- il y a 12 heures
🎥🔴En direct de l’hôpital de Creil (Oise), avec Loïc Pen, médecin urgentiste, et Jean-Jacques Pik, médecin interniste, intervenant sur le circuit Covid. Le point sur les mesures sanitaires face au coronavirus.
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00:01Bonjour, en direct de l'hôpital de Creil, donc dans l'Oise, Loïc Penne, bonjour, vous êtes médecin urgentiste.
00:08Oui, bonjour.
00:09Et Jean-Jacques Picque, médecin interniste retraité, venu prêter main forte à l'hôpital. Bonjour.
00:17Bonjour.
00:18Alors, une première question dans ce live, comment ça se passe concrètement aujourd'hui aux urgences de Creil ?
00:26Loïc Penne.
00:28Oui, ça ne se passe pas si mal. Là, on a moins de patients que ce qu'on a en
00:34temps habituel en dehors de l'épidémie.
00:36Alors, on a toujours nos patients graves, chroniques. On a des urgences qui ne sont pas des urgences liées au
00:42coronavirus.
00:44Alors, plusieurs raisons à cela. La première, c'est que les gens ne viennent pas aux urgences s'ils ont
00:50des petites choses.
00:51C'est bien, c'est très bien, parce que ça nous évite d'être encombrés.
00:54Et puis, par ailleurs, il y a, Jean-Jacques nous en parlera, un circuit dédié qui a été mis en
01:00place pour les gens qui sont susceptibles d'avoir le coronavirus.
01:05Et donc, ces gens ne passent pas dans les urgences.
01:07Alors, on le disait sur un précédent live, l'idée, c'est vraiment de ne pas croiser les gens qui
01:13ont le Covid et les gens qui sont dans les urgences.
01:15Parce qu'on a, nous, des patients habituels, qu'on a toujours, qu'on continue à avoir, qui ont des
01:19pathologies aigües ou chroniques,
01:21mais qui les rendent particulièrement susceptibles de faire des formes graves avec un virus tel que le Covid.
01:27Et donc, c'est des patients qui, eux, ont des formes peu graves de Covid.
01:30Alors, les graves de Covid, on les prend, on les met en isolement aux urgences.
01:33Mais les patients qui sont peu symptomatiques vont d'abord sur une consultation dédiée, assurée par toute une série de
01:40médecins.
01:41Alors, certains retraités, d'autres qui travaillent dans le privé, d'autres qui sont libéraux.
01:45Enfin, on a eu plus qu'une panoplie de médecins qui sont venus.
01:48Il y a une belle mobilisation, je pense, d'un certain nombre de médecins.
01:53Alors, des gens qui, comme moi, avaient du temps possiblement à donner.
01:57Mais d'autres médecins qui se trouvent un petit peu en panne de leur patientèle habituelle.
02:04Et on a, par exemple, depuis deux jours avec nous, des chirurgiens orthopédistes,
02:09puisqu'une bonne partie de leur activité non-urgence a été déprogrammée.
02:13Et du coup, ils se trouvent avec un petit peu de temps libre,
02:16ce qui est très, très inhabituel dans la vie d'un chirurgien.
02:18Et un certain nombre sont venus spontanément ou par intérêt, en tout cas,
02:26et conscience de la nécessité de renforcer les équipes,
02:29sont venus nous filer un coup de main.
02:30Et leur présence est extrêmement importante.
02:33Parce que l'une des choses qui, moi, m'a paru majeure,
02:38et qui, moi, en tant que retraité, quand l'hôpital m'a demandé de venir prêter ma forme,
02:43c'est l'idée de laisser les médecins de l'hôpital faire leur boulot habituel.
02:48Parce que les autres pathologies n'ont pas disparu.
02:51Alors, même si certains recourent un petit peu pas trop grave ou diminués,
02:56il y a toujours du diabète, il y a toujours du cancer,
02:58il y a toujours des vieillards qui tombent de leur lit,
03:01et il y a toujours des activités médicales programmées,
03:05qui, du coup, se trouvent déprogrammées,
03:07mais à force d'être déprogrammées,
03:09vont finir par se décompenser de venir leur genre.
03:11Donc, l'idée qu'on a eue, c'est de laisser les gens,
03:16les médecins, pouvoir garder leur activité habituelle.
03:21Alors, concrètement, comment ça se passe ?
03:25Vous disiez, il y a un circuit Covid-19 qui est mis en place à l'hôpital.
03:29Donc, comment ça se passe ?
03:31Une personne qui a des symptômes de grippe à la maison,
03:37qui a de la fièvre, des courbatures,
03:39quelle est la procédure à suivre pour cette personne ?
03:44Effectivement, elle va arriver aux urgences qui sont au débouché habituel.
03:48Dès les urgences, l'infirmière d'accueil et d'orientation repérant les symptômes
03:54va lui donner un masque et nous l'adresser dans le circuit court
03:58qui se trouve tout près des urgences, sur le même palier,
04:03c'est-à-dire au rez-de-chaussée, concrètement.
