritable choc
21:39d'attractivité
21:40pour les soignants
21:41c'est-à-dire
21:41changer de politique hospitalière
21:43renouer les conditions
21:44de travail décentes
21:45et c'est la première chose à faire
21:46continuer à travailler
21:47en courant partout
21:48tout le temps
21:49ça, ça donne du burn-out
21:50donc il faut redonner ça
21:52mais là c'est les moyens financiers
21:53et puis
21:53il faut acheter
21:54d'attractivité
21:55sur la profession
21:56payer les gens
21:57correctement
21:58les inciter à revenir
21:59en privé
22:00pour le public
22:01c'est des dizaines
22:03de milliers de soignants
22:04ces dernières années
22:04qui sont partis
22:06du secteur public
22:08du fait des conditions
22:09de travail
22:09et des revenus
22:11merci beaucoup Loïc Pen
22:12on va peut-être
22:13arrêter ce live
22:15maintenant
22:15on aurait pu continuer
22:16encore longtemps
22:16mais je sais que vous sortez
22:17de permanence
22:18vous êtes très fatigué
22:18je me répète
22:20parce que c'est la fin
22:21oui mais comme
22:22on a en permanence
22:24des gens qui nous rejoignent
22:25et qui posent des questions
22:26et que encore une fois
22:27on ne le répétera
22:28jamais assez
22:28il faut faire preuve
22:29de beaucoup d'explications
22:30et de pédagogie
22:32énormément de questions
22:32se posent
22:33et d'ailleurs
22:34je vous invite tous
22:35tous ceux qui nous suivent
22:36vous êtes nombreux
22:37à vous abonner
22:38à cette page Facebook
22:40si vous voulez continuer
22:41à suivre nos informations
22:42en live
22:43et suivre les infos
22:44de l'humanité
22:45à vous abonner
22:46évidemment à l'humanité
22:47en papier
22:48ou en version web
22:51et Loïc
22:52on se donne rendez-vous
22:54très prochainement
22:55pour continuer
22:55à décrypter la situation
22:57et faire le point
22:58avec vous
22:58sur la situation sanitaire
23:00à l'hôpital
23:02et pour l'heure
23:03je vous souhaite
23:04un bon repos
23:06après ces 24 heures
23:07de permanence
23:09et puis même
23:10si ça me fatigue
23:11de le faire
23:12mais merci pour ces lives
23:13qui permettent aussi
23:14qu'on reparle
23:15de la situation
23:16à l'hôpital
23:17parce que
23:17je trouve que c'est
23:19quand même
23:19la grande absence
23:20dans les médecins
23:21gouvernementaux
23:23des fois
23:23on a l'impression
23:24que tout est réglé
23:25il n'y a rien
23:25qui est réglé
23:26et il faut encore
23:27travailler
23:28à changer
23:28ce qu'il y a
23:29donc merci à vous
23:30Nicolas
23:30merci à l'human
23:32merci Loïc
23:33et à très bientôt
23:34partagez cette vidéo
23:35si vous pensez
23:36que l'information
23:37doit circuler
23:38merci à tout le monde
23:39et à très bientôt
23:40merci à tout le monde
23:43merci à tout le monde