- il y a 20 heures
[CORONAVIRUS] En direct de l'Oise, avec Loïc Pen, médecin urgentiste, le point sur la situation sanitaire en ce lundi 23 mars.
Loïc Pen est médecin urgentiste à Creil (Oise) et membre du collectif national des médecins CGT.
Loïc Pen est médecin urgentiste à Creil (Oise) et membre du collectif national des médecins CGT.
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00:00Bonjour Loïc Pen.
00:01Bonjour.
00:03Donc nous sommes en direct de l'Oise.
00:04Quelle est la situation à ce jour dans l'Oise ?
00:11On aurait pu s'attendre à pire, mais c'est en train d'évoluer.
00:15Jeudi dernier, on faisait le constat qu'on était en tension, mais pas débordé.
00:21Mes collègues qui ont travaillé ensuite me disaient que ça montait, en fait.
00:24Certains que maintenant on avait quand même des problèmes de place et qu'on avait été contraints à confiner des
00:29gens au sein des urgences.
00:31Alors on a appris le décès d'un de vos confrères. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?
00:40Pas personnellement, c'est quelqu'un que je ne connaissais pas.
00:45La difficulté, elle est évidemment d'abord pour sa famille, mais ça c'est une évidence.
00:50Après, elle est aussi pour les équipes soignantes qui travaillaient avec lui.
00:52J'imagine qu'ils l'ont très mal vécu.
00:56C'est quelque chose qui est assez terrible.
01:00Et puis pour ceux qui ne travaillaient pas avec lui, comme moi, ceux qui ne le connaissaient pas,
01:04ça nous renvoie quand même à notre propre mortalité et au fait qu'il ne faut pas prendre à la
01:09légère les choses.
01:10Alors on l'a dit à de multiples reprises, ce virus, ce n'est pas celui qui a la létalité
01:15la plus dramatique à laquelle on pouvait s'attendre.
01:19Mais en même temps, il va toucher beaucoup de monde.
01:21Et donc même une létalité propre du virus, pas monstrueux, sur beaucoup de monde, ça fait beaucoup de morts.
01:27Et les soignants ne sont pas épargnés, ne sont pas des surhommes ou des surfemmes.
01:32Ce ne sont pas les héros invincibles qu'on a pu décrire.
01:35C'est comme tout le monde.
01:36C'est-à-dire qu'ils sont confrontés à la maladie, aux risques.
01:40Et donc il y a un enjeu à ce qu'ils soient particulièrement protégés.
01:44Alors aujourd'hui, on vous retrouve sans la blouse blanche ?
01:48Oui, je suis confiné aujourd'hui parce que je ne travaille pas aujourd'hui.
01:51Donc je suis comme tout le monde en confinement.
01:54Je n'arrête pas de dire qu'il faut le faire.
01:55Je m'applique les mêmes règles à moi-même.
01:58Mais bon, voilà, j'y retourne demain.
02:01Alors demain, je ne serai pas aux urgences, mais je travaillerai en centre pénitentiaire
02:05puisque j'ai une double activité.
02:07Alors concernant les centres pénitentiaires, quelle est la situation ?
02:11On a compris qu'il y avait quand même un peu une ambiance de surchauffe dans les prisons actuellement ?
02:19Après, c'est des gens qui sont déjà emprisonnés.
02:21Donc le confinement, à ma foi, il est plus simple en même temps.
02:25Ça veut dire qu'ils n'ont plus de parloir, ils n'ont plus leur famille.
02:29Ce ne sont pas des choses simples à vivre, l'emprisonnement.
02:34Il faut malgré tout que nous, on continue à apporter des soins à ces patients,
02:38en face de forme détenus, si de toute façon, au-delà des polémiques que j'entends souvent,
02:44quand même, ils sont bien traités.
02:46À titre personnel, la prison, c'est dur.
02:49C'est une sanction.
02:51C'est normal que ce ne soit pas simple, mais qu'on ne pense pas que c'est un hôtel
02:544 étoiles.
02:55Et il est déterminant que ces patients aient les meilleurs soins qu'on puisse apporter
03:01comme au reste de la population.
03:03De toute façon, il faut être clair, si on ne soignait plus,
03:06parce qu'on peut entendre des choses utilisant tous les médecins,
03:09y compris les médecins qui sont à leur poste de travail,
03:12qui sont aux urgences, en ville, dans les prisons.
03:15Si on n'occupait pas les postes qu'on occupe habituellement,
03:18on créerait une catastrophe.
03:19Parce que si les détenus, par exemple, ne sont pas soignés,
03:23finalement, ils iront aux urgences.
03:25Et donc, ils encombreront encore.
03:27Pareil, si les médecins de ville ne s'occupent plus de leur patientèle
03:29pour ne faire que du Covid,
03:30les patients qui habituellement vont mal, vont décompenser, iront aux urgences.
03:34Donc, il faut qu'on garde ce système de soins tel qu'il est fait,
03:40qu'on bête en plus des capacités à voir les patients Covid.
03:45Alors, le médecin génériste en voit beaucoup,
03:46mais on pourrait imaginer, une de mes collègues l'évoquait,
03:50le fait qu'elle, elle est embêtée parce que...
03:53Alors, on peut faire des plages horaires pour voir les patients Covid et non-Covid,
03:56mais ce n'est pas simple.
03:58Mais elle est embêtée parce qu'elle a des patients qui viennent
04:00avec une suspicion de Covid dans son cabinet,
04:02et dans sa salle d'attente, il y a des gens fragiles.
04:04Et donc, elle disait, mais est-ce qu'on ne peut pas organiser,
04:06finalement, un centre de consultation ?
04:08Le médecin généraliste donnerait une journée, chacun pourrait se relayer,
04:11pour ne plus croiser ces populations.
04:13Parce que c'est comme le confinement, c'est ça l'enjeu.
04:16Essayer que les gens qui sont aujourd'hui touchés, positifs au Covid,
04:19ne rencontrent pas les autres, et particulièrement pas les gens fragiles.
04:23Alors, la semaine dernière, jeudi dernier,
04:25nous étions avec vous aux urgences de Creil.
04:28Vous nous expliquiez qu'à ce moment-là, jeudi dernier,
04:32il n'y avait pas tant de monde que ça qui se présentait aux urgences,
04:35et tant mieux, et que vous étiez encore dans une situation relativement calme.
04:42Qu'en est-il depuis ?
04:46Alors, là, c'est indirect, puisque j'ai appelé mes collègues pour savoir,
04:49mais la situation est plus tendue.
