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  • il y a 19 heures
À 10 jours du déconfinement, que pensez des mesures gouvernementales ? En direct de l’hôpital de Creil avec Loïc Pen, médecin urgentiste, responsable départemental de la CGT, le point sanitaire et l’état d’esprit des soignants au lendemain du 1er mai.

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Transcription
00:00Loïc Pen, bonjour.
00:02Bonjour.
00:03Alors, vous êtes médecin urgentiste, responsable CGT au niveau départemental.
00:08Vous êtes actuellement à l'hôpital de Creil, dans l'Oise, d'où vous sortez de 24 heures de garde.
00:13Vous allez donc passer le 1er mai avec vos collègues et vos patients.
00:17Quel est l'état d'esprit général ?
00:22Il est beaucoup à la lassitude quand même.
00:26On sent quand même le contre-coup du travail qui a été fourni.
00:30Beaucoup de gens ont été sur la brèche, ils ont travaillé important, du stress.
00:34Je ne vais pas refaire toute l'histoire, mais on a quand même beaucoup de soignants qui ont été contaminés
00:38dans notre équipe.
00:39Des gens qui là reviennent d'ailleurs.
00:40J'étais avec une infirmière hier soir qui revient de sa convalescence de Covid.
00:45Ça fatigue encore, parce qu'on n'en sort pas complètement reposé.
00:50C'est vraiment le cas de le dire.
00:51Donc il y a une inquiétude parce que la situation s'améliore.
00:55Sur la situation Covid, dans la garde d'hier, moi je n'ai même pas vu de patients suspects de
01:02Covid.
01:02On avait plein d'autres choses, des cas plus classiques, heureusement qu'ils reviennent.
01:06Heureusement, je ne dis pas que c'est, je suis content qu'ils soient malades, mais jusque-là, ils ne
01:12consultaient plus.
01:13Donc on retrouve notre activité plus habituelle.
01:15Par contre, on retrouve aussi la crise habituelle, parce que pendant l'épidémie de Covid, il y a eu un
01:21renfort qui a été amené par la réserve sanitaire, par des mobilisations, j'avais dit, remarquables.
01:26Je confirme de médecins qui n'étaient pas habitués à prendre en charge des patients tout le temps comme ça.
01:34Sauf que là, lundi qui vient de passer, il n'y avait pas de médecin de garde le soir, faute
01:40d'effectifs.
01:41C'est un interne qui a fait la garde.
01:44Dimanche, je crois qu'il n'y a pas de SMUR, il n'y a pas de SMUR primaire, faute
01:46d'effectifs.
01:47Et on pourrait dire que c'est la situation Covid.
01:49Non, non, c'est juste qu'il n'y a plus de médecins.
01:51Durant l'année qui vient de se passer, j'ai rappelé à plusieurs reprises qu'il y avait eu des
01:54luttes, il y avait eu des batailles, il y avait eu des revendications.
01:57Il y a aussi, ça allait avec, des médecins, des paramédicaux aussi, qui ont quitté l'hôpital public pour certains,
02:04le service des urgences pour d'autres.
02:06Et là, on se retrouve avec, on avait six médecins de SMURIS pour faire la garde, on en a plus
02:10de trois.
02:10Donc évidemment, ce n'est pas possible de tenir une garde de 24 heures tous les jours avec juste trois
02:14médecins.
02:14Et on a une situation très similaire sur les urgences médicales.
02:19Voilà, donc on a une situation qui est en train de revenir à ce qu'on connaissait avant, en pire.
02:24Parce que là, c'est dans l'année que les gens sont partis et c'est maintenant qu'on est
02:27en train de le sentir.
02:28Ça a pu être ralenti, bizarrement, ce ressenti par l'épidémie de Covid-19 parce qu'il y avait ces
02:34renforts.
02:36Là, on retrouve les dates de crise habituelles et les revendications qu'on a portées n'ont pas du tout
02:42été satisfaites.
02:42C'est-à-dire qu'on réclamait évidemment des augmentations de salaire.
02:47Ça, c'est la chose qui est mise en dernier, mais qui est importante.
02:49Parce que je disais, l'attractivité à l'hôpital, c'est aussi payer correctement les gens et le salaire, particulièrement
02:54des paramédicaux, sont aujourd'hui minables à l'hôpital public.
02:57Mais on réclamait des collègues et des lits.
02:59On a continué, d'ailleurs, on l'a bien vu avec l'exemple de Nancy, mais partout, on revalide des
03:06logiques de retour à l'équilibre et donc de restrictions budgétaires, de restrictions de lits.
03:11L'ONDAM n'a pas été remis en cause profondément, c'est-à-dire qu'on n'a pas réactualisé
03:16le financement des hôpitaux publics.
03:17Au contraire, on s'apprête, là aussi, on a déjà cité avec la note de la Caisse des dépôts et
03:22consignations, à renforcer sa privatisation et sa dépendance à des fonds privés.
03:26Donc, on n'a pas répondu à tout ça et on n'a là pas de grand plan d'emploi
03:33et de formation à l'hôpital, alors que ce serait une nécessité absolue.
03:38Et on se retrouve sur des effectifs insuffisants, des gens qui partent et donc des difficultés de nouveau à gérer
03:44le quotidien, même sans Covid.
03:47Donc, après, on discutera d'une seconde vague éventuelle. Il faut quand même bien réaliser où on en est à
03:53l'hôpital public.
03:54Donc, oui, il y a de l'inquiétude, il y a de l'assitude. La colère n'est pas retombée
03:58sur le sort qui nous est fait, parce que c'est bien beau de nous qualifier de héros, mais les
04:05actes ont du mal à venir.
04:06Alors, hier, on a vu beaucoup de banderoles, justement, au moment du 1er mai, partout, aux fenêtres, aux balcons, demandant
04:14de l'argent pour l'hôpital public.
04:16C'est vraiment la lutte à mener aujourd'hui ?
04:21Oui, c'est d'abord ça, parce que là, il y a une vraie question de moyens qui est posée
04:26depuis des années, mais qui devient cruciale.
04:29Simplement, après, il faudra aller plus loin dans le débat.
04:32Qui maîtrise cet argent ? D'où il vient ? Parce que si, en effet, on fait appel aux banques
04:36pour financer l'hôpital,
04:37ce sera sous condition de rentabilité et donc sur des choix de santé qui vont encore être motivés par des
04:44impératifs financiers.
04:45Donc, l'État doit s'investir dans le financement des hôpitaux, leur construction.
04:51La Sécurité sociale doit retrouver son rôle dans le financement des personnels.
04:56Et donc, pour retrouver ce rôle, là aussi, il faut redonner des recettes à la Sécurité sociale,
05:02parce qu'on les a amputées par des exonérations de charges, par la fiscalisation de ces ressources,
05:07par le CICE transformé maintenant en exonération pour 20 milliards,
05:13par ces exonérations qui ne sont pas compensées, à terme par le budget de l'État.
05:17Donc, il y a... Et puis, on a besoin d'élargir l'assiette des ressources de la Sécurité sociale,
05:21en y incluant les revenus financiers, parce que ce n'est pas aux salariés seulement,
05:27aux gens qui travaillent et qui créent la richesse, de participer à la solidarité nationale.
05:31C'est à tous ceux qui récupèrent une partie de cette richesse.
05:34Et aujourd'hui, les revenus financiers ne participent pas à cette solidarité par l'imposition sociale.
05:41Alors, vous êtes nombreux à suivre ce live, on vous en remercie.
05:44On a déjà beaucoup de commentaires, notamment un commentaire de Karima,
05:47qui réagit en disant qu'il y a de l'argent, mais uniquement pour les dividendes des actionnaires,
05:51pas pour les services publics, et on voit la catastrophe aujourd'hui.
05:57Il faut que je n'ai pas ça, parce que je suis d'accord.
06:00Non, on va aborder maintenant la question des masques.
06:03Alors, les masques et les protections en général, vous en manquiez toujours ?
06:08Alors, c'était énormément pour moi, à l'hôpital.
06:12À l'hôpital, la situation, là, hier, j'ai utilisé des masques de façon plus normale.
06:20C'est-à-dire que quand j'étais sur une intervention, j'avais malgré tout manipulé mon masque,
06:25parce qu'on peut imaginer qu'en ce mur, on ne travaille pas sur un bon examen,
06:30on travaille au domicile des gens, avec des contraintes, parce que ça peut être dans un petit coin,
06:34c'est quelqu'un qui est allongé là où on peut, on se raccroque les uns d'autres.
06:38Voilà, c'est comme ça aussi ce travail.
06:40J'ai utilisé mon masque et j'ai pris un masque neuf, ce que je ne pouvais pas faire avant,
06:44parce qu'il n'y avait pas suffisamment de masques.
06:46Donc là, j'ai pu le faire.
06:47C'est-à-dire qu'on avait retrouvé des capacités à utiliser plus correctement ces équipements de protection.
06:55Après, ce n'est pas le cas partout.
06:57Il y a l'hôpital qui commence à être mieux, alors mieux en masque,
07:01parce qu'on a toujours le problème des surboulons, on a toujours d'autres problèmes.
07:04Il y a, par contre, ce n'est toujours pas bien net sur les EHPAD,
07:09ce n'est toujours pas bien net en ville,
07:10où là, on a toujours des difficultés et des utilisations contingentées.
07:16Alors, on découvre cette semaine justement que la grande distribution
07:20possède plusieurs millions de masques qu'elle a stockés,
07:22afin de les mettre en vente dans les prochains jours.
07:25Quelle est votre réaction ?
07:28J'avoue que j'ai été un peu sidéré par la formation.
07:31J'ai dû communiquer des ordres professionnels,
07:34des médecins, des pharmaciens, des pharmaciens,
07:36tous les ordres qui ont fait communiquer, qui étaient violents,
07:38qui disaient qu'à toute époque, il y a eu des profiteurs de guerre.
07:42Quand même, c'est quelque chose qui est extrêmement dur.
07:46Mais il s'avère que si ces masques ont été stockés,
07:49parce que la réponse de la grande distribution a été
07:51« Mais non, on n'a pas de stock, ça arrive, tout à petit, ce sont des commandes. »
07:54Il s'avère que si ces masques ont été stockés,
07:56alors qu'on en manquait dans les hôpitaux,
07:58et il y a un avocat, j'ai vu, qui tenait injonction
08:02à connaître la date du récepteur des masques et leur stockage,
08:06si vraiment c'est le cas, ça vaut une poursuite.
08:08Ça vaut une plainte.
08:10Et pas que pour la grande distribution,
08:12parce que quand on entend l'État nous dire
08:15« C'est bon, on réquisitionne pour vous, pour vous protéger,
08:18et on avait ce besoin, et qu'il ne fait pas le boulot jusqu'au bout,
08:21je pense que les responsabilités doivent être recherchées jusqu'au bout. »
08:24Ce n'est pas admissible que des soignants ont été exposés,
08:27pas que des soignants, de tous les professionnels,
08:30y compris pas de la santé,
08:32qui ont été contraints, finalement, à assumer la vie dans notre société.
08:37La grande distribution, déjà,
08:40c'est ses propres caissières qui n'avaient pas de masque.
08:44C'est quand même, si on apprend qu'elles n'avaient pas de masque
08:46et qu'il y avait des stocks dans les entrepots à côté,
08:49là aussi, je me mets à leur place,
08:51ça va quand même piquer un peu.
08:52De même pour tout ce qui était les services essentiels de transport.
