- il y a 20 heures
En direct avec Loïc Pen, médecin urgentiste CGT à l’hôpital de Creil (Oise), le point sur la situation sanitaire.
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00:00Bonjour Loïc Penne. Bonjour. Alors vous avez passé la nuit en garde au
00:07SMUR de l'hôpital de Creil. Où en est-on ce matin ?
00:15Déjà ça devient un rendez-vous sympa, on se voit les matins de garde, c'est bien attiré.
00:22Où en est-on ? On l'a dit partout, c'est en train de s'améliorer en fait.
00:26C'est-à-dire qu'au dernier live, qui était à peu près une semaine,
00:31je disais qu'il y avait moins de consultations tout venant Covid,
00:35qu'on avait une stabilisation, mais qu'en réa c'était encore difficile
00:39puisqu'il y a un décalage de 8-10 jours pour l'aggravation des patients
00:44qui vont faire des formes sévères et donc on les aurait encore pendant 8-10 jours.
00:49Les 8-10 jours sont à peu près passés, la stabilisation est intervenue
00:54depuis 4 jours au dernier live et là on a finalement assez naturellement
00:59la baisse en réa puisque les patients, il y en a moins qui arrivent,
01:03ceux qui allaient en réa étaient ceux qui étaient hospitalisés
01:05et donc aujourd'hui ceux qui étaient hospitalisés et qui faisaient des formes graves,
01:09il y en a moins d'hospitalisés puisqu'on est sur la fameuse semaine et plus les 4 jours là
01:13-bas.
01:13Là on est dans le moment où il y a moins d'aggravation et donc on retrouve
01:18de la marge de manœuvre en réa, on retrouve la capacité à prendre les patients
01:23parce qu'il y a eu des moments de tension extrêmement fort dans certaines régions,
01:28on a tous en tête la difficulté dans l'est de la France et les problèmes éthiques
01:34qui sont posés aux médecins en devoir faire du tri.
01:38Là on est en train de passer ce cap, donc pas de nouvelles.
01:43Après voilà, on n'est pas du tout dans une situation réglée.
01:48On a passé ce cap parce que le confinement a permis, maintenant c'est visible,
01:54de réduire le nombre de contaminations.
01:58Et donc pour l'instant on a une population naïve, une population pas immunisée,
02:03qui est confinée, qui n'a plus de contact pour une grande partie d'entre elles avec le virus.
02:08Encore des cas quand même, parce que le confinement est loin d'être parfait,
02:10on reviendra sûrement.
02:12C'est compliqué qu'il soit parfait, mais il y a des choses quand même un peu aberrantes.
02:15On parle de redémarrer le BTP, dans quelles conditions,
02:19il y a toujours des usines qui tournent qui ne sont pas d'usines essentielles à l'effort sanitaire
02:22et au maintien du pays.
02:27Donc voilà, il y a toujours ces questions-là qui sont posées,
02:29parce que c'est la permanence des agences contradictoires de ce gouvernement
02:33qui sont quand même compliquées à suivre.
02:35Mais pour l'instant, voilà, ce confinement, certes imparfait,
02:39réussi à diminuer le nombre de contaminations.
02:42La question maintenant, c'est quand est-ce qu'on va pouvoir revivre normalement
02:47et sortir les gens du confinement.
02:49Si on le fait maintenant, là, en l'état actuel des choses,
02:52on fait repartir l'épidémie.
02:53C'est une évidence, puisqu'on n'a toujours pas testé la population,
02:58on ne sait pas qui est immunisé.
03:00Alors, c'est un virus, certes, très contagieux,
03:01mais le confinement fait qu'on a plein de gens qui n'ont pas eu de contact avec le virus.
03:07On ne sait pas où on en est.
03:09On ne sait pas où on en est des gens qui ont été contaminés,
03:11parce que les tests ont été faits de façon très light.
03:13On n'a pas eu la position de l'Allemagne ou de la Corée
03:17qui a massivement testé sa population.
03:19Donc, on ne sait pas où on en est.
03:19Mais on n'a pas encore les tests sérologiques.
03:21Par contre, bonne nouvelle, ils vont arriver.
03:26Ils vont arriver quand ?
03:28La semaine prochaine, ça devrait commencer.
03:31C'est incessamment sous peu,
03:33puisqu'on a un test d'une entreprise alsacienne
03:36qui a été validée au niveau européen.
03:38Pour l'instant, on n'a pas sa validation en France.
03:39On est toujours un peu lent, mais ça va arriver incessamment sous peu.
03:43De toute façon, à partir du moment où ils ont été validés sur le plan européen,
03:45ce sont des tests qu'on va pouvoir utiliser.
03:47Les tests sérologiques, je dis bien,
03:48c'est pour avoir les immunités.
03:50Alors, comment ça se passe, un test sérologique ?
03:53Alors là, en l'occurrence, c'est un TROD.
03:55C'est-à-dire, c'est un test rapide de orientation diagnostique.
03:58TROD, c'est désolé.
03:59C'est-à-dire que ça va être une piqûre au bout du doigt, une languette.
04:03On vérifie un cardiogramme, on a un résultat.
04:05Donc voilà, c'est un truc qui peut nous permettre d'aller très vite
04:09pour savoir si les gens sont immunisés ou pas.
04:12C'est pour l'instant produit par des Chinois, même s'ils sont fruits alsaciennes.
04:17Mais on nous annonce que dans la semaine qui vient,
04:21on va pouvoir commencer la production locale
04:23avec une centaine de milliers de tests par jour, a priori.
04:26Voilà un peu les infos qui nous reviennent.
04:28Donc rapidement, on va pouvoir faire là quelque chose de...
04:31Enfin voilà, de faire des diagnostics.
04:33Essayer de voir où on en est finalement de cette épidémie,
04:36parce qu'on est toujours dans le brouillard.
04:37Faute de tests, on est toujours en difficulté.
04:41Et on peut, à partir de là, comprendre que le confinement,
04:45on ne va pas pouvoir le lever en deux secondes
04:46avant d'avoir une idée de ce qu'on fait, tout simplement.