04:53Alors, on est toujours sauvés par ce circuit Covid,
04:56qu'on avait évoqué avec Jean-Jacques Pic,
04:57c'est-à-dire la capacité à ce que les patients qui sont suspects d'un Covid
05:02ne soient pas vus aux urgences,
05:03là encore, pour ne pas croiser les gens les plus malades,
05:05mais soient vus sur un circuit dédié,
05:07qui permette qu'on n'étende pas la contamination,
05:10et qu'on prenne en charge avec des gens, on le disait, compétents,
05:14et qui sont revenus assez spontanément aider à la prise en charge.
05:19Des retraités, des libéraux, des médecins,
05:22donc ce n'est pas habituellement le travail,
05:23enfin voilà, on avait évoqué tout ça.
05:25Donc, les urgences sont soulagées de cette partie,
05:27c'est ce qui nous sauve,
05:29et puis c'est une logique de nos contagions.
05:33Au début, on avait beaucoup moins de travail
05:35parce que les patients avaient peur de venir,
05:37alors attention, d'ailleurs, parce qu'un collègue de Compiègne
05:41me racontait qu'ils avaient vu un patient en arrêt cardiaque
05:44qui avait attendu trois jours avec une douleur thoracique,
05:47de peur de venir aux urgences, de peur de la contamination.
05:50Si on a d'autres pathologies, il faut venir aux urgences.
05:53Voilà, ce n'est pas pour les petits bobos,
05:54on est tous d'accord, mais par contre,
05:56quand on n'est pas bien, quand il y a quelque chose d'habituel,
05:58il faut venir.
05:59Donc, ne faisons pas de passer le message qui serait contre-productif
06:02parce qu'on pourrait avoir d'autres choses que le Covid.
06:07Donc, là, on voit que les urgences, ça continue à monter,
06:11et puis ça revient, l'activité.
06:13Et puis, là, comme il y a beaucoup de patients
06:15qui se présentent avec des suspicions de Covid,
06:18on a occupé, en tout cas samedi,
06:19on avait occupé l'ensemble des lits.
06:21Du coup, on les prenait en charge aux urgences en confinement.
06:24Mais il faut bien voir que ça neutralise
06:26un box de consultation quand on fait ça.
06:27Déjà, il y a des risques,
06:29parce qu'on n'aime pas, en effet,
06:31c'est ce qu'on disait, croiser des patients Covid
06:32avec des patients déjà avec des problèmes de santé.
06:35Et puis, on occupe une place
06:37qui n'est pour l'instant plus disponible
06:39pour voir les urgences.
06:40Donc, c'est ça le risque de saturer le système de santé, en fait.
06:44Alors, beaucoup de monde suit ce live,
06:48énormément de personnes suivent ces lives.
06:51On sent qu'il y a beaucoup de questions qui se posent
06:53et énormément de questionnements
06:54qui circulent aussi sur les réseaux sociaux.
06:57Donc, n'hésitez pas, bien sûr,
06:59à poser vos questions en direct dans les commentaires.
07:02Une première question qui vient,
07:04puis on reviendra à la suite du déroulement de cette interview.
07:08Quand on attrape le coronavirus une première fois,
07:11est-ce qu'on a une chance, un risque,
07:13de l'attraper une deuxième fois ?
07:17Alors, oui, c'est possible.
07:19En fait, déjà, je ne suis pas un spécialiste en virologie.
07:22Je l'ai déjà rappelé.
07:23Moi, je vois ce qui se passe sur le terrain.
07:25Je ne fais plus du témoignage.
07:26Je ne vais pas être la sommité scientifique
07:28qui va répondre aux questions.
07:30Je lis, en fait, ce qu'écrivent les chercheurs, les virologues.
07:33Je le retransmets, mais ça évolue.
07:36C'est-à-dire qu'on en apprend de plus en plus.
07:39Les dernières communications que j'ai vues,
07:43c'était de dire, ça a l'air d'être possible.
07:46C'est rare, ça a l'air d'être possible.
07:48On le ferait sûrement de façon moins importante
07:51en étant recontaminé.
07:53On n'a pas de notion de forme grave pour l'instant.
07:57Et ça n'a pas l'air d'être la majorité des cas.
07:59Mais je suis obligé de vous dire
08:01que ça n'a pas l'air, c'est probable, c'est possible
08:03parce que c'est des connaissances qui évoluent.
08:05On a quand même, il faut le rappeler,
08:07c'est un virus émergent.
08:08On ne le connaît que depuis début décembre.
08:10Et début décembre, on n'avait pas bien...
08:11Enfin, voilà, on était vraiment sur la surprise.
08:13Donc, il y a toujours des travaux en Chine
08:16qui nous aident beaucoup.
08:17Et il y a des travaux là, partout en France.
08:19Et puis, nous, sur le terrain, on essaye de récupérer
08:22ce que les virologues, les infectiologues, les chercheurs
08:27nous transmettent des connaissances qu'ils font tous les jours.
08:30Alors, dans les questions qui se posent également,
08:32on entend parler de traitements miracles.
08:35Qu'en est-il exactement ?
08:37De possibles traitements miracles avec...
08:39Arbitration, traitements miracles...
08:40Avec le roquine.
08:41Ça n'existe pas.
08:42Il n'y a jamais de traitements miracles.
08:44Il y a des traitements.
08:45Voilà.
08:45Donc oui, vous faites allusion à l'hydroxychloroquine.
08:49Alors, l'hydroxychloroquine, on a là des signes intéressants.
08:54On a des études qui montrent que ça a une efficacité.
08:57Une efficacité pour l'instant.
08:59Alors, si on parle de l'étude du docteur Didier Raoult,
09:02alors c'est une étude préliminaire.
09:04Elle est très incomplète.
09:04C'est pour ça aussi que ça discute beaucoup autour de cette question-là.
09:11Mais l'utilisation de la roxychloroquine, nous dit qu'il,
09:14baisse la charge virale des patients.
09:17Alors, le problème, c'est que la charge virale,
09:18ce n'est peut-être pas le meilleur indicateur par rapport à leur état clinique.
09:21On a des gens avec peu de charge virale qui font des formes très graves.
09:24Donc, ce n'est déjà pas forcément le meilleur indicateur.
09:26Mais ça a un effet.
09:28Il se passe quelque chose.
09:29En Chine, ils avaient déjà publié, mais pareil,
09:31une étude qui était préliminaire et pas très documentée.