08:58Donc, si à un moment donné, il est confirmé
09:01qu'en effet, il y a eu des stocks alors qu'on en manquait de votre côté
09:05pour la protection des gens qui essayaient de sortir le pays de la crise,
09:10je pense que ça vaut une poursuite, et une poursuite très sévère,
09:14parce qu'en effet, ce serait un scandale,
09:16encore un scandale sur les masques, tout à fait inadmissible.
09:20Ce n'est pas le seul scandale sur les masques, mais quand même.
09:22Là, je le dis tranquillement, mais la colère est très froide,
09:26parce que je serais ébahi par une situation pareille.
09:32Et le prix de vente du masque,
09:34qui a été plafonné par le gouvernement,
09:36à 95 centimes d'euros,
09:38c'est-à-dire 10 fois son prix de vente habituel ?
09:41Qu'est-ce que vous en pensez ?
09:43Alors là, ce n'est plus s'emballer à marre,
09:45c'est s'emballer à masque.
09:46Mais je veux dire, il faut simplement dire les choses telles qu'elles sont.
09:50Comment peut-on ne pas mettre gratuitement à disposition
09:53les éléments de protection pour la population
09:55alors qu'on organise un déconfinement bordélique,
09:58puisqu'on a fixé une date au 11 mai,
10:01sorti du chapeau, lors du discours d'Emmanuel Macron,
10:04sans avoir le plan, sans avoir l'organisation.
10:07Et là, maintenant, on dit aux gens,
10:08et certains sont dans des difficultés financières terribles,
10:11parce que c'est pas un masque,
10:13ça ne lure pas toute la journée, c'est compliqué.
10:15Enfin bon, c'est pas un euro que ça va coûter.
10:17Donc en gros, on dit aux gens qui n'ont pas de moyens,
10:19et moi, sur la population où j'habite,
10:21il y en a qui sont dans cette situation,
10:24eh bien, vous, vous n'aurez pas de masque
10:26parce que ça coûte des euros.
10:27Mais là encore, on est en dessous de tout.
10:30Il y a plein de pays qui les mettent à disposition,
10:32et c'est bien normal.
10:33Et c'est bien normal.
10:35Enfin, là, je...
10:38C'est un minimum d'encadrer les prix,
10:40mais c'est pas suffisant.
10:41C'est même, en fait, c'est...
10:43Ah bah, on fait une fleur, on encadre les prix.
10:45Non, c'est une distribution de la protection normale
10:48à la population qu'il faut mettre en place.
10:49Et c'est une protection collective.
10:52Les masques chirurgicaux,
10:53les masques non-FFT2 qu'on va proposer,
10:55les masques dits grands publics,
10:57ça marche si tout le monde les met.
10:59Si on ne se crache pas dessus les uns les autres.
11:01Enfin, si ce n'est pas des masques protecteurs,
11:04intégralement, ces masques.
11:05Donc, si on a des gens qui se baladent sans masque
11:07et d'autres avec masque,
11:08ben voilà, forcément,
11:10il y a des risques de contamination plus élevés.
11:12Bon, de toute façon, pour l'instant,
11:13ils n'ont pas rendu le port du masque obligatoire.
11:16Ça aussi, je pense que c'est une bêtise.
11:19Alors, je ne dis pas que dans sa voiture,
11:21il faut avoir un masque quand on est tout seul.
11:23Quand on a mis une personne,
11:24on serait contaminé par personne.
11:25Mais dès qu'on est dans l'espace public
11:27avec des contacts,
11:28il serait logique d'imposer le port du masque.
11:33Alors, on a de nombreuses questions qui viennent,
11:36beaucoup de réactions.
11:37Jean-Christophe qui vous demande,
11:39alors ça tombe bien,
11:39parce qu'on est pile poil à dix jours
11:41maintenant de la date annoncée
11:43pour le début du déconfinement.
11:45Il vous demande,
11:46comment voyez-vous le déconfinement ?
11:49Quels sont vos conseils, vos recommandations ?
11:54Je vais donner des avis,
11:55des conseils, des recommandations.
11:58C'est toujours l'esprit de cela.
12:00Je rentre compte un petit peu
12:01de ce qu'on sent sur le terrain
12:02et puis des avis des professionnels
12:04que je côtoie.
12:05Déjà, je l'ai dit,
12:08moi le 11,
12:09je trouve ça un peu sidérant
12:10d'avoir pratiqué comme ça,
12:11d'avoir donné une date
12:12sans avoir préparé les choses
12:14et de les préparer un peu en catastrophe.
12:16Et on a ce sentiment-là,
12:18avec finalement beaucoup de missions
12:21renvoyées aux collectivités locales,
12:23aux maires.
12:23Moi, j'ai discuté il y a deux jours
12:25avec un maire d'une petite commune
12:29du coin là où j'habite,
12:32qui me demandait conseil,
12:34parce que je connais bien,
12:34je connais depuis longtemps,
12:35qui me demandait conseil,
12:36je ne pouvais pas aller plus
12:36de se les lui donner
12:37et puis qui me donnait aussi des avis
12:39sans me demander conseil
12:40parce qu'il est très pragmatique.
12:43Rétablir l'école dans sa commune,
12:45le 11, c'est impossible.
12:47C'est impossible.
12:49C'est-à-dire qu'il n'a ni les moyens
12:51d'appliquer les 60 pages
12:53du règlement sanitaire,
12:55ni les protections adéquates
12:56pour l'instant,
12:58ni l'effectif pour aller désinfecter
13:01cette petite commune,
13:02pas l'effectif pour aller désinfecter.
13:04Donc il me dit,
13:05si on rétablit l'école dans ma commune,
13:07c'est sans les transports scolaires,
13:09sans la cantine,
13:11sans la périscolaire
13:12et vu la situation de mes locaux,
13:15en gros, pour les maternelles,
13:17dans les classes,
13:17je vais accueillir 6 enfants
13:19à 7 enfants en même temps,
13:20c'est tout.
13:20Et donc on va,
13:21pour un mois et demi de cours,
13:25faire béné,
13:26avant la fin de l'école
13:29et des congés scolaires,
13:30avoir maximum 10 jours
13:31de classe par enfant
13:33dans des conditions
13:33très compliquées,
13:36et pas forcément d'ailleurs
13:38sur les enfants
13:38les plus concernés
13:39par le décrochage
13:40puisqu'il a fait un sondage
13:40dans sa commune,
13:42de nombreux parents
13:42ne vont pas mettre
13:43leurs enfants à l'école
13:44parce qu'ils n'ont pas confiance
13:46et il y a des raisons
13:47de ne pas avoir confiance.
13:48Je vais revenir sur les masques
13:50parce qu'il y a quand même
13:51eu une annonce
13:51d'Edouard Philippe
13:51à la Sondation nationale
13:52qui m'a resté aussi
13:53un petit peu
13:53en travers de la gorge,
13:54pas comme moi d'ailleurs,
13:55on a tous tiqué un petit peu.
13:58Mais il y a une question
14:00de confiance des parents,
14:02des compeurs,
14:02et puis il y a eu
14:03cette histoire de Kawasaki,
14:05de révélation de la maladie Kawasaki
14:07dans le cadre du Covid,
14:09ça concerne peu d'enfants,
14:10c'est une situation
14:11un petit peu compliquée
14:12qu'on ne va pas évoquer
14:12complètement là,
14:13mais par contre,
14:14on peut comprendre
14:15l'impact psychologique
14:16que ça a eu sur les gens,
14:17en disant,
14:17« Merde, jusque-là,
14:18je pensais que ça allait
14:19et que mon enfant
14:20n'est pas forcément à l'abri. »
14:21Donc on est sur une situation
14:22où il fait le constat
14:24que la réouverture
14:25est très complexe,
14:27va mobiliser beaucoup de gens
14:28pour un faible résultat
14:30et n'est pas sans risque
14:31parce que faire appliquer
14:32des consignes sanitaires
14:33à des maternelles
14:34et à des primaires,
14:35moi je continue à penser
14:35que c'est compliqué.
14:37Alors, on nous dit,
14:38« Ben oui, mais il y a eu
14:40une étude à Crépied-en-Valois
14:42à côté de chez nous,
14:42le premier gros cluster de France
14:46où l'Institut Pasteur nous dit,
14:47« Ben oui, mais les enfants
14:48ne sont pas si contagieux. »
14:49Ouais, enfin,
14:50« Pas si contagieux. »
14:51On ne sait pas exactement
14:52bien en manque de données,
14:54on ne sait pas exactement
14:54à quel point ils le sont,
14:56si, par exemple,
14:56ils le sont quand même
14:58puisqu'il y a une faible contamination
15:01intra-familiale
15:01et une faible sévère
15:02qu'il n'y en a pas.
15:03Et on va se redonner là
15:05des possibilités
15:05de foyers épidémiques
15:06un peu partout
15:07alors qu'on a des hôpitaux
15:09qui ont leurs équipes
15:11au bout du rouleau.
15:12Alors, même si on est mieux préparé
15:13sur l'organisation,
15:14évidemment,
15:14on a quand même appris des choses,
15:16on est aussi mieux préparé
15:17sur la prise en charge thérapeutique
15:18parce que, de fait,
15:20on a des retours sur le fait
15:21qu'il y a moins de gens
15:21en réa qui meurent
15:23parce qu'on sait mieux
15:23prendre en charge ce virus.
15:25Et puis, il y a des pistes
15:26thérapeutiques intéressantes.
15:29Le tocilisumab,
15:30là, qui vient de sortir,
15:31est vraiment un véritable espoir.
15:32On attend la version définitive
15:34de l'étude,
15:35mais un véritable espoir.
15:36Donc, il y a des choses
15:37qu'on peut faire,
15:38mais enfin,
15:38on n'est quand même pas
15:40vaillant à recommencer
15:41une épidémie maintenant.
15:42Et donc, tout doit être fait
15:44pour bloquer ça.
15:45Je l'avais dit la dernière fois,
15:46alors je crois bien,
15:47avant de poursuivre
15:48sur le reste du déconfinement,
15:50je reviens sur Edouard-Céline.
15:51Pourquoi ?
15:51Pourquoi on peut manquer de confiance ?
15:53Moi, je peux entendre
15:55à un moment donné
15:55qu'il y a eu des difficultés
15:57d'organisation,
15:57des retards de prise en charge
15:58de l'État.
15:59Je peux l'entendre.
16:01Je ne peux pas le justifier,
16:02mais on peut le comprendre.
16:04Par contre,
16:05qu'on refuse de le reconnaître
16:06et qu'on continue à baratiner,
16:08ça, je ne peux pas l'entendre.
16:09Nous, on n'a pas besoin
16:10d'entendre du baratin.
16:11Je veux dire, on est sur place,
16:12on a besoin de réponses.
16:13Même si c'est des mauvaises réponses,
16:15on veut juste savoir
16:15où on en est.
16:16Mais quand j'entends
16:17le Premier ministre
16:18à la tribune de l'Assemblée nationale
16:19nous expliquer,
16:21bon, on avait quand même
16:22des stocks,
16:23115 millions de masques chirurgiques.
16:25C'est 20 jours de consommation
16:27habituelle des services de santé,
16:28ça, qu'il a dit.
16:29Et on a eu des craintes,
16:30mais on a failli toucher la rupture.
16:33Non, déjà, c'est pas vrai.
16:34On a failli toucher la rupture,
16:35on a eu des ruptures.
16:36On a eu des soignants contaminés
16:38faute de protection.
16:39Et il faut le dire,
16:40on a eu des soignants
16:41qui sont morts.
16:42Donc, je veux dire,
16:43c'est pas une grande fatigue
16:44comme il a dit.
16:45Le problème,
16:46c'est qu'on est très fatigués.
16:47Non, non, il y a eu des catastrophes.