04:04Et là, nous allons, l'équipe de ce circuit court, de l'unité Covid,
04:11on va appeler comme ça, elle n'a pas vraiment d'autres noms,
04:14va la voir, faire l'évaluation de la situation clinique,
04:20vérifier la respiration, les paramètres, etc., l'entretien médical.
04:24Et là, se passe une étape qui est une étape clé,
04:28qui est celle, fait-on un test de dépistage du virus, du coronavirus ?
04:39Nous le faisons, mais nous ne le faisons pas systématiquement sans réfléchir,
04:44pour plusieurs raisons.
04:46Et ces raisons, elles ont évolué depuis le début de l'épidémie en France.
04:51Nous nous posons la question, c'est pourquoi en trois mots.
04:53La première, dans un certain nombre de cas, ce test est inutile.
04:59Par exemple, quand il y a dans les traits proches
05:01quelqu'un qui a déjà été repéré comme porteur du Covid,
05:05avec des symptômes de ce type, il est à peu près inutile de chercher plus loin.
05:11La deuxième des raisons tient au nombre de tests disponibles.
05:18Il y en a.
05:19Il n'y a pas de pénurie de tests.
05:21Nous disposons de quelques dizaines de tests par jour.
05:25On a 27, pour les jours.
05:26En même temps, ce n'est pas énorme, énorme.
05:29On aurait envie d'en faire beaucoup plus pour une meilleure connaissance
05:33de l'épidémiologie du terrain.
05:35Y a-t-il des porteurs complètement asymptomatiques ?
05:38Y a-t-il des porteurs avec juste la gorge qui gratte, etc.
05:42Nous avons, on va dire, on a choisi le fait de contingenter quand même la pratique du test
05:50à une certaine intensité des symptômes, ou bien une situation clé par l'âge
05:57ou par l'existence d'une autre maladie susceptible de s'aggraver, ou bien par la situation psychosociale.
06:04C'est-à-dire des personnes complètement isolées, qui ne pourront pas revenir nous voir,
06:09ou que nous avons la peur de ne pas revoir, ou ne pas pouvoir contacter tout bêtement
06:13pour des raisons de téléphone dans les 24-48 heures qui viennent,
06:17ou des gens qui sont des soignants eux-mêmes, ou des gens qui, pour toutes ces raisons,
06:26nous préférons faire le test d'embrouge.
06:28Mais dans beaucoup de cas maintenant, ce qui nous prend pas mal de salive pour l'expliquer aux gens,
06:32nous ne faisons pas le test immédiatement, et nous repoussons éventuellement à 24-48 heures plus tard
06:40selon l'évolution de la situation.
06:42Il y a aussi les gens qui sont en fait malades depuis plus d'une semaine, ou plus de dix
06:47jours.
06:49Nous savons très probablement, parce qu'on connaît de l'histoire des formes graves de la maladie,
06:55qu'ils ont en quelque sorte passé le cap du moment où leur situation pourrait beaucoup s'aggraver.
07:01Il reste une question importante, c'est sont-ils encore potentiellement contaminateurs ?
07:08Les informations que nous avons disent que probablement oui,
07:12mais à vrai dire on ne le sait pas vraiment, parce que même s'ils sont positifs au test,
07:16on ne sait pas si le virus est encore vraiment actif,
07:18donc on leur donne évidemment le confinement, enfin les conseils habituels,
07:23mais nous ne les hospitalisons pas.
07:25Donc voilà, chez nous on a le test, ou pas, et l'évaluation de la situation clinique.
07:32Des critères éventuellement d'hospitalisation, parce que vraiment on pense qu'il y a des risques,
07:40et là nous avons, le système a été organisé pour essayer d'avoir une certaine fluidité.
07:46Alors au moment où on parle, le système n'est pas saturé, il n'en est pas loin, mais il
07:51ne l'est pas tout à fait.
07:52Il y a dans une salle dédiée, qui est au troisième étage de l'hôpital,
07:59des lits d'hospitalisation pour des gens dont l'État requiert l'hospitalisation,
08:04mais dont le résultat du test n'est pas encore disponible,
08:08parce qu'il faut environ 48 heures.
08:10Donc dans ces gens-là, il y en a une partie qui vont être finalement positifs au test Covid,
08:15et une partie qui ne le sera pas.
08:18On porte attention particulièrement à la grippe, puisque l'épidémie de grippe,
08:22elle est certes sur sa faim, mais elle n'a pas encore disparu.
08:25Donc nous faisons aussi des tests de grippe,
08:27parce qu'on a bien compris qu'on ne pouvait pas avoir la grippe et le Covid en même temps.
08:30Donc quand il y a la grippe, on est quelque part bien content, si on peut dire,
08:34parce qu'on sait qu'on est dans une situation qui peut être potentiellement grave,
08:38la grippe ça peut être grave, enfin en tout cas quelque chose que nous connaissons.