09:34Alors, je ne leur jette pas la pierre, ni à eux, ni à Raoult, à son équipe.
09:38C'est très bien de travailler sur ça.
09:40Mais c'est sûr que dans la période, on ne peut pas faire des grandes études
09:44avec un recul de plusieurs mois, en double aveugle, avec sélection de patients.
09:47Enfin, tout ce qu'on est capable de faire d'habitude, là, on ne peut pas l'avoir tout de
09:51suite.
09:52Donc, après, la question qui se pose,
09:55et elle a été posée par plusieurs confrères et la licite,
09:57c'est de dire, est-ce que sur la base de ces résultats insuffisamment documentés,
10:02forcément, mais forcément, parce qu'on va très vite,
10:05on commence à traiter.
10:07Avec pas de garantie que ce soit très efficace
10:08et des effets secondaires potentiels.
10:11En même temps, ce médicament, ce n'est pas le dernier antiviral
10:16qu'on ne connaît pas du tout, qu'on a sorti il y a un mois,
10:17et on va voir comment ça se passe.
10:19C'est un médicament qu'on utilise depuis très très longtemps.
10:22hydroxychloroquine, ou son, enfin, il y a aussi l'anilakine,
10:26enfin, il y a deux molécules très proches.
10:28Mais c'est des médicaments qu'on utilise en rhumatologie.
10:34Enfin, on les utilise depuis très longtemps.
10:35On connaît bien, finalement, leur profil de risque.
10:38Ça, c'est vrai.
10:40Donc, on peut avoir une utilisation raisonnée de ces médicaments.
10:43Alors, il ne faut pas, comme ça, penser que ça va tout régler.
10:45Déjà, on n'en est pas sûr du tout.
10:47Mais pour l'instant, on n'a rien.
10:48Donc, on peut commencer à traiter.
10:50D'ailleurs, certains hôpitaux l'ont déjà fait.
10:52Moi, j'ai reçu un protocole d'un hôpital du Nord.
10:54Il y avait déjà le plaquénil, donc, chloroquine, dans le protocole.
11:00On peut le faire, mais il faut bien être prudent quand même.
11:03En médecine, il faut toujours être un peu prudent.
11:05Ce serait bien que ça se fasse à l'hôpital pour vérifier les effets secondaires.
11:11Enfin, on ne peut pas distribuer ça comme ça de façon massive dans la population sans aucun contrôle.
11:16Il y a des effets secondaires potentiels.
11:17Donc, il faut bien quand même qu'on mesure le rapport bénéfice-risque.
11:21Et puis, on ne sait pas encore vraiment les félicités.
11:25C'est tout simplement.
11:26Donc, je pense qu'on peut commencer à traiter en milieu hospitalier.
11:30C'est quelque chose qui doit commencer à se réfléchir et continuer les études.
11:34Parce que voilà, on est tous un peu pris par le temps.
11:37Donc, c'est vraiment une question de rapport bénéfice-risque.
11:39Ce n'est pas un miracle.
11:40Ce n'est pas un traitement qui a tout solutionné.
11:42C'est une très bonne première prise.
11:44Et on doit remercier les gens qui travaillent là-dessus.
11:46Voilà.
11:47Parce qu'il ne faut pas...
11:48Enfin, on voit que ça fait polémique.
11:49Alors, on peut toujours discuter, les méthodes un peu hétérodoxes, les approximations, les rapides.
11:54Mais dans la période où on n'a pas le temps, c'est compliqué de faire autrement.
11:58Donc, continuons à chercher.
12:01Et d'ailleurs, il y a plein d'équipes.
12:02Le Plaquenil a été rajouté dans un des bras de l'étude nationale.
12:06Il ne faut pas négliger ça.
12:07Parce que ce serait bien qu'on ait des retours très documentés.
12:11En même temps, ça ne nous empêche pas, sur de premiers résultats, même imparfaits,
12:16de commencer à se dire, bon, essayons.
12:19Essayons parce qu'on n'a pas grand-chose d'autre.
12:21Mais ça ne peut pas être...
12:23J'ai vu un titre de vidéo qui disait,
12:27on a le médicament et on ne nous le donne pas, c'est un meurtre.
12:31Non.
12:32Si on avait tous la certitude, on le donnerait.
12:36Là, on est dans l'incertitude avec peut-être une chance.
12:38Donc, commençons à exploiter cette chance et continuons à travailler.
12:41Voilà.
12:42Il faut vraiment raison garder sur ces questions-là.
12:44Parce qu'il n'y a pas de complot.
12:46Il y a quelque chose qui sort avec...
12:48Voilà.
12:50Un professeur de Marseille, Didier Raoult,
12:53qui est quelqu'un, par ailleurs, qui a été beaucoup décrié.
12:55Parce que c'est un personnage, quoi.
12:57Donc, c'est vraiment un personnage...
12:59Je vais le qualifier d'hétérodoxe.
13:01Mais, voilà, ce n'est pas non plus un illuminé
13:08qui ne s'en tirait de nulle part.
13:10C'est quelqu'un qui est un chercheur.
13:12Même si, après, oui, le personnage est très haut en couleurs.
13:15Donc, essayons d'être à chaque fois dans la raison.
13:20Et puis, tentons, parce que ça a déjà commencé,
13:22d'utiliser le plaquette mille.
13:24Là, on peut le faire.
13:25Alors, une question qui revient dans les commentaires,
13:27notamment de la part de Sonia,
13:28qui demande, après combien de temps,
13:30quand on est atteint par le Covid-19,
13:33a-t-on les premiers symptômes ?
13:35Au bout de combien de temps ?
13:36Alors, on a déjà discuté cette question-là,
13:38mais c'était...
13:40Là encore, on est en pleine évolution.
13:43On nous dit que l'incubation serait de 2 à 12 jours,
13:47peut-être de 2 à 14 jours,
13:48ou la quatorzaine,
13:49avec un pic à 5-6 jours.
13:52Mais là encore,
13:53nos connaissances évoluent tout le temps.
13:55Tout le temps, tout le temps.
13:56Parce que c'est rare qu'on ait autant de recherches,
13:59autant de réponses, même,
14:01sur un virus émergent aussi récent.
14:04Alors, évidemment,
14:05c'est parce que toute la communauté scientifique
14:06s'est mobilisée pour nous aider
14:09à y voir plus clair.
14:12Mais la science, normalement,
14:14c'est un peu long.
14:15Habituellement, voilà,
14:16des recherches,
14:17on fait sur le temps.
