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  • il y a 12 heures
🚨En direct de l’hôpital de Creil (Oise), avec Loïc Pen, médecin urgentiste CGT. Le point sur la situation en ce moment même, le rappel des recommandations sanitaires, et une réaction aux dernières annonces présidentielles.

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Transcription
00:00Bonjour Loïc Penne. Bonjour. Alors vous êtes médecin urgentiste, on le rappelle, vous êtes en direct de l'hôpital de
00:07Creil dans l'Oise.
00:08Merci de faire ce Skype avec nous pour l'Humanité. Alors on a parlé ensemble il y a une semaine
00:15de ce même hôpital.
00:17Vous nous disiez que c'était encore relativement calme, vous attendiez la vague, vous aviez encore un certain nombre de
00:25lits disponibles en réa.
00:28Qu'en est-il aujourd'hui ? Quelle est la situation exactement maintenant à l'hôpital de Creil ?
00:35C'est beaucoup moins calme. C'est-à-dire que j'avais parlé du circuit Covid, c'est-à-dire
00:41un circuit qu'on a mis en place pour recevoir les patients suspects de Covid,
00:45pour qu'ils ne passent pas dans les urgences, qu'ils ne risquent pas de contaminer nos patients habituelles, qui
00:49sont plus fragiles.
00:50Donc ce circuit, quand on s'est vu, j'étais avec Jean-Jacques Pic qui travaille sur ce circuit, qui
00:56nous en parlait il y a une semaine.
00:58Quand on s'est vu, il y avait 30 passages. Aujourd'hui, il y en a eu 60. Ça donne
01:01un peu l'évolution.
01:05Alors ce n'est pas forcément le reflet de l'épidémie, puisqu'il y a plus de gens aussi qui
01:08savent que ce circuit existe, donc on a plus de consultations.
01:12Ce qui, par contre, donne le reflet de l'épidémie, ce sont les places dans l'hôpital. Voilà, parce qu
01:15'on avait des places la dernière fois.
01:18Là, ce n'est plus le cas. On est à peu près plein partout. La réanimation est pleine de patients
01:24Covid, donc de patients qui sont dans des situations plus graves.
01:28Avec d'ailleurs, moi j'avoue que je ne m'y attendais pas à ce point. Je trouve qu'il
01:33y a quand même des patients plus jeunes qu'on attendait et avec moins d'antécédents.
01:38Parce qu'on attendait ou des patients très âgés ou des patients avec des fortes comorbidités, d'autres pathologies.
01:44Là, on a quand même des patients qui sont hospitalisés. Alors ce n'est pas la majorité, ça reste une
01:48minorité, mais quand même.
01:49Des patients qui n'ont pas beaucoup d'antécédents médicaux, 45-50 ans et qui sont hospitalisés.
01:56Alors on a à peu près les mêmes, parce qu'aujourd'hui je suis allé à Amiens, transférer des patients.
02:00On a à peu près les mêmes ressentis sur cet hôpital à Amiens qui a démarré après Creil,
02:06puisque Creil était malheureusement un peu précurseur sur cette histoire,
02:10mais qui voit aujourd'hui son nombre de patients hospitalisés Covid augmenter aussi,
02:14avec deux entrées par jour par réa, là il me disait, le réanimateur avec qui j'ai discuté.
02:20On a aussi une augmentation à Beauvais.
02:22Je travaillais hier à Beauvais où j'étais sur le circuit de dépistage Covid.
02:28Donc on reçoit en fait des gens pour le dépistage dont le dépistage a été indiqué par le SAMU en
02:35fait.
02:36Les gens appellent et on leur dit non, on ne vous dépiste pas.
02:38Oui, on vous dépiste, alors on tiendra sur pourquoi on ne dépiste pas tout le monde, si vous voulez bien.
02:45Mais beaucoup de professionnels de santé, parce qu'on a privilégié,
02:49alors ce n'est pas que ce serait un passe-droit comme d'autres visiblement l'ont eu,
02:54c'est surtout parce qu'ils sont potentiellement très contaminants,
02:57vu qu'ils voient des patients et des patients fragiles.
02:59Donc on essaye de faire une vraie protection, une vraie éviction de ces patients,
03:05enfin de ces professionnels de santé qui sont aussi des patients,
03:07et qui pourraient vraiment répandre l'épidémie dans l'exercice de leur travail.
03:12On essaie d'être vraiment attentif à ça.
03:15Donc là, on sent, alors on ne sait pas où on est de la vague,
03:18mais on sent qu'elle arrive quand même et qu'elle a commencé.
03:22On a beaucoup plus de contamination, on est sur une situation difficile.
03:26Alors pour les tests, je fais juste un petit aparté,
03:29mais on est très sollicité par les gens qui veulent des tests, ils ont raison d'ailleurs.
03:33Ce serait bien qu'on teste l'ensemble de la population,
03:36parce qu'on est sur une situation de confinement parce qu'on n'a pas le choix.
03:39C'est ça reste, et je le redis, pour l'instant ça reste la seule solution qu'on ait pour
03:44ralentir cette épidémie.