16:49Et puis, 115 millions de masques.
16:51Ça, il parle de quelque chose,
16:54enfin, il compare
16:55des pommes et des bananes, là.
16:56La réserve stratégique,
16:57c'est pas fait pour assumer
16:59l'utilisation quotidienne,
17:01enfin, l'utilisation classique
17:02des masques à l'hôpital.
17:05À l'hôpital,
17:06en situation classique,
17:07aux urgences,
17:07on n'a pas de masque.
17:10J'ai rarement reçu les gens,
17:11sauf des gens qui ont une tuberculose,
17:13des choses bien précises,
17:14mais on n'a pas de masque.
17:15Donc là, évidemment,
17:16on n'est pas sur une situation classique.
17:17Dire 20 jours de consommation habituelle,
17:19ça ne correspond à rien.
17:20Là, on parle d'une réserve stratégique.
17:22Et si on veut savoir
17:24ce qu'est la réserve stratégique nécessaire,
17:26on avait Santé publique de France
17:27qui le disait très bien,
17:28600 millions de masques FFP2,
17:301 milliard de masques chirurgicaux.
17:31Là, c'était 115 millions de masques chirurgicaux.
17:34Et ce stock n'avait pas été reconstitué.
17:36Alors, ce n'est pas que ce gouvernement
17:39Macron-Philippe qui est responsable
17:41depuis au moins trois gouvernements,
17:44sauf que Santé publique de France
17:46avait fait, maintenant on le sait,
17:48une communication sur la nécessité
17:50de reconstituer ce stock en juin 2019
17:53et qu'il n'y a jamais eu de réponse,
17:54que le stock n'a pas été reconstitué.
17:56Et ça, ce n'est pas les copains d'avant,
17:58c'est maintenant.
17:59Et donc, nous expliquer,
18:01après ne pas avoir répondu
18:02à cette impérative de santé publique
18:04que c'est bon, en janvier,
18:06on avait 115 millions de masques,
18:07c'était bien, non.
18:08Il faut reconnaître à un moment donné
18:09qu'il y a des fautes graves.
18:12Ce n'est pas que de la préparation,
18:14c'est aussi de la faute.
18:15Et il faut assumer ce qu'on a fait.
18:18Ce n'est pas possible d'être en responsabilité
18:20et de se défausser en permanence.
18:22Donc, quand moi je les vois continuer
18:24à se défausser comme ça
18:25et à ce qu'on a expliqué,
18:26il ne devrait être tout fait parfaitement.
18:27On ne parle même pas des tests.
18:29J'y reviendrai sans doute.
18:32Et là, on nous dit,
18:33on déconfine, ayez confiance.
18:35Non, non.
18:37On voudrait bien du concret.
18:38Moi, je reste toujours inquiet.
18:40Alors, les choses se sont modifiées
18:42sur la politique de tests,
18:43puisqu'au départ,
18:44Emmanuel Macron, dans son discours,
18:45disait,
18:46on ne traitera que les...
18:47On ne testera, pardon,
18:48que les symptomatiques,
18:49ce qui est aberrant.
18:50Il y a plein d'asymptomatiques
18:51et il faut tester tous les cas contacts.
18:54Il faut absolument faire beaucoup plus large.
18:56Là, ils reviennent à ça,
18:58à cette logique médicale,
19:00de tester plus largement.
19:01Simplement,
19:02je n'ai pas encore entendu
19:03que quand on va reprendre
19:04des grands ateliers industriels
19:06où il y a beaucoup de gens
19:07dans le même atelier,
19:08on testera ces gens
19:09avant de les mettre dans l'atelier
19:10pour éviter de refaire des clusters.
19:12Et c'est maintenant
19:12qu'il faudrait commencer à le faire.
19:14Parce que le déconfinement,
19:15ça ne se prépare pas le 11.
19:17Ça se prépare maintenant pour le 11.
19:18Sauf que je disais,
19:19on a l'impression qu'ils ont mis une date
19:20et puis qu'on court après.
19:22Donc c'est vrai qu'il y a de quoi
19:22quand même être inquiet
19:23parce qu'on n'a pas, nous,
19:24les capacités aujourd'hui
19:26à faire face à une deuxième vague.
19:28Je ne sais pas s'il y en aurait une
19:29de deuxième vague.
19:29La question a été posée.
19:31Je ne suis pas voyant extra lucide, moi.
19:33Ce qu'on constate quand même,
19:34c'est qu'il n'y a pas
19:35de grande deuxième vague massive
19:37dans les pays qui déconfinent.
19:39Il y a des cas.
19:40Il y a des espèces de petits foyers
19:42qui se relancent,
19:43mais il n'y a pas ce qu'on a connu.
19:45Donc on peut raisonnablement espérer
19:47que ce sera la même chose en France.
19:50Raisonnablement espérer.
19:51Parce qu'on a quand même intérêt
19:53dans cet espoir raisonnable
19:54à prendre toutes les mesures
19:56pour que ça se passe comme ça.
19:57Et pas dire,
19:59au petit bonheur, la chance,
20:00on verra bien.
20:01Enfin, on ne va pas recommencer
20:02les mêmes bêtises.
20:03Si on se remet avec une population
20:05non immunisée qui va ressortir
20:07dans les mêmes conditions
20:07qu'avant l'épidémie,
20:09on aura les mêmes résultats.
20:10On est même une cause
20:10pour les mêmes effets.
20:11On peut toujours compter,
20:12comme on l'a fait,
20:12sur le fait que ce virus
20:14soit peut-être saisonnier
20:15et qu'en sortir.
20:15Enfin, avec Décis,
20:18on a déjà mis paris en bouteille.
20:19On a confiné,
20:20mais on ne va peut-être pas recommencer.
20:21Donc voilà,
20:22il y a toutes ces questions
20:23qui ne sont pas résolues.
20:25Moi, je trouve que ce plan,
20:27on a l'impression,
20:28c'est de toute façon,
20:28on veut déconfiner.
20:29De toute façon,
20:30Emmanuel Macron a dit
20:31c'est tellement 11.
20:32Donc tout est bon.
20:33On déconfine
20:34et puis on s'adapte comme on peut.
20:37Sur les tests, là encore,
20:39moi, j'ai écouté,
20:40enfin, j'ai lu par bon hier,
20:42l'intervention d'un professeur
20:43d'endocrinologie
20:44qui est très investi
20:46sur le test Covid
20:48au CHU de Lille,
20:49qui a communiqué
20:50sur France 3 Hauts-de-France,
20:53je vais dire Picardie,
20:54mais c'est fini ça,
20:55France 3 Hauts-de-France,
20:57et qui nous alerte
20:59de façon extrêmement inquiétante.
21:00Il nous dit,
21:01parce que là,
21:02on nous dit
21:02on va faire 700 000 tests par semaine.
21:03Il nous dit même pas en rêve.
21:05Même pas en rêve,
21:05mais il le dit,
21:06il dit on ne fera pas
21:07700 000 tests par semaine,
21:08ce n'est pas vrai.
21:08on n'a pas aujourd'hui
21:09les capacités à les faire.
21:11Il dit dans son interview,
21:13aujourd'hui,
21:14le CHU de Lille communique
21:15sur 2 800 tests faits
21:17alors qu'ils n'en font que 400.
21:20Et tout est comme ça,
21:21c'est-à-dire qu'il nous explique,
21:23et c'est terrible d'entendre ça,
21:25mais ce n'est pas le guignol,
21:27le gars, quand même,
21:28il est enseignant-chercheur,
21:29directeur de recherche au CNRS,
21:32il bosse aussi en Angleterre,
21:34il est prof en Angleterre,
21:34enfin voilà,
21:35c'est quelqu'un qui est connu
21:36dans le milieu scientifique,
21:37et il nous dit,
21:38mais tout le monde ment,
21:39tout le monde ment à tous les étages,
21:40depuis les directeurs d'hôpitaux,
21:42les ARS et le ministère.
21:43Et on nous demande,
21:44quand on lit des choses comme ça,
21:46d'un professionnel de santé
21:50qui travaille sur les tests
21:51et qui n'arrive pas à les faire,
21:53on nous dit,
21:54ayez confiance.
21:55Une des choses d'ailleurs,
21:56dans son interview qui va marquer,
21:58c'est qu'ils ont du mal à tester
21:59parce qu'on ne prélève pas assez.
22:01On ne prélève pas assez,
22:02surtout dans les EHPAD
22:03qu'on doit dépister.
22:04Sauf que là encore,
22:06l'État,
22:07les agences de santé
22:08ont un rôle stratège
22:09qui n'est pas fait.
22:11Il ne suffit pas de dire
22:11prélever les patients
22:13dans les EHPAD.
22:14Il faut l'organiser, ça.
22:15C'est-à-dire qu'il faut des gens,
22:16il faut embaucher des gens,
22:17formés pour aller faire du test.
22:19C'est des formations courtes,
22:21mais là,
22:22on aurait des recrutements
22:22par milliers à faire
22:23pour aller tester les gens
22:25dans les EHPAD,
22:25mais aussi,
22:26je le disais,
22:27sur les reprises
22:28des grandes entreprises.
22:30Et ça,
22:31ce n'est pas fait.
22:32On dit,
22:33débrouillez-vous.
22:34Alors au début,
22:34on a dit tout dans le public.
22:36Maintenant,
22:37on dit débrouillez-vous
22:37que le privé.
22:38Ce n'est pas mieux l'un que l'autre.
22:39Il faut organiser les choses.
22:41Et là encore,
22:42je n'ai pas vu ça
22:42dans le plan de déconfinement.
22:44Une brigade,
22:45réellement,
22:46avec des missions claires,
22:47avec beaucoup d'embauches,
22:48avec de la formation
22:49qui peut aller tester,
22:50qui nous ramène les résultats,
22:51qui nous permet juste
22:52de savoir où on est.
22:54Alors,
22:54il y a beaucoup de réactions,
22:55beaucoup de questions,
22:56plus de 900 personnes
22:58suivent ce live en ce moment.
22:59D'ailleurs,
23:00continuer à le partager
23:01pour que cette information
23:02puisse toucher
23:03le plus grand nombre.
23:05Une question de Sandrine
23:06et les respirateurs.
23:07Est-ce un scandale ?
23:10J'avoue que je n'ai pas
23:11plus suivi que ça.
23:13Honnêtement,
23:13ce n'est pas le domaine
23:15où j'ai regardé le plus
23:16parce que nous,
23:16on n'a pas eu de rupture
23:17de respirateurs.
23:18Et j'avoue que je me suis occupé
23:19de ce qui,
23:20au quotidien,
23:20nous manque quelque chose.
23:22Oui, après,
23:22si on a été capable
23:23de fabriquer des respirateurs
23:24de transport
23:24plutôt que des respirateurs
23:26de réa,
23:26enfin,
23:27c'est impossible
23:28de ne pas le savoir.
23:30N'importe quel…
23:32J'utilise des respirateurs
23:33de transport.
23:34J'ai travaillé
23:35quelques mois
23:36en réanimation,
23:36huit mois au total
23:37dans ma carrière.
23:38Ce n'est pas du tout
23:39les mêmes machines.
23:40Et enfin,
23:42on ne va te faire
23:42un drap
23:43avec un respirateur
23:44de transport de ce mur.
23:46Donc,
23:46tout le monde sait ça.
23:47Donc là,
23:48j'ai,
23:48là encore,
23:49mais cette crise,
23:50cette sidération en sidération,
23:52c'est ça
23:52qui est problématique.
23:53c'est qu'à chaque fois,
23:54on se dit
23:55« ça va,
23:55ça valait mieux ».