14:18Là, c'est un peu le temps court.
14:20Donc, avec des choses qu'on dit,
14:24qu'on modifie quelques jours après,
14:26parce que, ben voilà,
14:26c'est pas ce qu'on avait prévu.
14:28Donc, c'est vrai que ça donne des fois
14:30des sentiments de cafouillé un peu.
14:33Alors, c'est parce que, voilà,
14:35si on avait à chercher sur le coronavirus,
14:37il y avait des équipes qui cherchaient,
14:39qui étudiaient le coronavirus,
14:41qui ont vu leur crédit coupé
14:42il y a quelques années
14:43parce qu'il n'y avait plus de sous.
14:45Voilà, ça, ben,
14:46sauf que c'est désolant.
14:48J'en suis vraiment...
14:50Je peux en être fâché,
14:51mais sauf que ça ne change rien aujourd'hui.
14:53Là, on est quand même dans une situation
14:54où on essaye tous de trouver un truc
14:56et puis de prendre les choses au mieux.
14:59Alors, on comprend bien,
15:00vous agissez avec les moyens
15:01dont vous disposez.
15:02Qu'en est-il des masques,
15:04de la question des masques
15:05et de leur utilisation aujourd'hui ?
15:07Les masques, alors,
15:08on avait déjà posé cette question,
15:09ce premier-là,
15:10en me disant,
15:10est-ce que ça sert à quelque chose,
15:11les masques ?
15:12Ma réponse était,
15:14non, ça ne sert à rien,
15:15sauf les masques FFP2.
15:17En fait, il faut bien comprendre
15:18parce qu'on ne pose pas toujours bien la question.
15:21Le masque chirurgical,
15:23qui aujourd'hui est plutôt disponible,
15:25même si, visiblement,
15:27on n'en a quand même pas assez,
15:28j'y reviendrai,
15:29le masque chirurgical,
15:31individuellement,
15:31n'est pas une réponse.
15:32Ce n'est pas un masque protecteur,
15:33c'est un masque anti-projection.
15:36Donc, on ne va pas être protégé
15:38d'un patient
15:40qui n'aurait pas de masque,
15:41qui nous crache dessus
15:42si on a un masque chirurgical.
15:44Par contre,
15:44si on est malade
15:45et qu'on a ce masque chirurgical,
15:46les grosses gouttelettes
15:47qui sortent aux éternuements,
15:49aux expectorations,
15:49sont arrêtées par ce masque.
15:51Et donc,
15:52on ne va pas contaminer les autres.
15:54Par contre,
15:54les petites gouttelettes
15:55à distance,
15:5650 cm,
15:58qui sont un peu pulvérisées
15:59ou qui sont aérosolisées,
16:01passent ce masque.
16:02Donc, on est contaminé.
16:03Voilà, c'est ça
16:04la problématique du masque chirurgical.
16:05Le FFP2,
16:06c'est un masque protecteur.
16:07Alors, pourquoi on dit
16:09il n'en faut pas à tout le monde ?
16:10On pourrait en mettre à tout le monde.
16:13Mais pour l'instant,
16:14on n'en a pas.
16:15On n'en a pas
16:16et ils sont comptés
16:17dans les hôpitaux.
16:18C'est-à-dire qu'on les utilise
16:18avec vraiment parcimonie.
16:19Parce que moi,
16:21j'en ai utilisé un
16:21dans ma dernière garde.
16:23Je ne l'ai gardé pas de 4 heures.
16:24Normalement,
16:25ça change toutes les 4 heures.
16:26Après, l'utilisation que j'en fais,
16:27c'est que je le mets derrière
16:29quand je fais autre chose
16:32parce que moi, je lance mur,
16:34je me déplace en voiture.
16:36Je ne garde pas en attendant le masque
16:37pour aller voir le patient.
16:38Quand je vois le patient,
16:39je le mets.
16:40Quand je vais y faire,
16:41je l'enlève.
16:42Voilà, pour l'utiliser
16:43le plus longtemps possible
16:44parce qu'on n'en a pas beaucoup.
16:45Donc, après,
16:47la question qu'on pourrait se poser
16:49sur les masques,
16:50mais les masques chirurgicaux,
16:52leur utilisation pourrait être
16:54une protection collective.
16:55Ce n'est pas une protection individuelle,
16:57mais ça pourrait être
16:58une protection collective
16:58parce qu'en effet,
16:59si on en met sur la tête de tout le monde,
17:01tous ceux qui toussent
17:03et qui sont contaminés
17:04ne vont pas contaminer les autres
17:05et on s'auto-protège
17:06tous les uns des autres.
17:07Mais ça ne peut pas être
17:08une logique individuelle.
17:09Ça ne marche pas
17:09pour ces masques-là.
17:10Sinon, c'est en effet un FFP2,
17:12mais je l'ai dit,
17:13le FFP2, on en manque.
17:14Et puis, le FFP2,
17:16il y a une réalité,
17:17c'est que c'est quand même...
17:18ça doit être bien posé,
17:20fixé, là,
17:21on appuie sur le nez
17:22pour que ce soit hermétique
17:23parce qu'on respire au travers.
17:24C'est assez pénible
17:25à porter au long cours quand même.
17:28Et pourquoi ?
17:29Après, pourquoi on manque
17:30de ces masques FFP2 ?
17:32On en avait des centaines de milliers.
17:35C'est ce qui avait été commandé
17:36pour le H1N1.
17:37Alors, à l'époque,
17:38on a dit,
17:39on en a trop fait,
17:40on en a trop commandé,
17:41ça a coûté cher
17:41pour pas grand-chose.
17:42Du coup,
17:43il y a eu une...
17:44c'est 2011,
17:45j'ai lu que c'était 2011,
17:46David Bertrand,
17:47qui était à l'époque
17:48ministre de la Santé,
17:49qui a dit,
17:49on ne les renouvelle pas.
17:51Ça a été confirmé
17:52par les autres
17:52ministres de la Santé,
17:53Marisol Thorel
17:54et puis Agnès Buzyn.
17:56Donc, ces stocks
17:57ont été arrêtés.
17:58On a fait le choix
17:59de n'acheter que des masques
18:00de protection.
18:00Je pense que c'est une erreur.
18:03J'espère...
18:04Enfin, il semble
18:05que ce soit une logique économique
18:06qui ait guidé ces choix.
18:07Donc ça, c'est quand même
18:08extrêmement inquiétant.
18:09Mais en tout cas,
18:10on pourra revoir ensuite
18:12pourquoi, comment.