03:45Il faut le respecter, on n'est pas là pour dire l'inverse.
03:48Mais on le fait parce qu'on n'a pas d'autre choix.
03:51Si on avait des tests en masse, on pourrait isoler les patients positifs,
03:55et ne pas forcément isoler les autres, ou pas de la même façon,
03:58leur faire porter des masques pour qu'ils ne contaminent pas.
04:01Mais on n'a pas les tests.
04:03On n'a pas les tests parce qu'on a un retard à l'allumage qui est assez terrible.
04:06On sait que cette épidémie arrive depuis à peu près janvier, fin janvier.
04:12Les tests n'ont pas, c'est un choix délibéré qui a été, on ne teste pas tout le monde.
04:15Je pense que c'est une erreur.
04:17Je ne suis pas le seul à le penser, ce n'est pas une réflexion personnelle.
04:20On est nombreux à le penser.
04:21Parce que sur retard à l'allumage, on n'a pas produit les réactifs pour faire des tests.
04:27Donc là, on est obligé de mettre en place, j'étais à Beauvais hier,
04:32ils ont commencé à tester localement, parce qu'au début, on ne le faisait que sur des centres de référence.
04:35Mais voilà, la commande de réactifs, elle est limitée, parce que pour l'instant, ce n'est pas produit.
04:40À Creil, je me suis fait expliquer par le biologiste ce matin,
04:43parce que comme j'avais eu une question à l'info, là, que je ne savais pas répondre,
04:45je lui ai demandé directement à ceux qui sont au courant,
04:48qui se servaient aussi pour ma pratique.
04:50On a des machines qui sont des machines dites fermées,
04:52c'est-à-dire qui fonctionnent avec un seul type de réactifs,
04:54pas une ouverte avec plusieurs réactifs.
04:56Or, ces réactifs, on ne les a pas encore.
04:57Donc, on devrait démarrer.
04:59Les entreprises qui les produisent nous garantissent a priori qu'on va les avoir rapidement.
05:03Elles sont sur des productions.
05:05Et on devrait démarrer courant avril les tests.
05:08Voilà.
05:09Donc, assez rapidement, dans une semaine de mai,
05:11on a vraiment un gros retard à l'allumage,
05:13qui fait qu'on est pour l'instant contraint à du confinement pur, dur de tout le monde,
05:17sans discrimination.
05:18Sauf que, de toute façon, il va falloir le lever à un moment donné, ce confinement.
05:21On a dit qu'il risquait de durer plus que 15 jours.
05:23Ça, maintenant, on le sait.
05:25Ce sera un mois.
05:26Ce sera peut-être un peu plus d'un mois.
05:27Mais le maintenir au-delà, on va avoir d'autres problématiques.
05:31Économiques, certes, mais ce n'est pas ma priorité.
05:33Mais simplement, les gens vont devenir fous.
05:35On les garde enfermés comme ça.
05:37Et puis, il peut y avoir des problèmes familiaux, des problèmes conjugaux.
05:43Il y a tout un tas de choses, des dépressions, des gens qui vont craquer.
05:46Donc, on ne peut pas non plus faire ça, vitam aeternam.
05:49Sauf que, quand on va libérer le confinement, il faut tester.
05:51Parce qu'on va relancer, forcément, un peu les contaminations.
05:54On va relancer les contaminations, pas un peu.
05:56Parce que les gens, du nouveau, alors, on aura ralenti la progression.
05:58Je disais que c'était fondamentalement la stratégie, stratégie de pénurie,
06:02mais la bonne stratégie dans le contexte où on est, parce que c'est une stratégie de pénurie, quand même.
06:05Mais de ralentir la progression des cas pour ne pas déborder les services de santé.
06:11Donc, on est en train de le faire.
06:12C'est très bien.
06:14Simplement, quand les gens vont sortir, ils vont se contaminer, forcément.
06:16Et là, il faudra pouvoir isoler les positifs.
06:19Donc, il faudra des tests.
06:20Et puis, il faudra pouvoir protéger les autres.
06:22Alors, je rappelle, protéger les autres de soi-même.
06:28C'est toujours ce débat un peu compliqué sur les masques.
06:30C'est toujours la même chose.
06:31Les protecteurs, ce sont les FFP2.
06:34Pour être donné à tout le monde, mais pour l'instant, vu qu'on n'en a pas,
06:36ou très peu, qu'on en manque même dans les structures de soins.
06:39Moi, j'étais assez effrayé d'entendre hier des gens que j'ai vus qui venaient des PAD
06:43qui n'ont pas de masque du tout.
06:44Pas de masque du tout.
06:45Voilà, ils n'avaient rien.
06:47Et donc, nous, dans les hôpitaux, on en a mais à compter.
06:50Donc, pour l'instant, ces masques FFP2 sont réservés aux personnels soignants.
06:53Alors, ce dont je parle, c'est des masques chirurgicaux qui ne vous protègent pas, certes.
06:57Ça ne vous protège pas.