23:56Et non,
23:57ils nous en rajoutent
23:57une petite couche
23:58de délire.
23:59Mais c'est…
24:00Je ne sais même plus
24:01quoi dire à la fin.
24:03Je ne comprends même pas
24:04comment ils ont pu faire
24:04un truc pareil.
24:05En même temps,
24:06moi,
24:06si c'est des récupérateurs
24:07de transport efficaces,
24:08ça tombe bien.
24:08Ils sont à remplacer
24:09dans toutes les sueurs de France
24:10tellement nos appareils
24:11sont vieillissants,
24:12on les récupérera.
24:13Mais enfin,
24:13ça ne nous aide pas vraiment
24:14pour la situation épidémique.
24:16Après,
24:16voilà,
24:16ce ne sera pas,
24:17à mon sens,
24:18malgré cette aberration
24:20de scandale,
24:21en effet,
24:21ce ne sera pas,
24:22à mon sens,
24:22le point crucial
24:23pour le déconfinement
24:24ou la prise en charge
24:25des patients.
24:26Ce qui va être
24:26le point crucial,
24:27ce sont les tests
24:28et les protections.
24:29Et l'attente
24:31d'un traitement,
24:32déjà,
24:32je disais,
24:33on a des pistes
24:35qui sont plus dépit
24:36sur les patients
24:37réanimatoires
24:37et puis l'attente
24:38d'un vaccin.
24:39Là,
24:39on est encore
24:40sur une perspective
24:41qu'on a du mal
24:42à mesurer.
24:43En septembre,
24:44c'est un peu probable,
24:45mais plutôt
24:46dans le cadre
24:47d'une bonne année.
24:48En tout cas,
24:49on a quand même
24:49probablement
24:50plusieurs mois,
24:51six mois de difficultés
24:52au moins devant nous.
24:53Il ne faut pas se leurrer.
24:55On va être
24:56dans cette situation-là.
24:58Alors,
24:58revenons sur le déconfinement.
25:00Est-ce que,
25:00selon vous,
25:01certaines activités
25:03peuvent reprendre
25:03sans problème
25:04et d'autres
25:06devraient patienter
25:06justement
25:07pour ne pas risquer
25:09une seconde vague ?
25:12On peut tout faire.
25:14On peut tout reprendre
25:17si on en a
25:17les moyens
25:18de protection
25:19et de détection.
25:20Et en fait,
25:21c'est ça qui va...
25:22La question,
25:23ça ne va pas être...
25:24Alors,
25:24il y a évidemment
25:24des priorités.
25:26Moi,
25:26déjà,
25:26je continue à penser
25:27qu'on n'a pas mobilisé
25:28l'industrie
25:29envers la production sanitaire.
25:31la preuve
25:32par les masques,
25:33les tests,
25:34les respirateurs,
25:35tout ce qu'on veut.
25:35Bon,
25:36on n'a pas fait correctement ça.
25:37Et il y a encore temps.
25:38Ce n'est pas parce qu'on a fait des bêtises
25:40qu'on ne peut pas les corriger.
25:41Donc,
25:41il y a encore là
25:42une politique
25:42de ce gouvernement
25:44à changer.
25:47Mais la question
25:48de ce qu'on doit
25:49réouvrir ou pas,
25:50elle ne se posera
25:51qu'avec les protections.
25:52Demain,
25:52on peut réouvrir
25:54des ateliers
25:54de confection
25:55de haute couture
25:56si on veut.
25:57Ce n'est pourtant
25:57pas quelque chose
25:58de prioritaire.
25:59Mais moi,
25:59ça ne me dérange pas
26:00qu'ils soient réouverts
26:00du moment que
26:01tous les salariés
26:02sont protégés
26:02et qu'on a testé avant
26:04pour être sûr
26:04que ça ne va pas être
26:05un individu de contamination
26:06à nouveau cluster.
26:07Donc,
26:07voilà.
26:08En fait,
26:08c'est ces logiques-là
26:09qu'il faut défendre.
26:10C'est-à-dire
26:10qu'il y a évidemment
26:12des services prioritaires,
26:13les transports,
26:14la santé,
26:15la grande distribution,
26:16l'alimentaire,
26:16enfin,
26:16tout ce qu'on a dit,
26:17l'énergie,
26:18évidemment,
26:18on dit toujours l'énergie,
26:19c'est déterminant.
26:21Tous ces secteurs-là
26:22qu'il faut absolument
26:24mettre en état de marche
26:25et protéger les salariés.
26:26Puis après,
26:27tout le reste,
26:28il faut être capable
26:28de l'ouvrir,
26:29mais il faut l'ouvrir
26:30sécure.
26:31C'est-à-dire,
26:31il faut l'ouvrir
26:31avec,
26:32derrière,
26:33une politique de santé,
26:34de dépistage et de protection
26:35qui soit au niveau.
26:37Là,
26:37ce qui m'embête,
26:38c'est que dans ce déconfinement,
26:42artisanal,
26:43c'est le mot qu'on puisse dire.
26:43Il n'y a toujours pas
26:44une grande stratégie
26:45de déconfinement.
26:46Il y a des consignes,
26:47pour l'école,
26:48des consignes quasi inapplicables.
26:51Pour les entreprises,
26:52on ne sait pas trop.
26:53Certaines entreprises
26:54ont essayé de tester
26:55leurs salariés elles-mêmes,
26:56mais si elles ne veulent pas le faire,
26:57c'est tout.
26:59Pour les masques,
27:00on ne sait pas
27:01si dans les entreprises,
27:02il faut les porter ou pas.
27:03Je pense qu'évidemment,
27:03il faut les porter.
27:04Dans tout lieu
27:05où le public se rencontre,
27:06il faut les porter.
27:08Mais il n'y a rien,
27:09il n'y a pas de grande stratégie.
27:10On est sur,
27:11de toute façon,
27:12il faut faire un marché de l'économie.
27:14On l'avait dit la dernière fois,
27:15on a le sentiment quand même
27:17d'une grande injonction du MEDEF,
27:19une grande injonction des actionnaires,
27:21parce que les profits sont d'état.
27:22Je ne dis pas ça
27:24en négligeant la crise économique
27:26qui va arriver,
27:28en négligeant la baisse d'activité.
27:30Simplement, je pense que
27:31cette activité,
27:32elle doit se reconcevoir
27:34de façon différente.
27:34Pour la satisfaction des besoins
27:37dans le cadre de cette épidémie
27:38et des besoins humains,
27:39et pas pour renflouer
27:41les caisses d'actionnaires
27:41qui devraient largement plus
27:43participer à cette solidarité collective
27:45dont on a besoin
27:46et ne pas se verser
27:4759 milliards d'euros de dividendes
27:49comme annoncé en début d'année.
27:51Alors, toujours beaucoup de questions.
27:52On a à peu près 1 000 personnes
27:54qui suivent en direct ce live.
27:56Merci à vous
27:56d'être aussi fidèles à ce direct.
28:03Continuez à le partager, évidemment.
28:06Kanda, qui vous demande
28:07diabétique, cardiopathie,
28:09hyper tendue,
28:10est-ce qu'il faut rester confiné
28:12au-delà du 11 mai ?
28:15Là encore,
28:16là, je dirais oui.
28:18En fait, tout dépend
28:19de notre stratégie
28:22des confinements.
28:23si vous avez
28:25une cardiopathie
28:26ou une diabète,
28:27toutes les pathologies
28:28qui peuvent aider
28:29à provoquer
28:31des formes de Covid graves.
28:33Évidemment,
28:34il faut restreindre
28:35le plus possible
28:36le contact avec le virus.
28:37Si on est capable
28:38de faire un déconfinement
28:39assez sécure
28:40et de remettre
28:41des choses très simples
28:42sur la prudence à exercer,
28:45le déconfinement
28:46pourrait se faire.
28:47simplement là,
28:48dans le contexte actuel
28:49où moi,
28:51j'émets des doutes
28:53sur la raison
28:55de ce déconfinement,
28:56j'émets des doutes
28:57sur la confiance
28:58qu'on peut avoir
28:59dans ce gouvernement
29:00Macron-Philippe
29:02et donc sur les conditions
29:04dans lesquelles
29:05vont se passer
29:06ce déconfinement,
29:08spontanément,
29:09moi, j'ai des parents
29:10qui ont un peu plus
29:11de 70 ans,
29:12qui ont quelques pathologies,
29:14voilà,
29:14je n'ai pas envie
29:15qu'ils sortent tout de suite.
29:16Voilà, je vous dis très clairement,
29:18je vais avant regarder
29:19comment ça se passe.
29:21Voilà.
29:21Et pour l'instant,
29:22je vais faire ce que ça.
29:23Parce que c'est aussi simple
29:24que ça, je veux dire,
29:26l'exposition
29:27dans ces tranches d'âge,
29:28encore,
29:28et ce n'est pas
29:29le pire,
29:30c'est 80,
29:30dans ces tranches d'âge
29:31avec quelques problèmes
29:33de santé,
29:33même pas majeurs,
29:35l'exposition,
29:36elle est risquée.
29:37Elle est risquée
29:37et si on n'a pas mis en place
29:39quelque chose de sécure,
29:41c'est possible,
29:42on ne sera jamais à 100%,
29:43évidemment,
29:43mais il faut bien
29:44que la vie reprenne.
29:45pour l'entendre bien,
29:46je ne suis pas
29:46pour confiner les gens,
29:48c'est le plus vite possible
29:50de pouvoir sortir
29:51de cette situation
29:51qui est,
29:52pour beaucoup de gens,
29:54beaucoup de familles,
29:54invivable.
29:55Sauf que ce n'est pas
29:56à tout prix
29:57en faisant n'importe quoi,
29:58c'est en se donnant
29:59les moyens de le faire
30:00et donc là,
30:01je pense qu'on ne les a pas.
30:03Alors,
30:04cette question
30:04de la chloroquine
30:05qui revient régulièrement,
30:07est-ce que vous pouvez
30:08nous refaire un point
30:10sur le traitement ?
30:12Non.
30:15Non,
30:15mais je fais volontairement
30:17le provoque,
30:18non,
30:18parce qu'il n'y a pas d'études.
30:20Voilà,
30:20il n'y a pas d'études.
30:21C'est-à-dire qu'on est toujours
30:22dans cette situation,
30:23au bout de toutes ces semaines.
30:25Il y a des études
30:26sur plein d'autres choses
30:27parce que tout de suite,
30:28des études ont été lancées
30:30sur des médicaments
30:31et on a des premiers résultats,
30:32je le disais,
30:34qui portent de l'espoir.
30:36Pour la chloroquine,
30:37il n'y a toujours pas
30:38d'études fiables.
30:39C'est-à-dire qu'on a délivré
30:40de la chloroquine
30:41à des milliers de personnes,
30:42on nous dit,
30:43c'est fabuleux,
30:43regardez,
30:44elles vont bien.
30:45Mais,
30:46je le disais la dernière fois
30:47sur notre live,
30:48on a, nous,
30:49un circuit Covid à Crémy
30:50où on a vu des patients
30:53tester le Covid
30:55et un méconfrère
30:56qui avait fait un live
30:57avec moi,
30:57on a vu des centaines,
31:00on en discutait.
31:02Quand on fait le tour
31:02de tous ces praticiens
31:04qui ont vu leurs patients
31:04qui se mettent un petit peu
31:05leur expérience ensemble,
31:06il y en a 90%
31:07qui vont bien.
31:08C'est-à-dire qu'on a
31:09des chiffres comparables
31:11à ceux qui ont été
31:12traités par chloroquine
31:13en raccère,
31:13ils n'ont pas eu de chloroquine
31:14en sortie.