18:14Le fait est qu'il n'y a plus
18:16de stocks de masques FFP2.
18:17Et donc là,
18:17on est en train de courir
18:19pour en recommander.
18:20Alors, nous annonçons
18:21que les commandes
18:22ont été passées.
18:23Alors, elles ont été passées
18:24sûrement tardivement
18:24parce que, visiblement,
18:26c'est assez récent,
18:27ces commandes.
18:27On n'a pas anticipé du tout.
18:29Là encore,
18:30on va pouvoir polémiquer.
18:31J'ai lu plein de choses,
18:33des appels à la vengeance.
18:36Bon, polémiquons,
18:37mais plus tard.
18:37Là, de toute façon,
18:39concrètement,
18:40il faut travailler
18:40pour que les entreprises
18:43fournissent ces masques FFP2.
18:44Je pense qu'il y en a
18:46des entreprises
18:47sur notre territoire
18:48qui seraient de les fabriquer.
18:49Donc, voilà.
18:49D'ailleurs,
18:50ce serait bien
18:50d'arrêter de délocaliser.
18:51J'ai vu qu'on voulait fermer
18:52une usine qui produisait,
18:54la dernière usine
18:55qui produisait
18:55une bouteille d'oxygène
18:56en France.
18:57Quand même,
18:57on cherche les problèmes.
19:00Gardons quand même
19:01des vraies capacités
19:02à produire
19:04nos appareils de santé
19:05et nos médicaments
19:06sur le territoire.
19:09ça, j'ai été un peu sidéré.
19:11Dans la période,
19:13continuer à dire
19:13qu'on va la fermer,
19:14non.
19:17Si le patron de cette entreprise
19:18veut la fermer,
19:19très bien,
19:19nationalisons-la,
19:20récupérons-la.
19:21Et voilà,
19:22ça doit être un bien commun,
19:23très utile.
19:24Mais en tout cas,
19:25il faut vraiment,
19:25s'il y a une leçon à retirer,
19:27c'est qu'il faut qu'on ait
19:28les capacités
19:29à répondre à nos besoins
19:30sur les territoires.
19:32pour qu'on ne soit pas dépendant
19:34de containers
19:35qui arrivent
19:36et qui mettent un temps fou,
19:38même avec des pratiques
19:40extrêmement douteuses.
19:41J'ai vu qu'un pays
19:42de l'Est
19:44avait réquisitionné
19:45des masques
19:45et des respirateurs
19:46destinés à l'Italie.
19:47Au passage,
19:48on arrive à des comportements
19:49qui ne sont pas admissibles.
19:51Donc voilà,
19:52là,
19:53les masques FFP2,
19:54il faut absolument
19:55que les gens au contact
19:56des patients les aient.
19:58Tout d'abord,
19:58le personnel soignant,
19:59plus largement,
20:01ceux qui sont
20:02en contact
20:02de beaucoup de public,
20:04il faudra vraiment faire ça.
20:05Et puis après,
20:06il y a une réflexion
20:06à se poser
20:06sur des masques
20:07sur la figure de tout le monde.
20:09Pas, je vous l'ai dit,
20:09pour une protection individuelle,
20:10mais pour une protection collective.
20:13Pour l'instant,
20:14il se semble
20:14qu'on n'est pas la capacité
20:15à le faire.
20:16On n'a pas la capacité
20:17en nombre de masques.
20:19Donc là aussi,
20:20il y a des questions
20:20à se poser.
20:21Puis après,
20:23j'ai entendu
20:23des polémiques
20:24sur l'isolement,
20:25enfin,
20:25sur le confinement,
20:28en disant,
20:29ben voilà,
20:29on a le...
20:30C'était beaucoup rattaché
20:31à l'hydroxychloroquine.
20:33On a le traitement,
20:34ben il faut tester
20:35tout le monde
20:35et puis traiter les patients
20:37et il n'y a plus besoin
20:38de confinement.
20:39Sur le papier,
20:39le raisonnement se tient.
20:41Si on avait un traitement,
20:43donc on est sûr
20:44qu'il est efficace,
20:44il faut absolument
20:46tester tout le monde.
20:47Les tests,
20:48c'est encore un problème,
20:48on y reviendra.
20:49Je pense qu'il faut tester
20:49beaucoup plus largement
20:50qu'on ne le fait.
20:51Mais si on avait un traitement,
20:52on teste,
20:53on traite
20:53et puis ceux qui sont malades
20:55restent à la maison
20:56le temps du traitement,
20:56les autres peuvent sortir.
20:57Sauf qu'on n'en est pas là.
20:59On n'en est vraiment pas là.
21:00Le confinement,
21:00ça reste essentiel
21:01parce que pour l'instant,
21:02on a ça.
21:03C'est-à-dire qu'on a
21:04un traitement peut-être,
21:06voilà,
21:07on va l'essayer,
21:08on est déjà en train
21:09de l'essayer,
21:09mais on n'a pas
21:10de certitude
21:11sur sa totale efficacité,
21:13sa totale inocuité.
21:15On n'a pas assez de tests.
21:18Alors les tests disaient
21:18qu'il faudrait sûrement
21:19tester plus
21:20parce que j'entendais
21:21un de mes confrères,
21:22mais il a raison,
21:23qu'il disait
21:24quand on vient
21:25avec des symptômes
21:27de coronavirus,
21:27c'est qu'on n'est pas testé.
21:29On est moins attentif.
21:32On est moins concerné
21:33parce que ça peut être
21:34tout et n'importe quoi.
21:35Alors quand on est testé
21:36et qu'on sait
21:37qu'on a le coronavirus,
21:37on fait attention
21:38au sien encore plus.
21:40On sait que là,
21:40on est dangereux.
21:42Et finalement,
21:42les mesures barrières
21:44pour continuer
21:44à les appliquer,
21:45le lavage des mâts,
21:49la distance,
21:51tout ça est mieux appliqué
21:52si on sait qu'on l'a.
21:53Donc de toute façon,
21:54ça devrait le coup
21:54de tester.
21:55Et puis si on découvre,
21:57si on se met d'accord
21:59sur un protocole
22:00de traitement,
22:01il faudra de toute façon
22:01tester parce qu'on ne va pas
22:02donner des médicaments
22:04comme ça à la veuve.
22:05Là, le bénéficier
22:06ne sera pas bon.
22:07On aurait beaucoup
22:07d'effets secondaires
22:08pour peu de résultats.