06:58Mais par contre, si vous êtes malade, vous ne contaminez pas les autres.
07:01Et si tout le monde en a, on ne se contamine pas les uns les autres.
07:03Voilà, c'est ça, toujours la logique.
07:05Mais pour l'instant, on a insuffisamment de tests et toujours pas les arrivées de masques
07:08qu'on attend avec grande impatience.
07:10Il y a eu quelques arrivées, mais c'est tout à fait mineur par rapport aux besoins.
07:13Donc, vous dites, en gros, là, évidemment, les mesures actuelles, c'est le confinement.
07:18Il n'y a pas le choix, puisqu'il n'y a pas de tests et il n'y a
07:20pas de masques.
07:21Donc, il faut absolument que les gens restent au maximum chez eux,
07:24mais qu'il y aura certainement une période après, que vous appelez assez rapidement
07:30pour ne pas que les gens deviennent fous à la maison, qui serait de déconfinement,
07:35mais à condition d'avoir la possibilité de tester un maximum de monde, voire tout le monde,
07:41pour savoir qui doit être isolé et qui peut ne pas l'être.
07:45C'est ça ?
07:45On ne peut pas continuer à l'aveugle comme ça.
07:48On ne peut pas continuer à l'aveugle à attendre, finalement, que l'épidémie tombe dessus.
07:53Si on veut la maîtriser un minimum, il faut savoir ce qu'on fait.
07:55Il faut avoir des gens dont on se diagnostiquait, en fait.
07:59Voilà, c'est quand même ça qu'on doit faire.
08:01On n'est pas juste là pour compter les catastrophes.
08:03On est là pour diagnostiquer des gens et les traiter de façon symptomatique
08:07ou tenter le fameux traitement par l'hydrocycleroquine,
08:10puisque visiblement, maintenant, on peut le tenter.
08:13Enfin, on avait en fait commencé déjà à le tenter.
08:16Il faut quand même me dire les choses.
08:17Je disais la dernière fois que j'avais vu un protocole d'un hôpital du Nord.
08:20Il y a un protocole chez nous qui est déjà élaboré sur comment on peut utiliser.
08:25Alors, ce n'est pas sûr que ça marche, j'en redis.
08:27On n'est pas sur un traitement miracle.
08:28D'ailleurs, personne ne l'a prétendu, même pas ceux qui l'ont mis en place.
08:33On est sur un traitement qui a un effet.
08:35Pour l'instant, un effet plutôt sur l'aspect biologique.
08:37On n'a pas beaucoup d'autres retours.
08:39Mais en l'absence de toute autre solution et sur des médicaments déjà connus, testés, anciens,
08:44où on sait quel est le profil de risque, ça paraît raisonnable.
08:48C'est ce qu'on est en train de faire, de dire qu'on essaye.
08:51Alors après, pour l'instant, on essaye dans un cadre hospitalier.
08:54Parce qu'on prend quelques garanties.
08:56On n'a pas les moyens dans les hôpitaux périphériques ou même dans la plupart des CHU
09:01qu'avait l'Institut marseillais.
09:06On veut dire qu'eux, ils faisaient du dosage de chloroquine dans le sang.
09:08Mais on ne va pas le faire, ça.
09:09Donc, avant de faire les choses, on prend un certain nombre de précautions.
09:13Il était recommandé de faire un électrocardiogramme.
09:15Il est recommandé d'avoir un test positif, de faire un test à J8,
09:19de surveiller les patients sur l'évolution.
09:22Donc, pour l'instant, il nous a paru plus raisonnable de le faire en milieu hospitalier
09:25sur les cas pas forcément graves, mais les cas qui peuvent devenir graves,
09:29qu'on a détectés comme pouvant devenir graves.
09:32Voilà, pour les empêcher.
09:33On ne sait pas si ça va marcher, mais c'est une bonne solution intermédiaire
09:36qui permet de démarrer les choses et puis de prendre des sécurités.
09:40Voilà.
09:43Hier, Emmanuel Macron a fait de nouvelles annonces pour l'hôpital.
09:47En tout cas, il a fait une déclaration.
09:50C'est ça, une déclaration, on va dire.
09:52Parce que les annonces, moi, je ne les ai pas entendues.
09:54Oui.
09:54C'était très vague.
09:55Il n'y a pas de chiffres d'annoncés.
09:58Alors, il dit vouloir mettre des moyens dans l'hôpital public.
10:04Qu'est-ce que ça vous inspire ?
10:08Bravo, monsieur.
10:11On est sur l'extraordinaire.
10:13Ça fait un an qu'on est en mouvement de grève.
10:17Un an qu'on dit les choses.
10:18Un an qu'on dit, attention, la situation des hôpitaux est désastreuse.
10:22On est en train d'assister à l'effondrement des hôpitaux.
10:24On a dit ces mots-là.
10:26On a été méprisé.
10:28Enfin, si, on nous a répondu par des gaz lacrymaux.
10:30C'est ça qu'on nous a donné.
10:32D'ailleurs, il n'y a pas de carence en gaz lacrymogène.