04:49Parce que j'avais parlé de retard à l'allumage.
04:52Enfin là, ce n'est plus retard à l'allumage.
04:54Je ne sais même pas comment qualifier ça.
04:56Quand en Allemagne, ils font 500 000 tests par jour, on nous dit
04:59« Formidable, fin avril, les tests PCR pour voir ce virus est là,
05:02pas les tests sérologiques. »
05:05Nous, on nous dit qu'on va en faire 50 000 fin avril.
05:07Alors, il y a plein de gens qui ont fait ce calcul,
05:09mais voilà, c'est un calcul mathématique tout simple.
05:1367 millions de Français divisés par 50 000 tests par jour.
05:17Combien de jours faut-il pour sécher la population ?
05:19Plus de trois ans et demi.
05:20Voilà.
05:20Donc, évidemment, on ne peut pas…
05:23Enfin, ça paraît formidable, 50 000 tests par jour.
05:25On en faisait 10 000 au début par mois.
05:27Donc, on se dit « C'est formidable, c'est une pleine croissance ».
05:29C'est complètement en dessous de ce qu'il faut faire.
05:31De toute façon, sur les capacités qu'on a eues à répondre institutionnellement à l'épidémie,
05:37on est dans un truc…
05:38Enfin, une faillite logistique, j'avais déjà employé ce mot-là,
05:41mais tant pour les tests que…
05:43Voilà, on a vu les Anglais monter un hôpital de campagne à Londres
05:46avec 4 000 places par l'armée.
05:49Nous, on a mis 30 places devant un hôpital alsacien.
05:53Enfin, tout est comme ça.
05:55On a l'impression que tout est petit bras, rien n'est géré.
05:57C'est quand même assez inquiétant.
06:00Et donc, à partir de là, comme les choses commencent enfin,
06:03avec beaucoup de retard, à se faire,
06:06on va avoir ces tests dont on a besoin,
06:09on va pouvoir commencer à se dire « Ben voilà, on va voir déjà où on en est
06:14et on pourra déconfiner ».
06:15Alors, déconfiner…
06:17Alors, c'est pas avant un moment, le déconfinement quand même.
06:21Ça va prendre un certain temps.
06:23Après, je ne suis pas voyant extra lucide, mais ça ne va pas être demain, ça c'est sûr,
06:28vu qu'on ne sait pas.
06:30On est dans une gestion de pénurie finalement.
06:32On adapte…
06:33On adapte nos décisions…
06:35Enfin, les questions gouvernementales ne sont pas les viennes.
06:37Je vais dire qu'ils assument leur connerie.
06:40On adapte ces décisions à une situation de pénurie.
06:43À une situation où on n'a pas de place, on n'a pas de masque, on n'a pas
06:46de place.
06:46On a un système de santé qui est à bout de souffle parce que l'hôpital public a été mis
06:51en difficulté par des cures d'austérité
06:53qui leur depuis 20 ans et que son gouvernement a puissamment relayer malgré le mouvement des hospitaliers.
06:58Donc voilà, on est sur cette situation.
07:01Je disais la dernière fois, il ne faut pas être bien intelligent pour comprendre que rincer l'hôpital public pendant
07:06des années,
07:07ça ne le met pas en position de répondre correctement dans les meilleures conditions à la prise en charge d
07:13'une épidémie telle ou celle qu'on vit.
07:14Voilà, c'est tout. On paye des politiques néolibérales sur des années et on est sur la même chose pour
07:21les tests
07:21parce qu'on a attendu que le marché réponde. Il fallait de la puissance publique pour mobiliser l'industrie obligée,
07:27réquisitionner si besoin des sociétés pour fabriquer des tests.
07:31On n'a pas eu cette pratique. On a attendu que le marché réponde.
07:34Le marché répond en fonction de la rentabilité.
07:37Il ne répond pas en fonction d'impératifs sanitaires. C'est quand même ça la réalité.
07:41Donc, on est sur, là, une difficulté logistique extrêmement forte.
07:47C'est en train de nous protéger parce qu'on a...
07:51Alors, je suis désolé, j'ai laissé mon téléphone, ça sonne.
07:55On est en train de réussir à obtenir des moyens de travailler avec, entre autres, les tests sérologiques,
08:02mais le temps qu'on les fasse à la population, qu'ils soient produits encore en plus grand nombre,
08:07même si c'est un bon démarrage, et qu'on sache où on est, oui, ça ne va pas se
08:11faire comme ça.
08:11Et je disais, le déconfinement, il ne va forcément pas être le jour d'après où tout le monde sort.
08:17Ça ne va pas être comme ça. Il va falloir qu'on sélectionne les jeunes misés.
08:21Il va falloir qu'on continue à garder des mesures barrières parce que sinon, des contaminations vont partir.
08:29Et on n'a toujours pas de traitement.
08:31Parce que voilà, si on avait un traitement demain...
08:33Alors, je reparlerai un peu des traitements de ce qui est en train de phosphorer un peu par contre,
08:39parce que ça travaille beaucoup.
08:40Mais à ce jour, il n'y a pas de traitement efficace reconnu au COVID-19.
08:46Et donc, j'espère que ça ne va pas continuer comme ça.
08:50Et donc, c'est une situation.
08:54On ne peut pas laisser des gens en leur disant, écoutez, voilà, on a ralenti la courbe,
08:58on a permis aux services de santé d'absorber la première vague et on va vous laisser ressortir,
09:02refaire une deuxième vague qui va être certes un peu moins violente, mais quand même.
09:05Et puis, on redébordera les services de santé et on va retrouver la même situation.
09:09Donc, il faut qu'on profite de l'acquis pour continuer à gérer au mieux,
09:13avec les moyens qui sont malheureusement les nôtres, cette épidémie.
09:17Alors, merci pour toutes ces explications extrêmement précises.
09:21Donc, clairement, le confinement, ce n'est pas avant le début de l'été,
09:26même peut-être l'été ou la rentrée prochaine, on ne sait pas exactement.