22:08Il faut traiter
22:09les patients
22:09qui sont malades,
22:10évidemment.
22:11D'accord.
22:12Donc sur les tests,
22:14il n'y en a pas
22:14pour tout le monde.
22:15Il y a des questions
22:16qui reviennent.
22:17À quand les tests ?
22:17Quand est-ce que ça va arriver ?
22:19J'ai le cancer du poumon,
22:20ai-je droit à un test ?
22:24On gère la pénurie
22:25en fait en ce moment.
22:27Oui, on adapte notre stratégie.
22:29Je pense à une gestion
22:31de pénurie.
22:31Ce n'est pas, je pense.
22:33Je suis vraiment persuadé.
22:35On aimerait bien
22:36faire des tests
22:37parce que tout de suite,
22:38on peut répondre aux gens
22:39et puis on peut savoir
22:40vraiment qui isoler
22:41de façon très importante
22:44ou pas.
22:46Mais pour l'instant,
22:47la capacité des tests,
22:49je ne sais pas si ça évolue
22:51parce que tout bouge
22:52très vite quand même.
22:53mais jeudi,
22:55on me disait
22:55qu'il y avait 27 tests
22:56disponibles dans la journée
22:57pour l'hôpital de Creil.
22:58C'est insuffisant,
22:5927 tests.
23:02Il faudrait qu'en effet,
23:03on soit capable de tester.
23:04Pour ça,
23:04il faut mettre en place
23:07les capacités
23:08à ce que nos machines
23:09de PCR testent
23:10le coronavirus.
23:11Je ne sais pas
23:11où on en est de ça.
23:12Je ne suis pas biologiste
23:13non plus.
23:14Vous ne pouvez pas.
23:16C'est compliqué
23:17parce que vos questions
23:18sont très vastes
23:19et concernent
23:19plusieurs spécialités.
23:20Le médecin,
23:20on ne sait pas tout.
23:21je ne sais pas tout.
23:22Je vais prendre en charge
23:23l'urgence.
23:24Mais en tout cas,
23:25quand je pose la question
23:26à mes collègues,
23:27pour l'instant,
23:28on n'a pas les capacités
23:29à le faire.
23:29Là encore,
23:30il y a sûrement
23:31de l'imprévoyance
23:32parce que je vois
23:33quand même
23:34la capacité
23:35qu'ont eu certains pays,
23:36la Corée étant le modèle
23:37visiblement là-dessus,
23:38à tester massivement
23:39les gens
23:40et puis justement
23:41à appliquer des méthodes
23:41de confinement
23:42à ceux qui étaient positifs.
23:45ça s'est révélé efficace.
23:46Donc il faut
23:47qu'on apprenne
23:48dans des autres pays
23:49et tout ce qui concerne
23:51les pays asiatiques
23:51qui ont été
23:52les premiers touchés
23:52sont des mines
23:54d'enseignement
23:55sur ce qu'on peut faire.
23:57Donc oui,
23:58je pense qu'il faut
23:58tester massivement.
23:59Pour l'instant,
24:00on le fait
24:01avec les tests qu'on a.
24:03Nous, après,
24:03voilà,
24:04je ne suis pas
24:05ministre de la Santé,
24:07sûrement un jour,
24:08franchement.
24:10Il n'y a pas de chance.
24:11Il n'y a pas de chance.
24:12Mais voilà,
24:13le ministre de la Santé actuelle,
24:14c'est son boulot,
24:15ce n'est pas le gain.
24:15Moi, ce que je vois,
24:16c'est que je suis
24:17dans un hôpital,
24:18dans des urgences
24:19ou demain à la prison.
24:21J'ai un nombre
24:21de tests possibles.
24:23Eh bien,
24:23on va essayer
24:24de trouver, nous,
24:26une méthode
24:26pour voir
24:27qui il faut tester absolument,
24:28ce qui va être
24:28le plus rentable.
24:29Donc les patients
24:30qui, en effet,
24:31ont des pathologies associées
24:33qui présentent des signes,
24:34déjà,
24:34parce qu'on ne va pas tester
24:35là des gens
24:36qui n'ont pas de signes.
24:37Mais des patients
24:38qui présentent des signes
24:38et qui ont des pathologies associées,
24:39là, on va quand même aller tester
24:41parce que ceux-là
24:42ont plus de chances
24:42de faire une forme grave.
24:43On va être à peu près sûr
24:44parce qu'on va sûrement
24:45les garder.
24:46Donc s'ils sont négatifs,
24:47on peut les renvoyer.
24:48S'ils sont positifs,
24:48il faut les garder.
24:49On va plus tester
24:52le personnel soignant
24:54parce qu'ils sont en contact
24:55avec beaucoup de gens fragiles
24:56et eux,
24:57s'ils sont positifs,
24:57il faut qu'on le sache
24:58parce qu'il y a
24:59des mesures d'éviction
25:00à prendre.
25:01D'ailleurs,
25:01c'est une vraie inquiétude,
25:02ce personnel soignant
25:03qui se contamine
25:03parce qu'ils sont
25:06potentiellement dangereux
25:07pour leurs propres patients.
25:08Ils sont tous extrêmement
25:09conscients d'ailleurs,
25:10ils font très attention
25:10à ce sujet.
25:12Et deux,
25:13si on les met à la maison,
25:14c'est nos services
25:15qui ne tournent plus.
25:16C'est nos équipes
25:17qui sont amputées
25:18de ces professionnels
25:19et puis on va avoir
25:20une difficulté.
25:21D'où la protection
25:22vraiment nécessaire
25:23de ces équipes de santé.
25:26Très larges,
25:27les équipes de santé,
25:27parce qu'y compris
25:28les gens qui font
25:29de bionettoyage,
25:30s'ils ne sont pas là,
25:31on s'en évite rendu compte.
25:32On était dans une difficulté
25:33terrible.
25:34Donc voilà,
25:35ces tests,
25:36pour l'instant,
25:37c'est des stratégiques.
25:38qui vont être mis en place.
25:40Et puis,
25:40on se rend compte
25:41qu'on a,
25:43c'est pareil,
25:43on ne pourra pas le faire
25:44à tout le monde
25:44parce qu'on n'a pas
25:45des machines,
25:46mais le scanner thoracique
25:48est sûrement encore
25:49plus discriminant
25:50que le test.
25:50Parce que les images
25:51sont vraiment
25:53faciles à repérer
25:54de pneumopathie interstitielle
25:55sur un scanner.