10:34Vous avez vu, on n'est pas de pénurie.
10:35Par contre, en masque, ce n'est pas gagné, là.
10:38Non, mais moi, je suis content qu'il soit obligé de dire ces mots-là.
10:43Je suis content qu'il soit obligé.
10:45Après, il y est obligé.
10:47Je ne suis pas de malif.
10:47Ça fait un an, plus d'un an, qu'on est en mouvement.
10:51Plus d'un an qu'on est méprisé.
10:52Plus d'un an que les choix qui sont faits sont des choix néolibéraux
10:56pour ne pas prendre en charge l'hôpital public,
10:58le laisser crever dans son coin.
11:00Pour moi, à but de privatisation.
11:02Je le dis tel que je le pense.
11:03Parce que ce n'est pas possible de nous mettre dans un tel État
11:06volontairement s'il n'y a pas quelque chose derrière.
11:08Parce qu'on ne me fera pas croire que ces gens sont bêtes.
11:10Ils ne sont pas bêtes.
11:11Ils sont intelligents.
11:12Ils savent ce qui se passe.
11:13Moi, je ne ferais pas l'affront au gouvernement de penser
11:15qu'ils n'ont pas de rapport et qu'ils ne mettent jamais les pieds dans un hosto.
11:19Non, non.
11:19Plus, ils le voient, ils le font exprès.
11:21Mais c'est ça la seule explication.
11:22Ici, ils le font exprès, c'est qu'il y a un but.
11:24Et le but, c'est aussi d'ouvrir un marché.
11:26Parce que la santé, voilà, c'est un marché.
11:29La sécurité sociale, il faut le rappeler, c'est 500 milliards d'euros.
11:32Le budget de l'État, c'est 392 milliards d'euros.
11:34Il y a de l'argent à prendre.
11:35Dans une période où ils cherchent à se rentabiliser,
11:37il y a de l'argent à prendre.
11:38Et donc, leur logique est celle-là.
11:40Moi, la mienne n'est pas celle-là.
11:41Je ne fais pas la CGT par hasard.
11:43Elle est de faire que ce soit un bien commun.
11:46Et que cet argent, qui est l'argent des salariés,
11:48ce sont des cotisations sociales, malheureusement un peu fiscalisées,
11:51mais bon, on ne va pas faire tous les débats,
11:53que cet argent revienne à la santé publique, aux retraites,
11:57aux besoins humains qu'on a dans une société.
12:00Donc là, Emmanuel Macron est obligé de se positionner différemment
12:03de tout ce qu'il a fait jusque-là.
12:05Parce qu'il n'a absolument pas répondu,
12:09ni lui, ni ses différents ministres de la Santé
12:11en revendication des hospitaliers.
12:12Il a laissé l'hôpital public s'enfoncer.
12:14On voit un scandale logistique avec ses masques et ses tests.
12:19Un scandale logistique.
12:20Il y a une impréparation.
12:22Et en plus, il y a des choix qui ont été faits.
12:23C'est-à-dire que ce n'est pas seulement une impréparation,
12:25c'est des stratégies qui sont extrêmement contestables,
12:28qui étaient un peu laissées faire, laissées aller.
12:29Le marché règlera.
12:30Le marché ne règle pas.
12:31On le voit bien.
12:31Il faut de la puissance publique.
12:33Il faut un État stratège, dans la santé comme ailleurs, d'ailleurs.
12:37Et on n'a pas ça.
12:38Donc là, c'est le grand retour de l'État.
12:41J'ai beaucoup aimé le titre du journal La Croix,
12:43« L'État, virgule, d'urgence ».
12:45Oui, il faut le retour de ça.
12:47Il faut le retour de cette force publique et de l'État.
12:49C'était un très bon titre.
12:51Je ne sais pas qui l'a fait, mais vraiment,
12:52il m'a interpellé, moi, parce qu'on est sur ces questions-là.
12:55Mais moi, ce que j'ai retenu surtout,
12:57c'est qu'on n'a pas d'annonce.
13:00On n'a pas de chiffres.
13:01On n'a rien.
13:02Alors, c'est repoussé à un après-épidémie.
13:04Ouais, enfin, excusez-nous,
13:06mais franchement, on a des raisons de ne pas faire confiance.
13:09Voilà, on a des raisons de ne pas faire confiance.
13:11Il y a eu des choses extrêmement douteuses
13:14durant cette crise sanitaire.
13:15Moi, je n'ai toujours pas digéré le coût
13:17de la réunion interministérielle sur le Covid-19
13:20qui finit par accrocher d'un 49-3.
13:22Donc, voilà, ça, c'est particulièrement vicieux et cynique,
13:25j'ai trouvé.
13:26Donc, on peut aujourd'hui avoir une vraie crise de confiance.
13:30Et moi, je l'ai.
13:30Je n'ai pas confiance.
13:32Et quand j'entends un président qui nous paye de mots,
13:34mais il n'y a pas de décision prise,
13:37là aussi, je demande à voir.