09:30Mais les conditions ne sont pas réunies aujourd'hui pour passer à la phase de déconfinement.
09:35dans la mesure où on n'a pas de tests en nombre suffisant encore à ce jour,
09:40même si ça va commencer à arriver, ce que vous dites, les tests sérologiques.
09:44Mais je pense que, est-ce que les tests sérologiques, c'est suffisant ?
09:48Est-ce qu'il ne faut pas en plus les tests PCR et des masques pour toute la population ?
09:54Ben si, il faut de tout. Il faut de tout, on est gourmands.
09:57Il faut de tout parce que la sérologie nous permet de dire, les gens qui ont fait contact avec le
10:01virus,
10:02ont une immunité totale ou partielle, on ne sait pas encore, mais ont une immunité.
10:05Les masques, ben, de toute façon, il va pas falloir avoir, enfin maintenant, le débat sur les masques,
10:10ils repartaient encore, mais c'est réglé.
10:11La colonie de médecine a pris une position extrêmement claire, qui est celle-ci.
10:15Les masques SFP2 aux soignants, parce qu'on est sur des soins et on est potentiellement contaminés.
10:21On en verra aussi sur les soignants, parce que le tribut est quand même extrêmement lourd, là.
10:25Et des masques chirurgicaux qui sont certes pas protecteurs, mais si tout le monde en met, personne ne se craint
10:30dessus,
10:31et on n'a pas de contamination.
10:33Les pays qui ont utilisé cette technique montrent qu'on diminue très fortement la contagion dans ce contexte.
10:41Donc voilà, après, j'ai vu là, c'est pas le moment, c'est pas encore obligatoire.
10:46Enfin, ça intergiverse encore, mais encore, ça intergiverse parce qu'on les a pas les masques, c'est tout.
10:50Enfin, depuis le début, on a le sentiment quand même que la stratégie est adaptée à la pénurie.
10:55C'est pas comme ça qu'on élabore une stratégie, c'est pas possible.
11:01Enfin, si, ça donne cette situation, une buée, ce qu'on est enfermé chez soi, quoi, voilà.
11:07Alors, une question sur le moral des soignants, parce que vous êtes en flux tendu, c'est parti pour durer,
11:15vous le savez.
11:16Comment ça se passe, vos collègues à l'hôpital ?
11:22Ça fatigue un peu, enfin, ce qui est embêtant, c'est, pas embêtant, plus qu'embêtant, mon mot est faible
11:27en fait, c'est qu'on a de nombreuses contaminations dans le personnel.
11:30Voilà. D'ailleurs, il faudra que tout le personnel fasse une sérologie parce qu'on sait pas, ce virus, s
11:37'il aura des conséquences ultérieures.
11:39C'est un nouveau virus, donc on ne le connaît pas, on a eu d'autres virus avec, un collègue
11:43me prenait l'exemple du chico-gounier en disant, bah, on avait donc la phase du chico-gounier,
11:49puis on a découvert quelques temps après que ça devenait des rheumatismes, que les gens gardaient des douleurs articulaires, des
11:55choses comme ça.
11:56Tout ça, il faut, à un moment donné, le prévoir et il faut faire des sérologies parce que les soignants
12:01seront peut-être amenés à faire reconnaître des maladies professionnelles.
12:05Donc là aussi, il y aura quand même des choses à faire et puis, tout simplement, il faut savoir où
12:11en est l'unité des soignants pour pouvoir les mobiliser sur des services Covid,
12:17puisqu'ils ne seront plus dans une situation à risque comme leurs collègues qui, eux, sont pas immunisés, peuvent l
12:22'être.
12:22Donc, il faudra qu'on gère aussi des médecins comme ça. Là, les soignants, ben voilà, ils sont tentés de
12:27remplacer leurs collègues malades,
12:28ils font des heures en plus, donc évidemment, c'est dur parce que ça fait quand même des années que
12:34la situation est dure.
12:35Enfin, des fois, j'ai un peu encore découvert l'eau tiède, mais toute l'année dernière, les soignants ont
12:40expliqué que les conditions de travail étaient plus possibles.
12:43Ça s'est pas amélioré, ça s'est pire, puisqu'il y a des malades, parce qu'il y a
12:48plus de patients, parce qu'il y a plus de travail,
12:49parce qu'il a fallu mobiliser tout ce qu'on pouvait. Je le dis encore, heureusement que la réserve sanitaire,
12:55des collègues retraités, des collègues de spécialité sont venus aider partout. Sinon, on n'était pas capable de le faire.
13:00Mais là encore, c'est notre système qui est en faillite et on est obligé de se débrouiller.
13:07Heureusement, il y a un bel élan. C'est comme les problèmes techniques, quoi, les masques qui nous sont donnés
13:11par les entreprises,
13:12les jets hydroalcooliques, enfin voilà, on a des hôpitaux qui mendient des moyens auprès de la charité publique, le téléthon
13:19gouvernemental.
13:20Enfin, on est en train de trouver toutes les solutions d'urgence, même des solutions qui sont anormales, qu'un
13:26gouvernement, on l'avait dit,
13:28face appel aux dons, alors que normalement, il y a un truc qui s'appelle l'impôt, qui est centré
13:32organiser la solidarité.
13:34On est sur quelque chose qui est tout à fait incroyable.
13:36Et bien, localement, on n'a fait pas. Et donc, oui, ça fatigue.
13:41Et puis, j'ai oublié un petit peu. Ça fatigue et puis il y a aussi de la peur.
13:46Ça, alors la colère, je ne vais pas y revenir, ça fait plus d'un an que les gens sont
13:50très en colère,
13:51ce n'est pas amélioré, mais il y a de la peur parce que pour l'essentiel, ce virus est
13:56tout seul, pour l'essentiel.
14:02Mais pour certains cas graves, les conséquences, on ne les a pas encore toutes, sont sérieuses.
14:07On a des morts, tout le monde le sait. On a aussi des gens qui s'en sortent.