08:42Donc dans ce troisième étage, sont hospitalisés.
08:46Alors au moment où on parle, il y a quelques vies disponibles encore,
08:49donc 4 ou 5, mais il y a une dizaine de personnes qui sont hospitalisées.
08:53Et à l'étage numéro 4, il y a un secteur clairement dédié aux personnes Covid positives.
09:02D'accord.
09:03Là aussi.
09:04Donc alors la particularité de ce service, c'est qu'on peut se permettre,
09:08puisque les gens sont positifs, de les mettre en chambre de deux,
09:11alors qu'au troisième étage, ils sont séparés.
09:14Ils ne sont pas deux par chambre, puisqu'on ne veut pas prendre le risque
09:18de mettre quelqu'un qui serait Covid avec quelqu'un qui ne serait pas.
09:21Pour contre, une fois que les gens sont Covid positives,
09:24le fait d'en mettre deux par chambre,
09:25en respectant les précautions d'hygiène hospitalière habituelles,
09:29voilà, ça ne rajoute pas de gravité particulière.
09:32Là aussi, au moment où on parle, il y a quelques vies disponibles,
09:37donc le système fonctionne à peu près, il n'est pas loin de la saturation,
09:41mais pas tout à fait.
09:42Et puis bon sûr, mais là, c'est un autre domaine,
09:45les patients les plus graves sont en réanimation,
09:48les étages en réanimation, en général sous ventilation assistée.
09:54Pas de données d'aujourd'hui, mais il y a quand même pratiquement
09:56la moitié de ce service qui est occupé par des patients Covid positifs.
10:02D'accord. Pouvez-vous rappeler les mesures,
10:06les consignes de sécurité pour tout un chacun aujourd'hui,
10:10et pourquoi elles sont nécessaires ?
10:14En fait, on l'a dit, mais on le redit,
10:18on a aujourd'hui une stratégie de confinement des gens,
10:22de distanciation des rapports sociaux,
10:23c'est le terme qui a été utilisé, mais c'est vraiment ça,
10:25parce que pour l'instant, nous n'avons pas de traitement.
10:27Peut-être qu'on pourra dire un mot d'ailleurs sur les pistes,
10:30parce qu'il est meilleur que moi sur cette question-là,
10:32c'est une évidence, mais pour l'instant,
10:34à l'heure où nous parlons, nous n'avons pas de traitement validé.
10:36Donc quand on n'a pas de traitement validé,
10:38la première chose à faire, c'est que les gens n'attrapent pas la maladie.
10:41On a un virus qui a commencé à circuler, c'est très clair,
10:45maintenant on en a en France,
10:48simplement, on peut limiter le nombre de patients atteints,
10:51alors même si la létalité de ce virus n'est pas très forte.
10:55Je disais la dernière fois, on avait,
10:58les derniers retours, c'était une létalité entre 0,9 et 1,1%,
11:02mais avec un dénominateur, un nombre de patients contaminés
11:06qu'on ne connaît pas, parce qu'on n'a pas fait des tests à pulmonie,
11:08Jean-Jacques le disait,
11:09et on a des formes asymptomatiques,
11:11donc on sera sûrement sur une létalité encore inférieure.
11:13Mais la problématique n'est pas la létalité,
11:15elle est le nombre de patients touchés,
11:17parce que même si on n'a que 0,1 de létalité,
11:20ce sera sûrement un petit peu au-dessus.
11:21Si on a 50 millions de Français qui chopent ce virus,
11:25ça va faire du monde,
11:27qui va faire des formes graves, voire des formes mortelles.
11:29Donc l'enjeu, c'est bien de réduire le nombre de contaminés,
11:32ça c'est la première chose.
11:33Et la deuxième, puisqu'on le voit,
11:35même si pour l'instant nous ne sommes pas à saturation,
11:37on est quand même tendus, fait attention.
11:40Donc la deuxième raison de ce confinement,
11:43c'est de réduire la vitesse de la contamination.
11:47Là encore, 1000 patients qui arriveront en un jour
11:49à l'hôpital de Creil, nous serions totalement noyés.
11:52Par contre, si on réussit à étaler ces contaminations
11:56sur 20 jours, c'est 50 patients qui arrivent par jour,
11:58c'est le même nombre,
11:59mais 50 par jour, on n'est pas noyés.
12:02On fera le même nombre de patients,
12:03mais on pourra ne pas submerger le système de santé.
12:06Mais là, en ce moment, c'est le problème qu'on a en Alsace,
12:11où on a beaucoup de patients qui saturent
12:14les capacités du système de soins alsacien
12:17à prendre en charge,
12:18et donc on est sur une vraie difficulté.
12:19Il faut qu'on réussisse à diminuer ça,
12:22et donc le confinement est déterminant.