13:38Et il n'est pas question qu'on se taise et qu'on attende.
13:42Parce qu'il y a plusieurs choses qui sont très désagréables
13:46dans la façon dont on est traité actuellement.
13:48Alors, il y a cette...
13:49J'ai entendu le docteur Beaulieu qui disait ça,
13:51mais c'était vraiment les mots qu'il fallait dire.
13:54C'était sur Quotidien hier.
13:56Donc, je l'ai entendu dire,
13:58mais il y a un narratif d'héroïsation,
14:01un narratif héroïque qui nous a été appliqué.
14:03Nous sommes des héros formidables.
14:05Mais c'est très piégeant,
14:07parce que c'est dépolitisant, en fait.
14:09On ne s'occupe plus de toutes les revendications qu'on a menées.
14:11Un héros, ça ne demande pas d'élit.
14:13C'est courageux, ça va tout seul.
14:14Un héros, ça ne s'occupe pas de demander de l'argent.
14:16C'est sale, ça.
14:17C'est un peu bas l'argent.
14:18Non, non, on n'est pas des héros.
14:19On n'est pas en guerre.
14:20On est sur une crise sanitaire.
14:21Il faut des moyens pour l'hôpital public.
14:23Il faut répondre aux salariés.
14:24Il faut nous donner les lits qu'on réclame depuis plus d'un an.
14:27Parce que c'était ça qu'on réclamait.
14:28Des lits, des collègues, des moyens.
14:30On ne réclamait pas des hausses de salaire.
14:32Ensuite, on les a quand même réclamés.
14:33Parce que, je le redis,
14:35les salaires dans l'hôpital public sont minables,
14:37particulièrement pour les non-médecins et les jeunes médecins.
14:40Voilà.
14:41C'est là-dessus qu'il faut taper, à mon avis, extrêmement fort
14:44pour donner de l'attractivité à l'hôpital public.
14:48Et puis, ça, c'était les côtés héroïsation.
14:51Et puis hier, là, c'était chef de guerre.
14:53Ce n'est pas une guerre.
14:54Moi, je le redis, ce n'est pas une guerre.
14:56On a besoin de tout l'inverse.
14:57Je l'avais déjà dit sur un précédent live,
14:59mais revoir devant une tente militaire en chef de guerre,
15:03nous expliquer qu'on va gagner,
15:04il faut tout rester mobilisé.
15:06Il n'y a pas d'union sacrée, là.
15:08On n'est pas dans l'union sacrée.
15:09On est dans une crise sanitaire
15:10où il faut, au contraire, du débat, de la démocratie,
15:13regarder ce qui va et ce qui ne va pas,
15:15être capable de faire d'autres propositions,
15:17faire que le collectif est force de loi
15:18et pas un truc autoritaire,
15:20parce que ça, on n'y arrivera pas.
15:22Et puis, ça camoufle tout le reste.
15:24C'est-à-dire qu'on est en guerre,
15:26on se tait, on ne parle plus, on ne critique plus.
15:28Non, non, il faut rester mobilisé.
15:30Les soignants soignent, je disais.
15:32Ils sont là où on les attendait.
15:33Ils prennent des risques.
15:36Mais ce n'est pas pour autant
15:38que tout à coup, ils ont perdu leur cerveau.
15:40Leur cerveau pour regarder la société,
15:43le monde, pour faire de la politique,
15:44pas des petites choses politiciennes,
15:46mais de la politique, de la gestion de la cité
15:48et s'interroger sur ce qu'on doit mettre en place
15:52pour que ça ne se reproduise plus.
15:53Et puis tout de suite,
15:54qu'est-ce qu'on met en place pour changer de braquet ?
15:56Parce que quand on dit qu'il faut produire des tests,
15:59moi, j'écoute le fait que des entreprises privées
16:03nous promettent des tests, tant mieux.
16:06qu'est-ce qu'on vérifie ?
16:08Parce qu'on ne va pas encore s'en remettre comme ça
16:12à des choses hypothétiques.
16:13L'État doit agir dans cette question-là.
16:15Aller passer commandes, mais vérifier que les commandes se font,
16:19y compris mobiliser l'industrie sur des commandes
16:23et des obligations de fer.
16:25parce que ce n'est pas possible de laisser le marché décider.
16:30On a vraiment un choix.
16:32Si, par exemple, on doit produire de l'hydroxychloroquine,
16:35si ça s'avère fonctionner,
16:36ils vont le produire massivement.
16:38Et là, pour l'instant, il nous reste une usine en France
16:41qui produit de l'hydroxychloroquine
16:42et qui est en place d'être fermée.
16:46Donc là, c'est pareil.
16:47L'État doit intervenir.
16:48On doit mobiliser vraiment un État stratège,
16:52un État économique
16:53qui doit nous mettre des moyens
16:56au service de cette crise sanitaire
16:58pour la combattre et pour gagner.
17:00Voilà.
17:01On n'est pas sur une situation de guerre.
17:03Ce n'est pas ça.