14:11Tout le monde ne s'en sort pas, on a des gens qui ont des insuffisances rénales,
14:15on a des insuffisances respiratoires, on a des troubles neurologiques.
14:18C'est un petit pourcentage de cas, mais ça, ça, voilà, ça inquiète beaucoup la communauté des soignements.
14:27C'est les conséquences du coronavirus, une fois qu'on l'a attrapé, qu'on a été soigné, il y
14:31a...
14:32Ouais, c'est les conséquences, les formes graves du coronavirus et de la réanimation.
14:37On ne sait pas bien encore, parce que voilà, chaque fois, on nous demande des réponses très précises.
14:41C'est un nouveau virus. Donc, on ne sait pas encore ce qui est dû au coronavirus,
14:45mais on pense que l'essentiel est dû, et c'est dû à des séjours prolongés en réanimation.
14:50Mais là encore, il y a des choses neuves qui sont en train d'avancer là-dessus.
14:56D'accord. Alors, sur les médicaments et les soins possibles qui sont à l'état de recherche,
15:03Emmanuel Macron a rencontré le professeur Raoult vendredi ou jeudi. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
15:11Qu'est-ce que...
15:13Ça me fait une belle jambe, surtout. Enfin, c'est-à-dire, on s'en fout qu'Emmanuel Macron rencontre
15:19le professeur Raoult.
15:20C'est un geste politique qu'il pose là. Le professeur Raoult, de fait, il incarne une espèce de truc...
15:27C'est quelqu'un d'atypique, un parcours un peu atypique, qui s'est dressé en apparence contre la technocratie
15:37et l'académisme dans ses certitudes.
15:41Enfin, voilà, il a inspiré des gens. Il a inspiré des gens, et il y a des gens... Enfin, on
15:46arrive à un truc aberrant, c'est qu'on a un sondage sur l'efficacité de drocycoroutine.
15:51Bon, 59% des gens veulent qu'on donne drocycoroutine, c'est super, mais c'est pas le sondage qui
15:55va faire que ça marche ou pas, ça va rien changer.
15:58Et là, on est sur un truc un peu extraordinaire, mais qui est un fait sociologique, un fait politique.
16:04Emmanuel Macron va voir Raoult parce qu'il veut s'accaparer, cette question-là, au sens... C'est-à-dire
16:09qu'il veut se draper dans l'aura actuelle de ce personnage
16:15parce qu'il sent bien que la population n'est pas tout à fait heureuse de sa façon de sa
16:20gestion de crise.
16:22Et donc, il sera... Alors, après, en termes médicaux, ça n'a évidemment aucun impact que Macron fasse un déplacement
16:30à Marseille,
16:31si ce n'est que c'est quand même des... Ça va être diversement apprécié parce que...
16:37Alors, moi, je ne suis pas un farouche défenseur des institutions scientifiques très fermées, non.
16:43Par contre, je suis un farouche défenseur de plein de gens qui font de la science, qui sont des chercheurs,
16:49qui travaillent.
16:49Ça se fait en ce moment, pardon, dans les CHU.
16:53Et là, on leur explique quand même à ces gens-là que, finalement, quand un débat se porte sur la
16:59place publique,
16:59même sans preuve scientifique, c'est plus efficace que de travailler dans un labo de recherche.
17:03Ce n'est pas hyper fin, quand même, ce qui renvoie aux gens qui sont en train de travailler,
17:09ce que vient de faire le plus grand Macron. Mais après, voilà, lui, il joue une partition politique, pas autre
17:14chose.
17:15L'hydroxychloroquine, là, l'équipe de Marseille nous dit, il y a une étude, c'est formidable,
17:21un millier de patients dans la cohorte et 91 % des patients soignés.
17:26J'ai discuté avec un ami qui a fait le circuit Covid à Craig,
17:30qui a vu des centaines de patients, des centaines de patients, au moins 600.
17:38Et qui me dit, j'en ai soigné 90 %.
17:41Parce qu'il faut bien mesurer que ce virus, pour l'essentiel, il se soigne tout seul.
17:46Heureusement, je le disais, il y a des formes graves, et c'est celle-là qui nous inquiète beaucoup.
17:49Mais il se soigne tout seul. Donc il dit, 90 %, j'ai vu, il vous l'a soigné.
17:52Il n'y avait pas de chloroquine.
17:54Donc, cette étude qui dit, on soigne 80 % des gens, n'a pas de valeur, en fait.
17:59Tant qu'il n'y a pas un groupe témoin pour dire comment ça marche,
18:02et que ça tombe sur des chiffres sensiblement identiques à ce que nous, on a ici sans traitement,
18:09on ne sait pas.
18:10Moi, j'ai été dessus, on dit, il faut donner hydroxychloroquine,
18:12parce qu'on ne sait pas si ça va marcher, mais ne perdons pas une chance.
18:16Voilà.
18:17Et attendons les études pour décider ensuite une attitude rationnelle.
18:22Là, pour l'instant, je suis toujours sur cette logique,
18:25parce que je n'ai pas la preuve que ça ne marche pas.
18:28Voilà, donc moi, je pense qu'il faut donner ce traitement,
18:31une position personnelle, je ne pense pas une position de tout le monde,
18:35on est en débat sur cette question, donc c'est une position personnelle.
18:38Et si ça ne marche pas, on arrêtera.
18:40On a là un médicament qui est ancien, qui est un profil de risque connu,
18:44sur lequel il y a des précautions à prendre,
18:45on ne peut pas donner comme ça des tic tacs,
18:47mais si c'est fait en milieu hospitalier correctement,
18:49il n'y a pas de grand risque et on a peut-être une chance.
18:52Peut-être.
18:53Pour l'instant, rien n'est prouvé, la dernière étude ne prouve toujours rien.
18:56On attend avec impatience une étude qui s'est arrangée aujourd'hui,
19:00enfin, je comprends, qui, elle, est plus fiable,
19:03parce que comparable.
19:04Parce qu'on entend tout et n'importe quoi sur les réseaux sociaux,
19:07ça me fait d'ailleurs un peu peur.