25:57Donc voilà,
25:58on est en train
25:59d'inventer,
25:59en fait.
26:00Un panel de possibilités
26:02en fonction des moyens
26:03dont vous disposez.
26:04Ah oui,
26:04c'est un très escro-dar.
26:05Il faut dire,
26:07c'est bien fait.
26:09Alors,
26:10concernant les gens
26:11qui continuent
26:11à aller au travail,
26:12on est confronté
26:14à un certain nombre
26:15de questions.
26:16Par exemple,
26:17un témoignage
26:17qui nous vient
26:18de Toulouse.
26:19donc une personne
26:20dont la femme
26:22est actuellement
26:23au lit
26:23depuis une semaine
26:24avec 38 à 42 fièvres
26:28qui n'a pas
26:29de signes graves
26:30donc pour le moment
26:30reste à la maison
26:31mais à qui
26:33le SAMU au téléphone
26:34dit oui,
26:34vous avez certainement
26:35le coronavirus
26:36mais bon,
26:36on ne peut pas vous tester
26:37donc c'est une suspicion.
26:40Et donc lui,
26:41donc le mari
26:41qui est cuisinier
26:44dans un Ehpad,
26:46sa direction lui dit
26:47ben non,
26:48puisqu'il n'est pas testé,
26:50elle n'est pas testée,
26:51continuez à venir travailler.
26:53Qu'est-ce que vous en pensez ?
26:55Je suis pour le fait
26:56qu'on applique un minimum,
26:57enfin on nous rebat
26:58les oreilles
26:58toute l'année
26:59avec le principe
26:59de précaution
27:00toute l'année
27:01et sur des choses
27:02des fois où
27:03franchement
27:04on abuse
27:05et là tout à coup
27:06on m'oublie.
27:09Il faudrait arrêter
27:10d'aller dans tous les sens.
27:11Je veux dire,
27:11c'est quand même
27:13une patiente
27:14qui a des signes,
27:15on ne peut pas la tester,
27:16ce n'est pas sa faute.
27:17elle est probablement
27:18atteinte du Covid,
27:19on ne va pas balader,
27:21vraiment c'est une très
27:22mauvaise idée
27:22d'aller balader son mari
27:23dans un Ehpad
27:24parce que c'est là
27:24où on a tous les patients
27:25qui vont faire
27:26des formes graves potentielles.
27:27Donc moi ça me paraît
27:29un peu hallucinant
27:29comme façon de faire
27:31mais de toute façon
27:32on n'est pas bon
27:33sur ce confinement.
27:34Pour l'instant
27:35je disais
27:35qu'on n'a que ça.
27:36Moi je demande
27:38vraiment super
27:38qu'on ait un traitement
27:39et qu'on puisse
27:40arrêter ce confinement.
27:41Moi-même
27:42ça me gave
27:43de rester à la maison,
27:44c'est normal.
27:45pour l'instant
27:45il faut le respecter
27:46parce qu'on n'a vraiment
27:47plus ça.
27:48Et j'ai du mal
27:48à comprendre
27:49qu'il y a encore
27:50des activités
27:50non essentielles
27:52qui tournent.
27:53J'ai du mal
27:53à comprendre
27:54la sortie
27:54de la ministre
27:54Pénicaud
27:55qui explique
27:56aux gens du BTP
27:57que quand même
27:58les tirs au flanc
27:59ce n'est pas l'État
27:59qui va payer.
28:01S'il n'y a pas
28:01d'urgence
28:02à finir les bâtiments
28:03mais que ces gens
28:03restent chez eux.
28:05Ce n'est pas une question
28:05de tirs au flanc
28:06c'est une question
28:06de logique sanitaire.
28:08Rien compris
28:08cette dame-là
28:09je crois.
28:09Donc à un moment donné
28:11il y a des jeunes confrères
28:13qui ont fait un appel
28:14alors
28:16les jeunes sont
28:17souvent plus pragmatiques
28:18qu'on fait un appel
28:19à un confinement
28:21plus dur
28:22en fait
28:22en ne préservant
28:23que les activités essentielles.
28:25Je pense qu'ils ont raison.
28:26Tant qu'on n'a pas
28:27trouvé un traitement
28:28tant qu'on n'a pas
28:29des tests
28:29de façon massive
28:30c'est la seule solution.
28:32Et enfin voilà
28:33c'est limiter
28:34tout ce qu'on disait
28:35le passage de ce virus.
28:37On aura sûrement
28:38des contaminations
28:39à la fin
28:41sensiblement
28:42dans le même nombre.
28:43Enfin voilà
28:43mais par contre
28:44et je l'ai répété
28:45si c'est 1000 patients
28:47qui sont contaminés
28:48qui arrivent
28:48aux urgences de crée
28:49parce que
28:50l'hôpital de crée
28:51il faut que les urgences
28:52c'est tout l'hôpital
28:53qui est mobilisé
28:54sur cette question-là
28:55mais qui arrivent
28:55à l'hôpital de crée
28:56on ne peut pas
28:56les prendre en charge.
28:58Si les mêmes 1000 patients
28:59arrivent sur 20 jours
29:00et que c'est 50 par jour
29:01on peut les prendre en charge.
29:02Voilà
29:02c'est tout bête
29:03à comprendre.
29:04Il ne faut pas
29:05saturer le système de soins
29:06enfin vraiment
29:07parce que
29:07il y a beaucoup de formes
29:09qui sont bénignes
29:10il y a des formes
29:13plus sévères
29:13il y a des formes très graves.
29:15Les formes sévères
29:16on a les capacités
29:18si on les prend bien en charge
29:18de régler le problème
29:19l'essentiel
29:20des formes très graves
29:22aussi
29:22si on a les bides réanimations
29:24l'essentiel
29:24pas toutes.
29:26Par contre
29:26si tout le monde arrive
29:27en même temps
29:28on ne pourra pas prendre
29:28les formes graves
29:29et les formes très graves
29:30parce qu'on sera saturé
29:31et là
29:32c'est là qu'on va faire exploser
29:35le confinement
29:36et ce moyen pour l'instant.
29:38Je crois que ça a coupé.
29:40Non ?
29:40Non, non, ça va
29:41ça continue.
29:43Bon
29:44ça continue.
29:45Et ce moyen pour l'instant
29:46en attendant
29:46d'autres solutions
29:47thérapeutiques.
29:49D'accord
29:49donc on peut peut-être
29:50s'arrêter là-dessus
29:51merci beaucoup.