17:04Alors, je vois bien,
17:05vous gérez à la fois l'urgence sanitaire au quotidien
17:09et les choses se tendent.
17:10Vous l'expliquiez en début de live.
17:13Et en même temps,
17:14vous poussez la réflexion sur les besoins immédiats
17:18et les besoins à plus long terme
17:20et sur ce demain, en fait,
17:23sur ce lendemain auquel tout le monde réfléchit maintenant
17:26pour plus que ça se reproduise,
17:28pour qu'on parte sur de nouvelles bases.
17:29Vous avez déjà des idées, des réflexions.
17:32C'est-à-dire que les soignants que vous êtes,
17:36vous vous projetez déjà dans la sortie de crise
17:39au niveau sociétal,
17:40au niveau des moyens que l'État devra mettre en place ?
17:45Alors, on est une partie des soignants à fait.
17:49Je veux dire, on a quand même la tête dans le guidon.
17:51C'est compliqué.
17:52C'est compliqué parce que c'est un peu du au jour le jour.
17:57La colère, elle est palpable.
17:58Voilà.
17:58Ça, il y a une véritable colère.
18:00On a entendu d'ailleurs plusieurs médecins l'exprimer.
18:03C'est plutôt les médecins qui parlent.
18:06C'est un peu triste.
18:07On a heureusement le collectif interurgence
18:08où il y a des paramédicaux qui parlent.
18:10Mais sur les grandes chaînes,
18:11ce sont beaucoup des médecins qui parlent.
18:13L'UMA aussi, visiblement.
18:17On va aller voir des aides soignantes aussi à Toulouse.
18:20La réflexion, elle n'est pas que médicale.
18:22Parfois, on a une réflexion qui s'est faite sur les professions paramédicales
18:28qui étaient parfois, à mon sens, plus importantes que celles des médecins
18:31qui restent malgré tout dans le système des gens un peu protégés.
18:34C'est pire pour les autres, très sincèrement.
18:38La hiérarchie est beaucoup plus forte, beaucoup plus pesante.
18:41On est quand même dans des situations différentes.
18:43D'ailleurs, c'est aussi pour ça que ce sont les médecins qui parlent
18:45parce que c'est plus facile pour un médecin de parler que pour un paramède.
18:49Pour dédouaner tout de suite ce que j'ai dit tout à l'heure.
18:52Mais la réflexion, elle s'est enclenchée, certes,
18:55pas pour tout le monde, parce qu'on n'est pas tous,
18:58et c'est d'imaginer l'avenir.
19:00Il y a aussi le turbin, il y a aussi la famille,
19:02plein de choses qui vont entrer en ligne de compte.
19:05Mais oui, ça commence à réfléchir.
19:07Pour l'instant, on est beaucoup sur des questions de moyens,
19:09mais je pense qu'il va falloir même réfléchir plus au-delà.
19:11Parce que c'est logique, depuis la loi Bachelot,
19:13qu'on confiait le pouvoir aux administrations hospitalières
19:16en le retirant aux soignants.
19:18C'était la logique de Sarkozy, il faut un patron de l'hôpital.
19:20On voit où ça nous a menés.
19:22Ça nous a menés au fait que le soin n'est plus prioritaire.
19:25Et donc, moi, je pense qu'il faut reconfier des missions
19:28de gestion de l'hôpital, enfin de stratégie à l'hôpital,
19:32aux soignants, pas seulement aux médecins, aux soignants.
19:33Et puis, plus largement, à la population.
19:37Alors, il y a des réflexions qui sont en cours à la CGT,
19:41dans des partis politiques, pour dire, voilà,
19:43on aurait besoin peut-être d'un conseil de santé
19:48qui pourrait être à l'échelon d'un territoire de vie,
19:51d'un canton, voilà, regroupant des professionnels,
19:55des administratifs, des syndicalistes, des élus,
19:59des associations de patients,
20:00pour essayer de recenser les besoins sur un territoire,
20:04d'en faire vraiment un espèce de cahier de dolérance des besoins,
20:08et puis de les porter jusqu'à l'échelon régional
20:11pour harmoniser tout ça.
20:12Et faire que, localement, on ait les choses et on les contrôle.
20:15On les émette, les besoins, et on les contrôle.
20:17Parce que là, on est quand même sur des logiques
20:20qui sont des logiques à chaque fois de pénurie, de restrictions.
20:23On ferme des lits ici parce qu'il faut faire des économies,
20:25parce qu'il y a un plan de retour à l'équilibre,
20:26parce qu'on n'est plus guidé du tout par les besoins de santé publique,
20:30par les besoins de soins des populations.
20:31On est guidé par des impératifs uniquement financiers
20:35qui sont, il faut réduire le coût de la santé.
20:37Et moi, c'est pour ça que je suis très dubitatif aussi
20:41sur les annonces du président Macron,
20:42parce qu'il nous dit on va faire un grand truc.
20:45Moi, je reste sur le dernier rendable,
20:47au moins 600 millions d'euros.