19:09Moi, j'ai été interpellé à titre personnel,
19:11sur le réseau social, Facebook,
19:14où on me disait, mais comment expliquez-vous,
19:16et puis c'était à moi d'expliquer d'ailleurs,
19:18comment expliquez-vous qu'il y ait moins de morts à Marseille,
19:21que le taux de mortalité soit moins fort à Marseille ?
19:24Je ne l'explique pas, c'est du B à bas.
19:28Ici, on n'a pas de test.
19:29On a testé au compte-gouttes essentiellement les formes graves.
19:32Donc évidemment, dans ce petit test,
19:32notre pourcentage est plus important de formes graves,
19:35puisque c'est ceux-là qu'on teste.
19:36À Marseille, ils testent très, très larges.
19:39Et ils ont raison.
19:40Celles-là, par contre, c'est exactement ce qu'il faut faire.
19:42Mais du coup, ils testent aussi toutes les formes légères.
19:44Et ceux-là, quand on les compte, on a moins de morts,
19:47puisqu'on a testé tout le monde.
19:49On n'a pas testé que ceux qui allaient mal.
19:51Mais en fait, on prend des bouts de chiffres un peu partout
19:54et on essaie de faire dire à ces chiffres
19:57des choses qu'ils ne disent pas aujourd'hui.
19:59Nous, sur le terrain, ce qu'on veut, c'est des certitudes.
20:02C'est un peu exagéré, parce qu'on est sur un virus neuf,
20:05on ne les aura pas en deux secondes,
20:06mais on veut savoir ce qu'on fait quand même.
20:08On ne peut pas traiter en fonction de la visite de Macron
20:11et des sondages ou des prises de position Facebook.
20:15Il faut bien qu'à un moment donné, on travaille.
20:17Et à ce titre-là, d'ailleurs, ça travaille.
20:20À Marseille, je ne le nie pas,
20:21même si pour l'instant, il n'y a pas de résultat.
20:25Mais moi, je reçois, alors que j'ai reçu par mes collègues,
20:29les premiers écrits, ce n'est pas encore des publications,
20:32c'est des gens qui nous font ces publications,
20:36c'est des réanimateurs qui bossent 23h sur 24
20:38et qui, dans l'heure qui reste, arrivent encore à réfléchir
20:40pour nous sortir des trucs intelligents.
20:42C'est ceux-là que j'aurais tendance à admirer plutôt.
20:46Ceux-là, on ne les voit pas sur Facebook.
20:48Ceux-là, on ne les voit pas.
20:49Mais ce sont des gens qui travaillent aujourd'hui
20:51et ça travaille de partout.
20:52Ce n'est pas qu'en France.
20:53New York, les Australiens nous sortent une étude
20:56qui, pour l'instant, est in vitro.
20:58Je ralentis mon débit pour bien me faire comprendre.
21:02Ils ont trouvé une molécule d'ivermectine,
21:04un médicament qu'on utilise régulièrement,
21:06c'est un médicament pour la gale,
21:10qui liquiderait, au gros, le coronavirus en 48 heures.
21:13In vitro, dans des tubes à essai,
21:15pour l'instant, c'est tout.
21:16On sait aussi qu'on a eu des médicaments in vitro.
21:18La chloroquine était le bon exemple
21:19sur d'autres virus par le passé
21:21qui fonctionnaient in vitro
21:22et qui n'avaient pas d'effet clinique.
21:25Mais voilà, ça sera peut-être quelque chose.
21:28Simplement, il ne faut pas s'emballer.
21:29Il faut laisser un peu de temps
21:30parce que ça ne peut pas se faire en deux secondes.
21:32Mais moi, j'ai vu des choses revenir
21:34sur la physiopathologie.
21:36Je le disais la dernière fois,
21:37c'était Lille qui nous a sorti des écrits.
21:41le CHU de Lille, la Réa de Lille visiblement,
21:44sur la physiopathologie du virus.
21:46Mais c'est honnêtement,
21:47ce qu'ils découvrent et ce qu'ils comprennent
21:49est formidable.
21:50Et on est vraiment en train de comprendre
21:52comment marche ce virus.
21:54À partir du moment où on comprend comment ça marche,
21:56on trouve comment le combattre.
21:57Et d'ailleurs, les stratégies qui sont appliquées
21:59en ce moment en réanimation,
22:00alors là, tout ça, c'est pour les cas graves,
22:03sont en train de changer du tout au tout.
22:06On a fait des choses qu'on ne va plus faire du tout.
22:08On va utiliser des médicaments qu'on n'utilisait pas.
22:11de la cortisone en particulier.
22:13Et puis, on comprend que ce n'est pas une pneumonie,
22:15mais que c'est un syndrome inflammatoire,
22:17que ça touche l'hémoglobine,
22:18que ça touche les vaisseaux,
22:19qu'il y a plein.
22:20Alors, je ne peux pas faire le résumé
22:23en deux secondes de ce que j'ai lu de Lille,
22:25parce que honnêtement, c'est trop complexe.
22:27Et on attend que de toute façon,
22:28ils publient in extenso ce qu'ils ont trouvé,
22:33parce que c'est pas à moi de le dire à leur place
22:34et je serais sûrement pas bon
22:37dans la façon de dire les choses.
22:39Ils n'ont pas juste le résumé que j'ai reçu,
22:41ils ont tous les éléments.
22:43Donc, ils feront quelque chose de plus clair.
22:45En tout cas, moi, je trouve que c'est fabuleux de voir
22:47que ces équipes, partout,
22:48partout, travaillent, trouvent des choses
22:51et les envoient même à peu près
22:53pour qu'on puisse tous réfléchir
22:54et tous adapter nos stratégies de traitement.
22:59parce que c'est ça qui est important.
23:00C'est ce beau travail en commun international.
23:05Voilà, il y a vraiment une mobilisation de la science,
23:08des chercheurs pour trouver des solutions
23:10et réussir à éradiquer ce virus, à soigner les gens.