12:23Ça veut dire qu'il faut encore appliquer les gestes barrières,
12:26ne pas se serrer la main.
12:28Alors pour cela, il en est un peu proche,
12:29on l'avait dit, mais on reste à distance les uns des autres.
12:34Et puis, on limite en fait les rapports avec les autres.
12:41On ne va pas voir la famille,
12:43on ne va pas travailler quand ce n'est pas nécessaire.
12:45Le travail est réservé uniquement aux secteurs
12:48qui sont indispensables au fonctionnement du pays,
12:54les services publics pour l'essentiel.
12:57D'ailleurs, ce n'est pas une surprise pour trouver
12:59les services publics dans cette histoire-là,
13:00les hôpitaux, mais aussi,
13:03même si c'est partiellement privatisé,
13:04les électriciens gaziers,
13:06les transports quand c'est utile.
13:08Il y a des choses à conserver,
13:10il y a d'autres choses qu'il ne faut plus faire.
13:12En effet, il n'y a pas d'intérêt à maintenir ouverts
13:15les commerces qui ne sont pas alimentaires,
13:18ou à maintenir les travaux publics.
13:20Donc voilà, ce sont toutes ces logiques
13:22qu'il faut prendre en main.
13:24Et on le disait, il y a des gens qui sont un peu réfractaires,
13:27qui voudraient bien sortir,
13:28on peut l'entendre, on peut le comprendre.
13:29Il y a d'ailleurs la possibilité de sortir un petit peu.
13:32Mais il faut bien comprendre que,
13:34et ça concerne surtout les jeunes gens,
13:36la plupart d'entre eux ne sont pas de formes graves,
13:38qui ont des symptômes modérés.
13:40Donc ils pourraient se dire, tant pis, je sors.
13:42Sauf que si on fait ça,
13:44on risque d'être la cause d'une contamination
13:46de quelqu'un d'autre, de proches,
13:48de gens plus âgés, des parents, des grands-parents,
13:50qui, eux, peuvent faire, enfin, risquent de faire
13:54des formes graves, voire des formes mortelles.
13:56Donc il faut vraiment qu'on reste sur cette logique
13:58de protection collective de la population.
14:02Et pour ça, oui, il y a une contrainte,
14:04mais mieux vaut perdre un mois à 45 jours
14:07que perdre quelqu'un qu'on aime bien.
14:10D'accord, merci beaucoup pour toutes ces explications
14:12très claires et très pédagogiques.
14:14On n'en fera jamais assez pour bien expliquer
14:16à tout le monde la nécessité du confinement.
14:20Est-ce que, parmi les questions qu'on a,
14:22est-ce qu'il y a des médecins qui ont été infectés ?
14:26Bien sûr.
14:27Oui, bien sûr.
14:29Il y en a, quelques-uns qui sont plus médiatiques
14:31que d'autres et qu'on a entendu sur les ondes.
14:36Oui, le fait d'être soignant,
14:39quelles que soient les précautions qu'on prenne,
14:41et nous en prenons beaucoup,
14:42mais il faut quand même un petit peu,
14:45tout le temps, courir partout, à droite, à gauche,
14:47et on ne peut pas être 100% parfait.
14:49Je pense qu'il faut...
14:51Il y a deux gros profils.
14:54Il y a, je crois, les services de réanimation,
15:00qui, véritablement, sont un bouillon de culture de Covid,
15:04notamment du fait de la ventilation assistée,
15:09c'est-à-dire que, pour passer le cap
15:11de l'insuffisance, de la détresse respiratoire,
15:15ces personnes demandent une ventilation assistée mécanique
15:18avec des machines pendant des jours et des jours.
15:23Ce système de ventilation artificielle,
15:26sans être des grands physiciens,
15:27on comprend bien que ça envoie beaucoup,
15:29beaucoup de particules dans l'atmosphère.
15:31Donc, les soignants en réanimation,
15:33en atmosphère en plus confinée,
15:35sont très, très exposés,
15:37et les précautions qu'ils prennent
15:39sont supérieures à celles que nous,
15:40nous prenons, ceux qui s'occupent
15:44des cas cliniques dans les formes moins graves.
15:46Et il y a des soignants de réanimation,
15:50et c'est tout à fait capital
15:51de préserver des soignants de réanimation,
15:53parce que ce sont eux qui, in fine,
15:55vont sauver les malades les plus grands.
15:57Le deuxième mode de contamination des soignants,
16:01c'est dans les milieux de soins aux personnes âgées,
16:05parce que là, souvent,
16:08les moyens qui sont fournis pour la lutte
16:11contre les infections nosocomiales
16:13et pour l'hygiène hospitalière sont moindres,
16:15pour toutes les raisons budgétaires que vous connaissez.
16:21Et le nombre, le ratio de soignants par personne,
16:26notamment dans les EHPAD, est très bas.