31:16C'était un usage
31:17qui avait été décidé
31:17en hospitalier
31:18parce qu'on avait décidé
31:20de le donner
31:21s'il y avait une chance,
31:22mais de le donner
31:23dans un contexte
31:24de surveillance et de sécurité
31:25parce qu'on n'avait pas
31:26d'études et on n'était pas sûr.
31:27Donc voilà,
31:28on a trouvé ce médium
31:30pour répondre à la pression
31:32des gens qui demandaient
31:33cette chloroquine aussi.
31:35Ce n'est pas négligeable
31:36sur le plan psychologique
31:37que cette pression
31:38qui était forte
31:39et ces sentiments
31:39ne pas être traités
31:41parce qu'il y avait ça.
31:42En gros,
31:42on était quasiment
31:43des meurtriers
31:44si on n'avait pas
31:44de la chloroquine.
31:45Donc on l'a fait,
31:46mais avec une surveillance
31:48parce qu'on n'était pas
31:48sûr de nous.
31:49Voilà,
31:49c'est aussi simple que ça
31:50parce qu'on n'avait pas
31:51de données scientifiques.
31:52Et on ne l'a pas fait
31:54sur l'ambulatoire
31:55parce qu'on n'avait pas
31:56justement cette capacité
31:57à surveiller
31:57et des doutes
31:58sur les risques.
32:00Aujourd'hui,
32:00les retours qu'on a
32:01sur la chloroquine
32:02sans les études,
32:04c'est que de plus en plus,
32:05on ne trouve pas
32:06d'efficacité
32:07à ce médicament.
32:08Voilà,
32:08on ne trouve pas
32:08d'efficacité
32:10quelques effets secondaires,
32:11peu en fait
32:13d'effets secondaires.
32:14C'est surtout
32:15des effets secondaires digestifs
32:16d'ailleurs.
32:16C'est des gens
32:16qui ne supportent pas
32:17parce que c'est
32:18nos ébomissements.
32:19On a eu quelques cas
32:21de troubles
32:22du rythme cardiaque
32:23qui ont des effets
32:24secondaires redoutables.
32:26on a eu
32:28a priori
32:28quelques morts.
32:31Mais
32:32par contre,
32:34ces effets
32:35restent assez marginaux
32:36sans le dire.
32:37Mais bon,
32:38pour ceux qui sont morts,
32:38ce n'est pas marginal.
32:40Après,
32:41sur l'efficacité,
32:43le retour qu'on a là,
32:44c'est qu'il n'y en aurait pas.
32:46Mais voilà,
32:47je parle vraiment conditionnel.
32:48Je ne suis pas capable
32:49de dire moi
32:49s'il y en a ou il n'y en a pas.
32:50Je n'ai pas une étude
32:52avec un échantillon
32:54témoin
32:55qui me dit
32:55ça marche ou ça marche
32:56pas.
32:56On n'est que sur de l'empirique.
32:58Et on ne peut pas
32:59fonctionner comme ça
33:00que sur un principe
33:05de risque sanitaire majeur
33:06qu'on décide de transiger
33:08avec nos preuves scientifiques
33:10habituelles
33:10pour tenter
33:11parce qu'on se dit
33:12qu'il n'y a que ça,
33:13on essaie
33:14dans un cadre surveillé.
33:15Oui,
33:15moi j'étais partisan de ça
33:17parce que voilà,
33:17si ça avait marché,
33:20on aurait sûrement réussi
33:21à sauver des gens.
33:22Sauf que bon,
33:23ça ne marche peut-être pas.
33:23Mais qu'on continue comme ça
33:26avec la chloroquine
33:27sans jamais valider
33:28ce qu'on fait,
33:29sans jamais être sûr de nous
33:30et avec un retour empirique
33:32qui nous dit
33:32ça ne marche sûrement pas,
33:35ça commence à être pas possible.
33:37Et là,
33:37on n'a toujours pas
33:38une étudicielle.
33:39Alors elles sont en cours
33:39du coup,
33:40elles ne sont pas en cours
33:40à Marseille,
33:41elles ne sont pas en cours
33:42à l'Institut Marseillais
33:43qui a proposé
33:44ces chloroquines
33:45comme traitement.
33:46Elles sont en cours
33:46dans plusieurs hôpitaux
33:47qui veulent valider
33:48ou avalider
33:49et on attend avec un patient
33:50de savoir si on continue
33:51parce que
33:51on continue à donner
33:53de la chloroquine.
33:54On veut savoir
33:55si on continue
33:55ou si on arrête.
33:57Si ça n'a pas d'efficacité
33:58voir si c'est délété.
33:59Voilà.
34:00La situation de la chloroquine
34:01c'est ça.
34:01Donc je reviens à ma réponse.
34:02Est-ce que la chloroquine
34:03est efficace que vous pouvez
34:04vous répondre ?
34:05Non.
34:06Alors une question
34:07toujours sur le déconfinement.
34:08Beaucoup de questions
34:09très concrètes se posent.
34:11Véronique qui vous demande
34:13« Bonjour,
34:13j'ai un conjoint
34:14qui veut aller chercher
34:15sa mère,
34:16sa soeur,
34:17son frère,
34:17sa nièce de un an
34:18à 73 km de chez moi
34:20dès le 11 mai.
34:22Je veux votre avis
34:23car je ne suis pas d'accord
34:24qu'il aille chercher sa famille. »
34:26Bon, ça dénote
34:27beaucoup d'inquiétudes,
34:28beaucoup de questions
34:29extrêmement concrètes
34:30que se posent les gens
34:31aujourd'hui.
34:31Et quel est votre avis
34:32là-dessus ?
34:34Vous me demandez
34:35de m'avancer beaucoup
34:36sur des choses
34:36auxquelles je n'ai pas
34:37complètement réfléchi
34:38parce que voilà,
34:40quand je parle
34:41d'une stratégie
34:41de déconfinement,
34:42c'est quelque chose
34:43qui doit être
34:43une réflexion collective.
34:45Je ne permettrais pas
34:46moi d'avoir
34:46un avis autorisé
34:48qui serait la vérité révélée.
34:49Si je l'avais,
34:50c'est formidable.
34:51Je ne l'ai pas.
34:52Donc on est...
34:53La force de ce moment
34:56d'épidémie,
34:57c'est la réflexion collective,
34:58c'est l'échange
34:59qui a été fait entre les scientifiques,
35:01c'est l'échange
35:01qui a été fait
35:02entre les épidémiologistes.
35:04Et c'est nous
35:04qu'on reçoit,
35:05ce que j'essaye de retransmettre
35:06en vulgarisant les choses
35:07parce que je me nourris
35:09beaucoup aussi
35:10des travaux
35:11de mes confrères,
35:13évidemment.
35:14Je n'ai pas toutes les idées
35:15là-dessus.
35:16normal.
35:17Moi, je pense que,
35:19après, là encore,
35:21si on a une capacité
35:22à avoir accès
35:23à des tests,
35:24on peut faire les choses
35:25de façon très sécurisée.
35:26C'est-à-dire qu'on peut faire
35:27de l'encontre familial
35:28en testant tout le monde.
35:30Pour l'instant,
35:30je ne sais pas où on va
35:31parce que je disais
35:32sur les tests,
35:34quand j'entends
35:35le professeur Linois
35:36qui me dit
35:37« on ne baratine
35:38et on ne fera pas ces tests,
35:39pourquoi pas à ce niveau-là ? »
35:40C'est de la propagande,
35:41en fait,
35:42ça revient à ça.
35:43J'ai des raisons
35:44d'être inquiet.
35:45Après,
35:47sur un confinement,
35:48s'il a été parfaitement,
35:49mais voilà,
35:50moi, je n'en sais rien,
35:50s'il a été parfaitement respecté,
35:52s'ils n'ont eu aucun contact
35:52avec l'extérieur,
35:53ils ne sont pas porteurs.
35:55Après, évidemment,
35:55ils ont fait des courses.
35:56Après, évidemment,
35:56ils n'avaient pas de masque.
35:57Après, voilà,
35:58il y a toujours
36:00cette incertitude.
36:01Cette incertitude.
36:02Et puis après,
36:03regrouper les familles,
36:05ça peut s'entendre.
36:06C'est des moments,
36:07je disais,
36:07des familles aussi frères.
36:08De la distance,
36:10j'ai été prendre en charge
36:11hier une dame
36:12de 80 ans
36:13qui a eu leur temps
36:13assis qu'à la maison.
36:14Elle n'a pas eu
36:14ses petits-enfants
36:15depuis des dizaines de jours.
36:17Elle les voyait
36:17toutes les semaines.
36:18Et sur le plan du mental,
36:21ça craque un peu.
36:23Ça aussi,
36:23il faut en venir prendre
36:24parce qu'à un moment donné,
36:26si ses petits-enfants,
36:27on va prendre son exemple à elle,
36:28on ne les remet pas à l'école
36:29et qu'ils ne sont pas à risque
36:30de refaire du Covid,
36:32ça vaudra peut-être beaucoup
36:33de lui abonner quand même
36:34malgré le risque
36:35parce qu'il y a d'autres risques,
36:36quoi,
36:37de se sentir complètement isolé,
36:38de se laisser glisser.
36:39Sans avoir son mari,
36:41ça va,
36:41mais quand même.
36:42Et là,
36:42je pense que ma réponse,
36:43elle ne peut pas être définitive
36:45et sous trop de conditions.
36:48Voilà,
36:48moi,
36:49je pense qu'il ne faut pas
36:49prendre de risques
36:50et en même temps,
36:52je le disais,
36:53je suis pour que tout le monde
36:54se déconfine le plus vite possible
36:55parce que ça va provoquer
36:56d'autres problèmes.
36:58Là encore,
36:59vous m'aviez posé la question
37:00après ce temps-là,
37:00je me suis dit,
37:01les gens vont devenir fous.
37:02C'est un résumé un peu brutal,
37:03mais c'est quand même
37:05des choses qu'on constate.
37:06Et on voit aujourd'hui
37:08sur les services d'urgence
37:10arriver beaucoup
37:10des compensations psychiatriques.
37:12Alors,
37:12de gens qui avaient souvent
37:13déjà des problèmes,
37:14mais ça veut dire
37:15que les autres
37:15ont des pressions aussi
37:17dans les têtes.
37:18C'est brutal,
37:18ce qu'on a fait là,
37:19quand même,
37:20ce confinement indiscriminé,
37:22toute une population,
37:23sous cloche.
37:25donc je pense qu'il faut rester
37:28dans un cadre de sécurité,
37:29mais il faut être capable
37:31de réunir ces familles.
37:32Après,
37:32il y a le fameux
37:34borne de 100 kilomètres.
37:35Alors ça,
37:35par contre,
37:35je pense qu'en effet,
37:36pour l'instant,
37:37ne pas permettre
37:38des déplacements trop longs
37:39sur ce cas de force majeure
37:40ou en raison professionnelle majeure,
37:42ce n'est pas bête
37:43parce que ce n'est pas la peine
37:44d'aller balader le virus
37:46des zones où il est encore
37:48très circulant
37:49aux zones où il ne l'est pas.
37:50Alors,
37:50soit dit en passant,
37:51j'en profite pour faire
37:52une petite pub départementale,
37:54on est en rouge.
37:56On est en rouge,
37:57alors il faut bien regarder
37:58ces cartes
37:58parce qu'elles sont intéressantes,
38:00elles révèlent en fait
38:00une situation politique.
38:02On est en rouge,
38:03par contre,
38:04il y a trois critères.
38:06Les tests,
38:06on ne peut pas vraiment savoir
38:07puisqu'on ne sait pas
38:08tout ce qu'on va être capable
38:09de faire.