23:14Alors après, pour revenir à la question initiale,
23:18puisque là, je m'en suis écarté.
23:19C'est très intéressant.
23:21Le voyage de Macron, oui et.
23:25Voilà, c'est ces oignons.
23:28Enfin voilà, on voit bien cette tentative
23:30de capter la colère populaire à son profit,
23:34essayer de détourner un peu le sujet
23:36parce que voilà, on se libre quand même.
23:38ni test, ni masque, ni traitement,
23:40ni des hôpitaux qui fonctionnent mal.
23:42Mieux vaut tout à coup s'adresser,
23:45mettre la focale sur peut-être
23:46que l'hydroxychloroquine marche.
23:48On ne le sait toujours pas.
23:49On ne sait toujours pas si elle marche ou elle ne marche pas.
23:50Je n'ai pas dit qu'elle ne marchait pas.
23:51Je dis qu'on ne sait pas.
23:53Voilà, c'est parce qu'on en est là.
23:55On n'est pas ailleurs.
23:57Et donc, il met une focale là-dessus
23:58parce que ça ne permet de ne pas parler du reste
24:00et puis de s'attirer les bonnes grâces
24:01de tous ceux qui voient en professeur Raoult,
24:04qui n'est pas…
24:05Je ne suis pas en train de dire
24:06que le professeur Raoult, c'est le professeur Tournesol.
24:08C'est un gars qui est vrai.
24:09Il est reconnu.
24:10C'est un scientifique.
24:10Mais on ne peut pas avoir,
24:13dans le cadre des recherches,
24:16quelqu'un qui a toute la vérité révélée.
24:17Les autres sont tous des crétins.
24:18Évidemment, il y a des vérités un peu partout.
24:20Il faut qu'on réussisse à faire consensus
24:21pour trouver finalement ce qui est exact.
24:25Et ce qui est exact,
24:26ça se fait aussi avec de la recherche
24:27et des études comparatives.
24:30Merci pour toutes ces explications.
24:31Peut-être une dernière question.
24:34Alors, il y a beaucoup de monde
24:35qui suit ce live-là.
24:37Vous êtes 673 actuellement.
24:39Merci beaucoup.
24:40N'hésitez pas à le partager.
24:42Vous avez posé beaucoup de questions.
24:44Alors, énormément de questions
24:45qui finalement ont été traitées au cours du live
24:48auquel vous avez répondu, Loïc Pen.
24:52Donc, je vous invite à revoir le live,
24:55puisqu'on va le mettre en ligne
24:56pour trouver des réponses à vos questions
24:59sur les tests, sur le confinement,
25:01sur quand on va en sortir, etc.
25:03C'est des questions auxquelles on a répondu,
25:06vous avez répondu pendant ce live.
25:08Peut-être une dernière question,
25:10et pas des moindres, sur le jour,
25:12le fameux jour d'après,
25:13ce qu'on appelle le jour d'après.
25:14C'est-à-dire, une fois qu'on aura passé
25:16cette crise du coronavirus,
25:18la question se pose de remettre les choses à plat,
25:21dès maintenant, de réfléchir à ce jour d'après
25:23pour ne pas se retrouver dans la même situation,
25:26ne pas se retrouver dans une société
25:28où on se rend compte qu'on n'est pas en capacité d'agir correctement
25:34et où nos hôpitaux sont débordés.
25:36Donc, imaginer ce jour d'après
25:39et agir pour ce jour d'après,
25:41c'est un véritable enjeu,
25:43c'est un enjeu de maintenant.
25:45Quel est votre avis là-dessus ?
25:47Quelles sont éventuellement vos réflexions,
25:49vos propositions pour bâtir ensemble ce jour d'après ?
25:53Alors, on avait eu une demi-heure,
25:57ce qu'on va à peu près respecter.
25:58Je ne vais pas en cinq minutes brosser tout ça.
26:00Je vais peut-être donner quelques pistes,
26:02mais là, si on repart sur une demi-heure,
26:06ça ne va pas être possible.
26:07Mais la première chose,
26:09c'est que le jour d'après, il commence aujourd'hui.
26:11On n'a pas à attendre.
26:14On n'a pas à attendre.
26:15Il y a besoin de moyens pour l'hôpital,
26:18il y a besoin d'embaucher des collègues,
26:20il y a besoin d'embaucher des billes, encore.
26:23Et donc, ce n'est pas demain, ça.
26:27Moi, je disais, c'est quand même formidable
26:28qu'on ait vachement bien chiffré
26:30tout ce qu'on donnait pour le soutien aux entreprises.
26:32Et je ne dis pas qu'il ne faut pas soutenir les entreprises.
26:34Encore faut-il choisir lesquelles on soutient,
26:36ceux qui sont en train de verser les dividendes
26:38et qui n'ont pas une attitude responsable,
26:43qui sont toujours sur cette logique de faire du fric,
26:45faire du fric sans satisfaire les besoins humains ou non.
26:48Pour les soutenir, par contre, il y a plein de PME
26:51et qu'il faut absolument aider.
26:53Mais là, on a bien chiffré.
26:54Par contre, pour la santé,
26:55il y a un plan européen,
26:57mais il n'y a rien qui est clair quand même.
26:59Il n'y a rien qui est bien clair,
27:00ni sur les sommes,
27:01ni au bout d'un des milliards en urgence.
27:03Déjà, virer la dette des hôpitaux,
27:05ça va nous donner tout de suite plus que ça
27:07en marge financière.
27:08Il faut supprimer cette dette,
27:11parce que cette dette,
27:12ce n'est pas qu'on a dépensé comme des fous
27:13dans les hôpitaux en faisant la fête.
27:14C'est le coût des soins qu'on a dispensés
27:17à la population française
27:18et qui n'ont pas été rémunérés
27:20à leur juste valeur.
27:20C'est ça, la dette des hôpitaux.
27:22Ce n'est pas que j'ai acheté un scope
27:25pour le mettre à la maison
27:26et que ça fasse bip bip.