16:28Donc, le temps, les infirmières, les aides-soignantes,
16:32éventuellement les médecins, courent après le temps,
16:34et quand on court après le temps,
16:35on fait des approximations,
16:39parce qu'on ne peut pas faire autrement.
16:41Donc, oui, et la troisième cible probablement
16:46à préserver de façon très, très importante,
16:48ce sont les infirmières et les médecins de ville.
16:53Parce que, pour les médecins,
16:55c'est vraiment le premier rempart,
16:57maintenant qu'il y a de plus en plus de personnes infectées,
17:01premier rempart de recours
17:02contre les personnes potentiellement infectées,
17:05et deuxièmement, les infirmières libérales,
17:08parce qu'elles assument une très grosse partie
17:11des soins à domicile
17:12de personnes, précisément les plus fragiles.
17:16Donc, elles sont un élément très, très, très important.
17:21Quand on dit qu'il faut protéger les soignants,
17:23c'est un petit peu égoïste quelque part,
17:25mais pas beaucoup, finalement.
17:27C'est nous protéger
17:28comme étant les agents de la protection des autres.
17:33Alors, justement, est-ce que le matériel
17:37et les protections nécessaires sont là ?
17:40Est-ce que vous disposez du matériel nécessaire ?
17:45Pour l'instant, à Cré, nous avons des masques.
17:49Moi, je l'ai dans le dos,
17:50parce que voilà pour le film de l'ennemi.
17:52Mais nous avons des masques.
17:55Ils sont en quantité comptée.
17:57On n'a pas de stock,
17:59et il faut très rapidement en faire reparvenir partout,
18:02parce qu'on n'a pas des jours et des jours de réserve.
18:04Mais nous n'avons pas été en rupture.
18:05Il y a trop d'hôpitaux pour lesquels il y a eu des ruptures.
18:08On a vu à Lille ou à Grenoble, si je ne me trompe,
18:11des consignes pour faire des masques en tissu,
18:13faute de masques FFP2.
18:15On a vu des masques, là, c'était Beauvais,
18:18juste à cause de chez nous,
18:18des masques FFP2 distribués au personnel,
18:22périmés depuis 2011, je crois,
18:24parce que c'était des restes du H&M.
18:27Donc, voilà, là, il y a un problème.
18:29Mais ce qui va être le plus déterminant,
18:33Jean-Jacques le disait,
18:35c'est qu'on a eu une vraie difficulté.
18:37Moi, j'avais une collègue au téléphone
18:39qui travaille en ville,
18:40qui a suspendu ses consultations programmées,
18:44qui fait des renouvellements d'ordonnances un peu à la chaîne,
18:46et qui a suspendu ses consultations
18:49pour voir du Covid,
18:50pour voir les patients qui l'appellent.
18:52Ce rôle-là, il est essentiel,
18:53parce que sinon, ils arrivaient tous à l'hôpital,
18:55ils saturaient complètement notre capacité
18:58à les prendre en charge.
18:59Donc là, ils sont sur la brèche,
19:01ils n'avaient pas tous des masques.
19:03Ils n'avaient pas tous des masques.
19:04Et là, il y a de voir que très rapidement,
19:06ces masques parviennent aux médecins de ville,
19:08aux infirmiers, infirmières de ville aussi,
19:10parce qu'aujourd'hui, je le disais,
19:11ce qui est des personnes fragiles,
19:12qui n'ont pas forcément du Covid.
19:14Mais par contre, s'ils tombent malades
19:15et qu'ils ne prennent plus en charge ces patients,
19:17ces patients vont décompenser
19:19et venir à l'hôpital, saturer de nouveau les urgences.
19:22Pas sur le Covid, mais sur d'autres problématiques.
19:24Donc tout se tient.
19:25Il faut absolument que ce système
19:27qu'on a mis en place depuis des années,
19:29alors qu'il a été fortement attaqué,
19:30je l'ai dit la dernière fois,
19:32on se souviendra de cette année de grève
19:34où on a lancé des alertes et où rien ne s'est passé,
19:37où le gouvernement a continué l'austérité sur les hôpitaux.
19:40Sauf que voilà, là, on fait avec ce qu'on a.
19:42Et on réglera beaucoup plus tard,
19:44mais là, le moment, c'est à ce que ça fonctionne.
19:46Et donc, il faut absolument préserver le tissu de ville
19:49pour ne pas submerger le tissu hospitalier.
19:51On ne va pas prendre les mêmes patients en charge,
19:54mais si on voit la ville avec des médecins malades
19:58ou des infirmières malades
19:59qui ne peuvent plus faire ce rôle de premier rempart,
20:01c'est exactement ça,
20:03nous serons débordés.
20:04Alors, Loïc Pen, justement,
20:06vous êtes le premier chef de service des urgences
20:09à avoir démissionné il y a de cela plus d'un an.
20:11Je crois que c'était en janvier 2019.