20:48Alors depuis, Olivier Véran nous a rendu 260 millions d'euros
20:52sur des budgets non dépensés des hôpitaux,
20:54comme quoi il y avait de quoi nous les donner pendant qu'on manifestait,
20:58mais là, ça n'était pas le cas.
21:00Ça arrive avec cette épidémie,
21:02on fait mine d'ouvrir les yeux.
21:06Mais moins 600 millions sur l'endame, plus 260,
21:09il en manque toujours 340.
21:12Et pourtant, on disait déjà qu'on n'était pas bon,
21:14qu'il fallait bien augmenter les moyens de l'hôpital.
21:18Donc on est encore sur une logique de pénurie.
21:20Et puis, je n'ai toujours pas entendu,
21:22non seulement d'annonces chiffrées,
21:24mais je n'ai toujours pas entendu qu'on supprimait la dette des hôpitaux.
21:27C'est la première chose à faire pour nous donner tout de suite du souffle financier,
21:30parce qu'on en est parfois à différer les paiements à nos fournisseurs,
21:34tout simplement.
21:35Oui.
21:36Alors, tous les soirs à 20h,
21:38partout en France,
21:39on entend les applaudissements,
21:41maintenant nourris aux fenêtres et aux balcons des Françaises et des Français,
21:44en solidarité avec les soignants.
21:47Est-ce que ça vous fait chaud au cœur ?
21:49Qu'est-ce que vous voulez leur dire en retour ?
21:54J'étais partagé sur cette histoire.
21:58Alors, je ne vais pas dire que ça ne fait pas plaisir.
22:00C'est bien, en fait.
22:02C'est bien parce qu'il y a une reconnaissance de ce qu'est le rôle de l'hôpital public
22:06et des soignants en France,
22:07plus largement de la santé en France,
22:08pas seulement de l'hôpital public.
22:09Parce que je pense aussi aux libéraux, aux médecins généralistes.
22:11Je pense à des confrères du privé à côté,
22:15du privé PSPH,
22:17qui participent complètement à la prise en charge du Covid.
22:20Donc, voilà.
22:21C'est bien.
22:22En même temps,
22:24j'ai entendu un confrère belge qui disait
22:26« Moi, ça m'énerve d'entendre ça
22:29parce que les gens n'étaient pas là quand on a manifesté,
22:32parce que, en même temps,
22:33ce sont les mêmes qu'ont voté… »
22:35Alors, je ne sais plus en Belgique parler de Sophie,
22:37c'est leur Premier ministre.
22:39Mais les mêmes ici qui ont voté Macron,
22:41parfois, qui applaudissent aux fenêtres.
22:43Bon, c'est complètement antinomique, en fait.
22:48Parce que, quand même,
22:49ces gens nous ont appliqué une politique.
22:50Là, ils tentent de faire oublier ça avec l'Union sacrée.
22:53Tout le monde est beau, tout le monde est gentil.
22:54Non, tout le monde n'est pas beau, tout le monde n'est pas gentil.
22:56Je suis désolé.
22:57On nous a appliqué une politique terrible
22:58de régression pour l'hôpital public.
22:59Alors, ce n'est pas que ce gouvernement.
23:01Ça fait 20 ans que ça dure.
23:04Mais celui-là, il a particulièrement contribué.
23:08Et là, ces gens qui applaudissent aux fenêtres
23:10ont parfois voté pour eux,
23:12ont parfois soutenu ces politiques,
23:14les mêmes qui ne sont pas descendus.
23:16Et puis, voilà, ça suffirait.
23:18Alors, moi, je ne le prends pas comme le confrère belge
23:19qui dit « ça m'énerve ».
23:21Moi, ça ne m'énerve pas.
23:22Je me dis « c'est un très bon premier pas ».
23:24Voilà.
23:25Il y a une prise de conscience.
23:27Moi, je le prends plutôt en positif.
23:29Un, ça fait plaisir aux soignants.
23:30Parce que, quand on en discute,
23:33ça faisait longtemps qu'on avait envie de dire,
23:34« mais quand même, les gens ne voient pas ce qui se passe ».
23:37Donc là, ça fait plaisir.
23:41Et de l'autre côté, voilà, ça ne peut pas s'arrêter là.
23:44Parce que là, c'est la logique du héros.
23:46C'est-à-dire, bravo, vous êtes nos héros.
23:47Non, non, non, non.
23:48On l'a bien dit, enfin, je l'ai bien dit au début,
23:50cette logique d'héroïsation des soignants,
23:52elle permet de dépolitiser le problème.
23:54Elle permet de dire, vous êtes des gens fabuleux,
23:56voilà, vous avez tout porté sur vos épaules.
23:58Non, non, on est des salariés, on a un métier,
24:00on le faisait avant, je crois, après.
24:02On le fait maintenant, avec des risques, maintenant, voilà.
24:06C'est ça qui fait le côté héros,
24:08mais je veux dire, c'est peut-être le même boulot avant.
24:12Et ce le sera encore après.
24:14Donc là, on est des salariés avec des besoins,
24:17des besoins de salariés, des besoins matériels,
24:19des besoins de lits, des besoins de moyens
24:21pour accomplir nos missions, tout simplement.