27:27À un moment donné, il faut dire des choses simples,
27:29mais on est quand même sur de l'extraordinaire.
27:32On nous a obligés à fonctionner
27:35avec pas assez de moyens.
27:38On a dû faire des emprunts.
27:39Aujourd'hui, on nous dit
27:40vous devez rembourser aux banques,
27:41vous n'avez plus de moyens d'investissement,
27:42vous n'avez plus de moyens de développement,
27:43il faut encore faire des efforts,
27:44il faut réduire.
27:45Il faut arrêter ça.
27:46Maintenant, il faut nous remettre
27:47dans des conditions
27:47où le service public peut exercer ses missions.
27:50Ça, c'est la première chose
27:51et c'est maintenant que ça commence.
27:52Et après, il faut dire où on prend l'argent.
27:54Parce que là, il y a eu la fameuse note
27:57commandée par Emmanuel Macron
27:59à la Caisse des dépôts et consignations
28:00qui invite à privatiser l'autical public
28:02le jour d'après.
28:03Parce que c'est une proposition de partenariat privé,
28:08c'est l'appel à des fonds privés
28:09dans le cadre de fondations
28:10pour financer les auditeuses,
28:13c'est-à-dire s'emparer des dépens
28:15les plus rentables de la santé.
28:17C'est ça la traduction exacte.
28:18Et ces gens n'ont renoncé à rien,
28:20comme l'a bien montré d'ailleurs
28:23le directeur de l'ARS Grand Est
28:24qui lui a craché le morceau.
28:26Alors il a été limogé,
28:27mais il dit franchement
28:31ce que ces gens pensent tout bas.
28:31C'est-à-dire, il dit on va continuer,
28:33on va encore supprimer 500 postes,
28:35on va supprimer une semaine de lits,
28:36on va continuer dans des logiques
28:38de restrictions budgétaires
28:39et de casse de l'hôpital.
28:42Ce gars a dit ce que
28:43tous ces technos pensent tout bas.
28:45Simplement, il ne fallait pas le dire
28:46parce que là, ça se voit.
28:47Donc là, on cache un peu
28:49la poussière sous le tapis.
28:50Sauf que la note de la CDC, là,
28:53nous montre que la poussière
28:54n'est pas très bien cachée sous le tapis.
28:55Ils ne sont renoncés à rien.
28:56Et donc, il faut refinancer l'hôpital
28:59avec des fonds publics,
29:00avec l'intervention de la sécurité sociale
29:03à qui il faut redonner des moyens.
29:04Donc, il faut redévelopper
29:06les cotisations de sécurité sociale,
29:07que les profits financiers
29:09cotisent au même titre
29:09que les salariés,
29:10c'est 20 milliards.
29:11qu'on revienne sur les exonérations
29:13de cotisations sociales
29:14qui ont été sanctuarisées
29:15à partir du CICE.
29:16Là encore, c'est 20 milliards
29:17à récupérer.
29:18Qu'on se batte contre la fraude fiscale
29:20parce que là, c'est des investissements
29:22que l'État faisait.
29:23L'État investissait, construisait
29:25les hôpitaux.
29:25La Sécu faisait fonctionner
29:26les hôpitaux, les salaires,
29:28et l'État bâtissait.
29:29Aujourd'hui, l'État bâtit plus.
29:31Il demande d'emprunté pour bâtir.
29:33La fraude fiscale,
29:34qui est de 80 à 100 milliards d'euros par an,
29:36pourrait nous permettre
29:37de rebâtir des structures,
29:39rebâtir des hôpitaux de proximité.
29:41Mais ce que je dis là,
29:43c'est évident finalement.
29:46Il faut un collectif budgétaire
29:47de 10 milliards pour attraper
29:48ce qu'on nous a piqué,
29:509 milliards sur les dernières années,
29:52pour la santé.
29:53Donc, il faudrait mettre
29:54une dame à 5%.
29:56Il y a des choses simples à faire.
29:57Et on voit qu'on a l'argent.
29:58Puisque je dis,
29:59si on fait cotiser les capitaux,
30:01les capitaux, c'est 20 milliards,
30:03il nous reste quand même 10 milliards
30:04pour les retraites.
30:05Puisque le sujet va revenir
30:06aussi sur la table.
30:08Mais c'est une remise en cause profonde
30:10de la logique du système actuel.
30:13Parce que ça veut dire
30:13que tout à coup,
30:14on décide de consacrer de l'argent
30:16aux besoins de population
30:17et puis à la rentabilité du capital.
30:20Ce n'est pas là-dessus qu'on est.
30:23Pourquoi la santé ?
30:24Alors au-delà de cette crise,
30:25c'est un nœud du problème.
30:27Tout le monde comprend en fait
30:28l'intérêt d'un bien commun
30:31qui serait un service de santé publique
30:33et qui répond aux besoins des gens.
30:35Tout le monde, ça le comprend.
30:36C'est moins évident
30:36quand c'est l'énergie,
30:37l'électricité, les transports
30:39qui sont pourtant des biens fondamentaux aussi.
30:40Mais la santé, les gens le comprennent.
30:42Et puis, c'est quelque chose
30:44qui est dans notre pays
30:45une exception internationale.
30:48Au sortir de la guerre,
30:49on a créé un système,
30:50la sécurité sociale,
30:52gérée par les salariés eux-mêmes.
30:53C'est le cas depuis.
30:54On a été remise par l'État
30:55puisque c'est une étatisation,
30:57ce qu'on dit.
30:57On parle de libéraliser,
31:00mais ils étatisent aussi.
31:01Donc, c'était géré par les travailleurs eux-mêmes
31:03à partir de leur cotisation sociale,
31:06c'est-à-dire de l'argent pris
31:07sur la création primaire de richesses,
31:08le travail,
31:09des cotisations fléchées
31:11qui allaient aux biens de santé,
31:14des pensions,
31:15la retraite à la traîne.
31:17Mais il faut bien mesurer ce que ça représente,
31:18c'est 500 milliards d'euros.