20:15Pour marquer votre désapprobation
20:18et tirer la sonnette d'alarme
20:21quant à la nécessité de donner des moyens à l'hôpital public,
20:26depuis, des milliers de chefs de service des urgences
20:29ont démissionné.
20:31Aujourd'hui, vous êtes présent aux urgences,
20:34vous assurez le nécessaire.
20:36Et pour autant, il me semble que vous êtes en grève toujours.
20:39Vous exigez toujours la même chose ?
20:42Oui, oui.
20:43En fait, la grève ne s'est pas arrêtée.
20:46Ce n'est pas parce qu'on est en grève
20:47qu'on n'a pas travaillé et qu'on ne va pas prendre en charge.
20:49De toute façon, toute l'année,
20:50on a été sur un mouvement de grève.
20:52Les urgences de Creil ont commencé
20:54leur mouvement de grève fin janvier 2019.
20:57C'est-à-dire que ça fait plus d'un an.
20:58C'est un mouvement qui est complètement inédit,
21:01qu'on n'a jamais vu.
21:01Mais on comprend bien pourquoi, finalement, maintenant,
21:04quand on disait que vraiment on était en difficulté,
21:07il a fallu attendre une épidémie
21:08pour que tout à coup, on se rende compte
21:09qu'en effet, il fallait donner des moyens
21:11à la santé publique.
21:12Bon, c'est bien de s'en rendre compte maintenant.
21:14Mais enfin, quand même,
21:15ça aurait été bien d'écouter tous ces soignants,
21:18parce que ce n'est pas que les urgences,
21:19ça s'est répandu à l'ensemble de l'hôpital.
21:21Ça aurait été bien de les écouter
21:22dans l'année qui vient de passer.
21:23Mais ça encore, je ne vais pas faire la polémique maintenant.
21:26On en rediscutera.
21:29Après, la grève, c'est pour dire,
21:32nous n'oublions rien et nous continuons à exiger des moyens
21:35parce qu'Emmanuel Macron a annoncé 300 milliards
21:38pour les entreprises et les banques très bien.
21:41Je peux entendre qu'il faille préserver les entreprises de la faillite.
21:45On aura besoin d'un tissu économique.
21:46Pour l'instant, nous n'avons pas d'annonce précise sur l'hôpital.
21:50Donc nous, maintenant, cette grève,
21:51je n'ai pas entendu parler d'augmentation des salaires,
21:53je n'ai pas entendu parler d'augmentation des effectifs,
21:55je n'ai pas entendu parler de renoncer à la dette complètement des hôpitaux,
22:00je n'ai pas entendu parler d'augmentation de 5 milliards
22:01pour mon besoin sur mon dame.
22:03Enfin voilà, il y a toutes ces questions-là qu'on aimerait bien entendre.
22:05Donc la grève, elle continue.
22:07Pour autant, elle n'empêche en rien la prise en charge des populations.
22:11Ça aussi, j'ai dit, il y a de la rancune,
22:13il y a de la colère sur les décisions qui nous ont été appliquées.
22:16Cette rancune et cette colère,
22:17elle n'est absolument pas dirigée contre nos citoyens.
22:20Elle est dirigée contre une équipe politique
22:22qui a pris des décisions qui sont mauvaises
22:24et aujourd'hui, tout le monde le constate.
22:26Alors, on continue à recevoir beaucoup de messages.
22:29Ce live est très suivi.
22:31D'ailleurs, on remercie tous ceux qui nous suivent actuellement.
22:34Vous êtes 461 en ce moment et ça monte.
22:40Alors, beaucoup de messages de soutien.
22:43Beaucoup de monde qui dit qu'on est de tout cœur avec vous.
22:46Beaucoup de bravos.
22:47Vous êtes nos héros, dit-on.
22:50Le soir, 19h, 20h, la France applaudit maintenant au balcon.
22:55Elle applaudit les soignants.
22:57Est-ce que vous entendez ces applaudissements ?
22:59Et est-ce que ça vous fait quelque chose ?
23:04Alors, je ne les entends pas, je ne les entends pas parce que je suis au milieu de l'État.
23:09Mais oui, bien sûr, c'est quand même quelque chose qu'on n'a jamais vécu.
23:17En même temps, je pense qu'il y a d'autres que nous.
23:22Sur une chaîne de radio en arrivant ce matin,
23:24j'entendais une ode aux caissières de supermarchés
23:26qui sont le lien social qui peut rester à tout un chacun.
23:30Les éducateurs, parce que nous avons, et ici à Creil,
23:34pas très différent d'autres endroits,
23:37un milieu urbain très défavorisé avec des populations
23:41très très précaires pour plein de raisons,
23:43dont la migration d'ici qui est un phénomène important,
23:46ou des SDF pour diverses...
23:50On en vient aussi, d'ailleurs.
23:53Et voilà, il y a des gens qui font le travail social et médico-social
23:58qui sont, alors peut-être pas techniquement aussi exposés que nous,
24:02mais quand même si, parce qu'ils ont moins de moyens de protection.