29:52donc on le rappelle
29:54confinement
29:55le plus strict possible
29:57vous soutenez
29:59l'appel
29:59de vos jeunes confrères
30:00à un confinement strict
30:02pour protéger
30:04en premier lieu
30:04le personnel soignant
30:06et faire en sorte
30:07que l'épidémie
30:07ne prenne pas
30:09plus d'envergure
30:10plus rapidement
30:10et de manière
30:11incontrôlée.
30:13Deuxièmement
30:13sur l'utilisation
30:14des masques
30:15ce que vous dites
30:16c'est
30:16il faut aussi
30:17la réserver
30:17en priorité
30:19aux soignants
30:19l'utilisation des masques
30:20puisque pour le moment
30:21il n'y en a pas assez
30:22FFP2
30:25et essentiellement
30:26l'utiliser
30:27quand on est malade
30:29le port de masque.
30:29Oui ça par contre
30:30je comprenne bien
30:32si on n'est pas
30:32la capacité aujourd'hui
30:33d'avoir une stratégie
30:34de masquer toute la population
30:35parce qu'on manque de masques
30:36par contre
30:37tous les patients
30:38qui sont malades
30:39ou qui toussent
30:39doivent avoir
30:40des masques chirurgicaux
30:41parce que là
30:41eux tout de suite
30:43ils protègent
30:43tous les gens
30:44qui sont autour d'eux
30:45par le blocage
30:47des projections.
30:48Voilà
30:48donc vous en appelez
30:49aussi
30:50à une action
30:51plus coordonnée
30:53plus claire
30:53de la part du gouvernement
30:54c'est ça
30:55concernant les mesures prises
30:57des moyens
30:58qui sont promis
31:00mais qui mettent
31:00un peu du temps
31:01à arriver
31:04peut-être
31:05une toute dernière question
31:06concernant cet hôpital
31:08militaire
31:09de campagne
31:10qui a été mis en place
31:11dans l'Est
31:12est-ce que c'est
31:13une bonne mesure
31:14est-ce qu'il en faut d'autres
31:15qu'est-ce que vous en pensez ?
31:17Oui c'est une bonne mesure
31:18tout ce qui pourra
31:19être rapporté
31:20pour aider
31:22particulièrement en Alsace
31:22où là
31:24leur capacité d'accueil
31:25a été débordée
31:25par le nombre de patients
31:26c'est typiquement
31:26ce qu'il faut réussir
31:28à éviter partout
31:29c'est pas simple
31:30parce qu'on sait pas trop
31:31où on en est encore
31:33du pic
31:34si on est au début
31:35un tiers de la cour
31:36presque en haut de la cour
31:37sûrement pas
31:37presque en haut de la cour
31:38on a sûrement une vague à venir
31:41mais tous les moyens
31:42qui peuvent être utilisés
31:43y compris le système
31:45de santé de l'armée
31:46sont les bienvenus
31:47mais vraiment
31:48mobilisons
31:49et d'ailleurs
31:50il faut vraiment essayer
31:51de
31:52faudrait une logique de tri
31:54sur ces grands centres
31:56alors je sais pas si on a
31:57la capacité à le faire
31:58aujourd'hui
31:58on a quand même été
32:00enfin voilà
32:01c'est pas d'aujourd'hui
32:02qu'on parle des
32:02certifications médicales
32:03de manque de médecins
32:05parce que voilà
32:05c'est des années
32:06qu'on a ce problème
32:07et qu'on n'y répond pas
32:08donc pourtant
32:09il faudrait qu'on soit
32:10capable de faire
32:10des centres de consultation
32:11un peu déportés
32:12où on verrait
32:13tous les patients Covid
32:13où on pourrait orienter
32:15ceux qui doivent aller
32:15à l'hôpital
32:16à l'hôpital
32:16ou on pourrait renvoyer
32:17en ville
32:18alors pourquoi déporter
32:19parce que
32:20là encore
32:21je l'ai dit tout à l'heure
32:21mais sauf à réserver
32:24des plages de consultation
32:25bien précises
32:26pour les Covid
32:26et c'est pas facile
32:27dans un cabinet de ville
32:28il y a quand même
32:29un vrai danger
32:30à ce que
32:32les patients Covid
32:33viennent dans les salles d'attente
32:34des médecins
32:35là où il y a
32:36des patients fragiles
32:37alors on n'a pas rien fait
32:39il y a
32:40là encore
32:41on peut les rappeler
32:42mais
32:42la sécurité sociale
32:44a mis en place
32:46des arrêts de travail
32:47pour les patients en ALD
32:49il suffit d'aller
32:50sur le site amelie.fr
32:51ils ont mis ça
32:52c'est très bien
32:53et ça permet
32:54que ces patients
32:55qui travaillent
32:56et qui ont des affections
32:57de longue durée
32:57soient mis en arrêt
32:58automatiquement
32:59par la sécurité sociale
33:00je ne sais plus
33:01pour une durée de combien
33:01je crois que c'est 21 jours
33:02mais je vais peut-être
33:03dire une bêtise
33:05pour pas qu'ils aillent voir
33:06leur médecin traitant
33:07pour qu'il soit protégé
33:08donc ça c'est une bonne mesure
33:09on a aussi
33:12une reconduction
33:12des ordonnances
33:14donc le renouvellement
33:15automatique
33:16des ordonnances
33:16qui peut se faire
33:17en pharmacie
33:17on n'est plus forcé
33:18de voir son médecin
33:19ça permet de ne pas aller
33:20dans les contaminants
33:21il y a des choses
33:22qui se mettent en place
33:22il n'y a pas rien
33:23qui est fait
33:24mais c'est vrai que
33:26on aurait besoin
33:27sûrement de plus encore
33:28voilà
33:29d'accord
33:30merci beaucoup
33:31on se redonne rendez-vous
33:33ensemble
33:33pour un live
33:34dans la semaine
33:35on a bien compris
33:35que ce ne serait pas demain
33:36parce que vous êtes
33:37au centre pénitencier
33:38et que le téléphone
33:39ne passe pas
33:40mais peut-être
33:42peut-être mercredi
33:43ou jeudi
33:44pour un live
33:44toujours utile
33:45et très suivi
33:46on le voit
33:46sur les réseaux
33:47il y a énormément
33:48de questions encore
33:49qui se posent
33:49et merci beaucoup
33:51beaucoup
33:51de nous aider
33:53à y répondre
33:54de rien
33:57et donc à très vite
33:59au revoir
34:00bonne journée
34:00à très vite