31:20Le budget de l'État, pour le moins,
31:21c'est 390 milliards d'euros.
31:23C'est-à-dire que la sécu,
31:24c'est plus important.
31:25La crise qu'on vit,
31:26pas seulement sanitaire,
31:27mais financière,
31:28qu'on a vécue en 2008,
31:29pour s'apprêter à revivre,
31:30on nous dit que c'est le virus,
31:32c'est pas le virus.
31:33Le virus était un déclencheur,
31:34mais on avait une situation
31:35où les financiers
31:37avaient accumulé encore plus d'argent
31:39qu'en 2008.
31:40C'est-à-dire qu'on avait cette fameuse
31:41bulle financière
31:41qui a pété en 2008,
31:42qu'elle était prête à pété aujourd'hui.
31:44Ce qui s'est passé
31:45avec la crise pétrolière
31:46et le coronavirus
31:48va sûrement déclencher
31:50cette problématique.
31:52Même si là,
31:54bizarrement,
31:54ça va l'améliorer temporairement
31:55puisqu'on a tellement perdu de capital
31:56qu'on a moins d'accumulation.
31:58Mais là, je ne vais pas faire de l'économie,
31:59je ne vais pas faire de la bêtise.
32:00Mais cet argent
32:03est à la recherche de rentabilité.
32:05La dernière fois,
32:06ils avaient fait le rentabiliser,
32:07ils ont fini par faire
32:07des prêts hypothécaires
32:09qui ne seraient jamais remboursés.
32:10Ça s'appelle des subprimes.
32:11On a connu cette crise.
32:12Parce qu'il fallait
32:13rentabiliser cet argent.
32:14On n'y arrive pas à l'entabiliser.
32:15Aujourd'hui, ils veulent encore
32:16le rentabiliser.
32:16Et on a en France
32:19500 milliards d'euros
32:21qui ne rentabilisent pas de capital
32:23qui sont reversés directement aux gens.
32:24Mais ils en rêvent
32:26de mettre la main là-dessus.
32:27C'est pour ça que c'est un tel sujet.
32:29C'est pour ça.
32:29Ce n'est pas tout à coup
32:30que les politiciens libéraux
32:32veulent que les petits lieux
32:33demeurent dans les couloirs.
32:34C'est parce que l'enjeu financier
32:35est énorme.
32:37S'ils récupèrent 10 à 15%
32:39de ce pactole
32:40par le biais des assurances,
32:41par le biais de la privatisation
32:42de la santé,
32:44ils en ont encore
32:45pour un petit moment
32:45à faire durer leur crise.
32:46Il n'y aura quand même pas arrivé.
32:48Voilà.
32:49Désolé, là, du coup,
32:50on est parti sur la police.
32:51Mais le problème,
32:52c'est que quand vous demandez le journal,
32:54on est obligé de parler de tout ça.
32:55Parce que sinon,
32:56on ne comprend pas ce qui se passe.
32:57On ne comprend pas pourquoi
32:58ils ont mis les hôpitaux
32:59dans un tel état.
33:00Pourquoi ils déremboursent
33:01les médicaments ?
33:02Parce que quand on dérembourse
33:03un médicament,
33:04on ouvre un marché.
33:05C'est l'assure privé
33:06qui peut le rembourser.
33:06Là, c'est plus là
33:07pour faire son taf.
33:09Et on ouvre les marchés.
33:10Quand on a fait
33:11ce hôpital public,
33:11on ouvre un marché.
33:12C'est les grands groupes privés
33:14avec des actionnaires derrière
33:14qui peuvent s'investir
33:15parce qu'avant,
33:16on était là,
33:16ils ne pouvaient pas, etc.
33:18C'est des logiques
33:19de prédation
33:20qu'on a aujourd'hui
33:21sur ce bien commun
33:22qu'est la santé.
33:23Et sur le jour d'après,
33:25qui commence désormais,
33:26maintenant,
33:27il faut empêcher ça.
33:28Il faut garantir
33:29ce qu'on nous a légué
33:31parce que c'est des luttes
33:33qu'ont créé tout ce système
33:34et puis le moderniser,
33:36le développer.
33:37Voilà.
33:38Alors du coup,
33:39voilà,
33:40j'ai demandé de faire ça.
33:42On est dans les temps.
33:43Merci beaucoup
33:44pour cette interview
33:46extrêmement riche.
33:47Moi, j'invite chacun
33:48à la revoir
33:50pour ceux qui l'auraient prise en route
33:52parce que vous apportez énormément
33:54de réponses très claires
33:55sur les différents points
33:56qu'on a abordés.
33:58D'ailleurs, ça a été noté
33:59dans les commentaires,
34:00beaucoup de commentaires.
34:01Je vous remercie
34:02et remercie la clarté
34:04de vos propos,
34:05la pertinence des informations
34:06que vous apportez.
34:07Donc, encore une fois,
34:09superbe live aujourd'hui,
34:11Loïc Pen, ensemble.
34:12On va continuer.
34:14On va continuer
34:14à faire des points réguliers
34:15parce que les questions
34:16sont toujours là.
34:18Chacun s'interroge
34:19sur combien de temps
34:20va durer le confinement,
34:21où en est-on de la recherche
34:22sur le Covid,
34:23quelles sont les solutions,
34:25est-ce que le gouvernement
34:26est à la hauteur
34:28de ce qu'il annonce,
34:29etc., etc.
34:30Donc, on continuera régulièrement
34:32à faire le point ensemble
34:34si vous en êtes d'accord.
34:37Voilà.
34:38Mais pour l'heure,
34:39voilà,
34:40pour l'heure,
34:41on va vous laisser tranquille.
34:43Allez vous reposer
34:45parce que vous sortez
34:46de 24 heures de garde
34:47et malgré tout,
34:48vous avez encore
34:49une belle énergie
34:50et merci pour tout
34:51ce que vous nous avez apporté
34:52ce matin.
34:54Pas de rien.
34:55À une prochaine fois.
34:57À très bientôt.
34:58Au revoir.
34:58Au revoir.