24:06Nous, nous en avons un peu, comme disait Loïc.
24:08Eux, ils abordent les gens en amont, puis en avalent.
24:11Donc, à mon avis, on n'est pas les seuls à...
24:15Entre guillemets, mériter, je ne sais pas si on mérite quelque chose,
24:18mais en tout cas, à être sur le pont, sur le front de cette situation
24:24qu'en plus, dans nos vies, les uns et les autres,
24:27qu'à nos âges, on n'a jamais connu.
24:29Donc, on est obligé d'improviser, d'inventer des nouveaux comportements,
24:33on le voit.
24:35Voilà.
24:35Donc, oui, si, moi, je suis très sensible à ça,
24:37mais en même temps, il n'y a pas que nous.
24:39Je partage ce que dit Jean-Jacques,
24:40parce qu'il faut faire attention.
24:43De toute façon, ce n'est pas de l'héroïsme,
24:46c'est un travail.
24:47C'est un travail.
24:49Tout le monde l'a toujours fait.
24:50Moi, je disais, les soignants, leur attitude,
24:52c'est qu'ils sont au boulot comme ils ont toujours été.
24:54Alors, après, oui, il y a des risques,
24:56mais il y a des risques qui sont partagés par toute la société aujourd'hui.
24:59Donc, nous, on a un travail bien précis.
25:01Et l'hôpital, ce n'est pas une île.
25:03On le disait tout à l'heure, on ne peut pas tout fermer,
25:05parce qu'en effet, il y a des gens qui,
25:08s'ils fermaient, nous, on s'arrête.
25:10Si on n'a plus les prises, on s'arrête.
25:11Si on n'a plus l'oxygène, on s'arrête.
25:12Si on n'a plus de médicaments, on s'arrête.
25:13Si on n'a plus de l'alimentation, on s'arrête.
25:15Donc, là, c'est logique.
25:17Alors, plutôt que les héros,
25:18moi, j'aimerais bien que,
25:19parce que ça, c'est le terme qui a été utilisé par le président Macron,
25:23là, les héros en blouse blanche.
25:26Bon, j'entends bien les enjeux politiques
25:28de faire ce genre de déclaration,
25:29mais plus que de l'héroïsme,
25:31si on pouvait nous donner les moyens de travailler normalement,
25:33si on pouvait vraiment apporter les moyens à l'hôpital public,
25:37voilà, là, c'est plus ça, moi, que j'attends,
25:39aussi, je suppose, d'ailleurs,
25:41que de nous faire appeler héros,
25:43où ce n'est pas la question.
25:44Parce qu'en effet, moi, je suis très content
25:46de voir les caissières où je vais faire mes courses
25:48parce qu'il faut aussi manger.
25:50Et tout ce qu'on a fait pour elles,
25:51alors, c'est mieux que rien,
25:52parce qu'on n'avait pas d'autre moyen de le faire,
25:53mais c'est d'enrouler du plastique devant leur caisse
25:57pour que quand les gens passent,
25:58ils ne puissent pas pousser ce qu'elle.
25:59Bon, c'est limité comme protection.
26:01C'est mieux que rien, c'est bien de l'avoir fait,
26:03mais voilà, il faut bien mesurer
26:04que ces hommes et ces femmes travaillent aussi
26:06pour que tout continue
26:08dans des conditions de protection qui sont précaires.
26:12C'est le moins qu'on peut se dire.
26:14Alors, vous dites que, pour le moment,
26:16les choses sont en l'état tenues au niveau de l'hôpital,
26:22c'est-à-dire qu'il n'y a pas encore de débordement,
26:24mais néanmoins, vous attendez la vague,
26:27vous attendez la vague potentielle, si elle arrive.
26:31D'après vous, les mesures de confinement nécessaires
26:35pour maintenir cette vague qui est crainte
26:41devraient durer combien de temps ?
26:43Est-ce que vous pensez qu'on est parti sur un confinement
26:45de 15 jours, d'un mois ou d'un peu plus ?
26:51Je vais bien essayer de répondre tout en disant immédiatement,
26:54je ne suis pas à la réponse, mais je pense que vous vous y attendiez.
26:58Parce qu'on n'a pas de modèle, on n'a pas de modèle.
27:00On en a quelques-uns, mais on a les modèles
27:02des autres épidémies d'infections respiratoires
27:05qu'on a pu vivre par le passé, la principale étant les diverses formes de grippe.
27:10Et on est sur cette courbe en cloche que le ministre a dessinée
27:14et que tout le monde connaît maintenant.
27:16On est sur une totalité d'à peu près trois mois.
27:20Mais on n'a pas de référence d'autres infections à coronavirus
27:25qui soient arrivées chez nous, puisqu'on n'en a jamais eu de ce type-là.