38:10Donc celui-là,
38:10c'est un faux critère,
38:11il ne compte pas.
38:12C'est un critère
38:14dans les terres.
38:16Par contre,
38:16il y a le critère
38:17de la circulation du virus
38:19et des capacités hospitalières.
38:22Pour la circulation du virus,
38:24les Isariens,
38:25les habitants de Noise
38:26ont été plutôt efficaces
38:28puisque le virus
38:29circule peu dans l'Oise.
38:30On est tout en vert,
38:31c'est formidable.
38:32Par contre,
38:34finalement,
38:34on va rester confinés
38:35parce que nos capacités
38:36hospitalières
38:36en sont en rouge.
38:37Voilà.
38:38Et c'est ça le problème,
38:39c'est qu'on est en rouge
38:41parce que le service
38:42public hospitalier
38:43est mal.
38:45Et on peut me dire,
38:46ben oui,
38:46mais là,
38:46on sort tout juste du Covid,
38:48oui, peut-être,
38:48moins faim.
38:49Moi,
38:49j'étais de garde cette nuit,
38:51j'avais deux places en Réa,
38:54deux places en USC,
38:55enfin,
38:55un truc comme ça,
38:56dans ces eaux-là.
38:57C'est-à-dire mieux
38:59que ce que j'ai souvent
39:00en temps habituel
39:00hors période Covid.
39:02C'est-à-dire que,
39:03en fait,
39:04voilà,
39:04c'est ce que je disais tout à l'heure,
39:04on est retombé
39:05dans la crise habituelle.
39:06Et cette crise habituelle
39:07suffit pour nous mettre en rouge.
39:09Donc,
39:09si on reste confinés,
39:10c'est parce que
39:11notre système hospitalier
39:12est aujourd'hui défaillant,
39:14parce que victime
39:14de cette austérité budgétaire
39:16datant de 20 ans,
39:18je l'avais dit,
39:18en 20 ans,
39:19on a fermé 20%
39:20de nos capacités
39:21d'hospitalisation
39:21sans lits.
39:22Là,
39:23il faut rejoindre les lits,
39:24ça,
39:24c'est une politique.
39:25Alors,
39:26c'est exactement ce que dit...
39:27Je n'ai pas répondu
39:27complètement à la dame,
39:28mais je ne peux pas répondre.
39:29Oui,
39:30oui,
39:30non,
39:30mais ça donne
39:32des bons points de repère.
39:33Et ça vient,
39:34ce que vous venez de dire
39:35sur le manque de lits,
39:37dans les hôpitaux,
39:38vient tout de suite
39:39en écho
39:39à ce commentaire d'Eva
39:41qui nous dit
39:42« Le Jura est en rouge
39:43car 8 lits de réa
39:45pour la région
39:46occupés à 100%.
39:48Ces cartes montrent bien
39:49la casse
39:50dans les hôpitaux. »
39:52Le Jura,
39:53en plus,
39:53j'y suis allé.
39:54J'y suis allé
39:55pour des débats.
39:56D'ailleurs,
39:58j'étais allé,
39:59d'ailleurs,
39:59à Lons-le-Saunier
40:00avec le docteur
40:01Éric Loupière
40:02qui vient décéder
40:03du Covid-19.
40:05C'est pour dire
40:07qu'on n'est pas juste
40:07fatigué.
40:08Il y a quand même
40:09quelqu'un
40:09qui en est mort.
40:11Mais,
40:12pardon,
40:13je suis désolé.
40:15Je suis fatigué.
40:16On comprend très bien.
40:18Mais j'étais aussi
40:19allé à Saint-Claude,
40:19à cet hôpital,
40:21un hôpital magnifique,
40:22d'ailleurs,
40:22construit
40:23en fin de colline.
40:24On a fermé sa mater,
40:26on l'a rincé,
40:27alors que Saint-Claude
40:28s'est enclavé
40:29et qu'il faut aller
40:29justement à Lons-le-Saunier
40:30pour accoucher.
40:32Même les SMUR
40:33à Lons-le-Saunier,
40:34c'était pour la deuxième
40:35équipe de SMUR
40:35où Éric Loupière
40:37se battait.
40:38Enfin voilà,
40:38il y a eu
40:39tout ce massacre
40:41dans le Jura.
40:42Et moi,
40:42j'avais perçu ça
40:44avec des comités
40:45de défense de l'hôpital,
40:47particulièrement à Saint-Claude,
40:47un comité de défense
40:48de l'hôpital
40:48qui était impressionnant,
40:49remarquable par son nom
40:50et son organisation,
40:51sa détermination.
40:53Voilà,
40:53mais tous ces gens
40:53se sont battus
40:54pendant des années
40:54et ils avaient raison.
40:56Et aujourd'hui,
40:57en effet,
40:57c'est ça qu'on constate,
40:58c'est qu'on ne les a pas écoutés.
41:00On les a traités
41:01de Librius,
41:02parfois,
41:02sauf qu'ils avaient raison
41:03et que ces capacités hospitalières
41:05qui nous manquent aujourd'hui
41:05nous empêchent de déconfiner.
41:07Voilà,
41:07elle a raison là-bas.
41:09Alors,
41:09ce que vous nous dites là
41:11fait écho
41:12à ces mois,
41:13plus d'un an,
41:14plus d'un an
41:15et quelques mois
41:16de lutte
41:16de l'hôpital public.
41:18On rappelle,
41:18pour tous ceux
41:19qui ne le savent pas,
41:20que vous avez été
41:21le premier médecin
41:23urgentiste
41:24à démissionner
41:24en tant que chef de service.
41:27Il y a de ça maintenant
41:28un an et quatre mois.
41:31Est-ce que vous pouvez rappeler
41:33pour ceux
41:33qui n'auraient pas
41:35vu toute l'étendue
41:36de la mobilisation
41:37à travers le pays
41:38pendant plus d'un an
41:39dans les hôpitaux
41:40et la santé en général,
41:41quel a été ce mouvement,
41:43quelle a été son ampleur
41:44et quelles étaient
41:45les demandes
41:46pendant ces nombreux mois
41:47de la part des soignants ?
41:51On n'avait jamais connu
41:53un mouvement comme celui-là.
41:56Je pense qu'il n'est pas fini.
41:57J'espère qu'il va rebondir
41:58après cette épidémie
41:59parce qu'il y a urgence
42:00à ce qu'il rebondisse.
42:01On ne peut pas continuer
42:02à accepter la case
42:03de l'hôpital public
42:04et je le disais tout à l'heure,
42:05les politiques
42:06qui vont nous être proposées
42:07là, quand on voit
42:07ce qui a été écrit
42:09par la thèse des potonsignatures,
42:10quand on voit
42:10ce qui a été dit
42:11par certains responsables
42:12de l'ARS
42:13sur la nécessité
42:14de continuer
42:15les plans d'entrée
42:16et de faire
42:17le service public,
42:18il y a urgence
42:19à ce que ce mouvement
42:20reprise très vite
42:21et ça a été un mouvement
42:22qui a mobilisé
42:23comme jamais,
42:24c'est-à-dire
42:25des centaines
42:26de services d'urgence
42:26en grève,
42:27des centaines
42:28de praticiens hospitaliers
42:29qui ont démissionné
42:30de leur fonction administrative,
42:31ils n'ont pas quitté
42:32l'hôpital public,
42:32ils ont démissionné
42:33de leur fonction administrative.
42:34Moi, je l'avais fait
42:35parce que,
42:36il y avait eu
42:37un élément déclencheur,
42:38c'est la fameuse
42:39fermeture de la maternité
42:40de Creil,
42:41qui était un symbole,
42:42un mater de niveau 3,
42:44de 1600 accouchements,
42:45on n'avait jamais fermé
42:46une mater comme celle-là
42:47sur un bassin de population
42:49quand on a pourtant
42:49un besoin impératif.
42:53Et c'était la goutte d'eau
42:54qui avait fait déborder le vase
42:55parce que ça voulait dire
42:56que j'ai fait cette mise
42:58en transport dans l'accouchement,
43:00comme je disais tout à l'heure,
43:02voilà,
43:04avant,
43:04on allait à la maternité,
43:06maintenant,
43:06c'est en ce mur,
43:06on les conduit en catastrophe.
43:08Alors certes,
43:0915 kilomètres plus loin,
43:10mais 15 kilomètres
43:11quand on est en train
43:11d'accoucher
43:12et qu'il n'y a pas
43:13tous les transports,
43:14à pied,
43:14ça fait de l'eau.
43:15Donc voilà,
43:17on a dû répondre à ça
43:18et donc c'est encore
43:19une charge de travail
43:20et puis des compétences
43:22qui ne sont pas celles
43:23qu'on a le mieux
43:23qui nous sont rendues obligatoires.
43:26Donc on est moins bon
43:27de la centralité
43:28sur la prise en charge
43:29forcément
43:30de l'accouchement à domicile
43:31quand on ne peut pas le faire
43:33par rapport à un accouchement
43:34fait sur la maternité.
43:37Donc c'était la goutte d'eau,
43:38mais c'était la goutte d'eau.
43:39Le vase était déjà bien plein
43:40parce que ça faisait des années
43:41que je dirigeais ce service
43:44où le sentiment
43:45qu'on en ressent,
43:46c'est que finalement,
43:47on se bat pour obtenir des choses,
43:49pour faire appliquer
43:50des logiques de santé
43:51et on se voit rétorquer
43:53en permanence
43:54des obligations financières,
43:56des impossibilités,
43:57des restrictions.
43:58Voilà,
43:59l'hôpital de Creil,
44:00enfin les urgences de Creil,
44:02il y a des travaux
44:02qui auraient dû être finis
44:03en 2012
44:04pour refaire de nouvelles urgences.
44:06En 2012.
44:08Pendant que j'ai été chef de service,
44:09on les a promis tous les ans,
44:10les travaux,
44:11tous les ans.
44:12Pour me dire à la fin,
44:13il n'y avait pas les sous.
44:14Mais enfin,
44:15on est conçu pour 60 passages
44:17et on passe 130 patients
44:18par jour.
44:19Les locaux,
44:19c'est exigu,
44:20c'est mal foutu,
44:21ça gêne même
44:22notre réorganisation.
44:24Et puis après,
44:25c'est en permanence
44:26des discussions
44:26de boutiquiers
44:28sur le nombre d'infirmières,
44:29une enfant de plus,
44:30une enfant de bras.
44:31Enfin, voilà,
44:31je ne suis pas monsieur de plus,
44:32je dis simplement
44:33à un moment donné,
44:34là, ça ne fonctionne pas,
44:35j'ai besoin de personnel en plus.
44:36Ben non,
44:37parce que voilà,
44:38il faut faire plus avec moi.
44:39Et ça a toujours été ça.
44:41Donc voilà,
44:41plus la matière,
44:42j'avais mentionné,
44:43parce qu'on a ce sentiment finalement
44:45de ne plus être
44:46qu'un relais
44:47de politique d'austérité,
44:48de ne plus avoir
44:48aucune capacité
44:50à changer ça.
44:52Donc,
44:53moi,
44:53j'étais là pour essayer
44:55que le service
44:55des moranges de creilles
44:56tourne,
44:57que ça rende le service
44:59à la population
44:59qu'elle est en droit d'attendre.
45:00Et à un moment donné,
45:01j'ai eu le sentiment
45:02de servir finalement
45:04de courroie de transmission
45:05à des politiques
45:05que je réprouve
45:06au plus haut point.
45:07Donc voilà,
45:07il faut partir
45:08quand c'est comme ça.