24:23Et si on est en grève depuis un an, c'est qu'on les a plus.
24:26Et donc, moi, tous ces gens qui prennent conscience,
24:28qui nous remercient, je les invite à nous retrouver,
24:32à nous retrouver dès qu'on pourra remanifester.
24:35Parce que si on ne va pas dans la rue,
24:37si on ne maintient pas cette pression,
24:39les belles promesses n'engagent que ceux qui les croient.
24:42Et moi, je ne le crois pas, le président Macron.
24:45C'est trop fort d'annoncer des chiffres pour l'économie,
24:48il annonce qu'il y aura 300 milliards de disponibles
24:50pour les entreprises en difficulté,
24:52et de promettre mon zémerveille à l'hôpital
24:54sans jamais nous sortir un chiffre,
24:56sans jamais nous dire comment il va faire,
24:57où il va le prendre, où il va le prendre.
24:59Parce que, là encore, moi, j'ai entendu les ordonnances
25:03et j'ai lu, là, les ordonnances sur le code du travail,
25:06les dérogations au code du travail,
25:08mais c'est terrible.
25:09C'est-à-dire qu'on prévoit qu'on va pouvoir poser des congés
25:13aux gens pendant le confinement,
25:14on prévoit qu'on pourra monter jusqu'à 48 heures de travail.
25:17Enfin, on va en avoir des gens qui vont venir aux urgences
25:19parce que, voilà, le travail fait de façon excessive
25:23et dans de mauvaises conditions, ça rend malade aussi.
25:26Donc, moi, je ne souhaite pas que ce soit la population qui paye.
25:30Là, je lisais, dans le même temps que je lisais ça,
25:32je lisais qu'il y avait des dividendes records
25:34qui allaient être versés maintenant,
25:35c'est les dividendes de 2019,
25:37on va les verser maintenant aux actionnaires.
25:38Et c'est formidable, on n'a jamais atteint ça.
25:42Là, il y a peut-être quelque chose à prendre,
25:43parce que la solidarité, ce n'est pas que les salariés,
25:45c'est aussi les richesses qui ont été créées
25:47et les gens qui, là, vont les récupérer
25:49sans, eux, avoir rien fait.
25:50Enfin, voilà, il y a plein de choses à faire.
25:52Puis bon, je passe sur l'impôt sur la fortune
25:54et je passe sur le crédit impôt compétitivité emploi.
25:57Là aussi, il y a des choses à récupérer
25:58et puis à remettre au pot commun pour le bien commun.
26:02Merci beaucoup, Loïc Pen, pour toutes ces explications,
26:05cette analyse.
26:07Beaucoup de messages pendant ce live
26:10qui est très suivi.
26:11Il y a 530 personnes en ce moment, d'ailleurs,
26:14qu'on salue sur ce live de l'Humanité.
26:17Beaucoup de personnes vous remercient
26:19pour la clarté de vos explications,
26:22de votre analyse.
26:23Bon, je bats le temps, mais bon, c'est du direct.
26:27Non, mais vraiment, c'est noté.
26:30On reviendra, évidemment, vous voir dès que possible.
26:34On sait que vous avez un emploi du temps extrêmement chargé.
26:38C'est vrai qu'en ce moment, on est bien mobilisés, mine de rien.
26:41Mais bon, ça ne fera pas.
26:44Comment ça se passe, d'ailleurs, dans les minutes,
26:47les heures qui viennent pour vous ?
26:49Qu'est-ce que...
26:49En fait, je suis en ce mur.
26:51Donc, je ne sais pas trop comment ça se passe.
26:53Ça dépend des appels.
26:54Là, on devait faire ce live sur un creux.
26:58On le fait à cette heure-là parce que j'étais en transfert
27:00sur Amiens.
27:02Donc là, je ne sais pas combien de temps ça nous a pris.
27:04Une demi-heure.
27:05Une demi-heure.
27:06C'est le max.
27:08Là, de toute façon, maintenant, je vais repasser,
27:10voir des patients sur ce qu'on appelle le circuit court.
27:13C'est les pathologies légères qui viennent aux urgences
27:15et qu'on peut traiter comme dans un cabinet.
27:17Ça, on peut le faire rapidement pour ne pas faire attendre ces gens pour rien.
27:19Sinon, ça ne sert à rien.
27:21Et puis après, j'attends le prochain appel
27:23parce que si ça sonne, on part.
27:25Voilà.
27:26Bon, eh bien, bon courage.
27:28Et à très vite.
27:30Demain ou après-demain, on essaiera de refaire un live ensemble
27:32pour faire le point.
27:34Quand même.
27:35Parce que c'est une garde de 24.
27:36Alors, moi, je dors.
27:37Voilà.
27:38D'accord.
27:38Alors, bon repos demain
27:40et puis bon courage pour la fin du service cette nuit.
27:45A très bientôt.
27:46Et merci encore pour ce live.
27:48Il n'y a pas de quoi.
27:49Au revoir.

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