27:31On peut peut-être s'appuyer un peu sur ce qui se passe en Chine,
27:34pour autant qu'on sache ce qui se passe en Chine.
27:37C'est quand même beaucoup, beaucoup de points d'interrogation.
27:40Quand même deux leçons à en tirer, c'est que de toute façon,
27:43cette épidémie leur a une fin.
27:45Et la deuxième leçon à en tirer, c'est que le confinement,
27:48à la mode de ce qui est fait en ce moment,
27:50est probablement ce qu'on peut faire de plus efficace,
27:53pour, comme disait Loïc tout à l'heure,
27:59étaler cette courbe pour qu'elle ne soit pas suffisamment pointue
28:03pour nous déborder complètement.
28:05Donc, on a envie de dire deux, trois mois de totalité,
28:10mais nous ne savons pas où nous en sommes
28:13de l'augmentation, où est-ce qu'on est par rapport au sommet de la courbe ?
28:18Est-ce qu'on est presque au sommet de la courbe ?
28:19Est-ce qu'on n'y est pas du tout ?
28:20Nous n'avons...
28:22On est en gros quand même sur un doublement des cas diagnostiqués par jour.
28:28Donc, on peut faire une modélisation mathématique,
28:30certains l'ont fait, mais on ne sait pas où s'arrêtera le sommet de cette modélisation mathématique.
28:40On va devoir finir parce que là, on va...
28:43Oui, bien sûr.
28:44Bien sûr, merci beaucoup.
28:45D'ailleurs, moi, j'ai pris sur la pause repas, hein, donc quand même.
28:50Mais sur le confinement, 15 jours sera sûrement insuffisant.
28:55On peut quand même le dire.
28:56Déjà, rien parce que l'incubation du virus, la dernière que j'ai vue,
29:01moi, c'était entre 2 et 12 jours.
29:02Je ne sais pas si tu as vu la même chose.
29:03Oui, oui.
29:04Alors, elle avait donc probablement plutôt un maximum vers 6, vers 5, 6, etc.
29:10Il y a toujours des gens un peu plus courts, un peu plus courts.
29:12Du coup, on ne sait pas trop, déjà.
29:14Là, on a commencé une quarantaine, il y avait déjà eu des contaminations.
29:17On va voir déjà, pendant cette première quinzaine de quarantaines,
29:21combien vont être contaminés.
29:23Parce que déjà, ça va lui donner l'idée de tout ce qui est monté.
29:26Et ensuite, forcément, parce que ce n'est pas parfaitement respecté,
29:31malheureusement, j'insiste, il faut vraiment le respecter au mieux, cette quarantaine,
29:35il y aura d'autres contaminations et on va voir combien de temps il faut prolonger.
29:38Parce que si les gens sont malades dans les 6 à 15 jours,
29:42derrière, ça a l'air de durer 10 à 15 jours.
29:47La durée de vie du virus, c'est 20 jours à peu près.
29:50Il y a des maladies entre une et deux semaines.
29:54Donc, ça veut dire que là, on a déjà débordé la quinzaine, on le sait.
29:59Après, c'est une première quinzaine qui est annoncée,
30:01parce qu'il fallait bien commencer par quelque chose.
30:03On va sûrement devoir prolonger un petit peu les choses.
30:05Mais je disais tout à l'heure, oui, c'est des contraintes, c'est pénible,
30:08mais voilà, le mieux vaut perdre 45 jours de sa vie de quelqu'un qu'on aime.
30:12C'est aussi simple que ça.
30:13Donc, il faut vraiment raisonner là-dessus.
30:16Et oui, c'est des contraintes pour tout le monde.
30:18Il y a un côté pénible, mais il va falloir l'appliquer.
30:20Parce que tant qu'on n'a pas de traitement,
30:21on n'a pas eu le temps de parler des traitements,
30:23mais il y a des bois de recherche qui commencent à être mis en place
30:25et des expérimentations qui sont prometteuses quand même.
30:28Il y a des choses.
30:28Voilà, mais on aura l'occasion d'en reparler une autre fois sûrement.
30:33Parce que là, il faut vraiment que j'aille travailler quand même.
30:36Eh bien, merci beaucoup pour toutes ces explications.
30:39Vraiment utiles, vraiment nécessaires.
30:41720 personnes suivent ce live.
30:43Donc, on reviendra vous voir.
30:45Merci de répondre à ces questions régulièrement.
30:49Et puis, pour tous ceux qui nous regardent,
30:52rappelez que vous pouvez retrouver énormément d'informations
30:55sur le site de l'Humanité.
30:56Merci de nous suivre.
30:58Vous pouvez accéder à tous nos articles
31:01et toutes les analyses sur le Covid-19.
31:04Et encore une fois, Loïc Pen et Jean-Jacques Pic,
31:09merci pour ce temps passé avec nous.
31:11Et à très bientôt.
31:13Oui, à très bientôt.
31:14À bientôt. Au revoir.
31:16Au revoir.