45:09Et puis finalement,
45:10c'est ce qu'a guidé
45:11l'essentiel
45:12de mes confrères
45:13partout ailleurs.
45:14Parce que quand,
45:15voilà,
45:16tous ces gens
45:17qui sont investis
45:18dans l'hôpital public
45:19se battent
45:20pour avoir
45:213 francs-six sous,
45:223 euros,
45:236 francs-six,
45:24ça a fondé,
45:25pour leur service,
45:26et que à chaque fois,
45:28c'est non,
45:29vous êtes mal organisé,
45:30organisé mieux.
45:31Et qu'on...
45:33Il y a des tout-bibes
45:33qui se sont exprimés.
45:34Moi, j'avais vu
45:35une tout-bibes
45:35de la piscine pétrière
45:36qui nous expliquait
45:37mais à toutes les réunions,
45:39on nous renvoyait
45:40attention,
45:41le pourcentage
45:41est bien monté
45:42en activité
45:42où il a descendu.
45:45On n'est pas des comptables.
45:46Je veux dire,
45:47on n'est pas naïfs.
45:48On sait que l'argent,
45:49on n'a pas dilapidé.
45:52Simplement,
45:53nous, notre logique,
45:53c'est qu'on doit être efficace.
45:55Et l'argent utilisé,
45:56l'argent public utilisé
45:57doit être efficace.
45:59Par contre,
46:00ce n'est pas de la restriction
46:00de la rentabilité.
46:01Il ne doit pas être rentable.
46:02Il doit être efficace.
46:03Il faut l'appliquer
46:04là où on en a besoin.
46:06Mais nous expliquer
46:06qu'on doit être rentable,
46:07là, on n'est pas
46:08dans la même conception.
46:09La seule rentabilité
46:10que je vois, moi,
46:10c'est pour le patient,
46:11pas pour les financiers.
46:14Alors,
46:15beaucoup toujours
46:16de commentaires
46:17et de questions.
46:18Une question sur les tests
46:20revient.
46:21Selon vous,
46:23on revient à des choses
46:24très terre-à-terre.
46:25Quels sont, selon vous,
46:27les tests
46:27les plus efficaces ?
46:30Quels sont les tests
46:30les plus efficaces ?
46:32Ce n'est pas le même rôle,
46:33en fait.
46:35On a deux types de tests.
46:37On a les tests
46:37qu'on est en train de faire
46:40massivement.
46:40Des blèches,
46:41parce qu'on va savoir
46:42l'heure, ils vont.
46:43Donc, c'est les tests PCR.
46:45On fait un prélèvement
46:46dans le nez
46:46et on voit
46:47si le virus est présent.
46:48C'est celui-là
46:49qui va nous permettre
46:50de dire
46:50vous avez le virus,
46:52vous n'avez pas le virus.
46:53Voilà.
46:53Et celui-là,
46:54c'est celui
46:54qu'on doit utiliser
46:55de façon massive.
46:55des tests PCR.
46:56Après,
46:57on a des tests sérologiques.
46:58Une prise de sang,
46:59on garde dans le sens
47:00s'il y a des anticorps,
47:02des immunoglobulines,
47:04des anticorps
47:04contre le virus.
47:05Donc,
47:05vous avez eu un contact
47:08avec le virus,
47:08vous êtes immunisé,
47:09ou vous n'avez pas eu
47:10contact avec le virus.
47:12Alors,
47:12quand je dis
47:13vous êtes immunisé,
47:14il y a eu beaucoup
47:14de débats là-dessus
47:15puisqu'on a dit
47:16oui,
47:16mais est-ce que vraiment
47:17on est immunisé ?
47:18Il est encore un peu tôt
47:19pour dire
47:20combien de temps
47:21on est immunisé ?
47:22Est-ce que c'est suffisamment
47:23immunisant ?
47:24On nous a dit
47:24qu'il y a des réaffections.
47:25En fait,
47:26il s'avère que c'est
47:26tout probablement
47:27un portage très long
47:28du virus
47:29avec des gens guéris
47:30mais qui gardent le virus.
47:31Ce n'est pas
47:32le seul virus qui fait ça.
47:34Les gastro-entérites,
47:36on a tous les hivers,
47:37les gens gardent très longtemps
47:38le virus,
47:38même en étant guéris.
47:40Là,
47:40on a à peu près
47:41la même situation.
47:42Mais,
47:43voilà,
47:43je ne peux pas,
47:44là encore,
47:45je l'ai déjà dit,
47:47je ne peux pas aller
47:47au-delà de ce qu'on sait.
47:49On en apprend
47:50tous les jours
47:50sur ce virus,
47:51sur sa façon
47:52de le prendre en charge,
47:53sur sa physio-pathologie,
47:56en fait.
47:56Voilà,
47:57on apprend ces choses-là.
47:58Mais on commence
47:59à savoir ça.
48:00Alors,
48:00le problème de l'immunité,
48:01c'est que les tests
48:02qui ne sont pas,
48:02les tests sérologiques,
48:03ils sont faits
48:04mais ils ne sont pas
48:05encore pré-calibrés
48:06parce que c'est pareil
48:07sur les choses nouvelles,
48:09à quel niveau
48:09on dose une quantité
48:11d'immunie de l'opuline ?
48:12À quel niveau
48:13est-ce qu'on est immunisé
48:13de cette quantité
48:14d'immunie de l'opuline ?
48:15Voilà,
48:16j'essaye de vulgariser la chose
48:17mais pour l'instant,
48:18on n'a pas trop de recul.
48:19Et donc,
48:20pour l'instant,
48:21le seul test
48:21où on a un renseignement fiable,
48:24c'est le test PCR.
48:25Avec,
48:25et on avait discuté de ça,
48:28des faux négatifs aussi.
48:29Donc,
48:29ça veut dire
48:30qu'il faudrait les multiplier.
48:32Encore,
48:33on n'est pas forcément
48:33parti pour
48:34en vue de la politique de test.
48:36On a commandé
48:3650 robots en Chine
48:38qui font des tests massifs
48:40mais,
48:40pour l'instant,
48:41à ma connaissance,
48:42ils ne sont pas fonctionnels.
48:43Alors,
48:43c'est des trucs qui font
48:44500 kilos,
48:45ça s'installe,
48:46il faut fort bien
48:47les gens qu'on s'en aille dessus.
48:48Enfin,
48:48voilà.
48:49Alors,
48:50un témoignage de Patricia
48:51qui nous dit
48:52« Je suis allé au laboratoire,
48:54on me demande 37 euros
48:55pour un test de sérologie
48:57et on me dit dans le même temps
48:59que pas de symptômes,
49:00pas utiles de tester.
49:02Qu'en pensez-vous ? »
49:05Encore,
49:05ça va être une question
49:08assez compliquée.
49:10Pour l'instant,
49:11je ne sais pas quoi dire
49:12sur le test sérologique
49:13puisqu'on n'est pas sûr encore
49:14de son calibrage.
49:15Mais,
49:15à partir du moment
49:16où on va l'avoir,
49:17on sait que ça marche,
49:20je pense qu'il va être
49:21très important d'une fête,
49:22au contraire.
49:23Parce que si on a une immunité,
49:24alors là encore,
49:25je suis toujours
49:26à dire un truc
49:27et puis à le contredire immédiatement
49:28parce qu'on est dans la limite
49:30de ce qu'on est en train de trouver.
49:32On ne sait pas encore
49:33combien de temps
49:33on va durer l'immunité.
49:34Mais dès qu'on a plus
49:36d'éléments là-dessus,
49:37ce serait intéressant,
49:38évidemment,
49:39de savoir qui est protégé
49:40et qui n'est pas.
49:41Parce que,
49:42si on a des gens protégés,
49:43alors,
49:43en milieu médical,
49:44pour être très concret,
49:45chez nous,
49:45si on se disait
49:46« Voilà, moi,
49:47j'ai cessé de Covid,
49:47je suis protégé
49:49contre le Covid,
49:49je vais aller directement
49:50travailler auprès
49:52des patients Covid,
49:52je suis protégé. »
49:54Ça a un intérêt immédiat
49:55pour nous.
49:55Mais c'est la même chose
49:56dans les boîtes.
49:58Voilà,
49:59ce salarié
50:00est immunisé,
50:02ok,
50:03on peut être tranquille,
50:03on s'occupe des autres.
50:05Lui,
50:05il ne va pas le rattraper.
50:06C'est de la logique
50:07de santé publique,
50:08là aussi.
50:09Pour l'instant,
50:10on ne sait pas
50:10quelle va être la place
50:11de ce test sérologique
50:12puisqu'on n'a pas encore
50:13son calibrage,
50:14on ne sait pas encore
50:15exactement la durée
50:15d'immunité.
50:16Donc voilà,
50:17on est toujours encore
50:18dans la recherche.
50:21Thierry qui vous demande
50:22« S'il vous plaît,
50:23que pensez-vous
50:24de l'utilisation
50:25du ritrovil
50:25sur nos anciens ? »
50:28Alors,
50:28c'est du rivotril.
50:29Rivotril,
50:30pardon.
50:33Ce que je pense,
50:34alors moi,
50:34j'ai entendu
50:35tout et sans contraire.
50:36En tout cas,
50:36je vais donner ma pratique
50:37parce que là,
50:39à un moment donné,
50:39plutôt que de raconter
50:40ce que j'ai entendu
50:41dans les médias
50:42qui me paraissent
50:42extrêmement sujet à caution
50:43parfois
50:44ou de ce qu'on
50:45entend sur les réseaux sociaux
50:46parce qu'on dit quasiment
50:48sur l'assassinat
50:48des personnes âgées,
50:51moi,
50:51personne ne m'a demandé
50:52d'aller assassiner
50:53une personne âgée
50:54ou quand on se met
50:55dans des maisons de retraite.
50:57Ce n'est pas comme ça
50:58que ça s'est passé.
50:59Des patients âgés,
51:00on en a reçu.
51:02Certains qu'on n'a pas mis
51:02en réanimation
51:03parce que,
51:04vu leur état de santé,
51:05les mettre en réanimation,
51:06ils n'avaient aucune chance.
51:07Ils auraient été
51:07prongés de deux jours
51:08dans des...
51:09ce que je n'avais pas rappelé,
51:10de la techno-torture
51:11sans aucune utilité pour eux.
51:12Ça, c'était l'obstination
51:13des raisonnables.
51:14Après,
51:15quand on a une situation
51:16où les patients
51:18sont évalués
51:18par les gériatres
51:20dans les maisons de retraite,
51:21moi, je pense
51:21que la décision...
51:22Enfin, il faut garder
51:23nos réflexes.
51:24On a des décisions
51:25de fin de vie.
51:26Heureusement,
51:27qu'on n'est pas tout le monde
51:28en réanimation sauvage,
51:29mais qu'on a une réflexion éthique.
51:31On a des réflexions
51:32de fin de vie.
51:33Il faut que ça reste collégial.
51:34C'est-à-dire,
51:35c'est pas un smeuriste
51:36qui débute
51:37à 3h du matin
51:38en une maison de retraite
51:38qui est vraiment dit,
51:39voilà, moi, je fais pas ça.
51:41Je veux ou des consignes
51:43qui ont été discutées
51:44avec son médecin gériat
51:45ou son médecin traitant,
51:47son cancérologue
51:48s'il était su par un cancérologue.
51:49Voilà.
51:50Voilà.
51:50Des décisions
51:51qu'on a réfléchies.
51:52Et oui,
51:53dans le cadre de ces décisions,
51:54je suis apte
51:55à mettre
51:55à 3h du matin
51:56en arrivant sur
51:57un patient en détresse
51:59un protocole
52:00de fin de vie
52:00qui va le soulager
52:01et il intervient dans ce contexte.
52:03Et je veux avoir
52:03ce médicament
52:04parce que voilà,
52:04c'est pas possible
52:05de laisser les gens
52:06suffoquer par exemple
52:07alors qu'on sait
52:08qu'on va pas les sauver,
52:09il faut les aider,
52:10les soulager.
52:11Donc ce médicament,
52:12il a sa place là-dedans.
52:13Après,
52:13si c'était pour en faire
52:14des médicaments
52:16qui permettent
52:16de flinguer des gens
52:17pour pas les amener
52:18à l'hôpital,
52:19évidemment,
52:20je vois pas
52:21quel médecin
52:22s'amusera à faire ça.
52:24Vraiment,
52:24je ne vois pas.
52:25Enfin,
52:25parce qu'à un moment donné,
52:26on nous a pu aller
52:27mettre ça
52:27dans le plus
52:29qui va le faire.
52:30Parce que,
52:31enfin,
52:31j'ai des confrères,
52:32gériatres,
52:33je ne les imagine pas
52:34en train de dire
52:35« moi, tu es là, tu vois ».
52:36Au contraire,
52:37il y a des gens
52:37avec qui nous,
52:38on a des difficultés
52:39avec les gériatres
52:39parce que nous,
52:40on n'a pas la même vue qu'eux.
52:41On voit des gens
52:42qui sont en famille,
52:44c'est pour ça
52:44que la décision collégiale
52:45est importante,
52:46très âgée,
52:46plein de pathologies.
52:48Et les gériatres,
52:48ils voient des patients
52:49qui suivent depuis déjà
52:50trois ans.
52:51Mais oui,
52:51on les a déjà sortis
52:52des ronces.
52:53Eux,
52:53ils auraient plutôt tendance
52:54à être,
52:54au contraire,
52:55non,
52:55il faudra absolument
52:56faire quelque chose
52:57pour ce patient.
52:57Et nous,
52:58on est plutôt dans le
52:59« attention là,
52:59on est plutôt
53:00en situation raisonnable ».
53:01Et donc,
53:01je n'imagine pas
53:02que c'est ces gériatres
53:03qui, toute l'année,
53:04disent « allez,
53:05va se débrouiller ».
53:07C'est vraiment comme ça,
53:08ouais.
53:09Ou des discussions
53:10sont très difficiles
53:11et ce n'est pas
53:11que nous,
53:12on va les tuer
53:12et que nous,
53:13on n'a pas le même point.
53:15C'est leur passion
53:15de toute la vie.
53:17Enfin,
53:17ils ne voient que
53:18des personnes âgées
53:19toute la vie.
53:19Donc,
53:19nous,
53:20la vision qu'on a,
53:20c'est « le monsieur,
53:21il est quand même
53:21au bout de sa vie
53:22et eux,
53:22c'est « non,
53:23c'est mon passion,
53:24ils sont tous comme ça
53:30je n'y crois pas ».
53:31Et en tout cas,
53:32on se mûre,
53:33alors que,
53:33d'une,
53:34plutôt,
53:34les gens qu'on appelle
53:35quand c'est le coup du bout,
53:37personne n'est pas pareil,
53:39sauf dans le cadre
53:41d'une réflexion collective
53:43et de directives anti-situ.
53:44Donc,
53:44voilà.
53:46Après,
53:46le rivoterie,
53:47je pense que,
53:48moi,
53:49je pense qu'il faut
53:50qu'on ait plus de capacité
53:51à donner des médicaments
53:53de fin de vie
53:53et de confort
53:54dans les maisons de retraite,
53:56dans les EHPAD.
53:57Parce que,
53:59moi,
53:59ce que je vois plus souvent,
54:01c'est des patients
54:02prêts à mourir
54:04qui sont envoyés
54:06à l'hôpital
54:06parce qu'on ne peut rien
54:07faire sur l'EHPAD
54:08et donc,
54:08ce qu'on fait à ces gens
54:09pour lesquels,
54:10nous,
54:10on ne fera rien à l'hôpital
54:11parce qu'on a déjà
54:12eu la réflexion collective
54:13et ils viennent mourir chez nous,
54:15on les sort
54:15d'un milieu plus confortable
54:17pour les mettre
54:18dans les urgences,
54:20parfois dans des conditions
54:21puisqu'on sait que
54:22les urgences surchargées
54:23ne sont pas admissibles
54:24pour décéder,
54:25pas forcément
54:26avec leurs proches.
54:27Enfin,
54:27voilà,
54:28je ne donne pas
54:29un cas général,
54:29je dis qu'à chaque fois,
54:31il faut avoir la possibilité
54:32de réfléchir
54:33complètement
54:33à ce qu'il y a de mieux
54:34pour les gens
54:35et parfois,
54:35c'est mieux
54:36de rester dans son EHPAD,
54:37d'avoir ses proches
54:38qui viennent vous voir,
54:39d'avoir un médicament de confort,
54:41de se retrouver
54:41dans les urgences
54:42avec des visites limitées
54:44et même pas
54:45ces soignants habituels
54:46autour de soi
54:47parce que là aussi,
54:47les relations dans les EHPAD
54:48entre les soignants
54:49et les personnes âgées,
54:50elles sont fortes
54:51et elles sont différentes
54:52de ce que nous,
54:53on a avec eux.
54:53Nous, on peut plaisanter
54:54aux urgences
54:55avec les personnes âgées,
54:55en fin de vie,
54:56c'est bien compliqué,
54:57mais on ne les connaît pas.
54:59Enfin,
54:59ce n'est pas pareil.
55:00Et donc,
55:01non,
55:01moi,
55:01je pense que
55:02cette logique
55:03de mettre des médicaments
55:03qui prient votre île
55:04parce que ce n'est pas le seul
55:05ou plein de choses,
55:06en EHPAD,
55:07elle est plutôt bonne.
55:08Simplement après,
55:09c'est comment on organise ça
55:11et quelle logique on a.
55:13La logique,
55:13ça doit être une logique
55:14d'humanité
55:14et de faire ce qui est le mieux
55:16pour le patient,
55:17c'est-à-dire
55:17pas d'obstination,
55:18pas de l'euthanasie,
55:20mais le plus grand confort.
55:21Et moi,
55:22je trouve que
55:22les gériatres
55:23nous donnent plutôt
55:24des leçons là-dessus.
55:25Donc,
55:25je suis surpris d'entendre
55:25qu'ils seraient en train
55:26de flinguer leur patient.
55:28Merci pour cette réponse
55:29très concrète.
55:31On a à nouveau
55:32une question précise
55:34de Louloute
55:35qui nous demande
55:35au bout de combien de temps
55:37peut-on retrouver
55:39le goût
55:39et l'odorat ?
55:41Je n'en ai aucune idée
55:43et personne ne le sait
55:44parce que c'est hyper variable.
55:45Vraiment,
55:46on a eu à peu près
55:47tous les cas de figure.
55:49Une infirmière qui a eu ça.
55:51en quelques jours,
55:52elle avait retrouvé.
55:53D'autres,
55:54ça prend des semaines.
55:56Vraiment,
55:57là,
55:57on n'a pas...
55:58Mais c'est ce virus.
56:01Pourquoi on a des gens
56:02qui font des formes asymptomatiques
56:03et d'autres
56:03qui sont en réanimation ?
56:06On n'a pas encore compris
56:07exactement.
56:07Il y a sûrement
56:08un facteur génétique.
56:09On a constaté
56:10que sur les circonstances
56:11Covid,
56:11on avait beaucoup de familles.
56:13Pas forcément
56:13les gens ne compagent pas,
56:14mais les familles.
56:15On dit,
56:15bon sang,
56:15ce n'est pas possible
56:16que toute la même famille,
56:17eux,
56:17fasse une forme symptomatique
56:19et qu'à côté,
56:20il n'y en ait qui ne fassent rien.
56:21Donc,
56:21il y a sûrement quelque chose,
56:23mais pour l'instant,
56:23on ne le sait pas.
56:24On est en train
56:25de chercher ça.
56:27Il y a des recherches
56:29qui se sont faites,
56:29y compris,
56:30sur des facteurs génétiques
56:33assez classiques,
56:34des maladies connectives.
56:37Comment on peut qualifier ça ?
56:38Enfin,
56:39de tout ce qui est lupus,
56:41polyarthrite rhumatoïde.
56:42On essaye de tester tout ça
56:43pour voir si on trouve
56:44des corrélations
56:45avec des gens
56:47qui auraient ces marqueurs,
56:48qui ne font pas forcément
56:48d'ailleurs les maladies,
56:49et l'expression différente
56:51du Covid-19 chez eux.
56:52Mais on est vraiment
56:53dans un cadre de recherche.
56:55Il n'y a personne
56:55qui répondra à ça
56:56pour l'instant
56:57dans le monde,
56:58je crois.
56:59Alors,
57:00ça fait plus d'une heure
57:01maintenant qu'on est...
57:02Enfin,
57:03ça fait une heure
57:03qu'on est en live.
57:05On rappelle que vous sortez
57:06de 24 heures de garde,
57:08donc vous devez être
57:09bien fatigué.
57:11On va peut-être
57:12arrêter ce live maintenant.
57:15C'est un long live
57:16qui a été très suivi
57:18par en permanence
57:19un millier de personnes.
57:20Donc,
57:21on vous remercie tous
57:22d'avoir suivi ce live,
57:23de suivre nos informations.
57:26Je vous propose
57:28d'aller vous reporter
57:28au contenu de l'Humanité,
57:30parce qu'il y a
57:30beaucoup de dossiers,
57:32beaucoup de questions,
57:33de réponses
57:34à vos questions
57:34dans les contenus
57:37de l'Humanité,
57:37notamment en ligne,
57:38que vous pouvez retrouver
57:39sur humanité.fr.
57:41Et puis,
57:42le HitPen,
57:42on va se retrouver bientôt
57:44pour un nouveau direct.
57:48Dès que vous serez
57:49à nouveau à l'hôpital ?
57:52Ça ne va pas être tout de suite.
57:53Parce que là,
57:54je vais être plus
57:55sur la prison
57:55et puis sur un circuit Covid
57:57où je serai habillé
57:58pied en cape
57:59et où ça ne va pas être
57:59possible de faire des vidéos.
58:01Donc,
58:02on verra comment on peut faire.
58:04Pour poursuivre
58:05sur l'Humanité,
58:06merci à l'Human,
58:07parce que c'est aussi
58:08le journal qui a été
58:09le reflet,
58:10c'est le mien,
58:10donc voilà,
58:11j'y suis abonné,
58:12je n'ai pas de scrupules
58:14à le dire,
58:14mais qui a été vraiment
58:15le reflet des lits
58:15qu'on a menés à l'hôpital,
58:16ça faisait du bien
58:17de lire ça.
58:18Et puis,
58:19c'est aujourd'hui
58:20un beau travail.
58:21Alors,
58:21votre journal a été
58:22en vraie difficulté,
58:24on le sait,
58:25ce n'est pas complètement réglé.
58:26Donc là aussi,
58:27il peut y avoir des abonnements,
58:28ça nous permettrait
58:28de continuer à informer.
58:29Je ne sais pas,
58:30j'appelle à ça
58:31parce que vraiment,
58:32beau travail pour ce journal.
58:33Merci aussi.
58:34Eh bien,
58:35merci beaucoup Loïc Pen
58:36et on se dit
58:37à très bientôt alors.
58:39À bientôt,
58:40au revoir.
58:40Au revoir.
58:41Sous-titrage Société Radio-Canada

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